La terreur est votre amie

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Jeudi 08 juin 2006
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*** Et si la Fed ne dictait plus sa volonté aux évènements ?
Voilà que les marchés n’apprécieraient guère…

*** La terreur est votre amie
C’est en tout cas ce qu’affirment Doug Casey et… Hésiode.

*** Une plus grande dépression (1)
Et elle est probablement inévitable. Doug Casey nous en dit plus…

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Bonjour,

*** ET SI LA FED NE DICTAIT PLUS SA VOLONTE AUX EVENEMENTS ?

** Nous avions annoncé un peu prématurément mardi que la séance du 7 juin constituerait un tournant majeur pour les marchés. Ce sera peut être le cas… mais à l’issue d’une séance indécise, où le CAC 40 ne reprend que 0,56% sur les 2,4% perdus la veille, nous sommes bien en peine de déterminer sur quelle nouvelle pente s’engagent les indices boursiers.

Les places européennes ont repris 0,9% en moyenne, Paris étant à la traîne. C’est bien insuffisant pour valider l’hypothèse d’un rebond (+2,5% à +3% dans un premier temps, juste de quoi s’en aller refermer les gaps indiciels de la séance de mardi à l’ouverture). Cela diffère peut-être la cassure collective des supports moyen terme à Wall Street (11 000 points pour le Dow Jones, 2 160 points sur le Nasdaq) ou en Europe (4 800 sur le CAC 40, 5 500 points sur le DAX, 3 540 sur l’Euro-Stoxx 50)… mais si les marchés asiatiques font bien office de précurseurs, la chute de 1,8% du Nikkei, revenu au contact des 15 000 points ce mercredi, soit 6,3% de pertes annuelles cumulées, invite à profiter de tout rebond technique pour s’alléger.

Quand une reprise ponctuelle enraye une phase de consolidation moyen terme, les opérateurs ont tendance à privilégier les valeurs les plus volatiles à la hausse, puis celles dont les cours leur apparaissent absurdement sous évalués. Rien de tel hier, puisque les valeurs du SBF 80 terminaient en repli de 0,12%.

Les rares achats quelque peu substantiels n’ont profité qu’aux titres faisant l’objet de rumeurs d’OPA (Suez, Vivendi, Arcelor), ou qui s’apprêtent à modifier leur périmètre via une acquisition stratégique comme L’Oréal ou Pernod tout récemment, ou une cession, à l’image de France Télécom qui s’apprête à mettre en vente sa filiale Pages Jaunes pour un montant compris entre 3,2 et 3,4 milliards d’euros.

Les investisseurs ont donc pris le minimum de risques, et développent actuellement le même genre de stratégies d’acquisitions ciblées que nous prônons sans relâche depuis la mi-mars. Une attitude prudente que nous comprenons, à la veille de la réunion de la BCE : une hausse de 25 points de base du "repo" à 2,75% est considérée comme acquise.

Certains opérateurs s’étaient mis à redouter un tour de vis de +50 points de base ce jeudi, mais ils se sont ravisés. Ce serait un coup de massue anti-inflationniste dont la croissance ne se remettrait pas, et qui susciterait des critiques pour une fois plus acerbes que les nôtres à l’encontre de la politique monétaire de la BCE — aussi bien de la part des banquiers (non centraux !) que des entreprises puis des leaders politiques.

** Aux Etats-Unis, les taux se retendent un peu (5,05% sur le 2016), mais pas suffisamment pour confirmer l’anticipation d’une 17ème hausse du prime rate à 5,25% d’ici une quinzaine de jours. Les tous derniers propos de Ben Bernanke, confirmés par ceux de William Poole mardi, plaident pourtant en faveur d’un nouveau renchérissement du loyer de l’argent. Et si cela ne suffisait pas, Jack Guynn, gouverneur de la Fed d’Atlanta, a affirmé que la tâche de la Fed consistait à "ajuster en permanence les perspectives monétaires au gré de la parution des différents indicateurs et des informations ponctuelles : il faut se tenir prêt à repenser le cadre des décisions si les conditions économique viennent à évoluer".

Voilà une stratégie qui semble frappée du sceau du bon sens… et qui constitue typiquement ce à quoi les investisseurs américains se montrent allergiques. Ainsi, ce n’est plus la Fed qui entend marquer de son empreinte le cours des évènements (et dans le sens qu’anticipent les marchés)… mais bien les évènements qui déterminent — sans qu’il soit possible d’anticiper dans quel sens — les ajustements monétaires adéquats.

Pour que nul ne s’illusionne sur l’épicentre des préoccupations de Ben Bernanke et de ses principaux lieutenants, Jack Guynn précise que le taux d’inflation hors éléments volatils (le fameux core rate) a déjà passé les limites de l’acceptable aux yeux de la Fed. Hors énergie, les prix progresseraient en mai à un rythme voisin de +2,3%, en légère décélération par rapport au mois d’avril ; il ne s’agit que d’estimations, et nous redoutons que la surprise ne soit mauvaise, compte tenu du cours moyen du baril de pétrole et du gaz le mois dernier.

Les marchés n’apprécient guère les hausses de taux lorsqu’elles ne semblent plus s’imposer… mais ils ont par dessus tout horreur de manquer de repères et de devoir travailler avec des scénarios économiques qui flottent au gré des vaguelettes dessinées par les courbes de l’inflation et des créations d’emplois. La "non possibilité" de choix stratégiques fermes et définitifs se solde toujours par la même option de la part des investisseurs : gagner la porte de sortie la plus proche — autrement dit, profiter du premier semblant de rebond des indices boursiers pour solder les portefeuilles.

Philippe Béchade,
Paris

PS : Que nous réserve la séance d’aujourd’hui — et surtout, comment vous positionner ? Retrouver tous les conseils et analyses de Philippe Béchade au 0899 707 009*…
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Dans les moments d’incertitude boursière…
IL EST PLUS SUR DE REVENIR AUX SOURCES !

Voici par exemple un principe d’investissement quasi-enfantin… mais qui vous aurait permis de doubler votre mise en six mois

Pour savoir comment, continuez votre lecture…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** LA TERREUR EST VOTRE AMIE

** "Faites de la terreur votre amie", a déclaré notre vieil ami Doug Casey. Doug veut dire par là que vous devriez mettre de votre côté les choses dont le prix va probablement grimper dans un monde inquiété par la terreur. L’or, par exemple.

* Mais cette citation a un autre sens, plus profond.

* "Il y a plus d’une sorte de lutte", écrivait Hésiode en 700 av. J.C. environ. Il y en a deux, explique-t-il. La première est destructrice ; les guerres, la cruauté, "celle qu’aucun homme n’aime", déclare Hésiode. Mais l’autre forme de lutte pousse les humains à agir. "Même un homme riche se hâte de labourer et semer et mettre sa maison en ordre… cette lutte est saine pour l’homme". Le truc, c’est de faire de la lutte votre amie, la laisser stimuler votre corps et votre cerveau à de nouveaux efforts et de meilleures idées.

** Pendant ce temps, un autre vieil ami, Jim Rogers, était en ville hier. Nous l’avons retrouvé dans un pub à Knightsbridge.

* "Eh bien, Jim, que penses-tu de l’économie mondiale ?"

* "Je ne sais pas, mais je fais en sorte que ma petite fille apprenne le chinois."

* Jim est trois fois célèbre pour avoir fait de la lutte son amie. D’abord, il a été partenaire de George Soros dans l’un des fonds de couverture les plus prospères, le fonds Quantum. Il est également célèbre pour avoir retiré ses billes assez tôt. A 37 ans, il a pris sa retraite et a fait le tour du monde à moto — puis il a écrit un livre, "L’aventurier capitaliste". Et plus récemment, il est devenu célèbre pour avoir eu raison au sujet des matières premières. "Le prochain truc, c’est les choses", a-t-il commencé à dire en 1999. A cette époque, personne ne voulait des "choses". On vivait alors les derniers jours du boom des dot.com, lorsqu’on tenait tout pour acquis, et qu’on pensait que les luttes avaient disparu.

* Mais cette Nouvelle Ere prit fin, et les gens ne tardèrent pas à vouloir des choses à nouveau. Les Chinois fabriquaient plus de produits que jamais. Mais il leur fallait des choses avec lesquelles les fabriquer. Dans toute l’Asie, les gens commençaient à avoir assez d’argent pour acheter ces choses. Et en Occident, les gens aimaient tant les choses qu’ils hypothéquèrent leurs maisons pour en acheter.

* Le prix des choses que les Asiatiques fabriquent est resté stable, en majeure partie, parce qu’ils peuvent les fabriquer en plus grands volumes, à des coûts de main d’oeuvre plus bas. Mais le prix des choses que les gens utilisent pour fabriquer des choses a grimpé en flèche. Lorsque personne ne se souciait du pétrole, du gaz ou du coton, personne ne s’est donné la peine de creuser de nouvelles mines, de forer de nouveaux puits ou de planter de nouveaux champs. Maintenant que la demande grimpe significativement, il faut du temps pour que la production rattrape son retard. C’est le modèle classique d’une hausse des prix.

* "Les matières premières sont notoirement, incroyablement, traîtreusement cycliques", nous rappelons-nous avoir entendu d’un autre ami, Rick Rule. "Elles sont bien plus cycliques que toute autre chose sur les marchés, et bien plus cycliques que le croit l’investisseur moyen. Il observe une grande augmentation du prix du cuivre, et pense que le moment est venu d’acheter les actions de mines de cuivre."

* Ce qu’il ne réalise pas, c’est que le moment d’acheter cette valeur, c’était lorsque le prix du cuivre était bas — non à son sommet. Le moment d’acheter des mines, c’est lorsqu’elles ne gagnent pas d’argent, et non lorsqu’elles sont prospères. Lorsque la masse des investisseurs arrive sur le marché des ressources naturelles, on peut être certain que le cycle est prêt à s’inverser.

** Nous en étions à notre troisième verre de shiraz au Tattersall Pub (un petit établissement confortable, au sol jonché de saletés) lorsque nous en sommes arrivés à la question cruciale : où en sommes-nous dans le cycle ?

* Le pétrole est déjà passé de 10 $ à 72 $. L’argent a triplé. Rien qu’en 2006, le cuivre a pratiquement doublé. Puis est arrivé ce que Jim appelle une "consolidation". D’autres appelleraient cela un effondrement. L’argent a baissé de 20%. L’or a perdu 100 $. Le cuivre a lui aussi baissé de près de 20%.

* Est-ce que cela signifie que c’est terminé ? Est-ce trop tard pour acheter de l’argent et autres matières premières ? Nous laissons la parole à Jim :

* "Si l’on regarde les précédents marchés haussiers des matières premières, le plus court a duré 15 ans, et le plus long 23 ans. L’actuel commençait tout juste en 1999. Nous n’en sommes qu’à un tiers du chemin."

* "Ce n’est pas exactement comme un boom des dot.com. On peut créer une société dot.com en 20 minutes environ. Mais il faut longtemps pour fonder et faire fonctionner une mine de cuivre. Si les gens pensent que le prix du cuivre va baisser, ils doivent penser que l’offre va grimper. J’aimerais savoir d’où va provenir tout ce nouveau cuivre. Où sont les mines ? Où est le minerai ? Où est le pétrole ? Personne ne peut me donner de réponse. Alors qu’est-ce qui va faire baisser les prix ?"

* "Et lorsqu’on observe les prix actuels ajustés à l’inflation, toutes ces choses sont encore bon marché. L’argent est encore 75% plus bas que son sommet historique. Et après les deux dernières semaines, il est 20% moins cher encore."

* "Mais si vous voulez vraiment gagner de l’argent, il faut investir dans l’alimentaire. Les matières premières agricoles sont moins chères que les minéraux. Le sucre est 80% plus bas que son sommet historique. Le maïs est 60% plus bas — idem pour le coton. Ces cinq dernières années, le monde a consommé plus de nourriture qu’il n’en a produit. Pour autant que je sache, cela ne s’est encore jamais produit de toute l’histoire humaine. Et la surface de terrain utilisée pour cultiver ces choses — le blé, par exemple — décline depuis 30 ans. Si les gens pensent que ces prix sont à la baisse, je voudrais savoir où ils pensent obtenir plus de nourriture."

* "Non, ce marché haussier a encore une longue route à parcourir. Et en chemin, nous subirons une sécheresse — comme cela a été le cas dans les années 60 et 70 — et l’on verra ensuite certains de ces prix vraiment décoller. Cela s’est produit dans les années 60 et 70, où le prix du sucre a été multiplié par 47 en huit ans."

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Consterné par les manœuvres en tous genres qui faussent les marchés ?
Exaspéré par l’absence totale de transparence dans la gestion de vos actifs ?
Effaré par le manque d’indépendance de certains conseillers financiers ?

Eh bien… voici votre antidote personnel à l’industrie financière !

Un antidote qui aurait pu vous rapporter des gains cumulés de 165% en 2005…
Pour en savoir plus…

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*** La Chronique Agora présente ***

A quoi ressemblerait une deuxième Grande récession ? Doug Casey, de la lettre International Speculator, nous donne son avis sur la question…

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UNE PLUS GRANDE DEPRESSION — 1ère PARTIE
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Par Doug Casey (*)

On a dit que si vous passez 15 minutes par an à réfléchir à l’économie, vous en gâchez 13. C’est généralement vrai. Mais en tant qu’historien amateur, je ne peux m’en empêcher. Et je suis forcé de croire que nous sommes à une époque où le sujet vaut la peine qu’on s’y attarde.

Selon moi, la tendance la plus longue, et sans aucun doute la plus importante, de l’histoire est l’ascension de l’homme. Je ne doute guère qu’elle va continuer, et même accélérer. Mais cela ne signifie pas qu’on ne verra pas de revers cuisants en chemin. La meilleure définition d’une dépression est peut-être la suivante : une période où le niveau de vie des gens baisse de manière significative. On peut également la définir comme une période où les distorsions de l’économie et les mauvaises allocations de capitaux sont liquidées. Les distorsions sont quasiment toujours le résultat d’interventions gouvernementales dans l’économie, par le biais de facteurs comme les impôts, la législation et l’inflation de la devise.

Ce sont-là les facteurs qui ont provoqué les maux commencés en 1929. Dans la mesure où le gouvernement est bien plus puissant et invasif aujourd’hui qu’il ne l’était dans les années 20 ou 70, je pense que les conséquences seront bien pires cette fois. Les choses auraient pu s’effondrer — et l’ont presque fait — dans les années 70. Je ne vois pas comment nous réussirons à éviter les balles cette fois-ci. Même si cela n’est pas vraiment une bonne analogie, dans le sens où, pour des raisons que nous n’avons pas le temps d’explorer ici, une dépression est probablement inévitable cette fois-ci.

La seule question sérieuse que je me pose est de savoir si la récession sera de nature essentiellement déflationniste, comme c’était le cas aux Etats-Unis dans les années 30, ou inflationniste, comme en Allemagne dans les années 20. Ma préférence va à la seconde solution, parce que le gouvernement est bien plus puissant aujourd’hui. Ou bien ce pourrait être les deux à la fois, dans différents secteurs de l’économie.

Comment ?

L’inflation pourrait faire grimper les taux d’intérêt à 20%. Cela provoquerait l’effondrement des marchés actions et obligations, effaçant des milliers de milliards de dollars de pouvoir d’achat — ce qui est déflationniste. Parallèlement, cette même inflation double le prix de la nourriture et du carburant. En d’autres termes, il s’agirait du contraire de ce que nous avons vécu depuis une génération, où nous avons vu une "bonne" inflation dans les actions, les obligations et l’immobilier, mais des prix stables ou en baisse dans les éléments du "coût de la vie". Cette fois-ci, le schéma pourrait s’inverser, ce qui serait un cauchemar pour la plupart des gens.

Les gens se concentreraient alors sur la spéculation, dans une tentative assez futile d’échapper au chaos financier — cependant, cela ne ferait que détourner les efforts de la production économique. Ce qui diminuerait plus encore le niveau de vie général.

Cette situation empire encore avec le fait que nous sommes peut-être en train de vivre le début d’un déclin séculaire de la production pétrolière mondiale. Ou le fait que les Américains, tant individuellement que collectivement, sont profondément endettés, et vivent de la bonté des étrangers. Le problème, avec la dette, c’est qu’elle augmente artificiellement le niveau de vie. Mais lorsqu’on la rembourse — surtout avec des intérêts — elle réduit le niveau de vie… de manière tout à fait réelle.

La suite dès demain…

Meilleures salutations,

Doug Casey,
Pour la Chronique Agora

(*) Voilà 25 ans que Doug Casey, rédacteur de la lettre International Speculator, cherche — et trouve — d’incroyables opportunités d’investissement dans le monde entier. M. Casey est l’auteur des best-sellers Crisis Investing et Crisis Investing for the rest of the 90′. C’est également l’un des correspondants les plus fidèles du Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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