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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 13 juin 2007
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*** Menace carnivore, tortillas et rouleaux de printemps
L’inflation chinoise risque d’avoir des effets inattendus sur votre alimentation
*** L’année du cochon d’or
Cet étrange animal a beaucoup à voir avec la Chine et le dollar US…
*** Prométhée et les investisseurs
Bill Bonner se penche sur les véritables activités de l’industrie de la finance
*** Le Koweït brise ses liens (2)
La Chine chine au-delà du dollar…
—————————– (publ.)
Vous voulez…
… générer des profits en quelques jours — quoi que fassent les marchés.
… diversifier vos investissements et stimuler votre portefeuille à un point que vous n’imaginez sans doute pas.
… engranger des gains alors même que d’autres investisseurs perdent leur chemise.
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Bonjour,
*** MENACE CARNIVORE, TORTILLAS ET ROULEAUX DE PRINTEMPS
** Les valeurs françaises ont échappé de peu à un retour vers la case départ, puisque le CAC 40 abandonnait 0,95% à une heure de la clôture. Malgré une petite rafale de rachats (nous n’osons plus écrire "à bon compte") exécutés en toute fin de séance par les vendeurs à découvert — lesquels ont pu surfer sur un pic de volatilité en milieu de matinée –, l’indice national n’est pas parvenu à se redresser au-dessus des 5 900 points.
La tension des taux courts et longs s’est de nouveau imposée comme principal motif de préoccupation au fil des heures, bien que cette journée de mardi n’ait donné lieu à aucune publication de statistiques outre-Atlantique. Le rendement des T-Bonds US à 10 ans, principale référence internationale pour les détenteurs d’euros ou de dollars, s’est envolé de 0,07% à 5,22% — tandis que celui du 30 ans s’installait au-dessus des 5,30%.
En Europe, même absence de motif et même punition : le Bund effectuait une incursion au-dessus des 4,60%. Les investisseurs semblent travailler sur l’hypothèse d’un triple relèvement du taux directeur de la BCE au cours des 12 prochains mois, alors que l’objectif des 4% avant la pause estivale semblait "le bout du monde" en début d’année.
Le dollar profite d’un nouveau surcroît (inattendu) de rémunération pour déborder le plafond des 1,3325/euro. Cela libère un nouveau potentiel de hausse théorique en direction des 1,32/euro à très court terme — voire des 1,3120/euro, un objectif prédéterminé par la projection mécanique de l’écart entre les bornes de la dernière oscillation du billet vert entre 1,34 et 1,3680.
La livre sterling caracole également au-delà des 1,4820/euro alors que Mervyn King, gouverneur de la Banque centrale britannique, évoque la nécessité de contrer l’expansion galopante de la masse monétaire outre-Manche (bientôt un loyer de l’argent à 6% ?) et les pressions inflationnistes.
** Ces dernières s’inscrivaient certes en recul au mois de mai… mais à 3% : cela reste très supérieur à l’objectif officiel des 2% qui apparaît depuis longtemps irréalisable — tout du moins tant que les prix de l’immobilier continueront de flamber à un rythme voisin de 33%/an dans le centre de Londres, et même de 45% dans un périmètre de deux kilomètres autour des quartiers situés au sud-ouest de la City.
Certains de nos amis londoniens viennent de revendre au mois de mars quelques appartements situés entre Kensington et Belgravia. Ils ont pu acheter — à prix du mètre carré identique — une maison à Monaco avec vue sur le palais princier : ils gagnent ainsi quelques degrés supplémentaires à la mauvaise saison… et quelques tracas fiscaux en moins, compte tenu de l’explosion des impôts locaux dans la capitale britannique.
Ce dérapage est imputable au financement des futures infrastructures olympiques pour les jeux de 2012 : le logo officiel des futures olympiades, dévoilé mardi dernier, a été élu par les internautes à 83% comme "le plus laid de l’histoire". De quoi mettre encore plus en confiance les Chinois, ne serait-ce que sur le plan esthétique, à un an des Jeux de Pékin.
** Mais il est également un domaine ou la Chine bat un record olympique — ce qui est loin de réjouir la communauté financière : celui de l’inflation, laquelle atteindrait officiellement 3,4%. Selon certaines sources, cependant, la réalité se situerait plutôt autour de 5%.
La hausse des prix à la consommation en Chine bat un record vieux de 27 mois. Elle dépasse largement l’objectif des 3% affiché par la Banque Centrale ; ce sont les produits alimentaires (oeufs, viandes, produits oléagineux) qui enregistrent une véritable flambée (+25% en moyenne), avec l’évolution rapide des habitudes alimentaires des classes moyennes et supérieures résidant en milieu urbain. A ce propos, le coût de la construction explose également, du fait de la pénurie de matériaux et de délais d’achèvement serrés, liés aux Jeux Olympiques une fois encore.
Si nous entrons un peu dans le détail du contenu de l’assiette des habitants de Pékin, de Shenzhen ou de Shanghai, c’est parce que les économistes redoutent une contagion aux autres produits manufacturés, destinés eux à l’Occident : rendez-vous compte, en devenant carnivores, les Chinois risquent de dévorer tout cru les marges des entreprises exportatrices. Tremblons !
Il y aurait donc de quoi couper l’appétit aux investisseurs ? Dans ce climat de fringale de consommation de produits alimentaires "haut de gamme" dans l’Empire du Milieu, le Livre Beige de la Fed publié ce mercredi soir puis les statistiques d’inflation américaines (prix à la production, prix de détail) publiées jeudi et vendredi sont attendus avec une évidente appréhension.
Vous croyez ce phénomène anecdotique ? Demandez leur avis aux consommateurs mexicains ! La fièvre de l’éthanol a fait flamber — de nombreux articles et reportages télévisés s’en sont fait l’écho — le prix du maïs et des tortillas (ou de leurs dérivés), qui demeurent l’une des bases de l’alimentation dans de nombreux pays d’Amérique Latine.
Comme tout est lié dans une économie globalisée, le maïs et le tourteau de soja atteignent des cours record, car ces produits servent également de base à l’alimentation animale.
Et plus la demande de viande chinoise augmente, plus le prix des céréales explose comme du pop corn… Cela explique peut-être les tarifs exorbitants pratiqués dans nos salles de cinéma pour un pot de 100 grammes : le pétale de maïs soufflé est désormais vendu au prix de la morille séchée !
Pour faire face à l’inflation importée de Chine (et amortir la hausse des taux qui risque d’en découler), il faudra bientôt que nous envisagions très sérieusement, afin de sauvegarder notre pouvoir d’achat, d’adopter le bol de riz pour notre alimentation quotidienne et les rouleaux de printemps le week-end — agrémentés tout de mêmes de quelques petits bouts de morilles déshydratées les jours de fêtes, car nous restons avant tout un pays de gourmets !
Philippe Béchade,
Paris
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Nos spécialistes vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street
*** L’ANNEE DU COCHON D’OR
** L’affinité culturelle traditionnelle de la Chine pour l’or — bien compréhensible au vu de l’histoire mouvementée du pays — a été restreinte par Mao and co. durant 52 ans, jusqu’à la libéralisation de la propriété de l’or en 2001. Depuis, la demande d’investissement chinoise pour l’or grimpe régulièrement.
- Elle pourrait bien s’accélérer notablement cette année, grâce aux inquiétudes concernant la chute du dollar… et grâce à un cochon. Selon le calendrier chinois, 2007 est "l’Année du Cochon d’Or", qui ne se présente qu’une fois tous les 60 ans. Cette année est bénie entre toutes — et pourrait servir à stimuler la demande d’or.
- L’année chinoise a commencé le 18 février 2007, mais avant même que les premiers pétards n’aient éclaté, on a pu constater une reprise des ventes d’or chinoises. En 2006, selon la China Gold Association, la consommation d’or a grimpé de 17% dans ce pays.
- Ajoutez un cochon d’or à tout ça, et les choses deviennent bien plus intéressantes.
- "L’année du ‘Cochon d’Or’ a un impact fort en Chine [cette année]", affirme le World Gold Council, "stimulant plus encore une croissance déjà vigoureuse… La demande des consommateurs au premier trimestre était 31% plus élevée, en termes de tonnes, qu’un an auparavant". Le Shanghai Gold Exchange — la seule plate-forme d’échange de métaux précieux en Chine — a noté un volume de transactions aurifères de près de 130 000 kg en janvier, une hausse de 73% par rapport à la même période l’année précédente.
- Les investisseurs aurifères ne peuvent ignorer la signification à long terme des 700 milliards de billets verts encombrant désormais les réserves officielles de la Chine. Rien qu’en 2006, les Chinois ont subi environ 3,4 milliards de dollars de pertes de change à cause de la faiblesse du dollar. Cette somme peut sembler ridicule au regard des 700 milliards, mais elle pourrait également servir d’avertissement clair pour des pertes bien plus considérables à venir… ou au moins des pertes que les Chinois aimeraient éviter.
** Se diversifier hors du dollar US, pour privilégier un panier d’actifs bien plus variés — comprenant des matières tangibles comme l’or — est donc devenu une priorité pour la Chine. Mais pourtant, malgré qu’elle ait annoncé l’an dernier la création d’une nouvelle organisation gouvernementale de gestion d’investissement, dont le but principal est de contrôler ses gigantesques réserves, les Chinois ne semblent guère pressés de se diversifier. Cependant, les apparences peuvent être trompeuses.
- Récemment, les Chinois se sont livrés à un petit sketch soigneusement organisé, dont le but était de rassurer la communauté financière mondiale sur le fait qu’ils n’allaient pas déséquilibrer le système mondial en tentant de diversifier leurs réserves. Le spectacle a commencé lorsque Wen Jiabao, le premier ministre chinois, a assuré aux marchés, lors d’une conférence de presse, que le nouveau régime d’investissement de la Chine "n’aurait pas d’impact sur les actifs libellés en dollars".
- Ce premier acte a été suivi, quelques heures plus tard, par la Banque centrale de Chine, qui a levé le rideau sur un rapport selon lequel elle ne ferait pas "d’ajustements majeurs fréquents sur la structure de [ses] réserves en réponse aux mouvements des marchés".
- Les Chinois pourraient-ils être en train de se mettre en quatre pour rassurer des marchés crédules quant au fait qu’ils ne se débarrasseraient pas de leurs dollars — tout en se débarrassant d’autant de billets verts que possible avant que les investisseurs ne se rendent compte de quoi que ce soit ? C’est certainement dans le domaine du possible. En fait, si l’on regarde les choses au travers du prisme de dirigeants pour qui le mensonge est un outil politique officiel depuis plus d’un demi-siècle, cela devient largement probable.
- Tout cela est rendu encore plus apparent par l’investissement fait par la Chine de 3,3 milliards de dollars dans Blackstone, la société de private equity américaine. Vous pouvez être certain que leur stratégie d’investissement ne se limite pas aux bons du Trésor US [et nous vous en disons plus à ce sujet ci-dessous].
- La croissance rapide de la demande d’or chinoise contribue à une tendance mondiale manifeste. "La demande mondiale d’or a atteint 17,4 milliards de dollars au premier trimestre 2007", rapporte le World Gold Council, "plus du double du niveau atteint il y a quatre ans de cela — et 22% plus élevé, en termes de dollars, qu’au premier trimestre 2006".
- Grâce aux nouveaux ETF aux Etats-Unis, à Londres et ailleurs, les investisseurs individuels ont désormais un moyen simple d’acquérir et de détenir de l’or en tant qu’investissement. Ajoutez dans la balance la hausse de la demande provenant d’une Asie en plein boom — et la possibilité très réelle que le dollar US a bel et bien vécu — et l’on a tous les facteurs nécessaires pour voir l’or grimper bien plus haut qu’il n’est à présent.
- Jusqu’à quel point ? C’est impossible à dire — mais il vaut la peine de noter que sur une base ajustée à l’inflation, l’or devrait grimper jusqu’à 2 276 $ simplement pour revenir à son précédent sommet de 850 $.
- La manière dont vous jouerez le développement du marché de l’or dépendra de votre psychologie et de votre tempérament… avec des choix allant du métal "pur" du côté le plus conservateur à l’effet de levier extrême des futures du côté le plus téméraire. Quelle que soit l’approche que vous choisissez, cependant, assurez-vous de ne pas hésiter au point de manquer le coche.
- L’Age d’Or est arrivé.
[NDLR : ... Et pour vous aider à en profiter, retrouvez tous les mois Simone Wapler dans Vos Finances - La Lettre du Patrimoine : avec des analyses affûtées, des conseils concrets et des recommandations profitables consacrés exclusivement au métal jaune, vous aurez tous les outils nécessaires pour exploiter la hausse de l'or. Pour en savoir plus, continuez votre lecture...]
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** PROMETHEE ET LES INVESTISSEURS
** Vanité, vanité… tout est vanité.
* La vanité est probablement responsable d’un plus grand nombre de catastrophes que n’importe quel autre défaut.
* Les tragédies grecques suivent quasiment toujours la même intrigue. Poussé par une sorte de vanité, un homme défie les dieux. Il est ensuite remis à sa place… en général de manière horrible ou terrifiante. Prométhée, qui a volé le feu aux dieux pour le donner aux humains, a été enchaîné au Mont Olympe, où les aigles venaient lui dévorer le foie. Et comme si cela ne suffisait pas, le pauvre guérissait miraculeusement toutes les nuits… de sorte que les rapaces pouvaient revenir le lendemain, puis le lendemain encore, pour l’éternité.
* Les problèmes de l’Irak résultent eux aussi en grande partie de la vanité. Les néo-conservateurs avaient des plans pour la planète. Inutile de demander son avis au reste du monde, cependant : ils savaient ce qu’il y avait à faire. De toute façon, quoi que disent les étrangers, ils savaient qu’au plus profond d’eux-mêmes, ils se languissaient de ressembler à des Américains. Tout ce que les Etats-Unis avaient à faire, c’était de prendre Bagdad ; les enfants feraient la queue pour avoir des bonbons… pendant que les adultes se mettraient en rang d’oignons pour voter et obtenir des cartes de crédit. Et voilà que l’armée américaine se retrouve pieds et poings liés en Irak… où les terroristes et les marchandes d’armes lui dévorent les entrailles.
** La vanité cause des problèmes aux investisseurs aussi.
* "On constate un record de ventes d’initiés aux Etats-Unis depuis 2000. On voit aussi un record de rachats et de fusions. La moitié de rachats d’entreprises concernent des sociétés qui ne sont pas profitables ! Vous le saviez ?" demande un commentateur.
* Pour obtenir confirmation, nous nous tournons vers le International Herald Tribune, qui nous donne plus de détails sur l’introduction en bourse des actions Blackstone. L’article note que les fondateurs de la société de private equity, Stephen Schwarzman et Peter Peterson, s’adjugeront 2,3 milliards de dollars sur les 4,7 milliards générés par l’opération. Peterson prend sa retraite. Il a gagné 213 millions de dollars l’an dernier. Les 1,88 milliards de dollars qu’il obtiendra en vendant sa part de Blackstone lui permettront d’arrondir sa pension…
* Faisons une petite pause pour reprendre notre souffle. Nous levons la tête pour nous émerveiller devant la vanité monumentale… la scandaleuse arrogance… de ces nouveaux venus : les investisseurs individuels qui achètent les actions Blackstone.
* Vous vous rappellerez, cher lecteur, que tous les investisseurs ont besoin d’une certaine dose d’arrogance. M. le Marché fixe un prix — qui tient compte de tout ce que l’on sait sur un actif donné. Personne ne connaît l’avenir, bien entendu, mais M. le Marché a un million d’yeux… et voit tout ce qu’il y a à voir. Dans ses cours, il intègre l’avenir tel qu’il l’envisage, ainsi que le passé.
* Puis arrive un investisseur de Seattle, de Séville ou de Strasbourg, qui se dit : "je pense que M. le Marché s’est trompé dans ses calculs. Cette action est plus chère qu’il le croit. Elle va grimper".
* Quelle audace ! Quel culot ! Quelle arrogance ! L’investisseur fait un pari remarquable — selon lequel il est plus intelligent que tout le secteur de l’investissement.
* Maintenant, pensez aux malheureux qui achètent les actions Blackstone. Pensez au gouvernement chinois. Lorsqu’il s’agit de capitalisme, les Chinois sont nés d’hier ; ils sont encore tout roses et tout tendres. Dans les rues de Shanghai, M. et Mme Tout-le-Monde, fraîchement débarqués de leur campagne, font la queue pour ouvrir des comptes-titres. Et dans les salles de réunion de la Banque Populaire de Chine, les bébés-ronds-de-cuir — tout jeunots — veillant sur l’argent des gens ont décidé d’acheter les actions Blackstone !
* Bien entendu, la Chine est un cas à part. Les milliards dépensés par les Chinois sur Blackstone ne sont que de l’argent de poche. Il leur en reste encore des milliers de milliards. Ils peuvent les faire passer en coûts de formation — un investissement nécessaire pour apprendre comment les marchés fonctionnent.
* Mais les autres investisseurs jouent simplement à faire semblant. L’argent de l’introduction en bourse ne sera pas utilisé pour développer l’entreprise et la rendre plus profitable. Au lieu de cela, il ira directement dans les poches des gens qui en savent le plus long. En fait, nous apprenions hier que l’entreprise devrait probablement déclarer des pertes durant plusieurs années — à cause du coût de l’introduction en bourse. Les investisseurs qui choisissent les actions Blackstone parient donc non seulement qu’ils sont plus intelligent que le marché tout entier — mais qu’ils sont aussi plus rusés que les lieutenants les plus futés de M. le Marché. Schwarzman et Peterson ont lancé leur société avec 400 000 $. Vingt ans et près de 200 accords plus tard, elle en vaut 32 milliards. Comment un investisseur individuel ordinaire peut-il espérer prendre une longueur d’avance sur ce duo dynamique ?
* Enfin… nous lui souhaitons bonne chance.
** Le véritable problème, c’est que la plupart des investisseurs se méprennent totalement sur les activités du secteur financier. Un boulanger échange son pain contre de l’argent ; mais qu’échange un financier ? Son expertise en matière d’argent. S’il vous vend une valeur, il doit penser qu’il peut gagner plus en vous la vendant qu’en la détenant. Son offre de vente doit être mesurée par rapport au poids de ses capacités professionnelles. Plus son expertise est lourde, plus son offre est suspecte. Plus votre conseiller financier est capable, en d’autres termes, plus vous devriez vous montrer prudent lorsque vous suivez ses conseils.
* Le travail des financiers consiste principalement à vendre les choses qu’ils ne veulent pas détenir. Les fondateurs de Blackstone ont gardé leurs parts pendant de nombreuses années, alors que leur société atteignait des sommet stupéfiants. A présent, ils vendent. Tirez vos propres conclusions, cher lecteur.
* La nôtre, c’est que le secteur de la finance gagne son argent en se débarrassant, auprès des investisseurs individuels, d’investissements qu’ils ont déshabillés de plus près que Pamela Anderson dans sa dernière vidéo.
* Les actifs sont pressés, désossés, transformés, surévalués, affichés, vantés — puis écoulés à des prix au rabais. Souvent, les professionnels gardent la meilleure partie hors du marché, se la réservant jusqu’à ce que les initiés choisissent le moment, l’endroit et la méthode qui leur permettra de balancer tout ça au public pour un maximum de profits.
* En d’autres termes, l’industrie financière ne créée pas de richesse ; elle la redistribue — la prenant aux investisseurs pour se l’attribuer. Et en plein milieu de la Grande Bulle Mondiale, les affaires n’ont jamais mieux marché.
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*** La Chronique Agora présente ***
Après les manœuvres monétaires du Conseil de Coopération du Golfe, David Galland s’intéresse de près aux intentions de la Chine vis-à-vis du dollar…
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LE KOWEIT BRISE SES LIENS — 2ème PARTIE
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Par David Galland (*)
Lorsqu’elle a annoncé l’an dernier qu’elle formait une nouvelle agence destinée à l’aider à mieux gérer ses réserves étrangères, la Chine s’est donné beaucoup de mal pour assurer aux marchés qu’elle ne le faisait pas dans le but de se débarrasser de ses dollars. Mais le 18 mai dernier, elle a annoncé qu’elle allait investir 3,3 milliards de dollars dans Blackstone, groupe de private equity.
Vous pouvez être certain d’une chose : chez Blackstone, on fera tout ce qu’on pourra pour plaire à ce nouveau partenaire au portefeuille inépuisable. Et ce dernier ne sera guère impressionné si on ne fait qu’acheter des actions américaines qui doivent ensuite lutter contre le courant d’un dollar qui se déprécie.
Selon nous, ce n’est là que le début d’une stratégie bien plus large, qui consistera globalement à échanger les bons du Trésor US contre toutes sortes d’autres investissements… un panier d’actions internationales, des dépôts de ressources naturelles partout dans le monde… en gros, tout ce qui offre la perspective d’un rendement plus élevé avec un risque de change plus bas.
Ou — s’il faut absolument prendre le risque de change — les revenus potentiels devront compenser ces risques. Un rendement de 4,5% sur un T-bond avec un risque de 10%, 20% ou même 30% sur le dollar ne nous semble pas très sensé. Et probablement que cela ne semble pas beaucoup plus raisonnable aux yeux des Chinois.
Tout cela présente des implications très intéressantes. Par exemple : si les Chinois ralentissent leurs achats de bons du Trésor US pour privilégier d’autres classes d’actifs, qui se présentera pour prendre leur place ?
Bien entendu, avec le bon taux d’intérêt, bien plus élevé que celui d’aujourd’hui, il y aura quelqu’un. Mais il ne faut pas oublier toute cette histoire d’effondrement de la bulle immobilière.
Les Etats-Unis sont toujours pris au piège dans leur dilemme, solidement coincés entre le marteau et l’enclume. Augmenter les taux d’intérêt pour empêcher une vaste fuite hors du dollar, qui coulerait l’économie… ou baisser les taux d’intérêt pour maintenir l’économie US à flot — et condamner le dollar ?
A moins qu’ils ne continuent simplement à imprimer de l’argent comme si de rien n’était, dévaluant régulièrement les 6 000 milliards de dollars détenus par les étrangers, en espérant que personne ne s’apercevra de rien.
Il y a des moments où, comme aujourd’hui, n’importe quel observateur raisonnablement astucieux peut regarder à l’horizon et voir ce qui arrive. Une crise monétaire se dirige vers nous — de plus en plus vite, selon nous.
L’or — et, pour donner un peu de peps à votre portefeuille, les actions aurifères — ne sont plus une option mais bien une prérogative, même pour investisseurs conservateurs.
Et en attendant, surveillez de près les commentaires des hautes autorités gouvernementales sur leurs intentions vis-à-vis du dollar…
Meilleures salutations,
David Galland
Pour la Chronique Agora
(*) David Galland est rédacteur en chef de Big Gold, une nouvelle publication de Casey Research dont l’objectif est d’aider les investisseurs à profiter du marché haussier des métaux précieux — grâce entre autres choses à un portefeuille de petites et grandes valeurs dans le secteur aurifère.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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