La clémence d’Ernesto

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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 30 août 2006
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*** La clémence d’Ernesto
Philippe Béchade examine les avis de tempête et de beau temps sur l’économie américaine…

*** C’est l’heure de l’apéritif
Bill Bonner déménage quelques meubles…

*** Le GOR sous pression (1)
Or jaune et or noir avancent la plupart du temps main dans la main… sauf à deux occasions récentes…

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1 740,11% de gains cumulés au total sur le premier semestre 2006…
Une performance moyenne de 23,84%
Des gains de +50%… +69,77%… +67,86… +88,10%… depuis début mai 2006…
Sans compter les plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%… engrangées durant la première partie du 1er semestre 2006 !

Quels investissements permettent d’engranger ce genre de gains ?

Continuez votre lecture pour tout savoir…

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Bonjour,

*** LA CLEMENCE D’ERNESTO

** Nous n’avions pas pronostiqué le rebond du Nasdaq (le Composite) lundi soir… mais nous allons peut-être nous rattraper en pariant sur un nouvel échec de l’indice des valeurs de croissance sous la résistance des 2 160 points.

Si Paris a effectué une incursion au-delà de la résistance des 5 150 points et clôturé en hausse de 0,25%, la plupart des autres places européennes ont prudemment effectué un pas de retrait en fin de journée hier, dans le sillage de Wall Street (-0,4% à mi-séance).

** Cette fois-ci, l’explication ne nous demandera pas de décortiquer une logique de marché qui n’appartient qu’à lui, parce que tous les gérants américains ne parlaient que de cela mardi en début de séance : la confiance des ménages américains, selon le baromètre du Conference Board, a sombré de plus de sept points d’un coup au cours du mois d’août, effaçant tous les gains enregistrés depuis février.

La hausse du coût du crédit, la hausse du pétrole et celle des taxes locales aux Etats-Unis sont passées par là… sans parler de la décrue de la bulle immobilière et de l’allongement des délais pour procéder à la revente d’une résidence principale ou secondaire — alors que la mobilité professionnelle reste une pierre angulaire d’un taux de chômage réduit outre-Atlantique.

Les ménages interrogés se disent également un peu plus inquiets à propos des perspectives d’emplois et de salaires alors que l’un des principaux secteur d’activité — la distribution — ralentit le rythme des recrutements dans la perspective d’un ralentissement prévisible de la consommation.

D’autre part, la proximité des élections législatives de novembre aux Etats-Unis reste une période traditionnellement peu porteuse sur le plan économique lorsqu’un basculement du rapport de force politique se profile… ce qui semble bien être le cas actuellement : la cote de G.W. Bush — et des Républicains en général — demeure obstinément scotchée aux plus bas niveaux observés depuis une décennie.

** L’anniversaire du passage de l’ouragan Katrina garantit un désastre électoral aux alliés du Président dans les états du sud, où le vote de la population noire s’apprête à basculer massivement en faveur des Démocrates. La thématique de la lutte pour la sécurité du monde ne fait plus recette alors que l’Irak, et plus particulièrement Bagdad, sont devenus — de très loin — les lieux les plus dangereux de la planète, tandis que l’Afghanistan retombe peu à peu aux mains des seigneurs de la guerre et des trafiquants d’opium.

Il est également un secteur où la paranoïa sécuritaire induit des effets durablement négatifs : le tourisme à destination des Etats-Unis, avec l’allongement souvent rédhibitoire des délais d’embarquement pour les familles voyageant avec des enfants en bas âge (fouille systématique et interminable des bagages à main à l’aller et au retour), et l’obligation d’enregistrer en soute la plupart des matériels électroniques dernier cri, fidèles compagnons "communicants" des hommes d’affaires lors des longs trajets au-dessus de l’Atlantique ou du Pacifique.

Les trajets aériens achèvent de perdre de leur charme — si tant est qu’il en subsiste encore aux USA depuis septembre 2001. Les duty free, de leur côté, sont en train de péricliter puisque la quasi-totalité des produits phares (parfums, spiritueux, vins fins, denrées alimentaires, accessoires de mode sous emballage opaque) sont désormais interdits de séjour en cabine.

Les compagnies aériennes basées aux Etats-Unis subissent des pertes qui se chiffrent en centaines de millions de dollars, et les agences de voyage américaines enregistrent une chute impressionnante des réservations depuis un mois, aussi bien dans le secteur affaires que dans le tourisme de loisir.

** Londres est frappé du même syndrome ; il n’a jamais été aussi facile de trouver de la place dans les hôtels du centre de la capitale, ainsi que dans les résidences avec prestations hôtelières haut de gamme destinées aux cadres supérieurs effectuant des missions temporaires de quelques semaines ou de quelques mois sur le sol britannique.

Le secteur des locations meublées était déjà sinistré depuis les attentats de Londres en juillet 2007. Le "complot" à l’explosif liquide découvert en août 2006 lui assène le coup de grâce : beaucoup de réunions organisées par des multinationales sont déprogrammées ou re-routées vers d’autres capitales européennes, plus facilement accessibles par voie aérienne et sans débauche de mesures de contrôle draconiennes.

** Mais si nous parvenons assez facilement à identifier les secteurs économiques qui affichent une santé chancelante alors que l’activité va retrouver son rythme de croisière avec l’achèvement de la période estivale, il nous apparaît plus compliqué de repérer ceux qui pourraient bénéficier des perspectives étincelantes dans un contexte de ralentissement conjoncturel.

Manifestement, les investisseurs s’accordent à penser que les valeurs financières vont de nouveau tirer leur épingle du jeu. En Europe, par exemple, ce sont elles qui ont enregistré depuis fin juillet la plus forte progression d’ensemble, et nul ne s’inquiète de voir la BCE relever son taux directeur à 3,25% (peut-être ce jeudi même) puis 3,50% d’ici la fin de l’année.

Aux Etats-Unis, ce sont les divisions corporate (banque d’affaire) qui semblent promises à un avenir radieux. Faute de dynamique économique réelle, les entreprises américaines pourraient se lancer dans une nouvelle vague d’opérations de croissance externe et de fusions/acquisitions. Par ricochet, cela pourrait insuffler aux indices américains une euphorie spéculative largement absente depuis début 2006, en dépit de quelques grosses OPA dans le compartiment des produits de base (qui va manger qui ?).

Mais nous serions prêt à tenter le pari que ce sont les établissements de crédit spécialisés dans les renégociations de dettes en déshérence (défauts de paiement, faillites personnelles, crédit relais immobilier atteints par la "limite d’âge") qui vont enregistrer un afflux de clientèle d’une ampleur jamais observée depuis la faillite des caisses d’épargne du Middle West au début des années 80.

De beaux esprits — notamment parmi les plus affûtés de la Federal Reserve — avaient beau jeu d’affirmer que l’inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis depuis presque un an était due à un phénomène technique ponctuel dont les mécanismes présentaient une structure originale et sans précédent : pas question pour Ben Bernanke d’admettre qu’il puisse s’agir d’une anticipation récessionniste des plus classiques.

Il faudrait qu’il se montre plus convaincant, car les établissements se réclamant du créneau "SOS crédit" ne se gênent plus pour épouvanter leurs clients potentiels avec des arguments chocs sur la conjoncture locale, tirés d’exemples concrets et non d’une fiction comptable telle que le département du Commerce américain excelle à en produire.

** Nous conclurons cet essai avec une petit clin d’oeil à Ernesto, dont la clémence, à l’approche de l’île gouvernée par Fidel depuis près de 45 ans, a permis au pétrole de repasser sous les 70 $ pour la première fois en l’espace de quatre mois. Cela a suscité une vague d’euphorie que la prochaine formation dépressionnaire au large de l’Amérique du Sud pourrait bien doucher d’ici début septembre — à moins que les statistiques de l’emploi américaines ne s’en chargent dès vendredi…

Philippe Béchade,
Paris

PS : Retrouvez toutes les analyses et recommandations de Philippe Béchade au 0899 707 009* — pour garder le cap quoi que nous réservent les marchés aujourd’hui !
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Un principe d’investissement si simplissime
… que vous l’avez probablement OUBLIE !

Pourtant, il vous aurait permis de doubler votre mise en six mois
Pour savoir comment, continuez votre lecture…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** C’EST L’HEURE DE L’APERITIF

** Ce week-end, nous avons interrompu nos vacances. Tout a commencé lorsque nous avons loué une camionnette pour récupérer des meubles que nous avions laissés à Londres. L’idée de départ était d’aller en voiture jusqu’à Londres avec Damien, notre jardinier-homme à tout faire, de charger le véhicule et de laisser Damien prendre le relais pour le retour à Ouzilly. Mais lorsque nous sommes arrivé à Londres et avons vu Damien conduire du mauvais côté de la route — au nez et à la barbe d’une Mini Cooper flambant neuve, nos plans ont quelque peu changé.

* Nous avions décidé de déménager ces meubles, ce qui semblait assez simple — mais pas facile. Ouzilly est à 10 heures de Londres, en voiture, et nous devions emporter le contenu d’une maison de trois pièces. Nous avons donc embauché notre jardinier pour nous aider. A 3h30 du matin, nous avons quitté notre lit, sommes montés dans la camionnette et sommes partis.

* "Il faut qu’on dépasse Paris avant l’heure de pointe", a expliqué Damien.

* "Mais c’est dimanche — il n’y aura pas d’heure de pointe ce matin", avons-nous protesté.

* "Non, ce n’est pas l’heure de pointe habituelle. Mais attendez de voir. Tout le monde rentre de vacances, les autoroutes seront bourrées de voitures tirant des caravanes, avec des vélos à l’arrière. Ce sera horrible. Et de toute façon, je déteste la circulation parisienne."

* Damien a pris le volant, et nous nous sommes endormi dans le siège du passager.

** Tout s’est raisonnablement bien passé ; la traversée du Channel par Eurotunnel, l’arrivée à Londres. Nous avons conduit pendant quelque temps, mais Damien s’est chargé de la majeure partie du trajet. Une fois à Londres, cependant, Damien — qui a été routier pendant 14 ans — a eu du mal à s’habituer à la conduite anglaise.

* "Oh là, Damien ! A gauche… à gauche !"

* "Merde ! Pourquoi ils ne peuvent pas conduire du bon côté de la route, ces Anglais !"

* La petite Mini Cooper nous a frôlés… de justesse. Nous nous sommes posé quelques questions sur la capacité de Damien à revenir seul à Ouzilly. Après tant d’années sur les routes françaises, Damien a pris des habitudes plutôt tenaces. Nous avons donc décidé de faire la route du retour avec lui.

* Le trajet a été un véritable plaisir. C’était un jour férié en Grande-Bretagne — on ne nous a posé aucune question à l’entrée du tunnel ; pas besoin de sortir nos passeports, il n’y a pas eu d’attente.

* Mais aux abords de Paris, la circulation était dense — dans la direction opposée.

* "Je déteste Paris, j’appelle ça ‘la poubelle’", a déclaré Damien. "Mais puisqu’on est là, autant aller à Orléans. Il y a un excellent relais routier là-bas. Ca va faire cinq ans que je n’y suis pas allé, mais il fait vraiment partie des meilleurs."

* Nous avons quitté l’autoroute pour atteindre le restaurant, et nous nous sommes retrouvés dans un petit établissement bondé de routiers. La majeure partie d’entre eux parlait l’espagnol, avons-nous noté.

* "Oui, maintenant, la plupart des routiers sont portugais ou espagnols. Tiens, prenons un apéritif…"

* En général nous n’associons pas les apéritifs avec les routiers — ou les relais routiers — mais on est en France. Nous avons donc bu un kir avant d’entamer notre déjeuner.

* A Londres, nous aurions payé au moins 50 euros pour un tel repas — entrée, salade, steak, légumes, fromage, dessert, café. Tout ça arrosé d’un pichet de vin si profond qu’il aurait suffi à abreuver toute l’équipe de foot du Portugal. L’addition se montait à 11 euros par personne. Nous nous sommes demandé comment des routiers pouvaient boire autant sans finir dans un platane. La réponse est arrivée avec le café, qui était si fort qu’on l’utilisait probablement pour dissoudre du vernis industriel.

* Nous sommes finalement arrivés à Ouzilly vers 20h. Nous avons rassemblé les enfants pour décharger la camionnette.

* "Parfait", a dit Damien. "Maintenant, prenons un apéritif."

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*** La Chronique Agora présente ***

Or jaune et or noir avancent la plupart du temps main dans la main… sauf à deux occasions récentes. Simone Wapler examine la question… et ce qu’elle peut signifier pour l’avenir du métal jaune.

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LE GOR SOUS PRESSION — 1ère PARTIE
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Par Simone Wapler (*)

L’or et le pétrole suivent des voies haussières légèrement divergentes, l’or ayant pris du retard. Cet écart devrait pourtant se résorber… même si le pétrole flambe.

Le GOR, ou Gold Oil Ratio est le prix de l’once d’or divisé par celui du baril. Depuis 1965, ce ratio se situe dans une bande de 5 à 30 avec une moyenne de 15. Et depuis que ce ratio est suivi, les cours de l’or et du pétrole évoluent toujours dans le même sens, sauf à deux occasions récentes : 1975-1976, date du premier choc pétrolier, puis 1998-2001. Par deux fois, l’or jaune a décroché de l’or noir, en accusant un net retard. Après son premier décrochage, l’or a vite comblé son handicap : le GOR, qui avait sombré à 5, est revenu à 18 en 1980, sommet de l’or. Après son deuxième décrochage, le GOR a mollement rattrapé son retard pour arriver à 12. Mais depuis 2001, le GOR reste obstinément sous sa moyenne historique, se prélassant entre 8 et 10.

Six ans ne sont pas grand’chose par rapport à quarante ans, mais beaucoup proclament la mort de la moyenne historique du GOR. Pour un retour à 15, il faudrait une once d’or à 1 125 $ avec un baril à 75 $ ; ou bien un pétrole à 48 $ pour une once d’or à 700 $. Pour le moment, ces deux butées paraissent bien lointaines ; quoique…

Comme toujours en matière financière, c’est la perception des investisseurs qui infléchira la tendance. Par perception, il faut entendre sentiment basé sur les données qui semblent les plus importantes sur le moment. Le prix du pétrole peut flamber par peur de manquer, celui de l’or par peur de l’inflation. Or jaune et or noir possèdent un point commun : ils restent pour le moment tous deux regardés comme des matières premières comme les autres.

Pour le pétrole, on admet qu’il suffit, pour produire, de prospecter et d’extraire, le prix étant fixé par la demande. Pour l’or, il n’intéresse pour le moment que la technologie et la joaillerie. Le secteur financier dans sa majorité le dédaigne en tant que réserve monétaire. Mais lorsqu’une inquiétude surgira quant au décalage entre rythme de consommation et rythme de renouvellement des réserves du pétrole, le cours du pétrole flambera. L’or dans un premier temps pourra ne pas suivre. Mais tôt ou tard, comme en 1976, il se rattrapera. Ce qui veut dire que le GOR devrait revenir à sa valeur de 15, mais avec un pétrole à plus de 100 $ le baril.

Pourquoi le pétrole s’est-il renchéri à ce point ? "A cause de la demande des pays émergents et notamment de la Chine" est la réponse communément admise, et d’ailleurs exacte. Mais on pourrait simplement observer que si le pétrole était tellement abondant, il suffirait de prospecter et de pomper pour calmer les prix.

Une autre réponse au renchérissement du pétrole est moins répandue : les pays producteurs font de moins en moins confiance au dollar.

La suite dès demain…

Meilleures salutations,

Simone Wapler
Pour la Chronique Agora

(*) Analyste, journaliste et ingénieur de formation, Simone Wapler a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux les Echos, Chart’s… Spécialisée dans les valeurs technologiques et industrielles, et se penche sur l’or — mais aussi sur les marchés étrangers — tous les mois dans la lettre Vos Finances – La Lettre du Patrimoine.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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