La tendance est votre amie

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Lundi 22 mai 2006
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*** Un peu de tourisme
Pas moyen d’oublier les marchés, ne serait-ce qu’un week-end…

*** La tendance est votre amie
Et plus particulièrement celle de l’or…

*** Sic transit gloria bulli
Les booms engendrent la demande, qui engendre l’offre, qui engendre les surplus, qui…

*** Le glorieux empire de dette américain (1)
Prenez quelques minutes pour admirer le plus grand édifice de dette jamais érigé…

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Comment ça, vous ne connaissez pas encore notre Banquier Central ?

Une erreur à réparer rapidement… parce qu’il aurait pu vous permettre de cumuler 320% de gains en 2005 !

Pour savoir comment, c’est par ici…

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Bonjour,

*** UN PEU DE TOURISME

** J’avais décidé le week-end dernier de m’isoler des vicissitudes des marchés en passant la journée à Bruges.

Hélas… les marchés n’ont pas mis longtemps à me rattraper.

Entre un canal et une cathédrale, le Guide du Routard m’apprenait en effet qu’"en 1150, Philippe d’Alsace, comte de Flandres, accorde des privilèges à la cité… Bruges se trouve à la tête du commerce avec l’Angleterre et la Baltique. Elle est administrée par des marchands prospères qui organisent leur propre justice. Le libre-échange et le capitalisme naissent dans dans cette cité avec la fondation du premier marché des changes : la bourse est née (du nom de Van dent Beurs, aubergiste et courtier spécialisé dans la conversion monétaire)".

Grâce à cette ouverture au commerce, Bruges connut ainsi jusqu’en 1482 une période de prospérité qui en fit une des villes les plus riches d’Europe — richesse qui s’est aussi appliquée aux arts et à l’architecture.

Mais Bill Bonner vous le dirait… la chute succède immanquablement à l’ascension. Et Bruges ne fait pas exception : sa bonne étoile s’éteignit brutalement en 1482, avec la mort de la Grace Kelly de l’époque, Marie de Bourgogne. S’ensuivit une période de troubles politiques et sociaux, puis un long et lent déclin qui a duré des siècles. A quelque chose malheur est bon — puisque, emmitouflée dans sa léthargie telle la Belle au Bois Dormant dans son bosquet d’épines, la ville est restée à l’abri du temps… pour le plus grand bonheur des touristes aujourd’hui.

Et je me demande si les flâneurs du 3ème millénaire admireront eux aussi les rues désertes de Wall Street en commentant les splendeurs des siècles passés…

** En attendant, les marchés ne se rendent pas sans combattre. Ils ont terminé la semaine dernière sur une hausse quasi-unanime, grâce à l’absence totale de chiffres économiques vendredi et aux bonnes nouvelles provenant des entreprises.

Le CAC 40 a ainsi pu rattraper un peu sa dégringolade, terminant en hausse de 0,73% — toujours sous les 5 000, cependant, à 4 944 points. A Londres, le Footsie a moins bien tenu, perdant 0,25%, tandis que son homologue allemand, le Dax, grignotait 0,11%.

De l’autre côté de la mare, chez l’Oncle Sam, l’humeur était aussi à la convalescence — après deux semaines particulièrement éprouvantes qui ont fait reculer les indices de plus de 4%. Le Dow Jones a ainsi gagné 0,14%, à 11 144,06. Le Nasdaq, lui, a grimpé de 0,41% pour terminer à 2 193,88 points, et le S&P 500 a mené la danse, avec une hausse de 0,59% qui lui a permis de rejoindre les 1 267,03 points.

Les investisseurs pansent leurs plaies… mais on ne peut pas dire que la guérison soit complète. On attend des déclarations de Ben Bernanke cette semaine, et tout dépendra de sa capacité à embrouiller ses contemporains avec la même aisance innée que son prédécesseur.

** La relative vigueur des marchés vendredi a tout de même profité au dollar, qui a ainsi pu terminer la séance en hausse. L’euro est passé sous les 1,28, à 1,2773 $.

Quant à l’or, il a été victime d’une soudaine attaque — il a perdu pas moins de 30,5 $ au second fixing de Londres ! Revoilà l’once à 651,50 $ : l’occasion ou jamais de renforcer vos positions, si l’on en croit Doug Casey, ci-dessous.

L’or noir a lui aussi terminé la semaine en baisse, avec un baril de WTI à 68,53 $ à New York.

** Et nous terminerons avec les dernières nouvelles de la santé française : l’Insee a annoncé que le PIB hexagonal a grimpé de 0,5% au premier trimestre 2006 — mieux que le quatrième trimestre 2005 et ses 0,3%… mais moins bien que les 0,6% prévus par le consensus.

Françoise Garteiser,
Paris

PS : Philippe Béchade a déposé ce matin un flash spécial sur notre ligne audiotel, au 0899 707 009* — il est encore temps de le découvrir et d’appliquer la stratégie recommandée…
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Doug Casey nous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** LA TENDANCE EST VOTRE AMIE

** Sommes-nous réellement dans un marché haussier historique des métaux précieux ? Si l’or a dépassé les 700 $, est-ce que les choses sont allées trop loin et trop vite ?

- Pour répondre à la première question, je soulignerais que les marchés haussiers et baissiers se succèdent aussi sûrement qu’une inspiration suit une expiration. Et lorsqu’on respire, plus on retient son souffle… plus l’inspiration qui suit se fait urgente et profonde. Les matières premières en général et les métaux précieux en particulier ont subi un profond marché baissier qui a duré toute une génération. L’or a chuté de plus de 800 $ en 1980 à 256 $ en 2001 ; l’argent est passé de 50 $ à 4 $. Ce sont là des marchés baissiers terriblement profonds et longs. Mais ils ont été pires encore que ce qu’il semblait, parce que le dollar perdait environ deux tiers de sa valeur dans le même temps.

- La crise financière de la fin des années 70 a poussé le métal à ces hauteurs. Nous sommes désormais confrontés à une autre crise ; une crise en comparaison de laquelle les problèmes de 1970 ne seront rien, et qui provoquera certainement une dépression pire que celle qui s’est produite dans les années 30. Avec tant de difficultés à venir, il y a de bonnes raisons de croire que les métaux dépasseront leurs anciens sommets — ce qui, en dollars actuels, signifie plus de 2 000 $. Je répète ce que je dis depuis des années : cette fois-ci, l’or ne fait pas que grimper en flèche — il va dépasser la lune.

- Il y a d’autres raisons. Le marché baissier ayant été long et grave, il y a eu relativement peu d’exploration pour de nouveaux dépôts, non seulement de métaux précieux, mais de tous les métaux — cuivre, nickel, zinc, etc. Pendant ce temps, la consommation a régulièrement grimpé dans le monde entier, mais surtout en Chine et désormais en Inde.

- En plus de ça, la plupart des régions du monde ont été assez explorées. Comme avec le pétrole, les dépôts faciles à trouver, riches et en surface, ont été vidés. Ce qui reste, ce sont des dépôts profonds ou de mauvaise qualité, dans des endroits difficiles d’accès. Et même après qu’on ait trouvé un dépôt, le processus administratif est long et cher.

- En un mot, le monde vit sur ses réserves depuis bien longtemps.

- Mais en ce qui concerne les métaux précieux, ces facteurs sont renforcés par la crise monétaire qui couve. Elle sera historique.

** L’or est-il allé trop loin, trop vite ?

- Il y a deux points de vue. Les baissiers affirment, avec justesse, que les hausses des matières premières "s’auto-corrigent" toujours : la consommation chute alors même que la production augmente et que les prix baissent. Ils soulignent aussi que le plus long marché baissier de l’histoire concerne en fait les prix des matières premières, qui chutent, en termes réels, depuis le début de l’histoire. Les haussiers — moi y compris — affirment pour leur part que même si tout cela est vrai, les facteurs tant fondamentaux que monétaires militent pour une décennie supplémentaire de prix élevés, jusqu’à ce que la tendance fondamentale reprenne le dessus. En d’autres termes, je pense que nous sommes dans une période qui ira contre la norme. Les actions, lors de marchés baissiers, tendent à chuter deux fois aussi rapidement qu’elles grimpaient auparavant. Nous sommes dans l’une de ces périodes. Comme tout le monde, je me sentirais bien plus à l’aise dans un climat plus conventionnel et prospère. Cependant, je préfère être réaliste… et faire de la tendance mon amie.

- Lorsque la bulle se produira — et elle ne manquera pas de se produire — elle sera facile à détecter. Les couvertures des magazines, les conversations en ville, les autorités parlant de "faire quelque chose" pour les prix élevés, les rapports de sociétés de courtage… il y aura beaucoup d’indicateurs. Bien entendu, peu de gens y prêteront attention de la bonne manière — ils penseront que ce ne sont là que des descriptions exactes de la réalité, et non les signes d’une folie. C’était la même chose avec les actions internet il y a quelques années de ça.

- Il y a en général trois étapes dans un marché haussier. La première est furtive : les prix grimpent mais personne ne s’en soucie — ni même le remarque. Avec les matières premières, cela s’est produit entre 2000 et 2003. Ensuite vient l’étape du "mur d’inquiétude". Les gens voient que les prix grimpent, mais s’attendent à les voir redescendre aux niveaux de marché baissier auxquels ils sont habitués. Les gens trouvent toutes les raisons du monde pour justifier la surévaluation. Ils sont désorientés par cette nouvelle réalité, et de nombreux "anciens" et producteurs de matières premières saisissent cette occasion pour vendre, dans la mesure où ils n’ont pas vu de prix si élevés depuis des années. C’est l’étape où nous nous trouvons en ce moment. Et pour terminer, il y a la folie, où le public est impliqué en masse. C’est là que se trouvent les gros profits — mais aussi les gros risques.

- En ce qui me concerne, je me sens plus à l’aise en achetant quand tout le monde vous traite d’idiot, ou au moins quand les autres sont sceptiques. Lorsqu’on entendra combien l’or est un investissement extraordinaire, je chercherai d’autres opportunités. Mais je pense que nous avons encore un an avant d’y arriver. Et lorsque cela arrivera, la folie devrait durer un certain temps, comme cela a été récemment le cas avec les actions internet.

- Je m’attendais à voir une hausse significative, mais il est indiscutable que l’or et l’argent vont un peu plus vite que la musique à court terme. Une tendance de marché, même inéluctable — et c’est ainsi que je considère le marché haussier des métaux –, doit toujours corriger par moments.

- Il faut vous y faire.

- Et c’est particulièrement vrai si vous êtes un investisseur dans les actions minières — ce qui est sans aucun doute un bon moyen de jouer ce marché. Achetez les creux (historiquement, ce sont les mois d’été), et ne vous laissez pas décourager par la volatilité.

- Cette tendance est votre amie… alors faites connaissance.

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Et si, au lieu de subir les caprices actuels du CAC 40…
… vous pouviez les prédire — et surtout, les transformer en profits ?

C’est exactement ce que ce système vous permet de faire… et avec 105,8% de gains cumulés, la différence pourrait être notable pour votre portefeuille.

Pour tout savoir…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Baltimore

*** SIC TRANSIT GLORIA BULLI

** "Les prix élevés engendrent les prix bas", a déclaré notre vieil ami Rick Rule, lors d’une conférence d’investissement la semaine dernière. "Les risques élevés engendrent les risques bas. La confiance élevée engendre la confiance basse. La stabilité élevée engendre la stabilité basse."

* Sous le soleil, rien ne naît qui ne meurt pas à l’ombre — et cela inclut les bulles, les booms et les marchés haussiers. Nous lisons dans les nouvelles que "le boom de l’immobilier s’est transformé en krach".

* Ce qui a engendré ce krach en particulier, c’est bien entendu le boom qui l’a précédé. Le boom engendre la demande, qui engendre l’offre, qui engendre les surplus, qui engendrent le krach. Avant d’avoir pu dire ouf, le marché immobilier illégitime s’effondre.

** C’est en tout cas ce qui semble être en train de se produire dans certaines régions des Etats-Unis actuellement, selon le journal canadien National Post.

* Il y a quelques mois de cela, "pré-construction" était un mot composé très efficace. Le préfixe était de la magie pure — du moins dans le sud de la Floride. Il vous avertissait que les acheteurs ne voulaient pas vraiment acquérir un nouvel appartement. Ils ne voulaient pas même le voir en construction — et ils ne voulaient certainement pas le payer. Ce qu’ils voulaient, c’était quelque chose sans toit, ou un prêt hypothécaire dont ils puissent se débarrasser entre les mains d’une autre personne n’ayant ni argent ni idées.

* C’est ce que l’on obtient durant les sommets de bulles. Durant la grande bulle des technologiques, on a obtenu les profits les plus élevés grâce aux investissements les plus étranges — l’équivalent dot.com d’appartements encore non construits : des sociétés internet sans revenus, sans plans et sans une ombre de chance de réussir. [NDLR : Mais depuis, de l'eau a coulé sous les ponts... et dans le lot, certaines sociétés avaient des chances de réussir : elles sont désormais prêtes à le prouver... et lorsque le marché s'en apercevra, vous pourriez être en route pour des profits considérables. Voici comment...]

* Mais ce n’est là que la grande gloire de notre système de marché libre ; elle permet aux gens de se rendre ridicules et de perdre leur argent tout seuls comme des grands.

* C’est ainsi que, dans le doux climat de la Floride du sud, la fête est en train de s’achever. Finie, la bringue à chaque inauguration d’immeuble. Partis, les acrobates, les clowns et le champagne. Terminé, les files de gens attendant pour acheter pré- ou post-construction. Terminées, aussi, les ventes. Selon le National Post, les acheteurs abandonnent des dépôts de 80 000 $ plutôt que de conclure la vente de leurs nouveaux appartements.

* Jusqu’à 29% des gens ayant contracté un prix hypothécaire l’année dernière n’ont aucune valeur dans leurs maisons, rapporte le Wall Street Journal. Et 3,5 millions d’unités attendent d’être vendues — 30% de plus qu’il y a un an de cela. Les taux de défauts de paiement "grimpent en flèche", déclare le journal.

* Sic transit gloria bulli.

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*** La Chronique Agora présente ***

Prenez quelques minutes pour admirer le magnifique empire américain… les bulles, la dette, les déficits et la fraude. Un petit avant-goût de toutes les idées que vous retrouverez dans le nouveau livre de Bill Bonner et Addison Wiggin, L’Empire des Dettes, disponible ici…

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LE GLORIEUX EMPIRE DE DETTE AMERICAIN — 1ère PARTIE
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Par Bill Bonner (*)

Prenons un instant pour contempler le grand Empire de Dette américain. C’est le plus grand édifice de dette jamais érigé. Il soutient l’économie mondiale la plus magnifique de l’histoire. Il amène plus de richesse à plus de gens que n’importe quel autre système jamais conçu.

Non seulement il est incomparablement efficace, il est aussi incommensurablement distrayant. Parce qu’il fait briller des casques et voler des bannières ; il possède ses intellectuels et ses gladiateurs ; ses César, ses Antoine, ses Néron et ses Caligula. Il a ses temples, son forum, son Capitole, ses sénateurs ; sa garde prétorienne ; sa Via Appia ; ses proconsuls, ses centurions, et des légions dans le monde entier, des jeux et du cirques dans la mère-patrie et des guerres coûteuses à la périphérie.

L’Empire romain reposait sur un modèle classique de finance impériale. Sous une pyramide de relations complexes et nuancées se trouvaient des fondations de tributs, formées par le dur rocher de la force brute. L’empire de dette américain, de son côté, ne tient pas tel une solide pyramide de confiance, d’autorité et de relations de pouvoir, mais tel un taudis branlant d’illusions, de fraude et de malentendus.

"Mon inspecteur des impôts me harcèle… Vous savez, au niveau où est l’immobilier." En juin 2005, NBC citait une jeune femme qui venait d’acheter une deuxième maison dans un complexe du Colorado. Selon le rapport, plus d’un tiers des maisons vendues lors des 12 mois précédents n’étaient pas des résidences principales, mais des résidences secondaires ou des investissements.

Au bas de la pyramide, on trouve de petits agents répandant tromperies et désinformation — comme l’inspecteur des impôts précité. On penserait qu’une jeune femme pourrait faire confiance à son conseiller fiscal certifié pour lui donner des conseils avisés. Au lieu de cela, il la pousse à s’intéresser au marché immobilier le plus bouillant de l’histoire américaine. Bien entendu, elle est tombée dans le panneau, aidée sans aucun doute par tout un secteur de menteurs professionnels. Des articles de presse nous disent que les experts surévaluent souvent les propriétés afin de conclure un accord. Les organismes de prêt savent parfaitement que les estimations sont mensongères, mais ils se contentent de fermer un oeil… tout en fermant l’autre sur les fausses déclarations de revenus de l’emprunteur. Toujours selon la presse, les prêteurs ne vérifient plus les déclarations de revenus. Ils sont devenus aveugles !

En Californie, les prix des maisons devancent les revenus de si loin que c’est à peine si un acheteur sur dix peut se permettre la maison moyenne. Cependant, grâce à la "finance créative", on vend plus de maisons que jamais. Ainsi, les fondations de la pyramide de dette sont posées sur un lit de tromperie mutuelle et de cupidité, et couvertes par une autre couche de mensonges. Les prêteurs ne restent pas pour vérifier comment les prêts tournent. Au lieu de cela, ils font semblant que le crédit est sain, et emballent les prêts hypothécaires dans des packages assez pratiques pour que les investisseurs puissent les acheter. Les financiers savent parfaitement que nombre d’acheteurs ne peuvent pas vraiment se payer la maison qu’ils achètent, mais ils ne jugent pas utile de le mentionner. Pas plus que les investisseurs ne veulent le savoir.

Ils font partie de l’arnaque eux aussi. Les plus intelligents d’entre eux ont même compris comment elle marche : la Fed maintient les taux courts sous le taux d’inflation de manière à ce que les gens investissant dans le financement de prêts hypothécaires de long terme et les acheteurs d’obligations du Trésor US puissent faire des profits faciles.

Plus haut sur les marches de la dette impériale, on trouve des légions entières d’analystes, d’économistes et d’empêcheurs de tourner en rond dont le rôle est de nous faire avaler six choses impossibles avant le petit-déjeuner, et douze autres avant le dîner. Les charlatans du Bureau américain des statistiques de l’emploi font aux chiffres ce que les gardes de Guantanamo font aux prisonniers. Ils les rudoient à tel point qu’ils sont prêts à dire n’importe quoi. Ces mauvais traitements sur statistiques permettent aux Américains de se mentir à eux-mêmes sur leur économie. Elle est saine, disent-ils. Elle se développe. Elle est stable. Tous ces soi-disant faits ne sont guère plus que des tergiversations élaborées.

Les économistes, les commentateurs et les décideurs prennent ces distorsions et y ajoutent leur propre sauce. Il est évident pour quiconque prend la peine d’y réfléchir qu’une économie qui dépense plus qu’elle ne gagne est en déclin. Mais essayez de trouver un économiste prêt à le dire ! Ils ressemblent aux riches notables du temps de Trajan, qui faisaient le travail de l’empereur, qu’ils fassent partie de son équipe ou non. Ils vous diront que l’économie américaine se développe, mais ce développement ressemble à ce qui se passe lorsqu’un boulimique s’échappe d’un centre de cure. Plus son escapade dure, plus son état empire.

La suite dès demain…

Meilleures salutations,

Bill Bonner
Pour la Chronique Agora

(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur des livres "L’inéluctable faillite de l’économie américaine" et "L’Empire des Dettes".

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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