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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 20 mars 2007
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*** Un cochon mort ne craint pas l’eau bouillante
Voilà qui pourrait être le proverbe chinois de l’année…
*** Europe et souvenirs
Franc, euro, clochards, compagnies aériennes… et une boutique plutôt bizarre
*** La monnaie fiduciaire sape votre richesse (2)
Dan Amoss nous donne un aperçu de ce qui nous attend dans les mois et les années qui viennent
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Bonjour,
*** UN COCHON MORT NE CRAINT PAS L’EAU BOUILLANTE
** Les investisseurs étaient partis en week-end, à peine remis d’une grosse grippe affectant le secteur du crédit à risque aux Etats-Unis. Ils ont repris le collier ce lundi pour succomber à la fièvre — beaucoup plus agréable — des OPA.
De nombreuses rumeurs circulaient depuis plusieurs semaines au sujet du géant néerlandais ABN-Amro. Les analystes s’attendaient à une offensive d’un grand fonds d’investissement dans le but de scinder les activités du groupe en trois entités, la valeur des parties étant en principe très supérieure à celle de l’ensemble, assimilé à une holding, ce qui entraîne entre 15 et 20% de décote.
Il semblerait que le premier candidat au rachat soit en fait la banque britannique Barclays (-0,8% à Londres ce lundi). Cependant, il n’est pas interdit d’anticiper une contre-offensive orchestrée par quelques champions de l’univers du private equity : ils font un large usage des mécanismes de rachats à effet de levier, financés par la revente quasi-immédiate d’une partie des actifs de la cible.
Les fonds d’investissement se sont montrés particulièrement actifs aux Etats-Unis ces dernières semaines. En Europe, ce sont les entreprises cotées qui mènent la danse : offre non sollicitée d’Imperial Tobacco sur Altadis, offensive supposée du groupe indien Reliance sur Carrefour et montée en puissance de Bernard Arnault au capital, OPA — avec surenchère — d’Areva sur l’allemand RE-Power…
Toutes ces opérations récentes (puis celles anticipées — et nous nous limiterons au survol de la cote parisienne — sur Casino, Atos, Business Objects, Saint-Gobain, Danone, Alstom, Schneider, Société Générale, Vivendi et tant d’autres) ont permis au CAC 40 de rebondir une seconde fois sur le seuil des 5 300 points en milieu de semaine dernière.
** Il y a un mois de cela, alors que les marchés étaient en pleine vénération extatique de l’avènement de Goldilocks (mythe du merveilleux équilibre des risques) pour l’éternité, une telle actualité des OPA/LBO aurait propulsé le CAC 40 vers les 6 000 points. Cependant, il y deux façons d’expliquer l’évolution paradoxale des indices boursiers — en excluant l’hypothèque de la crise immobilière aux Etats-Unis — depuis début mars.
A force de miser chaque semaine un peu plus d’argent (en surpayant la plupart des titres de la cote) sur le scénario d’un "Grand Soir" du Monopoly boursier, les gains potentiels finissent par être globalement intégrés dans les cours. Il en résulte un équilibre entre les coups de chapeau aux opérations qui se matérialisent et les ventes de lassitude qui affectent les titres qui apparaissent trop chers pour intéresser un prédateur.
Beaucoup de commentateurs s’extasient devant "l’infini des possibles" en matière de fusions/acquisitions dans un contexte de sur-liquidité des marchés. Cependant, l’expérience démontre que la création de valeur ne couronne en moyenne — et au mieux — qu’une opération sur deux. La fusion Carrefour-Promodès en demeure un des exemples les plus emblématiques, de même que la fusion Alcatel-Lucent puis Sagem-Snecma, Gemplus-Axalto ou Vivendi-Universal pour évoquer quelques cas beaucoup plus douloureux que nos lecteurs connaissent bien.
En Bourse comme en amour, le meilleur moment, c’est souvent lorsque l’on monte l’escalier… Quand les amants ont refermé la porte de la chambre, le moment de la "vérité toute nue" dissipe souvent les promesses d’extase que chacun formulait intérieurement.
** Et nous pourrions ajouter que ce n’est pas forcément l’épaisseur du compte en banque de l’un ou l’autre (parfois des deux) partenaire qui garantit une nuit de noce d’anthologie… Mais si autant de fonds d’investissement se montrent soudain aussi entreprenants et multiplient les conquêtes, c’est peut être parce que la saison des amours (tarifés) pourrait s’achever plus tôt que prévu !
Non pas que la Fed soit soupçonnée d’avertir dès mercredi qu’il faut renoncer à tout espoir de baisse du loyer de l’argent avant l’automne (ce qui pourrait occasionner une petite remontée des taux US) — mais la bulle immobilière est bel et bien appelée à se dégonfler en 2007. Qui en doute encore aujourd’hui, avec la nouvelle chute de l’indice de confiance de l’Association des constructeurs de maisons individuelles ? Il a perdu trois points au mois de mars, à 36 contre 39 en février.
La masse des dérivés de crédit pourrait se contracter brutalement, les hedge funds faisant jouer leur police d’assurance en cas de chute de leur portefeuille obligataire : les fameux ABS et CDS.
Même par le jeu des stratégies de couvertures, de nombreuses positions spéculatives sur les junk bonds vont se révéler lourdement déficitaires — et qui va payer la prime d’assurance, sinon d’autre hedge funds, réassurés auprès d’autres acteurs du même secteur ? Le risque va rapidement s’avérer systémique, et le réflexe des survivants sera — si ce n’est déjà le cas — une "fuite vers la sécurité", c’est-à-dire les Bons du Trésor.
** Avec la chute des rendements qui s’ensuivrait, détenir du dollar s’avèrerait moins rémunérateur, d’où la tentation (sinon l’obligation) de déboucler de nombreuses positions en carry trade au profit du yen. Le seul fait d’anticiper un tel processus — et d’agir en conséquence — pourrait suffire à déstabiliser profondément toute l’architecture de la finance mondiale.
Les banques — voyant leur chiffre d’affaire se contracter tandis qu’une amorce de récession se dessinerait aux Etats-Unis — devraient se montrer beaucoup plus frileuses en matière d’octroi de lignes de crédit destinées à financer des opérations de type LBO.
Des initiatives par nature risquées en période de ralentissement économique… car comment céder dans de bonnes conditions certains actifs non-stratégiques (destinés à soulager l’emprunteur de capitaux), lorsque les acheteurs potentiels jugent qu’il devient "urgent d’attendre" tandis que l’argent se fait plus rare ?
Nous comprenons que les fonds d’investissements s’empressent de faire "quelque chose" des lignes de crédit mises à leur disposition, avant que le moment de les renégocier ne se présente. La tentation d’investir — rien de bon, en matière de private equity, ne se fait dans la précipitation — l’emporte toujours sur la raison qui recommande de se détourner de la spéculation. Le risque est toujours jugé préférable à l’inaction, qui ne génère pas de juteuses commissions !
** Certains de nos détracteurs nous expliquent qu’il ne sert à rien de s’alarmer d’un krach de l’immobilier ou des actions, car les marchés dérivés permettent à ceux qui gèrent "l’argent intelligent" d’empocher à leur profit les pertes subies par "l’argent idiot". De la sorte, la quantité globale de liquidités demeure la même… elle change seulement de mains !
Et que faire de toute cette manne, si ce n’est la réinjecter dans le même système (actions, junk bonds, spéculation immobilière…) ?
Nous leur répondrons, avec plus d’aplomb que jamais, que l’argent en trop devrait servir à rembourser des dettes… mais nous ajoutons que ceux qui en auraient eu les moyens si la bulle immobilière et boursière avait continué de gonfler ne les ont plus aujourd’hui !
Le vrai baromètre de l’économie américaine, c’est la liste des maisons saisies vendues aux enchères. Un spécialiste nous faisait finement observer que le marché immobilier était loin d’avoir atteint le degré de délabrement de l’été 2002, alors que la masse de l’encours des crédits destinés au logement était inférieure de 50% à ce qu’elle est aujourd’hui, et la valeur des actifs boursiers inférieure de moitié.
En d’autres termes, la correction vient à peine de commencer. Le grand oeuvre des économistes et des faiseurs d’opinion qui "veulent votre bien", c’est de vous convaincre que le système financier a toujours un coup d’avance sur les pessimistes : puisque le concept de crise immobilière n’est plus tabou et fait la une des médias, c’est que le phénomène a déjà dépassé son maximum d’intensité et touche à sa fin… sinon vous n’en auriez jamais entendu parler.
Bref, quand vous entendez le tonnerre, c’est que la foudre a déjà frappé. Les Chinois ont une autre version : "un cochon mort ne craint pas l’eau bouillante" !
Philippe Béchade,
Paris
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** EUROPE ET SOUVENIRS
** "Manifestation pour le retour du franc", dit une affiche dans les rues parisiennes.
* Tout le monde n’est pas satisfait de la devise européenne. Beaucoup de Français pensent qu’il ne s’agit que d’un moyen pernicieux de faire grimper les prix. Le coût de la vie a nettement augmenté en France. Nous ne savons pas dans quelle mesure on peut attribuer cela à l’euro.
* Mais le mécontentement, au sujet de l’Europe, ne se limite pas à la nouvelle devise. Un sondage effectué sur tout le continent montre que la majorité des gens pensent que la vie est devenue pire, et non meilleure, depuis l’établissement de l’Union européenne. Et bon nombre des personnes interrogées sont d’avis que la principale contribution de l’Union, c’est plus de bureaucratie.
* Dimanche, ce sera le 50ème anniversaire de l’Union européenne. Les journaux seront sans aucun doute pleins de rétrospectives, introspections et autres bavardages. L’Europe fait partie de la longue liste des choses au sujet desquelles votre correspondant n’a pas le moindre avis. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Comment le saurions-nous ?
* En tout cas, ça a apporté du changement. Ca fait bouger les gens. Londres regorge de Français. La Provence fourmille d’Anglais. Les Suédois et les Danois envahissent les plages espagnoles… tandis que les fruits et légumes espagnols apparaissent dans les assiettes européennes aussi facilement qu’une orange californienne dans un petit-déjeuner new-yorkais.
* Par certains aspects, il est plus facile de se déplacer en Europe qu’aux Etats-Unis. Les aéroports sont plus détendus, et souvent plus efficaces. Les distances sont plus courtes. Et ces dernières années, une batterie de compagnies low cost a vu le jour : elles offrent des vols Manchester-Marseille pour 29 euros seulement, par exemple. Et si vous préférez le plancher des vaches, les trains sont bien meilleurs que ceux des Etats-Unis.
* Tous ces mouvements ont engendré de la prospérité — en particulier à la périphérie de l’Union. L’Irlande et l’Espagne en sortent gagnantes. Les pays du centre — la France et l’Allemagne — ont plus de difficultés. Ils doivent affronter de nouveaux concurrents, et un marché du travail plus fluide.
** Notre bureau a déménagé aussi, mais notre ancien quartier nous manque. Autrefois, nous étions dans le Marais — à présent, nous sommes divisés entre le 18ème arrondissement et le quartier de la Madeleine. En face de nos nouveaux locaux se trouve une boutique entièrement blanche. Le sol est blanc, les murs sont blancs… les deux femmes qui travaillent dans la boutique sont vêtues de blanc… et les vêtements vendus sont tous blancs eux aussi. Nous ne savons pas très bien quel est le but de tout ça, mais au moins, c’est propre.
* On trouve également quelques cafés où se retrouvent les employés du quartier. La semaine dernière, nous sommes allé boire un thé dans l’un d’entre eux. Alors que nous étions assis, nous avons soudain remarqué que tous les autres clients étaient bizarres. Il y avait un jeune homme dont la tête, le dos… et jusqu’aux pieds… semblaient ne faire qu’une ligne droite, comme s’il était sculpté dans un bloc de bois. Etrange. Il y avait également un autre homme, petit et rondouillard, dont les lunettes étaient aussi épaisses que des fonds de bouteille, et qui parlait sans arrêt dans sa barbe tandis qu’il buvait son café au comptoir. De toute évidence, il n’avait pas toute sa tête.
* Nous avons également aperçu un couple de commerçants que nous avions vus souvent — ils ont dépassé les 70 ans, et semblent plutôt bien conservés, de loin. Mais approchez-vous un peu, et vous réaliserez qu’ils ont sans doute dû hypothéquer leur commerce pour financer leur chirurgie esthétique et leurs cosmétiques. Ils sont si radicalement retouchés qu’on les dirait fraîchement sortis de leur cercueil — il faudrait presque leur enfoncer un pieu dans le cœur.
* A part cet endroit, cependant, le quartier est trop "normal" pour nous. Il est plein d’employés, de commerçants, de touristes. Bref, il est ennuyeux.
* Cela devait être une coïncidence, tant de gens bizarres dans ce bar au même moment — mais cela nous a rappelé notre ancien repaire, le Paradis. Quel plaisir c’était que d’aller y travailler. Les deux antiques prostituées étaient toujours amusantes à voir, l’une avec son imperméable noir luisant et son minuscule chien blanc… l’autre avec ses hautes bottes de cavalière et sa mini-jupe. Aucune d’entre elles n’aurait pu passer pour jeune ou attirante, même par une nuit très sombre. Mais ce qui leur manquait en grâce et en beauté, elles le compensaient en bonhomie.
* Et puis il y avait l’ivrogne vietnamien qui chantait à tue-tête avant de s’effondrer sur les marches de l’église Saint-Merri, à côté du café Paradis. Un matin, on l’a retrouvé là, aussi mort et froid que les marches de pierre sur lesquelles il reposait.
* Et comment oublier le SDF qui vivait dans une boîte en carton, avec sa longue barbe et ses réponses énigmatiques…
* Pour autant que nous en sachions, il est encore là-bas, à marmonner dans sa boîte.
* Nous devrions aller les saluer, un de ces jours.
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*** La Chronique Agora présente ***
Des courants politiques populistes aux cours du maïs en passant par les obligations, les actions… et l’or… Depuis hier, Dan Amoss nous donne un aperçu de ce qui nous attend dans les mois et les années qui viennent — la fin aujourd’hui…
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LA MONNAIE FIDUCIAIRE SAPE VOTRE RICHESSE — 2ème PARTIE
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Par Dan Amoss, CFA (*)
Au cours de la dernière décennie, quelques milliards de nouveaux capitalistes se sont lancés dans la quête du niveau de vie à l’occidentale. Ils demanderont de l’énergie et des métaux industriels en quantités sans précédent ; pour les investisseurs, la meilleure manière de profiter de cette tendance est de posséder des actions dans les entreprises répondant à cette demande.
Cette révolution capitaliste est en cours, et rien — sinon un effondrement économique total — ne l’arrêtera. Juste au cas où la machine économique alimentant les remboursements des prêts immobiliers et autres dettes de toutes sortes commencerait à donner des signes de faiblesse, les banques centrales baisseront une fois encore les taux d’intérêt.
Mais contrairement aux séries de baisses de 2001-2003, les taux longs grimperont très probablement à mesure que les craintes s’accumulent au sujet de l’indice des prix à la consommation — ce qui provoquera l’assèchement de la demande pour les obligations de long terme.
Si cela devait se produire, la Réserve fédérale américaine mettrait en place les fameuses "politiques monétaires non-conventionnelles" tant vantées par Ben Bernanke. Cela impliquerait un nouveau rôle pour la Fed : acheteur de dernier recours pour les obligations, quelle que soit leur maturité. Et si vous pensez que la Fed pourrait se retrouver à cours d’argent, n’oubliez pas qu’elle a à sa disposition la possibilité de créer une quantité illimitée de billets verts pour faire en sorte que la pyramide de dettes reste solvable.
Si ce scénario devait se mettre en place, le dollar US serait rapidement ajouté à la longue liste des monnaies papier sans aucune valeur. Avec le statu quo actuel, le taux d’effritement du dollar dépendra de la perception publique de l’inflation — une perception qui pourrait bien s’aggraver après la récolte de maïs de cette année.
A cause des subventions accordées à la production d’éthanol, aux Etats-Unis, une très large partie des aliments provenant du maïs — des édulcorants aux plats cuisinés en passant par le poulet et le bœuf — subira des pénuries et des hausses de prix. Tout cela sera largement répercuté sur les consommateurs qui peuvent le moins se le permettre. Les investisseurs devraient donc s’attendre à voir les mouvements politiques populistes actuels aller en se renforçant. Cela sera préjudiciable aux obligations de plus long terme et aux marchés boursiers dans leur ensemble… mais de bon augure pour le prix de l’or.
L’économie mondiale flotte désormais sur un océan de monnaie papier. Cette grande expérience monétaire n’est en place que depuis quelques décennies — un simple "tic" pour l’horloge de la civilisation. Nous savons comment le spectacle se termine : nous en avons eu un avant-goût sous la République de Weimar, en Allemagne, et dans plusieurs républiques bananières.
Le prix de l’or passera-t-il un jour de ses 650 $ actuels à 3 000 $ l’once ? Je pense que oui. Il y a un meilleur moyen d’envisager ce chiffre conséquent : faire passer le ratio de "dollars/once" à "once/dollars".
Meilleures salutations,
Dan Amoss
Pour la Chronique Agora
(*) Dan Amoss est rédacteur de la lettre financière Strategic Investment, et contribue également à la lettre e-mail Whiskey & Gunpowder. Avant de rejoindre Agora Financial aux Etats-Unis, Dan travaillait au sein de la société Investment Counselors of Maryland, conseiller en investissement pour l’un des plus grands fonds d’investissement en petites valeurs des Etats-Unis ces 15 dernières années. Dan a été nommé Chartered Financial Analyst, une appellation professionnelle largement reconnue par le monde de l’investissement.
[NDLR : L'or à 3 000 $, une cible lointaine ? Peut-être... mais pas impossible -- et pour ne pas rater une miette de la hausse, il est encore temps de vous positionner : ? suivez le guide...]
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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