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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 06 juin 2007
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*** Heureux investisseurs chinois !
Une Chronique à 4 mains aujourd’hui, Françoise Garteiser et Philippe Béchade se partageant exceptionnellement la vedette…
*** Un système monétaire base sur les "choses réelles"
Les pays du Golfe Persique n’aident pas le dollar…
*** La première bulle mondiale
Il n’y a pas que les guerres qui affectent désormais la planète entière
*** L’Australie, terre oubliée de la spéculation
Pour combien de temps encore ?
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Assez d’attendre les profits ?
Une performance globale de 1 152,63% en 2006, grâce à des plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%…
Parfois, c’est encore le court terme le plus performant. Découvrez pourquoi…
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Bonjour,
*** HEUREUX INVESTISSEURS CHINOIS !
** Heureux investisseurs chinois ! Ils se ruent depuis deux ans vers la bourse comme les invités de la garden-party de l’Elysée sur les petits fours. Et les plus influents cadres du parti communiste les regardent spéculer avec ravissement : preuve est faite que le peuple chinois a conservé toute sa capacité de mobilisation… et démontré une nouvelle fois sa supériorité sur l’Occident en propulsant en moins d’un an la place de Shanghai de la sixième à la deuxième place mondiale en termes de chiffre d’affaire quotidien (derrière Wall Street et Londres en additionnant les compartiments "domestiques" et ceux où les transactions s’effectuent en dollars).
Ce 5 juin restera gravé dans la mémoire collective des actionnaires chinois comme la séance la plus volatile de la (courte) histoire de la bourse de Shanghai : une chute initiale de 7% de l’indice composite en milieu de matinée, laquelle fut suivie d’une envolée — d’un seul jet — de 10%, entre 3 404 et 3 768 points, cours de clôture.
L’indice du compartiment B, qui chutait de 7,5% au cours des premiers échanges, terminera la journée sur un gain spectaculaire de 9%. Cela alors que les autorités chinoises ont vigoureusement repris les choses en main, par le biais des nombreux leviers dont elles disposent (banques, caisses de retraite, fond de garantie de l’assurance-maladie…), prouvant de manière éclatante qu’en Chine, le concept de capitalisme "sous contrôle actif" n’est pas un vain mot.
Même si les investisseurs se sont fait un peu peur depuis le 30 mai dernier (Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la Banque de Chine, a obtenu l’alourdissement de la fiscalité boursière), l’Empire du Milieu peut se sentir fier de posséder le second marché financier le plus actif au monde : le chiffre d’affaire des bourses de Shanghai et de Shenzhen dépasse depuis trois jours celui de Tokyo et Hong Kong cumulés.
Londres est relégué loin derrière. Cette journée du mardi 5 juin se solde par une activité supérieure à la moitié des échanges observés la veille à Wall Street. Comment une telle masse d’argent peut-elle changer aussi facilement de mains ?
La plate-forme technique de transactions est manifestement très au point et n’a rien à envier –en termes de capacité de traitement des ordres — au Nasdaq ou à Euronext.
Mais aussi et surtout, il y a ce formidable réservoir d’épargne des ménages chinois, estimé désormais à 2 500 milliards de dollars. Les avoirs gérés par les fonds de placement chinois ont augmenté de 33%, à 150 milliards de dollars, rien qu’au cours au premier trimestre 2007 — et autant probablement au cours des seuls mois d’avril et mai. Plus de 20 millions de comptes ont été ouverts depuis le 1er janvier, et les Chinois n’ont d’autre choix que d’investir dans le compartiment A (marché domestique qui fonctionne uniquement en yuans).
Les actions chinoises traitées sur ce compartiment se payent entre 30 et 34 fois les bénéfices futurs (2007), c’est-à-dire deux fois plus cher que le PER médian sur le S&P 500…
** Ledit S&P 500 a d’ailleurs vécu hier une drôle de journée — non pas à cause des soubresauts de la Chine — mais parce que Ben Bernanke refait des siennes ! Eh oui : le chef de la Fed a eu l’outrecuidance d’annoncer que l’économie "devrait croître dans les mois à venir à un rythme modéré proche ou légèrement inférieur au taux d’expansion", dixit Investir.fr.
Ajoutons à cela une hausse surprise de l’activité dans le secteur des services — l’indice de l’Institute for Supply Management a grimpé à 59,7 le mois dernier contre 56 en avril et 55 attendus — et l’on a vu hier les investisseurs reprendre les bonnes vieilles habitudes : faire baisser les cours au moindre battement de cil de la Fed pouvant peut-être, éventuellement, potentiellement, vaguement indiquer qu’on ne touchera peut-être pas aux taux tout de suite.
Du coup, les marchés ont fini la séance d’hier en baisse : -0,77% pour notre CAC 40 national, qui est ainsi repassé sous les 6 100, à 6 078 points. Côté américain, le S&P 500 perdait 0,53%, à 1 530,96, accompagné par le Nasdaq qui clôturait en baisse de 0,27%, à 2 611,23 — alors que le Dow Jones n’en menait pas large non plus, abandonnant 0,59% à la clôture pour rejoindre les 13 595,54 points.
Le métal jaune en profitait pour grignoter quelques cents — 20 très exactement entre le premier et le second fixing de Londres, terminant la journée à 671,50 $ l’once. Le dollar, par contre, s’est ressenti de cette incertitude sur les taux : il a repassé la barre des 1,35 pour terminer mardi soir à 1,3523 pour un euro, contre 1,3491 la veille.
Ph. Béchade et F. Garteiser,
Paris
PS : Philippe Béchade vous donne rendez-vous dès 15h45 cet après-midi au 0899 707 009*, avec une analyse en profondeur de la séance en cours, le suivi de notre portefeuille, et une nouvelle recommandation.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Eric J. Fry vous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** UN SYSTEME MONETAIRE BASE SUR LES "CHOSES REELLES"
** "La Syrie devrait mettre fin à son lien avec le dollar", titrait Bloomberg cette semaine.
- Dix minutes avant, un titre apparemment sans rapport était tombé sur Bloomberg, déclarant que "les actions brésiliennes dépassent les 1 000 milliards de dollars alors que le rebond des métaux nourrit les profits".
- Hmmmm… ces titres sans rapport sont peut-être liés, en fait.
- La stature du dollar ne diminuerait pas en Syrie, par exemple, si le dollar en question n’était pas déjà en pleine érosion sur les marchés des matières premières… sur les marchés des changes… et sur les marchés boursiers. Partout où l’on regarde, on voit des billets verts en pleine déconfiture. Mais ce n’est pas en ces termes qu’on décrit le phénomène. Non, l’expression polie, pour la déconfiture du dollar, c’est un "marché haussier". Vous avez bien lu : un dollar faible, ce n’est que le côté pile d’un marché haussier de l’or, du pétrole et des valeurs du S&P 500.
- En termes de dollars, les matières premières grimpent en flèche depuis pas mal de temps, ce qui a représenté une aubaine directe pour les marchés financiers brésiliens, basés sur les ressources naturelles. "La bourse brésilienne", rapporte Bloomberg, "est devenue la première, en Amérique du Sud, à dépasser les 1 000 milliards de dollars après qu’une hausse record des prix des métaux a permis de doubler les profits des entreprises tout en soutenant l’ascension de la devise"…
** Pendant ce temps, au Moyen-Orient, les dernières manœuvres monétaires de la Syrie n’ont pas vraiment beaucoup d’importance dans l’ordre général des choses. Mais ce "coup de cimeterre dans l’eau" semble faire partie d’une évolution plus générale, et qui va en s’intensifiant. "En deux semaines, la Syrie est le second pays moyen-oriental à annoncer son intention de séparer sa monnaie du dollar", observait Bloomberg. "Le Koweït est passé à un panier de devises le 20 mai dernier [en lieu et place de son lien avec le dollar]".
- Les deux pays ont accusé leur lien avec le dollar d’aggraver leur inflation. Le taux d’inflation syrien a dépassé les 10% l’an dernier, par rapport à 7,2% en 2005. "La faiblesse du dollar nourrit l’inflation", déclare un analyste d’ING Bank à Londres. "Nous considérons que les Emirats Arabes Unis pourraient être les prochains à changer".
- L’annonce de la Syrie ne fait que formaliser une tendance bien établie, tant pour la banque centrale du pays que pour le reste du monde. Appelons cette tendance "l’aversion pour le dollar". En Syrie, la banque centrale avait déjà purgé ses réserves de change, remplaçant une partie de ses dollars par de l’or et des euros. Mais avec seulement quelques milliards de dollars de réserves, les machinations monétaires de la Syrie n’entameront guère le statut du billet vert.
- On ne peut pas en dire autant des voisins de la Syrie…
- "Les états du Golfe ont dépassé la Chine !" proclamait hier Chris Mayer, rédacteur en chef de la lettre Capital & Crisis. "Selon un nouveau rapport de l’Institute of International Finance, six états du Golfe persique possèdent désormais près de 1 600 milliards de dollars d’actifs étrangers — à côté desquels les 1 100 milliards de dollars de réserves étrangères de la Chine, pourtant considérables, font pâle figure".
- Ces états sont tous membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) ; il s’agit du Bahreïn, du Koweït, d’Oman, du Qatar, de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis.
- "Le tas de richesses grimpe au sein du CCG", observe Chris. "Avec la Chine et d’autres pays encore, le CCG consacre une part croissante de ces fonds à investir à l’étranger — dans des actions, de l’immobilier et des entreprises privées. Ce qu’ils achètent pourrait avoir un impact énorme sur les prix du marché — et sur vos investissements".
- Ce que ces pays VENDENT pourrait aussi avoir un impact énorme sur vos investissements… et sur la richesse des consommateurs américains. Parce que ce qu’ils vendent, ce sont des dollars. Ces pays riches de liquidités utilisent leurs piles de dollars pour acheter des ressources naturelles et des entreprises du secteur des ressources naturelles.
- Bienvenue dans un système monétaire basé sur les "choses réelles".
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** LA PREMIERE BULLE MONDIALE
** Le 20ème siècle a vu les premières Guerres mondiales — la première et la deuxième.
* Le 21ème siècle assiste à la première Bulle Mondiale. Quel marché n’est pas affecté par la folie actuelle ? Quelle grande entreprise n’a pas été prise à l’abordage par les corsaires du private equity ? Quel actif est tranquillement à l’abri des prix en ébullition… encore à des cours raisonnables ?
* Partout, de Baltimore à Bombay, les gens cherchent à s’enrichir de la pire des façons — en spéculant.
* Comme les Guerres mondiales, cette bulle est bien plus grande que celles des siècles précédents. Plus de gens sont impliqués. Plus d’actifs… plus d’argent… plus d’entreprises… plus de devises… plus de banques… plus de tout ! Et comme les Guerres mondiales, cette Bulle mondiale menace de causer bien plus de dégâts que tout ce qui l’a précédé.
Le Dow a atteint un nouveau record cette semaine.
** La starlette Paris Hilton n’est pas la seule à avoir maille à partir avec la loi ces derniers temps. Charles Taylor, descendant d’esclaves américains retournés au Liberia et diplômé de Boston, est jugé par la Cour Internationale de Justice de La Haye pour crimes contre l’humanité. Voyez-vous, cher lecteur, non seulement les Etats-Unis ne sont plus un refuge sûr pour les héritières aux mœurs dissolues, mais le monde n’est plus sans risques pour les dictateurs — à moins qu’ils ne soient dictateurs dans de grands pays. Taylor a commis un nombre incalculable d’atrocités durant son règne en Afrique de l’Ouest… et a laissé environ 300 000 morts sur son passage. La pendaison serait trop bonne pour lui. On devrait le forcer à regarder la télévision !
* Mais il faut lui reconnaître ce mérite : aucun homme n’a jamais mené campagne électorale plus honnête. Le journal Libération rapporte :
* "En 1997, Taylor, ancien chef du groupe rebelle Front National Patriotique du Liberia, a été élu président. Son slogan de campagne : ‘il a tué mon père. Il a tué ma mère. Je vote pour lui’."
* Taylor avait fait savoir que s’il perdait, il mettrait le pays à feu et à sang.
** Tant de sottises, si peu de temps. Nous avons du mal à tenir le rythme. Les Américains avec leur ridicule Guerre contre la Terreur… les Européens avec le Réchauffement Planétaire.
* Mais soyez certain que même si nous sommes sceptique quant à ces deux obsessions sordides, nous faisons notre devoir. Si nous voyons un homme ayant une jambe de bois suspecte, ou une grand’mère portant un sac de gâteaux étrange… nous appellerons la police. Et si nous voyons Paris Hilton, évadée, se promener dans les rues de Paris, en France — vous pouvez compter sur nous, cher lecteur, pour la remettre aux autorités.
* Dans le monde entier, les entreprise affichent leurs "références vertes" comme si elles ramenaient des prisonniers échappés. L’une passe aux véhicules électriques (comme si l’énergie provenant des centrales électriques était moins nocive que l’énergie d’un moteur à combustion). Une autre célèbre ses nouveaux bureaux "verts" à plusieurs milliards de dollars (oubliant de préciser qu’ils consomment en fait plus d’énergie… et non moins… que les anciens bureaux). Tout le monde vire écolo.
* Idem pour les bureaux de la Chronique de par le monde — que nous le voulions ou non. Votre correspondant prend les transports publics lorsqu’il se rend à son bureau de Londres. Notre assistante prend son vélo. D’autres viennent travailler à pied.
* A Paris, la ville met 26 000 bicyclettes à disposition de ses habitants. Il suffit de payer un forfait d’une cinquantaine d’euros, nous a-t-on dit : on peut ensuite prendre un vélo à l’un des nombreux stands dans la ville — et oublier de le rendre à un autre.
* Nous recyclons également du papier. Par piles entières. Nous éteignons les lumières la nuit. Et nous baissons le chauffage.
* La preuve de notre volonté écologiquement correcte n’est nulle part plus apparente que dans notre nouveau pied-à-terre, en Amérique du Sud. Notre ranch argentin est si vert que nous sommes quasiment le Géant Vert de l’édition financière. Là-bas, au pied des Andes, nous sommes 100% écolos (si l’on ignore les gaz nocifs émis pour fabriquer et installer notre système d’énergie solaire). De toute façon, nous n’avions pas le choix ; il n’y a pas de lignes électriques disponibles. Nous avons donc dû installer le chauffage solaire… l’électricité solaire… et nous alimenter en eau directement au torrent qui dévale la montagne. Ce qui prouve bien que l’écologie est toute relative. Nous pourrions parler durant des heures de nos références vertes… alors que le véritable impact environnemental — tel que mesuré par le coût du système — pourrait être en fait plus élevé que celui d’une maison moyenne dépendant du réseau normal.
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Le CAC 40 à 6 500 points… ou à 4 600 ?
Le pétrole à 45 $… ou à 80 $ ?
Economie mondiale en plein boom… ou krach globalisé ?
2007 pourrait être une année agitée : vos investissements sont-ils prêts à tout ?
Avec une performance moyenne de 92,34% depuis 1992… et des gains de 69,77%, 35,52%, 29,56%, 42,90% (entre autres) en 2006… voici le moyen d’affronter tout ce que l’avenir boursier peut nous réserver !
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*** La Chronique Agora présente ***
La Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil et les autres – tous font couler beaucoup d’encre, mais si on allait un peu voir ailleurs ? Simone Wapler explore l’investissement planétaire…
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L’AUSTRALIE, TERRE OUBLIEE DE LA SPECULATION
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Par Simone Wapler (*)
Le contexte d’euphorie générale incite toujours à la prudence. Dans un esprit de diversification, l’Australie présente une opportunité : bonnes perspectives de croissance dans un environnement relativement sûr. "Relativement" car les risques de forte consolidation, voire de krach, sont loin d’être écartés.
Et si la GAF venait de Chine ? La Grande Apocalypse Financière, dont le spectre est régulièrement évoqué au sein des publications Agora, pourrait-elle venir d’Asie et non pas des Etats-Unis ?
La plupart du temps, les scénarios classiques envisagés pour la GAF se déroulent selon le script suivant : subitement le dollar apparaîtra dans toute sa faiblesse, tel qu’il est réellement. Le monde entier perdra confiance dans la monnaie fiduciaire de la première puissance mondiale, laminée par un déficit record mondial absolu. Tout s’effondrera et le krach de 1929 paraîtra en comparaison une petite secousse. Le catalyseur de la réaction de la GAF sera peut-être la bulle immobilière, ou une prise de conscience de l’inflation, ou encore un autre événement en apparence mineur.
Mais subitement, le graphique de la Bourse de Shanghai m’a fait entrevoir un autre scénario possible de GAF. Plantons tout d’abord le décor, un peu moins familier que celui des USA. Figurez-vous que dans la République Populaire, qui se réclame du communisme, les conditions de travail des ouvriers sont plus proches de celles décrites par Zola que de celles de notre vénéré modèle-social-français. Très schématiquement, sur une échelle de confort social où la France serait à 20, l’Angleterre et les USA à 0 et Zola à -20, on pourrait situer la Chine à -10.
Mais la masse laborieuse chinoise possède un espoir d’amélioration de ses conditions de vie : l’actionnariat. Les camarades travailleurs font donc la queue (de nuit) pour souscrire à des introductions en bourse. Comme jusqu’à présent ils sont toujours gagnants, ils en veulent toujours plus. La Chine est droguée à l’actionnariat salarié. Le gouvernement multiplie en vain les mises en garde.
Résultat : l’indice de Shanghai, parti de 1 200 points en janvier 2006, a dépassé les 4 000. De mars à ce jour, l’indice s’est apprécié de 33%. Une belle bulle (une de plus) qui devra éclater un jour.
Maintenant, imaginons ce qui pourrait se passer si les camarades actionnaires voient les fruits de leur travail assidu et de leurs pauvres économies subitement s’évaporer. Des émeutes éclateraient, que le gouvernement saurait mater avec tout le tact qu’on lui connaît (voir Tien An Men). Adieu croissance chinoise à deux chiffres, et croissance mondiale tout court. A nouveau, 1929 paraîtra en comparaison une petite secousse.
Mais pourquoi s’imaginer ces scénarios apocalyptiques ? Eh bien… juste pour ne pas se trouver pris de court, remettre en perspective la récente envolée de tous les indices boursiers de par le monde, prendre un peu de recul par rapport aux tableaux dorés présentés par ailleurs.
En antidote à ce scénario apocalyptique, voici les dernières bonnes nouvelles de Chine. Les dernières statistiques semblent indiquer que la croissance sur un an serait de 11%. Il n’y aurait pas de surchauffe puisque, parallèlement, l’excédent commercial se maintient et que l’inflation est limitée à 2,5%. Mais le Parti souhaite désormais limiter la croissance à 8% et l’organiser de façon durable. Priorité est donc donnée à la consommation domestique et à la réduction des exportations.
Des ponctions fiscales, qui diminueront le niveau d’épargne, seront utilisées pour des dépenses sociales. Egalement annoncée, une lutte contre la pollution. Le Parti souhaite par ces mesures rendre l’économie moins dépendante de la riche clientèle étrangère. Espérons seulement que ce scénario idyllique se produira avant l’éclatement de la bulle de Shanghai.
Au vu de l’évolution des différentes places mondiales, les endroits qui allient de bonnes possibilités de croissance (supérieures à celles de la zone euro) et une relative sécurité deviennent de plus en plus rares. Mais l’Australie mérite qu’on s’y attarde.
L’Australie en quelques chiffres
Le pays connaît une croissance tranquille et continue au rythme de 4/5% par an depuis 14 ans. La monnaie est forte et l’endettement très faible. Le tissu économique est une trame à deux fils : les services et l’exploitation des matières premières (avec une importante activité minière centrée sur les métaux).
L’industrie est peu présente et c’est souvent le reproche fait à ce pays : se limiter à l’échange de matières premières avec ses industrieux voisins asiatiques. L’indice bousier national reflète assez fidèlement cette répartition : la minière BHP Billiton en est le poids lourd, viennent ensuite pas moins de quatre banques.
Acheter un tracker de l’indice australien revient à acquérir pour deux tiers des entreprises impliquées dans la banque et l’immobilier local et pour le tiers restant des minières. Le PER moyen des entreprises de la cote est de 15 (donc un peu élevé), mais le rendement moyen est de 5%.
Les points faibles : la productivité décline légèrement du fait d’un code de travail estimé trop rigide (à l’aune anglo-saxonne), mais le gouvernement actuel entreprend des réformes. L’immobilier décline mais s’oriente vers un "atterrissage en douceur" selon la formule consacrée.
Les points forts : une bonne exposition aux métaux, un pays oublié par les investisseurs focalisés sur la Chine, l’Inde et le Brésil, une sous-pondération des fonds spéculatifs.
Meilleures salutations,
Simone Wapler
Pour la Chronique Agora
(*) Simone Wapler est analyste, journaliste et ingénieur de formation. Elle a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux, Les Echos, Chart’s… Spécialisée dans les valeurs industrielles, les matières premières, les énergies, l’or, les minières Simone Wapler est passionnée par les investissements "tangibles". Elle analyse chaque mois le secteur aurifère et les marchés étrangers dans la lettre d’investissement Vos Finances – La Lettre du Patrimoine et elle intervient régulièrement dans l’Edito Matières Premières ou dans différents rapports d’investissements.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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