==========================
LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Jeudi 03 août 2006
=============================
*** Erreur de manipulation du joystick financier ?
Les investisseurs confondent jeu vidéo et marchés financiers…
*** L’argent gratuit ne fait jamais tapisserie
Steve Sjuggerud fait un état des lieux de l’immobilier en Floride…
*** Vague de chaleur
Les Etats-Unis ont chaud… et les étincelles volent entre Bill Bonner et son fils
*** Le principe d’inégalité
Dans une économie libre et sans entraves, le court terme représente une période de réajustement aux changements des conditions de marché.
—————————
Bonjour,
*** ERREUR DE MANIPULATION DU JOYSTICK FINANCIER ?
** Il n’était guère compliqué d’expliquer mardi soir la consolidation des indices boursiers du fait de statistiques américaines potentiellement inflationnistes, d’un net renchérissement des cours de l’or noir, de résultats commerciaux calamiteux dans le secteur automobile aux Etats-Unis pour juillet. Cependant, nous sommes une nouvelle fois contraint de reconnaître que les marchés font preuve d’une remarquable aptitude à se saisir du moindre prétexte favorable pour rebondir de façon spectaculaire.
Une hausse de +1,6% à Paris (et de +1,53% de l’Euro-Stoxx 50) hier nous en administre une nouvelle preuve après les rushs du 19 et du 28 juillet. Les pertes des deux précédentes séances ont été presque intégralement effacées de ce côté-ci de l’Atlantique, tandis que le rebond semble beaucoup plus laborieux du côté de Wall Street.
La surperformance des valeurs européennes n’est pas un phénomène nouveau : le CAC 40 affiche +6,6% depuis le 1er janvier contre -5,4% pour le Nasdaq. Malgré tout, nous ne décelons aucun signe précurseur d’un changement de stratégie de la part des investisseurs qui se déterminent en fonction d’une vision planétaire des flux macro-économiques.
Le sursaut indiciel de mercredi est unanimement attribué à l’impact euphorisant de résultats trimestriels supérieurs aux estimations. On peut citer Danone (+4,4% grâce à une forte croissance en Asie), BNP Paribas (+4,2% avec une contribution positive de l’ensemble des métiers de la banque et un accessit pour les dérivés), puis Lafarge (+3,6% après la cession au printemps de l’activité Toiture, jugée moins rentable).
Nous observons cependant que Danone ou BNP Paribas venaient de chuter de 3% en 48 heures, ce qui invite à relativiser les performances époustouflantes du jour. Il n’en demeure pas moins que l’enthousiasme des analystes et des gérants est réel, ce qui induit une extrapolation des profits du 1er semestre à l’ensemble de l’année 2006.
** Une projection de la courbe de progression des bénéfices — de type exponentiel — ne se conçoit que dans le cadre d’une croissance mondiale soutenue, où le ralentissement de l’activité aux Etats-Unis (rythme divisé par plus de deux au second trimestre) serait jugé quantité négligeable.
Nous avons du mal à souscrire à un tel scénario, car si la Chine sert actuellement de locomotive avec un PIB de 11% (supérieur à 20% dans le secteur immobilier ou automobile), elle le doit essentiellement à la masse de ses exportations vers les Etats-Unis, pour satisfaire une demande maintenue en survie artificielle par une offre illimitée — quantitativement — de crédit à la consommation.
L’argent est certes de plus en plus cher mais il reste surabondant. Dès lors, rien ne dissuade les ménages américains de s’enferrer plus profondément dans le piège de la dette ; de toutes façons, le prix de l’essence à la pompe ou le plein de la cuve de fioul, les frais médicaux, la hausse de la fiscalité immobilière locale (eh oui… il faut bien compenser l’absence d’impôts sur les dividendes perçus par les Américains les plus riches) ne leur laissent pas le choix.
Les marchés vivent également à crédit, mais ils n’ont plus connu de fins de mois difficiles depuis octobre 1998, ni, en fait, depuis le milieu des années 80 : pourquoi changeraient-ils leurs habitudes ? La Fed a toujours trouvé une parade lorsque les gérants se trouvaient momentanément privés de munitions.
Et nous voyons se confirmer depuis une semaine ce scénario merveilleux que nous vous avons déjà décrit par le menu au cours des deux dernières années de flambée des prix de l’énergie. Les banques centrales n’ont même plus à se donner la peine d’éponger ou d’injecter des liquidités dans le système financier planétaire, puisque ce sont les pays producteurs de gaz ou de pétrole qui s’en chargent. Plus le baril est cher, plus les pétrodollars sont abondants, plus les actions apparaissent bon marché, surtout si elles sont libellées en euros.
** Voilà une devise qui n’est pas susceptible de se désintégrer en cas d’éclatement de la bulle immobilière ou d’une vague de défaillance sans précédents d’emprunteurs privés — qui sait sur quel genre de correction conjoncturelle peut déboucher la contraction mécanique de 10% (ou plus) d’un taux d’endettement moyen de 136% aux USA ?
Le yen a également tendance à se raffermir depuis fin juillet face au billet vert alors que la Banque Centrale chinoise évoque une évolution plus " libre " de sa devise pour se mettre en conformité avec les exigences du système monétaire international.
Le yuan progresse maintenant au-delà des 7,98 pour un dollar. Cependant, la variation annuelle demeure symbolique, et n’équivaut même pas à celle observée sur la parité euro/dollar au cours des seules dernières 48 heures, suite à la publication de chiffres d’activité et d’inflation supérieurs aux attentes et aux normes de "confort" fixées par la Fed.
L’Asie c’est loin, et il est difficile d’évaluer précisément ce qui s’y passe. Le Proche-Orient se situe aux portes de l’Europe, les journaux télévisés ne ratent pratiquement pas un bombardement ou un tir de roquette… mais les investisseurs ne se montrent pas plus impressionnés ni inquiets que s’il s’agissait d’un inoffensif jeu de guerre en réseau sur une console vidéo.
Notre sentiment est qu’il en est de la guerre au Liban comme du problème de la dette aux Etats-Unis. Les gérants agissent comme si, pour échapper à toute difficulté et à toute conséquence fâcheuse d’une erreur de manipulation du joystick financier, il suffisait d’éteindre la console de jeu dès qu’un bug apparaît, d’en retirer le CD-rom… et d’en installer un autre avant d’entamer une nouvelle partie comme si de rien n’était.
Mais dans la vraie vie, le joystick ne se contente pas de vibrer : la console elle-même est susceptible d’exploser.
Philippe Béchade,
Paris
PS : Les marchés financiers ont peut-être perdu tout contact avec la réalité… mais vous n’êtes pas obligé de les suivre. Pour des conseils boursiers sensés, téléphonez au 0899 707 009 : Philippe Béchade vous y livre ses analyses et ses recommandations pour garder le cap en toutes circonstances.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
—————————– (publ.)
Investir pour le long terme, c’est bien… mais dans certaines circonstances, c’est encore le court terme le plus performant — jugez plutôt :
1 740,11% de gains cumulés au total sur le premier semestre 2006…
Des gains de +50%… +69,77%… +67,86… +88,10% depuis début mai 2006… et des plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%… engrangées durant la première partie du 1er semestre 2006 !
Continuez votre lecture pour en savoir plus…
—————————
Steve Sjuggerud nous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** L’ARGENT GRATUIT NE FAIT JAMAIS TAPISSERIE
** L’argent gratuit ne fait jamais tapisserie. Il faut acheter ce que personne d’autre n’achète, pour obtenir cet argent gratuit. Mais d’une manière ou d’une autre, les gens de la côte de Floride, où je vis, ne pensent pas que cela s’applique à eux…
- Si par hasard vous aviez l’intention d’acquérir de l’immobilier en Floride, méfiez-vous ! "Impossible de se tromper avec l’immobilier, par ici", vous dira-t-on quasi à l’unanimité.
- Cependant, en tant qu’investisseur professionnel, je sais que chaque fois que j’entends "impossible de se tromper avec XYZ", le marché haussier de "XYZ" prend fin.
Pour lire la suite, cliquez ici…
—————————
Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Ouzilly
*** VAGUE DE CHALEUR
** Les Etats-Unis meurent de chaud. Il fait plus de 40° sur la côte Est, selon les journaux. Les autorités locales se mobilisent pour essayer d’empêcher les gens de cuire. On dit même que Boston a un système d’appels téléphoniques automatiques conseillant aux gens de vérifier comment vont leurs voisins. Et voilà comment même l’esprit de voisinage a été vidé de toute signification dans le monde moderne, réduit à un message téléphonique provenant d’une machine.
* Nous nous rappelons les nouvelles provenant de Louisiane juste après les inondations. Six semaines après les événements, un homme a finalement décidé de prendre des nouvelles de sa propre mère. Il s’avéra qu’elle était exactement là où il l’avait laissée — dans sa chambre. Mais elle était moins bavarde. Moins chaleureuse et amicale. Moins énergique. Elle était morte depuis cinq semaines au moins. Dommage que la Nouvelle-Orléans n’ait pas pensé à ce système d’appels automatiques.
- On dit que la chaleur met tout à l’épreuve : l’énergie, les nerfs et l’argent. Nous pensons que tout est déjà soumis à rude épreuve. Les derniers chiffres montrent que les dépenses de consommation américaines grimpent encore, mais à peine.
- Pendant ce temps, l’inflation — même selon les mesures de la Fed — est à son plus haut niveau en quatre ans. Si nous avons raison, la hausse des prix et des paiements immobiliers — les paiements minimums sont désormais environ 50% plus élevés qu’ils ne l’étaient il y a un an de cela — forcent les consommateurs à réduire leurs dépenses. Les dépenses de consommation représentent deux tiers de l’économie américaine, si bien que tout recul des consommateurs engendre un ralentissement économique. Hausse des prix + ralentissement de l’économie = stagflation.
* Si vous voulez lutter contre la stagflation, vous avez le choix : vous pouvez lutter contre la stag- ou contre la -flation… mais pas les deux à la fois. Pour éliminer la stag-, il faut des taux de paiement plus bas ; la -flation se nourrit d’eux. Pour tuer la -flation, il faut des taux plus élevés… mais ces taux plus élevés rendent la stag- plus vertigineuse encore. Tout est clair, cher lecteur ?
* Peu importe. L’idée principale, c’est qu’il faut lutter contre l’une, puis contre l’autre. Et celle qu’il faut éliminer en premier, c’est l’inflation. Pour lutter contre la stag-, il faudra une sorte de stimulant. Mais ce stimulant ne fonctionnera pas tant que les gens s’attendent à ce qu’il augmente les prix. Les tours de passe-passe des banques centrales ne marchent que par fraude. Lorsque les gens comprennent le truc, la magie disparaît.
* La Fed doit donc s’attaquer à l’inflation. Voilà pourquoi Ben Bernanke augmente les taux ; il sait qu’il doit contrôler l’inflation, sans quoi il ne peut lutter contre la déflation. Les taux courts ont déjà été augmentés de 450 points — la plus grande hausse en 40 ans. La -flation est-elle battue ? Pas si l’on en croit les journaux.
* Mais nous ferons une supposition additionnelle : la Fed ne peut continuer le combat contre l’inflation — même si elle n’a pas encore gagné. Parce que la stag’ est vertigineuse. Les genoux du consommateur marginal flageolent. Il sent déjà les flammes. La sueur perle à son front. Ses mains tremblent. Qu’on augmente les taux une fois encore, et il tombera à plat ventre. Les hausses de taux sont terminées.
** C’est le plein été à Ouzilly. Cela n’a rien à voir avec l’argent, mais en été, nous nous permettons des commentaires un peu plus légers sur les choses qui comptent vraiment.
* Nous sommes revenu de Vancouver cette semaine. Maria est rentrée de son stage de théâtre en Italie lundi. Jules et Henry sont revenus de Paris le week-end dernier. Edward était déjà sur place, jouant avec son cousin et les quatre enfants d’un ami des Etats-Unis.
* A dîner hier soir, une féministe démocrate new-yorkaise était assise à côté d’un fondamentaliste chrétien — et, bien entendu, il y avait toute notre famille, où chacun a son point de vue sur la manière dont les choses devraient être faites. Notre ami fondamentaliste a dit le bénédicité ; notre amie libérale a eu l’air embarrassé — ou méprisant, comme si elle était venue à une exposition d’art moderne… pour se retrouver dans une secte.
* Nous encourageons toujours les gens à nous rendre visite en août. C’est le seul mois où l’on peut compter sur notre présence dans un endroit précis, avec un peu de temps libre pour accueillir les visiteurs. Mais le groupe est si vaste, en général, qu’il nous faut de l’aide à la cuisine. Cette année, nous avons passé une annonce, et nous sommes retrouvés avec une femme originaire d’Alabama, Carol. Plutôt que de la cuisine française typique, nous mangeons du gruau d’avoine, des biscuits et des beignets de tomates vertes — que nous faisons passer grâce à des flots de Gaillac bon marché.
* Hier, Carol a trouvé des pieds de porc dans le congélateur, et les a cuisinés pour le dîner.
* "Beeeeerk"… a-t-on protesté.
* Mais Carol s’est rattrapée avec le dessert — un quatre-quarts moelleux. "Hmmm"… a-t-on approuvé.
* Nous redécouvrons donc la cuisine américaine. Et nous nous redécouvrons mutuellement.
* "Joue-nous quelque chose, Jules", a demandé Elizabeth après le dîner. Nous nous sommes souvenu du jour où Jules a chanté en solo à la messe, alors qu’il avait huit ans. Sa voix était si pure, si parfaite et si juste que les paroissiens en avaient les larmes aux yeux. A présent, à 18 ans, sa voix n’a plus le timbre de celle d’un enfant de chœur, mais elle est toujours juste. Cette fois-ci, il a chanté "Hallelujah", de Leonard Cohen, en s’accompagnant à la guitare. A nouveau, nous avions tous les yeux humides à la fin de la chanson.
* Les enfants ont tous la capacité de réduire leurs parents aux larmes, mais Jules est plus doué que la majorité, en la matière.
* Jules ne pense pas devoir travailler en été.
* "Pourquoi est-ce que je devrais le faire ? Papa veut toujours que je l’aide sur ses propres projets, comme ce mur de pierres. Mais il pourrait parfaitement embaucher quelqu’un d’autre pour le faire. C’est juste une forme d’égotisme, que de faire faire aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent. Ce n’est pas une nécessité pour la famille. On n’a pas besoin de ce mur. Je m’en fiche, s’il n’est jamais construit. En plus, il pourrait certainement payer un professionnel pour le faire. Je ne suis plus un enfant, et on ne devrait plus me forcer à faire ce genre de choses".
* "Non, Jules", avons-nous répondu. "Nous ne pensons pas non plus que tu doives être forcé de le faire. Nous pensons que tu devrais le faire parce que tu veux aider".
* "Mais je ne veux pas aider"…
—————————– (publ.)
COMMENT INVESTIR AUJOURD’HUI ?
Eh bien… nous n’avons pas de recette miracle, mais…
… que pensez-vous d’un système qui dépasse les 24% de croissance annuelle moyenne depuis 2003… en accumulant des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%… et bien d’autres encore !
—————————
*** La Chronique Agora présente ***
Fin de l’essai du Dr Hans Sennholz sur l’économie de marché libre et les principes d’égalité… ou d’inégalité qui la régissent.
============
LE PRINCIPE D’INEGALITE — 3ème PARTIE
============
Par le Dr Hans Sennholz
Dans une économie libre et sans entraves, le court terme représente une période de réajustement aux changements des conditions de marché. Les entrepreneurs et les investisseurs réagissent rapidement afin de maximiser leurs profits. Lorsque les législateurs et les régulateurs, pour une raison ou pour une autre, érigent des barrières, ils retardent de toute évidence ces réajustements ; la productivité de la main d’œuvre et les taux salariaux peuvent stagner, voire décliner.
La législation et les réglementations peuvent transformer une économie de marché libre en une économie de commande, avec des revenus et des structures de classe rigides. Les dépenses déficitaires massives peuvent provoquer un tel état de fait. Actuellement, le gouvernement fédéral américain enregistre des déficits budgétaires se montant à des centaines de milliards de dollars, financés volontiers par la Réserve fédérale. Bien entendu, la Fed n’achète pas directement de nouvelles reconnaissances de dette du Trésor — elle permet simplement aux institutions financières américaines et étrangères d’en acheter.
L’extraordinaire expansion de devises et de crédit a provoqué des déficits commerciaux phénoménaux — 618 milliards de dollars en 2004, 700 milliards environ en 2005, et probablement plus encore en 2006. Dans tout autre pays, une telle situation ne tarderait pas à provoquer un effondrement de la devise nationale, mettant ainsi fin rapidement aux déficits. Mais le dollar américain est la première devise de réserve au monde, ce qui convainc bon nombre de créditeurs de s’accrocher à leurs dollars ou d’investir dans des obligations libellées en dollars. Selon certaines estimations, les banques et les investisseurs étrangers détiennent environ 9 000 milliards de dollars d’actifs papiers. Ils détiennent à peu près 43% des bons du Trésor US, 25% des obligations d’entreprises américaines, et 12% des titres boursiers des entreprises. Les détentions de liquidités en dollars ainsi que les obligations du Trésor US ne sont de toute évidence pas des investissements dans des opérations économiques, comme les actions, obligations et notes d’entreprises, qui augmenteraient la productivité de la main d’œuvre et les taux de salaires.
Il ne fait aucun doute que de nombreux Américains ne sont pas satisfaits de l’inégalité croissante dans les salaires individuels et la richesse. Ils sont guidés par des motifs et des croyances simples dans l’égalité entre les hommes, dont les théologiens, les philosophes et les hommes d’état débattent depuis la nuit des temps. Thomas Jefferson a affirmé dans la Déclaration d’indépendance américaine : "nous tenons ces vérités pour évidentes ; que tous les hommes sont créés égaux, que leur Créateur les a dotés de certains Droit inaliénables, parmi lesquels la Vie, la Liberté et la poursuite du bonheur". Peu importe comment l’on interprète cette déclaration, elle ne parle pas d’égalité de revenus et de richesse. Au contraire, elle parle de "droits inaliénables" dans la "poursuite du bonheur", qui comprend sans aucun doute le droit à la quête des revenus et de la richesse.
Lorsque Thomas Jefferson a écrit la Déclaration, le Congrès de l’époque n’avait que peu d’argent — et guère de moyens d’en obtenir d’avantage. La situation financière était plutôt précaire. La Congrès a ensuite autorisé de nombreuses émissions de dollars-papier, et les états ont suivi le mouvement, émettant leur propre monnaie. A la fin de la Guerre de Sécession, tous ces dollars ne valaient plus rien. La situation actuelle diffère bien entendu significativement de celle de la Révolution américaine, mais elle lui ressemble également sous de nombreux aspects importants. A l’époque comme maintenant, les autorités politiques ont allègrement émis des dollars-papier qui ont perdu un peu plus de leur valeur chaque jour. Les déséquilibres économiques générés par ces émissions ont créé d’innombrables opportunités pour les entrepreneurs bien informés d’effectuer les réajustements nécessaires. Tandis que la productivité de la main d’œuvre et les revenus ont stagné, voire décliné, les opportunités et les profits des entreprises ont en fait grimpé en flèche.
L’ordre ancien change toujours, cédant la place au nouveau ; mais de nombreux changements économiques ne font que refléter les variations dans la politique monétaire et leurs conséquences incontournables.
Meilleures salutations,
Hans Sennholz
Pour la Chronique Agora
(*) Le Dr Hans Sennholz est président emeritus de la Foundation for Economic Education (FEE – http://www.fee.org ) à Irvington, dans l’état de New York. Ses essais et articles ont été publiés dans plus de 36 journaux et magazines allemands, et 500 autres ont été lus par le public américain. Le Dr Sennholz est également l’auteur de 17 livres sur la Grande dépression, l’or, les banques centrales et les politiques monétaires.
==========================================
(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
——————————————————–
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
==========================================



Laissez un commentaire