Les gladiateurs descendent dans l’arène

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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 18 mai 2007
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*** Pluie de zéros et ascension infinie
Jusqu’où les nouveaux maharadjahs de la finance pourront-ils aller ?

*** Une théorie contrarienne du réchauffement planétaire
La planète se réchauffe, mais pas forcément pour les raisons que l’on croit, selon deux chercheurs…

*** Les dieux rient
Quand tout part à vau l’eau… il ne reste plus qu’à se fier à la valeur

*** Les gladiateurs descendent dans l’arène
Dès le petit déjeuner, ambiance « électrique » chez Isabelle Mouilleseaux !

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DEPASSEES, LES BLUE CHIPS ?
Les grandes valeurs, c’est bien… mais on entend rarement parler des actions les plus profitables… des titres qui peuvent pourtant augmenter vos gains de 74%… 53,8%… 35,14%… 43,17%… 60%… voire plus.

Désormais, vous pouvez en profiter vous aussi : un clic suffit…

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Bonjour,

*** PLUIE DE ZEROS ET ASCENSION INFINIE

** Le jeudi de l’Ascension méritait bien son nom, au sens propre comme au sens symbolique. Toutes les places européennes effacent, à quelques points près, les pertes subies mercredi (hausse moyenne de 0,2%). De son côté, l’indice SSE de Shanghai, avec un gain de 1,6%, poursuit le rebond amorcé mercredi matin et renoue avec son zénith historique de clôture des 4 050 points inscrit les 10 et 14 mai dernier (le plus haut absolu intraday étant de 4 081 points).

Cette embellie collective d’un bord à l’autre du continent asiatique (du point de vue de la tectonique des plaques, l’Europe en fait bien partie…) était largement attendue, alors que la spirale haussière s’est encore emballée mercredi soir à Wall Street, dans le sillage de Citigroup (+4,2% alors que la thèse d’un démembrement du groupe monte en puissance).

** Nous devons faire amende honorable : notre scepticisme compulsif nous avait conduit à douter que le Dow Jones ait pu constituer mardi soir un bon précurseur de la tendance outre-Atlantique. En effet, l’ensemble des indices "larges" (S&P, Russell, Nasdaq) avaient clôturé dans le rouge, parfois de plus de 0,8% — mais le Composite du Nasdaq s’est empressé de les reprendre dans le sillage de Dell (+5%), Amazon (+4,5%) et Google (+3,3%).

Mais revenons-en à l’indice Dow des 30 "Industrielles". Il ne s’est pas contenté d’aligner une quatrième séance de progression consécutive et de battre un nouveau — et 27ème — record en séance (à 13 489) mercredi : il s’offre également un nouveau zénith historique à 13 500 points.

Les statistiques donnent le vertige. Pour la première fois de l’histoire, le Dow parvient à aligner, depuis le 29 mars dernier, pas moins de 30 séances de hausse sur une série de 34. A 24 heures près, il s’apprête à enchaîner une septième semaine de hausse consécutive, pour un gain cumulé de très exactement 10% — et de 12,5% en neuf semaines et demi.

Mais tout est relatif : même ne retenant que le score le plus élevé (+12,5%), il n’y a pas lieu parler de performance record. Le Dow Jones nous a en effet déjà gratifiés, à de nombreuses reprises entre 1996 et l’an 2000, de hausses supérieures à 25% en l’espace de deux mois — soit une envolée deux fois plus rapide que celle qui suscite notre perplexité aujourd’hui.

Présentée de la sorte, la progression des indices américains ne devrait guère frapper notre imagination, et encore moins justifier l’anticipation d’une sévère consolidation, assimilable à l’éclatement d’une bulle qui viendrait de gonfler inconsidérément.

Nous nous trouvons pourtant confrontés à un cas de figure totalement inédit… et les analystes techniques ne nous sont d’aucun secours : nous connaissons leur principal mot d’ordre ("suivez la tendance") et le principe de base de la formation des diverses structures graphiques — elles sont le reflet la psychologie des investisseurs : le cours de bourse constitue le produit de la somme totale des opinions.

Nous savons également qu’en toutes circonstances, l’information s’efface devant son interprétation. Soit… mais nous sommes abreuvés depuis pratiquement un an de signaux économiques contradictoires puis d’anticipations divergentes sur l’évolution des taux d’intérêt (avez-vous remarqué qu’ils continuent de se tendre en Europe, à près de 4,30% ?).

** Les dernières statistiques en date parues aux Etats-Unis ne font que renforcer l’impression qu’entre la baisse des prix de l’immobilier, la chute des promesses de vente de maisons individuelles, le fléchissement du pouvoir d’achat et des salaires (sauf des 1% les plus élevés), le brusque recul de la consommation des ménages US en avril, le chemin vers le maintien de la croissance américaine — et donc mondiale — est particulièrement étroit.

Il y bel et bien de quoi alimenter un sacré débat et remettre en cause l’unanimisme dont font preuve les économistes américains. Cependant, c’est à croire que la psychologie des marchés s’est littéralement mise en congé peu après l’éclatement de la crise du subprime fin février/début mars : tout se passe comme si la prise de conscience que la Terre était ronde provoquait un choc tel qu’il entraîne le déclenchement des mécanismes de déni, voir de refus pur et simple de la réalité.

Les esprits ne sont tout simplement pas prêts pour affronter cette nouvelle conception d’un univers courbe où la ligne droite constitue le meilleur moyen de revenir au point de départ. Ils se réfugient donc dans la répétition en boucle du credo originel : "Notre planète est plate, et sa surface est aussi infinie que la faculté d’appréciation des cours de bourse".

Ben Bernanke participe activement au musellement d’une quelconque forme de révolution copernicienne. Il a réaffirmé hier, depuis le siège de l’antenne régionale de la Fed de Chicago, que la crise du subprime (15% des prêts en circulation à ce jour, mais 30% de ceux accordés jusqu’à une date récente, en y incluant des formules "exotiques" qui minorent les premiers remboursements) n’aurait que des effets secondaires limités.

Et d’ajouter qu’aucun phénomène de contagion n’est à redouter. Vous connaissez ce vieux refrain : cela fait deux mois et demi que la Fed nous le ressert à chaque fois que la question de l’éclatement de la bulle immobilière — et c’est une réelle menace pour l’industrie du crédit ou du refinancement hypothécaire qui y est adossé — revient sur le tapis.

Il faut donc continuer de faire aveuglément confiance aux marchés pour rétablir l’équilibre lorsque des excès d’exubérance ou d’imprudence ont été commis, comme ce fut le cas avec la spéculation immobilière de fin 2000 à début 2006. Laquelle a conduit à un doublement — en moyenne — des prix des maisons aux Etats-Unis, puis à la constitution d’un stock de logements inoccupés qui serait le plus important observé depuis 17 ans.

Pour solde de tout compte, Ben Bernanke se propose juste d’introduire une petite pincée de "surveillance" et de réglementation supplémentaire pour empêcher certains abus et autres fraudes. Il note que près de la moitié des banques du pays ont, de leur propre initiative, durci les conditions d’octroi de prêts immobiliers. Cela pourrait effectivement conduire à une poursuite de la baisse des prix en 2007 — ce qu’anticipent tous les professionnels du secteur, promoteurs comme agents immobiliers.

Mais il n’est pas question d’envisager sérieusement que cela plombe la croissance américaine !

L’indice d’activité de la Fed de Philadelphie devrait rassurer tout le monde : il reprend quatre points au mois de mai, et s’éloigne ainsi du niveau zéro qu’il avait tutoyé mi-avril.

** Mais la question fondamentale qui transparaît en fil rouge depuis quelques jours dans nos chroniques est la suivante : la sphère économique mondiale se porte-t-elle effectivement mieux que jamais ? Ou bien sont-ce les quelques dizaines de milliers d’individus enrichis — dans des proportions jamais observées dans l’histoire de l’humanité par rapport aux autres catégories de population — par leurs capacités à faire de l’argent avec de l’argent qui surestiment le bon état général des marchés sur lesquels ils interviennent ?

Leur questionnement ne porte généralement pas sur le creusement des déficits, des déséquilibres structurel et des inégalités… mais sur la manière d’investir de façon pertinente — ou ostentatoire — les dizaines de milliards de dollars de bonus qui pleuvent sur Wall Street et la City de Londres.

** Et quel meilleur baromètre de la vanité et de la démesure que les ventes d’exception organisées par les grandes maisons d’enchères qui réunissent tout ce que la planète compte de nouveaux riches ou de milliardaires figurant depuis des décennies dans le classement de Barron’s ?

En matière de cote d’artistes contemporains, tous les plafonds ont été explosés mercredi chez Christie’s à New York ; les limites du concevable ont été repoussées au-delà des fantasmes les plus fous : une toile d’Andy Warhol, datée de 1963, intitulée Green Burning Car a été adjugée pour 71,7 millions de dollars (elle était estimée au tiers de cette enchère).

Le précédent record établi par une oeuvre signée Warhol — en novembre 2006, ce qui n’est pas si lointain… — s’était élevé à 17,4 millions de dollars "seulement" ; il s’agissait d’un portait de Mao, et l’enchère avait été remportée très symboliquement par un milliardaire chinois de Hong Kong.

Mais la maison Christie’s se mord les doigts de n’avoir pu de damer le pion à sa grande rivale Sotheby’s, qui avait adjugé la veille une toile de Mark Rothko (que nous jugeons d’une banalité et d’une laideur extrême… mais le minimalisme et la juxtaposition de trois couleurs "moches comme tout", cela n’a pas de prix) pour près de 73 millions de dollars.

Christie’s se rattrape néanmoins avec la palme du plus gros chiffre d’affaire pour une journée d’enchères à New York : 385 millions de dollars. Pas moins de 65 des lots vendus affichaient une étiquette à plus de six zéros (soit un million de dollars)… et cinq d’entre eux plus de sept zéros.

La barre symbolique des huit zéros (100 millions de dollars) n’a pas été franchie cette semaine, mais la vente d’une dizaine de tableaux signés Andy Warhol a représenté un cumul de 136 millions de dollars.

Il n’est pas exclu qu’un vrai passionné ait cassé sa tirelire pour enrichir sa collection de trois ou quatre toiles du maître. Dans ce cas, le cap des 100 millions de dollars a pu être dépassé — mais ce n’est qu’une broutille pour cet ex-trader vedette d’Enron qui s’est mis à son compte il y trois ans et affiche des revenus purement financiers qui défient l’imagination : plus de deux milliards de dollars. Un total qui dépasse le PIB de certains pays comme la Cisjordanie, le Surinam, ou, plus près de nous, l’Andorre. Pour finir sur un clin d’oeil, cela représente deux fois le PIB de la Principauté de Monaco (rien que des pauvres !).

Nous touchons peut être du doigt une dimension de richesse et de démesure telle que la notion de bulle ou de prix échappe aux nouveaux maharadjahs du capitalisme. La seule question que nous nous posons depuis quelques jours, ce n’est pas de savoir si c’est "juste" ou "injuste" (chacun y apportera sa propre réponse, nous n’avons pas vocation à vous infliger une leçon de morale)… mais s’il est simplement concevable que cela puisse durer.

Une interrogation qui était bien de circonstance en ce jeudi de l’Ascension !

Philippe Béchade,
Paris

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Chris Mayer vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** UNE THEORIE CONTRARIENNE DU RECHAUFFEMENT PLANETAIRE

** "Je vais vous parler du réchauffement planétaire comme vous n’en avez jamais entendu parler — je vais vous parler de preuves". C’est par ces mots que Dennis Avery commençait une récente conférence. Avery a co-signé, avec Fred Singer, un nouveau livre fascinant appelé Unstoppable Global Warning : Every 1 500 Years ["Un réchauffement planétaire impossible à arrêter : tous les 1 500 ans", ndlr.]

- Les auteurs vont à l’encontre de l’idée selon laquelle la planète se réchauffe en majeure partie à cause des émissions humaines de dioxyde de carbone — qui, selon les auteurs, ne représentent que 3,5% du dioxyde rejeté dans les airs. Ils présentent des arguments basés sur les travaux de plusieurs chercheurs qualifiés, et montrant un cycle climatique de long terme. Ils écrivent : "le public est littéralement ignorant du fait que le cycle de 1 500 ans offre la seule explication du réchauffement planétaire actuel qui soit soutenue par des preuves physiques".

- Regardons par exemple ce qu’ont vécu les Vikings il y a quelques siècles de ça…

- Vers la fin du 10ème siècle, les Vikings ont navigué vers l’ouest, depuis l’Islande, dans leurs célèbres drakkars. Ils ne tardèrent pas à accoster sur une vaste île inhabitée. Ses eaux fraîches regorgeaient de poissons et de phoques. De l’herbe verte couvrait ses rivages. Les Vikings l’appelèrent Groenland — le pays vert.

- Les Vikings ne tardèrent pas à s’installer. Ils élevèrent moutons et bétails… cultivèrent des légumes… et échangèrent des peaux de phoques et des cordes faites de peau de morse pour obtenir du bois et d’autres choses dont ils avaient besoin. La colonie prospéra. En l’an 1100, plus de 3 000 personnes vivaient au Groenland. On comptait 12 églises — et même un évêque.

- Les Vikings, même s’ils ne le savaient pas, profitaient d’un réchauffement planétaire médiéval. Durant 400 ans, les températures du nord de l’Europe furent 2° plus élevées que ce qu’elles étaient auparavant. Malheureusement pour les Vikings, un petit âge de glace ne tarda à suivre cette période de réchauffement : il dura 500 ans.

- A mesure que ce nouvel âge de glace s’installait, la glace s’étendit autour des rives du Groenland. Les navires de ravitaillement commencèrent à avoir du mal à rejoindre la côte. Les hivers rallongèrent — tandis que les étés raccourcissaient. Les tempêtes devinrent plus violentes. Les Vikings ne purent plus cultiver comme ils le faisaient. A bout, ils durent se résoudre à manger leurs dernières vaches à lait. Les Inuits vinrent du nord, par les glaces. Des luttes éclatèrent pour les quelques phoques restants.

- En 1410, le dernier navire de ravitaillement brava les glaces. Peu après, les colons périrent. Le Danemark reconnut le Groenland en 1721 — plus de 300 ans plus tard — après que ce petit âge de glace soit passé.

** L’expérience Viking montre que les températures terrestres ont fluctué sur quelques centaines d’années. Les Vikings ne sont pas les seuls ; des civilisations antérieures nous fournissent d’autres preuves. Les Romains ont enregistré une période de réchauffement entre 200 av. J.C. et 600 ap. J.C.. On faisait pousser du raisin en Grande-Bretagne et en Europe du Nord.

- Les preuves s’accumulent de toutes parts. Des prélèvements glaciaires nous donnent l’histoire du climat sur 900 000 ans. Les sédiments au fond des mers, les stalagmites, les anneaux des arbres, le pollen fossilisé — tous indiquent un cycle de réchauffement/refroidissement durant environ 1 500 ans, et qui existe depuis près d’un million d’années.

- "La Terre se réchauffe et refroidit continuellement", notent les auteurs.

- "Ce cycle est indéniable, ancien, souvent brutal, et à l’échelle planétaire. On ne peut pas l’arrêter". Par quoi est-il causé ? Par de petits changements dans les rayonnements solaires. Pour simplifier les choses à l’extrême, un soleil plus faible crée une Terre plus froide. Un soleil plus actif et plus fort réchauffe la planète. Bref, les variations solaires influent sur les températures terrestres.

- Les scientifiques ont trouvé une corrélation de 95% entre le nombre de taches solaires et les températures mondiales. Cela signifie que les deux évoluent en tandem quasiment tout le temps — ce qui constituent un bien meilleur indicateur que les émissions de dioxyde de carbone. En effet, ces dernières n’expliquent pas les longues périodes durant lesquelles les niveaux de dioxyde de carbone ont grimpé alors que la planète refroidissait, ou, à l’inverse, les périodes durant lesquelles la Terre se réchauffait alors que le dioxyde de carbone baissait. La théorie des gaz à effet de serre n’explique de loin pas toutes les variations de température connues de l’histoire terrestre.

- Quoi qu’il en soit, la Terre se réchauffe lentement depuis 1850 environ. Cela aura un impact sur la civilisation humaine — et cet impact pourrait être positif. L’histoire nous apprend que les périodes de réchauffement étaient souvent prospères. Des climats plus chauds au Canada et en Russie aideront à produire de la nourriture. Des saisons de pousse plus longue, moins de gelées, plus de pluies — tout cela sera bon pour l’agriculture.

- Tous les effets du réchauffement ne sont pas bons, cependant. Selon Avery, par exemple, à mesure que les zones de pluies tropicales se déplacent vers le nord, le Canada et la Sibérie deviendront plus humides, tandis que les régions plus au sud s’assécheront. Certains endroits connaîtront plus d’inondations, d’autres plus de sécheresses.

- Enfin, les auteurs soulignent que les véritables craintes devraient concerner le prochain âge de glace, qui est inévitable. Des pays entiers se recouvriront de banquises épaisses de plusieurs centaines de mètres. D’autres subiront des sécheresses de plusieurs dizaines d’années.

- Mais selon Avery et Singer, "tout cela ne se produira peut-être pas avant des millénaires"…

- Quelles idées d’investissement pouvons-nous tirer de la théorie d’Avery et Singer ? Elles sont simples : quasiment tout le monde est d’accord pour dire que la Terre se réchauffe et que le climat devient plus volatil. Le débat fait rage sur les raisons de ce phénomène. En tout cas, si la Terre se réchauffe et si les sécheresses deviennent plus fréquentes, certaines ressources, comme l’eau, devraient devenir de plus en plus précieuses partout dans le monde.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, en Espagne

*** LES DIEUX RIENT

** Sotheby’s vient d’enregistrer une nouvelle vente record. Un tableau de Mark Rothko est parti pour 72 millions de dollars.

* Quelque part… les dieux rient.

* Richard Russell, de son côté, a changé de refrain. Ses vocalises ont désormais une mélodie quasi-entraînante : le Dow est en train d’entrer dans la troisième — et dernière — phase du grand marché haussier, selon lui. Le sommet reste à venir.

* Russell est un vétéran parmi les gourous de l’investissement. Il interprète la théorie de Dow depuis 40 ans.

* Cette théorie est si simple qu’elle en est presque ridicule :

* Les marchés fonctionnent par tendances longues… Ils grimpent, grimpent, grimpent et grimpent — jusqu’à atteindre le sommet. Ensuite, ils baissent, baissent, baissent et baissent — jusqu’à toucher le fond.

* En théorie, cela rend l’investissement facile. Il suffit d’identifier la tendance primaire. En pratique, vous trébuchez dans le brouillard comme tout le monde, parce qu’on ne sait jamais avec certitude quelle direction prend réellement la tendance, ni le moment où elle atteindra des extrêmes.

* Nous avons suivi Russell pendant des années. Ce que nous trouvons utile, dans son analyse, c’est qu’elle souligne les tendances de long terme, qui sont visibles — au moins rétrospectivement. Et elle se concentre sur la valeur. Comment savoir lorsque les cours ont atteint un sommet ? Il suffit de regarder la valeur. Les sommets majeurs se produisent lorsqu’on n’obtient plus guère de valeur pour son argent. Lors des principaux creux, on peut acheter une action cinq ou dix fois les bénéfices. Lors des sommets, il faut payer bien plus — trois à cinq fois plus.

* Si l’on se base uniquement sur la valeur, nous considérons que le marché boursier — et le marché de l’art — sont à des sommets… du moins les frôlent dangereusement.

* Russell a peut-être raison quant à la situation exacte de la tendance majeure… et de la Troisième Phase qui s’annonce. En ce qui nous concerne, nous en restons à la valeur.

* Le problème avec les investisseurs, pour emprunter l’expression d’un homme célèbre, c’est qu’ils connaissent le prix de tout — mais la valeur de rien. Quelle est la valeur d’un tableau de Rothko ? Nous n’en savons rien. Nous avons simplement une opinion — et selon elle, quiconque a dépensé 72 millions de dollars pour l’acheter devrait se faire soigner… tout de suite.

** Mais au moins, dans le monde des vrais investissements, on peut appeler les chiffres à la rescousse. Les chiffres du retour sur investissement, par exemple, peuvent nous guider. Un investissement rapportant 10% est plus avantageux, selon nous, qu’un placement qui ne rapporte que 5%. Dans la mesure où l’on ne sait pas vraiment quelle direction le marché emprunte, on ne peut pas compter sur les plus-values. Même Russell, avec toutes ses formules et sa longue expérience, s’est souvent trompé — comme quiconque restant assez longtemps dans le secteur finit tôt ou tard par se tromper. Il n’est tout simplement pas donné à l’homme de connaître son destin. Regardez les bénéfices. Ou les dividendes. Si vous avez la chance d’obtenir plus, eh bien… tant mieux pour vous.

* Parier sur la direction du marché est un jeu qui va à l’encontre notre point de vue le plus obstiné, déjà décrit dans nos colonnes sous le nom de Loi de Bonner :

* La qualité de l’information diminue du carré de la distance par rapport à la source.

* Lorsque vous achetez une entreprise — surtout si elle se trouve à deux pas de chez vous — vous pouvez l’étudier en détails et deviner à peu près correctement ce qu’elle gagne. Mais lorsque vous êtes simplement "sur le marché", vous n’êtes rien de plus qu’une cible facile pour l’industrie financière. Vous achetez quelque chose que vous ne comprenez pas à quelqu’un à qui vous ne devriez pas faire confiance. Et si par hasard vous gagnez de l’argent — vous ne le méritez pas.

* Mieux vaut étudier vos investissements soigneusement… individuellement… et vous concentrer sur la valeur. Comme ça, au moins, quand vous perdez de l’argent, c’est de votre propre faute.

—————————– (publ.)

COMMENT BATTRE LES HEDGE FUNDS A LEUR PROPRE JEU !
Ce sont les nouveaux seigneurs de la finance…
Ils font et défont les cours au quotidien…
La moindre de leurs réactions peut faire changer une tendance…

… et aujourd’hui, grâce à un système exclusif, VOUS pouvez investir comme eux !

Continuez votre lecture pour tout savoir…

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*** La Chronique Agora présente ***

Dans le domaine de l’électricité comme dans le secteur de l’aluminium, les jeux du cirque sont ouverts… et la bataille fait rage. Isabelle Mouilleseaux nous donne les dernières nouvelles des combattants — et des enjeux pour lesquels ils luttent.

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LES GLADIATEURS DESCENDENT DANS L’ARENE
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Par Isabelle Mouilleseaux (*)

1 — EDF convoiterait RWE
EDF aurait en ligne de mire RWE, le n°2 de l’électricité en Allemagne derrière E.ON. C’est une radio allemande qui aurait divulgué l’affaire, avec force détails. Alors certes, c’est ENCORE une rumeur, mais pour le coup, elle me paraît bien réelle. EDF serait même prêt à renoncer à ses 45% dans le capital de l’électricien allemand ENBW pour éviter les problèmes de concurrence. Il y a certainement des pourparlers en cours, c’est une évidence. Déboucheront-ils ? Impossible à dire. EDF, je l’apprends à l’instant, aurait démenti. Berlin aussi.

Qu’est ce qui est en jeu ? La création d’une gigantesque puissance électrique au cœur de l’Europe. Mais pas seulement… Car tout comme EDF, RWE achète et distribue aussi du gaz. Le premier affiche une capitalisation de 118 milliards d’euros, le second, de 44 milliards d’euros.

Que deviendrait le rapprochement Suez – GDF dans tout cela ? Le mix énergétique est stratégique. Il faut être clair. EDF peut faire du gaz et le distribuer sans GDF. GDF ne peut pas, seul, distribuer de l’électricité. Alors bien sûr, SUEZ pourrait être une bonne option. Mais elle n’est pas complètement satisfaisante, à mon humble avis.

Délirons un peu… Que pensez-vous d’un Suez-GDF-RWE ? Ça ne serait pas mal du tout… Non ?

2 — Oleg sur tous les fronts
Deuxième nouvelle de la journée, qui touche toujours à nos matières premières favorites : le roi de l’aluminium Rusal, devenu n°1 du secteur suite à la fusion de Rusal, Susal et du suisse Glencore, aurait des visées sur Chrysler. Ou plus précisément son président Oleg Deripaska (retenez ce nom !), 2ème fortune russe, 40ème fortune mondiale, très proche de Poutine. Il a construit son empire lors des privatisations des années 90, comme tout oligarche qui se respecte !

Son holding privé (Basic Element) investit partout. Assurance, énergie, agriculture, aéroports, construction, BTP et… industrie automobile. Il semble parti pour aider l’équipementier automobile canadien Magna et le financier Onex à racheter le constructeur américain Chrysler.

Eh oui… Le boom des matières premières (ici plus précisément de l’aluminium) a généré des profits gigantesques. Je vous le disais déjà hier en parlant des rumeurs de rachat par BHP Billiton de Rio Tinto.

Et tout cet argent sert aujourd’hui à racheter des entreprises, faire monter les enchères, concentrer le secteur des matières… Après avoir accumulé pendant des années des sommes faramineuses grâce à l’envolée des cours des ressources naturelles, les groupes abattent aujourd’hui une à une leurs cartes sur la table. Un véritable jeu de Monopoly, grandeur nature…

Restons en Russie, dans les hydrocarbures
Rosneft a mis la main sur la quasi-totalité des actifs de Ioukos, l’ex-empire du pauvre Khodorkovski, totalement démantelé. Je ne me ferai décidément jamais aux méthodes russes… Maintenant, Vladimir Poutine a donc deux énormes monopoles russes à sa disposition, l’un dans le gaz (le géant Gazprom), l’autre dans le pétrole (avec Rosneft). Le marteau et l’enclume des temps modernes… La concentration des pouvoirs politique, économique, financier et stratégique entre les mains de cet homme est tout simplement faramineuse. Et malsaine… A côté de lui, Bush fait presque « enfant de cœur ».

Et là encore, toute cette puissance repose sur les matières premières. La Banque centrale russe fait tourner la planche à billets à tout va, et inonde le pays de roubles. Avec comme sous-jacent non plus les réserves d’or comme par le passé, mais les matières premières dont les cours s’envolent. Ce qui permet tous les excès… Et que font les Russes avec tout cet argent ? Ils rachètent des groupes occidentaux de plus en plus grands et gros. A l’image de ce que font d’ailleurs déjà les Indiens et Chinois.

Ce qui m’amène directement à l’OPA d’Alcoa sur Alcan

Alcoa veut redevenir le n°1 de l’aluminium
Pourquoi Alcoa veut-il ingurgiter Alcan ? Parce qu’il sait très bien qu’il y a urgence. Voilà deux ans que les pourparlers entre les deux groupes patinent. Alors Alcoa prend les devants. Passant par-dessus le management de son concurrent, il s’adresse directement aux actionnaires d’Alcan. Objectif : redevenir le n°1 de l’aluminium. Bel enjeu ! Le nouveau groupe produirait sept millions de tonnes d’aluminium contre quatre millions pour le n°1 actuel, le russe Rusal (Oleg Deripaska !)

Pourquoi y a-t-il urgence ?

** D’abord parce qu’il pourrait se faire souffler Alcan par un groupe minier occidental ou russe (Rusal !). Quand les opportunités sont là, il faut savoir les saisir ! D’ailleurs, cela ne m’étonnerait pas de voir un gros groupe minier faire une surenchère sur l’offre hostile d’Alcoa. Attendons de voir…

** Pire : s’il ne grossit pas, Alcoa pourrait devenir la cible de gros groupes miniers comme Rio Tinto ou BHP (les rumeurs de rachat d’Alcoa par ce dernier sont régulières), voire Rusal…

** Enfin, n’oubliez pas que l’aluminium est au plus haut. Son cours a doublé en quatre ans. Il cote actuellement autour de 2 800 $ la tonne sur le LME. Des profits énormes ont été engrangés. C’est le moment ou jamais de se lancer…

** Et puis il faut avoir une taille critique sur le marché. Alcoa ne l’a plus, Alcan non plus. Tous les deux perdent des parts de marché du fait de l’émergence des Russes et des Chinois, qui contrôlent déjà 30% du marché de l’aluminium. Et cette tendance ne fait que commencer. Ces deux pays surfent sur l’envolée des cours de l’aluminium, mais aussi sur des coûts de production hyper-compétitifs, pour s’imposer. Nos deux groupes américain et canadien n’ont pas ce dernier avantage. Il leur faut donc réagir. Réagir pour survivre… Alcoa l’a parfaitement compris. Pas Alcan.

Les actionnaires le comprendront-ils ?

Meilleures salutations,

Isabelle Mouilleseaux
Pour la Chronique Agora

(*) Isabelle Mouilleseaux et toute son équipe vous communiquent quotidiennement les dernières nouvelles du marché des matières premières, et vous expliquent comment profiter de ce qui promet d’être le plus grand boom du 21ème siècle… Pour profiter de leurs conseils, rien de plus simple : il suffit de vous inscrire à L’Edito Matières Premières. Cliquez simplement ici, laissez-vous guider… et n’oubliez pas : c’est entièrement GRATUIT !

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