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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Lundi 15 mai 2006
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*** Unanimité boursière
Au moins, les marchés sont tous d’accord…
*** "Un prix de l’or vraiment élevé"
Volcker et Bernanke : même poste… mais conditions économiques bien différentes…
*** Les occasions de se vanter sont rares…
… et lorsque Bill Bonner en a une, il en profite…
*** L’église de Buffett & Munger (1)
Chris Mayer a participé au pèlerinage annuel des actionnaires de Berkshire Hathaway…
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Les marchés décrochent…
… COMMENT REAGIR AUX NOUVELLES CONDITIONS BOURSIERES ?
Une forme d’investissement vous permettra de réagir rapidement et profitablement– en vous positionnant sur les meilleures tendances où qu’elles se trouvent !
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Bonjour,
*** UNANIMITE BOURSIERE
** Au moins, les marchés sont tous d’accord sur un point : la baisse. Ils ont terminé la semaine dernière sur une dégringolade unanime qui se poursuivait encore ce matin pour le CAC 40… et qui fleure bon la correction majeure. Nous ne pouvons pas lire les journaux de demain, comme l’affirme souvent Bill Bonner — mais tout de même, quelques indices permettent d’en deviner la teneur.
Pour l’instant, cependant, je vais m’en tenir aux gros titres déjà connus, et mesurer l’ampleur des dégâts à ce jour. Le CAC 40 a chuté de 2,14% vendredi, pour retomber à 5 150,45 points. Le FTSE britannique et le Dax allemand ont été tout aussi malmenés, puisqu’ils ont respectivement glissé de 1,99% et 2,25%.
Du côté américain, source partielle des maux boursiers européens, la baisse a été tout aussi générale, quoique légèrement plus limitée. Le Dow Jones a ainsi ouvert la marche en chutant de 1,04% pour terminer vendredi à 11 380,99 points. C’est le Nasdaq qui a fait la chute la plus douloureuse, en dévissant de 1,27% à 2 243,78. Le S&P 500, de son côté, a achevé la semaine à 1 291,24 points, soit une perte de 1,12%.
** Que se passe-t-il donc, tout à coup ? Les implications de la hausse du pétrole ont-elles enfin percé la solide boîte crânienne des lumpen-investisseurs pour accéder à leur cerveau ? Ces mêmes lumpen-investisseurs se sont-ils soudain aperçu que la légendaire inflation pointait son mufle hideux ? L’adage "en mai, vendez et partez" a-t-il rencontré cette année une adhésion plus large parmi les investisseurs ?
Un peu de tout cela, cher lecteur… à quoi il faut surtout rajouter, comme vous vous en doutez, la dernière intervention de Ben Bernanke concernant les taux d’intérêt directeurs de la Fed. Maintenant que la Réserve fédérale a décidé de ne plus soudoyer les investisseurs mondiaux en leur offrant un différentiel de taux attractif par rapport aux autres devises de la planète, le déclin du billet vert se fait de plus en plus sévère (il a terminé vendredi à 1,2912/euro).
La Tribune nous l’affirmait ce matin : "Le dollar a reculé de 9% par rapport à l’euro depuis le début de l’année, tombant à son plus bas niveau depuis un an… Le billet vert ne recule pas seulement contre la devise européenne mais contre toutes les monnaies, majeures et mineures, d’Asie et des Amériques. Depuis le début de l’année, il a cédé 8% face au yen et 12% face au real. C’est l’objectif que poursuivait le G7 pour remédier aux déséquilibres internationaux. Le déficit courant américain a reculé en mars. Mais le recul du dollar fait craindre une remontée brutale des taux à long terme. Un retournement difficile à gérer alors que l’endettement des ménages atteint 140 % du revenu disponible".
Encore combien de temps avant que l’"objectif" poursuivi par le G7 ne se transforme en déroute complète ? Plus beaucoup, si l’on en juge par la tendance actuelle des marchés…
** Les ménages américains semblent d’ailleurs se rendre compte que les choses ont changé : l’indice de l’Université du Michigan mesurant la confiance des consommateurs est ainsi ressorti à un plancher de 79 pour le mois de mai (son plus bas niveau depuis octobre dernier), contre 87,4 en avril !
Parmi les autres chiffres notables, il y a l’amélioration de la balance commerciale américaine, qui s’est contractée de 5,6%, à 62 milliards de dollars en mars (contre 66,9 milliards en avril). Serait-ce parce que les ménages commencent enfin à cesser d’acheter à l’étranger des choses dont ils n’ont pas besoin avec de l’argent qu’ils n’ont pas ?
** Du côté de l’or — noir et jaune — la baisse était à l’ordre du jour aussi. Le pétrole a profité de bonnes nouvelles conjoncturelles (libération des otages au Nigeria, annonce surprise de l’AIE, qui a révisé à la baisse son estimation de la consommation mondiale cette année), et le baril de WTI est passé à 72,04 $ à New York.
Quant à l’or, le vrai, la journée de vendredi a été agitée à New York : de 730 $ en cours de séance, il a fini par redescendre à 711,80 $ — plus bas que son cours de la veille, à 725,30 $.
** Je terminerai par un petit mot d’excuses, cher lecteur : la Chronique du week-end vous est peut-être parvenue bien en retard… ce matin ! Cela est dû à un problème technique sur notre serveur d’envoi — veuillez accepter toutes nos excuses pour cet incident, nous mettons tout en oeuvre pour qu’il ne se reproduise plus.
Françoise Garteiser,
Paris
PS : A l’heure où j’écris ces lignes, le CAC 40 est en perte de 0,90%… Comment mettre votre portefeuille à l’abri de ce qui semble devenir une déroute générale ? Pour le savoir, retrouvez sans plus attendre tous les conseils et recommandations de Philippe Béchade au 0899 707 009*.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Eric Fry nous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** "UN PRIX DE L’OR VRAIMENT ELEVE"
** Mardi dernier, Ben Bernanke a fait grimper les taux d’intérêt à 5% — la 16ème augmentation d’un quart de point consécutive — et a promis de continuer la hausse "si les données le justifient". A cours des trois jours qui ont suivi, les marchés ont dégringolé, le dollar a abandonné 2% et le prix de l’or a grimpé de plus de 50 $.
- Ces chiffres financiers ne sont probablement pas le genre de "données" que Bernanke avait en tête, mais c’est exactement la sorte qui pourrait motiver une 17ème, 18ème ou 25ème hausse… dans un effort désespéré pour défendre le dollar américain.
- "Est-ce que quelqu’un a le numéro de téléphone de Paul Volcker ?" a plaisanté le trader en futures Richard Morrow la semaine dernière. "Il nous faut de l’aide rapidement. La Fed doit intervenir et défendre le dollar. Mais pour l’instant, c’est hors de question, parce que cela laminerait les prix des actifs. La Fed est vraiment dans une position difficile… L’orgie de dépense des républicains de Washington commence finalement à se faire sentir."
- Les républicains ne sont pas les seuls responsables de la position précaire du dollar US. Les Américains de tous les clans politiques ont maîtrisé l’art de dépenser de l’argent appartenant à d’autres. Notre consumérisme sans égal dans le monde a fait plonger notre taux d’épargne personnel dans le rouge tout en faisant grimper notre déficit courant à pas moins de 7% du PIB. Contre ces imposantes forces macro-économiques, le petit taux d’intérêt de Bernanke semblerait n’avoir guère de chances de défendre le dollar.
** "Bernanke n’hérite pas de la meilleure des situations", a récemment remarqué l’ancien président de la Fed Paul Volcker. "Aimeriez-vous être responsable d’une économie dépendant de 700 milliards de dollars d’argent étranger chaque année ? Je ne sais pas ce que j’y ferais, mais il va devoir agir à un moment ou à un autre."
- M. Volcker, bien entendu, en connaît un rayon sur les situations économiques difficiles. Lorsqu’il a pris la présidence de la Réserve fédérale en 1979, il a hérité de l’économie inflationniste de l’ère Carter, qui avait produit des taux d’inflation de 14% et une once d’or à 800 $. La cote de confiance du dollar a plongé à de telles profondeurs, à cette époque, que le Trésor US a temporairement émis des "bons Carter", libellés en devises étrangères. Volcker a réagi à cette crise en faisant rapidement grimper les taux d’intérêt à court terme, à 20%. C’était à prévoir : l’économie américaine s’enfonça dans une grave récession. Mais en deux ans, le taux d’inflation baissa, et le dollar reprit de la vigueur. Puis — et ce n’est pas un hasard — les marchés actions et obligations se sont stabilisés, et ont entamé ce qui deviendrait un marché haussier de deux décennies.
- Bravo à Volcker ! L’histoire va-t-elle se répéter ?… Probablement pas, mais elle commence déjà à rimer. A 730 $ l’once, le prix de l’or a atteint son niveau le plus élevé depuis le début de l’ère Volcker. Au-delà de ce lien superficiel, cependant, les deux époques possèdent peu de similitudes évidentes — "évident" étant le mot en vigueur. Si l’on se base sur les conditions économiques, Volcker était confronté à une situation bien pire que celle qui attend Bernanke. Mais nous craignons que la réalité soit exactement contraire.
- "Ben Bernanke", écrit Ambrose Evans-Pritchard pour le Telegraph of London, "a ramassé une coupe débordant des pires toxines : un déficit courant de 7% du PIB, couvert pour l’instant par des capitaux capricieux provenant de la banque centrale chinoise et des royaumes des pétrodollars ; un flux de revenus d’investissements mondiaux négatif pour la première fois qu’on s’en souvienne ; un dollar qui ne tient qu’à un fil politique ; et des niveaux de dette à faire dresser les cheveux sur la tête".
- La coupe de Volcker, en comparaison, débordait de lait et de miel. En 1979, les Etats-Unis enregistraient un surplus courant et un taux d’épargne national de près de 10%. Aujourd’hui, ces deux éléments, essentiels dans un bilan, sont dans le rouge.
- Parallèlement, le pays a amassé quelques milliers de milliards de dollars de dette gouvernementale depuis l’ère Volcker. Le bilan américain, lourdement handicapé, fait donc naître le risque d’une crise économique sérieuse si la faiblesse du dollar devait se transformer en effondrement.
- En fait, maintenant que le dollar ralentit tandis que l’or grimpe en flèche, l’inimaginable effondrement du dollar devient un peu trop imaginable.
- "Combien de temps la suprématie du dollar peut-elle durer ?" s’est demandé Paul Volcker lors de la conférence du Grant’s Interest Rate Observer Conference le mois dernier. "Et comment la partie s’achèvera-t-elle ?"
- La réflexion de Volcker comportait la suggestion implicite — mais claire — que les jours du dollar sont comptés. "Est-ce que cela durera toujours ?" a-t-il demandé, par pure rhétorique, au sujet du financement de la consommation américaine par des créditeurs étrangers. "Quel genre de pyramide peut-on construire ?"
- "Il me semble qu’il y a beaucoup d’inconnues guettant cette devise mondiale de facto appelée dollar US et son importance croissante dans le monde", a conclu Volcker. "Est-ce que cette importance croissante a une limite naturelles ? Et si oui, comment la partie s’achèvera-t-elle ?"
- "En réponse à la question posée par Paul Volcker", remarqua James Grant, "bon nombre des participants à la conférence avaient une réponse toute prête : ‘un prix de l’or vraiment élevé’."
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Il y a quelques mois de cela, la donne financière a radicalement changé… et les conséquences commencent seulement à se faire sentir.
Cinq en particulier représentent un danger immédiat pour votre portefeuille… tandis qu’une autre pourrait vous rapporter des profits à trois, voire quatre chiffres.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** LES OCCASIONS DE SE VANTER SONT RARES…
** Le prix de l’or a grimpé la semaine dernière… et la semaine précédente… et la semaine encore avant. En ce qui nous concerne, nous avons vu le marché haussier arriver il y a sept ans de cela. Ceux qui ont acheté à l’époque approchent les 200% de gains. Ceux qui n’ont pas encore acheté se demandent s’il faut se positionner maintenant, ou atteindre la prochaine correction. Nous nous posons la même question.
* Nous n’avons pas beaucoup d’occasions de nous vanter ; nous devons donc prétendre les mériter lorsqu’elles se présentent. C’est là une meilleure sorte de vanité que de prétendre que nous ne les méritons pas — et cela nous donne une bonne base sur laquelle nous appuyer tandis que nous répondons aux questions que nos chers lecteurs n’ont pas posées. Que prévoyons-nous pour le métal jaune ?
* Comment avez-vous deviné ? Bien entendu, nous pensons que l’or va grimper. Peut-être va-t-il corriger à coutre terme, mais le marché haussier est bien loin d’être terminé, selon nous. Jusqu’où ira-t-il ? Probablement bien plus loin que quiconque le pense, et cela causera bien plus de dommages au système financier mondial qu’on l’imagine.
* Malgré l’énorme augmentation du prix de l’or, nous ne voyons guère d’éléments dans la presse ou dans les conversations nous permettant de penser que le public s’en rend compte. Si on leur pose la question, les commentateurs et les analystes disent : "toutes les matières premières grimpent". C’est vrai, mais l’or grimpe plus encore, ce qui doit signifier une chose et une seule : les gens perdent confiance dans le papier.
** Pourtant, le monde est inondé de papier : obligations, prêts, actions, devises, reconnaissances de dette, produits dérivés, fonds de fonds de fonds détenant des piles d’actifs papiers… Et de toutes les formes de papier tourbillonnant dans les artères financières de la planète, une seule est omniprésente — celle dans laquelle même le prix de l’or est libellé : le dollar américain.
* Nous nous méfions autant de la pensée de groupe que quiconque ; cependant, le fait que la plupart des gens pensent que le soleil se lèvera demain ne nous fait pas penser le contraire. De même, le fait que quasiment tout le monde pense que le dollar va chuter ne nous convainc pas qu’il va grimper. Nous sommes peut-être contrariens… mais nous sommes aussi instables. Parfois, pensons-nous, la foule finit par avoir raison.
* Et en l’occurrence, elle a raison sur le fait que le billet vert est comme un chat coincé dans un arbre. Il doit descendre d’une manière ou d’une autre. Sans cela, le déficit courant américain deviendra négatif de plus de 1 000 milliards de dollars par an.
* Bien entendu, certains économistes ne voient aucun mal même dans un déficit de cette ampleur. Ils ressemblent aux personnes qui pensaient que l’ouragan Katrina leur épargnerait d’avoir à arroser leur gazon.
* Mais l’or nous conte une histoire bien différente. Le métal jaune a passé les niveaux de résistance à une vitesse foudroyante, grimpant d’une centaine de dollars en quelques semaines. Les analystes prédisant qu’il s’agissait d’un "pic" ont été réduits en cendres. Les vendeurs à découvert commerciaux — et ils sont nombreux — ont dû digérer leurs pertes et ravaler leur morgue. Ce qui s’est produit est simple, mais historique. L’or a changé de nature, passant du statut de simple métal à celui de repère contre lequel toutes les devises, et non simplement le dollar, sont mesurées.
* Il s’échange comme une devise, une devise fondamentale, même — vers laquelle s’écoule de l’argent qui n’est plus seulement avide, mais effrayé.
* Et la plus effrayée, en ce moment, c’est la devise imprimée en encre verte.
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*** La Chronique Agora présente ***
Deux fois par an, Omaha accueille une foule de nouveaux venus — les actionnaires de Berkshire Hathaway. Chris Mayer, de Capital & Crisis, était sur les lieux…
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L’EGLISE DE BUFFETT & MUNGER — 1ère PARTIE
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Par Chris Mayer (*)
Cette année, environ 24 000 personnes ont fait le pèlerinage pour contempler l’Oracle d’Omaha et son acolyte — modeste mais plein d’esprit — Charlie Munger. Les deux compères ont été à la hauteur de leur réputation, distribuant de généreuses portions de leur sagesse et de leur humour bon enfant.
C’était ma première année ici, ma première rencontre avec l’Eglise de Buffett et Munger.
Nombre des gens qui viennent ici sont… eh bien, comment dire cela gentiment ? Des moutons. Des suiveurs sans jugeote. Ils rient à gorge déployée à la moindre plaisanterie. Ils réagissent au quart de tour au moindre aphorisme éculé. Ils disent des choses sentimentales, stupides et bébêtes au sujet de ces deux vieux milliardaires.
Et lorsque vient le moment des questions/réponses, ils posent des questions serviles et sans intérêt — mais seulement après qu’ils ont terminé de dire combien Buffett est merveilleux, combien Munger est merveilleux, qu’ils représentent tous deux une lueur dans la nuit ou quelque chose de ce genre… enfin, vous voyez l’idée. Mais peut-être n’est-ce que moi.
Bref…
Buffett et Munger avaient beaucoup de choses intéressantes à dire, et tous les participants n’étaient pas des moutons.
Par exemple, certaines des meilleures questions portaient sur ce que Buffett et Munger pensaient du climat d’investissement actuel, et de secteurs bien spécifiques comme les matières premières, les actions du secteur presse, l’Amérique du sud, et ainsi de suite.
Certains investisseurs par la valeur sont allés voir du côté des "rebuts" du marché, et y ont trouvé les actions de journaux. Nombre des grands titres américains sont en souffrance, et leurs actions atteignent de nouveaux planchers. Les revenus publicitaires sont en baisse. Le lectorat diminue.
Qu’en pense Buffett, investisseur de long terme dans le secteur de la presse écrite ? Selon lui, les maux actuels font partie d’une tendance de long terme qui ne se renversera probablement pas. Et les valorisations des journaux ne reflètent pas cet état de fait. Comme il le dit, il y a toujours quelqu’un pour penser qu’une hirondelle fait le printemps.
Mais au lieu de cela, les valeurs de la presse écrite sont confrontées à un hiver long et peut-être permanent. Buffett a déclaré qu’il avait tort en pensant que les journaux étaient un secteur à toute épreuve. Il est clair que ce n’est pas le cas. Munger a ajouté qu’il pensait, il y a des années de cela, que General Motors était une entreprise à toute épreuve.
Les secteurs à toute épreuve sont rares, dans le monde de l’investissement. Quasiment toutes les entreprises subissent des pressions concurrentielles de long terme. Mais cette idée de secteurs à toute épreuve reflète le désir principal de Buffett et Munger de posséder des entreprises dont les fondamentaux ne changeront pas — ou probablement pas — sur une durée de cinq à dix ans.
Buffett a cité l’industrie des télécommunications comme exemple de secteur où des changements substantiels sont probables. Et il a également parlé d’Intel — Buffett a déclaré qu’il ne comprenait pas l’entreprise lorsqu’elle est née, et qu’il ne la comprend pas aujourd’hui. C’est une autre société qui sera probablement confrontée à de nombreux changements dans l’avenir.
En fait, une bonne partie du succès de Berkshire au cours des ans est dû au fait qu’ils s’en tiennent à ce qu’ils connaissent. Munger a ajouté : "nous connaissons les frontières de notre compétence mieux que certaines personnes connaissent la leur". Cela permet de limiter les erreurs, même si tous les investisseurs font des erreurs et perdent de l’argent à l’occasion.
L’un des meilleurs conseils donnés par Buffett et Munger concernait leur méthode pour gérer une petite somme d’argent — plusieurs millions, plutôt que des dizaines de milliards : choisissez votre meilleure idée, et confrontez-y tout le reste. Il est très rare de trouver une idée qui vous rapportera 20% par an durant 40 ans. Dans le monde réel, vous devez fonctionner avec les meilleures idées que vous avez. Et ce ne sont peut-être — et même probablement — pas les meilleures idées que vous finirez par découvrir. Les choses changent ; comme le démontre la saga des journaux, des secteurs que l’on pensait autrefois à toute épreuve peuvent subir des revers de fortune majeurs.
[NDLR : Il arrive cependant que ces revers de fortune se soldent par des profits substantiels pour quelques investisseurs avisés -- comme le prouvent ces six valeurs malmenées par les marchés... mais qui devraient effectuer un retour gagnant dans les mois qui viennent. Pour en savoir plus...]
La suite dès demain…
Meilleures salutations,
Christopher Mayer
Pour la Chronique Agora
(*) Christopher W. Mayer est un vétéran du secteur bancaire, et plus particulièrement du domaine des prêts aux entreprises. Auteur financier depuis 1998, les essais de Christopher ont été publiés dans une large gamme de publications, de l’article quotidien de Mises.org à la version américaine de la Chronique Agora. Il est également le rédacteur de Capital and Crisis, un service de conseil en investissements récemment lancé à l’intention des observateurs financiers d’opinion contrarienne.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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