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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 18 juillet 2007
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*** Mais pourquoi feraient-ils une chose pareille ?
Personne ne semble vouloir connaître la réponse… du moins pour le moment !
*** Le malheur des uns fait le bonheur des autres
Et vice versa ; enfin… peut être pas
*** Les Européens se sont livrés aux Russes sur un plateau d’argent…
Et le succès de Total n’y changera rien
—————————– (publ.)
Chaque jour, les traders professionnels prennent des milliers de décisions en se basant sur seulement quelques données bien spécifiques. Et cela leur permet d’accumuler de véritables fortunes — pour eux et pour leurs clients.
Imaginez ce que deviendraient votre portefeuille si vous pouviez appliquer la même expertise boursière et la même redoutable précision à chacune de vos décisions d’investissement !
C’est plus simple que vous le pensez, comme vous pourrez le constater ici même…
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Bonjour,
*** MAIS POURQUOI FERAIENT-ILS UNE CHOSE PAREILLE ?
** Cela fera la Une de toute la presse économique aux Etats-Unis ce mercredi matin, alors nous n’allons pas nous appesantir sur l’inscription d’un score à 14 002 points par le Dow Jones (vers 17 H, heure de Paris). Il apparaissait de plus évident que tout serait fait pour véhiculer l’impression que la Bourse américaine caracole de record en record, en anticipation d’une nouvelle période de croissance et de prospérité bien méritée aux USA.
Grâce en soit rendue aux ménages américains, qui continuent de s’endetter, et à la Fed qui a su gérer avec maestria "l’offre d’argent", faisant tourner la planche à billet à plein régime et évitant la rupture de stock de papier-monnaie.
** Nous allons profiter de ce record du Dow Jones et de cette consolidation paradoxale des indices boursiers (-0,45% en moyenne en Europe) pour nous livrer à une petite étude comportementale des investisseurs : une des principales caractéristiques de la période actuelle, c’est le haut degré de confiance dans la capacité des marchés à absorber n’importe quel choc conjoncturel.
Cette conviction résulte du constat que ni le triplement du prix du baril de pétrole en quatre ans, ni la remontée de 425 points de base des taux aux USA, ni l’effondrement d’un tiers de la valeur du yen face à l’euro, ni le ralentissement de la croissance en deçà des 2% par an (aux USA comme dans l’Euroland)… n’a jamais provoqué de correction supérieure à 13% depuis le 13 mars 2003.
Pour autant que nous le sachions, nous vivons le plus long épisode haussier depuis 50 ans et il coïncide avec une période de création monétaire d’une intensité sans précédent dans l’histoire du capitalisme (de la Révolution Industrielle à nos jours).
Nous pouvons même pousser beaucoup plus loin notre raisonnement concernant le type de hausse inexorable que nous vous décrivons depuis quatre ans. Non seulement les corrections de 10% (ou plus) sont devenues d’une exceptionnelle rareté sur les marchés "matures" occidentaux ; mais ce qui contribue le plus à l’instauration d’un indéfectible optimisme, c’est que pas une seule fois au cours des 52 derniers mois, les gains engrangés lors d’une vague haussière court ou moyen terme n’ont été effacés en totalité par un épisode correctif.
Le CAC 40 a gagné +18% à sept reprises sur une période de 5 à 7 mois et il n’a connu que quatre consolidations de plus de 5% d’amplitude. Cela signifie qu’en achetant dès qu’un plus haut a été débordé, l’investisseur ne se retrouve jamais dans le rouge s’il conserve ses positions plus de 9 mois.
Celui qui se risque à l’achat dès que le CAC 40 a perdu plus de 4% ressort systématiquement gagnant trois mois plus tard, quelle que soit la profondeur du creux indiciel. Il apparaît impossible, même en manœuvrant de la façon la plus maladroite (en ramassant au plus haut et en ne se renforçant pas dans les creux) de gagner moins de 10% sur une période de 12 mois.
Compte tenu de l’optimisme des discours des intermédiaires financiers au sujet de la bourse, de la multiplication des hedge funds (on attend 10 000 entités déclarées d’ici la fin 2007) qui accroissent exponentiellement la liquidité des marchés avec des effets de levier, et de la sécurisation de l’argent des épargnants grâce à des offres packagées (votre banquier vous propose un pourcentage limité de la hausse d’un indice sous jacent — et il se garde la différence si tout se passe bien — contre la garantie de votre capital de départ)… le sentiment d’invulnérabilité s’est installé dans l’inconscient collectif.
** De nombreuses études à caractère scientifique tentent de démontrer que ce sont justement les produits dérivés qui "lissent" les graphiques boursiers. Une meilleure connaissance mathématique de la notion de risque associée à un système "chaotique" permet d’éliminer de plus en plus efficacement les "bruits parasites".
En d’autres termes : l’évolution d’un indice est aujourd’hui purgée de ses impuretés, des excès d’émotions humaines qui déstabilisent les cours au-delà d’un écart type.
Si vous nous suivez bien, l’approche scientifique adoptée par 95% des plus grandes firmes de courtage qui pratiquent la gestion indicielle ou qui ont noué des partenariats avec des hedge fundsproposant une gestion alternative, est destinée à éliminer les scories de la psychologie humaine.
D’où le recrutement massif de polytechniciens, de programmeurs puis de génies des algorithmes et des probabilités dans les départements assets management.
Certains comportements instinctifs ou innés hérités des premiers balbutiements de l’humanité (du temps où des sacs de sel, des coquillages, des graines ou des pépites d’or semblaient avoir plus de valeur qu’un bout de papier orné du portrait de George Washington) ont vocation à être bannis du théâtre des opérations boursières.
Nombre de chartistes ne cessent de nous vanter la faculté de l’analyse technique à anticiper la psychologie des marchés. Mais une fois que les gérants issus de la sphère des ingénieurs/mathématiciens ont adopté ce point de vue (le seul démontrable et reproductible du stade théorique au stade expérimental), il n’y a plus de facteur humain à circonscrire ni à surmonter.
Il ne reste plus qu’à gérer les infimes fluctuations des immenses flux financiers qui se déplacent du marché immobilier vers l’obligataire, de l’obligataire vers les actions, des actions vers les matières premières, des matières premières vers l’immobilier… et la boucle est bouclée.
** Les marchés ne redoutent plus à l’heure actuelle ni inflation, ni stagflation, ni guerre, ni terreur, ni épidémies (il existe des formes d’assurance contre chacun de ces maux) : ils redoutent seulement une contraction des liquidités, c’est à dire en pratique une remontée du yen qui tarirait la "corne d’abondance du carry trade".
Or le yen revient à proximité de son plancher historique face à l’euro, sous les 168,7/euro : de quoi se rassurer sur la machine à cash qui soutient les marchés mondiaux. Le pétrole vient de repasser au-dessus des 75 dollars le baril pour la première fois depuis la mi-août 2006 — avant de se tasser légèrement après la publication aux Etats-Unis d’un indice de production industrielle en hausse un peu moins forte qu’anticipé, soit +0,5% au lieu de +0,6% attendu. (Nous vous expliquons d’ailleurs quelles valeurs choisir pour profiter de la hausse du pétrole sur notre Téléphone Rouge*).
L’expérience de ces quatre dernières années démontre également que la flambée de l’énergie induit à chaque fois, et avec quelques jours à quelques semaines de décalage, un nouvel afflux de pétrodollars sur les marchés financiers — et Wall Street en particulier : les conditions restent plus que jamais estivales en terme de liquidités, la hot money devrait demeurer abondante pourvu que les fonds d’investissement japonais ne se mettent pas à reconvertir en yen les bénéfice engrangés sur le dollar néo-zélandais, la livre sterling et naturellement, le billet vert.
Mais les économistes restent sereins : pourquoi feraient-ils une chose pareille ?
Quiconque avancera une démonstration qui tienne la route détiendra la clé d’un débouclage massif des opérations de carry-trade et d’une inversion de tendance à Wall Street, dans l’Eurozone et sur les marchés émergents.
Philippe Béchade,
Paris
PS : La toute nouvelle stratégie de Philippe Béchade est consultable depuis ce matin ! Découvrez-là en composant le 0 899 781 961* — Philippe vous révèlera comment tirer parti de la hausse du prix du pétrole pour doper vos investissements en profitant d’une tendance idéale. Par ailleurs, vous pouvez le consulter sur son Téléphone Rouge quotidiennement, pour des zooms sectoriels, des analyses de rumeurs et des recommandations pertinentes et détaillées — adaptés au réel de la Bourse…
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** LE MALHEUR DES UNS FAIT LE BONHEUR DES AUTRES
** Ce qu’un homme considère comme étant un "boom d’effondrement" peut être "le plus grand boom économique de l’histoire" pour un autre. C’est ainsi que Fortune Magazine titre un de ses articles.
* Maintenant, tout le monde va voir que nous sommes au beau milieu d’un énorme boom mondial du crédit. Beaucoup reconnaissent déjà ses traits les plus frappants :
- Une croissance économique rapide en Asie. Les informations d’hier annonçaient que la Chine prendrait la place de l’Allemagne en tant que troisième puissance économique d’ici la fin de l’année, grâce à un taux de croissance du PIB chinois à deux chiffres.
- La mondialisation des échanges et de la finance. L’Asie croît à une vitesse galopante parce – que son commerce extérieur est en pleine expansion. Les bateaux tournent dans les ports du monde entier pour tenir le rythme. Les grosses opérations financières impliquent généralement des participants de plusieurs pays.
- La financiarisation de l’économie mondiale. Aujourd’hui, presque tout peut être emballé et vendu comme actif financier — y compris les œuvres d’art, les fermes, etc.
- Et derrière tout ça, une marée montante de liquidités. Les Etats-Unis émettent des dollars. Les autres pays émettent eux aussi leur devise pour maintenir la parité avec le billet vert. Partout, le niveau de liquidités augmente — et tire le prix des actifs vers le haut.
** Notre vieil ami Steve Chapman écrit dans le Chicago Tribune que l’économie américaine est en grande forme. La Bourse a presque atteint des niveaux record ; le chômage a baissé, il est désormais à 4,5% ; l’inflation est en dessous des 3%. "Autrefois, il y avait des crises environ tous les quatre ou cinq ans, mais depuis 1991, nous n’avons subi qu’un léger fléchissement en 2001. Les Américains se sont tellement habitués à la prospérité qu’ils la prennent pour acquise", nous explique Steve.
* Et oui, c’est le problème avec la prospérité. C’est comme une maîtresse : dès que vous pensez avoir obtenu toute son affection, elle recommence à faire la moue et à flirter avec des inconnus.
* C’est également la différence fondamentale entre un boom d’effondrement… et le plus grand boom économique de l’histoire. Ici, à La Chronique Agora, nous pensons qu’il ne faut jamais considérer que l’affection d’une maîtresse ou la prospérité vous sont acquises. Non, il faut les manipuler prudemment, leur montrer du respect, les apprécier à leur juste valeur… et de temps en temps, les laisser piquer une crise.
* Le fait que l’économie américaine n’ait subi qu’une légère crise depuis 1991 est pour nous une bonne raison de s’alarmer… Comme quand un adolescent se montre étonnamment poli — il se prépare sans doute à faire un mauvais coup. Mais la plupart des économistes et des gens raisonnables voient cette absence de crise majeure comme un bon signe ; ils pensent que l’économie est tellement saine qu’il n’y a pas besoin de remettre les choses au clair.
* L’économie est loin d’être saine — particulièrement aux Etats-Unis.
** Le dernier rapport du New York Times nous dit que les riches s’en sortent mieux que jamais. C’est un nouvel Age d’Or. Les richesses sont encore une fois concentrées au sommet de l’échelle — comme avant la Grande Dépression. A l’époque, c’étaient les grands industriels — les Vanderbilts, les Rockefeller, les Carnegie et les Ford — qui contrôlaient de grosses fortunes. Aujourd’hui, ce sont les grands financiers — les Schwarzman, les Peterson, les Kravise et les Kolhberg — qui prennent la plus grosse part du gâteau. Selon le Times, ce sont seulement 15 000 familles américaines qui gagnent 5% du revenu national total — l’équivalent de 9,5 milliards de dollars par famille et par an.
* Tant mieux pour elles. Mais tandis que les Carnegie et les Ford distribuaient de vrais salaires à des gens, les Schwarzman et les Kravise gardent tout. L’Américain moyen est coincé entre la Charybde des dépenses en hausse… et la Scylla du salaire qui stagne. Il possède une plus grande maison, son remboursement de crédit est plus cher, il a plus de voitures et un mode de vie plus luxueux, mais il n’a pas pour autant plus d’argent pour payer tout ça.
* Dommage.
* On raconte à Houston que de plus en plus d’Américains — qui font déjà partie des gros travailleurs — ont abandonné le concept démodé de vacances. Soit ils n’en veulent plus… soit ils n’ont plus les moyens d’en prendre. Et même quand ils partent quelques temps, ils emmènent avec eux téléphone et ordinateur portable pour travailler à distance.
* Et le prix du pétrole augmente encore. Il n’est plus qu’à quelques cents du record d’Août de l’année dernière… et Goldman annonce qu’un baril d’essence pourrait bientôt atteindre les 95 dollars.
* Au même moment, les analystes prédisent encore quelques belles années à la crise du logement.
** Notre ami et collègue Porter Stansberry rapporte que : "Le nombre de saisies de maisons a augmenté de 87% en juin par rapport à l’année précédente. Il y a eu 164 644 défauts de paiement, d’enchères programmées et de répressions bancaires lancées par la Californie, la Floride, l’Ohio et le Michigan. Si l’on suppose que ces maisons valent le prix moyen d’une maison américaine, cela donne 36 milliards de dollars de défaut de paiement. Et si l’on suppose que les banques, les hedge funds et les gérants d’obligations qui possèdent ces dettes vont recouvrir 75% de la valeur, on estime les pertes à 9 milliards de dollars… en un mois."
"Nous essayons de vendre notre ancienne maison dans le Maryland," nous dit une collègue de Baltimore, "parce que nous en avons acheté une autre et avons déjà emménagé. En ce moment, nous remboursons deux prêts immobiliers, il nous faut donc nous débarrasser de l’ancienne au plus vite. Jusqu’à aujourd’hui, plusieurs personnes ont visité. Nous avons reçu deux offres… mais pour les deux, il s’agit d’abord de vendre leur maison. Nous avons donc regardé sur Internet pour voir quelles étaient leurs chances de vendre rapidement… et dans les deux cas, nous avons découvert qu’il y avait des centaines d’offres similaires aux leurs dans les quartiers concernés. Ça ne sent pas bon pour eux, et ça ne sent pas bon pour nous non plus. En ce qui nous concerne, ce n’est pas un si gros problème, nous avons acheté notre maison il y a longtemps maintenant, et nous avons des économies et des petites mensualités de remboursement. Mais je ne sais pas comment font les autres personnes dans la même situation que nous…"
* Nous ne savons pas non plus… mais comme toujours, nous allons tout faire pour le savoir.
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Un véritable séisme énergétique pourrait mettre fin pour toujours à l’ère du pétrole bon marché, effaçant plus de 150 ans de prospérité occidentale et oblitérant la richesse de millions d’investisseurs… quasiment du jour au lendemain.
PANNE SECHE !
LE JOUR OU LE MONDE SE RETROUVERA A COURT D’ENERGIE
Restez les bras croisés et perdez tout… ou agissez AUJOURD’HUI et engrangez des gains de deux, voire trois chiffres sur des valeurs parfaitement positionnées pour grimper en flèche alors que le chaos s’installe.
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*** La Chronique Agora présente ***
Les rapports entre la Russie et l’Europe sur le terrain énergétique est unilatéral : avec Gazprom, les russes sont en passe de devenir les premiers fournisseurs de gaz en Europe. La France, de son côté, échappe à l’aliénation énergétique grâce au yellow cake… Mais l’Europe tourne le dos à l’alternative nucléaire, assurant un avenir radieux à la main mise énergétique russe… Débat :
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LES EUROPEENS SE SONT LIVRES AUX RUSSES SUR UN PLATEAU D’ARGENT…
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Par Isabelle Mouilleseaux (*)
Félicitations généralisées, tonnerre d’applaudissements, les bravos fusent de toutes parts et l’élue fait « la Une » de tous les journaux…
Sharon Stone en train de monter les marches à Cannes ?
Pas du tout. Total ! Qui vient d’apprendre qu’il a été choisi par Gazprom comme partenaire sur le site gazier de Chtokman… au nez et à la barbe de ConocoPhilips, Chevron, et Statoil / Norsk Hydro.
Ne boudons pas notre plaisir
C’est forcément une bonne nouvelle. Chtokman, c’est la plus grande réserve de gaz connue. Plus de 3 700 milliards de mètres cubes de gaz. Pour rendre les choses plus concrètes, vous pourriez alimenter la planète entière en gaz pendant un an avec un tel gisement.
Mais ne soyons pas aveugle… Gazprom reste seul maître à bord
C’est lui qui détient 100% des licences d’exploitation (merci Poutine !). C’est lui aussi qui détiendra avec ses amis 76% de la société de gestion des infrastructures. Que reste-t-il à Total ? Les 24% restant. Je me demande encore aujourd’hui pourquoi Gazprom ne s’est pas lancé seul dans l’affaire…
Il va falloir se retrousser les manches pour aller chercher ce gaz sous les glaces de la mer de Barents. 20 milliards de dollars d’investissement ! Et un début d’extraction prévu pour 2013.
Autre bonne nouvelle : tout ce gaz est pour nous ! Si, si…
Il sera acheminé par pipes vers l’Europe et par méthaniers vers les Etats-Unis — une fois liquéfié. Un vrai bonheur ! Nous allons encore pouvoir nous chauffer tranquillement pour un bon bout de temps…
Bon. J’arrête là les éloges. Passons aux choses sérieuses. Je vais vous dire ce que l’on ne vous dit pas ! Et ce n’est pas la première fois que je vous mets en garde dans ses colonnes.
L’Europe a été incapable de prendre les bonnes décisions
Le nucléaire était la seule et unique bonne décision à prendre pour assurer l’indépendance énergétique européenne. Arrêtons le politiquement correct. Arrêtons de nous faire manipuler par les Verts. Voilà des décennies que partout en Europe, à l’exception notable de la France, ils imposent leur point de vue.
Et c’est une allemande qui vous parle. Une allemande fortement imprégnée de la culture écologique et pro-environnementale. Il n’y a pas une chose que je fais dans la journée sans réfléchir aux conséquences que cela peut avoir sur notre environnement ! Une écologiste pour le nucléaire ? Oui, c’est bien ça. Ca existe, et je suis de ceux-là. Le gros défaut des écologistes « Verts », c’est que ce sont des idéalistes. Moi, je suis profondément écologique, mais très réaliste.
Les Allemands ont écarté le nucléaire au profit du charbon. Et comme le charbon pollue énormément, ils ont finalement été obligés de se rabattre sur le gaz… russe bien sûr.
Tony Blair a été incapable d’imposer sa politique nucléaire ne serait-ce qu’à son propre parti ! Pas de nucléaire pour l’Angleterre en attendant…
Et c’est comme cela partout. Toute l’Europe est aujourd’hui dépendante du gaz étranger, à la merci du géant Gazprom.
Car pendant que les Européens tergiversaient sur la question énergétique et s’enlisaient sur la question du nucléaire, les Russes ont avancé à pas de géant et pris le pouvoir en quelques années.
Voyez plutôt :
L’objectif n°1 de Gazprom : être le n°1 mondial d’ici 10 ans
Et il a toutes les chances d’y arriver, tout simplement parce qu’il a le pouvoir politique derrière lui. Gazprom est une arme politique. Une carte géostratégique puissante. Pire, il a la capacité de « mettre à genou » l’Europe entière.
Vous voulez que je vous dise ? Gazprom et l’Etat russe ne font qu’un. J’irais même plus loin. Poutine et Gazprom ne font qu’un… et je ne serais pas étonné de voir notre ami « Vlad » à la tête du géant une fois le Kremlin quitté.
Que pensez-vous que le Kremlin est en train de faire depuis des mois déjà ?
Il reprend en main les ressources du pays pour en avoir un contrôle direct, total et absolu.
Exit Kodorovsky, ex tristement célèbre patron de Ioukos ! Il n’a pas fini de croupir injustement au fin fond de la Sibérie… Sa société énergétique a été dépecée, et ses actifs redistribués aux sociétés étatiques russes. Une reprise en main à la Staline ! Prochain sur la liste ? Peut-être Rosneft…
Exit les Occidentaux du projet d’exploitation du pétrole et du gaz “Sakhaline II”. Royal Dutch Shell a carrément été viré du projet par Poutine. Shell a été accusé de nuire à l’environnement… L’Etat russe a repris le contrôle des matières premières qui gisent dans les sous-sols de Sakhaline pour les confier à son géant russe Gazprom. Une expropriation en règle suivie d’une nationalisation.
Exit BP/TNK du champ de gaz de Kovyta. Je suis prête à parier avec vous que Gazprom va racheter la part de 63% détenue par TNK/BP dans cet énorme champ gazier capable d’alimenter toute l’Asie pendant 5 ans !
Partout, les sociétés occidentales sont obligées de renégocier leurs contrats avec les russes. Et c’est Poutine qui tient les ficelles.
Prochaine victime ? Sans doute Exxon et son projet d’infrastructures pour alimenter la Chine. Gazprom n’a qu’une idée en tête : évincer Exxon du projet et prendre le contrôle de l’opération.
Objectif n°2 de Gazprom : avoir la main mise sur l’Europe
Gazprom est en train de devenir le principal fournisseur de gaz de l’Europe. Il n’a pas eu grand-chose à faire pour y arriver.
En tournant le dos au nucléaire, les Européens lui ont livré les pleins pouvoirs sur un plateau d’argent. Et Poutine en use stratégiquement, et en abuse politiquement. Demandez donc à l’Ukraine, à la Géorgie, à la Pologne ou à la petite Biélorussie ce qu’ils en pensent. Poutine n’a pas hésité un quart de centième de seconde à leur couper le gaz… Or nous partageons les mêmes pipes!
Nous nous sommes fait prendre au piège.
Nous nous sommes rendus dépendants des maîtres du Kremlin. Et ces gens là ne sont pas des rigolos, croyez moi. La déontologie, l’éthique, la morale, les bonnes pratiques… ils n’en ont rien à faire. Seul compte le pouvoir… et l’argent. Et la fin justifiera les moyens.
Je suis dure, me direz-vous. Certes, peut-être un peu trop. Mais je suis surtout très réaliste… Est-ce un défaut ?
Ah ! Dernier point. Personne ne vous l’a dit mais… c’est important. En Autriche, il y a le plus gros hub européen de gaz naturel. Une structure clé ! Gazprom vient de le racheter ! Ainsi, il contrôle non seulement la ressource, mais aussi l’infrastructure logistique qui assure l’acheminement !
J’ai réservé le meilleur pour la fin !
La bonne nouvelle cher lecteur, c’est qu’en France 80% de notre électricité est d’origine nucléaire… et que nous sommes « copains » avec les Algériens qui ont la Sonatrach et beaucoup de gaz. Et EDF a les plus beaux méthaniers du monde ! Tout va bien dans le meilleur des mondes… Poutine ne nous aura pas !
Meilleures salutations,
Isabelle Mouilleseaux
Pour la Chronique Agora
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