Le roi de le dette fait on show

Rédigé le 23 juillet 2018 par | Deep State Imprimer

L’empire personnel de Trump et son emprise politique dépendent de taux bas d’où son attaque du patron de la Fed, Jerome Powell qui entend poursuivre ses hausses de taux.

Le Donald Trump Show bat son plein

…et il affiche complet 24h sur 24, 7 jours sur 7.

Dans le même temps, à l’arrière de la salle, le Deep State vaque à ses affaires : vider les poches des badauds. Le monde politique restant ainsi inchangé… nous en revenons au monde financier.

Mais attendez… voilà que la politique repointe son grand nez. CNBC :

« Les actions ont fini en baisse jeudi suite aux critiques du président Donald Trump sur la Réserve fédérale.

Le Dow a perdu 134 points.

Dans une critique cuisante et historiquement rare, Donald Trump a exprimé sa frustration à l’égard de la Réserve fédérale, déclarant que la banque centrale pourrait perturber la reprise économique.

Les dirigeants de la Fed, dont le président Jerome Powell, ont augmenté les taux d’intérêt à deux reprises cette année et ont indiqué que deux autres hausses sont à venir avant la fin 2018.

Trump, durant un entretien avec CNBC, a déclaré qu’il n’approuvait pas, même s’il a dit qu’il avait ‘mis un très bon homme’ à la tête de la Fed en la personne de Powell.

‘Je ne suis pas ravi’… a déclaré celui qui se décrivait autrefois comme ‘le Roi de la Dette’ et ‘un mec à taux d’intérêt bas’. »

Donald Trump ne veut rien avoir à faire avec une hausse des taux d’intérêt. Non seulement son empire personnel dépend des taux bas… mais il en va de même pour son empire politique. Le Wall Street Journal :

« Il est prévu que le déficit [américain] dépassera les 1 000 Mds$ début d’année prochaine.

L’administration Trump s’attend à ce que les déficits budgétaires annuels augmentent de près de 100 Mds$ supplémentaires, par rapport à ce qui était prévu auparavant, sur chacune des trois prochaines années, mettant le déficit fédéral à plus de 1 000 Mds$ au début de l’année prochaine ».

Rien que des chiffres ?

Eh bien, eh bien… qui aurait pu prévoir cela ?

À en croire Larry Kudlow, les baisses d’impôts allaient mettre le feu à l’économie. Elles nourriraient une accélération « du côté de l’offre », a-t-il dit. Cette accélération réduirait la taille des déficits, avait-il prédit. Ne vous inquiétez pas de la dette, nous avait-il assuré.

Vous pouvez faire le calcul vous-même :

Baisse des recettes fiscales (due aux réductions d’impôts) + augmentation des dépenses publiques (augmentations budgétaires) + plus d’emprunt (pour couvrir le profond déficit) + dépenses supplémentaires liées à la hausse des taux d’intérêt (plus de dette à des taux plus élevés) = 1 000 Mds$ de déficits.

Sur les 10 prochaines années, la dette fédérale devrait augmenter de 21&bsp;000 Mds$ à 37 000 Mds$.

Ce ne sont que des chiffres : plus de gens prenant leur retraite. Plus de gens bénéficiant d’allocations sociales et médicales. Plus de dépenses pour l’Etat policier et l’Etat guerrier.

Mais ces chiffres partent du principe que rien ne tournera jamais mal. Or nous savons d’expérience qu’il y a toujours quelque chose qui tourne mal. Plus précisément, il est presque impossible de ne pas avoir de krach boursier/récession à un moment ou à un autre dans les 10 années qui viennent.

[NDLR : D’où proviendra la catastrophe ? Jim Rickards a son idée sur la question… et elle est très surprenante. Cliquez ici pour tout savoir.]

À la suite de quoi tous ces chiffres calmes et coopératifs, alignés avec tant de soin dans les cases des comptes anticipés des Etats-Unis d’Amérique, basculeront dans la pagaille, la panique et le désespoir. Les 5 se ruent vers la sortie. Les 6 s’effondrent en tremblant dans les coins. Les 7 se mettent en quête d’objets affûtés ou de fenêtres ouvertes.

C’est à ce moment-là que M. Trump (ou quiconque se trouve à la Maison Blanche lorsque cela arrivera) pourrait faire pression pour que la Fed vienne à la rescousse.

Les erreurs de la Fed

Mais comme nous le maintenons depuis des années, ce ne sera pas nécessaire : déjà, la Fed se prépare à intervenir… de la seule manière qu’elle connaît.

La Fed commet actuellement l’Erreur n°2 — elle augmente les taux pour tenter de normaliser les marchés financiers. L’inflation atteint 2,9%. Le taux directeur de la Fed se situe entre 1,75% et 2%. Elle prête donc encore de l’argent à des taux très négatifs et anormaux.

La Fed affirme qu’elle fera deux hausses supplémentaires cette année pour tenter de dépasser l’inflation… mais elle se prépare déjà à l’Erreur n°3 — paniquer et baisser les taux lorsque son Erreur n°2 fera chuter les actions.

De Bloomberg :

« Durant deux jours de témoignage devant le Comité bancaire du Sénat […] le président de la Fed Jerome Powell a déclaré qu’il gérait la politique en fonction de la situation qu’il avait sous les yeux… Le FOMC augmente régulièrement les taux, c’est-à-dire le prix de l’argent à court terme, afin qu’il s’aligne au mieux avec la croissance. Il poursuivra cette politique jusqu’à ce qu’il constate qu’elle engendre des risques pour la croissance.

Ce n’est bien entendu pas nouveau que le comité fixant les taux d’intérêt observe de très près les marchés obligataires et la courbe des rendements. En revanche, le style de communication du président actuel de la Réserve fédérale est bien plus ouvert et direct par rapport à ses prédécesseurs, en particulier Alan Greenspan, qui était un maître de l’obscurcissement ».

Oui, Jerome Powell ne fait qu’admettre ce que nous savions déjà :

La Fed ne reviendra jamais volontairement à des taux d’intérêt normaux (découverts par le marché). Au lieu de cela, elle sera contrainte à la normalisation par un désastre financier — des chiffres devenus fous furieux.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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