La clé du boom des matières premières

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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 27 février 2007
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*** Que se passe-t-il ?
Un vent de désorganisation souffle sur les rangs boursiers…

*** Réaction et sur-réaction
Bill Bonner se penche sur quelques hypothèses aurifères…

*** La clé du boom des matières premières (2)
C. Mayer vend la mèche sans artifice… à vous de mettre le feu aux poudres !

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IL N’Y A PAS QUE LE CAC 40, DANS LA VIE !
L’indice national n’est en fait qu’une toute petite partie de la place parisienne — et de loin pas la plus rentable.

Et jusqu’à présent, on entendait rarement parler des actions les plus profitables… des valeurs qui peuvent pourtant augmenter vos gains de 74%… 53,8%… 35,14%… 43,17%… 60%… voire plus.

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Bonjour,

*** QUE SE PASSE-T-IL ?

** Eh bien alors, que se passe-t-il ? Ca monte chez les uns, ça baisse chez les autres, ça hésite, ça se tâte, ça prend des bénéfices, ça décide de s’accrocher malgré tout… Il souffle comme un vent de désorganisation dans les rangs haussiers ces derniers jours, et tout ça commence à prendre l’aspect d’une armée qui aurait perdu ses officiers.

Vivement que quelques statistiques américaines viennent apporter quelques raisons de se regrouper sous une bannière ou une autre !

** En attendant, lundi a été une journée "moitié-moitié" — avec la moitié baissière du côté américain, et la moitié haussière du côté européen. Le CAC 40 a terminé la journée solidement au-dessus des 5 700, à 5 762,54 points, soit une hausse de 0,81%. Pendant ce temps, à Londres et Francfort, on était à égalité : +0,51% pour le Dax allemand et pour le Footsie britannique.

Aux Etats-Unis, la baisse a été unanime, malgré les fusions-acquisitions — dont "la plus importante jamais réalisée par le biais d’un LBO", selon le site investir.fr. "Le producteur d’électricité TXU a en effet accepté d’être racheté par les fonds KKR et Texas Pacific Group pour environ 45 milliards de dollars, dette comprise".

Cela n’a pourtant pas suffi à faire remonter les cours. Le Dow Jones a terminé la séance sur une perte de 0,12%, à 12 632,26 points, tandis que le Nasdaq abandonnait 0,42%, pour venir s’échouer à 2 504,52 points. Enfin, le S&P 500 a clôturé à 1 449,35 points, soit une baisse de 0,13%.

Espérons que les statistiques prévues ces prochains jours seront à la hauteur des espérances, sans quoi ce désordre pourrait se transformer en véritable déroute…

** On dirait d’ailleurs que certains investisseurs sont d’avis que les choses pourraient bientôt se gâter — il suffit de regarder le cours de l’or, valeur refuge traditionnelle, et qui pourrait presque servir de "baromètre d’inquiétude" : ces derniers jours, il grimpe et grimpe encore… A Londres hier, l’once d’or continuait d’avancer, pour terminer à 685,75 $ au second fixing.

Sa hausse est sans doute nourrie, entre autres choses, par les tensions renouvelées avec l’Iran au sujet du programme nucléaire — une situation qui alimente aussi la petite flambée qui se produit pour le pétrole. Si l’on rajoute à cela une baisse notable des réserves de produits distillés et des incidents ayant affecté une raffinerie et un oléoduc aux Etats-Unis… il n’est pas étonnant de voir que le baril de WTI a grimpé de 25 cents hier à New York, pour terminer à 61,39 $.

Et de son côté, le billet vert continue de lâcher du lest ; à l’heure où je rédige ces lignes, il faut 1,3211 $ pour acheter un euro.

** Et que voyons-nous, en une de La Tribune ce matin ? "Les permis de construire continuent d’être délivrés, mais le nombre de mises en chantier chute". Rien de nouveau sous le soleil américain, soupirez-vous peut-être… sauf qu’il s’agit là de statistiques françaises !

"Alors que d’août à octobre, les mises en chantier avaient reculé de 10%", continue le journal, "elles ont cédé 11% sur les trois mois qui suivent. De leur côté, le nombre de permis de construire délivrés en France entre novembre 2006 et janvier 2007 a progressé de 1,1% en glissement annuel, selon le communiqué publié ce matin par le ministère de l’Equipement".

Il n’y a pas qu’aux Etats-Unis, que les bulles se dégonflent…

Françoise Garteiser,
Paris

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, au Nicaragua

*** REACTION ET SUR-REACTION

** "On ne peut jamais vraiment savoir, avec toutes ces choses", a déclaré un invité à notre fête sur la plage samedi soir. Notre ami gère un fonds d’investissement, en majeure partie avec la fortune familiale et en majeure partie suivant une analyse macro-économique.

* "Il y a très clairement une bulle de liquidités. Mais lorsqu’on voit une aussi grande fête… on n’aime pas la rater. Nous sommes aussi sortis de la Russie trop tôt. Nous aurions pu gagner bien plus d’argent en restant encore un peu. A présent, nous sommes positionnés sur les actions chinoises, le pétrole et le tourisme. Et le cash. Nous avons augmenté de 25% notre position en liquidités. Nous sommes vraiment inquiets de voir tout ça prendre fin. Et lorsque ce sera le cas, les actions chinoises seront réellement en difficulté. Mais nous n’investissons pas pour le court terme. Nous regardons 10 ans en avant. Et ce que nous voyons dans 10 ans, c’est des cours plus élevés pour les actions chinoises, une hausse des prix de l’énergie, et véritable boom du tourisme dans de nombreuses régions du monde".

* "Vous avez vu ce qui se passe au Costa Rica ? Le pays est en plein boom. Les gens paient de véritables fortunes pour des propriétés touristiques. Il se passe la même chose au Panama. Un endroit comme celui-ci coûterait des millions en Californie… et quasiment autant au Panama ou au Costa Rica. Le Nicaragua en est encore au début du cycle. Une propriété qu’on achèterait 100 000 $ ici coûterait 400 000 $ ou 500 000 $ au Costa Rica".

* "Mais revenons à la situation macro-économique. 25% de nos positions en liquidités, comme je le disais. Le problème, c’est que les liquidités nous inquiètent aussi. Nous sommes positionnés en dollars, comme tout le monde. C’est la devise la plus sûre qu’on trouve. Et nous présumons que lorsque la bulle des liquidités éclatera, le prix des actifs financiers baissera. Ce qui signifie que la valeur du dollar — pour un investisseur — doit grimper".

* "Rappelez-vous, quand même, que tout est relatif. Si nous perdons de l’argent dans un krach du crédit, nous ne serons pas les seuls. Et si nous perdons moins que d’autres investisseurs, nous sommes gagnants. Parce que nous serons en meilleure position pour racheter certains de ces actifs financiers à des prix cassés".

* "Le problème, quand on se positionne en liquidités, c’est qu’il faut aussi s’inquiéter de la devise. Je veux dire qu’il n’y a rien de garanti pour le dollar non plus. Nous pourrions subir une grosse perte à cause du dollar lui-même… contre d’autres devises ou par rapport aux prix à la consommation… donc on n’aime pas se positionner trop lourdement en liquidités".

* "Vous, vous achèteriez probablement de l’or. Pas nous. L’or a été un investissement épouvantable durant la majeure partie de notre vie adulte. En plus, nous n’y connaissons rien".

** Notre ami avait raison au sujet de l’or. Ca a été un investissement épouvantable durant la majeure partie de notre vie adulte. Mais ce qui fait de l’or un investissement épouvantable la majeure partie du temps en fait un investissement exceptionnellement profitable à l’occasion. L’une de ces occasions s’est produite durant les cinq dernières années des années 70. Le prix du métal jaune est passé de 40 $ environ à plus de 800 $. L’or a réagi… puis sur-réagi… à l’inflation des prix à la consommation des années 60 et 70.

* A présent, l’or réagit à nouveau. Mais à quoi ? Il n’y a que très peu d’inflation des prix à la consommation. Pourtant, le métal jaune a vu son prix plus que doubler depuis le début de la longue guerre contre le terrorisme. L’an dernier, il a grimpé de près de 20% par rapport au dollar. Cette année, vous auriez déjà pu gagner plus grâce à l’or que grâce à toute une année de rendements des bons du Trésor US.

* Nous supposons que l’or réagit à l’inflation des prix des ACTIFS, et non des prix à la consommation. Et nous pensons que la tendance a encore du chemin à parcourir. Comme nous ne cessons de le souligner, la masse monétaire mondiale a augmenté de 10% par an environ ces 10 dernières années. C’est à peu près trois fois plus rapidement que la masse de biens et de services pour l’achat desquels on utilise cet argent. Jusqu’à présent, les prix à la consommation n’ont pas été beaucoup affectés, parce que l’argent est passé dans les investissements, et non dans le coût des marchandises produites. C’est sujet à changement, bien entendu. L’inflation des prix à la consommation pourrait grimper — ce qui ferait grimper aussi le prix de l’or.

* Mais il y a une autre issue possible. Un effondrement des prix des actifs. Et si les prix des actions, obligations, propriétés immobilières et tableaux d’Andy Warhol baissent, qu’arrive-t-il à l’or ?

* Nous n’en savons rien. L’or pourrait grimper en flèche — les gens cherchant à s’abriter de l’effondrement des prix des actifs. Ou bien il pourrait vaciller lui aussi… voire baisser. Cependant, le prix de l’or est encore bas, comparé à d’autres actifs financiers. Il a grimpé… mais pas encore atteint le stade de frénésie. Même les investisseurs sophistiqués, comme nos amis au Nicaragua, n’en possèdent pas… pour l’instant. Dans un krach, en général, les choses qui baissent le plus sont celles qui ont le plus monté. L’or est toujours sous son sommet, atteint il y a 27 ans de ça… alors que tout le reste ou presque bat de nouveaux records.

* Rappelez-vous, tout est relatif. L’or s’est bien conduit, mais seulement ces dernières années. Nous aurions tendance à supposer qu’il se comportera spectaculairement bien lorsque cette bulle de liquidités finira par éclater — et que la réaction se transformera en sur-réaction.

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Ce sont les nouveaux seigneurs de la finance…
Ils font et défont les cours au quotidien…
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*** La Chronique Agora présente ***

Chris Mayer nous indiquait hier que l’économie chinoise était passée du 10ème au 4ème rang mondial en moins de 20 ans — et cela ne va pas sans répercussions sur le marché des matières premières. Aujourd’hui, la suite de ses arguments…

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LA CLE DU BOOM DES MATIERES PREMIERES — 2ème PARTIE
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Par Chris Mayer (*)

Les implications de la croissance chinoise couvrent à peu près tous les sujets que j’ai abordés ces 12 derniers mois — de l’épuisement des ressources en eaux aux montagnes russes des marchés agricoles en passant par le vieillissement des infrastructures et la nécessité des investissements énergétiques. Ce sont-là des tendances de long terme qui mettront des années à se développer.

Il serait erroné d’affirmer que l’augmentation de la demande chinoise assure à elle seule la hausse des prix des matières premières. Il y a toujours de nombreuses variables, mais il ne fait aucun doute que la Chine joue un rôle essentiel. Si elle disparaissait, ce serait comme un gros homme sortant d’une baignoire. Le niveau de l’eau baisserait radicalement. Disons les choses comme ça : il est difficile d’imaginer la continuation du marché haussier des matières premières sans la Chine.

Il serait également erroné de supposer que le taux de croissance chinois restera à ses niveaux spectaculaire des dernières années. "Tenez-vous simplement debout durant assez longtemps", a écrit le poète Robinson Jeffers, "votre foudre arrivera ; c’est ce qui émousse les faîtes des séquoias". Il y a beaucoup de potentiel pour la foudre — des troubles sociaux en Chine, des disputes politiques avec les Etats-Unis et autres incidents (j’ai trouvé intéressant de constater que pas moins de 27 lois différentes contre le commerce avec la Chine sont passées sous les yeux du Congrès US depuis 2005).

Cependant, même une Chine à la croissance plus lente gardera beaucoup de poids sur les marchés de matières premières. La Chine en est encore à ses débuts, en matière d’industrialisation. Elle vit actuellement un exode rural massif, le plus grand que le monde ait jamais vu. Les autorités chinoises pensent que plus de 300 millions d’agriculteurs chinois migreront des régions rurales pour venir s’installer dans les régions urbaines au cours des deux prochaines décennies.

Par conséquent, la Chine a des plans importants pour ses investissements en infrastructures — comme des systèmes d’eau et de traitement des eaux, des réseaux électriques et bien d’autres choses encore. La Chine va avoir besoin de beaucoup d’acier, de cuivre, d’énergie, etc. pour construire tout cela. Comme le note par exemple Stephen Roach, de Morgan Stanley, "il y a un lien particulièrement serré entre la construction immobilière et le cuivre". Aux Etats-Unis, une maison moyenne contient 400 livres de cuivre. Nous n’avons pas de chiffres comparables pour la Chine, mais il nous semble raisonnable de supposer que les chiffres chinois pourraient être similaires. Il est également possible, étant donné le fait que l’efficacité chinoise est loin des niveaux américains, que la Chine ait besoin de bien plus.

Néanmoins, nous devrions nous attendre à voir les prix des matières premières fluctuer, parfois sévèrement. Même durant le dernier grand boom des matières premières, entre 1966 et 1982, il y a eu bon nombre de reculs. Et ces matières premières n’évolueront pas toutes ensemble, chacune répondant aux va-et-vient de son propre marché. Nous voyons déjà cela avec le maïs qui s’est considérablement repris alors que le pétrole était en plein déclin.

Meilleures salutations,

Christopher Mayer
Pour la Chronique Agora

(*) Christopher W. Mayer est un vétéran du secteur bancaire, et plus particulièrement du domaine des prêts aux entreprises. Auteur financier depuis 1998, les essais de Christopher ont été publiés dans une large gamme de publications, de l’article quotidien de Mises.org à la version américaine de la Chronique Agora. Il est également le rédacteur de Capital and Crisis, un service de conseil en investissements récemment lancé à l’intention des observateurs financiers d’opinion contrarienne.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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