Telles les tiques sur un chien…

Rédigé le 13 avril 2017 par | Banques Centrales, Bill Bonner Imprimer

Commentons le discours révélateur de la présidente de la Fed, Janet Yellen, à l’Université du Michigan. Selon Bloomberg :

« ‘Auparavant, nous avons dû appuyer sur l’accélérateur pour donner à l’économie tout le peps que nous pouvions’, a déclaré Yellen, lundi, à Ann Arbor dans le Michigan. La Fed tente à présent de ‘lui permettre d’accélérer, mais pas au point d’appuyer à fond sur l’accélérateur’ […]

A présent, l’orientation politique appropriée se rapproche plus, disons, du mode ‘neutre’ [NDR : équivalent du point mort, sur les boites de vitesse automatiques], a déclaré Yellen, en réponse aux questions posées au cours d’une intervention à la Gerald R. Ford School of Public Policy, à l’Université du Michigan.

Yellen a déclaré qu’elle pensait que l’économie allait continuer de progresser à un rythme modéré, et que le relèvement progressif des taux ‘pourrait nous mener là où il faut que nous soyons.' »

Toute société est dirigée par une élite. Elle exploite les gens ordinaires comme les tiques le font avec les chiens. Elle se fraye un chemin vers des fonctions de pouvoir et d’influence, en se servant à la fois de son intelligence, de ses relations et de son baratin.

Les masses, en général, les admirent, impressionnées par les tours de passe-passe. Ensuite, au bout du compte, les tiques pullulent et deviennent trop grosses. Le pauvre chien s’affaiblit… et la magie tombe à l’eau.

A quelle étape de ce processus nous trouvons-nous ? Nous n’en sommes pas certain. Mais nous avons sûrement fait un pas de plus vers la catastrophe finale, lorsque Mme Yellen a pris la parole.

Tout ce qu’elle a dit était grotesque.

Aucun peps

L’économie ne progresse pas à « une vitesse modérée ».

Si elle avance encore – tout dépend de la façon dont on calcule l’inflation des prix à la consommation – elle est au bord de caler.
[NDLR : L’inflation semble renaître aux Etats-Unis. Est-ce là ce qui réveille les cours de l’or et des minières ? Depuis le début de l’année, elles ont gagné plus de 20% contre seulement 4% pour l’indice S&P 500. Découvrez comment profiter de ce potentiel en cliquant ici.]

Officiellement, la croissance par habitant est inférieure à 1% par an. C’est ça, le « peps » ?

La Fed n’est pas au « point mort ». Comme peut-on qualifier de « neutres » des taux se situant à plus de 100 points de base au-dessous du taux d’inflation ?

Mme Yellen dit qu’elle « appuie sur l’accélérateur ». Cela n’a donc rien de « neutre ».

Les gens qui ne respectent pas la logique de leurs propres métaphores sont sujets, parfois, à la paresse intellectuelle.

Parfois, ils s’emmêlent les pinceaux. Et parfois, ils déballent simplement du baratin pour les chaînes d’information et les ploucs qui y croient.

Mme Yellen pense que l’économie fonctionne comme une machine. Si elle ralentit, c’est à elle et à d’autres mécaniciens de la Fed d’appuyer sur l’accélérateur. Si elle va trop vite, ils la calment.

Cette métaphore est clairement absurde. Si elle et la Fed sont capables de faire accélérer l’économie en appuyant simplement sur l’accélérateur, alors qu’est-ce qu’ils attendent ?

66 millions d’Américains en âge de travailler n’ont pas d’emploi.

Eh ! On ne pourrait pas accélérer un peu ?

Les destructeurs de richesse

En outre, Mme Yellen dit qu’elle a l’intention d’amener l’économie « là où il faut qu’elle soit ».

Mais comment sait-elle où elle doit se situer ?

Une économie n’est pas une machine. Elle ne doit jamais se situer où que ce soit. Elle est simplement là où elle est.

Les autorités peuvent la ralentir avec des lois et réglementations stupides. Ou bien elles peuvent l’égarer avec des taux d’intérêt bidon et de l’argent falsifié.

Elles peuvent également forcer les gens à conclure des accords gagnant-perdant qui gaspillent le capital, retardent la création de richesses, voire, dans certains cas – en Union Soviétique de 1917 à 1989, en Allemagne de 1937 à 1945 – précipiter toute l’économie en marche arrière.

Les marabouts et diseurs de bonne aventure qui se respectent observent Mme Yellen avec dédain. Elle peut aggraver la situation économique mais elle ne peut pas l’améliorer.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Telles les tiques sur un chien…”

  1. M. Bonner: De fait, Mme Yellen ne peut que se conformer à sa nature et suivre la pente naturelle aux parasites. Un parasite ne peut que vivre et prospérer aux dépens de son hôte. Améliorer les choses n’est pas dans sa nature.
    Dès qu’il a sécurisé son environnement, en leurrant, à l’aide de toxines ou de baratin, les défenses naturelles du corps biologique ou social infesté, un parasite veut se reproduire, puis coloniser son hôte.
    C’est pourquoi, l’Etat ne sait rien faire sinon ajouter une feuille au millefeuille français ou autre, et multiplier les fonctionnaires parasites dont la seule utilité est de masquer la responsabilité des parasites gouvernants.
    L’issue de cette évolution ne peut être que fatale pour le corps hôte.
    C’est pourquoi le parasite sait qu’il devra migrer ailleurs tôt ou tard.
    Pas étonnant qu’il favorise la mondialisation. Plus celle-ci accélère, plus la fin est proche. Si on surveille bien cette phase, on a une chance de se débarrasse du parasite, car c’est là qu’il est le plus vulnérable.
    Ajoutons encore que Mme Yellen devait être une femme pour mieux masquer les parasites à une époque féministe. Doctrine qui fait partie des toxines affolant le corps social par pur besoin de protection des parasites.
    La médecine anti-parasitaire devrait beaucoup nous aider à cerner et éradiquer nos parasites sociaux.

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