Le rebond est-il fait de Kevlar ?

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▪ Eh bien, les jours diminuent. Septembre. Novembre. Aujourd’hui, on est en décembre.

Le rebond boursier n’a sans doute plus beaucoup de temps à vivre. Il est entouré de 10 000 épines prêtes à percer la bulle.

Ces derniers jours, une pointe a semblé atteindre son but. Tandis que les Américains dégustaient leur dinde de Thanksgiving, Dubaï a annoncé le "report" des remboursements de sa dette. Le monde s’est retrouvé plongé dans la perplexité : que se passe-t-il ? L’émirat est-il ruiné ?

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Nos analystes avaient prédit la catastrophe des subprime… la crise de l’immobilier US… la hausse spectaculaire de l’or… le krach boursier de 2008… l’effondrement du système bancaire et financier…

A présent, il vous révèlent comment sortir gagnant de la crise :
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Dubaï, c’était la grande success story du Proche-Orient. N’ayant que de riches cheikhs pour tout support, elle s’était donné pour but de devenir un centre financier et touristique majeur. Et pendant un temps, il a semblé que les cheikhs allaient réussir. Les gratte-ciel ont grimpé. Des îles fabriquées par l’homme sont nées sur les mers. On pouvait faire du ski en intérieur — puis aller nager dans les eaux tièdes de la mer d’Arabie. Il était même prévu de construire le plus haut immeuble au monde…

Mais l’endroit était construit sur de la dette et du sable. Et à mesure que les dettes s’accumulaient, le sable disparaissait.

▪ Les marchés ont réagi. Ils ont chuté. L’or aussi, ainsi que le pétrole.

Notre drapeau d’Alerte au Krach est toujours hissé — mais en l’occurrence, il ne s’agissait pas d’un krach. Juste d’une mauvaise journée. Et nous avons récemment appris que d’autres Etats du Golfe se ralliaient à Dubaï, prêts à tendre une main secourable et prêter un dollar ou deux. Le pétrole a rebondi suite à cette nouvelle.

Cela signifie-t-il que cette tendance bouillonnante est plus vigoureuse que nous le pensions ? S’agit-il d’une bulle faite de Kevlar ? Résistera-t-elle à d’autres épines ?

Nous n’en jurerions pas. Rappelez-vous, la Chine, c’est "Dubaï multiplié par 1 000", comme le disait James Chanos. Lorsque la Chine éclatera, les actions perdront bien plus qu’une petite centaine de points. En fait, nous pensons que le Dow atteindra la zone des 5 000 points lorsque ce rebond prendra fin. Et les marchés émergents seront probablement atteints plus gravement encore.

Dubaï était "une sonnette d’alarme" pour les investisseurs sur les marchés émergents, disait hier le New York Times.

▪ Mais l’épine qui fera éclater les espoirs de reprise ne sera pas nécessairement importée. On trouve pas mal d’objets pointus en Occident aussi. Il y a par exemple la prise de conscience progressive que la reprise est une fraude.

"Une demi-reprise", selon un éditorialiste du New York Times — voilà peut-être tout ce qu’on finira par avoir.

Ces jours-ci, la presse américaine va se concentrer sur l’analyse des résultats du "Black Friday", journée clé pour les commerçants américains durant la saison des fêtes de fin d’année. Le Wall Street Journal a déjà rendu son verdict : fréquentation en hausse, ventes en baisse.

En effet, si les premiers chiffres sont corrects, la fréquentation n’était pas mauvaise vendredi. Mais les commerçants n’ont pu faire de ventes qu’en offrant des remises. Nous vivons dans un monde déflationniste, après tout. Les clients veulent des prix plus bas pour compenser le fait qu’ils ont moins d’argent à dépenser. Et ils obtiendront ces prix plus bas. Parce que nous sommes dans un cycle de désendettement. Le monde a trop de dettes, trop d’usines et trop de travailleurs… du moins par rapport au pouvoir d’achat réel et disponible. Les prix baisseront naturellement jusqu’à ce que les excès soient absorbés… démantelés… ou employés à d’autres usages.

Mais attendez… il y a aussi des forces artificielles à l’oeuvre. Les gouvernements renflouent des entreprises estropiées. Ils fournissent à des secteurs-zombies du sang frais en provenance du contribuable. Ils freinent le processus de désendettement. Ils créent de "l’argent" à partir de rien.

▪ Ce dernier point est le plus explosif. Tant que le gouvernement ne fait que freiner la correction, il ne cause pas beaucoup de distorsions ou de volatilité. Mais lorsqu’il se met à bidouiller la devise… oh là là… c’est là que ça devient intéressant.

Traditionnellement, les gens achètent de l’or lorsqu’ils pensent que les autorités monétaires mijotent quelque chose. Partout dans le monde, les investisseurs deviennent nerveux… ils se demandent comment il est possible d’injecter tant de liquidités et de crédit dans l’économie sans mettre les prix sur orbite.

Nous allons vous dire comment c’est possible : une dépression est en cours. Dans une dépression, le flux de liquidités et de crédit coagule. Même si on augmente la quantité de liquidités dans les coffres des banques, cet argent ne circule pas dans l’économie réelle. Les banques ne prêtent pas. Les gens n’empruntent pas. Les consommateurs ne consomment pas.

L’argent reste là sans bouger… attendant la fin de la dépression… comme un adolescent qui attend le vendredi.

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Bill Bonner

Bill Bonner est le fondateur et président d'Agora Inc., une maison d'édition publiant des lettres d'information confidentielles – probablement l'une des plus brillantes au monde. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450.000 lecteurs... ), il intervient également dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning.

La passion de Bill Bonner pour la finance, les voyages et les grandes idées lui a permis d'engranger des succès incontestables pour son entreprise. Il a débuté en 1979, avec la publication des lettres d'information International Living et Hulbert's Financial Digest. Puis Agora Publishing a connu une croissance très importante, et s'est spécialisée dans la publication de lettres confidentielles sur la finance, la santé, le développement personnel et les voyages. Depuis le début des années 1990, Agora Publishing s'est encore développée. Le siège social est à Baltimore, mais aujourd'hui, Agora compte des bureaux à Paris, Londres, Waterford (Irlande), Melbourne, Johannesburg, Madrid et New-Delhi.

Agora compte aussi des maisons d'éditions se spécialisant dans la littérature classique et académique : Pickering & Chatto à Londres, et Les Belles Lettres à Paris.

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