Les vendeurs reçus cinq sur cinq

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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 11 juin 2007
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*** Les vendeurs reçus cinq sur cinq
A moins qu’il ne s’agisse d’une feinte ?

*** Ethanol et maïs : bientôt la fin du boom ?
Kevin Kerr lui donne jusqu’en 2008…

*** La première bulle mondiale
Il en va des folies financières comme des guerres, sur cette planète…

*** A louer, terrain riche en mat. premières, 2 500 000 km², conditions avantageuses
L’Australie, première en matière de matières premières…

—————————– (publ.)

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Bonjour,

*** LES VENDEURS RECUS CINQ SUR CINQ

** Les places européennes viennent d’aligner cinq séances de repli consécutives. Elles tentaient malgré tout vendredi après-midi de limiter la casse à la faveur d’une contraction inattendue du déficit commercial américain au mois d’avril (-58,5 milliards de dollars contre -63,5 milliards de dollars anticipés) : le CAC 40, qui abandonnait 0,75% en milieu de matinée, parvenait à retrouver un score d’équilibre vers 15h.

Ce scénario ne surprend guère les chartistes, qui s’attendaient à un rebond technique du marché parisien à l’approche des 5 840 points — c’est-à-dire d’un gap resté béant depuis le 19 avril dernier. Remarquons au passage qu’il aura suffi de quatre séances et demi pour effacer l’intégralité des gains accumulés au cours des six semaines précédentes !

Les indices US ne s’en tirent pas mieux, loin s’en faut : le S&P 500 ne perd que 3% en 72 heures, mais il se retrouve en deçà de ses niveaux de clôture du 2 mai dernier. Une fois encore, les chartistes estiment que si le baromètre le plus fiable de Wall Street prenait l’heureuse initiative de rebondir sur les 1 490 points, il serait possible d’assister à un retracement (nouveau test) des records historiques de mars 2000 — soit 1 525 points. Ce seuil correspond de surcroît au récent support ascendant moyen terme : de ce fait, le zénith des 1 540 points inscrit lundi 4 juin serait devenu en théorie difficilement accessible.

Il n’est guère besoin de se revendiquer spécialiste des graphiques pour constater une rupture de tendance à la baisse. Cette inflexion — tous les commentateurs sont unanimes — est imputable à une spectaculaire hausse des rendements obligataires depuis vendredi dernier : le bon du Trésor US à 10 ans affichait 5,15% au lieu de 4,90% le 1er juin.

** Les marchés obligataires US ont carrément perdu 1% jeudi… sans que les dernières statistiques publiées (hausse des stocks de +0,3%, contraction de 6,5% du déficit commercial) ne justifient une telle débâcle. Impossible cependant de nier l’impact psychologique d’un effet de seuil lorsque le T-Bond à 10 ans a franchi le cap des 5%.

Le 30 ans l’avait précédé d’une dizaine de jours (nous l’avions souligné dans une de nos récentes chroniques) sans que cela provoque la moindre émotion ; les indices américains avaient inscrit dans la foulée une demi-douzaine de nouveaux records historiques dans un climat rempli d’allégresse. Après tout, qu’importe la tension des taux longs lorsque les fonds d’investissement regorgent de liquidités et annoncent en moyenne trois nouvelles OPA chaque jour ?

Wall Street n’accordait pas la moindre attention à la dégradation continue des bons du Trésor US depuis la mi-mars, occultant complètement la hausse régulière des rendements repassés de 4,50% à 4,90% en moins de trois mois. Les économistes s’accrochaient à leur scénario d’assouplissement monétaire, Ben Bernanke martelant un diagnostic d’équilibre des risques et de modération progressive des pressions inflationnistes.

Pourquoi viennent-ils soudain de changer leur fusil d’épaule, trois jours après la révision à la baisse (à 0,6% contre 2,5%) de la croissance du PIB américain au premier trimestre 2006 — et alors même que Hank Paulson et les experts de la Maison Blanche réduisent leurs objectifs annuels de 2,8%/2,9% à 2,3% ?

** L’enquête Livingston de la Fed de Philadelphie confirme cette tendance à la minoration des objectifs officiels, avec une prévision de 2,6% d’expansion de l’activité aux Etats-Unis au second semestre 2007 au lieu de 3,1% lors de la précédente enquête (une remontée en puissance devant s’opérer en 2008 jusque vers 3%, le genre de prévision qui n’engage à rien).

Pourquoi un tel déclic baissier, et pourquoi maintenant?

Le prétexte… ce serait le relèvement surprise du taux directeur de la Banque centrale néo-zélandaise (+25 points à 8%) puisque la croissance mondiale, vue d’Auckland, s’accélère et les risques inflationnistes s’accroissent.

Le plus "faucon" des membres de la Fed, Jeffrey Lacker (qui ne dispose plus de son droit de vote mais peut toujours agir comme homme d’influence cette année), a confirmé que la croissance devrait rebondir aux USA au deuxième semestre 2007. Une telle affirmation — reprise à son compte vendredi par son collègue Michael Moscow — aurait rendu Wall Street euphorique une semaine auparavant… mais aujourd’hui, c’est interprété comme la ruine des espoirs d’un assouplissement monétaire d’ici neuf à 12 mois aux Etats-Unis.

Le résultat le plus tangible, c’est cette spectaculaire remise à niveau des rendements obligataires. Ces derniers "actualisent" 25 points de base supplémentaire en 48 heures : le T-Bond à 30 ans retrouve un niveau de rémunération qu’il n’avait plus connu depuis juillet 2004.

Ce substantiel surcroît de rentabilité sans risque s’exerce sans conteste au détriment du compartiment actions. Nous plaçons au tout premier rang les valeurs financières — et plus particulièrement les spécialistes des prêts immobiliers –, puis les promoteurs et autres constructeurs de maisons individuelles, puis le secteur automobile… et enfin, par extension, toutes les valeurs de consommation vulnérables à la hausse du coût du crédit.

C’est un grand classique, et il n’est guère besoin de s’étendre sur ce sujet. Les raisons qui peuvent justifier une profonde consolidation des indices boursiers vous sont connues, celles qui pourraient motiver leur rebond également (elles ont été passées en revue dans la Chronique publiée ce jeudi). La grande question qui nous taraude depuis les records inscrits le vendredi 1er juin reste pour l’instant sans réponse : pourquoi les marchés s’infligent-ils soudain une cure de pessimisme au sujet de l’évolution des taux d’intérêt ?

Nous aurions pu comprendre cet assombrissement du ciel boursier si quelques ténors des banques centrales (et de la Fed en particulier) avaient averti de manière très ferme et officielle les investisseurs que la croissance de la masse monétaire ne pouvait se poursuivre au rythme actuel. Or il n’a pas été fait mention du déclenchement imminent d’une grève de la planche à billets.

Si tel était le cas, et comme pour une majorité d’analystes, nous serions complètement passés à côté du message subliminal caché au creux des replis sémantiques des dernières minutes de la Fed ou des communiqués de J.C. Trichet. Ce dernier a même refusé, pas plus tard que mercredi, de répondre à une question directe concernant un nouveau tour de vis monétaire au début de l’automne : il aurait souhaité rassurer ses auditeurs — et Nicolas Sarkozy, qui l’a dans le collimateur — qu’il ne s’y serait pas pris autrement !

** S’agissant des statistiques macro-économiques de la semaine, nous n’y avons pas détecté le "surgissement" d’un nouveau péril inflationniste ; la révision à la hausse des coûts salariaux aux Etats-Unis (de +0,6% à +1,8% au premier trimestre 2007) est une farce !

Nous vous avions fait part de notre totale incrédulité lorsque nous avions découvert la division par six (pas moins) de ces mêmes coûts salariaux par rapport à fin 2006 dans l’estimation initiale publiée un mois et demi auparavant.

Les marchés auraient-ils fait semblant d’y croire — parce que cela les arrangeait, naturellement — avant que la réalité ne soit officiellement rétablie ? Dans ce cas, il n’y a franchement pas de quoi courir mettre son portefeuille aux abris à dix jours — il ne reste plus maintenant qu’une semaine — de l’achèvement boursier du premier semestre 2007 qui interviendra vendredi prochain avec la fameuse "journée des quatre sorcières".

Si nous osions une hypothèse, nous dirions que l’objectif d’une réédition des records absolus de mars 2000 sur le S&P 500 et le DAX de Francfort a été rondement mené (demandez-vous par qui…) La stratégie, au cours des dernières semaines, semble avoir consisté à asphyxier les vendeurs, en les contraignant à alimenter eux même — par leurs rachats de découvert — la spirale haussière. Dès lors qu’ils ont semblé rendre les armes fin mai, les haussiers ou ceux qui feignaient de l’être ont décidé qu’il était temps de passer à autre chose !

D’où l’interrogation qui fait office de titre : les arguments des vendeurs ont-ils été reçus cinq sur cinq… ou s’agit-il d’une nouvelle feinte ?

Philippe Béchade,
Paris

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Kevin Kerr vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** ETHANOL ET MAIS : BIENTOT LA FIN DU BOOM ?

** Selon une récente étude effectuée par l’Université d’état de l’Iowa, les propriétaires de nouvelles usines d’éthanol verront leurs revenus s’évaporer à mesure que les prix de l’éthanol plongent. Je suis d’accord. J’ai récemment fait un long voyage dans le Midwest, durant lequel j’ai visité des fermes et des usines d’éthanol.

- Je trouve bien plus utile de parler à des agriculteurs que de simplement lire des statistiques manipulées par le gouvernement. Avec des chaussures pleines de boue et l’estomac lesté de tarte à la rhubarbe maison, une chose était claire comme de l’eau de roche : l’éthanol provenant du maïs ne durera pas. Je pense que la révolution de l’éthanol s’achèvera vers la fin 2008, si j’en crois mes discussions et les observations faites auprès de plusieurs agriculteurs.

- Le boom de la construction d’usines d’éthanol devrait se transformer en krach d’ici la fin 2007 à cause d’une réduction du retour sur investissement, d’une augmentation de l’offre d’éthanol, et, enfin, à cause de la chute des prix. Selon certains analystes, les rendements seront nuls ou négatifs d’ici 2008. Durant mon récent voyage, j’ai compté pas moins de cinq nouvelles usines d’éthanol en construction dans le Minnesota, qui en abrite déjà 16… et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Dans l’ensemble des Etats-Unis, 78 nouvelles usines sont en construction.

- Les chiffres donnent le vertige. Rien que dans le Minnesota en 2007, la production d’éthanol devrait dépasser les 620 millions de gallons, soit environ 10% de la production américaine globale. Lorsque les chiffres de production nationaux dépasseront les 7-8 milliards de gallons, les marges chuteront sans doute à mesure que les prix baissent. Une production de 14 milliards de gallons est probable d’ici 2008, et à ce moment-là, je pense que nous aurons atteint le sommet.

- En termes d’investissement, qu’il s’agisse d’une entreprise comme Pacific Ethanol ou de futures sur le maïs, il y a encore beaucoup de profits à faire. L’industrie de l’éthanol US, avec l’aide de milliards de dollars de subventions gouvernementales, a permis aux investisseurs de faire des profits énormes. Certaines des 16 usines d’éthanol du Minnesota ont été amorties en deux ans — grâce à une subventions de 51 cents par gallon. Les usines déjà établies s’en sortiront peut-être, mais les nouvelles installations lourdement endettées seront probablement les premières victimes.

** La plupart des états américains exigent désormais un mélange de 10% d’éthanol avec leur carburant, et cela a permis de faire augmenter la demande. Les agriculteurs de maïs font maintenant pression pour un pourcentage encore plus élevé, mais les constructeurs automobiles rechignent. Des performances en baisse et des dégâts pour les moteurs, telles sont leurs principales objections. Dans certaines communautés agricoles, l’éthanol E85, qui est composé à 85% d’éthanol, devient de plus en plus populaire ; certains constructeurs ont donc créé des véhicules spécialement conçus pour l’E85 ou pour une double utilisation, mais c’est loin d’être le cas de tous. Les moteurs tournant au E85 peuvent consommer du carburant normal ou un mélange de carburant allant jusqu’à 85% d’éthanol. Les partisans des véhicules E85 affirment que les ventes dépasseront les 4,5 millions de dollars cette année.

- La demande pour l’E85 augmente significativement — mais dans le Midwest en majorité. Pour l’instant, il semble donc relativement sûr de profiter de la demande d’éthanol dérivé du maïs… tout en gardant un œil sur la sortie. Le prochain marché intéressant sera probablement celui des biocarburants fabriqués à base de soja ou d’autres céréales, plutôt que de maïs.

- Une chose est certaine : dans la mesure où les prix de l’énergie continuent de grimper, il en ira de même pour la production d’éthanol. Cela signifie que pour les investisseurs et les traders, il y aura de nombreuses opportunités de profiter du boom de l’éthanol… tant qu’il dure.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** LA PREMIERE BULLE MONDIALE

** Les bulles financières, comme les guerres, étaient plutôt localisées, autrefois. Elles étaient causées par certains événements et circonstances spécifiques. La France s’est battue plusieurs fois contre l’Angleterre, pour le trône français et pour d’autres raisons dont nous ne nous rappelons pas… L’empereur du Paraguay est parti en guerre contre le Brésil et l’Argentine au milieu du 19ème siècle, poussé par sa maîtresse irlandaise — tandis qu’en même temps ou presque, les Etats-Unis se battaient contre eux-mêmes. De même, certaines conditions spécifiques causaient une hausse spectaculaire des actions koweïtiennes, par exemple… ou du prix de l’étain. Puis, une fois que les conditions changeaient, la bulle éclatait et les investisseurs se demandaient comment ils avaient pu être aussi bêtes.

* Le 20ème siècle a vu les premières des Guerres mondiales — la Première et la Deuxième — où les combats se déroulaient un peu partout sur la planète. Durant la Première guerre mondiale, l’Angleterre et l’Allemagne se sont affrontées en Afrique… au Moyen-Orient… et en Europe de l’Est, en plus de la partie la plus connue — le front ouest. Puis, durant la Deuxième guerre mondiale, une fois encore, les balles volaient partout ou presque. Les troupes italiennes ont envahi la Grèce. Le futur président US John F. Kennedy a échoué sur les côtes australiennes. Les bombardiers américains ont rasé des villes au Japon. Les chars russes écrasaient des civils allemands en Prusse.

* Pendant ce temps, le 21ème siècle assiste à la première bulle financière vraiment mondiale. Le monde est devenu fou une fois encore, mais pas de la même manière qu’avant. Cette fois-ci, tout n’est pas affecté. Et tout le monde n’est pas touché au même degré. Mais dans la planète entière, les marchés sont en ébullition. Sur tout le globe, les gens sont assis en plein milieu, sirotant du champagne comme s’ils étaient dans un jacuzzi.

* Voilà une preuve supplémentaire (s’il en fallait une) qu’à la Chronique Agora, non seulement nous sommes mortels — mais il nous arrive… à l’occasion… de nous tromper. Lorsque la bulle des technologiques s’est effondrée en 2000-2002, nous avons déduit que les marchés US continueraient de suivre l’exemple japonais… s’enfonçant dans une longue et lente récession. Nous avons même écrit un livre à ce sujet, avec Addison Wiggin, intitulé L’inéluctable faillite de l’économie américaine. Eh bien, le livre est devenu best-seller du New York Times, comme nous le répétons chaque fois que nous en avons l’occasion, mais il est plus facile de vendre un livre que de prédire l’avenir. Plusieurs années ont passé, et la faillite n’est toujours pas là. Devrions-nous baisser la tête et admettre notre erreur ? Peut-être nous contenterons-nous de baisser la tête.

* Ce qui s’est passé, c’est que la Fed est arrivée à la rescousse avec une telle quantité de nouvel argent et de crédit que les spéculateurs du monde entier ne pouvaient pas faire faillite. Au lieu de cela, ils ont été forcés de s’enrichir. Qui aurait pu croire qu’on pouvait vendre une œuvre d’Andy Warhol pour plus d’un million de dollars ? Et pourtant, il s’en est vendu une à 71 millions de dollars récemment. Qui aurait pu croire que les gens feraient la queue pour acheter des actions chinoises à 40 fois les bénéfices… ou des obligations irakiennes à quelques points de plus que les T-Bonds US ?

* Pour faire bref, disons que les stimulants titanesques injectés à l’économie américaine ont eu des effets dans le monde entier. Le consommateur américain — accompagné de bon nombre de ses cousins anglophones — a été atteint de fièvre acheteuse. Les dollars en provenance des Etats-Unis ont afflué vers les pays étrangers, où les banques centrales les ont "épongés" en imprimant de plus grandes quantités de leurs devises locales. Aucun pays ne voulait voir sa devise baisser plus rapidement que celle des Etats-Unis, parce que cela leur imposerait un désavantage commercial. Résultat : une intense compétition à l’inflation des devises fiduciaires.

* Les petits génies de la finance se sont rendu compte qu’ils pouvaient emprunter de l’argent à coût très bas — le Japon et la Suisse prêtaient à des taux frôlant le 1%. Les spéculateurs ont pris cet argent et ont fait aux marchés boursiers de la planète ce que les propriétaires américains ont fait au marché immobilier US : prendre une bonne chose, et la pousser au maximum — jusqu’à aller trop loin. Avec une telle quantité d’argent, difficile de faire un mauvais investissement. Quel que soit le prix surpayé, quelqu’un arriverait, prêt à payer plus encore.

** "Les conditions de crédit les plus faciles depuis une génération", expliquait Tim Bond la semaine dernière dans le Financial Times, sont devenues une sorte de "viagra financier", faisant bouillir le sang de tout le monde. Il n’a jamais été plus simple d’emprunter de l’argent. Résultat, tout grimpe — même de vieux placements fatigués que tout le monde pensait ne plus jamais voir revivre. Les investisseurs, excités, ont abandonné leurs trésors nationaux pour déguster des mets plus exotiques… et plus risqués. Lorsqu’on mange une telle quantité d’huîtres financières, on a du mal à trouver une cible qui ne semble pas attirante. Les spéculateurs en goguette courent après des obligations vénézuéliennes sulfureuses alors que Chavez est censé être un admirateur de Trotsky… et ils couchent avec des actions chinoises au moment même où les dirigeants communistes de la Chine essaient désespérément de faire baisser les cours !

* A présent, ils en sont tous venus à croire que ces taux d’emprunt ultra-bas seront toujours là. Comme le spéculateur immobilier US — qui a parié sa solvabilité sur une hausse éternelle des prix des maisons — les gestionnaires professionnels font des paris de plusieurs milliards de dollars basés sur le fantasme selon lequel les confortables taux de crédit actuels dureront éternellement — ou du moins jusqu’à ce qu’un plus grand idiot passe par là.

* Pendant ce temps, la semaine dernière, la Banque centrale européenne a fait passer ses taux à 4% pour la première fois en six ans. Le Bund allemand a pulvérisé les 4,5%, un sommet depuis 2002. Les obligations japonaises à deux ans ont grimpé au-delà des 1% pour la première fois depuis plus d’un an. La Nouvelle-Zélande a fait passer ses taux au chiffre extraordinaire de 8%. Et les bons du Trésor US à 10 ans se sont rapprochés des 5%… leur plus haut niveau en 10 mois.

* Que se passera-t-il ensuite ? Nous n’en savons rien. Nous sommes mortel, rappelez-vous — peut-être plus mortel que la plupart.

* Peut-être que cette marée de liquidités a encore du chemin, en termes planétaires. Peut-être que Richard Russell et Jeremy Grantham ont raison — le grand final est encore à venir. Ou peut-être que le vent a déjà tourné.

* La semaine dernière, le Dow a dégringolé. L’indice a perdu plus de 400 points en trois jours. Morgan Stanley a émis un signal de vente pour ses clients. Et les emprunts des ménages US ont chuté à un plancher de neuf ans ; maintenant que l’air s’échappe de la bulle immobilière, le malheureux consommateur n’a plus rien à mettre en gage.

* Peut-être n’avions-nous pas entièrement tort quant à une future crise à la japonaise. Peut-être n’avions-nous qu’un peu d’avance. Nous laissons donc notre drapeau d’Alerte au Krach en haut de son mât… juste au cas où.

—————————– (publ.)

Les turbulences boursières sont-elles le seul danger menaçant votre patrimoine ?

Pour en savoir plus — et découvrir comment réagir aux principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent, continuez votre lecture…

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*** La Chronique Agora présente ***

La Chine semble lorgner sur BHP, le joyau australien des ressources naturelles. Dan Denning a une autre idée, autrement plus originale, à soumettre aux gouvernements australiens et chinois…

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A LOUER, TERRAIN RICHE EN MAT. PREMIERES, 2 500 000 KM2, CONDITIONS AVANTAGEUSES
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Par Dan Denning (*)

Pourquoi ne pas louer l’Australie de l’Ouest à la Chine pour 500 milliards de dollars australiens ($ AU), plus royalties ?

Cette idée nous est venue d’un seul coup lorsque nous avons lu dans le Herald Sun que la Chine pourrait convoiter le joyau de la couronne australienne du secteur des matières premières, BHP. Peter Quinton, de Bell Potter, déclare : "que feriez-vous si vous étiez le gouvernement chinois ? S’ils obtiennent BHP, ils ont une entreprise de matières premières diversifiée, ils ont du pétrole, ils ont du minerai du fer, ils ont des métaux de base".

Avant d’écarter notre idée, remettons un tel accord en perspective, et intéressons-nous aux chiffres. Pour commencer, nous ne disons pas que l’Australie devrait vendre l’Australie de l’Ouest aux Chinois. Ce serait idiot. Les Français ont vendu les territoires de Louisiane à Thomas Jefferson pour 15 millions de dollars US seulement — soit un million de dollars pour chaque état formé dans ce territoire.

A l’époque, quinze millions de dollars US, ça faisait beaucoup d’argent — pas uniquement la moitié du salaire d’un dirigeant d’une grande banque (et nous savons qu’en termes réels, le chiffre était plus élevé). Avec les intérêts, les Etats-Unis ont fini par verser environ 21 millions de dollars US pour le territoire français au Nouveau Monde… et quel monde !

Les Etats-Unis possédaient soudain des terres qui comptaient parmi les plus riches et les plus fertiles de la planète. Dans l’ensemble, cela revenait à 2,1 millions de km2 de terrain, regorgeant de ressources qui seraient le moteur de l’émergence économique américaine sur la scène mondiale. Le traité a été signé en 1803 — et le reste, comme on dit, appartient à l’histoire.

Avec ses 2,5 millions de km2, l’Australie de l’Ouest est légèrement plus grande que le territoire de Louisiane. Et ses qualités, en tant que source de matières premières, sont bien différentes. Mais pour les Chinois… il y a de l’or dans ces collines… et du minerai de fer… et du zinc… et du nickel.

Voici donc notre proposition. Le gouvernement d’Australie de l’Ouest devrait vendre aux Chinois une licence exclusive de 50 ans leur permettant d’exploiter les minéraux et les ressources naturelles de l’état. BHP, Rio, Fortescue et autres sociétés minières continueraient à faire le travail, mais en tant que sous-traitants pour les Chinois.

Le coût immédiat du bail pourrait être basé soit sur la capitalisation boursière du secteur des ressources naturelles australien (aux alentours de 354 milliards de dollars AU actuellement), ou sur les actifs nets de BHP et de Rio Tinto (combinés, ils représentent environ 53 milliards de dollars AU), ou encore sur un multiple des ventes actuelles pour les deux entreprises (environ 50 milliards de dollars AU ces 12 derniers mois) — calculé selon un taux accepté par les deux parties.

Prenons un chiffre généreux, dix fois les ventes combinées, et disons que le versement de base pour ce bail serait de 500 milliards de dollars AU. Des royalties annuelles seraient également versées, là encore à un taux déterminé par les deux parties.

Ca vous semble une bonne affaire ? Reformulons les choses autrement : cela reviendrait à vendre les droits d’exploiter le minerai de fer australien pour un versement de 250 000 $ AU, en petites coupures si nécessaire : il y a environ deux millions de personnes en Australie de l’Ouest — si bien que 500 milliards de dollars AU distribués également entre chaque homme, femme et enfant revient à environ 250 000 $ AU par personne.

Bien entendu, cette proposition tombera dans l’oreille de sourds. Mais croyez-moi, un accord ou un autre sera signé dans l’année qui vient. Il favorisera les entreprises, ce qui favorise indirectement les travailleurs, puis les actionnaires. Mais si le monde entier semble pencher vers un modèle nationalisé d’investissement/propriété des ressources, dans le style de ce que pratiquent Chavez/Poutine/la Chine, pourquoi ne pas diriger une plus grande partie des profits découlant des ressources naturelles directement vers les gens, plutôt que les entreprises étrangères ou le gouvernement ? Partisans du libre-échange… à vous de débattre.

Ce n’est qu’une suggestion, bien sûr. Mais cela nous amène à un point important quant aux idées d’investissement que nous essayons de fournir dans les lignes de la Chronique Agora, et au travail que nous faisons dans le cadre de nos divers services payants.

Les lecteurs sont souvent perplexes devant la nature macro-économique, quelque peu ironique et souvent excentrique de la Chronique Agora… et devant le fait que nous vendons également des analyses financières sérieuses, pratiques et détaillées. Nous écrivons sur un effondrement boursier mondial causé par une bulle du crédit d’un côté… tout en conseillant des warrants, des petites valeurs, etc. Alors ?

C’est très simple, en fait. Dans les lignes de la Chronique Agora, nous aimons remettre en question les idées communément acquises. Oui, il est amusant de souligner les absurdités de l’opinion de masse et des folies de la foule. Mais il y a plus important : il est essentiel, en tant qu’investisseur, d’être profondément sceptique. Remettre en question la pensée unique, c’est profitable.

Pour les abonnés à nos services payants, nous essayons de partir de nos observations générales pour arriver à des opportunités spécifiques. Malgré notre inquiétude générale quant à une bulle mondiale des actifs, il y a toujours des opportunités intéressantes spécifiques. Et y a-t-il meilleur endroit pour investir aujourd’hui que l’Australie, si l’on cherche des sociétés junior dans les ressources naturelles et les énergies alternatives ? Si c’était le cas… nous y serions. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons déménagé en Australie il y a un an et demi environ : pour voir tout cela de plus près, et pouvoir en parler en direct et en toute connaissance de cause.

Meilleures salutations,

Dan Denning
Pour la Chronique Agora

(*) Dan Denning est le rédacteur en chef de la lettre d’information Strategic Investment — il se spécialise dans les actions peu connues du grand public mais profitables. Installé depuis quelques mois à Sydney, Dan rédige également la version australienne de La Chronique Agora

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