La bombe du Gold Carry Trade

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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 06 avril 2007
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*** Société a deux vitesses et boites automatiques
En matière de rémunérations, la ligne de conduite est bien différente des deux côtés de l’Atlantique…

*** Uranium : il faut savoir ou chercher les profits…
L’argent facile a été engrangé, dans le secteur, mais les plus gros profits sont encore à venir

*** Les magnats de la presse
Bill Bonner se penche sur le cas de Sam Zell… et sur le sien propre

*** La bombe du Gold Carry Trade (2)
Sylvain Mathon vous dévoile les secrets du marché de l’or… et les moyens d’en profiter dès maintenant !

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LES PROFITS LES PLUS RAPIDES DU MARCHE !

Une forme d’investissement bien spécifique permet d’accumuler rapidement et simplement les plus-values.

Elle a déjà permis d’engranger 155% de gains cumulés en à peine deux mois… n’attendez plus pour en profiter ?

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Bonjour,

*** SOCIETE A DEUX VITESSES ET BOITES AUTOMATIQUES

** Les places européennes affichaient en cette veille de long week-end de Pâques un niveau de confiance et d’optimisme qui sied parfaitement à l’esprit des célébrations de la semaine sainte. Les investisseurs manifestent en effet leur foi ardente dans le concept d’éternelle résurrection de la tendance haussière des indices boursiers.

Et il ne s’est écoulé qu’un mois, en vérité, depuis que les plus emblématiques prophètes du secteur des prêts subprime, victimes de leur succès auprès des emprunteurs les moins fortunés (et souvent les plus crédules), se sont fait crucifier par leurs bailleurs de fonds — et, au bout du compte, par l’ensemble de la communauté financière.

Les marchés ont donc entrepris de monter au ciel avec quelques semaines d’avance par rapport au calendrier chrétien… Francfort, qui gagnait 0,4% hier, bat un nouveau record annuel à 7 100 points, par la grâce d’une hausse de 0,9% de la production industrielle au mois de février — ce qui compense la révision en nette baisse des chiffres de janvier.

Le CAC 40 s’est contenté d’une hausse symbolique de 0,04%, acquise au cours des toutes dernières secondes. Paris aligne ainsi une sixième séance de hausse consécutive, pour un gain cumulé voisin de 3,5%. Le deuxième trimestre se solde déjà par une progression de 1,9% des valeurs françaises, ce qui s’avère supérieur au gain global du premier trimestre 2007 (souvenons-nous que le CAC 40 avait symétriquement chuté de 2% par rapport à son zénith du 2 janvier, à l’issue de la première semaine de cotation).

Puisque la période actuelle semble propice aux records et aux scores symboliques, la bourse de Londres progressait également de 0,5% jeudi ; elle revient au contact des 6 400P points, suite au statu quo — largement anticipé — de la Banque Centrale d’Angleterre, qui maintient inchangé son taux directeur à 5,25%.

Avec un "carton plein" de six séances de hausse consécutives, l’Eurotop 100 progresse deux fois plus vite que le S&P 100 ou le Nasdaq, qui en alignent sept mais ne cumulent en réalité que 1,7% de gains.

Le Dow Jones et le Nasdaq grappillaient 0,25% à la mi-séance, ce qui témoigne d’une réjouissante absence d’appréhension de la part des opérateurs (peut-être cherche-t-on à le faire croire) à la veille de publication des chiffres les plus importants de la semaine, qui ont trait au marché de l’emploi aux Etats-Unis le mois dernier (110 000 créations attendues).

** Mais quelque chose nous intrigue : les cambistes, qui manifestent un soudain accès de défiance envers le dollar. Ce dernier a dévissé de 0,6% vers un nouveau plus bas de 18 mois, à 1,3440/euro.

La cassure des 1,3380/euro a manifestent activé des programmes de ventes stop automatisées. Cependant, après un trou d’air inexplicable en milieu d’après-midi, le billet vert a eu toutes les peines à se redresser au-dessus des 1,3425/euro : cela semble exclure un caractère accidentel de l’enfoncement du palier psychologique des 1,3400 (le dollar avait d’ailleurs inscrit dès jeudi matin un nouveau plancher historique face au yuan, à 7,7250).

Les cambistes n’ont manifestement pas jugé bon d’attendre de connaître le nombre de créations de nouveaux emplois (ni le taux de chômage), pas plus que l’évolution du déficit commercial américain, qui sera publié en milieu de semaine prochaine.

Nous ne saurions suffisamment louer le flair dont certains opérateurs influents savent faire preuve chaque fois qu’une statistique officielle sensible doit paraître aux Etats-Unis.

** Il ne vous a pas échappé que la glissade inopinée du dollar ce jeudi 5 avril a été précédée d’une progression régulière du métal précieux depuis lundi (de 657 $ jusque vers 675 $ l’once d’or)… ni que cette hausse s’est accélérée mercredi soir alors même que l’Iran relâchait "sans contrepartie" (et offrant même des costumes neufs et des souvenirs de Téhéran) les 15 marins britanniques.

Le président iranien affirme que cette initiative est un "cadeau" offert au peuple du Royaume-Uni. Un tel geste devrait logiquement être perçu par les marchés comme un signe d’apaisement des tensions géopolitiques — ou au moins comme la preuve de l’efficacité de réseaux diplomatiques complexes, puisque certains pays proche-orientaux se sont fortement impliqués dans ce dossier, évitant ainsi à Tony Blair de donner l’impression de négocier quoique ce soit en direct avec Téhéran.

L’or aurait dû entamer symétriquement une consolidation, mais cela ne semble pas inscrit à l’ordre du jour. Si les raisons fondamentales de la hausse du cours de l’once à 675 $ (et pourquoi pas bien au-delà des 700 $ d’ici quelques jours ou quelques semaines) vous sont remarquablement bien décrites par Sylvain Mathon dans son essai intitulé La bombe du gold carry trade [à lire dans nos Chroniques d'hier et d'aujourd'hui, ndlr.], il nous faut convenir que le timing de l’actuelle poussée de fièvre du métal précieux est assez paradoxal !

** Des paradoxes, nous n’avons pas cessé de vous en exposer — de toutes natures — depuis que les indices boursiers ont entamé leur spectaculaire rebond à la mi-mars (alors que le dollar carry trade gomme systématiquement les effets néfastes de toute déception d’ordre macro-économique aux Etats-Unis depuis 15 jours)… mais il en est un qui nous laisse une nouvelle fois confus de perplexité.

Comment se fait-il qu’au moment où le groupe Ford annonce les plus lourdes pertes financières (et son plus sévère recul sur le plan commercial) de son histoire, ses dirigeants voient leurs rémunérations — nous faisons la distinction par rapport au salaire mensuel — grimper de façon exponentielle, via le versement de primes faramineuses ?

Le directeur général Alan Mulally, qui a rejoint Ford en octobre 2006, a déjà touché un sympathique bonus de 28,2 millions de dollars, en sus d’un salaire de plus de 666 000 $ (ce qui, en année pleine, devrait donner un total intéressant).

N’y aura-t-il pas un léger contraste avec le sort des 40 000 salariés qui vont recevoir leur lettre de licenciement ou devoir partir en pré-retraite au cours des deux ans à venir ?

Pour mener à bien cette tâche ingrate, le nouveau PDG à droit à une prime de 18,5 millions de dollars, ainsi qu’au versement de stock-options évaluées à 8,7 millions de dollars — sans oublier la prise en charge de "faux frais" aussi variés que des loyers (astronomiques) ou des travaux d’aménagements de la résidence principale (et naturellement du déménagement).

Ceci ne manquerait pas d’alimenter quelques débats au sujet d’une société à deux vitesses de ce côté-ci de l’Atlantique — mais pas aux Etats-Unis : les Américains sont habitués depuis fort longtemps aux boites automatiques !

Philippe Béchade,
Paris

PS : Retrouvez Philippe Béchade au 0899 707 009* pour les dernières nouvelles de la séance boursière en cours, une analyse approfondie des conditions financières et économiques de la journée, le suivi de nos positions en cours — sans oublier la recommandation du jour !
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Nos spécialistes vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street

*** URANIUM : IL FAUT SAVOIR OU CHERCHER LES PROFITS…

** On n’est plus en 1998. A l’époque, le prix de l’uranium se languissait sous les 10 $ la livre, et les centrales électriques de la planète dédaignaient cette source d’énergie politiquement incorrecte. Aujourd’hui, une épouvantable pollution enveloppe bon nombre de centres urbains de la planète, et le prix du pétrole dépasse les 60 $ le baril : l’énergie nucléaire semble désormais un peu plus correcte, tant politiquement qu’économiquement.

- Il n’est donc pas surprenant de voir que les prix de l’uranium (et plus précisément de l’U3O8) ont été multipliés par 10 depuis 1998, et semblent sur le point de grimper plus encore, la demande croissante d’énergie nucléaire mettant sous pression une offre d’uranium déjà tendue.

- Cependant, alors que l’avenir du "métal" uranium semble brillant, les perspectives de bon nombre d’actions du secteur sont moins encourageantes. En 1998, on comptait moins de 10 sociétés cotées en bourse dans le secteur de l’exploration d’uranium. Aujourd’hui, elles sont des centaines. Pour être tout à fait honnête, la plupart des titres de l’uranium sont trop à la mode et surévalués, exposant les investisseurs à un risque croissant de pullback.

- Cette dichotomie — une excellente matière première, des valeurs médiocres — présente un défi de taille. En termes simples, les investisseurs cherchant à profiter de la demande d’uranium doivent être très prudents, afin d’éviter les sociétés dont on parle partout. Ils doivent également être très consciencieux, s’ils veulent identifier les quelques valeurs de l’uranium dont les titres n’ont pas été gonflés par l’ouragan promotionnel.

- Nous examinons ci-dessous trois secteurs où l’on peut encore trouver de la valeur méconnue des lumpeninvestisseurs. Ces secteurs pleins de potentiel pourraient mener à des gains à trois voire quatre chiffres.

** N°1 : Des gisements solides

- Tous les investisseurs dans le secteur de l’uranium sont probablement au courant de l’inondation de la mine de Cigar Lake, dans le nord de la Saskatchewan. Cigar Lake devait produire 16% de l’offre d’uranium extrait dans le monde. Cependant, le vaste potentiel de la mine a été plongé dans le doute — littéralement — après que l’eau a commencé à s’engouffrer dans les installations souterraines, en octobre dernier.

- Le problème, c’est que le minerai de Cigar Lake se situe dans du grès — un type de roche très poreux, où l’eau s’écoule facilement, au grand dam des ingénieurs. Ceci dit, tous les gisements du très prolifique bassin d’Athabasca, dans la Saskatchewan, ne sont pas concernés. On peut également trouver de l’uranium dans des couches plus sèches, sous le grès. Le problème, c’est que ce genre de gisements est plus profond, ce qui augmente les coûts d’extraction.

- Quelques dépôts de minerai reposent plus en surface dans le bassin de l’Athabasca lui-même. Dans ces régions externes, le grès recouvrant autrefois les couches plus dures a été érodé, simplifiant l’accès aux dépôts. En fait, l’une des plus grandes mines du bassin — Key Lake — a été découverte dans un tel environnement.

- Mais alors que ces dépôts en profondeur ont beaucoup de potentiel, ils ont été en grande partie ignorés des investisseurs, qui se concentrent sur les entreprises travaillant sur les terrains prestigieux au milieu du Bassin. La raison à cela est que les mines les plus récentes ont été découvertes sous le grès, si bien que l’exploration a tendance à se concentrer sur de telles configurations. De plus, jusqu’à récemment, on comprenait mal, scientifiquement parlant, les gisements en profondeur. Cependant, des avancées considérables ont été faites ces 20 dernières années, depuis le dernier cycle de l’uranium. C’est là que réside l’opportunité. De nombreuses sociétés possédant des filons en profondeur ne comptent pas ce facteur dans leur cours, ce qui signifie qu’un investisseur peut se positionner à bon compte.

** N°2 : Les filons de moins bonne qualité font leur grand retour

- Durant des années, les prix plancher de l’uranium poussaient les entreprises à chercher en priorité des minerais de haute qualité — le genre de dépôt garantissant quasiment les profits, même durant les phases baissières du marché. Mais avec la hausse des prix de l’uranium, le secteur réalise désormais que les gisements de moins bonne qualité pourraient se révéler être une importante source d’offre. Après tout, ces minerais sont très profitables avec un uranium atteignant des sommets qu’on n’avait plus vus depuis des années.

- En fait, l’une des plus grandes mines d’uranium de la planète — Rossing, en Namibie — vise un grade de moins de 0,1% d’U3O8. Pas étonnant que certaines sociétés recherchent discrètement le prochain Rossing. Où pourrait-on trouver un tel méga-gisement ? Peut-être au Québec : on sait depuis longtemps que la province abrite des gisements d’uranium pegmatite — qui ressemblent à la géologie de Rossing.

** N°3 : Aller là où aucune entreprise n’est jamais allée.

- Le récent boom de l’uranium a mené les nouveaux explorateurs dans quasiment tous les pays de la planète. Partout où l’on trouve des gisements de yellowcake disponibles, les sociétés juniors se précipitent pour arpenter les terrains, manier le scintillomètre et transformer le sol en gruyère.

- Le mot clé, dans cette situation, est "disponible". Alors que de nombreux pays sont ouverts à l’exploration minière, il existe plusieurs endroits où les autorités se sont montrées moins accueillantes. Les deux exemples les plus significatifs sont l’Inde et le Brésil. Tous deux ont des gisements prouvés de taille respectable — en fait, les forages indiens ont trouvé de l’uranium de haute qualité, allant jusqu’à 10% d’U3O8.

- Malgré cela, les autorités de ces pays n’accordent aucun permis d’exploration — du moins pour l’instant. Lors de récentes conversations avec des officiels du gouvernement indien, nous avons appris que le pays pourrait bientôt s’ouvrir à l’exploration — des discussions sont déjà en cours avec plusieurs entreprises bien positionnées pour "mener la charge" dans les gisements indiens.

- Nous gardons également un œil sur une autre région émergente : Madagascar. Même si la configuration géologique du pays est extrêmement prometteuse pour l’uranium, le pays était plus ou moins fermé à l’exploration durant une bonne partie du siècle dernier à cause d’un régime politique dictatorial. Mais avec les changements qui se sont produits ces dix dernières années, quelques permis ont été accordés. Certaines entreprises ont déjà accumulé pas mal de terrains, et nous pensons que les nouvelles ne tarderont pas à arriver de cette région du monde.

- Même s’il ne fait aucun doute que l’argent facile a déjà été ramassé, dans le secteur de l’uranium, les plus gros profits sont encore à venir… pour qui sait où chercher.

[NDLR : Pour tout savoir sur le nucléaire -- mais aussi sur le pétrole, le gaz et les énergies alternatives... retrouvez au quotidien Isabelle Mouilleseaux et toute son équipe dans L'Edito Matières Premières -- c'est quotidien, gratuit... et très profitable : il suffit de vous inscrire !]

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** LES MAGNATS DE LA PRESSE

** Sam Zell a acheté The Tribune Company, qui possède le Los Angeles Times, l’équipe des Chicago Cubs et 25 chaînes télévisées ; cela a attiré notre attention. Zell a fait fortune dans l’immobilier — en achetant et en vendant à bon escient. Lorsqu’il s’est débarrassé de sa société Equity Office Partners en la refilant à Blackstone il y a quelques mois de ça, nous avons pensé qu’il savait ce qu’il faisait. Il semblerait que le marché immobilier a atteint son sommet — et on aurait dit que Zell s’en était rendu compte.

* Et voilà que Zell se propose de faire quelque chose de plus remarquable encore. Il se lance dans un secteur qui semble être dans une phase de baisse structurelle de long terme. L’action The Tribune Co. ne se vend que pour la moitié de sa valeur de l’an 2000… et 60% moins cher qu’elle valait il y a quelques mois. The Tribune Co. publie des journaux à l’ancienne, alors que les lecteurs semblent migrer vers internet, les annonceurs publicitaires leur emboîtant le pas. Et que fait Zell ?

** "Quelle que soit votre faiblesse, le marché la trouvera", déclare Richard Russell. Et s’il y a bien une faiblesse dont nous sommes tous victimes, c’est la vanité. Nous disons cela par expérience personnelle — hier seulement, un ami est entré dans notre bureau…

* "Saviez-vous que [un prestigieux et important titre de presse londonien] est à vendre ? Ils demandent trop cher, bien entendu… mais je pense qu’on pourrait rassembler un groupe d’investisseurs pour l’acheter. Et je sais qu’on réussirait à améliorer les choses… Comme tout le reste du secteur de la presse, ils ont été mis à mal par internet. Les revenus publicitaires sont en baisse. Les abonnements aussi. Et ils semblent avoir perdu le cap, éditorialement parlant. Mais je pense qu’on pourrait les tirer d’affaire"…

* Durant environ deux secondes, nous avons été tenté. Oui… nous pouvions voir notre propre nom dans la presse britannique, suivi de la solennelle expression "propriétaire du prestigieux…" Soudain, nous passerions du statut d’humble scribouillard en marge de la bonne société… à celui du roi du monde. Les gens parleraient de nous… et notre famille figurerait dans les pages people des journaux. Notre téléphone commencerait à sonner. On nous inviterait à des déjeuners… des soirées… à des galas de charité et des dîners mondains… Notre photo ne tarderait pas à apparaître dans Images du Monde, avec la légende : "Lord Basdeplafond et Wiliam Bonner, propriétaire du journal…. accueillent leurs hôtes lors du dîner donné au profit de l’association Sauvez les Chauve-souris de Grande-Bretagne, au château de Havasham Hall".

* C’est à peu près à ce moment-là que nous nous sommes réveillé de notre rêve. Attendez… nous n’aimons même pas les galas de charité et les dîner — à moins que ne s’y trouvent des amis pour rendre la chose plus amusante.

* Non, nous préférons écrire pour un petit groupe de Chers Lecteurs… et profiter des maigres fruits de notre labeur dans une obscurité bien méritée. Quelles qu’en soient les autres vertus, cela présente moins de tentations de nous prendre au sérieux.

** Il n’y a rien de particulièrement glamour ou prestigieux dans la fonction de magnat de l’immobilier. En général, c’est un travail pénible — moins contraignant que de gérer une chaîne de laveries automatiques, mais tout juste. Il ne serait donc pas surprenant de voir un homme comme Zell dépenser une partie de son butin pour acquérir une meilleure place dans la société. A 65 ans, c’est un jeune homme ; il peut encore en profiter.

* Et nous avons lu que son épouse s’intéressait de près à l’art contemporain. C’est toujours signe de danger. Comme lorsqu’un homme achète une décapotable et investit dans des implants capillaires, elle doit chercher autre chose que de l’argent. Encore un peu, et elle achètera des terrains de la taille de la Belgique en Patagonie, pour protéger la nature des êtres humains.

* Alors, c’est quoi, l’idée ?

* Autrefois, les achats de private equity pouvaient réellement améliorer les choses pour les actionnaires. Les vieilles entreprises ont souvent besoin d’être un peu secouées. Un "raider" pouvait acheter une société cotée, renvoyer les fossiles occupant les bureaux des dirigeants, revendre les branches boiteuses, rembourser les dettes… puis, pour récompense… il se trouvait à la tête d’une entreprise de meilleure qualité et plus profitable.

* Mais la folie de private equity actuelle est en grande partie frauduleuse… et Sam Zell semble être tombé dans le piège. La direction restera en l’état, déclare-t-il. Et au lieu de vendre les activités les moins profitables, il se débarrasse des meilleures — les Chicago Cubs et les chaînes télévisées. En outre, il ne rembourse pas les dettes… il les alourdit. Sept milliards de dollars de nouvelles dettes seront ajoutés… tandis que les anciennes resteront inchangées. Dans la mesure où la valeur boursière de la société dans son ensemble n’est que de huit milliards de dollars, cela ne laisse que peu de véritable valeur à l’entreprise. Et comme Robert Maxwell avant de se noyer, Zell se sert du fonds de pension des employés pour aider à financer le montage… mettant ce qui reste de valeur dans un plan d’actionnariat pour les salariés, afin de profiter de réductions d’impôts.

* C’est du moins ainsi que nous voyons les choses — après les dix minutes que nous avons passées à essayer de comprendre.

* Zell n’est pas né d’hier. Il a obtenu beaucoup d’argent grâce à l’accord avec Blackstone. Mais il n’est pas assez bête pour utiliser son propre argent dans cette nouvelle opération. Au lieu de cela, il investit un peu plus de 300 millions de dollars. Si les choses tournent mal, il perdra cet argent — qui ne représente qu’une petite partie de sa fortune. Si tout se passe bien, par contre, il peut ramasser jusqu’à dix fois sa mise.

* Mais voilà la partie que nous trouvons intéressante… et révélatrice. Grâce aux miracles de la finance moderne — que le monde entier nous envie, à nous les Américains, et qui est censée être la source de tant de richesses — un investisseur riche et expérimenté peut désormais multiplier son investissement par dix tout en profitant du prestige de l’édition et de la presse. Que cela fonctionne ou pas, il pourra profiter de son art moderne et du style de vie des riches et des puissants.

* Et pendant ce temps, les retraités… les lumpeninvestisseurs… les employés — qu’obtiendront-ils ?

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La baisse des marchés est-elle le seul danger menaçant votre patrimoine ?

Pour en savoir plus — et découvrir comment réagir aux principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent, continuez votre lecture…

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*** La Chronique Agora présente ***

Après avoir regardé d’un peu plus près le marché mondial de l’or — et notamment l’explosion de la demande en Inde et dans les pays d’Asie du Sud-Est, Sylvain Mathon se penche aujourd’hui sur un secret bien gardé par les banques centrales de la planète toute entière…

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LA BOMBE DU GOLD CARRY TRADE — 2ème PARTIE
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Par Sylvain Mathon (*)

Pourquoi la bombe du gold carry trade peut décupler votre mise
Quels acteurs détiennent aujourd’hui l’essentiel de l’or physique mondial ? Vous vous dites que ce sont les banques centrales : ne s’en sont-elles pas servi des années durant pour garantir la stabilité de leur devise ? Et n’est-ce pas ce que proclament les chiffres de leurs réserves, qu’elles communiquent obligeamment ?

Eh bien, pas tout à fait. Voyez-vous, la plupart des banques centrales, depuis vingt ans, se sont lassées d’un actif qui dormait dans leurs coffres et ne rapportait rien. L’âge des monnaies convertibles était passé depuis longtemps : les états se finançaient à coups d’obligations, ce qui impliquait de trouver des prêteurs complaisants. Par ailleurs, les liquidités manquaient.

Malheureusement, vendre publiquement leur or, pour les Banques Centrales, c’était risquer de déclencher un séisme financier… En revanche, elles pouvaient le prêter — ce qui est beaucoup plus discret : car si une Banque Centrale est tenue de déclarer au FMI ses achats, ses ventes et l’état de ses réserves, rien à ce jour ne la force à préciser quelle partie de ses réserves elle a mis en location.

Supposons que vous mettiez en vente l’appartement dont vous êtes locataire : ce genre d’agissement peut vous mener directement en correctionnelle — ce qui montre bien que vous n’êtes pas une grande banque !

Car voici comment fonctionne le juteux gold carry trade : la banque centrale prête une certaine quantité d’or à une banque accréditée (Bullion Bank), à taux d’ami (jusqu’à 0,1%), pour une durée allant d’un mois à dix ans ; immédiatement, la banque emprunteuse met en vente cet or sur le marché — à découvert, donc — et réinvestit les fonds dans des emprunts d’Etat. Elle se rémunère sur le rendement de ces obligations, moins le loyer de l’or (c’est son "carry return")… Zéro mise initiale, un rendement de 3% à 4% garanti : qui dit mieux ?

Bien entendu, il y a un revers — tout n’est jamais rose en bourse, même pour une banque ! Ici, c’est le risque : la banque est supposée restituer l’or physique à la demande du prêteur.

Après vingt ans de ce petit jeu, on estime la valeur de ces emprunts à quelque 350 milliards de dollars au cours actuel ! Cela signifie non seulement que les réserves des banques centrales sont constituées pour bonne partie d’or prêté à des banques qui seraient bien en peine de le rembourser… Mais aussi que tout le marché, à l’heure où la demande s’envole et où l’offre se raréfie, est structuré selon un short abyssal — des positions à la vente si gigantesques qu’elles ont maintenu les cours au plancher, bien loin des fondamentaux de l’offre minière et de la demande.

Dans ce cas de figure, et selon mon vieil adage "qui dépend de qui ?", la logique du nombre vous commande de passer long. Tôt ou tard, le défaut de contrepartie va se faire sentir. Quand l’heure des comptes sonnera, que les emprunteurs se verront tenus de racheter 350 milliards de dollars d’or, il n’est pas fou d’imaginer les cours décupler…

In Gold we trust ! Et c’est le moment pour vous d’en profiter.

N’attendez pas : il faut entrer maintenant !
Le pullback a déjà eu lieu : cela signifie que le métal jaune est au début d’une nouvelle séquence haussière. Il ne faut donc pas attendre. Je vous enjoins à acheter de l’or au cours actuel. Un retour sur la droite de support autour de 620 $ n’est pas impossible et devrait vous permettre de vous renforcer, le cas échéant, à meilleur prix. Mon inquiétude ne viendrait que de la rupture de la zone des 550 $, ce qui signerait la fin de la tendance haussière.

Mon premier objectif est à 720 $, comme je l’ai déjà signalé. Je m’attends à une vive réaction contre ce niveau… Mais une fois qu’il aura été franchi, le potentiel est considérable : la dynamique initiée par la sortie de la congestion devrait nous emmener à 780 $.

Meilleures salutations,

Sylvain Mathon
Pour la Chronique Agora

(*) Globe-trotter invétéré et analyste averti, Sylvain Mathon, est un peu "notre" Jim Rogers… Après avoir travaillé durant dix ans au service de grandes salles de marché, il met depuis février toute son expertise en matière de finances et de matières premières au services des investisseurs individuels dans le cadre de Matières à Profits — une lettre consacrée exclusivement aux ressources naturelles… et à tous les moyens d’en profiter. Pour en savoir plus, continuez votre lecture…

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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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