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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 29 mai 2007
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*** Histoire d’un record qui ne pouvait pas nous échapper
On était près, vraiment… ça s’est joué à peu de choses…
*** Jouons à la roulette météo
Kevin Kerr se transforme en grenouille pour nous parler du marché des céréales
*** Narration nationale
C’était "Memorial Day" hier aux Etats-Unis…
*** La nouvelle Route de la Soie (1)
Chris Mayer nous conte aujourd’hui l’histoire d’un itinéraire commercial légendaire…
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Bonjour,
*** HISTOIRE D’UN RECORD QUI NE POUVAIT PAS NOUS ECHAPPER
** Paresseux, les Français ? Allons donc… La bourse de Paris fonctionnait le plus normalement du monde ce lundi 28 mai et ce ne sont pas les températures polaires (9°C sur la région parisienne en début de matinée) ni les averses de grêle qui ont découragé nos vaillants investisseurs et intrépides hérauts des professions financières.
Et pendant que les traders tricolores faisaient mouliner leurs ordinateurs et crépiter leurs claviers, leurs homologues américains ne faisaient crépiter que leurs barbecues, les Britanniques ne moulinaient que leurs saladiers de coleslaw, tandis que les Allemands (ou les Autrichiens) consacraient ce lundi à la célébration de l’avènement de l’Esprit Saint… et pour les moins croyants, à de saines activités extérieures en famille (de nombreux tournois sportifs sont organisés à l’occasion du week-end de la Pentecôte).
Or donc, la fine fleur des salles de marché française — profitant de l’absence de leurs collègues européens et états-uniens réputés plus travailleurs (!) — s’était attelée dès ce lundi matin à l’exécution d’un plan diabolique, qui avait pour but de démontrer de manière éclatante autant qu’indiscutable l’ampleur de notre savoir-faire.
** Cette journée, balayée par un souffle divin (et par des bourrasques à 90 km/h s’engouffrant entre les colonnes du Palais Brongniart), allait à tout jamais être placée sous le signe de la french touch. Nous nous préparions en effet à battre haut la main un record vieux de presque six ans : celui de la séance de bourse la moins active depuis le 4 juillet 2001.
Afin d’éteindre par avance toute contestation, précisons que les séances du 24 ou du 31 décembre — lorsqu’elles ont lieu, au gré des caprices du calendrier, un jour de la semaine — sont exclues du panel de référence car elles n’ont qu’une durée limitée de quatre heures.
Ce 28 mai était parti sur d’excellentes bases : moins de 300 millions d’euros avaient été échangés au cours des trois premières heures de cotations (c’est-à-dire moins qu’au cours des trois premières minutes d’une séance classique)… les 450 millions étaient à peine tutoyés à l’heure du café — avec un CAC 40 qui affichait un score idéal de… 0,00% à 15h30.
Tous les spécialistes étaient unanimes pour estimer que Paris s’inscrivait largement dans les normes idéales pour battre un record historique d’inactivité à deux heures de la clôture, la référence la plus récente étant la fameuse séance du 31 mai 2004 : 726 millions d’euros négociés en huit heures et demi.
En l’absence de toute statistique, de la moindre publication de trimestriels, de la moindre rumeur d’OPA (tiens, tiens : calme plat sur internet en cette journée fériée en Angleterre et aux Etats-Unis…), le CAC 40 bénéficiait de conditions idéales pour achever la séance dans un état de léthargie proche de l’hibernation hivernale (normal, avec des températures et une pluviosité dignes d’une fin de mois de novembre !).
A 17h, la barre des 600 millions d’euros venait tout juste d’être franchie, malgré une fulgurante accélération à la hausse qui venait de propulser en une demi-heure l’indice phare de -0,02% jusqu’à +0,2%. Il ne restait plus qu’à maintenir sans forcer (surtout pas !) le rythme jusqu’à la clôture.
Le score du CAC 40 se figeait — comme escompté — autour de +0,18/+0,23% et pas une des 25 plus grosses capitalisations parisiennes n’affichait de variation supérieure à +0,8%. Nous tenions notre record… il n’y avait plus qu’à tenir fermement la bride aux derniers échanges (moins de 700 millions d’euros vers 17h15), et le record était dans la poche.
** C’est alors que pour une cause inconnue — mais nous n’aurons de cesse que d’en avoir le cœur net et de vous en rendre compte — les volumes se sont soudain emballés, avec 150 millions d’euros échangés au cours du dernier quart d’heure (et fixing de clôture). Patatras… une journée d’absence d’efforts fut ruinée en quelques minutes ; le record tant espéré (qui ne pouvait pas nous échapper, nous étions pourtant les seuls à travailler !) s’est envolé.
Pour emprunter une image un peu cruelle à l’athlétisme, c’est un peu comme si un coureur de 110 mètres haies, au cours de son dernier entraînement avant la finale, passait avec aisance les 10 obstacles réglementaires dans un temps canon… puis se désunissait complètement alors qu’il ne lui reste plus que cinq ou six foulées à accomplir, se faisait tout seul un croc-en-jambe avant de s’effondrer à trois mètres de la ligne d’arrivée, se tordant la cheville droite et se luxant l’épaule gauche.
Avec un chiffre d’affaire global de 870 millions, voici Paris bêtement privé de finale et de toute chance de record cette année (à moins d’un miracle le 4 juillet prochain… mais ça tombe un mercredi, et Londres ou Francfort seront ouvert).
Alors oui, nous aimerions comprendre les raisons d’un tel échec ! Un opérateur aurait-il par erreur entré dans les ordinateurs une série d’"acheté-vendu" pour verrouiller les 0,23% de hausse du jour ? Ou pire… aurait-il attendu la fin de la séance pour passer une série d’applications ?
Ce genre de manœuvre est très fréquent, en cette période particulière du trimestre, lorsqu’il s’agit de réintroduire dans des SICAV qui ne distribuent pas de coupons les titres qui viennent d’être détachés de leur dividende… Cela donnait un peu de travail au back office qui suivait tranquillement Roland-Garros sur les écrans géants depuis le milieu de la matinée.
** La pire des hypothèses pour expliquer l’échec qui a entaché ce lundi 28 mai, nous osons à peine vous l’exposer — et nous précisons bien qu’il ne s’agit que d’une supposition élaborée sous le coup de la terrible désillusion que nous venons de subir — cette hypothèse donc… ce serait celle d’un sabotage !
Un mouvement d’humeur de la part d’une poignée d’individus mal intentionnés, qui se seraient mesquinement vengés du non-respect du slogan présidentiel "travailler plus pour gagner plus" en ce lundi de Pentecôte où l’on turbine comme un jour ouvré pour gagner zéro !
A la Chronique Agora, nous n’apprécions guère les excès d’individualisme et le culte de l’argent à tout prix : une petite dose de bénévolat une fois tous les 200 jours nous semble supportable. Cela nous permet de nous rappeler que trois siècles auparavant, nombre de nos ancêtres (dans les veines desquels ne coulait pas de sang bleu) effectuaient 200 jours de bénévolat par an… Et leurs compagnes, quant à elles, avaient droit à un seul jour de congé maternité — mais il n’était heureusement pas obligatoire de le prendre à cette époque… alors que de nos jours, de nombreuses RTT sont imposées par les entreprises…
La morale de tout ce qui précède, c’est que nous avons en France les moyens d’accomplir les exploits les plus mémorables… mais nous échouons souvent in extremis pour avoir négligé d’infimes détails… ou froissé quelques susceptibilités
Philippe Béchade,
Paris
PS : Retrouvez Philippe Béchade au 0899 707 009 : il vous y livre son sentiment sur la séance en cours, ses conseils concernant nos positions encore ouvertes, sa recommandation du jour… bref, tout ce qu’il vous faut pour adapter votre portefeuille aux conditions de marché actuelles !
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Kevin Kerr vous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** JOUONS A LA ROULETTE METEO
** Jouons à la roulette météo. Nous n’avons pas vraiment le choix, de toute façon : autant jouer le jeu. Chaque année à cette époque environ, Mère Nature fait naître des tempêtes dans le Golfe du Mexique, et les fermiers du Midwest américain commencent à s’inquiéter d’une éventuelle sécheresse.
- Cette année n’est pas différente des autres, en termes de météo. Mais elle semble bien différente du point de vue des matières premières. Les céréales sont déjà à des sommets record. Tout incident durant l’été pourrait donc avoir des conséquences radicales sur les marchés.
- En général, je suis haussier sur les prix des céréales… non à cause de ce que je sais, mais à cause de ce que je ne peux pas connaître : le temps.
- Dans la mesure où la demande est solide pour la plupart des céréales, les principales influences devraient provenir du côté de l’offre. C’est là que la météo entre en jeu. Cette année déjà, des conditions météorologiques peu clémentes ont retardé les semailles de maïs dans le Midwest. Je l’ai moi-même constaté.
** Fin avril, je me suis rendu dans l’Illinois et l’Indiana pour visiter quelques fermes. Lors de mon passage, on aurait dû être durant la semaine la plus intensive, en matière de semailles — mais à cause du temps froid et humide, c’est à peine s’il se passait quoi que ce soit. Les agriculteurs devenaient de plus en plus anxieux : chaque jour de retard signifie une probabilité accrue de voir des rendements plus bas que la moyenne. Alors que l’été approche, de nouveaux défis apparaissent. Les enjeux sont considérables, après tout. Bon nombre de ces agriculteurs ont littéralement parié leur ferme, et planté du maïs d’un bout à l’autre de leur domaine.
- Pour beaucoup d’entre eux, les coûts entraînés par les semailles sont vertigineux. Semences, carburant, nouvel équipement, retards, engrais… la liste continue. Toutes ces dépenses semblent justifiées par la "promesse" d’un trésor lorsque cette précieuse récolte sera amenée jusqu’à l’usine d’éthanol la plus proche. Mais ce rêve pourrait se transformer en cauchemar pour bon nombre de fermiers si le temps ne coopère pas.
- En voyant les vastes champs de maïs et de soja, j’ai remarqué que la majeure partie des exploitations les plus grandes avaient des systèmes d’irrigations — de gigantesques arroseurs circulant dans les champs. Cependant, les fermes plus petites n’ont pas un tel équipement. Lorsque les températures de juillet atteindront leur sommet — et si La Niña tient ses promesses — l’irrigation sera nécessaire 24h/24.
- Or ces systèmes d’irrigation ne s’ouvrent pas simplement comme le tuyau d’arrosage de votre jardin — il leur faut du carburant. Beaucoup de carburant. Ce coût pourrait alourdir considérablement les frais entraînés par les récoltes de cette année.
** Pendant ce temps, dans le sud des Etats-Unis, on essaie aussi de faire pousser du maïs — dans des états "cotonniers" comme la Géorgie. Cela peut sembler insensé, dans la mesure où le climat n’est absolument pas adapté, mais l’attrait de l’éthanol est fort — presque comme une nouvelle ruée vers l’or. Jusqu’où iront-ils ? J’ai lu il y a quelques mois de ça qu’une ancienne usine de jus d’orange en Floride était en train d’être transformée en raffinerie d’éthanol.
- La lutte pour l’eau deviendra si intense, dans le Midwest, le sud-est et le sud-ouest, que cela deviendra un véritable désastre pour les Etats-Unis. Une raffinerie d’éthanol utilise en moyenne 100 millions de gallons d’eau par an. Les agriculteurs irriguant leurs champs utilisent eux aussi des millions de gallons d’eau — sans parler des tonnes de carburant nécessaires au fonctionnement des systèmes. Des batailles légales ont déjà commencé sur les droits d’accès à l’eau, et on commence à se retrancher dans ses positions.
- Si les températures atteignent des niveaux record cet été, et si l’eau se fait plus rare encore qu’elle l’est pour l’instant, les perspectives ne sont guère brillantes pour les agriculteurs. Ce problème ne peut pas être résolu. La production pétrolière laisse à désirer aux Etats-Unis, si bien que quelqu’un a trouvé l’éthanol pour compléter le carburant conventionnel. Mais avec l’eau, la situation est bien différente. On ne peut pas construire d’usine pouvant créer un substitut à l’eau à partir d’herbe des prés. Ce problème n’est pas près d’être résolu.
- En attendant, il ne nous reste plus qu’à regarder le temps qu’il fait…
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** NARRATION NATIONALE
** Les gens — ou plutôt les groupes de gens — vivent suivant des mythes qu’ils s’inventent. Les historiens modernes appellent ces mythes des "narrations" nationales. Hier, c’était le Memorial Day aux Etats-Unis ; un jour où les Américains se rappellent leur propre "narration" patriotique. Fondés par des pèlerins, colonisés par des pionniers et défendus avec le sang des patriotes, les Etats-Unis sont devenus ce qu’ils sont grâce aux sacrifices de nos ancêtres — ceux qui ont massacré les Indiens pour que le Nouveau Monde puisse accueillir des gens provenant de l’Ancien Monde… ceux qui se sont entretués durant la Guerre de Sécession pour décider qui donnerait des ordres à l’autre… ceux qui ont combattu les Huns (deux fois) pour rendre le Vieux Continent plus sûr pour la démocratie… et tous ceux qui se sont battus et sont morts au cours de toutes les autres guerres dont nous avons oublié les noms, les dates et les causes — et dont on ne parle d’ailleurs plus que très rarement.
* "Tous ces gens se sont sacrifiés pour que les Etats-Unis puissent être libres et indépendants", dit-on généralement. Mais après que les Britanniques ont fui à travers ronces et broussailles à la Nouvelle-Orléans en 1814, jamais la liberté ou l’indépendance des Etats-Unis n’ont réellement été mises en doute — sinon peut-être durant la Guerre de Sécession, et à l’époque, c’est le côté de l’indépendance qui a perdu.
* La narration nationale française, de son côté, est un tantinet plus longue. Les tribus gauloises sont arrivées dans la région il y a des milliers d’années. Elles ont repoussé les Celtes dans un coin, en Bretagne… puis, par la grâce de Dieu, grâce à la défaite de Vercingétorix contre César à Alésia, les Gaulois ont été civilisés par les Romains. Bien entendu, des tribus germaniques tentaient de franchir le Rhin chaque fois que les Romains avaient le dos tourné… et les Vikings ne tardèrent pas à s’installer en Normandie et dans la vallée de la Gironde… mais la civilisation, une fois enracinée en Gaule, se répandit et prospéra même parmi les barbares nouveaux-venus. Finalement, ils se transformèrent tous en mangeurs de grenouilles.
* Mais le parfum de Rome resta aux narines gauloises bien longtemps après que Rome elle-même eut brûlé. Les Anglais furent repoussés… les Boches furent repoussés… et peu à peu, sans trêve, cet amalgame de Français construisit une nation. Ladite nation occupe désormais tout l’Hexagone, délimitée par les Pyrénées, les Alpes, le Rhin, l’Atlantique, le Channel et la Méditerranée — l’un des pays les plus beaux, fertiles, et tempérés de la planète.
* Mais revenons-en aux Etats-Unis. Si les soldats américains n’avaient pas combattu (sans parler de mourir) pour préserver la liberté et l’indépendance de leur pays, pourquoi l’ont-ils fait ? Etait-ce là ce dont nous nous souvenions hier ?
* Ah… bonne question. Nous aimerions avoir une réponse aussi bonne. Au lieu de cela, nous pouvons uniquement dire que c’est ce que les gens semblent faire. De temps en temps, ils se battent et meurent. Après quoi les survivants érigent des monuments à leur mémoire… et les inscrivent dans leur "narration" nationale. Sic transit gloria mundi.
* A mesure qu’un groupe de gens se développe et prospère, l’idée qu’il se fait de lui-même change. Les Américains d’origine semblaient heureux simplement d’obtenir leur indépendance vis-à-vis de l’Angleterre — avec l’aide française. Il était hors de question, pour une nation encore verte, de défier les grandes puissances européennes. Cela devrait attendre encore un siècle… jusqu’à ce que le nouveau venu soit assez grand pour commencer à peser dans la balance. Les Etats-Unis se firent alors une nouvelle idée de ce qu’ils devaient être. Ils ne se contentèrent plus d’être simplement un refuge pour les pauvres, les misérables et les ambitieux de la planète… les masses se languissant de richesse et de liberté… Ils se proclamèrent grande puissance, prête à refaire la planète à sa propre image — avec toutes les capacités nécessaires pour y parvenir. Les Etats-Unis n’imposeraient plus leur volonté uniquement d’un bout à l’autre de leur pays, mais également à l’étranger… répandant les bienfaits du gouvernement US jusqu’aux rives du Tigre.
* Nous avons donc observé une minute de silence pour nous rappeler les légions de pauvres âmes devenues chair à canon lors de ces batailles… y compris ceux qui sacrifient leurs vies en Mésopotamie pour un gouvernement qui aurait dû en savoir assez pour agir plus sagement.
** Pendant ce temps, la transformation des marchés d’actifs ne donne pas signe de ralentir. La semaine dernière, la presse a rapporté qu’Oaktree Capital Management LLC, une société d’investissements alternatifs qui possédait 40 milliards de dollars d’actifs gérés, a vendu environ 14% de ses parts pour plus de 800 millions de dollars. On comptait moins de 50 acheteurs. Oaktree n’est qu’une des nombreuses sociétés profitant du boom de private equity. Fortress Investment Group est passée avant elle, et Blackstone est à venir.
* Les parts d’Oaktree s’échangeront sur un nouveau marché privé développé par Goldman Sachs. "GS Tradable Unregistered Equity OTC Market", tel est son nom. GSTrUE, comme on l’appelle quand on est à la mode, n’a pas été mis en avant par Goldman, qui aime le secret, mais on murmure que ce marché est en train de devenir une place alternative pour les hedge funds et autres gros joueurs. Il semblerait que pour y participer, il suffit d’avoir 100 millions de dollars de côté pour investir — et une volonté avouée (ou non) d’éviter la curiosité de la SEC [équivalent américain de notre AMF, ndlr.]
* Nous pensons sentir là l’arôme excitant d’une nouvelle tendance…
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IL N’Y A PAS QUE LE CAC 40, DANS LA VIE !
L’indice national n’est en fait qu’une toute petite partie de la place parisienne — et de loin pas la plus rentable.
Et jusqu’à présent, on entendait rarement parler des actions les plus profitables… des valeurs qui peuvent pourtant augmenter vos gains de 74%… 53,8%… 35,14%… 43,17%… 60%… voire plus.
Désormais, vous pouvez en profiter vous aussi : un clic suffit…
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*** La Chronique Agora présente ***
L’ancienne Route de la Soie, en Asie, a été le principal itinéraire commercial durant des centaines d’années, englobant quasiment tous les groupes ethniques et nationaux de l’Arabie au Japon, avant de s’éteindre au 16ème siècle. A présent, la légendaire Route de la Soie renaît de ses cendres — métaphoriquement parlant. Chris Mayer nous en dit plus…
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LA NOUVELLE ROUTE DE LA SOIE — 1ère PARTIE
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Par Chris Mayer (*)
Par son importance et son influence, la nouvelle Route de la Soie pourrait faire concurrence à son ancêtre. Tout comme l’ancienne Route de la Soie, la nouvelle édition pourrait être très profitable pour quelques investisseurs.
L’ancienne Route de la Soie en tant que telle n’était pas vraiment une route au sens normal du terme. Il s’agissait, comme le décrit l’écrivain Colin Thubron, d’un "réseau mouvant de veines et d’artères, installé à côté de la Méditerranée". Thubron a récemment parcouru plus de 11 000 km en huit mois, suivant les anciennes pistes de cette route commerciale légendaire.
La Route de la Soie commençait — ou s’achevait — à Antioche, en Turquie. Elle s’étendait jusqu’à l’ancienne Changan, connue désormais sous le nom de Xian, en Chine. Pendant longtemps, elle n’a pas eu de nom. Un géographe allemand a inventé le terme "Route de la Soie" au 19ème siècle seulement.
Cependant, la circulation sur la Route de la Soie remonte loin dans le cours de l’histoire de l’humanité. Thubron écrit : "on a découvert de la soie chinoise de 1 500 av. J.C. dans des tombes au nord de l’Afghanistan, et des fibres ont été découvertes passées dans les cheveux d’une momie égyptienne datant du 10ème siècle av. J.C.". Des archéologues ont retrouvé de la soie datant de 1100 av. J.C. dans le tombeau d’un prince en Allemagne. L’étoffe a fait du chemin.
La Route de la Soie transportait bien d’autres choses que de la soie, au travers de ses paysages accidentés. De la Chine, l’Occident obtenait du jade, des laques, des céramiques, les premières roses, des azalées — ainsi que des oranges, des pêches, des mûres, des abricots et de la rhubarbe. De l’Occident vers l’Orient, on transportait du verre, de l’or, de l’argent, des épices indiens, des pierres précieuses et du lin (étoffes et plants) — mais aussi des figuiers, des grenades, du jasmin, des dattes et des olives.
On échangeait légumes, fruits, meubles et objets de toutes sortes, instruments de musique — et même des esclaves. Des armes, également : l’arbalète, une invention chinoise, est passée par la Route de la Soie pour venir armer les rois normands et capétiens durant leur bataille contre le redouté longbow britannique durant la bataille de Crécy (qui se solda d’ailleurs par une cuisante défaite).
L’ancienne Route de la Soie semblait englober quasiment tous les groupes ethniques et nationaux depuis l’Arabie jusqu’au Japon — les Perses, les Turcs, les Sogdiens, les Syriens, les Indiens et bon nombre d’autres (souvent appelés les plus grands commerçants de la Route de la Soie, les Sogdiens étaient un peuple iranien. Les Chinois les considéraient comme des marchands-nés. Selon le mythe, "leurs mères les nourrissaient de sucre afin d’adoucir leur voix, et leurs petites paumes étaient enduites de pâte afin d’attirer les choses profitables", écrit Thubron).
Mais aucun d’entre eux n’a fait le voyage dans son intégralité. Aucun Romain n’a jamais parcouru les rues de Xian ou visité la tombe de l’Empereur Jaune. Aucun commerçant chinois n’a jamais vu les colonnes de la Rome impériale ou trempé ses pieds dans la Mer Méditerranée. Mais peut-être serait-il plus juste de dire que de tels voyages ont dû être extrêmement rares.
La Route de la Soie était plutôt comme une longue course de relais. Seuls les objets de luxe pouvaient généralement faire le chemin tout entier — le jade et la soie, par exemple — ou des objets anodins que les gens emmenaient avec eux, comme une flûte, ou la pipe d’un vieux commerçant. Envoyer des marchandises sur toute la distance revenait tout simplement trop cher — sauf pour les choses que les gens étaient prêts à payer au prix fort.
Malgré cela, l’ancienne Route de la Soie a été l’itinéraire commercial dominant, pour l’humanité, pendant plus de mille ans. Son importance n’a commencé à diminuer qu’au 16ème siècle, lorsque les navires ont remplacé l’expédition terrestre épuisante, transportant les marchandises beaucoup plus rapidement et plus économiquement.
Quant à la nouvelle Route de la Soie, nous verrons dès demain ce qu’il en est…
Chris Mayer
Pour la Chronique Agora
(*) Chris W. Mayer est un vétéran du secteur bancaire, et plus particulièrement du domaine des prêts aux entreprises. Auteur financier depuis 1998, les essais de Christopher ont été publiés dans une large gamme de publications, de l’article quotidien de Mises.org à la version américaine de la Chronique Agora. Il est également le rédacteur de Capital and Crisis, un service de conseil en investissements récemment lancé à l’intention des observateurs financiers d’opinion contrarienne.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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