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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 30 mai 2007
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*** Les douze coups de minuit
Ils vont faire des vagues…
*** Narration nationale, la suite…
Bill Bonner se penche aujourd’hui sur ceux qui se sont trompés d’Histoire…
*** La nouvelle Route de la Soie
Entre le Golfe et la Chine, la circulation des liquidités se densifie…
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Un véritable séisme énergétique pourrait mettre fin pour toujours à l’ère du pétrole bon marché, effaçant plus de 150 ans de prospérité occidentale et oblitérant la richesse de millions d’investisseurs… quasiment du jour au lendemain.
PANNE SECHE !
LE JOUR OU LE MONDE SE RETROUVERA A COURT D’ENERGIE
Restez les bras croisés et perdez tout… ou agissez AUJOURD’HUI et engrangez des gains de deux, voire trois chiffres sur des valeurs parfaitement positionnées pour grimper en flèche alors que le chaos s’installe
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Bonjour,
*** LES DOUZE COUPS DE MINUIT
** La séance de lundi avait mis en évidence l’absence d’autonomie du marché parisien en l’absence des investisseurs anglo-saxons. La séance de mardi a démontré qu’il pouvait également s’avérer difficile de conserver les 0,23% de gains qu’au prix d’une audace extrême, le CAC 40 était parvenu à engranger dans l’anticipation d’une réouverture haussière des marchés américains au lendemain du long week-end du Memorial Day — ce qui s’avérait d’ailleurs judicieux, puisque le Nasdaq grimpait initialement de 0,7%.
Mais ni la bonne tenue générale des indices à Wall Street… ni la spectaculaire progression de la confiance des ménages américains, qui rebondit de 104 à 108 à fin mai… ni des hausses supérieures à 0,5% à Londres ou Francfort (nouveau record annuel à la clé)… n’ont suffi à maintenir le marché parisien en territoire positif. Le CAC 40 s’est repositionné au beau milieu du corridor 6 015/6 115 points.
Nous pourrions tenter de justifier la prudence des investisseurs hexagonaux par le recul de 1,4% du prix des maisons aux Etats-Unis au mois d’avril (et -0,7% depuis janvier). Cependant, leurs homologues américains semblaient n’avoir même pas jeté un oeil sur leurs écrans au moment de la publication de ce chiffre (à 14h30 heure française), puisque c’est désormais à Wall Street qu’échoit le privilège d’entretenir le "sentiment de richesse" des épargnants/consommateurs outre-Atlantique.
La hausse irréversible des actions depuis huit semaines permet de compenser les effets négatifs de la première contraction de la valeur moyenne du patrimoine immobilier depuis 15 ans. Ce recul concerne 13 des plus grandes métropoles américaines sur 20, les plus lourds replis affectant les régions de Detroit et de San Diego, capitales respectives de l’industrie automobile et de la Silicon Valley.
** Il faut se garder d’accorder trop d’importance à telle ou telle donnée macroéconomique prise isolément — d’autant qu’elles vont s’enchaîner à un rythme effréné d’ici vendredi aux Etats-Unis : première révision de la croissance économique au premier trimestre 2007, indices PMI et ISM des directeurs d’achats (respectivement pour la région de Chicago puis pour l’ensemble des Etats-Unis), et enfin le très attendu chiffre des créations d’emplois, qui sera publié le 1er juin, en point d’orgue de la semaine, avec le taux de chômage.
En réalité, cependant, les statistiques américaines suscitent une quantité de commentaires et de supputations inversement proportionnelle à l’effet supposé sur les cours de bourse depuis la mi-juillet 2006… Et il en va de même pour les cours du pétrole, du gaz, du nickel et du cuivre — mais aussi du soja, du maïs ou du jus d’orange.
Tous les prix des matières premières ou des denrées alimentaires s’inscrivent sur une pente durablement ascendante (avec parfois quelques jolis accrocs comme sur le NYMEX ce mardi, avec -3% sur le cours du baril), mais le baromètre officiel de l’inflation ne bronche pas. Les consommateurs pas davantage, d’ailleurs, puisque plus quelque chose prend de la valeur quelque part sur la planète… plus l’argent devient abondant dans le seul et unique lieu qui importe aux yeux des épargnants américains, à savoir Wall Street.
Mais le sort de Wall Street dépend de plus en plus étroitement de celui de la bourse de Shanghai. C’était de nouveau jour de fête pour les actions chinoises hier matin, avec une flambée de 1,5% qui propulsait l’indice SSE vers 4 335 points… avec les 5 000 points en ligne de mire pour la fin juin ? Shanghai fera peut être l’effort… mais il va falloir payer pour voir !
Le ministère chinois des Finances vient de relever le droit de timbre sur les transactions boursières en actions de 0,1 à 0,3%. C’est l’agence de presse Chine Nouvelle qui a rendu cette information à une heure assez inhabituelle puisqu’il était minuit à Pékin (soit 15h heure française). Etait-ce dans le but de faire le moins de vagues possible ? Le but de la manœuvre est pourtant de casser la spirale haussière qui a permis à l’indice SSE — et à tant d’autres — de gagner entre 275% et 300% en un an.
Si ce genre de taxation a toujours plombé les marchés — chinois compris — en temps ordinaire, il est légitime de se demander si 0,3% de droit de timbre sur les actions pourrait les empêcher de continuer de progresser à raison de +30% par mois, comme nous l’observons depuis le tout début du mois de mars.
Reste à déterminer si une série de taxes s’abattant sur les spéculateurs chinois aux douze coups de minuit ne débouchera pas un beau matin non pas sur une vague de prises de bénéfices… mais bien sur un tsunami d’ordres de vente. Dans ce cas, Tokyo se retrouverait aux premières loges.
Un brusque rapatriement de yens en provenance de Shanghai ne manquerait pas de produire une série d’effets collatéraux dont nous vous avons déjà décrit par avance les conséquences les plus prévisibles… mais nous ne doutons pas que le réel saura faire preuve de plus d’imagination que nous n’en sommes capable.
Philippe Béchade,
Paris
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** NARRATION NATIONALE, LA SUITE…
** Nous parlions hier de l’idée que se fait un pays de sa propre image… de son histoire… de sa "narration" dominante. Les gens ont besoin de réponses simples à des questions comme "qui sommes-nous ?" et "que faisons-nous ici ?". Ils ont besoin de réponses qui leur donnent un but… ou au moins une explication si plausible qu’elle leur épargne la peine de penser.
* Pour commencer, les gens n’aiment pas mourir dans des batailles absurdes et inutiles. Ils préfèrent largement mourir pour une raison. Ils en cherchent donc une à tout prix. En France, on est mort pour réaliser le rêve d’une France républicaine, unie et centralisée. Les morts américains, eux, sont tombés pour préserver leur liberté et leur indépendance… ou pour les transmettre à d’autres parties de la planète. Bien entendu, beaucoup de gens pensent que la France serait bien mieux si elle n’était pas aussi française. Et beaucoup d’autres encore préfèreraient que les troupes américaines s’occupent de leurs propres affaires, directement sur le sol américain.
* Un soldat individuel se donnant la peine de réfléchir à sa propre situation pourrait décider, par exemple, que la campagne de Napoléon contre le tsar russe Alexandre I… ou la campagne de Wilson contre Porfirio Diaz, au Mexique… ne valaient pas vraiment qu’on se sacrifie pour elles.
* Mais un soldat qui pense, ce n’est pas simplement extrêmement rare — c’est aussi un danger pour le système tout entier ! Heureusement, bien peu en sont capables. Et le reste d’entre nous déteste tellement cette activité que nous sommes prêts à accepter n’importe quelle "narration" à la place… tant qu’elle flatte assez notre ego.
* Napoléon poussa la Grande Armée en Russie en affirmant à ses soldats que les Russes représentaient une grave menace pour le flanc est de la France. Les aristocrates français — exilés ou expropriés durant la Révolution — avaient l’appui des Romanoff et des Habsbourg ; ils complotaient contre la Patrie. "Si nous ne les combattons pas à Moscou", aurait pu dire Napoléon, "nous devrons bientôt les affronter à Strasbourg. C’est à nous de sauver notre civilisation".
* Ce genre de menace flatteuse est l’une des excuses préférées. Et les canons roulent… les tambours résonnent… les martyrs tombent. "Mort pour la France", disent les monuments français. Ils sont morts "au service de leur pays", affirment les pierres américaines.
** Nous avons passé une bonne partie de la journée de lundi dans un train au milieu de nulle part. Le train était tombé en panne sur la voie, au milieu d’un immense champ de blé entre Montmorillon et Poitiers. En attendant le bus qui devait venir à notre secours, nous avons commencé un livre sur des soldats français ayant combattu avec l’armée allemande durant la Seconde guerre mondiale. Pourquoi un Français lutterait-il aux côtés des nazis ? Ils semblent avoir choisi la mauvaise narration.
* Dans les années 30, beaucoup d’Européens considéraient le bolchevisme comme l’ennemi public n°1. Les bolcheviques étaient des barbares sans foi ni loi, pensait-on. Ils s’étaient déjà emparés de la Russie… et avaient failli prendre l’Espagne aussi. Si on ne les arrêtait pas, toute l’Europe tomberait sous le marteau… ou serait coupée net par la faucille. Si l’on se base sur cette interprétation des choses, l’Allemagne n’était pas une menace pour la France ou la Grande-Bretagne. Elle représentait plutôt un rempart contre les communistes… et le seul pays ayant la force et la vigueur de s’opposer à eux. Beaucoup de Français ont vu la défaite de leurs propres forces armées contre la Wehrmacht comme une heureuse nécessité historique ; ils étaient désormais alliés avec les Allemands dans le combat qui comptait vraiment — la bataille contre le bolchevisme.
* Les nazis placardèrent des affiches en français : "L’Europe unie contre le bolchevisme". Flairant une opportunité, des milliers de Français s’engagèrent dans la Légion des Volontaires Français (LVF), et partirent pour le front de l’Est. Une affiche, publiée plus tard, montrait un soldat français vêtu d’un uniforme en tissu de camouflage blanc, portant une mitrailleuse. "Durant trois hivers, la LVF s’est couverte de gloire… pour la France et pour l’Europe".
* Après trois hivers passés accroupis dans la neige, on aurait pu penser que les Français auraient eu le temps de réfléchir… le temps de remettre en question la narration qui les avait mis dans un tel pétrin.
* "Qu’est-ce qu’on fait là ?" auraient-ils pu se demander. Mais il était plus simple de mourir que de réfléchir. De plus, à ce moment-là, la mort était la solution préférée. A quoi bon penser ? La guerre tournait mal. Les Allemands se repliaient sur l’Oder… avec les Russes à leurs trousses. Et s’ils revenaient en France, leurs compatriotes les considéreraient comme des traîtres.
* Non, il était plus simple, et peut-être mieux, de mourir.
* Le quatrième hiver fut le plus difficile ; ce fut celui où la plus grande partie d’entre eux cessa de bouger. Les LVF furent incorporés dans les Waffen SS, et couvrirent la retraite des Allemands, souvent sans armes convenables et sans nourriture. Leur tâche consistait à retarder les tanks russes pour que la Wehrmacht et les civils de Poméranie puissent progresser vers l’ouest. Ils luttèrent… puis se replièrent eux aussi, suivant les longues colonnes de femmes, d’enfants et de vieillards prussiens… de soldats défaits… de déserteurs…. d’égarés et de blessés.
* Les civils auraient pu eux aussi se poser quelques questions sur leur propre narration. On leur avait dit que l’armée allemande pouvait stopper l’avance russe à la frontière. On leur avait dit que les chars russes étaient encore à des centaines de kilomètres… et qu’ils battaient retraite ! Et tout à coup, on trouvait des milliers de chars T-34 et de soldats de l’Armée rouge — qui ne faisaient pas de quartier — sur le sol prussien. C’était impensable… mais c’était bel et bien réel. Et l’Allemagne avait alors besoin de véritables héros… de véritables soldats… pour repousser les hordes slaves. Durant des siècles, la Prusse avait nourri une tradition militaire sévère concernant les menaces pesant à l’est. Et voilà que des milliers de soldats sibériens venant de Russie, assoiffés de sang, brûlaient leurs maisons et violaient leurs femmes. Où était l’armée allemande lorsqu’on avait besoin d’elle ? Elle avait été brisée dans une véritable chasse au dahu en Russie. A présent, les Russe se vengeaient… et il n’y avait personne pour les arrêter.
* Malgré cela, la LVF se battit comme elle le put — alternant combat et retraite — jusqu’aux portes de Berlin, où elle figura parmi les derniers défenseurs de la ville.
* Parmi ceux qui survécurent à la guerre, bon nombre finirent dans des camps de prisonniers russes. Peu d’entre eux en sortirent vivants. Et ceux qui revirent la France découvrirent qu’ils avaient été officiellement déshonorés et ostracisés. On ne leur accordait aucun respect… et aucun emploi ; que pouvaient-ils faire, sinon devenir journalistes financiers ?
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*** La Chronique Agora présente ***
Après avoir parcouru les chemins légendaires de l’ancienne Route de la Soie, Chris Mayer se penche aujourd’hui sur la renaissance des échanges commerciaux entre Moyen- et Extrême-Orient…
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LA NOUVELLE ROUTE DE LA SOIE — 2ème PARTIE
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Par Chris Mayer (*)
La Route de la Soie est en train de renaître — au moins dans le sens métaphorique du terme. Les anciens relais commerciaux se trouvaient dans des villes légendaires comme Samarcande, Kachgar ou Meshed. La nouvelle Route de la Soie serpente entre des villes comme Dubaï et Riyad, jusqu’à Mumbai et Chennai en Inde, puis vers Kuala Lumpur, Singapour, Hong Kong — et même Tokyo.
Comme l’ancienne Route de la Soie, la nouvelle n’est pas une route au sens propre du terme. Mais c’est une métaphore utile pour décrire le renouveau du commerce entre le Moyen-Orient et l’Asie. Entre 1995 et 2005, les échanges entre ces deux régions ont été multipliés par quatre, selon McKinsey&Co. Selon certaines projections, le commerce entre les six membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) — Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie Saoudite et Emirats Arabes Unis — et l’Asie de l’est devrait exploser, passant de 59 milliards à 300-500 milliards de dollars d’ici 2020.
Pourquoi ? La réponse tient en peu de mots : le CCG a du cash, tandis que l’Asie a d’énormes besoins d’investissements.
Les économies asiatiques en croissance rapide ont — au moins en partie — nourri la demande de pétrole. La hausse des prix du brut, ces dernières années, a gonflé les richesses du CCG. Ils doivent désormais faire travailler ce trésor. Et de plus en plus, cela passe par l’Asie. McKinsey rapporte : "de récents entretiens avec plus d’une douzaine d’investisseurs du Golfe, contrôlant à eux tous plus de 300 milliards de dollars d’actifs, ont révélé qu’ils s’apprêtaient à réorienter leur allocation d’actifs vers l’Asie, de 10-30%".
C’est un circuit en boucle. Une croissance accrue en Asie signifie une augmentation de la demande de pétrole — lequel provient de plus en plus du Moyen-Orient. D’ici 2030, selon des estimations, la moitié des importations pétrolières de Chine devraient venir du Moyen-Orient. L’Asie — Inde comprise — pourrait représenter la moitié de l’augmentation de la demande mondiale de pétrole. Cela signifie plus de liquidités pour le CCG, et plus d’investissements en Asie — dans l’immobilier, la banque, les communications, les infrastructures. Et ça continue.
Pendant ce temps, les entreprises chinoises, indiennes et autres asiatiques sont actives au Moyen-Orient. Elles apportent des biens de consommation à bas prix (Dubaï abrite déjà Chinamexmart — que McKinsey décrit comme "une mini-ville d’entreprises chinoises distribuant leurs produits dans la région"). Des entreprises asiatiques participent également à certains des grands projets de construction du Proche-Orient.
Il y a un autre baromètre intéressant de l’activité économique : en 2000, on ne comptait que sept vols quotidiens entre les états du Golfe et la Chine. Aujourd’hui, il y en a plus de 48.
Colin Thubron avait noté, au cours de son voyage, combien l’influence de l’ancienne Route de la Soie se faisait sentir même dans des hameaux reculés. "Le système nerveux de la Route de la Soie atteignait même les extrémités les plus pauvres", écrit-il. "Elle traversait des barrières écologiques mineures aussi bien que des empires". De la même façon, les effets du nouveau commerce émergeant entre ces régions se feront sentir dans les schémas commerciaux actuels et sur les marchés boursiers de toute la planète.
Se positionner sur les actifs demandés par la nouvelle Route de la Soie et investir dans des entreprises ayant des liens avec cette région devrait se révéler profitable. Cependant, une croissance aussi fiévreuse connaîtra quelques pauses. Même les colibris doivent se reposer… mais rappelez-vous que l’ancienne Route de la Soie a dominé le commerce durant plus de mille ans, et a permis de construire bon nombre de fortunes.
La nouvelle Route de la Soie en fera peut-être de même.
Meilleures salutations,
Chris Mayer
Pour la Chronique Agora
(*) Chris W. Mayer est un vétéran du secteur bancaire, et plus particulièrement du domaine des prêts aux entreprises. Auteur financier depuis 1998, les essais de Christopher ont été publiés dans une large gamme de publications, de l’article quotidien de Mises.org à la version américaine de la Chronique Agora. Il est également le rédacteur de Capital and Crisis, un service de conseil en investissements récemment lancé à l’intention des observateurs financiers d’opinion contrarienne.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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