Jésus n’appartenait pas au Deep State

Rédigé le 29 mars 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Nous sommes arrivé à São Paulo dimanche matin.

Ici, la circulation peut être horrible. C’est un gigantesque endroit où vivent 12 millions de personnes.

Mais il était tôt, lorsque nous sommes arrivés en ville, et la circulation était fluide.

Nous avons décidé d’aller à la messe dans la vieille cathédrale de São Paulo, dans le centre-ville.

Le quartier est un peu délabré. A l’abandon.

Mais jetons d’abord un coup d’oeil sur le monde de Mammon, celui de la richesse matérielle.

Les actions américaines ont reculé six jours d’affilée, alors que le paysage économique s’assombrit.

Les maisons se vendent à nouveau. Mais il y a un gros problème : désormais, l’acheteur moyen est moins en mesure de s’acheter la maison moyenne.

Son revenu, comparé au coût d’achat d’une maison, est le plus bas jamais enregistré. Par conséquent, le logement dévore une part disproportionnée de son salaire, et il dépense moins sur le reste.

Cela explique en partie pourquoi les ventes au détail sont si faibles… et pourquoi les piliers des centres commerciaux de l’Amérique profonde ferment tous des points de vente : J.C. Penney, Sears, Macy’s et Kmart.

Non seulement les achats se déplacent vers les sites de vente en ligne, mais les clients de ces enseignes n’ont pas d’argent. Au moins 3 500 grands magasins devraient mettre la clé sous la porte.

Les défauts de remboursement sur les crédits automobiles augmentent également : encore plus qu’en 2009.

La classe moyenne ne gagne pas assez d’argent pour soutenir l’immobilier, les ventes au détail, l’automobile et son endettement.

L’économie du quotidien se fonde sur les accords gagnant-gagnant.

L’appauvrissement au profit de l’État

Mais il y a plus de 30 ans environ, l’équilibre a basculé de gagnant-gagnant à gagnant-perdant.

Les gens se sont appauvris. A présent, l’État contrôle une part trop importante de notre temps et de nos ressources : via la législation, la réglementation ou le système de l’argent falsifié.

Tous sont autant d’accords gagnant-perdant.

La Fed a annoncé son intention de faire marche arrière. Elle dit qu’elle va poursuivre la « normalisation » en relevant progressivement les taux d’intérêt.

Vous avez entendu notre prédiction : cela n’arrivera pas. La Fed ne retournera jamais volontairement à des taux d’intérêt normaux, fixés par le marché.

Elle ne relèvera les taux que si cela n’a aucune importance… c’est-à-dire tant que le taux « naturel » sera plus élevé.

L’Establishement — Wall Street, les grandes entreprises, l’Etat, le Deep State – dépend de l’argent emprunté à des taux d’intérêt préférentiels.

Il ne va pas y renoncer.

A présent, nous prédisons quelque chose de semblable, concernant le Congrès US : il ne réduira jamais volontairement les dépenses.

Les bestioles du marigot ont besoin de financements. Or une partie d’entre eux provient de la Fed, et l’autre du Congrès. Elles ne vont pas non plus y renoncer.

Il n’y aura pas de revirement intentionnel. Pas sous le mandat de Donald J. Trump. Ni d’aucun autre. Le Deep State est aux commandes. Et le Deep State veut nous prendre encore plus d’argent.

En attendant, retournons à la cathédrale de São Paulo…

Le bâtiment de l’église ressemble un petit peu à Notre-Dame, à Paris : les murs latéraux sont soutenus par des arcs-boutants et un toit s’appuyant sur de larges colonnes.

C’est un édifice de pierre impressionnant, mais par particulièrement beau. Le granite gris-brun est un peu terne. Et le plafond, peint en blanc, n’a pas la richesse ornementale de nombreuses cathédrales européennes.

La musique était antique. Toute la cérémonie semblait un peu désuète, rappelant les anciennes lamentations en hébreu, dont elle découle.

Nous nous sommes installé sur un banc à l’arrière de l’église et avons suivi le service du mieux que nous le pouvions. Nous ne parlons pas le portugais. Mais nous connaissons bien la liturgie et les textes de la Bible.

Plus important encore, nous savons comment se termine l’histoire.

Nous n’avons pas pu suivre le sermon correctement, mais nous avons entendu plusieurs mots significatifs : « justice sociale », « communauté », « solidarité ».

Nous ne pourrions le garantir, mais il semblerait que l’évêque ait eu un penchant pour la « théologie de la libération », si populaire en Amérique Latine dans les années 1960 et 1970.

Quand religion et politique s’allient…

L’idée, c’était que l’Eglise encourage les gens à s’engager politiquement et à faire pression pour que le gouvernement guérisse tous les maux frappant, selon eux, la société.

Les gens attachés à une religion sont toujours tentés d’adosser leur foi à la force brutale de l’État.

Le premier amendement de la Constitution américaine l’interdit expressément.

« Le Congrès n’adoptera aucune loi relative à l’établissement d’une religion, ou à l’interdiction de son libre exercice. »

Mais les églises, en Amérique, sont souvent ornées des drapeaux américains et des États, ainsi que de ceux de l’église.

Jésus a mis en garde contre le fait de tenter de « servir deux maîtres ». Mais de nombreux fidèles semblent tentés de le faire.

Même dans notre petite église, dans le Maryland, nous disons des prières pour « les hommes et femmes servant dans nos forces armées », comme s’ils accomplissaient l’œuvre de Dieu.

Sans cesse, Jésus a insisté sur le fait qu’un individu – le Bon Samaritain, par exemple – avait la responsabilité de faire ce qu’il faut.

Quant au gouvernement, Jésus semblait le mépriser… ou du moins conserver ses distances avec lui. (« Rends à César ce qui est à César », dit-il en lançant une petite pièce.)

A un moment donné, Jésus a été convié à rejoindre les initiés du Deep State. Le pouvoir politique… le pouvoir de forcer les autres à conclure des accords gagnant-perdant… lui a été offert.

« Et le Diable, le menant sur une haute montagne, lui montra, en un instant, tous les royaumes de la terre habitée…

Et le Diable lui dit : Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes ; car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi…. »

Et Jésus lui répondit : « Arrière, Satan… »

Jésus ne voulait rien avoir à faire avec l’État.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Jésus n’appartenait pas au Deep State”

  1. En effet Bill, en effet. Merci de nous le rappeler. Que Dieu te bénisse.

  2. Bonjour,

    Chez nous, en France, c’est l’état qui n’a rien à voir avec Jésus.
    Et il me semble qu’ailleurs non plus.

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