Les feuilles mortes se ramassent à la pelle…

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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 02 octobre 2006
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*** Drôles d’oiseaux
Les marchés ont rechigné devant la becquée vendredi…

*** Un secteur populaire
… et peut-être même trop populaire, selon Chris Mayer…

*** Les feuilles mortes se ramassent à la pelle…
… et c’est valable dans le monde financier aussi…

*** L’heure est à la prudence (1)
James Boric se penche sur le succès du fonds Strategic Growth…

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Le CAC 40 frôle des sommets… idem pour les marchés américains…
Mais cette hausse est-elle aussi solide qu’elle en a l’air ?

Pour en savoir plus — et découvrir comment réagir aux principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent, continuez votre lecture…

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Bonjour,

*** DROLES D’OISEAUX

** Les marchés avaient tout de l’oisillon attendant la becquée, vendredi — le gosier ouvert, piaillant à qui mieux mieux, ils ont guetté les chiffres économiques américains tels des bébés mésange le lombric frais.

L’aigle impérial a fini par leur apporter le fruit sa chasse du jour… mais la pitance a été diversement appréciée. En Europe, les oiseaux locaux l’ont trouvée plutôt à leur goût — même si le CAC 40 a mis fin à une série de quatre jours haussiers en terminant la séance inchangé, à 5 250,01 points. A Londres, le Footsie a enregistré un léger recul, de 0,05%, tandis qu’à Francfort, on progressait de 0,27%.

De l’autre côté de l’Atlantique, les marchés américains, eux, ont fait carrément grise mine devant l’assortiment d’insectes économiques délivré à domicile. Le Dow Jones a perdu 0,34%, à 11 678 points ; le Nasdaq a terminé vendredi à 2 258,43 points, soit un recul de 0,51%… tandis que le S&P 500 enregistrait une meilleure performance en n’abandonnant que 0,25%, à 1 335,84 points.

** De quoi était donc composé l’ordinaire statistique de vendredi pour ainsi rebuter la faune aviaire américaine ? Il ne commençait pourtant pas si mal : selon le département du Commerce US, les revenus des ménages américains sont en hausse — de 0,3% en août, ce qui est, selon la formule consacrée "conforme aux attentes". Malheureusement, c’est aussi leur plus faible progression depuis presque un an.

Dans le même temps, nos amis américains se sont montrés un peu plus regardants sur ce qui sortait de leur porte-monnaie : leurs dépenses n’ont augmenté que de 0,1% (contre 0,2% prévus) ; une baisse de régime en trompe-l’oeil, cependant : "hors alimentation et énergie", nous apprend le site investir.fr, "l’indice progresse [...] de 0,2%, en hausse de 2,5% sur les 12 derniers mois soit sa plus forte progression depuis janvier 1995".

A ces scarabées dodus venaient s’ajouter quelques mouches que n’aurait pas dédaigné même le plus repu des poussinets : la confiance des consommateurs est aussi frétillante qu’un ver fraîchement déterré — selon l’Université du Michigan, elle a grimpé à 85,4 en septembre, tandis que l’indice des directeurs d’achat de la région de Chicago était lui aussi en hausse, à 62,1 en septembre (contre 57,1 le mois précédent, et 55,7 prévus par le consensus).

Avec de tels chiffres, pourquoi cette morosité de la part des investisseurs américains ? Eh bien… une fois encore, tout le monde est suspendu à la prochaine décision du chef des pingouins, de l’empereur des dodos, de l’ultime volatile — bref, de Ben Bernanke. Ne sachant pas à quoi s’en tenir, les marchés préfèrent tabler sur une interruption des hausses de taux cette année… mais bien malin sera celui qui saura anticiper les décisions de la Fed. Dans le doute, les investisseurs se sont donc abstenus vendredi.

** Sur le marché des changes, le billet vert a quant à lui repris son envol ; il a terminé vendredi à un sommet de deux semaines ; l’euro est repassé sous les 1,27 $ pour terminer à 1,2681 $ (contre 1,2707 jeudi). Du côté obligataire, les taux se sont tendus, le rendement du bon du Trésor US à 10 ans passant à 4,63%.

L’or noir, pendant ce temps, a fini la semaine sur une légère hausse : le baril de WTI New York a clôturé à 62,91 $ (contre 62,76 $ la veille). Et l’or jaune, lui, est repassé sous la barre des 600 $, à 599,25 $ l’once au second fixing de Londres.

** En parlant d’or, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer : notre spécialiste du métal jaune, Simone Wapler, sera présente sur notre stand au Forum de l’Investissement ! Elle se tiendra à votre disposition vendredi 13 octobre de 11h à 12h30 pour répondre à toutes les questions que vous vous posez sur "la relique barbare".

Simone vient donc se rajouter à la longue liste de nos invités de marque… qui compte déjà Marc Dagher, de 100% WarrantsSébastien Duhamel, bras droit de Martin Thamont (e-Trader)… Hughes Leroy, porte-plume du Banquier CentralRaphaël Garaud, de Vos Finances – La Lettre du Patrimoine… ainsi bien entendu que Philippe Béchade et Bill Bonner.

Pour venir nous rendre visite, il vous suffit de retirer votre invitation gratuite en cliquant ici.

Quant à moi, je serai là aussi… et j’espère sincèrement avoir le plaisir de vous rencontrer !

Françoise Garteiser,
Paris

PS : N’oubliez pas que vous pouvez retrouver Philippe Béchade au 0899 707 009* dès 15h45 cet après-midi. Avec une analyse détaillée de la séance en cours et sa recommandation du jour, il vous donnera tous les outils nécessaires pour une séance aussi profitable que possible.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Chris Mayer, en direct de Wall Street…

*** UN SECTEUR POPULAIRE

** Le prix du pétrole a récemment atteint un plancher de six mois, et se trouve désormais 30% plus bas que son sommet de 78,65 $, atteint en août. Ce déclin ne m’a pas surpris. Certes, le cours du pétrole a grimpé à des sommets auxquels je ne m’attendais pas — mais heureusement, mon approche de l’investissement ne dépend pas de telles suppositions.

- Néanmoins, je reste assez méfiant quant au fait d’investir à nouveau dans des actions pétrolières. Il y a une poignée de valeurs que j’apprécie, et que je regarde de plus près — étant donné la récente glissade du pétrole, le moment est peut-être venu d’acheter. Mais je m’inquiète de la popularité de cette idée — non seulement du pétrole, mais de l’investissement en matières premières d’une manière générale.

- Selon le Wall Street Journal : "après avoir longtemps évité le pétrole, le gaz naturel, les métaux et autres matières premières, les investisseurs de tous bords — fonds de couverture, fonds de pension, assurances et investisseurs individuels — sont tombés amoureux de l’investissement dans les commodities".

** Preuve A : il y a désormais 68 fonds de couverture orientés vers les matières premières. Il n’y en avait que 29 il y a trois ans de cela.

** Preuve B : il y a aujourd’hui 48 fonds d’investissement se spécialisant dans les matières premières — et ils détiennent 56 milliards de dollars d’actifs. Ce chiffre est à comparer avec seulement 34 fonds et 10 milliards d’actifs il y a trois ans de cela seulement.

- Et rien de tout cela n’inclut l’argent investi dans les matières premières par des fonds qui ne sont pas spécialisés dans les commodities à l’origine.

- Je sens que c’est devenu un secteur populaire, et cela me rend méfiant. Des renversements violents, du type de celui que nous avons vu pour le pétrole, deviendront plus fréquents. L’argent a coulé facilement et rapidement dans le secteur des matières premières ; il pourrait le fuir tout aussi facilement et rapidement.

- Marchez sur des œufs, cher lecteur. Le boom des matières premières a peut-être encore beaucoup  de chemin à parcourir. Mais être prudent peut se révéler payant. Selon moi, les investisseurs en matières premières ont déjà engrangé tout l’argent facile.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Paris

*** LES FEUILLES MORTES SE RAMASSENT A LA PELLE…

** Qu’est-ce qu’un vieil homme, sinon un tas de feuilles mortes ? Comme les pages d’un journal intime, chutant les unes après les autres. Tous les jours, le tas se fait plus élevé… tandis que l’arbre se dénude. Il devient plus fragile. Comme du vieux bois patiné… avec des branches flétries. Finalement, la dernière feuille tombe… et il ne lui reste que ses souvenirs.

* Ce matin, alors que nous foulions les feuilles mortes sur les Champs-Elysées, nous nous sommes souvenus de quelque chose qui s’était produit il y a de nombreuses années de cela. Nous n’avions que dix ans, à l’époque, et nous avions travaillé tout l’après-midi à ratisser, accumulant un énorme tas de feuilles. Nous travaillions avec une petite voisine, et, par une fraîche soirée d’automne, sous la pleine lune… nous avons plongé dans notre pile et sommes restés allongés là, à regarder vers le haut. C’est là que notre coeur a bondi de son terrier pour la première fois — pour se diriger vers le ciel.

* Tout au long de l’allée Marcel Proust, qui mène des Champs-Elysées à l’ambassade américaine, les sans-abris se levaient de leurs bancs. Au moins deux d’entre eux semblent vivre en permanence dans le parc. L’un d’entre eux est en résidence avec quelques valises autour de lui. C’est un homme d’âge moyen… d’assez bonne allure… sans aucun signe extérieur de dérangement. Peut-être qu’avant, il gérait un fonds de couverture… ou qu’il avait un emploi dans la décoration d’intérieur. Nous avons lu dans le journal que la Californie, à elle seule, devrait perdre 100 000 emplois dans le secteur de la construction au cours des deux prochaines années. Peut-être a-t-il pris une retraite anticipée. Ce matin, il se tenait en robe de chambre bleue, fouillant l’une de ses valises, tandis que nous passions à côté de lui.

* L’autre habitante à plein temps du parc est une grosse femme, elle aussi d’âge moyen, aux cheveux d’un noir de jais. Elle était assise toute droite sur son banc, vêtue d’un manteau de cuir noir. Seuls ses yeux ont bougé tandis que nous passions.

* Que lui est-il arrivé, nous sommes-nous demandé ?

** La semaine dernière, le Dow a frôlé un sommet historique. Cela a réveillé un autre souvenir, datant de la fin des années 60. En 1966, le Dow a enregistré un sommet ; il grimpait depuis la guerre de Corée. Ensuite est arrivée une correction — mais deux ans plus tard, le Dow franchissait un nouveau pic… en termes nominaux. En termes réels, cependant, il n’a pas battu son précédent record. En tenant compte de l’inflation, le marché baissier avait déjà commencé… et il a continué durant les 16 ans qui suivirent — avant de changer enfin de direction en août 1982.

* Un de nos lecteurs nous a écrit pour nous donner ses propres souvenirs de cette période. Il avait acheté de l’or en 1990, à 400 $, et l’a gardé au cours des 16 ans qui ont suivi — c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Mais il notait qu’il aurait obtenu de bien meilleurs rendements en achetant des actions pétrolières. Il se posait la question : l’or est-il vraiment un investissement si mirifique ?

* C’est bien le problème avec l’Histoire, cher lecteur : en général, on n’en a pas assez. Observer une période spécifique à la loupe vous donnera probablement plus de mauvaises idées que de bonnes.

* L’or n’est certainement pas un investissement pour toutes les saisons. Il est réservé uniquement à l’hiver, lorsque les tempêtes rendent les routes commerciales glissantes… et que des rendements glaciaux rendent les marchés désagréables. Durant la période sombre et hivernale des années 70, l’or a grimpé en flèche, passant de 41 $ à plus de 800 $.

* C’était la belle époque ; nous nous la rappelons bien — les yeux des investisseurs ne quittaient pas les chiffres de la masse monétaire. Même une petite hausse du M3 au-delà de ce qui était attendu voyait les acheteurs se ruer vers l’or, tandis que les vendeurs plongeaient sur le marché des bons du Trésor US.

* Aujourd’hui, les investisseurs ne prêtent pas la moindre attention au M3. D’ailleurs même s’ils le voulaient, ils ne le pourraient pas ; les autorités fédérales ne donnent plus les chiffres. Et là, nous devons tirer notre chapeau au gouvernement. Ils sont parfaitement clairs quant à leur activité principale — arnaquer le public. Et ils savent comment s’y prendre.

* Le problème, avec l’escroquerie habituelle — imprimer plus de devises et les glisser dans l’économie comme si elles étaient vraies — c’est que les gens comprennent vite. Les "attentes inflationnistes" enflent… et la fausse monnaie perd de son pouvoir d’achat. Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, l’économie s’affaisse, tandis que les investisseurs, les hommes d’affaires et les consommateurs réalisent qu’ils se sont fait avoir.

* C’était afin de désarmer les attentes inflationnistes que la Fed a commencé à augmenter les taux d’intérêt il y a deux ans de ça. Mais, en même temps, les autorités savaient qu’il leur fallait également de l’inflation pour maintenir l’économie en ébullition. Qu’ont-elles fait alors ? Selon Adrian van Eck, comme rapporté par Richard Russell, tout en augmentant les taux d’intérêt très publiquement, les autorités ont largement augmenté la masse monétaire en privé… puis ont cessé de publier les chiffres du M3 pour couvrir le tout. Van Eck a calculé qu’environ 1 000 milliards de dollars de monnaie supplémentaire ont été introduits depuis la mi-2004. Eh bien, nous savons désormais pourquoi l’économie américaine n’a pas encore pris le chemin de la baisse… pourquoi l’or est à nouveau au-dessus des 600 $… et pourquoi le Dow approche de son sommet historique !

* Le pauvre Bernie Ebbers a pris 25 ans de prison pour avoir induit en erreur une poignée d’investisseurs. De combien d’années vont écoper Greenspan et Bernanke pour avoir induit en erreur une nation tout entière ?

* Mais revenons à l’Histoire… et aux souvenirs distordus qu’il nous en reste.

* Ce n’est qu’en 1982 que le soleil s’est finalement montré à l’horizon et a mis fin à l’hiver. A partir de là, l’or a chuté durant deux décennies, tandis que les actions vivaient l’un des marchés haussiers les plus retentissants de l’histoire — de moins de 1 000 à plus de 11 000 points pour le Dow. Aujourd’hui… six ans plus tard… le Dow y est encore.

* Le problème, c’est que la plupart des investisseurs actuels n’ont pas plus de souvenirs boursiers que ce qu’ils lisent dans les journaux depuis un quart de siècle de marchés haussiers. Les investisseurs d’aujourd’hui n’ont pas l’utilité de moufles et d’écharpes ; pour eux, il ne fait jamais froid, dans le monde de l’investissement. Ils regardent les 25 années passées, et pour autant qu’ils puissent en juger, les actions sont toujours "pour le long terme", et l’immobilier "ne baisse jamais"… sinon ici et là, parfois.

* Ils se demandent pourquoi quiconque irait acheter de l’or — sinon en guise de spéculation… et ne peuvent imaginer pour quelle raison les options put existent — sinon pour distraire des gestionnaires de hedge funds blasés.

* Mais jour après jour, les feuilles continuent de tomber. Les prix de l’immobilier chutent. Les saisies hypothécaires se multiplient. Les Russes retirent leur énorme gisement de gaz arctique aux entreprises américaines, en représailles aux sanctions imposées par l’administration Bush. L’or grimpe. Le pétrole est en hausse, à 63 $. Les hedge funds font faillite.

* D’ici peu, toutes les feuilles de l’arbre-bulle seront au sol… où l’on pourra leur donner des coups de pieds.

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Investir pour le long terme, c’est bien… mais dans certaines circonstances, c’est encore le court terme le plus performant — jugez plutôt :
1 740,11% de gains cumulés au total sur le premier semestre 2006…
Des gains de +50%… +69,77%… +67,86… +88,10% depuis début mai 2006… et des plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%… engrangées durant la première partie du premier semestre 2006 !

Continuez votre lecture pour en savoir plus…

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*** La Chronique Agora présente ***

Le Dr John Hussman est l’un des plus grands gestionnaires de fonds du moment. Son fonds, Strategic Growth, a obtenu un gain annuel moyen de 13,39% depuis ses débuts, en juillet 2000. James Boric nous explique la clé de ce succès…

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L’HEURE EST A LA PRUDENCE — 1ère PARTIE
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Par James Boric (*)

A notre époque, où les attentes de profits sont gonflées et sur-gonflées, un rendement annuel de 13% serait dédaigné par la plupart des investisseurs novices. Mais pour un professionnel expérimenté, c’est une réussite digne de louanges.

Depuis le 24 juillet 2000, le S&P 500 a obtenu en moyenne un rendement annuel composé négatif de 0,75%, le Nasdaq a abandonné 11% par an, tandis que le Russell 2000 obtenait un gain moyen de 7,32%. Hussman a battu tous ces indices haut la main. Il a également administré une raclée en règle à ses concurrents sur la même période.

Selon Morningstar, le Strategic Growth Fund d’Hussman a été le meilleur de sa catégorie au cours des cinq dernières années. N°1, sur 99 fonds en concurrence.

La clé du succès d’Hussman tient en trois parties. Il investit dans des entreprises ayant un très bon cash flow et des valorisations attractives. Il prend un risque acceptable en se basant sur le climat du marché dans son ensemble. Et il insiste sur les perspectives de long terme. Comme il l’a dit dans son dernier rapport annuel (qui a été rendu public le mois dernier) :

"Les objectifs d’investissement du fonds Hussman sont distinctement de nature long terme et ‘plein cycle’, n’accordant que peu d’importance au fait de suivre le marché sur de courtes périodes de temps".

Hussman admet que même à court terme, tout peut arriver. Il ne cherche pas à faire mieux que le marché sur un trimestre donné, ou même une année entière. En fait, son principal fonds Strategic Growth a sous-performé le S&P 500 de 50% en 2004. Et alors que les investisseurs ont vite fait de prendre les armes à la suite d’une telle tragédie, Hussman était tout à fait satisfait des résultats.

Le bon docteur juge en effet sa performance sur un cycle de marché dans son entier — c’est-à-dire de la hausse à la baisse. Après tout, il est facile de gagner de l’argent dans un marché haussier. Tout grimpe (façon 2003). Mais il est bien plus difficile de survivre à un horrible marché baissier et de s’en tirer avec à la fois votre dignité et votre portefeuille intacts. C’est là qu’Hussman — et ses actionnaires — prospèrent.

Lorsque les valorisations sont élevées, Hussman se couvre contre la possibilité d’une baisse des marchés. Il achète des options put à longue échéance contre les principaux indices boursiers, tout en se positionnant sur d’excellentes entreprises peu chères. Résultat de cette efficace combinaison, la plus grande baisse jamais subie par son fonds s’est montée à 6,98% durant le marché baissier de 2000-2002.

Parallèlement, le S&P 500 chutait de 47,41% sur la même période, tandis que le Russell 2000 baissait de 37,94%.

Mais revenons en 2000 quelques instants. Combien d’argent avez-vous perdu durant ce marché baissier ? Moins de 7% ? Ou bien était-ce plus proche des -47% constatés sur le S&P 500 ?

En commençant avec 10 000 $ en juillet 2000 et en investissant avec Hussman, vous auriez aujourd’hui 21 074 $. Vous auriez plus que doublé votre argent. Ces mêmes 10 000 $ investis dans le S&P 500 ne vaudraient que 9 564 $. En d’autres termes, même après quatre années de hausse des cours, vous subiriez encore les revers du dernier marché baissier.

Voilà, cher lecteur, la différence entre perdre seulement 7%… ou perdre 47%. Et qu’est-ce qu’Hussman pense de l’environnement boursier actuel ?

Dans son dernier rapport annuel, il explique très clairement que le marché n’est pas attirant en ce moment — en dépit d’une croissance solide des bénéfices et de marges bénéficiaires considérables ces quatre dernières années.

Nous verrons tout cela plus en détails dès demain…

Meilleures salutations,

James Boric
Pour la Chronique Agora

(*) James Boric est le rédacteur en chef de Penny Stock Fortunes, un service de conseil mensuel spécialisé dans les petites valeurs. James est également la force motrice du service de trading MST Trader.

Pour mettre tout le potentiel de profit des petites valeurs au service de votre portefeuille, continuez votre lecture…

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