Joyeuses Pâques… et joyeux emprunts à 5%

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Vendredi 14 avril 2006
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*** Joyeuses Pâques… et joyeux emprunts à 5%
Où vont les taux — et que faut-il redouter sur les marchés actuellement ?

*** Petit manuel d’urgence boursière
… à l’usage des investisseurs se demandant quoi faire en cas de correction boursière…

*** Rendement réel négatif
Bill Bonner se réconforte comme il peut…

*** Le secret des sables pétrolifères (2)
Doug Casey nous explique comment détecter des candidats pleins de potentiel…

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Comment ça, vous ne connaissez pas encore notre Banquier Central ?

Une erreur à réparer rapidement… parce qu’il aurait pu vous permettre de cumuler 320% de gains en 2005 !

Pour savoir comment, c’est par ici…

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Bonjour,

*** JOYEUSES PAQUES… ET JOYEUX EMPRUNTS A 5%

** Nous évoquions mercredi la nécessité de surveiller avec une vigilance accrue quelques indices avancés de la conjoncture mondiale tels que l’indice Nikkei à Tokyo, le taux d’activité du secteur immobilier aux Etats-Unis et en Angleterre (ne pas quitter des yeux les graphiques de Fannie Mae ou Pulte Homes), le taux de défaillance des emprunteurs dans l’ensemble des pays occidentaux (crédits à la consommation, crédits revolving, crédits à long terme)… et naturellement, l’alpha et l’oméga du système économique planétaire — le dollar.  

Notre regard inquisiteur semble avoir intimidé les potentiels trublions. Tokyo s’est prudemment redressé de 0,2% au lieu de poursuivre son plongeon au risque d’enfoncer le seuil des 17 000 points, le CAC 40 rebondit une nouvelle fois sur les 5 070 points et s’épargne une dégringolade en direction des 5 000 points, Fannie Mae et Pulte Homes s’effritent mais préservent leurs principaux supports court terme (à 51 $ et 39 $ respectivement). Et pour terminer, le dollar se porte bien, de mieux en mieux même depuis une dizaine de jours.  

** Il a d’ailleurs de très bon motifs d’afficher une verdeur printanière, qui contraste avec les températures glaciales qui règnent encore sur le Vieux continent : sa rémunération s’établit maintenant au-dessus des 5% pour des maturités comprises en 8 et 30 ans ! Le T-Bond 2016 franchit d’un coup de reins nerveux la barre des 5% (à 5,02%) et le 2036 pulvérise d’un coup de tête rageur un record vieux de 4 ans à 5,10%.  

En Europe, la débâcle (c’est effectivement de saison !) est encore plus spectaculaire pour les Bunds, qui voient leur rendement s’envoler à 3,95%. Celui des OAT s’attaque à la barre des 4,00% : le premier essai a été "mordu" mais il lui reste encore de nombreuses tentatives pour ajuster le tir.  

Si le dollar parvient à se maintenir au contact des 1,21/euro et des 118,5 yens, c’est que l’écart de rendement reste pratiquement stable sur le 10 ans (entre Bunds et T-Bonds US), à 107 points de base et 205 points de base par rapport aux bons du Trésor nippons de même maturité. La Bank of Japan a en effet décidé en début de semaine de surseoir à un resserrement de sa politique monétaire, afin de ne pas plomber la reprise dès le début de la nouvelle année fiscale dans l’Archipel.  

La dégradation des marchés de taux n’en est pas moins impressionnante. Emprunter de l’argent sur 10 ans coûtait 3,65% en Allemagne il y a un mois jour pour jour — et 4,75% aux Etats-Unis. Cela fait une différence de 30 points de base, soit un rythme de un point par jour (y compris le week-end). A cette allure, les T-Bonds US afficheront 5,33% d’ici la prochaine réunion de la Fed… et il faudra que Ben Bernanke trouve des arguments convaincants pour démontrer que l’objectif de neutralité est atteint, et que 5,25% devient un objectif de taux insurpassable pour le reste de l’année.  

** Les chiffres américains publiés entre 14h30 et 16h ce jeudi ne vont guère lui faciliter la tâche : les créations d’emplois s’enchaînent à un rythme supérieur à 200 000 par mois, sur fond de remontée en flèche des prix des carburants à la pompe. Aller travailler coûte cher lorsque l’essence vaut 2,50 $ le gallon… et cela pourrait induire de nouvelles exigences salariales bien légitimes.  

Les ventes de véhicules de tourisme se sont d’ailleurs redressées au mois de mars (+1,6%) ; cela a soutenu les ventes de détail (+0,6%) aux Etats-Unis. Dans le même temps, les prix à l’import ont reculé de façon un peu inattendue de 0,4%… mais hors produits agricoles, ils progressent de 0,2% et n’écartent pas le risque de dérapage des prix de détail.

Le nombre de demandeurs d’emplois en données hebdomadaires s’est accru de 12 000 pour un total de 313 000 fin mars… mais les opérateurs ont encore en mémoire le taux global du chômage il y a une semaine, qui s’était inscrit au plus bas depuis l’an 2000, à 4,7%.  

Enfin, le moral des consommateurs américains continue de progresser pour le troisième mois consécutif (enquête bimensuelle de l’Université du Michigan), et l’indice grimpe à 89,2, contre 88,9 fin mars.  

Etonnez-vous qu’avec un dollar solide et un capital de confiance — ou d’aveuglement des ménages dans leur richesse virtuelle — aussi élevé outre-Atlantique, les marchés affichent une sérénité qui s’accommode fort bien de handicaps techniques aussi insignifiants qu’une hausse de taux ou une flambée des matières premières…

** La hausse du loyer de l’argent s’avère sans effet sur la croissance mondiale et les bénéfices des entreprises depuis deux ans… le triplement du prix du pétrole (69,5 $ jeudi soir), le quintuplement du prix du cuivre en cinq ans n’ont débouché sur aucune résurgence inflationniste (2% à 2,5% au maximum au sein des pays du G7). Ce prodige résulte des gains de productivité réalisés par le biais des délocalisations… et le réservoir de travailleurs à bas salaires — mais de plus en plus qualifiés — apparaît inépuisable, de la Chine au Vietnam et de l’Inde au Laos… sans parler de l’Afrique et des ex-Républiques Soviétiques !  

Vous connaissez par coeur ce raccourci qui figure en filigrane au travers de nos différentes chroniques : la maîtrise globale de l’inflation n’a jusqu’ici rien eu à voir avec l’action d’une prodigieuse clairvoyance des banques centrales, car elle résulte principalement de la stratégie globale des entreprises multinationales.

C’est une nouvelle division mondiale du travail, qui se traduit par une paupérisation et une précarisation de la main d’oeuvre occidentale et une élévation rapide du PIB des pays émergents (le partage de la richesse ainsi créée étant profondément inégalitaire, contrairement au modèle européen de l’après-Seconde guerre mondiale) — un processus irréversible depuis la chute du Mur de Berlin.  

La BCE ne cesse par exemple de souligner depuis sa création que la principale menace pour la stabilité de l’euro serait un "dérapage des salaires"… nous ne sommes pas certain que les salariés gagnent au change dans le troc d’une modération de leurs revenus contre une érosion monétaire limitée à 2% par an.  

L’absence d’inflation, c’est la condition première d’une expansion des cours de Bourse, nous disent les manuels… mais les Bourses en question s’accommodent fort bien de l’hyperinflation des actifs immobiliers, de la flambée du fuel domestique, de l’essence à la pompe, du coût des complémentaires santé, etc.

En résumé, les investisseurs s’accommodent de tout ce qui rend le consommateur lambda dépendant du crédit — puisqu’il est entendu que l’endettement pallie la stagnation des revenus dans un environnement où l’inflation est masquée par la fiction statistique.

Il subsiste cependant aujourd’hui au moins deux inconnues inhérente à un contexte économique sans précédent (globalisation + création monétaire effrénée + conflits géopolitiques asymétriques). A partir de quel niveau de hausse de taux — et de gaspillage d’argent dans des guerres absurdes — le système actuel devient-il instable ? La seconde interrogation découle directement de la première : où se situe la frontière entre le déséquilibre et l’incontrôlable ?

Nous allons terminer par une question moins philosophique — et dont la réponse nous apparaîtra dans sa splendide évidence avant la fin du mois d’avril : le premier trimestre 2006 se solde-t-il par un maintien d’un taux de croissance proche de 15% du profit des entreprises cotées ? Et si tel est bien encore le cas, les analystes jugent-ils ce rythme soutenable avec un pétrole à 70 $ le baril et des taux longs à 5,05% aux Etats-Unis ?  

Les marchés n’ont guère manifesté d’appréhension depuis le 28 octobre dernier. Le baril valait alors 10 $ de moins, et les Bunds affichaient 3,35%, soit 60 points de base en deçà des niveaux actuels… alors pourquoi ne se porteraient-ils pas mieux d’ici fin juin avec un baril à 80 $ et des T-Bonds offrant une rémunération de 5,50% ?  

Le message implicite est que si cela soutient le dollar au-dessus de 1,23/euro et 116 yens, nous n’avons rien de plus à redouter que le 15 avril… 2004 ! Le danger consisterait donc à ne pas être dans le marché ?  

Nous, en tout cas, n’y serons pas au cours des trois prochains jours — et cela nous convient très bien… alors joyeuses Pâques et joyeux emprunts à 5% !

Philippe Béchade,
Paris

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Justice Litle nous donne aujourd’hui les dernières nouvelles de Wall Street

*** PETIT MANUEL D’URGENCE BOURSIERE

** Si une correction boursière se dessine sur les marchés américains, nous demandait récemment un lecteur, est-ce que les actions étrangères souffriront ? Et que deviendront les actions des sociétés de matières premières ?

- Je ne peux pas prévoir l’imprévisible, bien entendu. Mais je peux avancer quelques suppositions… et offrir quelques suggestions.

- Tout d’abord : je pense qu’une correction s’annonce — qui pourrait être bien plus qu’une correction. Même si rien n’est garanti, nous pourrions assister à un krach boursier du style de celui de 1987, avec tout ce que cela implique (même si un tel krach n’est pas garanti non plus). Si nous voyons un tel événement, je doute que les marchés du reste du monde soient épargnés bien longtemps.

** Pour l’instant, les haussiers hurlent presque à la lune. Tout semble grimper et grimper (à part les chiffres de l’inflation américaine). Les baissiers se sont fait massacrer. On parle d’un ralentissement mondial, mais la réalité ne s’en est pas encore faite sentir. Le cuivre flotte à des sommets historiques. Les actions du secteur sidérurgique, sensibles à la demande industrielle, atteignent elles aussi des plus hauts record. Les sociétés gérant les liquidités, comme Goldman Sachs, sont au faîte de leur cycle — elles ont plus gagné ce dernier trimestre que sur l’ensemble de l’année 2002.

- Les signes inquiétants se multiplient eux aussi. Le protectionnisme est en hausse — plus encore en Europe qu’aux Etats-Unis. La bulle immobilière n’a pas encore explosé, mais elle donne clairement des signes de faiblesse. La jauge des dépenses de consommation approche du point de non-retour. Les obligations de long terme se délitent. Au Moyen-Orient, la situation part à vau-l’eau [NDLR : et les marchés de la région se sont d'ailleurs déjà effondrés, comme l'avait mentionné Philippe Béchade il y a quelque temps de cela...]. Les marchés émergents dans leur ensemble ont l’air vulnérables.

- Les haussiers sont encore aux commandes, mais les baissiers n’ont pas dit leur dernier mot. A un moment ou à un autre, le boom nourri par les liquidités dérivées du crédit va devoir prendre fin — et ce sera probablement douloureux. Mais tout de même, il pourrait s’écouler six jours, six semaines ou même six mois avant que les choses ne s’écroulent. Et qui sait comment l’énergie et les métaux réagiront à des troubles mondiaux ? Selon les circonstances, cela pourrait se révéler bénéfique aussi bien que destructeur, alors même que les murs s’effondrent autour de nous.

** Que faire dans une période aussi turbulente ?

- Tout d’abord, travailler sur une base de long terme. Ensuite, élaborer un plan et s’y tenir.

- Le scénario concernant les métaux précieux — que nous avons répété plusieurs fois au cours de l’année passée — peut se résumer en une phrase : tous les chemins mènent à l’inflation. Si le gouvernement américain continue de trafiquer les chiffres et de faire tourner la planche à billets, l’or et l’argent-métal continueront à grimper. Par contre, si les liquidités s’épuisent et qu’une spirale déflationniste se met en place, la Fed sera forcée de faire le choix entre "l’inflation ou la mort", et mettra tout en oeuvre pour éviter une nouvelle Grande dépression.

- En ce qui concerne l’énergie et les infrastructures, les choses sont un peu plus complexes, mais tout de même assez claires. Entre les ramifications du sommet du pétrole et les implications à long terme de la croissance des pays en voie de développement, nous sommes au début d’un marché haussier de l’énergie qui pourrait encore durer 5 à 15 ans. De plus, c’est tout juste si les besoins en infrastructures mondiaux du 21ème siècle commencent à être satisfaits. Il reste des années de travaux.

** Donc si l’on est en coulisses… vaut-il mieux se jeter à l’eau maintenant ou bien attendre ?

- Le problème, quand on attend, c’est qu’on ne sait jamais jusqu’où les choses vont aller avant que la grande baisse ne se produise. Elle est peut-être encore loin. Et elle peut être plus limitée que l’on s’y attendait lorsqu’elle arrive. Inutile de mâcher ses mots : la promenade ne sera pas de tout repos. Ne vous lancez pas d’un seul coup. Je suggérerais de mettre votre argent au travail petit à petit.

- La caractéristique essentielle d’un investisseur, c’est la patience, que certains définissent comme "l’art d’attendre sans se fatiguer d’attendre". Et cela comprend le fait d’attendre que passe la douleur de la correction… et résister à l’envie de tout laisser tomber lorsque la situation devient vraiment difficile. Un bon investisseur peut gérer une baisse majeure parce qu’il s’est concentré sur des objectifs de long terme.

- La caractéristique essentielle d’un trader, par contre, c’est la flexibilité. Si vous voulez utiliser des seuils de sécurité serrés et prendre vos profits lors des rebonds, c’est excellent — tant que vous êtes prêt à surveiller les choses attentivement, à prendre des décisions cohérentes et à rétablir vos positions au moment opportun. Le trader a une responsabilité plus active que l’investisseur — et il se tient à cette responsabilité.

- La question n’est pas de savoir quelle mentalité est la meilleure — mais plutôt laquelle des deux vous convient le mieux…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** RENDEMENT REEL NEGATIF

** "La Réserve fédérale fera ce qu’il faudra pour maintenir sa crédibilité, qui est essentielle pour préserver l’intégrité du dollar US", a déclaré mardi Richard Fisher, président de la Fed de Dallas.

* L’article, qui nous vient de Reuters, continue :

* "’Nous cherchons à bien faire les choses. Et la réponse à votre question, c’est que nous ferons ce qu’il faut pour’, a déclaré Fisher."

* "Répondant aux questions du public après un discours au Dallas Friday Group, Fisher a déclaré que le dollar américain est une ‘devise basée sur la foi’, dépendant de la crédibilité d’une banque centrale."

* "’En plus d’une devise basée sur la foi, nous sommes la devise du monde et nous devons maintenir son intégrité’…"

* Comment maintenir l’intégrité d’une chose reposant sur la foi ? Et voilà bien le problème… étalé au grand jour. La foi est une question de perception, d’espoir, de désir. Le dollar vaudra quelque chose tant que les gens ont foi en lui. On peut avoir foi en Dieu. On peut avoir foi en Dame Nature, ou dans le cosmos, mais comment peut-on avoir foi en le dollar ? N’est-il pas géré de main d’homme ? Les hommes ne sont-ils pas facilement corruptibles ? Ne mangent-ils pas de pain, ne boivent-ils pas de whisky — ne se vautrent-ils pas dans le péché de temps en temps ? Et ne seront-ils pas tentés d’animer un peu la fête, à l’occasion, pour avoir leur portrait dans les journaux ? Et — étant humains — ne céderont-ils pas à cette tentation de temps en temps ? Les gens ayant la foi, dans ce cas, ne se seront-ils pas fait avoir ?

* Nous avons trouvé beaucoup de réconfort et d’amusement, cette semaine, dans le fait que même les escroqueries sont bidon. Nous nous inquiétions de la fraude — mais la fraude aussi est frauduleuse. C’est un réconfort un peu pervers, nous l’admettons. Un peu comme un homme devenant aveugle qui se voit retirer son permis pour conduite en état d’ivresse — de toute façon, il n’en aura plus besoin.

** Le dollar est une escroquerie. C’est un imposteur — qui prétend être quelque chose ayant de la valeur. Mais ni les Américains ni les étrangers ne semblent se lasser de lui. Leur foi semble sans limites.

* Que vont faire les Américains, nous sommes-nous demandé, lorsque les Chinois décideront de ne plus accepter de dollars en échange de leurs gadgets ? Et lorsque les Iraniens et les Saoudiens cesseront d’échanger du pétrole contre des billets verts ? Que feront les Américains lorsque les ménages US ne pourront plus refinancer leurs maisons pour combler le trou entre dépenses et revenus ? Comment paieront-ils leurs retraites ?

* Ce problème ne concerne pas uniquement les Américains. Le monde occidental est devenu gras et jovial, ce dernier demi-siècle. Des générations de politiciens ont fait des promesses que même des génies ou des saints ne pourraient tenir — et les lumpeninvestisseurs ont vécu sur des espérances que seule une croissance économique rapide pourrait remplir.

* Les pays occidentaux ne sont pas dirigés par des saints ou des génies, mais par des pécheurs à la tête de bois. Et la croissance rapide ? Aux Etats-Unis, le citoyen n’a pas vu de véritable augmentation de son revenu disponible depuis l’administration Carter. En Europe, les salaires augmentent — mais il en va de même pour le coût des programmes sociaux.

* Pendant ce temps, la croissance est à l’Est. Les salaires y augmentent de 10% par an tant en Inde qu’en Chine. Les taux de croissance du PIB sont quasiment aussi élevés.

* Les étudiants français peuvent arrêter de se faire du souci. Les salariés et retraités américains aussi. Oui, ils perdent du terrain par rapport aux Asiatiques, mais quelle différence cela fait-il ? Le dollar est une fraude, et ils n’en ont pas besoin d’une telle quantité, de toute façon. Qui souffre vraiment de ne pouvoir s’acheter une télévision grand écran ?

* Et quel Occidental a vraiment besoin de plus de nourriture ? C’est le problème avec la prospérité, cher lecteur. L’Occidental moyen ne manque pas de nourriture — il en a trop. Il a aussi trop de gadgets… trop de distractions… trop de moyens abrutissants de dépenser son temps et son argent.

* Mais nous radotons, pas vrai ? Et de toute façon, qui sommes-nous pour dire aux gens comment dépenser leur argent ? Que savons-nous ? Rien. Mais nous avons quand même une théorie !

* Notre théorie, c’est que toutes les institutions, organismes, sociétés, organisations — toutes les choses, animales, végétales, minérales — s’érodent, se dégradent et dégénèrent au cours du temps. Il en va de même pour l’économie de consommation. A mesure que le temps passe, il y a de plus en plus de parasites, sangsues, escrocs, arnaqueurs, carambouilleurs, paresseux, charlatans et coquins encombrant le système. Les gens commencent par acheter des choses dont ils ont besoin avec de l’argent qu’ils ont épargné. Ensuite, ils achètent les choses qu’ils veulent avec l’argent qu’ils gagnent. Et ils finissent par acheter des choses dont ils n’ont même pas envie avec de l’argent qu’ils n’ont pas et qu’ils ne gagneront jamais. C’est là toute la question du refinancement des maisons. Ce n’est pas de l’épargne ; ce n’est pas un revenu. C’est de l’argent rêvé — de l’argent qui est entré pendant que le propriétaire dormait.

* L’arnaque géante, c’est que les gens pensent s’enrichir en ayant accès à plus de dollars. Ils sont aspirés dans les dépenses et la dette comme un homard dans un piège — croyant qu’il leur faut de plus en plus de choses. Mais la promesse de dépenses est aussi bidon que l’escroquerie elle-même ; plus ils dépensent, moins ils obtiennent. Avant longtemps, le rendement réel des dépenses — comme lorsqu’on mange trop, qu’on a trop recours à la chirurgie esthétique, qu’on a trop de maîtresses ou trop de soldats à la parade — est négatif.

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*** La Chronique Agora présente ***

Les sables pétrolifères canadiens et comment en découvrir la "nouvelle star"… Doug Casey fait partie du jury, et nous en dit plus sur la manière de détecter les candidats pleins de potentiel.

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LE SECRET DES SABLES PETROLIFERES — 2ème PARTIE
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Par Doug Casey (*)

Cette année, en février, une société à numéro, 1122131 Alberta Ltd., a versé 465 millions de dollars canadiens pour une concession de sables pétrolifères dans une partie de l’Alberta qui — à l’époque — ressemblait plutôt à des prairies à caribous. Le terrain était situé complètement en dehors de la région où l’on savait qu’il y avait des sables pétrolifères.

Intriguée, mon équipe examina les données de plus près, et s’aperçut que la région n’avait effectivement rien à voir avec des sables pétrolifères conventionnels… mais qu’elle était parfaite pour un tout nouveau genre de manoeuvre. Voyez-vous, les sables pétrolifères dont on entend généralement parler sont logés dans du grès, à des profondeurs relativement limitées. Mais nombre de gens ne savent pas qu’il existe un genre tout à fait différent de sables pétrolifères, plus profondément dans le sol, contenu dans une roche appelée formation de Grosmont. Nous nous sommes donc dit que c’était peut-être là ce que cherchait 1122131 Alberta.

Quelques semaines plus tard, nos soupçons se confirmaient : Shell annonça être l’entreprise aux commandes derrière 1122131 Alberta, et qu’elle avait effectivement l’intention de se lancer dans l’exploration de la formation de Grosmont.

Même si cet exemple de "nouvelle direction" pour les sables pétrolifères ne nous a pas fourni une opportunité d’investissement directe, cela nous a fait réfléchir aux nouveautés envisageables. Et en regardant la carte, une destination s’est immédiatement imposée : Saskatchewan.

Alors que l’attention se porte surtout sur les sables pétrolifères d’Alberta, peu d’analystes ont noté que les installations cessent brusquement à la frontière est de la province, bordant la Saskatchewan. Est-ce que les rochers disparaissent soudain ? C’est peu probable.

En fait, en cherchant un peu plus loin, nous avons trouvé des preuves historiques démontrant que la Saskatchewan détient d’abondants sables pétrolifères — peut-être même plus abondants que l’Alberta. Le problème, c’est la politique. Le gouvernement de la Saskatchewan a peu ou prou mis fin à tout développement, de sorte qu’aucune entreprise, ou presque, n’a lancé de projets dans la région.

Je dis presque parce qu’il s’avère qu’une petite société spécialisée dans les sables pétrolifères travaille dans la Saskatchewan. Et il se trouve que cette entreprise possède des terrains plus vastes que tous les projets de sables pétrolifères d’Alberta combinés… et que son équipe dirigeante a déjà transformé une entreprise de sables pétrolifères en société valant un milliard de dollars.

Malgré ces aspects positifs, cette entreprise est délaissée des marchés — à tel point que, lorsque nous l’avons découverte, sa capitalisation boursière se montait à 200 millions de dollars — minuscule, selon les critères des sables pétrolifères. En décembre 2005, nous nous sommes positionnés sur cette valeur au potentiel énorme ; en trois mois, nous avons engrangé un gain de 315%… le genre de plus-values qu’on fait en allant là où les autres ne vont pas.

Le plus beau, dans cette histoire, c’est qu’en dépit de cette hausse, l’action vaut encore moins de la moitié de la capitalisation boursière de la plus petite société de sables pétrolifères d’Alberta — alors que son potentiel de réserves est vertigineux, par rapport aux mêmes entreprises. Je ne peux mentionner son nom ici, ce serait injuste à l’égard de mes lecteurs encore positionnés.

Une chose est sûre, par contre : si vous envisagez d’investir dans les sables pétrolifères — et je pense qu’il y a de nombreuses raisons justifiant ce choix — ou dans tout secteur "brûlant", cherchez le moyen de "prolonger la tendance". Découvrez des opportunités qui ne sont pas sur le radar des investisseurs pour l’instant, mais qui ont la possibilité de profiter de la marée montante une fois qu’elles se font connaître. De la sorte, vous maximiserez vos gains… tout en vous faisant plaisir lorsque les médias commenceront à vanter les mérites de la société que vous avez achetée il y a déjà des mois de cela !

Meilleures salutations,

Doug Casey,
Pour la Chronique Agora

(*) Voilà 25 ans que Doug Casey, rédacteur de la lettre International Speculator, cherche — et trouve — d’incroyables opportunités d’investissement dans le monde entier. M. Casey est l’auteur des best-sellers "Crisis Investing" et "Crisis Investing for the rest of the 90′". C’est également l’un des correspondants les plus fidèles du Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.

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