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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Mercredi 31 mai 2006
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*** Une bourrasque boursière, c’est bien…
… mais rien ne vaut un bon ouragan !
*** La Loi de la Claudication, suite !
Bill Bonner approfondit son nouveau concept…
*** Champions du monde (2)
Notre Banquier Central continue d’examiner les facteurs qui pourraient expliquer le revirement des marchés…
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Bonjour,
*** UNE BOURRASQUE BOURSIERE, C’EST BIEN…
** Le scénario catastrophe de cette fin de séance du mardi 30 mai ravive des souvenirs d’autant plus cuisants qu’ils sont encore tout frais dans les mémoires : mélanger le chaud et le froid ne produit pas du tiède sur les marchés ! Le CAC 40, à -2,4% nous a ainsi infligé une nouvelle démonstration de l’aspect décisif des certains "seuils de rupture" (4 950 points, en l’occurrence), qui entraînent en quelques secondes le déclenchement de programmes de vente informatisés.
La consolidation amorcée lundi sous les 5 050 points jusque sur 4 960/4 950 était relativement banale et largement prévisible après un rebond de 5% du CAC 40 entre 4 805 et 5 049 points la semaine passée.
Les acheteurs étaient parvenus à défendre le palier graphique et technique des 4 950 points, gap du 25/05, jusqu’à une heure de la clôture. Sa rupture a entraîné un doublement des pertes en l’espace d’une heure ; l’enfoncement des 4 900 points s’est transformé en spirale baissière dévastatrice, l’indice chutant en piqué jusque sur 4 882 points.
Pour mesurer l’étendue des dégâts constatés en fin d’après-midi, il suffit de rappeler que le CAC 40 flirtait avec les 5 020/5 025 points au cours du premier quart d’heure de cotations, et affichait un score honorable de 4 980 points vers 14h. Cela permettait encore d’imaginer une clôture se situant au-delà des 5 000 points, pour peu que Wall Street ne perde pas plus que les 0,5% anticipés dès le début de la matinée.
** C’est peu de dire que les actions sont devenues vulnérables à la moindre contrariété. Hier, la principale fut occasionnée par les déclarations de M. Michaël Moskow, président de la Fed de Chicago, qui a souligné que les menaces de résurgence inflationniste impliquent une vigilance accrue des autorités monétaires américaines au cours des prochains mois.
L’idéal serait que la hausse des prix se cantonne dans la fourchette comprise entre +1% et +2%, mais les chances d’assister à une modération spontanée du rythme de l’inflation sont jugées nulles alors que le cours du baril de pétrole repassait la barre des 72,5 $ ce mardi.
Le second coup de massue encaissé par les marchés coïncide paradoxalement avec la publication d’un baromètre de confiance du Conference Board moins mauvais que prévu au mois de mai : le principal indice recule de 109,8 vers 103,2, au lieu de 101/102 anticipé.
Les ménages américains sont certes moins euphoriques qu’en avril (où des records historiques de confiance avaient été battus), mais il ne s’agit pas d’un brutal retour de bâton préfigurant un ralentissement économique susceptible d’inciter la Fed à ne plus renchérir le loyer de l’argent. Les emprunteurs commencent à tirer la langue, et ce n’est pas pour faire sourire leur banquier !
** Il était écrit (mais nous n’en revendiquons pas la paternité) que cette journée serait déstabilisante pour nos bourses à peine convalescentes. Après une semaine de spéculations sur de nouveaux remaniements de l’équipe Bush, la Maison-Blanche a officialisé la nomination de M. Henry Paulson (CEO de Goldman Sachs) en remplacement de John Snow.
L’actuel — et désormais "-ex" — secrétaire au Trésor est coupable de ne pas avoir su imposer auprès du grand public et des milieux d’affaires l’image de génie de l’économie que revendique le président américain. Ce dernier se targue d’être le grand architecte de la croissance à 5% et de la multiplication du nombre des millionnaires et des milliardaires recensés par les magazines Forbes ou Barrons.
Peut-être vous souvenez-vous des encouragements proférés à l’attention de John Snow par des proches collaborateurs de "W" au lendemain de sa réélection triomphale en novembre 2004 : "John peut rester aussi longtemps à son poste qu’il le souhaite, à condition qu’il le libère au plus vite !".
Il aura finalement tenu 18 mois de plus : cela démontre à quel point il était inutile à son poste (vous souvenez-vous qu’il ait pris la moindre initiative ?)… et donc totalement indispensable à l’application de la politique économique décidée unilatéralement par la Maison-Blanche.
Une politique basée sur le creusement des déficits… l’encouragement de la spéculation immobilière ("chaque Américain devrait être propriétaire du toit qui protège sa tête")… et le transfert de budgets d’équipement domestiques vers le financement de la guerre impériale en Irak et en Afghanistan.
Quelle sera la politique économique menée par Henry Paulson ? Nul ne le sait, mais nous sommes certains qu’il devra saluer toute décision de G.W. Bush comme un trait de génie — et il nous semble probable qu’une telle équation aboutira à la désintégration du dollar.
** A ce propos, le nom de l’ex-secrétaire d’Etat au commerce Donald Adams, ami d’enfance de G.W. Bush, circulait encore ce matin dans les médias. La perspective de sa nomination avait provoqué quelques belles turbulences sur le dollar : le billet plongera en effet jusque vers 1,2910/euro et 112 yens, avant de se stabiliser vers 1,2860 hier soir.
La chute du dollar n’est guère rassurante pour l’évolution des indices boursiers de la zone euro aujourd’hui. Cependant, nous restons relativement confiants, dans la mesure où le pétrole effectue une remontée remarquée au-dessus des 72 $ : la manne des pétrodollars ne devrait plus tarder à voler au secours du CAC 40 ou de l’Euro-Stoxx 50. Espérons que l’OPEP se montrera aussi évasive que possible sur ses capacités à satisfaire une demande qui demeure particulièrement soutenue en Inde et en Chine, alors qu’elle décroît légèrement aux Etats-Unis… mais les premiers ouragans sont prévus pour la seconde quinzaine de juin.
Eh oui : pour soutenir Wall Street, rien de tel que de bons ouragans sur la Floride. Jeb Bush (le frère de l’autre !) n’aura aucun mal à obtenir les financements pour une reconstruction immédiate des infrastructures publiques et des marinas à l’usage exclusif des millionnaires retraités de la région, amateurs de pêche au gros : cela représente toujours des dixièmes de points de PIB en plus…
Philippe Béchade,
Paris
PS : Après sa chute cuisante hier, que fait le CAC 40 aujourd’hui ? Pour retrouver l’analyse complète de Philippe Béchade sur la séance en cours, composez le 0899 707 009* — vous y découvrirez également nos recommandations et conseils du jour, pour adapter votre portefeuille aux conditions de marché actuelles.
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—————————– (publ.)
Dans les moments d’incertitude boursière…
IL EST PLUS SUR DE REVENIR AUX SOURCES !
Voici par exemple un principe d’investissement quasi-enfantin… mais qui vous aurait permis de doubler votre mise en six mois…
Pour savoir comment, continuez votre lecture…
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** LA LOI DE LA CLAUDICATION, SUITE !
** Depuis notre naissance, juste après la Seconde guerre mondiale, le dollar a perdu environ 90% de son pouvoir d’achat. Il en perdra encore ; la tendance à la dégénérescence se fait plus forte.
* La chute est inévitable. La Loi de la Claudication démontre qu’une institution se rue invariablement sur la tentation sur deux jambes bien solides… mais qu’elle revient à la prudence en clopinant comme si elle avait droit aux places de parking pour handicapés.
* Cela, cher lecteur, peut vous sembler un point de vue purement théorique. Mais il décrit la raison pour laquelle le dollar est condamné à s’échanger, à terme, au prix du papier recyclé. La Fed est prompte à desserrer le crédit, et lente à le resserrer. Au cours du temps, la préférence pour la quantité de monnaie papier plutôt que sa qualité signifie que le dollar s’affaiblit peu à peu. La Loi de la Claudication le garantit. Elle décrit le processus de dégradation incrémentielle qui finit par détruire une économie, une nation ou une devise. La Loi de la Claudication nous indique que lorsque l’on se dirige à grands pas vers l’auto-destruction, c’est la patte folle de la prudence que l’on traîne derrière soi.
* La Loi de la Claudication signifie que le gouvernement des Etats-Unis a rendez-vous — avec la misère.
* Une étude du journal USA Today montre que chaque ménage américain est redevable de plus de 500 000 $ de promesses financières non-financées faites par les gouvernements locaux, régionaux et fédéraux :
* "Les obligations gouvernementales des Américains représentent cinq fois ce que les gens doivent en matière de prêts immobiliers, prêts automobiles, cartes de crédit et autres dettes personnelles. Cette dette de 57,8 milliers de milliards de dollars est la somme dont le gouvernement a besoin en ce moment, stockée et engrangeant des intérêts, afin de générer assez de liquide pour payer ses futures obligations. Lesdites obligations sont évaluées en dollars actuels, et arrivent à échéance dans quelques jours seulement, lorsque les bons du Trésor arriveront à maturité, et dans 75 ans pour la Sécurité sociale et Medicare."
* "Comme la facture non payée d’une carte de crédit, le bilan s’alourdit d’année en année — d’environ 25 000 $ par ménage tous les ans."
* "Les dettes des contribuables américains ont grimpé de 20% ces deux dernières années, 13% de plus que le taux d’inflation."
** La Loi de la Claudication nous indique pourquoi les dettes sont condamnées à prendre de telles proportions. Comme la Fed, les fédéraux se sont lancés dans la tentation et sont retournés à la sagesse en boitillant, à contrecoeur, en hésitant et partiellement seulement. Ils ont rapidement desserré les cordons de la bourse, et ne les ont resserrés que lentement. Les déficits étaient nombreux ; les surplus, rares. Les chiffres en rouge se sont multipliés ; ceux en noir ont dépéri. Le gouvernement a dépassé son budget pour contrebalancer les baisses du cycle économique — mais il a oublié de dépenser moins pour compenser les hausses. Et ainsi, la dette s’est accumulée.
* Rien que durant l’administration George W. Bush, on ajouté plus de dettes que durant toutes les administrations combinées depuis celle de George Washington.
* Mais attendez, pensez-vous peut-être, une guerre n’est-elle pas en cours ? N’est-ce pas là la vraie raison pour laquelle les dettes ont explosé ? Et cela ne vaut-il pas la peine de payer les coûts d’une guerre — aussi élevés soient-ils — pour que les générations futures puissent vivre librement ?
* Nous avons deux réponses à cela : "non", et "ça dépend".
* Mais permettez-nous de relier quelques points supplémentaires avant de répondre si brutalement. Une institution est une chose naturelle. Et comme toutes les créatures naturelles, elle vieillit parfois avec grâce — mais le plus souvent de manière comique et embarrassante. A mesure qu’elle prend de l’âge, les parasites, les revendeurs et les escrocs se pressent autour d’elle pour l’exploiter — comme s’ils faisaient du porte à porte pour vendre des encyclopédies à des vieilles dames.
* L’une des escroqueries décrites plus haut est l’expansion des dépenses gouvernementales lorsque les temps se font durs. Cette théorie nous a été donnée par Keynes, un économiste à l’intelligence insurpassable et au bon sens douteux. La pratique, elle, nous est fournie par des politicards ayant une main dans le tiroir-caisse public et l’autre caressant la joue de bébés, de gangsters ou de secrétaires — selon leur projet du moment. En théorie, les dépenses durant les jours difficiles sont compensées par la frugalité lorsque le temps est au beau. En pratique, les dépenses ne cessent jamais, parce qu’il n’y a aucune volonté d’y mettre fin, et parce qu’une fois mis en place, les programmes survivent par pure inertie.
* Selon la Loi de la Claudication, à mesure que les dépenses se prolongent, de plus en plus de gens développeront des infirmités. Les dépenses gouvernementales, conçues pour compenser un ralentissement du secteur privé, font que plus de gens sont employés par le gouvernement, et moins par les entreprises privées. Ces gens ne sont pas renvoyés lorsque l’économie va mieux. Non, ils restent dans la masse salariale publique, jusqu’à la prochaine crise, où l’on ajoute un nouveau contingent. Dans le secteur privé, par contre, le ralentissement éclaircit les rangs des citoyens productifs.
* Bien entendu, les employés ne sont pas les seuls destinataires du beurre gouvernemental. Pas plus qu’ils ne perdent soudain l’appétit lorsque le menu s’améliore pour le secteur privé. La Sécurité sociale, les retraites, les programmes d’assurance gouvernementale, les contrats gouvernementaux — tout continue. Peu à peu, l’économie accumule de plus en plus de parasites, des gens qui n’ajoutent pas à sa productivité. A mesure que leur nombre augmente, il en va de même pour la boiterie. En d’autres termes, le gouvernement hésite plus encore à réduire les dépenses, diminuer les subventions, éliminer les usines à gaz ou restreindre une dette publique qui grimpe en flèche.
* Pas étonnant que le pays se mette à boiter.
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*** La Chronique Agora présente ***
La chute des marchés est-elle due à une crise de confiance ou simplement au débouclage de positions gagnantes ? Le débat était animé hier au sein de l’équipe du Banquier Central. Aujourd’hui, de nouveaux éléments de réponse sur le sujet…
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Le Journal d’un Banquier Central
CHAMPIONS DU MONDE — 2ème PARTIE
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Par le Banquier Central (*)
Bonne communiquance
Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer le revirement des marchés. Les inquiétudes concernant l’inflation américaine prédominent. "Ça, c’est vraiment le problème de Bernanke, m’assurait mon cousin Werther le Trader.
- … Le nouveau directeur de la Fed ?
- Il manque d’expérience. Tu as vu comment il s’adresse aux marchés ? Il est ternement clair, Bernanke.
- J’ai des doutes sur la correction de ton ‘ternement’.
- Peu importe, je me comprends. Il est terne, Bernanke ; en plus, on comprend tout ce qu’il raconte. Il est ternement clair. Tout le contraire de Greenspan, en fait. Parce que Greenspan, lui, il était…
- … Etincelamment obscur ?
- … Voilà. Quand Bernanke dit qu’il sera très attentif à l’inflation, tout le monde le comprend et surveille l’inflation. Quand Bernanke dit qu’il ne regardera pas n’importe quelle inflation, mais uniquement le core price index, l’évolution des prix hors alimentaire et énergie, tout le monde le comprend et surveille le core price.
- Et puis, quand les chiffres tombent, qu’ils se révèlent moins bons qu’attendu…
- … Alors, tout le monde sait quoi faire, conclut Werther : les marchés d’actions plongent ; la demande resurgit pour l’obligataire : les prix repartent en hausse, les rendements baissent en sens inverse… Et les contrats de futures sur taux courts complètent le tableau, révélant que les marchés anticipent de nouveaux hikes par la Fed. Voilà ce qui arrive, quand on parle ternement trop clair aux marchés : banquier central, mon vieux, c’est un métier.
- A qui le dis-tu, soupirai-je ; à propos, tu savais qu’on m’avait promis la place à Francfort ? Mais que de mesquines intrigues…
- A tout prendre, me coupa Werther le Trader, mieux vaut leur parler comme notre Banquier central à nous.
- C’est-à-dire ?
- … Embrouillamment terne".
Dollar, yen ou yuan ?
L’autre facteur décisif, c’est, encore et toujours, la situation du change. En tendance de dépréciation depuis près d’un an, le dollar a déclenché à la mi-mai un rebond brutal face à la plupart des grandes devises mondiales. Mais là encore, ce retour technique ne signifie pas grand-chose face à l’ampleur du mouvement d’ensemble : -8% contre le yen, -10% face à l’euro… Pour Egisthe l’Analyste, des niveaux de support important ont été touchés à la mi-mai, notamment contre le yen ; ils militent pour une pause intermédiaire dans une tendance qui reste baissière à long terme pour le billet vert.
Une telle glissade, tacitement encouragée par le gouvernement US, favorise les exportations américaines en les rendant plus compétitives ; par ailleurs, elle diminue d’autant la dette publique du pays ; mais elle fait courir le risque d’augmenter les pressions inflationnistes sur l’économie américaine… Suscitant de nouvelles prises de bénéfices sur les marchés d’actions.
"Chose intéressante, observait mon ami Baptiste le Cambiste, le rebond récent du dollar apparaît plus disputé face à des devises fortes comme la livre sterling, l’euro, le franc suisse que face à des devises comme le baht, le peso, les roupies indienne et indonésiennes. On peut y voir la conséquence directe du débouclage des opérations de carry trade…
- Par exemple, emprunter des yens à taux zéro pour acheter des obligations d’état américaines ? lança Werther. Mais le débouclage, s’apparentant à l’opération inverse (je rachète mes yens) devrait plutôt soutenir le cours du yen ?
- On ne parle pas de carry trade dollar/yen, précisa Baptiste. On parle plutôt d’emprunter des yens, à taux zéro, voire des dollars, pour les investir dans des actifs risqués : des obligations de pays émergents asiatiques, par exemple ; des actions ; voire des matières premières. Dans un contexte de normalisation des taux, favorisé par les craintes inflationnistes, les intervenants estiment que le jeu n’en vaut plus la chandelle. Ce que la remontée du dollar exprime, c’est le coup porté à ces marchés émergents par le débouclage massif de positions courtes : leurs devises locales plongent, leurs marchés s’effondrent. Ce n’est pas le dollar qui reprend des forces, c’est le baht qui part à la trappe.
- C’est pour cela que les matières premières corrigent elles aussi ? demandai-je.
- Qui dit inflation dit ralentissement de la croissance, observa Werther. Les marchés anticipent une baisse de la demande.
- D’un autre côté, on pourrait parier sur un dollar baissier à long terme… Cela ne pourrait pas soutenir les anticipations sur les cours de l’or ou du pétrole ?
- Il faut croire que les intervenants en doutent pour l’instant, répliqua Baptiste. Il y a peut-être une troisième explication : le 15 mai dernier, la banque centrale chinoise s’est décidée, pour la première fois, à laisser filer le cours du dollar sous la barre des 8 yuans ; là, contrairement à toute attente, le greenback a violemment rebondi, les matières premières plongé, les marchés d’indices dévissé. Peut-être faut-il n’y voir que les craintes sur l’inflation américaine ; mais la perspective d’un yuan plus flexible, donc plus cher, avec sa conséquence immédiate — une perte de compétitivité pour l’usine du monde — pourrait expliquer, elle aussi, ce revirement. D’où les anticipations de ralentissement ; les replis des marchés ; les corrections sur le cours des matières premières. Cela signifierait alors que les leviers de l’économie mondiale ne sont plus outre-Atlantique, mais à Pékin… La Chine aurait-elle voulu démontrer sa puissance nouvelle aux banques centrales du monde entier qu’elle ne pouvait pas mieux s’y prendre."
Suite et fin de ce fascinant débat dès demain…
Meilleures salutations,
Le Banquier Central
Pour la Chronique Agora
(*) Derrière le Journal d’un Banquier Central, on trouve toute une équipe d’experts de la finance, de l’économie, de l’analyse technique et de la bourse — qui mettent à votre service leur expérience boursière aussi affûtée que leur sens de l’humour pour vous proposer des recommandations claires, fiables… et surtout profitables !
Pour découvrir le Journal d’un Banquier Central, continuez votre lecture…
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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