Lobbying et gouvernement, les nouvelles tendances économiques

Rédigé le 16 février 2010 par | Epargne Imprimer

▪ N’abandonnons pas les lobbyistes !

Tel est le nouveau slogan de l’establishment à Washington. Tous les plans de dépenses gouvernementaux ont un petit quelque chose pour tout le monde.

Hier était férié aux Etats-Unis. "Presidents’ Day", une journée où les Américains honorent ceux qui les dirigent. La plupart des Américains pensent à Washington, Lincoln et Roosevelt… mais nous leur préférons les vrais grands présidents américains — William Henry Harrison, Chester Arthur et Warren Harding, ceux qui n’ont pas aggravé les choses.

Mais regardez… ô spectres de nos dirigeants… ce que votre pays est devenu :

L’Europe ne compte que 1 800 lobbyistes officiellement déclarés. Ils sont 15 000 aux Etats-Unis. La plupart vivent probablement dans notre quartier… encombrant notre voie sur le périphérique… prenant nos places de parking… s’accaparant les tables au Starbucks… les parasites !

Le Financial Times rapporte que les entreprises américaines ont plus dépensé pour le lobbying en 2009 que l’année précédente. Les investissements dans de nouveaux équipements et usines ont chuté radicalement. Mais l’investissement dans le lobbying a grimpé de 5%.

Inutile d’avoir un doctorat en sciences politiques ou en économie pour comprendre pourquoi. Le rendement est plus élevé pour le lobbying. C’est un grand changement, pour l’économie américaine… voire le dernier changement.

▪ Nous y reviendrons. Pour l’instant, voyons ce qui se passe sur les marchés. Nous essayons de déterminer si le marché boursier est entré dans une phase de déclin. Début de semaine dernière, nous le pensions… à présent, nous n’en sommes plus si certain. Les marchés ont repris du terrain. L’or a reculé.

En ce qui concerne l’économie, les chiffres étaient mitigés eux aussi. Les dépenses de consommation US ont grimpé en janvier… mais les consommateurs hésitent encore à dépenser. De toute façon, ils n’ont pas d’argent à dépenser.

Revenons-en donc à notre thème du "Presidents’ Day"…

L’économie américaine est née sur la zone côtière de l’est des Etats-Unis… avec quelques grands planteurs, mais en majorité de petits agriculteurs, commerçants et artisans.

Puis les entrepreneurs sont arrivés avec leurs usines.

Ensuite, quelques-uns des entrepreneurs se sont développés, devant des capitaines d’industrie — les Vanderbilt, Carnegie et autres Rockefeller.

Lorsque les inventeurs, les fondateurs et les innovateurs se sont éteints, leurs activités ont été reprises par des dirigeants d’entreprise.

C’est alors que les grandes entreprises ont évolué, passant de la fabrication au marketing. Ce changement correspond à peu près à l’ascendance de New York sur Chicago. Puis, après 1980, une autre évolution se produisit — et on passa du marketing au financement. Wall Street s’enrichit. Motown — l’industrie automobile de Detroit — déclina. Pendant un temps, même le secteur automobile gagna plus d’argent en finançant des voitures qu’en les construisant.

La finance a implosé en 2007-2009. A présent, une nouvelle évolution est en cours… de l’économie privée vers le gouvernement. Dans les années 20 et 30, les mères voulaient que leurs enfants grandissent et aillent travailler dans l’industrie. Au milieu du siècle, le marketing était plus gratifiant. A la fin du 20ème siècle, c’est la finance qui attirait la crème de la crème.

Où devraient aller les jeunes diplômés pleins d’avenir aujourd’hui ? Eh bien, il suffit de suivre l’argent ! Où est-il en ce moment ? Pas dans l’industrie… ou en tout cas pas dans l’industrie américaine. Pas dans le marketing non plus… terminé, les jours où on vendait du savon à des grandes familles avec de belles augmentations de salaire. Et la finance ? Faites une croix dessus. Le boom du crédit a duré plus de 50 ans. Qui peut emprunter à présent ? Les autorités, c’est tout. Evidemment, quelques grandes banques gagneront de l’argent en aidant les autorités à récolter des fonds. Mais la grande expansion du crédit à la consommation est bel et bien terminée.

A présent, le gouvernement est à peu près le seul grand secteur en développement. Ce sont les autorités qui ont l’argent, désormais. Elles le distribuent, même. Faites la queue comme tout le monde !

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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