L'indice CAC Small a pris +15% depuis le début de l'année : décryptage

Rédigé le 7 juillet 2011 par | Indices, marches actions, strategies Imprimer

▪ C’est l’heure du bilan de ce premier semestre. Bonne nouvelle : cette fois encore, les small caps ont surperformé les blue chips.

L’indice small caps remanié… et beaucoup plus large
L’indice CAC Small prend 15,5% depuis le 1er janvier alors que le CAC 40 ne gagne que 5,3%. C’est donc trois fois mieux.

Graphique du CAC Small
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En fait, l’indice CAC Small a remplacé l’indice CAC Small 90 le 21 mars dernier. Il comprend aujourd’hui 238 valeurs — contre 90 avant. Le poids des entreprises y figurant dépend de leur capitalisation mais également de leur flottant. En fait, pour calculer le poids de chaque valeur dans l’indice, Euronext pondère la capitalisation et le flottant.

Je vais vous donner un exemple. Le 31 mai dernier, la capitalisation d’Artprice.com était de 184 millions d’euros (mero), mais le véritable flottant du groupe n’était que de 128 mero. C’est ce dernier chiffre qui a été retenu dans le calcul de la pondération du titre par rapport à l’indice.

Euronext ne prend pas en compte dans le calcul les participations de l’actionnaire principal ainsi que les pactes d’actionnaires. Un raisonnement assez logique et qui minore donc le poids des sociétés détenues majoritairement par leur actionnaire principal…

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Depuis 1999, les small caps réalisent des performances jusqu’à six fois supérieures à celles du CAC 40…
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Je ne sais pas si je suis très clair… Prenons un autre exemple. La société Diagnostic Medical (DGM) a une capitalisation boursière de 15 mero. Mais il n’y a pas d’actionnaire de référence : le flottant est de l’ordre de 98%. Euronext calcule donc le poids de Diagnostic Medical à partir de ce flottant de 98%, ce qui fait ressortir une capitalisation de 14,7 mero. C’est ce montant qui sera pris en compte dans la pondération de DGM dans l’indice.

Résultat de ce remaniement : les sociétés composant l’indice sont extrêmement différentes en termes de poids.

▪ Un indice qui fait le grand écart entre les mid et les petites small
On y trouve ainsi des sociétés comme DGM mais également des poids lourds comme Mersen (capitalisation de 700 mero !), Delachaux (capitalisation d’un milliard d’euros) ou encore Eurofins Scientifics (capitalisation de 900 mero). A elles trois, ces valeurs pèsent plus de 8% de l’indice CAC Small… Vous comprenez donc que si ces trois valeurs se tiennent très bien, la performance de l’indice peut être quelque peu biaisée.

Conséquence : certains gérants, s’ils veulent faire mieux que l’indice, sont obligés d’acheter les plus fortes pondérations — délaissant donc les plus petites. C’est un effet purement mathématique. Mais puisque nous devons faire avec cet indice, essayons de voir les éléments qui ont permis cette forte hausse.

▪ Enormément de fusions/acquisitions depuis le début de l’année
Le premier semestre a été marqué par le retour des fusions/acquisitions. Evidemment, ces rapprochements ont soutenu la cote et permis à des titres de s’envoler. Tenez par exemple, le groupe Qatar Luxury Group a pris le contrôle de Le Tanneur (maroquinerie) qui gagne ainsi 72% depuis le 1er janvier. Soulignons également les opérations sur Tharreau Industries (production de textiles techniques) ou encore sur Metrologic Group (éditeur de logiciel).

▪ Spéculation sur les titres… fallait-il acheter la rumeur ?
Il y a eu également un vent de spéculation qui a soufflé tout au long du semestre sur certaines valeurs qui connaissent des progressions stratosphériques. Que dire par exemple des 377% pris par Artprice.com, le leader mondial de la cotation des oeuvres d’art ? Certains anticipent dans les prochaines années des croissances du chiffre d’affaires à quatre chiffres pour le groupe !

Les tablettes d’Archos ont déchaîné un vent de folie en dépit d’une nouvelle augmentation de capital de plus de 30 mero. Apparemment, l’effet dilutif n’a pas eu d’impact particulier, sauf au début de l’opération. Mais les investisseurs ont préféré se concentrer sur le chiffre d’affaires du premier trimestre qui a plus que doublé (à 39 mero) et sur la nette réduction des pertes au titre de l’exercice 2010. Quand le marché ne veut voir que le côté plein du verre…

Citons également les 94% pris par Eurodisney sur des rumeurs largement démenties de prise de contrôle par un groupe chinois (qui n’a jamais eu lieu, bien évidemment…) ou encore les 112% pris par Stentys le spécialiste des stents pour la chirurgie cardiaque dont on dit que la technique pourrait intéresser des prédateurs.

▪ Cette belle performance cache des chutes plus douloureuses
A la baisse, les replis sont moins spectaculaires et concernent surtout des sociétés qui ont déçu par leurs résultats ou leurs perspectives. A NOVO perd ainsi 33% sur les six premiers mois de l’année — et il a encore perdu 38,4% suite à l’annonce de ses résultats.

HF Company (-29,2%) a lui aussi péché par des perspectives moroses. Il a annoncé un profit warning sur son premier semestre. Nicox abandonne encore 18,8% sur une absence réelle de perspectives claires pour ses molécules. N’oublions pas également les 60% de recul de Lexibook, lié à une énorme augmentation de capital très dilutive mais destinée à pérenniser l’avenir de l’entreprise.

En somme, si les small caps surperforment largement les grosses valeurs… vous commencez à vous douter qu’il faut être extrêmement sélectif et prudent quand on achète. Et encore plus sur Alternext, où les obligations de communication sont encore moins rigoureuses !

Première parution dans Small Caps Confidentiel le 05/07/2011.

 

 

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias, conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management, responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance, consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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