Les consommateurs US ont le revolving sur la tempe

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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 06 septembre 2006
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*** Les consommateurs US ont le revolving sur la tempe
Vers où vont-ils se tourner pour financer leur train de vie ?

*** Monarques et dictateurs
Bill Bonner a pitié de tout le monde, aujourd’hui…

*** Une affaire de famille (4)
Dernier volet des confessions de Bill Bonner à ses enfants…

—————————– (publ.)

COMMENT INVESTIR AUJOURD’HUI ?

Eh bien… nous n’avons pas de recette miracle, mais…
… que pensez-vous d’un système qui dépasse les 24% de croissance annuelle moyenne depuis 2003… en accumulant des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%… et bien d’autres encore !

Pour tout savoir…

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Bonjour,

*** LES CONSOMMATEURS US ONT LE REVOLVING SUR LA TEMPE

** Une partie de la rédaction de la Chronique s’est offert une parenthèse londonienne à l’occasion d’un mini-sommet intercontinental (seule l’Antarctique n’était pas représentée, une tempête de neige tenace ayant cloué notre avion ravitailleur sur la banquise), où les chroniqueurs, réunis pour un brainstorming sans frontières, ont pu confronter leurs impressions sur les tous derniers développements de l’actualité macro-économique dans leurs pays respectifs.

Mais de retour à Paris après 48 heures passées outre-Manche, force était de constater que les marchés européens s’étaient eux aussi offert une parenthèse. Les scores semblent ne pas avoir évolué depuis vendredi… et même depuis mardi dernier : le CAC 40 a gagné 0,25% en tout et pour tout en cinq séances — et encore, grâce à un rebond de dernière minute qui a permis au marché parisien de repasser de -0,85% à -0,58%.  

Wall Street, qui était officiellement en congé lundi (contrairement aux membres du bureau amiral de Baltimore présents à Londres), n’a pas réussi à trouver sa voie, tiré vers le haut par Chevron-Texaco mais plombé par le repli symétrique de son concurrent indirect Valero Energy (-3,5%).  

Après la clôture mardi soir, c’était au tour d’Intel d’entamer une glissade qui risque bien d’effacer aujourd’hui les gains du Nasdaq (+0,57%). Grâce à cette progression (la 7ème sur une série de huit), le baromètre des technologiques revient à l’équilibre (+0,02%) sur les neuf premiers mois de l’année.

Le Nasdaq semble nous réserver un bel été indien, mais la proximité de la résistance majeure des 2 220/2 230 points (zénith du 2 juin dernier) nous rend méfiant, d’autant que le Dow Jones se retrouve simultanément à 2% de son record annuel et à 3% de son record historique du 14 janvier 2000.  

** Est-il besoin de souligner que les perspectives de croissances aux Etats-Unis à l’orée du siècle nouveau (et alors que le "bug de l’an 2000" avait fait un flop) n’avaient rien de commun avec le niveau mesuré au second trimestre 2006 (après réévaluation à +2,9%) ? Nous sommes en mesure de rassurer nos contradicteurs habituels, cependant, en dégainant leur contre-argument favori : ce qui compte, c’est le niveau global de la croissance mondiale… laquelle naturellement ne comptait pas en l’an 2000, puisque nous vivions l’avènement de la Nouvelle Economie.  

Une Nouvelle Economie qui a fini par emprunter les traits — désormais grimaçants — de la bulle immobilière aux Etats-Unis. Une bulle qui flotte au milieu d’un buisson d’épines… avec la chute des dépenses de construction cet été, le gonflement de 40% des stocks de logements invendus en l’espace d’un an et l’effondrement des dépôts de dossiers de la part d’emprunteurs potentiels.  

Mais les banques n’ont pas encore tout perdu. Si le crédit long terme ou à taux variable ne fait plus recette, les ménages se jettent sur le crédit revolving (à taux révisable… mais aussi et surtout, aussi proche que possible du niveau technique de "l’usure"), lequel a fait un bond de 8% au second trimestre 2006, contre une progression moyenne jusqu’ici limitée à 2% ou +2,5% entre mars 2005 et mars 2008.  

Il n’est guère difficile de trouver l’explication à un engouement aussi soudain pour la formule de prêt la plus désavantageuse qui puisse se concevoir : les consommateurs américains n’ont plus le choix. Ils ont totalement épuisé leurs ultimes marges de solvabilité dans la catégorie immobilier — crédit compris entre 10 et 30 ans — ou prêt personnel (crédit sur un à cinq ans, destiné typiquement à financer l’achat d’une voiture, des études universitaires ou de gros travaux).  

Cette réalité à la fois micro- et macro-économique n’est pas, et de loin, le seul élément constitutif d’une crise systémique imminente aux Etats-Unis. Le comportement du dollar est à surveiller de très très près au cours des toutes prochaines séances… et de façon connexe, il ne faut plus quitter des yeux la courbe de son ancien garant, rebaptisé depuis "relique barbare".  

Nous vous expliquerons demain — et en détail — en quoi l’or pourrait détrôner l’immobilier et les T-Bonds de leur rang d’investissements prioritaires… comme ce fut le cas au Japon durant une quinzaine d’année, mais avec une variable supplémentaire — et tout à fait originale — dont nous vous réservons la primeur dans notre prochain flash audiotel (cet après-midi vers 16h au 0899 707 009*).

Philippe Béchade,
Paris

*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** MONARQUES ET DICTATEURS

** Essayez de remporter un tournoi d’escrime en camisole de force.

* C’est exactement ce que doivent faire Ford et General Motors (GM). Voilà ce que nous disent les journaux de Minneapolis :

* "Agée chacune de plus d’un siècle, Ford et GM sont victimes de leur succès prolongé. GM compte 476 000 retraités. Ford fournit une assurance-santé à 590 000 personnes, pour un coût annuel de 3,5 milliards de dollars. Tant Ford que GM ont des coûts d’assurance-santé se montant à environ 1 100 $ par véhicule. Ni les producteurs asiatiques ni les producteurs européens ne subissent de tels frais."

* Avec un tel handicap, comment être compétitif ?

* Pauvres GM et Ford. Les deux constructeurs automobiles souffrent. Ils ne semblent gagner d’argent que sur leurs gros 4×4 et camionnettes pick-up. A présent, avec le pétrole tournant autour des 70 $ le baril, les gens ne sont guère motivés par l’idée de traîner des tonnes de métal inutile tout au long de la journée. Les constructeurs automobiles réduisent la voilure, déclare l’article, ce qui laisse pas mal de métaux lourds sur les parkings des concessionnaires.

* Ford et GM essaient vaillamment de "faire avancer le métal" à grand renfort de remises et de mesures incitatives. Ces offres sont censées aider à préserver les parts de marché, mais à quoi sert un marché sur lequel vous perdez de l’argent à chaque vente ? Même William Ford, arrière-petit-fils d’Henry et désormais PDG de Ford, pense que la société est dans une mauvaise passe. Le cours de l’action a chuté après qu’il se soit exprimé à ce sujet la semaine dernière.

* Mais aujourd’hui, nous avons pitié de tout le monde.

* Prenez le pauvre consommateur américain. Le malheureux veut se déplacer dans de grosses cylindrées bien viriles, mais il ne peut se les permettre. Une étude du département du Travail américain montre qu’au milieu et au bas de l’échelle des salaires — où les gens conduisent souvent des pick-ups — les revenus réels stagnent depuis 1979. Au cours du dernier quart de siècle, les personnes ayant un revenu médian ont vu leur salaire augmenter de 2,3% seulement. Quant aux catégories à bas revenu, elles ont perdu 3,7%. Et tandis que le tableau est plutôt sombre pour les troisième et quatrième classes, les premières classes du navire ont profité d’un beau soleil et d’une traversée sans histoire — les salaires réels ayant grimpé de 20,3% depuis 1979.

* Comment se permettre un monstre dévorant tant d’essence… lorsque le carburant en question coûte bien plus cher qu’autrefois… et que vous avez moins d’argent ? Fini, les cartes de crédit, les prêts exceptionnels ou les hypothèques auxquels on avait recours pour nourrir le monstre…

** Et pourquoi limiter notre pitié à nos frontières ? Pauvre Alfredo Stroessner ! Mais où va le monde, pour que nous ne versions pas une larme sur la tombe d’un dictateur ?

* Le mois dernier, l’ancien dictateur du Paraguay est mort sans qu’on le pleure. Pourtant, n’a-t-il pas été l’ami des Etats-Unis durant trois décennies ? N’a-t-il pas maintenu la loi et l’ordre dans ce paradis sud-américain oublié de tous ? N’a-t-il pas contrôlé ses forces militaires (les troupes paraguayennes sont restées dans leurs baraquements pendant qu’il était au pouvoir… trop heureuses d’obtenir leur part du butin) ? N’a-t-il pas mis en scène des élections périodiques… sortant gagnant, selon certains comptages, avec plus de 100% des voix ?

* Mais le monde est devenu peu sûr pour les dictateurs. Saddam est sur le banc des accusés, Alfredo fume les mauves par la racine et nous sommes tous démocrates. Sauf nous, à la Chronique Agora : peu nous importe comment les politiciens choisissent de s’appeler, tant qu’ils nous laissent tranquille. Dans ce cas-là, un dictateur nous convient aussi bien qu’un démocrate.

* Cependant, notre préférence va aux monarques. Les dictateurs, comme les démocrates, doivent manoeuvrer pour entrer en fonction — les premiers par la force… les seconds par la fraude. Les deux catégories doivent vendre leur âme aux groupes d’intérêt, à l’armée, aux riches, à l’église, aux commerçants ou aux électeurs. Mais les monarques naissent littéralement à leur poste… ne devant rien à personne — sinon le soin de régner au mieux de leurs capacités. Et en plus, nous aimons bien les uniformes rutilants.

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Vous n’y croyez pas ? Allez voir par vous-même…

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*** La Chronique Agora présente ***

Les Publications Agora expliquées aux enfants… Bill Bonner tente de décrire à sa famille ce qu’il fait, pourquoi il le fait, et à quoi ça sert. Aujourd’hui, dernier volet des explications…

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UNE AFFAIRE DE FAMILLE — 4ème PARTIE
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Par Bill Bonner (*)

Nous avons plus d’une douzaine d’unités réparties dans sept pays différents, chacune ayant une activité séparée, certaines ayant un pays entier à leur disposition. D’autres sont en concurrence directe les unes avec les autres sur un marché donné. N’importe qui peut commencer une nouvelle unité, et une fois lancée, elle peut suivre son propre chemin.

La société-mère, toujours située à Baltimore, dans le Maryland — mais qui travaille beaucoup depuis le siège de Londres — fournit les services principaux : juridique, comptabilité et informatique. Elle fournit aussi ce qui compte vraiment : les idées, les opinions et les recommandations. Parce que, voyez-vous, même si la Chronique est gratuite, elle n’est pas bon marché. Les lecteurs investissent beaucoup de temps et d’attention rien que pour arriver jusqu’à la fin, et nous devons faire en sorte que cela en vaille la peine.

Quelles idées, opinions et recommandation valent la peine d’être lues ? Eh bien, celles qui ont des chances de se révéler exactes… celles qui ne sont pas facilement disponibles ailleurs… celles qui sont soigneusement pesées et profondément ressenties.

Les gens nous paient pour que nous réfléchissions, fassions des recherches et écrivions — non parce qu’ils ne peuvent réfléchir, faire des recherches et écrire eux-mêmes, mais parce qu’ils préfèrent utiliser leur temps à d’autres choses. Ils pourraient très bien vouloir explorer par eux-mêmes les effets de la croissance économique chinoise, mais ils n’en ont pas le temps. Donc, dans les faits, ils nous embauchent pour que nous le fassions.

Et rappelez-vous : cette information n’est en général pas disponible dans les médias grand public, qui, assez naturellement, s’adressent à des penseurs grand public. C’est-à-dire des gens qui réfléchissent rarement, où pour qui "réfléchir" revient à lire quelques pages du Wall Street Journal de temps en temps.

Mais nos lecteurs ne tardent pas à apprendre que la majeure partie des opportunités et des dangers ne se trouvent pas dans la presse grand public — parce que si une société y apparaît, trop de gens sont déjà au courant. Les bons investissements sont les choses que les gens ne connaissent pas vraiment ; voilà pourquoi les petits médias spécialisés sont si précieux.

Nous conseillions aux gens d’acheter de l’or des années avant que la lumpen-presse ne mentionne le métal jaune. Nos rédacteurs ont chanté les louanges des matières premières — argent-métal, ressources naturelles, Chine, Inde et énergie — bien avant le brouhaha actuel. Nous avons averti les gens de la bulle des technologiques des années avant que la bulle n’explose — tout comme nous parlons de la bulle immobilière aujourd’hui. Lorsque la presse y arrive, par contre, il est en général trop tard pour y faire quoi que ce soit.

Pour accomplir tout cela, nous n’avons que des mots. Des mots exprimant des idées, des pensées, des recommandations, des conjectures, des opinions, des informations et même des hallucinations. Notre activité consiste à vendre des mots, contrairement à l’industrie financière, dont l’activité consiste à vendre des actions… et qui est en plus affligée de conflits d’intérêt. A la fin des années 90, des gourous comme Abby Joseph Cohen vantaient les actions "pour le long terme", parce que c’est ce pour quoi ils étaient payés.

Mais nous ne vendons que des mots. Nous ne nous soucions pas vraiment de voir les actions grimper… ou les gens les acheter.

Il est difficile de vendre des mots, cependant, lorsqu’ils sont si facilement disponibles gratuitement sur internet ; voilà pourquoi nos mots à nous doivent toujours valoir leur pesant d’or. Ils doivent être véridiques. Voilà pourquoi nous avons tant d’analystes défendant tant de points de vue différents. Nous n’avons pas la prétention de savoir qui aura raison et qui aura l’air d’un idiot. Tout ce que nous savons, c’est que les mots doivent être pesés, intelligents, francs et copieux.

Nous pensons qu’ils le sont ; ils dégringolent de notre plume… par centaines… par millions… des noms, des adjectifs, des adverbes, des prépositions. Tous apparaissent sur l’écran de notre ordinateur aussi nus que des stars du X. Ce sont des mots sans détour. Il n’y a rien de caché derrière… et rien devant. Ce que vous voyez, c’est ce que vous obtenez.

"Oh, Papa", nous interrompra certainement Jules. "Qu’est-ce que tu essaies de nous dire ?"

"Je décris simplement l’entreprise familiale", expliquerons-nous.

"Peut-être que tu devrais dire ce que tu as à dire", suggérera-t-il.

"Mais c’est exactement ce que je veux dire", répondrons-nous. "C’est l’entreprise familiale. Je t’en parle, parce que c’est comme ça que nous pouvons vivre comme nous le faisons, et que nous pouvons t’envoyer à l’université à Boston l’année prochaine. Tu dois comprendre comment elle marche parce que tu pourrais vouloir t’y intéresser toi-même, un jour ou l’autre. Ou tu pourrais vouloir être certain qu’elle est bien gérée, parce qu’elle pourrait aider à te faire vivre, toi et le reste de la famille."

"Mais Papa, je ne m’intéresse pas à l’entreprise familiale", pourrait répondre Jules.

"Eh bien", rétorquerons-nous, "voilà pourquoi je t’en parle. Parce que tu devrais t’y intéresser…"

Meilleures salutations,

Bill Bonner
Pour la Chronique Agora

(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur des livres "L’inéluctable faillite de l’économie américaine" et L’Empire des Dettes".

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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