La taxe invisible

| |

=============================
LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Vendredi 02 juin 2006
=============================

*** Veni, vidi, non Vinci
Philippe Béchade examine le cas de l’évincé de Vinci…

*** Les marchés filent à l’anglaise
… en particulier dans le secteur de l’énergie et des métaux précieux.

*** VAP, PTZ et CSPCI
Non, ce n’est pas du code : simplement la fin des politiques d’argent facile…

*** La taxe invisible
Puru Saxena nous révèle le véritable programme de la Réserve fédérale…

—————————– (publ.)

Comment ça, vous ne connaissez pas encore notre Banquier Central ?

Une erreur à réparer rapidement… parce qu’il aurait pu vous permettre de cumuler 320% de gains en 2005 !

Pour savoir comment, c’est par ici…

—————————

Bonjour,

*** VENI, VIDI, NON VINCI

** Nous commenceront cette chronique par quelques commentaires concernant la folie des grandeurs de certains capitaines d’industrie… notamment concernant leur rémunération au prétexte qu’ils ont bien rempli leur mission en enrichissant leurs actionnaires et en offrant au groupe qu’ils dirigent un statut de leader mondial.

Nous vouons une franche admiration aux grands patrons qui se distinguent par leurs capacités de visionnaires, mais également par la transparence de leurs revenus — salaires et primes — et un certain sens de la mesure lorsqu’il s’agit de récompenser leurs mérites dans des circonstances exceptionnelles.

Mais s’il ne survenait jamais de situations hors normes, quel besoin les entreprises auraient-elles de se payer des patrons à 1,5 millions d’euros par an (une estimation basse parmi les PDG du CAC 40) ?

Mais au fond, de quoi nous plaignons-nous ? A ce tarif-là, pas un seul sous-directeur d’une obscure filiale de société cotée sur le S&P 500 n’accepterait de travailler en France — d’autant qu’il faut déduire 50% de tels émoluments pour financer le travail colossal accompli par l’Etat français pour faciliter la tâche des entrepreneurs.

Aux Etats-Unis, le salaire moyen d’un grand patron (tout CEO d’une entreprise pesant plus de cinq milliards de chiffre d’affaires ou de capitalisation mérite ce titre) était de huit millions de dollars en 2005 — mais il ne s’agit, répétons-le, que d’une moyenne !

Il existe cependant au sein du CAC 40, une poignée d’heureux élus qui sont parvenus à rejoindre le club très fermé des dirigeants dont les revenus (salaires + stock options + indemnités diverses) dépassent les dix millions d’euros. Parmi eux se trouve le PDG d’un groupe de BTP français, sorti fort mal en point du giron de l’ex-Générale des Eaux, et qui s’est hissé, à force d’acquisitions judicieuses de restructurations de sa dette, au rang de numéro un mondial du BTP.

Cela méritait effectivement quelques accessits sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes… mais le dauphin dudit PDG a eu l’insolence de dénoncer un enrichissement personnel un peu trop voyant — puis surtout des exigences exorbitantes en matière d’indemnisation (huit millions d’euros, selon certaines rumeurs malveillantes) de quelques heures supplémentaires consacrées au rachat d’une grande société autoroutière. Cette acquisition s’avère d’ailleurs effectivement profitable et relutive… mais le mérite en revient aussi à l’Etat français, qui a cédé une authentique pépite, les ASF, à un "prix d’ami".

Le sang de M. Zacharias, PDG de Vinci (car c’est bien de lui qu’il s’agit), n’a fait qu’un tour ; il a convoqué un conseil d’administration destiné à entériner la révocation de l’ingrat trublion, sommé d’aller exercer son sens critique dans d’autres bureaux capitonnés.

Et là, coup de théâtre (nous adorons cela… mais ils sont trop rares en ce domaine) : M. Antoine Zacharias a été mis en minorité. Au cours de ce conseil — qui méritera pleinement son qualificatif d’extraordinaire –, l’actuel directeur général, Xavier Huillard, a été confirmé dans ses fonctions de n°2 du groupe par neuf voix sur seize.

Exit M. Zacharias et ses 225 millions d’euros accumulés à la tête du groupe en une dizaine d’années. C’est Yves Thibault de Silguy, administrateur de Vinci et directeur délégué de Suez en charge des affaires internationales, qui pourrait assurer l’intérim en attendant que les administrateurs se déterminent entre M. Alain Dinin, actuel PDG de Nexity, et Xavier Huillard — qui n’avait pas masqué son allergie concernant un rapprochement de Vinci avec le promoteur immobilier, une rumeur d’ailleurs démentie par les deux parties 48 heures auparavant.

Nous nous interrogions récemment sur l’opportunité d’investir dans Vinci après une correction de 15% en un mois et un repli à proximité des 70 euros. Nous ne manquerons pas de vous en reparler dans un flash Audiotel [NDLR : en attendant, ne manquez pas de consulter le suivi de nos positions au 0899 707 009* d'ici la fin de la matinée] et dans nos prochaines chroniques. Cependant, nous subordonnons un achat de Vinci à l’instauration d’un climat plus favorable sur le marché et un redressement plus convainquant du CAC 40.

** Après moult hésitations, l’indice a poursuivi ce jeudi le mouvement de rebond amorcé sur les 4 820 points la veille, et la tendance positive ne s’est réellement confirmée qu’en toute fin de séance.

Le CAC 40 renoue avec les 4 950 points, à 0,1% près, mais la vélocité haussière apparaît médiocre. L’impression est d’autant plus mitigée que les volumes se sont brusquement contractés de 25% en 24 heures… alors que cette séance était la première du mois de juin, le dernier du premier semestre.

Au-delà des 4 950, le chemin des 5 050 points ne semble pas parsemé d’obstacles graphiques insurmontables… mais cela se corsera à l’approche de la MM 100 (5 045 points) puis des 5 110 points. Si les volumes devaient demeurer étroits, cela compromettrait franchement les chances du CAC 40 de combler le gap des 5 150 points du 12 mai dernier.

** A Wall Street, l’embellie que nous anticipions mercredi s’est enclenchée jeudi soir avec une apparente allégresse : le Nasdaq a rebondi de 1,9%. Il s’agit cependant plutôt d’un "effet ketchup", car la décision ne s’est faite qu’au cours de la toute dernière heure de cotations, après cinq heures de progression poussive dans un marché creux.

Nous ne savons pas à quel moment (ni même pourquoi) les opérateurs ont soudain choisi d’oublier que la Fed avait étudié l’opportunité d’un relèvement de 50 points de base du prime rate… pour finalement rejeter cette option un peu trop radicale au profit d’une 16ème hausse de 25 points — qui semble n’avoir servi que de simple mise en condition en vue d’un 17ème tour de vis.

Les chiffres du jour publiés aux USA illustrent à merveille la problématique du verre à moitié plein ou à moitié vide — le "vide" étant en l’occurrence dans la case "risque de hausse de taux". Tout est donc affaire d’interprétation et de mise en balance d’éléments hétérogènes : au crédit de l’apaisement des opérateurs, il faut mentionner l’ISM manufacturier, publié hier à 16h, qui s’est brutalement replié à 54,4 au mois de mai — son plus bas niveau depuis août 2005 –, contre 57,3 en avril (le consensus était de 55,5). En revanche, le climat de sérénité aurait pu s’évanouir dans les secondes qui ont suivi le chiffre brut des directeurs d’achat : la composante "prix payés" a bondi de 71,5 à 77, et atteint ainsi son plus haut niveau depuis octobre 2005.

Une heure et demie auparavant, le chômage hebdomadaire était ressorti en hausse de 7 000, à 336 000, ce qui n’était pas neutre à la veille de publication des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis au mois de mai. La révision en hausse de la productivité à +3,7% contre +3,2% (en première estimation) n’a guère surpris… Par contre, la progression annuelle du coût du travail a été fortement revue à la baisse (+0,3% contre +1,4%), ce qui écarte le scénario de l’inflation par les salaires — enfin, nous parlons là des bas salaires, pas de ceux des super PDG évoqués en début de chronique !

** Enfin, dans un tout autre domaine, les dépenses de construction ont reculé de 0,1% tandis que le prix des maisons a progressé de 12,5% en rythme annuel… Mais le chiffre qui nous intéresse, c’est celui des mises en vente au cours des cinq premiers mois de l’année : les "offres vides" sont en hausse de 25% à 30% par rapport à mai 2005. Les promoteurs de Las Vegas battent le rappel des amateurs de mirages immobiliers sur Internet : MGM tente le super banco avec un projet hôtelier pharaonique de neuf milliards de dollars, incluant 5 000 chambres, un nouveau casino, des hectares de surface commerciales avec vue sur le Strip.

Ce total de neuf milliards de dollars nous est familier, puisqu’il s’agit de l’équivalent du coût du tunnel sous la Manche (ou plus précisément de la dette résiduelle en cours de restructuration). Nous n’avons pas le souvenir d’un appel à l’épargne aussi massif pour financer des murailles de verre et de béton… reposant sur un tapis de machines à sous.

Nous lançons l’idée suivante : et si les navettes ferroviaires qui circulent entre Londres et Paris étaient équipées de centaines de "bandits manchots"… dont les gains seraient totalement défiscalisés à partir du moment où le jackpot retentirait pendant que les trains circulent dans le tunnel (qui ne se situe ni vraiment en France, ni vraiment en Angleterre!) ?

Un grain de folie est parfois nécessaire pour convaincre les investisseurs de miser sans la moindre appréhension des sommes indécentes pour financer des projets parfaitement grotesques et futiles. Nous faisons donc le pari que la société Eurotunnel, en transformant sa raison sociale en exploitant de casino roulant (fiscalement under shore), pourrait aisément lever les quelques milliards qui lui manquent pour rembourser ses dettes… sans être suspectée de plumer les détenteurs d’obligations classiques (complètement décotées) et d’emprunts convertibles, voire de dette junior "à mezzanine".

Vous souvenez-vous du temps où les jeux de hasard et l’alcool étaient prohibés dans la majorité des Etats de l’Union ? Les routes américaines furent bientôt parcourues la nuit par d’étranges convois de camions roulant vers nulle part… et revenant se garer au petit matin à leur point de départ : vous l’aurez deviné, il s’agissait de casinos clandestins (version prohibition) où le client se faisait allègrement rouler… dans tous les sens du terme !

Certains parieurs sont prêts à prendre tous les risques et courent inéluctablement à leur perte… D’autres ont parfois perdu la partie pour avoir cherché à écarter systématiquement tous les risques : c’est ce qu’illustre à merveille l’éviction d’Antoine Zacharias, qui a abusé des bonus de compensation, sur-compléments de retraite, parachutes dorés etc.

Il a tout simplement été victime d’une allergie compulsive au risque, puis d’un excès de confiance dans l’admiration que cette prévoyance était sensée inspirer à ses propres troupes. Il pensait jouer sur du velours en réclamant la tête de son dauphin devenu rebelle. Mais coup de poker, son traditionnel carré d’as fut battu par une imparable quinte flush royale débarquée d’une autre galaxie : veni, vidi, non Vinci !

Philippe Béchade,
Paris

*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

—————————

Justice Litle nous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** LES MARCHES FILENT A L’ANGLAISE

** On ne peut pas dire que les choses s’arrangent sur les marchés — les espoirs de rebond commence à s’effacer, tandis que les investisseurs, nerveux, filent à l’anglaise.

- J’aime bien cette citation récente de David Merkel, commentateur sur RealMoney.com : "La volatilité aide à écarter ceux qui ne peuvent gérer les marchés à court terme, permettant aux joueurs de plus long terme de faire des profits, mais avec un délai".

- C’est très vrai. Tous les investisseurs et traders expérimentés ont des méthodes de travail permettant de gérer le court terme. En fait, si vous êtes un trader, le court terme est votre habitat naturel, ce qui vous facilite la tâche lorsqu’il s’agit d’effacer l’ardoise et de chercher de nouvelles pistes. [NDLR : C'est d'ailleurs exactement ce que fait tous les jours Martin Thamont, analyste en chef du service e-Trader... Et son système pourrait aider votre portefeuille à surmonter profitablement les conditions actuelles. Pour en savoir plus]

- Si vous êtes un investisseur avisé, le court terme n’est pas franchement votre milieu naturel — mais vous savez tout de même comment gérer la volatilité à court terme lorsqu’elle se présente.

** Je pense en tout cas que, tôt ou tard, la lutte à couteaux tirés qui se déroule sur les marchés de l’énergie et des métaux représentera une excellente opportunité de se repositionner à long terme, en reconstruisant des positions clé. Peut-être pas cette semaine, peut-être pas ce mois-ci, ni même le prochain, mais à moyen terme en tout cas.

- Et lorsque le moment sera venu de redevenir agressifs dans le secteur des métaux et de l’énergie, nous le ferons avec l’aide de nos amis. Réfléchissez à cette récente déclaration de Fareed Zakaria, du magazine Newsweek :

- "Seul cinq pays comptent vraiment dans le monde du pétrole : l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Irak, la Russie et le Venezuela. Et dans chacun de ces pays, le gouvernement a des compétence ou une légitimité douteuses. Ainsi, les dirigeants politiques utilisent l’argent du pétrole pour acheter le soutien politique ; ils subventionnent largement leur peuple afin de maintenir le calme".

- On annonçait cette semaine dans le Financial Times que Bush avait offert de rejoindre ses alliés européens dans le dialogue avec l’Iran, à condition que Téhéran cesse son programme d’enrichissement d’uranium. Il y a toutes les chances que cela ne se produise pas.

- Tous ces gens sont loin d’être des amis de l’Occident — par contre, ils apprécient l’idée de voir le pétrole à des prix perpétuellement élevés. Chavez, Poutine, Ahmadinedjad et al. engrangent des fortunes en pétrodollars, qu’ils utilisent ensuite pour soudoyer les pauvres et les marginaux afin de se maintenir au pouvoir.

- Ils attisent les tensions géopolitiques avec des discours enflammés d’un côté, tout en bâillonnant leur population avec des promesses populistes/nationalistes irréalisables. Un pétrole cher est un moyen tout trouvé d’y parvenir.

- Le problème, c’est que plus cela dure, moins il y a d’espoir de voir le développement et l’amélioration des technologies et des infrastructures dans les champs de pétrole existants. Et le fait est que l’incompétence et la corruption qui règnent dans les principaux pays exportateurs de pétrole vont probablement maintenir l’or noir au plus haut — à court terme comme à long terme. Nous sommes coincés dans cette situation jusqu’à ce qu’on mette en place des solutions d’énergie alternative viables. Les difficultés que nous rencontrerons entre maintenant et ce moment-là, voilà le moteur qui fera avancer les choses — et un facteur de pression à la hausse dans le secteur de l’énergie.

- De notre côté, nous observons. Et nous attendons.

—————————

Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** VAP, PTZ ET CSPCI

** Quelque chose d’important ne fait pas encore les gros titres des journaux. Bien entendu, si ce n’est pas en première page, c’est parce que cela ne s’est pas encore tout à fait produit. Nous voulons parler de la VAP, ou Vie Après la PTZ, et du CSPCI.

* Mais avant de vous en dire plus, revenons à ce qui fait les gros titres.

* "Les perspectives aux Etats-Unis comme en Grande-Bretagne ont brutalement changé", écrit James Bartholomew dans le Telegraph. "Les derniers chiffres de l’inflation aux Etats-Unis sont plus élevés que ne s’y attendaient la plupart des gens, et au Royaume-Uni, les prix de l’immobilier ont semblé grimper à nouveau."

* M. Bartholomew tentait d’expliquer les récents événements sur les matières premières et les marchés émergents, qui ont tous deux chuté sévèrement — avec, en écho, des chutes plus petites sur les places occidentales. Confrontés à des chiffres de l’inflation plus élevés — signalés par des pics dans les prix des matières premières — les investisseurs en sont venus à croire que les banques centrales pourraient augmenter les taux. Or des taux plus élevés, dans un monde lourdement endetté, pourraient causer des problèmes, ont pensé les investisseurs — qui se sont rapidement débarrassé de leurs positions les plus risquées.

* Le cuivre est souvent considéré comme un indicateur avancé de l’économie. Il est le "Docteur Cuivre, le métal diplômé", selon les anciens. Mais son diplôme pourrait être d’économie ou de sociologie, cela ne ferait pas grande différence à nos yeux ; nous nous méfions des deux. Et nous n’avons pas vraiment été surpris lorsque le cuivre s’est emmêlé dans ses signaux. Il était ultra-bon marché durant l’un des plus grands booms de l’histoire, puis a grimpé en anticipation de quoi ? Un boom plus grand encore ? Peu probable.

* Oui, cher lecteur, le cuivre semble aussi embrouillé que le reste du corps enseignant économique. On ne peut croire personne. Mais où cela nous mène-t-il ?

** Pour trouver le fin mot de la baisse récente, nous nous tournons vers Ambrose Evans-Pritchard, du Telegraph. Selon lui, bon nombre de bulles dans le monde ces dix dernières années proviennent de la PTZ, ou Politique à Taux Zéro du Japon. Et nous nous trouvons désormais confrontés à la fin de cette politique, la VAP, ou "Vie Après la PTZ".

* La PTZ a commencé au milieu des années 90, après que la bourse japonaise s’est effondrée, et que l’économie de la nation a sombré dans la déflation. Tentant désespérément de renouer avec les glorieuses années du miracle économiques, les Japonais firent baisser les taux de leur banque centrale jusqu’à zéro. Ils se lancèrent également dans un programme de dépenses publiques dont le principal effet aura été de laisser une bonne partie du pays couverte de béton.

* Les prêts à taux zéro n’ont pas semblé faire beaucoup pour l’économie japonaise, mais ils ont fait des merveilles pour les spéculateurs. Ces derniers pouvaient emprunter de l’argent pour quasiment rien au Japon, puis l’investir partout dans le monde. Les fonds de couverture furent bientôt plein de vigueur, se précipitant d’un marché à un autre comme des moutons faibles d’esprit, les gonflant d’argent emprunté, s’enrichissant à mesure que les prix montaient, avant de se faire écraser dans l’inévitable effondrement qui s’ensuivait. Il y eut tout d’abord quelques accidents mineurs — la Russie, l’Asie, LTCM — mais ce n’était là qu’un échauffement. Vint ensuite la grande bulle des technologiques, puis la plus grande bulle de l’immobilier américain (qui concerne également bon nombre d’autres pays), puis des hausses considérables sur les marchés émergents, et, enfin, des mouvements considérables sur les matières premières et même l’or lui-même.

* Et maintenant ?

* La hausse des matières premières — et en particulier du Dr Cuivre, avec ses titres universitaires — semble avoir effrayé les banques centrales. Il y a quelques années de cela, elles s’inquiétaient de devoir suivre le Japon dans la longue nuit de la déflation. A présent, c’est l’aveuglante lumière de la hausse des prix qui les inquiète. Elles éteignent donc les lampes de la croissance.

* Ce qui alimentait le boom de l’immobilier, c’était le crédit facile, déclare Evans-Pritchard. Et ce qui alimente le crédit facile, c’est la PTZ et la version américaine de la PTZ — le Crédit Sous le Prix Coûtant de l’Inflation, ou CSPCI. La Fed a fait 16 pas minuscules vers une "normalisation" des taux. A présent, on ne peut plus obtenir d’argent gratuitement aux Etats-Unis, et voilà que les Japonais, qui ont inventé le crédit facile, sont sur le point de mettre fin à leur PTZ.

* C’était désormais aux Européens d’intervenir. Et c’est en cours. La BCE a affirmé que "des risques inflationnistes immédiats sont en train d’émerger", et qu’"il ne fait aucun doute qu’un resserrement supplémentaire de la politique monétaire est nécessaire".

* Ainsi, la Politique d’Argent Facile Européenne, ou PAFE, pourrait elle aussi prendre fin.

* Sans argent facile, on peut s’attendre à ce que les bulles finissent par mourir — comme toutes les bulles : dans la douleur.

—————————– (publ.)

Les produits dérivés, trop compliqué et trop risqué pour vous ?
PLUS MAINTENANT !

Découvrez une méthode d’investissement qui a déjà rapporté des profits cumulés de 401,70%… tout en limitant strictement les risques !

Vous n’y croyez pas ? Allez voir par vous-même…

—————————

*** La Chronique Agora présente ***

Officiellement, le but de Fed est de lutter contre l’inflation et de gérer l’économie — un objectif aussi réaliste que de transformer le plomb en or. Puru Saxena nous révèle ci-dessous le véritable programme de la Réserve fédérale…

============
LA TAXE INVISIBLE
============

Par Puru Saxena (*)

Tout être humain doit comprendre que la Réserve fédérale EST l’inflation. La Fed a été fondée en 1913 pour créer de l’inflation, et son rôle secondaire est de gérer les craintes du public concernant l’inflation. Au cours des 25 dernières années, la Fed a magnifiquement oeuvré pour les deux — l’inflation (croissance de la masse monétaire) est hors de tout contrôle, tandis que les craintes inflationnistes du public ont été bien contenues.

Jetons un coup d’oeil aux prix à la consommation au cours des 200 dernières années. Il est intéressant de noter qu’ils n’ont pas du tout augmenté durant tout le 19ème siècle. Cependant, sous la "direction" et la "supervision" de la Fed, les prix à la consommation ont radicalement grimpé. En fait, les prix dans l’économie ont enregistré leur plus forte hausse depuis le début des années 70, lorsque l’or a été éliminé du système monétaire.

"Et pourquoi cela ?" vous demandez-vous peut-être. En réalité, dans une économie, les prix répondent aux changements dans la masse monétaire. Lorsque nous voyons de l’inflation (croissance de la masse monétaire), les prix grimpent, tandis que la valeur de la monnaie décline à cause de l’augmentation de sa masse. D’un autre côté, durant la déflation (contraction de la masse monétaire), les prix chutent, puisque la valeur de la devise grimpe à cause d’une diminution de sa masse. La raison pour laquelle les prix n’ont pas diminué durant le 19ème siècle, c’est parce qu’il n’y avait pas d’inflation (croissance de la masse monétaire). A cette époque, la monnaie s’appuyait sur l’or, et la masse monétaire était limitée. Les prix demeuraient donc relativement stables ; l’argent conservait son pouvoir d’achat, et l’épargne n’était pas détruite par l’inflation.

Une fois la Réserve fédérale arrivée au pouvoir, les choses ont changé. Pour commencer, l’étalon-or a été éliminé, puis l’or fut complètement rayé du système monétaire au début des années 70. Une fois ceci fait, la Fed — ainsi que d’autres banques centrales — décida de se lancer dans des ravages inflationnistes. A mesure que la masse monétaire accélérait, les prix à la consommation grimpaient en flèche, tandis que l’épargne était détruite par l’inflation. Ce phénomène montre qu’après être restés relativement stables durant 170 ans (1800-1970), les prix ont grimpé de 600% au cours des 35 dernières années !

L’inflation est une augmentation de la quantité d’argent ; elle est créée délibérément par les banques centrales. Comme le disait le prix Nobel Milton Friedman, "l’inflation est partout et toujours un phénomène monétaire. Pour contrôler l’inflation, il faut contrôler la masse monétaire". L’inflation n’est PAS un sous-produit mystérieux qui émerge simplement à partir de rien dans une économie. Mais pourquoi les banques centrales créeraient-elles de l’inflation ? Pour répondre à cette question, il vous faut vous demander qui profite de la monétisation de l’économie ? Qui gagne de l’argent en émettant de plus en plus de dette ?

Pour que le système monétaire actuel soit accepté par le grand public, l’inflation doit rester cachée. Si le public découvrait la vérité, il y aurait un tollé général. Ainsi, les banques centrales soutiennent la propagande en affirmant que l’inflation est calme et sous contrôle. Je suis désolé de vous décevoir, mais ce qui est sous contrôle, ce n’est pas l’inflation mais les craintes sur l’inflation. En supprimant artificiellement l’Indice des prix à la consommation (IPC) par le biais d’ajustements compliqués, les banques centrales continuent à flatter le public. Vous n’êtes pas convaincu ? Alors réfléchissez aux données suivantes :

La masse monétaire américaine est passée de 302 milliards de dollars en 1959 à plus de 10 000 milliards de dollars actuellement — une explosion stupéfiante de plus de 3 000% ! Si ce n’est pas de l’inflation, je ne sais pas ce que c’est ! Au cours de la même période, le pouvoir d’achat du dollar s’est effondré de 85%. En d’autres termes, à cause de la croissance de la masse monétaire, le dollar épargné en 1950 ne vaut plus que 15 cents aujourd’hui. On peut donc constater que "la monnaie" n’est pas une réserve de valeur idéale !

Il est normal de s’attendre à ce que le niveau de vie de toute civilisation aille en s’améliorant grâce à l’industrialisation et aux avances de la technologie. Après tout, dans notre monde "moderne", la nourriture est abondante, les moyens de transport et de communication sont extrêmement efficaces, grâce aux progrès réalisés ces 50 dernières années. Tous ces facteurs auraient dû se traduire par une vie bien plus détendue et confortable pour tous.

Malheureusement, si l’on regarde aujourd’hui, on réalise qu’en dépit de toutes ces avancées, la vie de l’être humain moyen n’a jamais été aussi difficile ! Il y a 50 ans de cela, les familles pouvaient survivre avec un seul revenu, et les niveaux de dette étaient très bas. Aujourd’hui, le ménage moyen a besoin de deux revenus, les gens travaillent plus longtemps, et tout le monde est endetté jusqu’au cou !

Alors, qu’est-ce qui a si mal tourné ? En deux mots, l’inflation a transformé les gens en esclaves. Peu importe combien vous épargnez, cela ne suffit jamais, parce que les choses semblent devenir toujours plus chères. Je vais vous confier un petit secret : tant que le système monétaire actuel se maintient, la vie n’ira pas en s’améliorant. Cependant, nous devons tous vivre au sein de ce système — il est donc vital de comprendre la situation et d’investir dans les actifs appropriés, ceux qui profiteront le plus d’une inflation monétaire qui ne donne pas signe de s’arrêter.

Meilleures salutations,

Puru Saxena
Pour la Chronique Agora

(*) Puru Saxena est le rédacteur de Money Matters, une publication économique et financière. Conseiller d’investissement basé à Hong Kong, il participe régulièrement à des émissions sur CNBC, BBC World, Bloomberg TV & radio, NDTV, RTHK Radio 3, et écrit pour plusieurs journaux et publications financiers.

==========================================
(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
——————————————————–
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
==========================================

La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite distribuée par les services financiers des Publications Agora. Si vous désirez appliquer les conseils et évoqués dans cet e-mail, n’hésitez pas à vous abonner à l’une de nos lettres.

Pour plus d’informations :
http://www.publications-agora.fr

Author Image for admin

Laissez un commentaire

En soumettant votre commentaire, vous acceptez de respecter nos politique de commentaire.