La diversification sera le maitre mot de vos profits

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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 29 mars 2007
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*** Beazer, vous avez dit Beazer ?
Comme c’est bizarre !

*** Les "5 E", la suite du retour…
A moins que ce ne soit l’inverse ?…

*** La diversification sera le maitre mot de vos profits (1)
Raphaël Garaud a su rester flegmatique pendant la tempête – une période riche en enseignements…

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Bonjour,

*** BEAZER, VOUS AVEZ DIT BEAZER ?

** Le CAC 40 vient d’aligner une troisième séance de consolidation consécutive (même si la journée de mardi s’était achevée sur un gain de 0,2%, l’impression de lourdeur demeurait prédominante) : l’indice phare a terminé en repli de 0,62%, alors que 34 titres sur 40 affichaient des pertes comprises entre 0,2% et 3,2%.

Les volumes se sont amplifiés de 20% par rapport à la veille. Aucun secteur de la cote parisienne n’a été épargné, mais celui des valeurs foncières a été particulièrement éprouvé : Nexity ou Kaufman & Broad chutaient de 3,7%, Icade de 2%, Klépierre et Unibail de 1,6%. Les causes sont à rechercher du côté des dernières statistiques immobilières publiées aux Etats-Unis, mais aussi — et c’est une nouveauté — du côté de l’actualité judiciaire, avec l’ouverture d’une enquête fédérale au sujet des pratiques commerciales d’un des leaders de la construction immobilière dénommé Beazer Homes.

** Le promoteur s’est signalé à l’attention de la presse géorgienne (et de la région d’Atlanta en particulier) par un record assez singulier : celui des saisies de maisons commercialisées par ses soins au cours de l’année suivant la vente. 20% contre une moyenne nationale de 3% !

La plupart des acheteurs étaient des emprunteurs à haut risque qui n’auraient en aucun cas pu prétendre à l’obtention d’un prêt dans des conditions normales. Cela n’a pas empêché la Government National Mortgage Association de les garantir les yeux fermés, alors qu’ils étaient assortis de taux usuraires, plus de deux fois supérieurs à la moyenne.

Les journalistes locaux, qui se sont penchés sur le sujet suite à de nombreuses plaintes déposées par des acheteurs acculés à la faillite, soupçonnent fortement certains vendeurs de pratiques commerciales douteuses et de falsifications délibérées des dossiers de crédit.

Menacé du déclenchement en parallèle d’un class action (plainte en nom collectif) par des clients qui s’estiment bernés et spoliés, Beazer chutait de 10% mercredi soir à Wall Street, après avoir dévissé de 15% hors séance.

** Nous aurions bien voulu aborder aujourd’hui d’autres sujets qui nous tiennent à coeur (tels que la possible résurrection de l’industrie du drapeau tricolore ou la suppression de l’impôt sur la fortune en Suède après 60 ans d’existence)… mais l’actualité nous a rattrapé, et elle est une fois de plus marquée par l’ombre de la crise immobilière aux Etats-Unis.

Le grand rendez-vous macro-économique se situait à Washington, avec une audition de Ben Bernanke devant une commission économique et financière du Congres américain. Le patron de la Fed estime que "les incertitudes entourant les perspectives économiques se sont quelque peu accentuées au cours des dernières semaines". Doux euphémisme.

Pour apporter un peu de baume au coeur des partisans de Goldilocks (équilibre des risques conjoncturels), il réitère son message du dernier conseil de politique monétaire de mercredi dernier : la Fed anticipe une modération progressive des pressions inflationnistes mais détecte également des signes de ralentissement de l’activité aux Etats-Unis, liés à la consolidation du marché immobilier.

Cependant, il n’est toujours pas question d’entériner le concept de contagion à d’autres secteurs économiques. Ben Bernanke se borne à envisager sobrement que de nombreux ménages risquent d’être mis en difficulté par la baisse du prix des logements, avec des retombées "difficiles à évaluer" à l’heure actuelle.

En ce qui concerne la crise du subprime, la ligne officielle ne change pas : l’impact économique demeure marginal, le système financier peut aisément y faire face, quelques banques américaines de premier ordre (comme Washington Mutual, Citigroup, Lehman Brothers, Bear Stearns, Morgan Stanley…) semblent plus exposées que d’autres — mais ces puissantes firmes continuent, aux dernières nouvelles, de dégager de solides bénéfices.

Il se trouve que ces profits résultent précisément d’activités qui dégagent de fortes marges : titrisation des crédits immobilier, création de produits structurés également dérivés de l’immobilier, financement d’organismes qui fournissent des prêts à haut risque, voire de hedge funds qui rachètent leurs émissions obligataires.

Pas de contagion en vue ? C’est un pur sophisme : tous ces domaines d’activité sont si intimement liés que le terme de contagion n’est effectivement pas le plus approprié. La périphrase "risque consubstantiel simultané" serait plus explicite, à défaut d’être aisément compréhensible dès son premier énoncé.

** Mais avant même d’accueillir assez fraîchement le discours de Ben Bernanke devant des membres avertis du Congrès, les marchés avaient subitement perdu pied à 14h30, réagissant négativement à la publication des commandes de biens durables aux Etats-Unis au mois de février.

Elles ressortent globalement en hausse de 2,5% (au lieu de 3,5% anticipé)… mais elles ont en fait reculé de 0,1% en février hors secteur des transports. Selon le département du Commerce américain, seules les commandes d’avions ont progressé, tirées par un bond de 88,4% du compartiment industriel lié aux appareils civils (et un grand merci à Boeing !).

Affecté par ces chiffres, le dollar reculait de nouveau sous les 1,3360/euro, enfonçant ses planchers de novembre 2006. La montée des tensions entre Londres et Téhéran, au sujet des marins britanniques capturés dans le golfe persique vendredi, semblait plaider en faveur du billet vert en fin d’après-midi.

Il remontera vers 1,3340 avant la clôture des places européennes — lesquelles parviendront ainsi à limiter leur recul à 0,6%. Au moment où nous écrivions ce dernier paragraphe, c’est le yen qui entamait une spectaculaire remontée de 1,1% au-delà des 116,5 $… une soudaine inflexion de la tendance à suivre de très, très près ce jeudi !

Philippe Béchade,
Paris

PS : Retrouvez Philippe Béchade dès 15h45 cet après-midi au 0899 707 009* avec des nouvelles complètes et détaillées de la séance en cours — accompagnées d’un suivi de nos positions en cours et de la recommandation du jour.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Assez d’attendre les profits ?

Une performance globale de 1 152,63% en 2006, grâce à des plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%

Parfois, c’est encore le court terme le plus performant. Découvrez pourquoi…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** LES "5 E", LA SUITE DU RETOUR…

** Aujourd’hui, nous nous interrogeons — brièvement — sur de grandes choses… de grandes tendances. Revoyons donc nos "5 E", et voyons voir si nous sommes toujours dans le vrai.

** Energie : selon nous, l’énergie dans son ensemble devient de plus en plus chère — mais nous n’avons pas d’informations inédites sur la question. Nous ne faisons qu’additionner deux et deux. Le monde moderne tourne au pétrole, et chaque année qui passe engendre plus de "monde moderne" et moins de l’antique carburant fossile qui le nourrit. Sans une avancée majeure en termes de production d’énergie… ou un renversement de tendance majeur pour le développement économique mondial… attendez-vous à payer votre courant plus cher.

** L’Expérience monétaire : l’argent fait tourner le monde… mais qu’est-ce qui fait tourner l’argent ? En théorie, la monnaie doit être en quantité limitée, de sorte qu’elle reflète l’offre de biens et de services à l’achat desquels on l’emploie. Historiquement, l’or était utilisé pour faire en sorte que l’offre de monnaie n’excède pas l’offre de biens et de services. Mais depuis 1971, l’or est sorti du système. Les gens n’ont plus que leur confiance dans le fait que les gens contrôlant la monnaie papier le feront correctement. Cependant, l’histoire montre également que ce n’est jamais le cas. La tentation de créer trop d’"argent" a toujours été irrésistible… ce qui génère une tendance ; la monnaie papier perd sa valeur. Puisque la quantité d’"argent" augmente si rapidement, nous nous attendons à voir cette tendance aller en s’accélérant. Cela ne veut pas dire qu’il ne pourrait pas y avoir une période de déflation… durant laquelle la devise voit sa valeur augmenter, du moins pendant un temps. Mais une période déflationniste ne ferait probablement qu’augmenter la pression pesant sur les autorités financières d’augmenter la masse monétaire. Nous serions surpris de voir ce système expérimental survivre pendant 20 ans encore.

** L’Exode : la puissance économique passe d’ouest et est. Il suffit d’observer la liste de milliardaires élaborées par Forbes… de lire les journaux… de regarder où ont été construits votre voiture et vos gadgets. La plupart des économies asiatiques se développent deux à trois fois plus rapidement que celles de l’Occident.

* La semaine dernière, nous avons rencontré nos nouveaux partenaires en Inde. Nous avons appris une chose surprenante sur le marché du travail indien :

* "Oui… il y a plus d’un milliard d’habitants en Inde…" a déclaré notre partenaire, "mais essayez donc d’embaucher quelqu’un. Le marché de l’emploi est très serré. Ceux qui ont fait une école de commerce — si elle était bonne — peuvent obtenir un emploi n’importe où. Pas seulement en Inde, mais partout ailleurs dans le monde. Leurs salaires grimpent donc, pour rejoindre la moyenne mondiale. Si vous voulez quelqu’un pour balayer votre terrasse… oui, ça, ce sera bon marché. Mais si vous voulez quelqu’un qui sache faire ce que nous faisons… eh bien vous paierez quasiment autant qu’aux Etats-Unis. Les salaires augmentent rapidement".

* Voilà ce que nous dit l’Associated Press :

* "Une étude annuelle faite par Hewitt Associates a révélé que les salaires indiens allaient probablement augmenter de 14,5 en moyenne en 2007, les banques et les sociétés de services financiers offrant les hausses les plus conséquentes".

* "Les Philippines sont loin derrière, avec des augmentations de salaires se montant en moyenne à 8,3%, tandis qu’en Chine, les salaires vont probablement augmenter de 8,1%, montrait l’étude".

* "Alors que les hausses de salaire devraient ralentir dans la plupart des pays asiatiques courant 2007, l’Inde verra une accélération par rapport à l’augmentation moyenne de 14% l’an dernier".

* "’La guerre pour les talents se fait de plus en plus féroce en Inde’, déclare Sharad Vishvanath, cadre chez Hewitt. ‘En conséquence, les salaires jouent un rôle de plus en plus fondamental pour attirer les talents et assurer des embauches continues".

* "Les salaires indiens devraient finir par atteindre les mêmes niveaux que ceux des pays asiatiques développés comme le Japon et Singapour, déclare l’étude, qui portait sur 1 500 entreprises asiatiques, dont 580 sont localisées en Inde".

* Pourquoi cette tendance devrait-elle prendre fin ? Pourquoi, dans un monde globalisé, le travail d’un homme à Chennai vaudrait-il moins que le travail d’un homme à Detroit ? L’homme de Detroit est-il plus intelligent ? Il n’y a aucune raison de le penser. A-t-il de meilleurs outils ? Plus d’information ? Plus de capitaux ? C’était peut-être vrai par le passé… mais aujourd’hui, plus aucun pays ne possède d’avantage acquis et immuable. L’internet qui nous permet d’écrire nos Chronique pour les lecteurs du monde entier élimine aussi une bonne partie des avantages locaux que l’Occident avait autrefois. Ca et les conteneurs d’expédition… les accords commerciaux… les compagnies aériennes low cost… et le développement de l’anglais en tant que langage commercial mondial.

* Nous pensons que cette tendance va sans doute se poursuivre. L’Asie va probablement s’enrichir. La Chine a déjà le plus gros tas d’argent accumulé depuis Midas — plus de 1 000 milliards de dollars.

* Bien entendu, à mesure que les Asiatiques s’enrichiront, cela nourrira les autres tendances — qui utiliseront bien plus d’énergie. Ils voudront manger plus de viande… conduire plus de voitures… sur plus d’autoroutes.

* … Et ils voudront probablement exhiber leurs muscles, militairement parlant. Les pays s’occupent de leurs affaires jusqu’à être assez grands pour commencer à se mêler de celles des autres. Au bout d’un moment, les Asiatiques commenceront à dépenser leur argent en armes… et à rouler des mécaniques. Notre conseils aux dirigeants occidentaux : soyez gentils avec les Asiatiques.

* Nous continuerons notre survol des "5 E" dès demain…

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Découvrez la Bourse comme vous ne l’avez encore jamais vue…
… grâce à des conseils qui auraient pu vous permettre de cumuler 330,68% de gains en 2006 !

Pour savoir comment, c’est par ici…

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*** La Chronique Agora présente ***

Raphaël Garaud, rédacteur en chef de Vos Finances – la Lettre du Patrimoine, revient sur les événements des semaines passées et vous explique comment adapter vos investissements aux conditions actuelles et à venir…

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LA DIVERSIFICATION SERA LE MAITRE MOT DE VOS PROFITS — 1ère PARTIE
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Par Raphaël Garaud (*)

Je crois qu’il est temps, cher lecteur, de faire le point sur ce qui s’est passé sur les marchés boursiers ces dernières semaines. Puisque nous avons maintenant le recul nécessaire, nous le ferons donc dans le calme et la sérénité pour pouvoir en tirer les conséquences immédiates et tenter surtout d’évaluer le futur — seule chose qui, finalement, nous intéresse.

Les causes de la tempête
A mon avis, vous ne deviez pas, comme beaucoup d’opérateurs, suivre assidûment la Bourse de Shanghai. Moi non plus, car j’avoue que j’ai toujours estimé que son influence sur les marchés mondiaux était encore limitée — et je ne change pas d’opinion pour le moment : c’est encore et toujours la Bourse américaine qui donne la tendance. Que s’est-il passé concrètement ?

En fait, une baisse significative à Shanghai (-9%) — mais pas non plus catastrophique — a provoqué, par sa brutalité, une onde de choc "asiatique" qui s’est produite au moment où Wall Street et les autres places mondiales enregistraient un recul. Il s’agit donc au départ plus d’une coïncidence qu’autre chose.

La bourse asiatique avait plus que doublé (+130%) en 2006, sans que les médias en fassent leur Une et que la communauté financière ne pousse de hauts cris. Qu’une forte prise de bénéfices ait eu lieu n’a rien d’anormal : ce ne sont ni les premières ni les dernières, je vous le dis tout de suite !

Penser que la Bourse de Shanghai puisse à l’heure actuelle avoir une influence telle qu’elle déstabiliserait l’ensemble des places du monde occidental relève de l’exagération, voire du fantasme : il n’y a aucun lien mécanique ou psychologique, comme le précise un responsable d’une grande banque française implantée à Shanghai justement.

La volatilité du marché chinois en particulier, et des marchés asiatiques en général, a toujours été très élevée — bien plus que ce que nous connaissons sur les grandes places européennes ou américaines et qui pose problème aux investisseurs occidentaux. Ne soyez pas inquiet pour la Chine : les résultats des entreprises y sont très bons actuellement, grâce à une bonne productivité et un taux de croissance du PIB pour 2007 estimé à 9,5%.

Le trou d’air chez nous a été certes marqué, mais ce ne fut pas un abîme de désolation. Les grandes valeurs du CAC 40 sont restées relativement calmes. Il est vrai que leur valorisation n’était pas excessive, que leurs résultats étaient excellents et que leur avenir semble rassurant. Enfin, ayez toujours à l’esprit que l’environnement économique, boursier et financier est instable par nature et que les changements rapides y sont courants depuis un certain temps.

Quels risques planent sur nos marchés ?
Les indices boursiers se sont d’abord nettement repliés pour connaître ensuite un petit rebond… mais qui n’a pas été à la hauteur des espérances. Les inquiétudes ont vite repris le dessus et une nouvelle vague de baisse se profile à l’horizon US — donc chez nous par mimétisme. Il faut reconnaître que le taux de défaillance des prêts hypothécaires aux Etats-Unis n’a jamais été aussi élevé depuis quatre ans. Les investisseurs redoutent alors que les grandes banques en subissent les conséquences et que l’économie tout entière en pâtisse.

Ce qui est certain c’est qu’à court terme, tant que l’on ne connaîtra pas l’ampleur des dégâts, les risques de baisse sont grands chez nos amis américains. D’autant que les craintes sur l’inflation — sans être fortes –, n’en demeurent pas moins un sujet de sourde inquiétude permanent. Dans ce climat d’où la visibilité est absente, les pires excès peuvent être commis. N’oubliez pas que l’économie américaine est un des moteurs de la croissance mondiale. Si elle venait à ne plus tourner rond, c’est là que les impacts sur les places mondiales seraient énormes. Imaginez alors ce qui en résulterait. Une baisse peut donc toujours en cacher une autre…

La suite dès demain.

Meilleures salutations,

Raphaël Garaud
Pour la Chronique Agora

(*) Raphaël Garaud est rédacteur en chef de Vos Finances — La Lettre du Patrimoine. Ce service d’information financière offre à ses membres des moyens exclusifs et fiables de protéger et d’accroître leur patrimoine. Actions, fiscalité, immobilier, investissements alternatifs… Vos Finances — La Lettre du Patrimoine ne laisse rien au hasard lorsqu’il s’agit de faire fructifier votre capital ! Pour en savoir plus

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