L’autre côté du pari

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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 18 décembre 2006
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*** La fête a été réussie
Vendredi a été une belle journée sur les marchés…

*** L’autre côté du pari
Bill Bonner fait escale à Los Angeles, et constate que rien n’a changé…

*** Un optimisme douteux (1)
… sur fondations bulleuses…

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Dix critères de sélection pour des gains en plein dans le mille
Un système d’investissement bien précis a engrangé un gain moyen de 25% au deuxième trimestre… alors même que les marchés étaient en pleine déconfiture.

Comment ? Grâce à une méthode de sélection rigoureuse et efficace — que vous pouvez mettre dès aujourd’hui au service de votre portefeuille.

Continuez votre lecture pour tout savoir…

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Bonjour,

*** LA FETE A ETE REUSSIE

** La fête promettait d’être belle, et elle n’a pas déçu les investisseurs. La fameuse "journée des trois sorcières" a propulsé les marchés à de nouveaux sommets vendredi, CAC 40 en tête. Notre indice national a en effet atteint un plus haut annuel en clôture, à 5 541,62 points, soit une hausse de 0,58% pour la journée (et des volumes frôlant les huit milliards d’euros)… avec une petite pointe à 5 553,45 points en séance — un niveau qu’on n’avait plus vu depuis février 2001.

En ce qui me concerne, je me contente de rappeler que février 2001, c’est juste avant le printemps 2001, date où les marchés se sont effondrés. Mais bon… comme dit à maintes reprises, nous n’avons pas de boule de cristal.

De toute façon, les marchés ne semblent pas avoir les mêmes souvenirs que nous, et nulle angoisse ne semble obscurcir leur humeur. A Londres et Francfort, le FTSE et le Dax ont emboîté le pas au CAC 40. Le premier a grimpé de 0,51%, tandis que le second s’adjugeait une hausse de 0,55%.

Du côté américain, les réjouissances ont été moins bruyantes — mais la hausse n’en a pas moins été unanime vendredi. Le Dow Jones s’est hissé jusqu’à 12 445,52 points, soit une grimpette de 0,23% — atteignant au passage un plus haut historique en cours de séance, à 12 486 points. Le Nasdaq s’est fait plus discret encore, avec +0,14% à 2 457,2, tandis que le S&P 500 rasait les murs avec une hausse de 0,11% à 1 427,08 points.

** Voyons plus en détails les données qui ont permis cette nouvelle envolée des cours, à commencer par les prix à la consommation — qui ont stagné le mois dernier, alors qu’on prévoyait une hausse de 0,2%. Sur un an, l’inflation américaine est en hausse de 2% aux Etats-Unis, 2,6% si l’on exclut l’alimentation et l’énergie. Les salaires réels (hebdomadaires) ont grimpé de 0,2% le mois dernier. Voilà pour le département du Travail.

Du côté de la Réserve fédérale, on a appris vendredi que la production industrielle US était en hausse : +0,2% en novembre, alors que le consensus tablait sur la stagnation la plus plate. Par ailleurs, le taux d’utilisation des capacités de production n’a pas bougé d’un pouce, à 81,8%.

Pour compléter cette batterie de chiffres, il y avait les entrées nettes de capitaux aux Etats-Unis — qui prouvent que la popularité des USA demeure solide : elles sont en hausse, à 62,2 milliards de dollars pour octobre… ce qui permet de sauver la mise en ce qui concerne le déficit commercial, qui n’était "que" de 58,87 milliards de dollars sur la même période.

Voilà qui semble indiquer que la thèse de "l’atterrissage en douceur" serait la bonne. "La théorie de la Réserve fédérale selon laquelle l’inflation finirait par se tasser naturellement semble donc se vérifier", déclare La Tribune. "La croissance [américaine] n’a progressé que de 2,2% au troisième trimestre, plus faible progression de l’année, et devrait se tasser davantage avec le ralentissement du marché immobilier. Les économistes s’attendent en moyenne à une croissance de 2% au quatrième trimestre".

** Qui vivra verra… En tout cas, cela signifie au moins que la Fed ne baissera pas ses taux tout de suite — du coup, la détente a été sensible sur les marchés obligataires. Le rendement du bon du Trésor US à 10 ans s’est détendu d’un point de base, à 4,59%.

Les chiffres ont également profité au billet vert, qui s’est repris face à l’euro — il a terminé la semaine à 1,3079 pour un euro… tandis que l’or, bien entendu, bat de l’aile : il est redescendu sous les 625 $, passant à 623,75 $ l’once au second fixing de Londres.

** Du côté du pétrole, l’OPEP a fait son petit effet en annonçant une baisse de la production pour février — 500 000 barils de moins tous les jours… espérons que le printemps ne sera pas trop frisquet ! En tout cas, cela a eu pour effet de réchauffer le cours du brut, qui a repassé la barre des 63 $ : à New York, le baril de WTI a terminé vendredi à 63,37 $.

Françoise Garteiser,
Paris

PS : Retrouvez Philippe Béchade au 0899 707 009* dès 15h45 cet après-midi, avec tout ce qu’il faut pour bien négocier la séance en cours : analyse approfondie des conditions boursières, retour sur nos positions ouvertes… et bien entendu, la recommandation du jour !
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Los Angeles

*** L’AUTRE COTE DU PARI

** Nous ne sommes pas resté bien longtemps à Los Angeles — nous y avons simplement fait escale.

* En séjournant dans le salon Qantas, nous avons trouvé des journaux et CNBC, pour nous remettre au courant. Oh, parfait… rien n’a changé.

* "Je ne sais pas pourquoi on s’inquiéterait", déclarait la présentatrice. "Les gens se souciaient du ralentissement dans le secteur immobilier américain. Et voilà que nous découvrons que les chiffres de l’emploi sont étonnamment vigoureux. Et comme le déclarait Alan Greenspan récemment, si le ralentissement de l’immobilier ne nous a pas déjà affectés, il ne nous affectera probablement pas du tout. On dirait que la voie est libre, non ?"

* Elle avait un invité du nom de Becker — nous n’avons pas retenu son prénom. Ce n’était pas Boris, en tout cas.

* Il a répondu prudemment :

* "Eh bien, jusqu’à présent on dirait que l’immobilier connaît un atterrissage en douceur, mais il faut attendre, et voir ce que nous amènera 2007".

* Si seulement nous le savions ! Mais non : il nous faudra attendre et voir, comme le dit M. Becker.

* Le problème, avec "attendre et voir", c’est que, justement, on ne peut pas simplement "attendre et voir". Il faut aussi faire quelque chose. On ne peut arrêter de respirer. On ne peut cesser de manger. Et on ne peut arrêter d’investir. Il n’y a pas d’animation suspendue, quand on parle d’argent ; il n’y a pas de "nulle part" dans le monde de la finance.

* A chaque minute de chaque jour, pour chaque classe d’actifs, vous êtes impliqué. Soit vous vous positionnez. Soit vous ne vous positionnez pas. Bien entendu, vous pouvez aussi avoir fait jouer l’effet de levier… mais ce n’est là qu’une mesure de l’étendue des dégâts si vous vous trompez. Si vous ne possédez pas Google, par exemple, vous perdrez des gains potentiels si le titre grimpe. Et s’il baisse par rapport au reste du monde — ce qui inclut les détenteurs de Google — vous aurez une longueur d’avance.

* Vous vous dites peut-être "oh, je ne me positionne pas, j’ai des liquidités". Ce n’est là qu’une position alternative ; lorsque vous avez des liquidités, vous n’avez pas d’actions… ni de dollars. Si les actions baissent, vos liquidités grimpent, par rapport aux actions. Si les actions grimpent, vos liquidités — mesurées en actions — perdent de leur valeur.

* Et qu’en est-il du dollar lui-même ? Pour la plupart des Américains, les "liquidités", ce sont celles qui sont imprimées par l’Hôtel des Monnaies américain, et surveillées par la banque centrale de Ben Bernanke. Rien que cette année, ces liquidités ont baissé de 10% par rapport aux liquidités de la BCE. Par rapport aux "liquidités" extraites du sol — l’or — le billet vert a perdu 20%. Et en termes de prix à la consommation, le dollar a baissé aussi — d’environ 3%, selon les estimations que vous préférez croire.

* Non, cher lecteur, il n’y a pas moyen de rester à l’extérieur. Il n’y a pas de refuge. Il n’y a pas d’endroit où l’histoire s’arrête et où les prix cessent d’évoluer. Peu importe où vous êtes, vous êtes dans la partie, que cela vous plaise ou non.

** De plus en plus de gens semblent être positionnés à long terme sur les actions. Le Dow a atteint un nouveau sommet record hier. Le Dow à 36 000 ? Bien sûr, pourquoi pas ! Mais si l’on se base sur d’autres marchés, le Dow n’a rien fait. Nous revenons de Bombay, où les valeurs locales ont grimpé de pas moins de 40% cette année. Au nord de l’Himalaya, à Shanghai, les actions sont en hausse aussi — d’un incroyable +95%.

* Les matières premières aussi sont en pleine forme. Les métaux grimpent en flèche — or, cuivre, aluminium, toutes ont grimpé cette année.

* En fait, en examinant ce qui se passe dans le monde, nous trouvons que les gens sont, presque partout, positionnés sur tout. Les prix de l’immobilier atteignent des sommets dans la majeure partie du monde. Seul Asuncion, dans le Paraguay, semble aller à l’encontre de la tendance (qu’est-ce qui ne va pas, à Asuncion ? Nous n’en savons rien… mais nous avons bien l’intention de le découvrir).

* Voilà pourquoi nous avons émis une "alerte au krach". Dans le monde entier, les gens pensent la même chose — achetez maintenant, parce que les prix des actifs ne feront que grimper. Mais lorsque tout le monde pense la même chose, c’est que personne ne pense. En ce qui nous concerne, nous avons l’intention de prendre nos précautions. Nous allons prendre l’autre côté du pari. Non que nous sachions quoi que ce soit, mais simplement parce que les probabilités doivent désormais être en faveur du franc-tireur, du spéculateur contrarien qui parie contre la continuation des actifs.

* Il ne nous reste plus qu’à découvrir quel est l’autre côté du pari…

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Il y a quelques mois de cela, la donne financière a radicalement changé… et les conséquences commencent seulement à se faire sentir.

Cinq en particulier représentent un danger immédiat pour votre portefeuille… tandis qu’une autre pourrait vous rapporter des profits à trois, voire quatre chiffres.

Pour en savoir plus…

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*** La Chronique Agora présente ***

La Chronique Agora présente : Il est admis de longue date que l’ampleur des excès constatés lors d’un boom détermine la sévérité du processus de réajustement économique et financier qui s’ensuit. Qu’est-ce que la future correction réserve à l’économie US après la chute du marché immobilier ?

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UN OPTIMISME DOUTEUX — 1ère PARTIE
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Par le Dr Kurt Richebächer (*) 

Le dialogue entre politique et économie reste un dialogue de sourds. La grande majorité des économistes reste obstinément concentrée sur des données apparemment positives pour l’économie US, comme la baisse radicale du prix du pétrole, des liquidités abondantes, une inflation sous contrôle, des taux d’intérêt bas et des profits solides.

Par contraste, une minorité d’économistes insiste tout aussi obstinément sur le fait que les célèbres déséquilibres de l’économie, ses distorsions structurelles et l’explosion de la dette qui leur est associée sapent inexorablement la croissance économique. Selon ce point de vue, le déclin immobilier aux Etats-Unis finira par entraver la croissance et mener l’économie à la récession, avec de vastes effets négatifs sur l’emprunt et les dépenses de consommation.

D’une manière générale, cependant, c’est l’optimisme qui prévaut, concernant l’économie américaine. Ce n’est plus l’optimisme stable d’autrefois ; c’est de l’optimisme dans le sens où un véritable malaise — comme un krach du marché des actifs et une récession, sans parler d’une crise longue et prolongée — est absolument hors de question. Grâce à son dynamisme et à sa flexibilité, l’économie s’est maintes et maintes fois remise de baisses périodiques, et elle le fera une fois encore.

Commençons par examiner les faits bruts. Depuis six, sept mois et plus, les données économiques américaines ont été en majorité de mauvaises surprises — des surprises qui, de surcroît, allaient de mal en pis. Le PIB réel des Etats-Unis a chuté, passant successivement de 5,6% au premier trimestre 2006 à 2,5% au second trimestre, puis 1,6% au troisième.

C’est déjà assez décourageant, mais le troisième trimestre a été sauvé du désastre total par un événement statistique assez chimérique. Alors que les compagnies automobiles ont radicalement baissé leur production, cette dernière a grimpé en flèche dans le PIB, grâce à des baisses de prix considérables sur les voitures consommant le plus de carburant. De la sorte, la chute de la production de véhicules a contribué de 0,72% à la croissance réelle du PIB au troisième trimestre, après en avoir soustrait 0,31%. L’indice brut des prix des achats nationaux a augmenté de 2% au troisième trimestre, à comparer à une hausse de 4% au trimestre précédent.

Il est admis de longue date que l’ampleur des excès constatés lors d’un boom détermine la sévérité du processus de réajustement économique et financier qui s’ensuit. On a affirmé — c’est bien pratique — que le boom immobilier de ces dernières années a été moins spectaculaire que les précédents, qui se sont tous terminés sans baisses radicales des prix.

Il est certain qu’il y a diverses possibilités de mesure. Pour les Etats-Unis, la mesure d’excès la plus importante, qui est aussi la plus facile, c’est l’expansion du crédit associé. L’utilisation du crédit, dans le sillage de la bulle immobilière, a été tout simplement bizarre, dépassant de loin tout ce qu’on avait vu auparavant. Durant les décennies précédant l’an 2000, le total des prêts immobiliers en cours aux Etats-Unis atteignait en tout 48 000 milliards de dollars. Au second trimestre 2006, ils se montaient à 93 000 milliards de dollars. La croissance des prêts immobiliers sur les cinq dernières années équivalait quasiment à leur croissance au cours des cinq décennies préalables.

Le second point très important à voir, c’est que ce boom immobilier a été le premier, aux Etats-Unis, à influencer l’économie à une échelle bien plus importante que simplement l’activité de construction. Les ménages privés — utilisant la hausse du prix des maisons comme nantissement pour financer d’autres emprunts — se sont rués dans la dette comme jamais auparavant afin de nourrir d’autres sortes de dépenses. Par conséquent, l’économie américaine tout entière s’est transformée en une immense bulle.

Nous verrons la suite dès demain…

Meilleures salutations,

Kurt Richebächer,
Pour la Chronique Agora

(*) Economiste, écrivain et banquier international respecté, le Dr Kurt Richebächer écrit régulièrement pour le Wall Street Journal, Barron’s, l’édition américaine de la Fleet Street Letter et d’autres publications financières bien établies. En France, Le Figaro lui a consacré un article pour avoir été "l’homme qui a prédit la crise asiatique".

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