Les derniers seront les premiers

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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 1er novembre 2006
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*** Du mauvais sang pour un cinquième 18%
L’Eurotop 100 donne des signes de faiblesse…

*** Piqûre d’abeille
Le ralentissement de l’immobilier US n’est pas une tragédie, nous dit Greenspan. Rassuré ?

*** Les derniers seront les premiers
… même si cela semble prendre un peu de temps dans le cas des USA

*** L’Inde est à la hausse (1)
Et un secteur public à la traine…

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Bonjour,

*** DU MAUVAIS SANG POUR UN CINQUIEME 18%

** Depuis 48 heures, mieux vaut ne pas trop se fier aux scores affichés par le marché parisien. Il vient d’être victime coup sur coup d’une chute libre du titre Schneider, de -7% (lundi), puis de Sanofi-Aventis (-5%) hier.

Victime d’une double crevaison à 24 heures d’intervalle, le CAC 40 (-0,63% puis -0,35% successivement) se retrouve largement distancé par le gros du peloton des places européennes, qui s’effritent d’ à peine 0,5% sur 48 heures.

Fort heureusement, il n’en est rien sur une période un peu plus étendue, puisque les valeurs françaises et celles rentrant dans la composition de l’Euro-Stoxx 50 font jeu égal depuis le 12 octobre dernier : leurs performances respectives sont de… 0% !

Eh oui, cela fait trois semaines que les indices de la zone euro font du surplace ! Une performance plutôt paradoxale, puisque les scores hebdomadaires s’avèrent positifs depuis sept semaines consécutives. Les marchés devraient donc être en progression systématique depuis le début du mois d’octobre !

C’est une conclusion logique… mais elle ne résiste pas à un examen détaillé de l’évolution des indices paneuropéens. Les deux hausses hebdomadaires constatées les 20 puis 27 octobre n’ont été obtenues qu’à l’arraché, moyennant des progressions symboliques de 0,25% à 0,3% au maximum. La petite consolidation des 27 et 30 octobre (-0,6% au total) a suffi à effacer les gains des 12 séances précédentes.

** Nous ne cessons d’attirer votre attention sur la hausse en trompe l’œil des dernières semaines : une progression laborieuse et symbolique. Mais les symboles, à quelques jours d’importantes élections sénatoriales de mi-mandat aux Etats Unis, cela vaut son pesant d’or… Il s’agit d’entretenir un illusoire sentiment de richesse chez les électeurs américains, jusqu’à ce que le dernier bulletin ait été déposé, le 7 novembre prochain, dans les urnes d’Honolulu — les derniers votants étant les habitants de l’archipel d’Hawaii.

Mais les bonnes âmes qui se dévouent pour tirer les indices américains vers des sommets ne veulent pas se ruiner inutilement. Ils concentrent leurs efforts sur le Dow Jones, faisant d’une pierre deux coups : ils soutiennent l’indice boursier qui offre le meilleur impact "marketing", et ils y parviennent en ne mobilisant que des moyens financiers limités.

Il est à l’évidence bien plus facile de faire grimper une douzaine de grosses valeurs (cela suffit pour doper les scores d’un indice historique qui n’en comporte que 30) plutôt que des centaines, lorsqu’il s’agit d’indices comme le S&P 500 ou le Russell 2000.

Nous sommes d’autant plus convaincus de l’aspect artificiel de la hausse actuelle des indices américains que le coup de frein conjoncturel (le PIB dégringolant de 5,6% à 1,6% en l’espace de six mois) est confirmé par une chute d’activité pour les entreprises établies dans le Midwest américain, à un plus bas niveau observé depuis août 2005.

L’indice PMI des directeurs d’achat de la région de Chicago a en effet plongé vers 53,5, contre 62,1 en septembre, alors que le consensus des économistes ressortait à 58.

** Si nous jugeons que l’évolution du Dow Jones — et du prix des carburants depuis quelques semaines — constitue une arme électorale aux Etats-Unis, la hausse des places européennes s’inspire plus sereinement d’une conjoncture internationale porteuse.

Mais les indices ne sauraient grimper éternellement, comme si l’éclatement de la bulle immobilière américaine pouvait demeurer sans lourdes conséquences macro-économiques. L’heure de la consolidation pourrait bien avoir sonné le 26 octobre dernier ; cependant, nous n’écartons pas l’hypothèse de la formation d’un double sommet annuel sur l’Eurotop 100 (l’indice le plus représentatif de la tendance sur le Vieux Continent) à quelques jours du scrutin sénatorial américain.

Car nous sommes convaincus qu’à 0,2% ou 0,3% près, l’Eurotop 100 a bien atteint son objectif moyen terme : une petite explication, chiffres à l’appui, s’impose !

** Si l’Eurotop 100 pouvait être employé pour étalonner les phases de hausse des places européennes, nous n’hésiterions pas à liquider très largement nos positions : lorsque l’indice a inscrit son zénith annuel le 26/10 à 3 094 points, il venait de grimper de 17,8% depuis son plancher du 14 juin, inscrit à 2 629 points.

C’est la cinquième fois en l’espace de trois ans que l’on voit l’indice Eurotop 100 progresser de très exactement 18% (à 0,2% près), sur des intervalles de temps de cinq mois au minimum (c’est le cas qui nous occupe depuis la mi-juin 2006) et de sept mois tout au plus (août 2004/mars 2005 — entre 2 040 et 2 400 — puis octobre 2005/mai 2006 — entre 2 595 et 2 980).

La moyenne est globalement de six mois : septembre 2003/mars 2004 — entre 1 905 et 2 055 — puis avril 2005/octobre 2005 — entre 2 285 et 2 699.

La dernière vague de hausse (qui n’est peut être pas totalement achevée, à quelques dixièmes de % près) devait propulser l’Eurotop 100 vers 3 098 points… et le voici qui vient de culminer à 0,1% de l’objectif, au bout de quatre mois et demi seulement, avec des oscillateurs techniques qui battent des records de surachat.

Sur les 20 dernières semaines, 16 se sont soldées par des hausses, trois par des replis de 1,1%, 1,6% et 3%, plus une semaine de stagnation.

Au cours du mois d’octobre — et en date du 26/10 à la mi-journée –, l’indice alignait un record de 15 hausses, pour une seule baisse de 1% (le 17/10) et quatre séances de consolidation de -0,2% au pire.

Et voici que l’Eurotop 100 aligne quatre séances de consolidation consécutives… pour des écarts qui laissent songeur : -0,15%, -0,19%, -0,33%, -0,07% — soit à peine -0,7% en une semaine.

Ce n’est rien en apparence, mais c’est suffisant pour que les oscillateurs s ‘infléchissent à la baisse… et nous gageons qu’il ne faudra pas patienter très au-delà du 7 novembre pour que l’indice en fasse autant, dans le sillage de Wall Street cette fois-ci.

Philippe Béchade,
Paris

—————————– (publ.)

Un principe d’investissement si simplissime
… que vous l’avez probablement OUBLIE !

Pourtant, il vous aurait permis de doubler votre mise en six mois

Pour savoir comment, continuez votre lecture…

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Les dernières nouvelles de nos rédacteurs américains…

*** PIQURE D’ABEILLE

** Si vous êtes comme nous, vous êtes probablement assez désorienté quant aux déclarations contradictoires faites récemment au sujet de l’état actuel de l’économie américaine. Il suffit de regarder les gros titres ces derniers jours :

- "Greenspan envisage un atterrissage en douceur"… "Le plus grand plongeon des prix de l’immobilier depuis les années 70"… "Une économie protégée contre les bulles"… "L’économie la plus faible depuis trois ans"…

- Hm… difficile de dire ce qui se passe vraiment, non ? Eh bien, pourquoi ne pas ignorer les médias, et simplement regarder les faits…

** Pour commencer, l’immobilier. La presse grand public a finalement accepté le fait qu’il se pourrait qu’on ait une minuscule bulle du secteur du logement… mais la majeure partie refuse de croire que cela aura un effet important sur l’économie. Et pourquoi devrions-nous nous inquiéter ? Le Maestro lui-même, Alan Greenspan, a annoncé — bonne nouvelle ! — que les Etats-Unis sont tirés d’affaire en ce qui concerne l’immobilier.

- En ce qui nous concerne, nous ne sommes pas certains que les Etats-Unis soient déjà "dans les affaires" jusqu’au bout, sans parler d’en être tirés, mais selon Greenspan, "la plupart des points négatifs de l’immobilier sont probablement derrière nous. L’économie en souffre moins".

- Ces commentaires de l’adorable ex-chef de la Fed sont arrivés juste après un véritable déluge de données arguant du contraire. En septembre, les prix des nouvelles maisons ont subi leur choc le plus fort depuis 1970, chutant de 9,7% par rapport à l’année précédente. Non seulement ça, mais les ventes de maisons ont baissé pour le sixième mois consécutif.

- Dans la mesure où le moindre Américain semble avoir acheté une maison ces dernières années, les constructeurs immobiliers ont du mal à se débarrasser de leurs nouvelles maisons, en dépit de toutes les primes et offres spéciales qu’ils proposent.

- Et malheureusement, les taux de saisie augmentent dans tous le pays. Les emprunteurs à risque ont du mal à suivre le rythme de leurs paiements, à cause des hausses d’intérêt qui ont eu lieu ces derniers mois. De plus, Lou Barnes, qui travaille pour la Boulder West Financial Services, dans le Colorado, déclare : "l’excès de construction a mis à mal l’appréciation des prix, ce qui a contribué à des saisies élevées dans ces régions, parce que les propriétaires ont moins de valeur, et ne peuvent pas vendre rapidement".

- Mais pas d’inquiétude. Greenspan nous assure que "beaucoup de gens vont perdre leurs maisons. C’est une tragédie familiale. Ce n’est pas une tragédie économique — ou macroéconomique".

- Eh bien, voyons voir. L’immobilier a-t-il vraiment eu un effet sur l’économie ? CNNMoney.com rapportait vendredi que la croissance économique avait ralenti, pour atteindre son rythme le plus faible en plus de trois ans au troisième trimestre — le PIB, la mesure la plus utilisée pour juger de la vigueur d’une économie, étant ressorti beaucoup plus bas aux Etats-Unis que l’avaient prévu les analystes. Cette faiblesse est due en partie à l’aggravation du déficit commercial, mais aussi au refroidissement du secteur de l’immobilier et à des dépenses de consommation plus faibles.

- Même ainsi, certains économistes affirment que la "menace" d’un ralentissement immobilier a été exagérée (certainement pas par vos correspondants de la Chronique, bien entendu… nous détestons l’hyperbole…)

- "C’est une piqûre d’abeille, peut-être plusieurs piqûres", a déclaré Robert Brusca, de FAO Economics. "Oui, ça fait mal, mais on n’a pas vu la réaction allergique crainte par beaucoup, qui pensait que cela créerait des problèmes plus graves".

- Nombreux sont ceux qui affirment que l’immobilier a déjà atteint son plancher grâce à un atterrissage en douceur. A la Chronique Agora, nous pensons qu’il a encore de la marge à la baisse. Bien entendu, nous n’avons pas de boule de cristal, mais nous mettrions notre équipement de sécurité — juste au cas où.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** LES DERNIERS SERONT LES PREMIERS

** "Les derniers seront les premiers", dit la Bible. Les premiers ne seront-ils donc pas les derniers ?

* Le taux de croissance du PIB américain a chuté de 40% entre le deuxième et le troisième trimestre. Selon le Dr Richebächer, la dette des consommateurs a grimpé de 77% depuis la fin 2000.

* Apparemment, les lois de la gravité économique attirent les Américains vers la surface de la Terre.

* Les investisseurs obligataires semblent voir les choses du même œil. Le rendement du T-Bond à 30 ans est passé à 4,78%.

* Avons-nous raison ? L’économie américaine est-elle vraiment en train de s’affaiblir ? La gravité fonctionne-t-elle encore ? Le Pape est-il toujours catholique ?

* Les investisseurs boursiers pensent que nous avons tort. Ils ont fait remonter le Dow au-dessus des 12 000. Même après les nouvelles du ralentissement de l’économie américaine, les actions n’ont abandonné que quelques points.

** Et dans les titres d’hier, nous n’avons trouvé que du bruit.

* "La consommation et les revenus des consommateurs américains grimpent… l’inflation ralentit", déclare Bloomberg. Tout va bien, en d’autres termes.

* Mais attendez…

* "Les consommateurs gardent leurs dollars", ajoute CNN, notant que les dépenses de consommation sont "plus faibles que prévu" aux Etats-Unis.

* "Les ventes mensuelles les plus faibles depuis des années pour Wal-Mart", rapporte CBS Marketwatch.

* Les données sont contradictoires, trompeuses et embrouillées. Que pouvons-nous faire, sinon nous en tenir à nos vieilles vérités ?

* Le moyen de devenir riche, rappelons-nous, est de vous assurer que vos dépenses ne dépassent pas votre revenu. Parce que si vous dépensez trop… et si vous devez trop d’argent… vos pertes ne tardent pas à causer votre perte.

* Oui, on sait, on sait… le marché boursier est en plein boom.

* Mais que voyons-nous ? L’ancien secrétaire au Trésor Robert Rubin a de curieuses pensées au sujet du boom des valeurs boursières :

* "Je pense qu’il y a eu un curieux phénomène sur les marchés boursiers, au moins ces derniers mois : lorsqu’on apprend que l’économie américaine ralentit, le marché prend souvent de la vigueur, parce que les investisseurs pensent que la Fed va arrêter d’augmenter les taux, ou qu’elles les baissera peut-être — ou peut-être pensent-ils que les rendements obligataires vont décliner. Pour une raison ou pour une autre, ils ne semblent pas se dire que les bénéfices ont peut-être baissé. Je trouve ça très étrange".

* Etrange, en effet.

* Donc oui, certes, les Etats-Unis ont l’économie la plus grande et la plus dynamique au monde — on vous l’accorde. Mais nous savons aussi que l’histoire transforme les "plus grands" en plus petits… et ternit l’éclat des "plus dynamiques" jusqu’à ce qu’ils soient aussi fanés que le reste. Nous ne prétendons pas savoir comment tout cela fonctionne, mais nous sommes assez certain que dépenser plus que l’on gagne n’est pas la bonne formule pour le succès financier. Et nous sommes assez sûr que plus quelque chose semble mener à une richesse instantanée, plus cette chose est dangereuse.

* "Les réserves en dollars de la Chine frôlent le millier de milliards de dollars", déclare un autre titre. Où les Chinois sont-ils allés chercher tous ces dollars ? C’est très simple, cher lecteur. La Chine… ainsi que d’autres pays exportateurs… vend des choses aux Américains. Si l’économie mondiale était bien équilibrée, la Chine se retournerait et achèterait elle aussi des choses aux Etats-Unis, pour que tout soit à égalité. La Chine a accumulé un surplus commercial ; les Etats-Unis ont un déficit commercial qui atteint presque les 7% du PIB.

* Les Etats-Unis traînent leur facture depuis si longtemps que c’est à peine s’ils s’en inquiètent. Les déficits commerciaux ressemblent au Credo de Nicée — éternels et immuables. Les Américains pensent que les Chinois leur vendront des marchandises pour l’éternité, et accepteront des dollars au taux de change actuel pour la même durée.

* De même, ils ont vu le Dow prendre une volée de bois vert en 2000-2001… et rebondir aussitôt. Idem pour l’économie. Et pour le dollar !

* "C’est comme ça que sont les choses", se disent-ils.

* Mais ce n’est pas vraiment ainsi que sont les choses. Les choses — en particulier pour l’économie et la finance — sont cycliques. Parfois, les gens sont prêts à acheter une valeur pour 17 fois les bénéfices. A d’autres moments, ils en veulent plus pour leur argent, et ça peut aller jusqu’à cinq fois les bénéfices.

* Et les choses fonctionnent — pour autant que nous puissions en juger — selon des règles auxquelles nous ne pouvons rien faire… mais que nous ne pouvons pas complètement ignorer pour autant.

* Quand quelqu’un dépense plus qu’il ne gagne (sauf s’il s’agit d’investissements), d’une manière ou d’une autre, à un moment ou à un autre, il s’appauvrit. On peut voir cela se produire dans les comptes internationaux. Les pays en dehors des Etats-Unis utilisent leurs surplus pour acheter de plus en plus d’actifs américains. Ils possèdent 43% des bons du Trésor US négociables, 32% des obligations d’entreprises US et 16% des actions américaines.

* Il y a vingt ans de cela, les Etats-Unis ont franchi un seuil significatif, passant du statut de créditeur net pour le reste du monde à celui de débiteur net. A présent, ils sont — et de loin — le plus grand débiteur net de l’histoire de la planète.

* Le Pape est toujours au Vatican. Nous aurions tendance à supposer que les choses fonctionnent comme elles l’ont toujours fait.

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Dix critères de sélection pour des gains en plein dans le mille
Un système d’investissement bien précis a engrangé un gain moyen de 25% au deuxième trimestre… alors même que les marchés étaient en pleine déconfiture.

Comment ? Grâce à une méthode de sélection rigoureuse et efficace — que vous pouvez mettre dès aujourd’hui au service de votre portefeuille.

Continuez votre lecture pour tout savoir…

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*** La Chronique Agora présente ***

L’aube de l’Age de l’Information a permis, entre autres choses, le développement de l’économie indienne — tout en fournissant à l’Occident un bassin apparemment infini de travailleurs qualifiés pour une fraction du prix "à domicile". Charles Sizemore nous en dit plus…

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L’INDE EST A LA HAUSSE — 1ère PARTIE
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Par Charles Sizemore (*)

Depuis quelques années, la plupart des Américains se sont sans doute retrouvés dans la situation suivante : alors qu’ils contactaient leur compagnie de téléphone ou leur banque pour poser une question quelconque, leur appel a été traité par un homme amical, doté d’un fort accent, se prénommant "John".

Après quelques amabilités, John leur a fourni les explications demandées — depuis un centre d’appels situé de l’autre côté de la planète, en Inde.

Liée à la mondialisation, la révolution des technologies de communication des années 90 a transformé cet état pauvre, sclérosé et inspiré de l’URSS en centre prospère du capitalisme, où des hommes d’affaires comme Bill Gates sont accueillis avec plus de cérémonie que la plupart des chefs d’Etat en visite. En dépit des réformes économiques des deux dernières décennies, le secteur public indien ressemble encore à l’expérience socialiste décrépite décrite plus haut. Pire encore, peut-être, la majeure partie des routes indiennes sont dans un état lamentable, et les conditions de circulation dans la plupart des villes font ressembler le périphérique parisien aux heures de pointe à une colonie de vacances. De plus, les conditions de vie d’une grande partie de la population indienne sont consternantes. Le Financial Times rapporte qu’il y a seulement un WC pour 1 500 personnes dans les quartiers les plus pauvres de Mumbai (autrefois appelée Bombay).

La bonne nouvelle, c’est que la puissance des technologies de l’information a permis à la nouvelle économie de largement court-circuiter l’Etat indien et ses infrastructures branlantes. Elle a également apporté une richesse sans précédent à la classe moyenne indienne, tout en fournissant à l’Occident une vaste réserve de travailleurs qualifiés, pour une fraction du prix que cela coûterait "à domicile".

Cette nouvelle génération de jeunes professionnels gagne et dépense de l’argent à un rythme sans précédent pour l’Inde. Et cette tendance ne pourra que continuer tandis qu’ils progressent dans leur vie — mariage, achat d’une maison, éducation des enfants…

Même si le pays n’en est qu’aux premières étapes de sa modernisation économique, à plus long terme, les perspectives de l’Inde sont meilleures que celles de la Chine, de la Corée du Sud et de Taiwan. Dans l’édition juillet/août 2006 du magazine Foreign Affairs, Gucharan Das publiait un article très intéressant, appelé The India Model ["Le modèle indien", ndlr.], expliquant comment le pays a emprunté un chemin bien différent de celui de la plupart de ses contemporains en Asie : nous le verrons en détails dès demain.

Meilleures salutations,

Charles Sizemore
Pour la Chronique Agora

(*) Charles Sizemore est analyste chez HS Dent Investment Management, et contribue au HS Dent Forecast, la lettre d’information mensuelle d’Harry Dent. Avant de rejoindre l’équipe de recherche HS Dent, Charles travaillait sur les marchés financiers en tant que journaliste indépendant, tout en étudiant la finance et la comptabilité au sein de la London School of Economics.

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