Le pire n’est jamais sûr

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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 09 octobre 2006
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*** Emploi et paresse
Les marchés se sont accordé un peu de repos vendredi…

*** Champagne, Dow Jones et immobilier
Dan Denning nous donne quelques nouvelles, depuis l’Australie…

*** Points d’interrogation
Bill Bonner se pose beaucoup de questions…

*** Le pire n’est jamais sûr
Jean Chabru revient sur les mouvements de baisse difficilement explicables de certaines petites valeurs…

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Trois signaux… pour des transactions gagnantes — quoi que fassent les marchés !
Découvrez les trois indicateurs qui vous permettront d’engranger des profits que la Bourse soit à la hausse… ou à la baisse ! La preuve ? 234,08% de gains cumulés à ce jour…

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Bonjour,

*** EMPLOI ET PARESSE

** Pour une journée placée sous le signe de l’emploi, avec la publication des dernières statistiques américaines en la matière, les marchés se sont montrés singulièrement paresseux vendredi ; les investisseurs se sont en effet lancés dans les prises de bénéfices… si bien que les principales places mondiales ont terminé la semaine sur une note moins euphorique que celle sur laquelle elles l’avaient commencée.

Ainsi, le CAC 40 s’est quelque peu éloigné de la barre des 5 300, avec une baisse de 0,12% qui l’a porté à 5 282,06 points. Même paresse du côté des autres marchés européens : à Londres, le FTSE a reculé de 0,02%, tandis qu’à Francfort, le DAX refusait purement et simplement de bouger, terminant la séance là où il l’avait commencée.

Les choses n’étaient guère plus dynamiques en traversant l’Atlantique ; là aussi, les prises de bénéfices étaient de mise. Le Dow Jones s’est laissé aller durant la séance de vendredi, perdant 0,14% pour revenir à 11 850,21 points — le Nasdaq doublait cette perte, avec -0,28% pour 2 299,99 points. Le S&P 500 s’est lui aussi laissé vivre, clôturant à 1 349,59 points, soit une perte de 0,27%.

** A leur décharge, cependant, il faut reconnaître que les dernières statistiques de l’emploi américain n’avaient pas de quoi motiver un regain d’activité sur les marchés — surtout après des sommets boursiers tels que nous en avons connu ces derniers jours.

Le département du Travail US a en effet annoncé vendredi que 51 000 emplois avaient été créés aux Etats-Unis le mois derniers — alors que les économistes en attendaient pas moins de 123 000. Les salaires ont grimpé de 0,2%, mais, à nouveau, les analystes attendaient plus (+0,3%). Une chose est sûre, en tout cas : cette maigre augmentation ne va pas aider les ménages américains à payer les traites de leur maison, leurs trois 4×4 et leurs cinq téléviseurs à écran géant…

Cette performance décevante (et le mot est faible) a été quelque peu compensée par la révision à la hausse des chiffres d’août : 188 000 emplois auraient été créés, et non 128 000 comme annoncé il y a quelques semaines de cela. Au final, le taux de chômage recule, passant de 4,7% en août à 4,6% en septembre.

Ces quelques nouvelles ont donné de belles couleurs au dollar, qui a clôturé vendredi à un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis juillet : 1,2596 pour un euro. Comme l’explique le site Investir.fr, "les opérateurs estiment que les signes d’accélération de l’économie devraient amener la Fed à décider de ne pas abaisser ses taux d’intérêts au début de l’année prochaine".

L’or a semblé faire les frais de ce regain de vigueur : il a perdu près de 10 $ dans la journée, pour clôturer à 560,75 $ au second fixing de Londres. Même langueur pour le pétrole, avec un baril de WTI New York qui est passé à 59,75 $.

Les marchés semblent prévoir un hiver court et clément — à voir si Dame Nature leur donnera raison…

** Pour terminer, un petit rappel, cher lecteur : le Forum de l’Investissement se tiendra cette semaine au Palais des Congrès de Paris, les vendredi 13 et samedi 14 octobre. Nous y serons, bien entendu… et bon nombre de nos analystes et experts aussi ! Si vous voulez leur rendre visite, voilà quelques informations à noter sur vos tablettes :

** Pour le vendredi 13 octobre : Simone Wapler (Vos Finances – La Lettre du Patrimoine) sera sur notre stand de 11h à 12h. L’après-midi sera dédiée au trading, avec Sébastien Duhamel (bras droit de Martin Thamont, d’e-Trader) de 14h à 15h, et Marc Dagher (100% Warrants) de 14h30 à 16h.

Il n’y en aura pas uniquement pour les traders, cependant, puisque Hugues Leroy (Journal d’un Banquier Central) sera également des nôtres entre 14h et 15h. Et last but not least, Bill Bonner passera quelques instants en notre compagnie à partir de 16h30.

** Le samedi 14 octobre sera tout aussi occupé, avec une grande première, cette année : de 10h30 à 11h30, Philippe Béchade animera (en salle Passy) la conférence "Actions françaises : gestion croissance ou gestion value ?", entouré de Catherine Guarrigues, Gérante actions à l’AGF AM, et de Marie-Ange Verdickt, Gérante actions à la Financière de l’Echiquier.

Par ailleurs, de 10h à 13h puis de 14h à 17h30, Raphaël Garaud (Vos Finances – La Lettre du Patrimoine) se tiendra à votre disposition pour répondre à vos questions.

Après sa conférence, Philippe Béchade sera aussi sur notre stand tout au long de la journée… du moins quand il ne sera pas occupé à cuisiner les chefs d’entreprises, gestionnaires et analystes techniques également présents sur le salon !

Si vous ne l’avez pas encore, il est toujours temps de retirer votre invitation gratuite ici.

Par ailleurs, vous retrouverez le programme complet du Forum, les horaires et tous les détails logistiques en cliquant ici : www.foruminvest.com.

En attendant de vous rencontrer — peut-être — vendredi ou samedi, je vous souhaite une très bonne semaine.

Françoise Garteiser,
Paris

PS : Retrouvez Philippe Béchade au 0899 707 009* : en plus d’une analyse détaillée de la séance en cours, vous découvrirez également ses recommandations du jour ainsi que le suivi de ces dernières indications.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Dan Denning nous donne quelques nouvelles, depuis l’Australie…

*** CHAMPAGNE, DOW JONES ET IMMOBILIER

** Arrêtez les horloges, faites sauter les bouchons de champagne et hosanna au plus haut des cieux ! Le Dow Jones Industrials a atteint un nouveau record ! Pardonnez-nous de trouver cet événement assez décevant. Comme le disait succinctement l’un de mes collègues : "traduction : le Dow Jones a stagné pendant six ans, même sans tenir compte de l’inflation".

- D’ailleurs, saviez-vous que seuls 10 des 30 composants du Dow sont en territoire positif depuis six ans ? Depuis le précédent sommet, le 14 janvier 2000, les actions du Dow ayant les meilleures performances sont : MO +202%, XOM 158%, CAT 150%, UTX 94%, BA 84%, MMM 46%, JNJ 39%, C 25%, AXP 20%, et PG 9%. Les 20 autres valeurs sont toutes négatives depuis six ans — y compris quelques surprises : Wal-Mart (WMT) -24%, INTC -57%, GE -31%. D’autres performances ne sont pas si surprenantes : GM -58%, MSFT -50%, et HD en baisse de 41%.

- Une rapide analyse de ces performances ne permet pas de tirer des conclusions thématiques évidentes. Le pétrole est en hausse. Le tabagisme est en hausse. Les produits de Caterpillar, Boeing et United Technologies sont en hausse. Les biens de consommation non-cycliques de Procter & Gamble et Johnson & Johnson sont en hausse. Pourtant, Wal-Mart chute, tout comme l’industriel DuPont et le détaillant Home Depot. Les financières s’en sont bien tirées, tandis que les pharmaceutiques traînent la patte. Qu’est-ce tout cela nous dit sur les six années à venir ?

- Rien du tout, malheureusement. Ou peut-être cela nous dit la chose suivante : les indices larges ne sont quasiment d’aucune utilité pour guider vos décisions d’investissement. La différence de performances entre les entreprises se justifie par l’exécution d’une bonne stratégie par des dirigeants compétents (et non corrompus), dans un monde extrêmement concurrentiel. Toutes ces sociétés étaient en concurrence dans le même environnement : une augmentation des coûts de l’énergie et des matières premières, des fluctuations sur les marchés des changes et une hausse des taux d’intérêt. Certaines s’en sont mieux sorties que d’autres.

- Certains thèmes sectoriels forts pourront vous aider dans vos décisions. Mais nous pensons que désormais, ce seront les bilans pris un à un et l’analyse fondamentale qui feront la différence entre les investisseurs heureux… et les investisseurs insolvables. En ce qui nous concerne, les conditions sous-jacentes du marché des matières premières (la demande croît plus vite que la demande) restent un thème très porteur. Et dans la mesure où les cours des sociétés de matières premières chutent avec les cours des ressources naturelles, nous pouvons enfin nous positionner sur d’excellentes entreprises à un bon prix.

** "Est-ce que quiconque se soucie de la bulle immobilière en Australie, si elle existe ?" avons-nous demandé lors d’une réunion éditoriale la semaine dernière. Certes, il y a des différences entre la bulle épique des Etats-Unis et la version "junior" de l’Australie. Pour commencer, les taux d’intérêt australiens approchent le sommet du cycle — ou du moins c’est ce qu’on nous dit. Les prix des maisons ont réussi à soutenir cela sans s’effondrer. C’est peut-être précisément là le problème : pour la plupart des accédants à la propriété en Australie, une nouvelle maison reste complètement hors de portée.

* Il n’a donc pas été surprenant d’apprendre que les autorisations de construction ont chuté de près de 13% en août, selon le Bureau australien des statistiques. Le chiffre vraiment affligeant était la chute de 37% des permis de construire pour des appartements. Inutile de construire plus de résidences si les gens ne peuvent pas se les permettre. Les marchés immobiliers australien et américain luttent pour les mêmes raisons : les formules de prêts exotiques ont poussé beaucoup de gens à acheter une maison plus grande que celle qu’ils pouvaient se permettre. C’est cette explosion d’argent bidon qui a fait grimper les prix des maisons, les rendant inabordables.

- Comme nous l’a dit en confidence un ami dans le secteur, la meilleure stratégie, en ce moment, n’est pas de s’endetter pour acheter une propriété et monter des plans de défiscalisation — la meilleure stratégie, en ce moment, c’est de louer. Et en tant que locataire, nous sommes bien d’accord.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** POINTS D’INTERROGATION

** Nous sommes plein de points d’interrogation ce matin.

* Où les investisseurs voient-ils une raison de se réjouir d’un pétrole à 60 $ ? La dernière fois que le Dow a atteint un tel niveau — en janvier 2000 — on pouvait acheter un baril de pétrole léger pour 24 $ seulement. Il n’y avait pas de guerre en Irak… pas de Guerre contre la Terreur… pas de guerre en Afghanistan… le déficit commercial a atteint en 1999 un record de 269 milliards de dollars (contre plus de 800 milliards aujourd’hui)… le gouvernement américain enregistrait un surplus (même s’il était frauduleux)… les propriétaires américains n’avaient que la moitié de la dette hypothécaire actuelle… et Bernie Ebbers était encore un homme libre.

* Mais les investisseurs achètent encore… et ils ont poussé le Dow au-dessus du niveau qu’il occupait il y a six ans.

* Que se passe-t-il ? A quoi s’attendent-ils ? Des bénéfices plus hauts ? Des cours plus élevés ? Un second Avènement ?

* Il n’y a que deux raisons d’acheter une action. Les investisseurs achètent le titre pour les dividendes… c’est-à-dire pour toucher leur part des revenus. Les spéculateurs achètent des actions parce qu’ils pensent que leur prix va grimper. Actuellement, les dividendes rapportent à un investisseur environ la moitié du taux d’inflation. Les acheteurs d’actions doivent donc parier sur le fait que les cours vont grimper.

* En fait, même lors de déclins généraux des marchés, les acheteurs pensent souvent qu’ils seront l’exception qui confirme la règle. Bloomberg a récemment effectué une étude portant sur les performances des maisons de courtage et des analystes. En observant les 350 premières sociétés — les entreprises ayant les meilleurs employés, les salaires les plus confortables, les costumes les plus tendance, les éducations les plus prisées — ils ont découvert quelque chose d’extraordinaire. Même les meilleurs des meilleurs n’avaient raison que 34% du temps. Merrill Lynch était numéro un. Et Merrill Lynch a sélectionné 200 actions, parmi lesquelles 68 seulement se sont révélées gagnantes. On parle là d’analystes professionnels à plein temps, gagnant en moyenne 600 000 $ par an. Et derrière Merrill Lynch, on trouvait 349 entreprises avec des performances plus lamentables encore.

* Si les pros ont tant de mal à sélectionner des actions… imaginez comment peut s’en sortir l’investisseur moyen.

* Qu’est-ce qui leur fait penser qu’ils déjoueront la loi des probabilités ?

* Là, nous restons muet. Nous regardons notre écran d’ordinateur, et nous réfléchissons. Peut-être qu’un nouvel afflux de liquidités remettra les actions à flot… peut-être que c’est d’ailleurs ce qui les maintient à leur sommet actuel. Les poches pleines d’argent, les spéculateurs cherchent un endroit où le placer. L’immobilier étant en train de dégringoler… les matières premières de s’affaisser… et les marchés émergents de trembler… que reste-t-il ?

** Et aujourd’hui, à la Chronique Agora, nous ne pouvons même plus nous vanter du fait que notre scepticisme est contrarien. Il fait pratiquement l’unanimité parmi les experts.

* Même Ben Bernanke s’est finalement rendu devant le Congrès la semaine dernière, et a admis deux choses :

* Pour commencer, l’immobilier entre vraiment dans une période de ralentissement substantiel, a-t-il concédé.

* Ensuite, les baby-boomers vont faire craquer le budget américain.

* Concernant le premier point, nous en avons assez écrit ces derniers temps. Nos lecteurs connaissent la chanson. Les prix de l’immobilier baissent dans tout les Etats-Unis. Dans certaines régions, ils chutent même radicalement.

* Si la tendance se poursuite, elle ne pourra qu’endommager sévèrement l’économie américaine… puisqu’un si grand nombre de gens, dans tant d’endroits et de tant de manières différentes, comptent sur une hausse des prix de l’immobilier. De nombreuses personnes lui doivent leur emploi. De nombreuses autres lui doivent leur argent de poche. Sans hausse des pris de l’immobilier, les dépenses ne peuvent que décliner. Et si les dépenses diminuent, dans une économie de consommation, cela ne peut causer qu’une crise économique. En l’an 2000, par exemple, les propriétaires ont retiré très exactement zéro valeur de leurs maisons. En 2006, cette somme se montait à près de 300 milliards de dollars. Sans cet argent, l’économie américaine va avoir des problèmes.

* Cependant, devant cette logique simple, les acheteurs d’actions continuent d’acheter. A quoi s’attendent-ils ?

* Le deuxième argument de Bernanke fournit une raison plus fondamentale et plus structurelle pour laquelle les actions ne sont probablement plus bon marché. Les gens en sont venus à attendre certaines choses… et ont construit leurs vies financières autour de ces attentes… mais ils vont sans doute découvrir bientôt que lesdites attentes sont aussi instables que la côte californienne.

* Pourquoi ? Parce que pour que le baby boomer américain moyen touche la retraite et les allocations santé auxquelles il s’attend, la part du PIB américain mobilisée par le gouvernement fédéral devrait passer de 18% à 24% d’ici 2030.

* Cela signifie que les dépenses utilisées actuellement à d’autres choses devront être redirigées vers ces mastodontes gouvernementaux. En d’autres termes, à mesure que les années passeront, il y a toutes les chances que les baby boomers réalisent qu’ils ne peuvent dépendre ni du prix de leurs maisons ni du gouvernement pour le financement de leur retraite. Au lieu de cela, ils resserreront leur propre budget et commenceront à accumuler leurs propres réserves. Cela assènera sans aucun doute un coup à l’économie de consommation américaine…

* … et ce sera le coup de grâce pour les marchés boursiers américains.

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*** La Chronique Agora présente ***

Certaines valeurs, en dépit de leurs bons résultats, sont victimes de baisses difficilement explicables. Jean Chabru revient sur ce phénomène qui atteint de nombreuses de petites valeurs — et nous fournit quelques conseils au passage.

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LE PIRE N’EST JAMAIS SUR
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Par Jean Chabru (*)

Depuis le début du mois de septembre, les présentations des sociétés battent leur plein. Et pour le moment, force est de constater que les entreprises ont dégagé des profits record, que leurs bilans sont très sains et que les perspectives, bien que teintées de prudence, apparaissent bien orientées.

Alors pourquoi ces mouvements de baisse difficilement explicables comme celui qu’a connu Haulotte Groupe ? Le troisième constructeur mondial de nacelles élévatrices a été lourdement sanctionné (-8% de baisse). Et pourquoi ? Pour avoir présenté des résultats du 1er semestre parfaitement conformes aux attentes (laissant même suggérer qu’il pourrait être amené à dépasser les attentes de la communauté financière sur l’exercice) ?

Scénario noir pour 2007 ?
L’une des réelles raisons est qu’après avoir joué la hausse du marché entre janvier et mai, les analystes des grandes maisons de courtage ont désormais fait volte face et privilégient, dans leur grande majorité, un scénario noir pour 2007. Soutenus par les stratégistes, ils voient en effet une période de révision à la baisse des prévisions de résultats arriver à grande vitesse.

Après presque quatre années de surperformance, comment les valeurs moyennes pourraient-elles en effet encore améliorer leurs résultats dans un contexte où la croissance mondiale va forcément ralentir puisque la locomotive US commence à donner des signes de fatigue ? Une question à laquelle personne à l’heure actuelle n’a de réponse. Mais dans le doute, et pour coller aux aspirations des investisseurs, les analystes vont dans le sens du vent : ils commencent déjà à abaisser leurs prévisionnels et leurs recommandations sur des secteurs exposés tels les cycliques, les matières premières et les technologiques.

Et dans ce registre, la palme revient très certainement à un analyste du CIC qui a titré, pour justifier son abaissement de recommandation sur Haulotte lundi dernier : "Tout va bien, vendez !". Et le même analyste d’appliquer une décote "arbitraire" (sic) de 20% à son objectif de cours pour obtenir une valorisation conforme à sa recommandation. Pourquoi 20% et pas 15% ou 30% ? Mystère. Mais cette décote est sensée intégrer le risque de retournement de cycle qui pèse sur le marché de la nacelle élévatrice, exposée à celui de l’immobilier.

Les girouettes vont toujours dans le sens du vent
Je ne peux m’empêcher de formuler quelques remarques. Tout d’abord, si l’on pense que 2007 va connaître un retournement majeur de cycle, il est très simple de le traduire dans ses prévisions en les faisant décroître fortement par exemple. De même, on peut également augmenter sa prime de risque, ce qui a pour effet de minorer un peu plus votre valorisation. Bref, il existe beaucoup d’artifices pour tenter de rendre objectif un travail qui ne l’est fondamentalement pas. Deuxième remarque : il vaut mieux, lorsqu’on est courtier, adopter des scénarios très tranchés — voire binaires.

Les mêmes qui ne voyaient aucun nuage en mars après la publication des résultats annuels, et estimaient que le potentiel de certains titres (qui avaient doublé ou triplé en quelques mois) restait intact, sont devenus les plus farouches zélateurs de cette fin du monde annoncée. Le meilleur moyen d’augmenter ses commissions sur les titres est donc d’être d’abord béatement optimiste puis, lorsque le vent tourne, d’appuyer à la baisse : l’avantage — et non des moindres — est d’être toujours dans le sens du marché, quitte à revenir à un scénario moins gris si les perspectives ne vont pas totalement dans le sens souhaité. Vous l’aurez compris : l’important n’est surtout pas d’avoir raison contre le marché mais bien d’avoir tort avec le marché.

Profitons-en pour être AUDACIEUX
Mais en ce qui nous concerne, l’heure est venue de faire un pari et de profiter des atermoiements actuels pour prendre des positions audacieuses. Mon raisonnement est le suivant : et si 2007 n’était pas aussi catastrophique qu’annoncé ? Et si l’analyse actuelle n’était pas la bonne ? Et si les valeurs moyennes arrivaient encore à tirer leur épingle l’an prochain ? Certes la croissance des résultats pourrait marquer le pas, mais simplement pour des raisons de base de comparaison.

Pour aller droit au but, je pense que la période est à mettre à profit pour passer fondamentalement acheteur en gardant en tête que si le pari que je fais est le bon (après tout, j’ai une chance sur deux de me tromper, c’est-à-dire autant que les stratégistes des grandes banques d’affaires…), prendre des positions pourrait se révéler d’ici quelques trimestres très bon pour notre portefeuille.

Je vous invite donc à garder le cap et à garder à l’esprit que le pire n’est jamais sûr !

Meilleures salutations,

Jean Chabru
Pour la Chronique Agora

(*) Depuis plusieurs années, Jean Chabru est à la tête de Stratégie Small Caps, une lettre d’information consacrée uniquement aux petites valeurs. S’appuyant sur l’une des plus grandes bases de données françaises sur les petites valeurs, Jean Chabru déniche les pépites cachées des marchés pour le plus grand profit de ses lecteurs. Pour plus de détails, continuez votre lecture…

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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