Le plus beau cadeau de Noël…

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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 29 novembre 2006
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*** Le plus beau cadeau de Noël…
… Cette année, ce sera de trouver un acheteur pour son pavillon dans la banlieue de Chicago…

*** Une première fois pour tout
Bill Bonner continue de faire attention au dollar… et aux actions… et au reste…

*** Leçons de maternelle (3)
… par un "sociopathe dévoré par l’avidité pure et simple"…

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Bonjour,

*** LE PLUS BEAU CADEAU DE NOEL…

** La séance de mardi fut moins "émotionnelle" que la précédente, mais les vendeurs s’en sont encore donnés à coeur joie : plus de cinq milliards d’euros négociés sur les 40 vedettes de la cote parisienne. Ils ont fait plier le CAC 40 comme une tige de fer blanc sous le seuil des 5 300 points (plancher mensuel du 3 novembre dernier) dès les premières minutes de cotations.

Le CAC 40 n’a pas tardé à perdre jusqu’à 0,6% ; les chartistes s’attendaient à ce qu’il comble sans plus attendre le gap laissé béant au-dessus des 5 260 points le 5 octobre dernier. Il ne s’en est fallu que d’une quinzaine de points (0,25% de repli supplémentaire), mais les dégagements bénéficiaires ont perdu de leur intensité alors que le repli cumulé avoisinait les -4,5 % par rapport au récent zénith annuel des 5 518,4 points, atteint le 16 novembre.

Quelques rachats à bon compte se sont matérialisés dès le milieu de la matinée sur une courte sélection de titres parmi les plus convoités du CAC 40 ces derniers mois : AGF, Air Liquide et Danone en particulier. Cela n’a pourtant pas suffi à éviter l’inscription d’une cinquième séance de repli consécutif sur le marché parisien.

** Il aurait fallu que le dollar se redresse bien au-dessus des 1,3150/euro… mais compte tenu des statistiques du jour, c’était mission impossible. Même en imaginant que les chiffres publiés aux Etats-Unis en cours d’après-midi se soient avérés moins décevants que prévu, Ben Bernanke aurait consciencieusement torpillé la remontée du billet en fin de journée à l’occasion d’une conférence de presse d’où il ressort que le patron de la Fed prend acte des signaux de dégradation de l’activité économique. Il continue cependant de juger le niveau central de l’inflation (hors éléments volatils) "inconfortable", et même plutôt orienté à la hausse — ce qui fait sourire la majorité des stratèges des banques d’affaires basées à Wall Street.

Et Ben Bernanke de poursuivre : "la consolidation du marché immobilier va sans doute se poursuivre en 2007, mais il serait prématuré d’affirmer que cela aura un impact négatif sur les dépenses de consommation ou sur le niveau global de l’emploi".

A l’évidence, ni le patron de la Fed ni ses proches relations n’ont jamais eu à faire face à une hausse de leurs mensualités de remboursement d’un prêt immobilier, ou à la nécessité de vendre leur habitation dans l’urgence — et dans des conditions désormais déplorables — afin de se rapprocher de leur nouveau lieu de travail après une mutation d’office ou une opportunité professionnelle située dans une région lointaine de leur lieu de résidence d’origine.

Et il n’a jamais éprouvé le besoin d’hypothéquer sa maison (à la merci de la première tornade de la saison ou de la rupture d’une digue mal entretenue) auprès de son organisme de crédit préféré, afin d’en extraire un peu de valeur, ceci pour financer les études supérieures du petit dernier… Non, Ben Bernanke fait partie du petit cercle des intervenants les mieux payés pour venir dispenser leurs lumières dans les universités les plus prestigieuses de la côte Est en général et de Boston en particulier.

Avant de revenir sur les piètres statistiques des commandes de biens durables au mois d’octobre puis la chute de la confiance des ménages au mois de novembre, concentrons-nous un peu sur le dollar, à la mi-séance à New York. Le discours de Ben Bernanke a envoyé le dollar par le fond, sous le plancher des 1,3180 testé hier en milieu d’après-midi en Europe.

Le billet vert avait pourtant réussi à revenir au contact des 1,3150/euro au moment de la clôture des places boursières sur le Vieux Continent. Il avait bénéficié in extremis d’un accueil favorable réservé par les cambistes aux chiffres des reventes de logements anciens aux Etats-Unis au mois d’octobre : le nombre de transactions a augmenté de 0,5% là où une nouvelle baisse de 1% était attendue.

** Pas de quoi pavoiser cependant : la National Association of Realtors (NAR) révélait dans la foulée que le prix médian des maisons a chuté de 3,5% par rapport à octobre 2005, pour le troisième mois consécutif — du jamais vu depuis 1968 ! — tandis que les stocks de produits invendus grimpaient de 2%, à 3,850 millions d’unités.

Ceci représente une réserve de 7,4 mois ; c’est la plus abondante observée depuis avril 1993 et la grande crise immobilière mondiale qui avait emporté le Crédit Lyonnais, le Crédit Foncier. et une pléiade de banques japonaises parmi les plus imprudentes.

Si les reventes de logements anciens se sont redressées pour atteindre un total de 6,24 millions en données annualisées (contre 6,21 millions en septembre), le montant global des transactions ressort bel et bien en repli de 11,5% par rapport à octobre 2005. Nombre de propriétaires ont dû consentir d’importants rabais — ou laisser sur place leur télévision à écran plasma ou leur 4×4 dans le garage — pour séduire les acheteurs.

Il n’est donc guère surprenant que l’indice de confiance des consommateurs compilé par l’Université du Michigan ait reculé de 105,10 vers 1021,9 au mois de novembre.

Mais M. Ben Bernanke estime, tout comme son prédécesseur Alan Greenspan, que la bulle immobilière a eu une foule d’effets positifs sur l’économie — tout en donnant à croire à n’importe quel idiot capable de signer d’une croix au bas d’un dossier de demande de prêt immobilier qu’il était un génie des affaires. M. Bernanke est tout aussi convaincu que l’éclatement de ladite bulle — que chacun s’efforce de considérer benoîtement comme hypothétique — n’aura aucun effet dévastateur sur le pouvoir d’achat des ménages et sur le marché du travail, alors qu’un quart des emplois créés l’a été en relation directe avec le boom de la construction, du crédit et du métier d’agent immobilier.

** Enfin, les commandes de biens durables ont plongé de 8,5% le mois dernier, selon le département du Commerce US. Hors transports et hors secteur aéronautique, les commandes de biens durables ont toutefois limité leur repli à 1,7% — mais de quel poids aura pesé le ralentissement de l’activité dans le secteur immobilier dans l’intervalle ?

Si sur les 12 derniers mois écoulés, les commandes affichent une hausse de 8,3%, une autre chose attire notre attention : leur stagnation au cours des cinq derniers mois, ce qui atteste d’un sensible ralentissement de l’activité aux Etats-Unis.

Là encore, Wall Street peut faire semblant de croire que cela conduira la Fed à prendre les mesures "appropriées". L’histoire récente nous enseigne cependant que les marchés ne se sont jamais si bien portés que lorsque la Fed se préoccupait fort peu de pratiquer une politique monétaire raisonnable ! Nous redoutons le pire si elle s’avisait de traiter efficacement les éventuels "problèmes" conjoncturels qui s’accumulent et plombent le billet vert.

Ce serait une révolution car les Américains ont perdu l’habitude d’envisager que leur pays puisse jamais rencontrer un jour de vrais problèmes…

Philippe Béchade,
Paris

PS : Retrouvez Philippe Béchade dès 15h45 cet après-midi au 0899 707 009* avec un point complet sur la séance en cours — analyse approfondie des derniers événements boursiers, suivi de nos positions, recommandation du jour… Vous aurez tous les éléments en main pour assurer à votre portefeuille une journée aussi profitable que possible.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Message urgent pour tous les traders
Comment j’ai accumulé 14 959 euros en 73 jours…
et comment vous pourriez faire la même chose… en à peine 4 minutes par jour !

Les profits n’ont jamais été aussi rapides…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** UNE PREMIERE FOIS POUR TOUT

** Attention au dollar !

* Nous continuons de faire attention, mais il ne se passe pas grand’chose pour le billet vert. Les actions, par contre, chutent. Nous avons vu pire. En fait, nous pensons que nous verrons pire. Les booms sont suivis de krachs ; c’est comme ça.

* Mais tandis que le boom se poursuit, de plus en plus de gens pensent que le krach n’arrivera jamais — c’est simplement comme ça que les choses fonctionnent. Et les gens commencent à développer des idées, des théories et des illusions soutenant leurs perpétuelles envies de boom.

* Un commentateur nous explique par exemple pourquoi, même si les choses semblent aller mal pour le dollar, elles n’iront pas en s’aggravant : "il y a toujours une demande énorme de dollars à des fins de spéculation financière", écrit notre vieil ami Rick Ackerman.

* "Ce fait est indiscutable si l’on considère qu’on trouve 370 000 milliards de dollars de produits dérivés dans un monde qui ne produit qu’environ 55 000 milliards de dollars de biens et de services — et nous pouvons écarter les craintes de voir la Chine et le Japon, les principaux appuis du dollar, se diversifier hors du dollar de manière significative, comme ils menacent de le faire depuis longtemps".

* "Le fait est que, tout simplement, pour que leurs économies basées sur l’exportation continuent à fonctionner, ces pays feront tout ce qu’il faut pour empêcher leurs devises respectives de s’apprécier. Dans le cas de la Chine, la tactique est plus qu’une simple manœuvre pratique, dans la mesure où tout ralentissement de l’économie US risque de mettre au chômage des millions de travailleurs ayant émigré de la Chine rurale vers les centres industriels urbains et les énormes villes-usines".

* "Parallèlement, même si le dollar semble souffrant en ce moment, je doute que son effondrement soit imminent. Si j’ai raison, nous devrions nous attendre à voir le marché rebondir avec le dollar dans les jours et les semaines qui viennent".

* Il couvre ensuite ses arrières : "cependant", ajoute-t-il, "je ne suis pas marié à un tel scénario".

** A l’analyse de Rick vient s’ajouter une autre :

* "Il est faux de croire que les Etats-Unis sont une nation débitrice", titre un article de la Deutsche Bank.

* "Nous pensons que la vision prédominante des Etats-Unis comme pays débiteur net n’est plus appropriée — et considérons au contraire les Etats-Unis comme l’hégémonie financière la plus puissante au monde", déclare l’article sans rougir de son ardeur.

* Eh bien… on nous a jeté le gant — nous devons relever le défi. Nous n’avons pas peur des avis contraires, à la Chronique Agora, tant qu’ils sont exprimés clairement et assez bêtement pour que nous puissions en rire. Mais l’équipe de la Deutsche Bank nous déçoit. Telles sont ses remarques :

* "Non seulement le dollar n’est pas en déclin, mais il prend des forces, et le système monétaire international reste exceptionnellement stable. En fait, nous pensons qu’un empire économique mondial — c’est-à-dire un cycle de fonds garantissant la prospérité planétaire — est en place, et que l’économie mondiale entre donc dans une période de prospérité à long terme".

* Mais lorsque nous cherchons les preuves de cette affirmation, nous ne parvenons pas à les trouver :

* "La dispersion du dollar, provoquée par le déficit commercial américain et les investissements US directs à l’étranger, a servi à fournir au monde une devise de croissance, tout en stimulant largement la croissance économique mondiale. Ce n’est rien de moins que du keynésianisme planétaire. En bref, l’afflux de devises provenant des Etats-Unis a transformé des ressources et de la main d’œuvre latentes à l’étranger en ressources économiques effectives, ce qui a largement augmenté le potentiel de croissance de l’économie mondiale".

* Très bien — jusque là nous sommes d’accord. C’est exactement ce qui s’est passé. Les dollars US ont ensorcelé la planète entière — trompant quasiment tout le monde. Alors que l’offre de dollars augmentait, les gens ont pris cela pour un accroissement de la demande réelle. Ils ont commencé à creuser des trous au Chili, afin de pouvoir tirer le cuivre du sol. Ils ont installé des tables en Chine, où les jeunes femmes du pays pouvaient s’asseoir et assembler des babioles. Ils ont raccordé des systèmes téléphoniques en Inde, et ont appris aux autochtones à parler avec l’accent yankee pour prendre les commandes de nouveaux gadgets.

* L’inflation de la masse monétaire mondiale — à coups de dollars — a produit un boom. Cela ne fait aucun doute. Notre désaccord ne concerne pas le passé, mais l’avenir. L’équipe de la Deutsche Bank voit un boom suivi d’un autre boom. En ce qui nous concerne, lorsque nous voyons un boom, nous commençons à nous méfier.

* Eux comme nous s’étonnent de la stabilité de l’économie mondiale — et du dollar.

* "Cette stabilité semble n’avoir guère de sens au vu du déficit courant massif des Etats-Unis", commentent-ils.

* A 800 milliards de dollars, le monde n’a jamais rien vu de tel. Normalement, cela entraînerait une augmentation de la dette US nette, qui deviendrait ensuite une obligation de payer des intérêts. Le déficit US de cette année se monte à 7% du PIB. A ce rythme, il suffirait de dix ans pour mettre la dette accumulée à 70% du PIB. A 5% d’intérêt, cela signifierait que les Etats-Unis verseraient 3,5% de leur PIB en intérêts à des prêteurs étrangers — une somme équivalent à toute la croissance de son PIB, et plus encore, éternellement.

* Pas vraiment sympathique. Mais ne vous inquiétez pas : le système explosera bien avant que cela ne se produise. L’équipe Deutsche Bank suppose qu’il doit y avoir une raison pour laquelle il n’a pas déjà explosé ; leurs analyses en arrivent à la conclusion que le système n’est pas du tout instable. Peut-être n’explosera-t-il jamais !

* Les chercheurs pensent voir un "nouveau cycle impérial mondial". Il est basé, disent-ils, sur de la main d’œuvre asiatique bon marché, la supériorité des compétences et de la gestion américaines, des taux de rendement différents pour les Etats-Unis par rapport aux investissements étrangers, des profits élevés dans le secteur financier, un effet de levier considérables, et les gains engrangés par les Etats-Unis grâce à la diffusion de leur propre devise dans le reste du monde. Tous ces facteurs, disent-ils, donnent aux Etats-Unis un avantage qui ne se voit pas dans le flux de statistiques sur les fonds circulant sur la planète.

* C’est une sorte de "matière noire", semblent-ils dire. Elle est si noire que nous ne pouvons pas du tout la voir. Chacun des facteurs listés ci-dessus pourrait être considéré comme négatif aussi bien que positif. La main d’œuvre asiatique bon marché permet aux entreprises américaines de faire baisser leurs coûts de main d’œuvre… et d’augmenter leurs profits. Mais qu’arrive-t-il aux travailleurs américains déplacés ? Comment pourront-ils se permettre d’acheter les produits importés — sinon en s’endettant (et donc en créant plus de profits dans le secteur financier) ?

* Lorsqu’ils réaliseront finalement ce qui leur arrive, ne devrions-nous pas nous attendre à les voir réduire quelque peu leurs dépenses ? C’est peut-être la raison pour laquelle les ventes de voitures chutent aux Etats-Unis. Les ventes de maisons y chutent aussi. Selon le Financial Times, les vendeurs de Las Vegas sont si désespérés qu’ils offrent une piscine gratuite et des vacances en Floride pour l’achat d’une nouvelle maison. Les annulations de contrats pour des maisons neuves atteindraient les 42%.

* A un moment ou à un autre, tout cet effet de levier ne se révélera-t-il pas ne être pas si génial, en fin de compte ? L’effet de levier, c’est excellent quand la situation est à votre avantage. Mais quand le vent tourne, il magnifie vos pertes.

* Et les prêteurs des Etats-Unis ne pourraient-ils pas eux aussi décider de limiter un peu leur participation ? Ne vont-ils pas se fatiguer d’une telle quantité de liquidités fournie par le dollar US, et décider de placer une partie un peu plus grande de leur richesse dans d’autres marques ? N’est-ce pas la raison pour laquelle le dollar chute — alors même que les taux d’intérêt US sont supérieurs à ceux de l’Europe et du Japon ?

* Oui… le système est stable. Mais il n’est stable que tant qu’il est stable. Il suffit d’une chose pour le déstabiliser — et l’ensemble se met à vaciller, risquant de s’effondrer.

* Nous ne lisons pas plus l’avenir que Deutsche Bank. En observant le passé, nous voyons ce que nous voyons ; le système du dollar a été un grand succès. L’argent facile qu’il a fourni au monde a déclenché un boom mondial tel qu’on n’en avait jamais vu au cours de l’histoire. Mais — toujours en se fiant à l’Histoire — nous n’avons jamais entendu parler d’un boom keynésien qui n’ait jamais pris fin… ou d’un système de monnaie papier n’ayant pas fini par s’effondrer.

* Bon, il y a une première fois pour tout…

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COMMENT INVESTIR AUJOURD’HUI ?

Eh bien… nous n’avons pas de recette miracle, mais…
… que pensez-vous d’un système qui dépasse les 22% de croissance annuelle moyenne depuis 2003… en accumulant des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%… et bien d’autres encore !

Pour tout savoir…

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*** La Chronique Agora présente ***

Nous avons laissé le Mogambo hier en plein débat avec un petit garçon de cinq ans nommé Larry, qui venait de révéler une intéressante nouvelle pour l’or. Les choses étaient sur le point de dégénérer, lorsque…

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LECONS DE MATERNELLE – 3ème PARTIE
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Par le Mogambo Guru (*)

Un grand sourire s’est peint sur mon visage, et j’allais me lancer à la poursuite du petit Larry, quand son institutrice a imploré du regard M. Schwensen, de la lettre d’information The Global Speculator, lui demandant de l’aide pour contrôler ce qui menaçait de devenir un autre Malheureux Incident Mogambo (MIM). M. Schwensen a sauvé la situation grâce à une phrase lapidaire : "une hausse des taux d’intérêt et des niveaux de dette élevés ne sont de toute évidence pas une bonne combinaison".

Immédiatement aiguillonné par ses mots, j’ai changé de cap pour courir vers la porte afin d’aller chercher de l’argent — probablement en mendiant auprès de parfaits étrangers, puisque mes "amis" sont tous fauchés (c’est du moins ce qu’ils disent, les petits menteurs…) — une somme que j’utiliserais ensuite pour acheter plus d’or. Mais tandis que je quittais les lieux, je me suis arrêté net en l’entendant dire que je faisais peut-être une erreur en ne mendiant pas de sous avec lesquels acheter du platine !

"Hmm !", ai-je aussitôt pensé, "parlez-moi de ça plus en détails !" Et c’est bien ce qu’ils font. Il semblerait que John Ross Crooks, de Money & Markets, ait écrit : "les secteurs de l’automobile et de la joaillerie représentent environ 80% de la demande annuelle de platine. Ces jours-ci, environ la moitié du platine mondial va à la joaillerie. Les mines d’Afrique du Sud et de Russie représentent 90% du platine mondial. Dans l’ensemble, on extrait environ cinq millions d’onces de ce métal annuellement. Au cas où vous vous poseriez la question, ce n’est rien comparé à la production annuelle d’or et d’argent, qui est de 82 millions et 547 millions d’onces respectivement".

Je lève le doigt, l’interrompant pour demander : "bon, tout ça est très intéressant, mon gars, mais à quoi ça sert pour quelqu’un qui veut juste gagner plein plein d’argent aussi rapidement que possible pour pouvoir décamper de cette ville stupide, loin de ces gens stupides ?"

Apparemment, ce M. Crooks mène une vie très retirée, et j’imagine qu’il n’a encore jamais vu de sociopathe dévoré par l’avidité pure et simple, mais — de toute évidence dégoûté — il répond néanmoins poliment : "cette année, les stocks de platine devraient être inférieurs à la demande pour la huitième fois d’affilée" — ce qui présuppose que je sache comment fonctionne la dynamique offre/demande.

Et s’il y a bien un truc que je sais, c’est ça !

A une prochaine fois,

Le Mogambo Guru
Pour la Chronique Agora

— Comme le dit le Mogambo : Ils ont réussi à maintenir le marché à la hausse durant les élections. Peuvent-ils continuer jusqu’au 1er janvier 2007, afin de verrouiller les profits — et donc les impôts que doivent payer les gens ?

Qui sait ? Ils essaieront, en tout cas. Mais l’or, l’argent et le pétrole continueront à grimper, et ça suffit pour le moment.

(*) Richard Daughty est associé gérant et directeur d’exploitation pour Smith Consultant Group, qui sert les secteurs financier et médical. Il est également l’auteur de la lettre d’information économique Mogambo Guru, un exercice visant à accumuler les sarcasmes sur ceux qui le méritent largement. Le Mogambo Guru est souvent cité dans le journal Barron’s ou dans le Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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