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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Vendredi 23 juin 2006
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*** Enjeux obscurs, stagflation et courbatures
Philippe Béchade en assez de s’agenouiller…
*** Une star des marchés
Et c’est bien connu, la vie de star comporte quelques risques…
*** Curry au menu
Où en est l’Inde aujourd’hui ? Bill Bonner se penche sur la question
*** ISF 2006 : Les nouveautés (2)
Alain Baillon continue d’explorer les méandres de la nouvelle réglementation sur l’ISF — soyez attentif, votre patrimoine pourrait vous en remercier…
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Bonjour,
***ENJEUX OBSCURS, STAGFLATION ET COURBATURES
** Le marché parisien nous offre une quatrième hausse consécutive — et, en prime, un débordement de la résistance des 4 800 points. L’indice CAC 40, qui s’adjuge 0,6% supplémentaires, affiche ainsi +2,35% depuis lundi matin. Beaucoup d’opérateurs se reprennent à espérer un "carton plein" et un sans faute d’ici vendredi soir… avec pourquoi pas le comblement du gap des 4 906 points dans la foulée, en début de semaine prochaine par exemple.
Par deux fois depuis le 11 mai dernier, le CAC 40 avait aligné quatre séances de repli sur une série de cinq… alors pourquoi pas un "cinq sur cinq" cette semaine — la première du second semestre pour la majorité des opérateurs, qui agrémentent leur gestion d’une bonne dose de produits dérivés : ils entrent dans la composition de 100% des fonds indiciels garantis ou à effet de levier, et plus généralement à performances prédéfinies.
Nous aurions plutôt tendance à nous méfier du regain d’optimisme qui se renforce, comme d’habitude, à mesure que les hausses s’enchaînent. L’analyse du profil de la séance de jeudi invite à la prudence : le marché parisien avait effacé tous ses gains initiaux (+1,3% quelques minutes après l’ouverture) vers 16h30, et ne il gagnait pas plus de 0,2% vers 17h, après avoir affiché un plus haut en séance de 4 838 points, et un plancher à 4 775.
Il convient de souligner que l’indice de référence ne s’est hissé au-dessus des 4 800 points qu’à la faveur d’un ultime rebond haussier savamment orchestré au moment du fixing de clôture (tout comme la veille et l’avant-veille). C’est de bonne guerre.
De nombreux opérateurs, passés acheteurs depuis le 14 juin, tenaient absolument à ce que ce score psychologique soit inscrit avant la fin de la semaine. Cela permettrait d’"attirer" mécaniquement d’autres acheteurs — les plus frileux, et par extension les plus moutonniers, lesquels ne manquent pas une occasion de se faire tondre — au cas où ils éprouveraient le besoin de matérialiser leurs gains dans les meilleures conditions possibles, à trois jours de la réunion de la Fed.
** En ce qui nous concerne, nous n’avons pas joué ce rebond dans nos conseils au 0899 707 009* — si ce n’est par le biais des options d’achat ramassées au moment où le CAC 40 capitulait sous les 3 600 points. Les 250 points repris depuis le 14 juin ne nous sont donc pas complètement passés sous le nez : nous avons pratiquement doublé notre mise sur des calls CAC 40 4 800/juillet tout en dormant d’un sommeil paisible. Nous assumons d’ailleurs le risque (sauf s’il est strictement calculé) consistant à rester en dehors du marché alors que la tendance nous apparaît, depuis le 8 juin, fondamentalement baissière.
Nous ne cherchons pas à tout prix à vous convaincre de miser agressivement sur la baisse des indices boursiers lorsque les acheteurs reprennent la main… mais considérez sérieusement l’hypothèse suivante : le principal moteur de la hausse complètement anachronique d’octobre 2005 à mai 2006 se retrouve probablement victime d’une panne sèche.
Les torrents de liquidités qui abreuvaient les marchés financiers s’évaporent soudainement, avec l’éclatement quasi-simultané des diverses bulles en formation sur les places émergentes (Asie du sud-est, péninsule arabique, ex-Républiques soviétiques, Inde, Turquie…), sur les matières premières ainsi que le gaz et le pétrole, et sur le secteur défensif des métaux précieux, dans lequel nous reprenons fermement position.
La fin de la séance de jeudi a été marquée par la lourdeur de Wall Street (-0,5% sur le S&P et -1% sur le Nasdaq à la mi-séance), qui a bien vite oublié les résultats canons de Morgan Stanley. Bill Bonner nous avait démontré en début de semaine en quoi ces profits mirobolants ne découlent en rien d’une économie saine et circulant sur de bons rails…
** Les chiffres macroéconomiques du jour ont dévoilé une progression de 11 000 inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage aux Etats-Unis ; le département du Travail a recensé un total de 308 000 demandes d’indemnité supplémentaires la semaine dernière. Il y a aussi et surtout eu une nette dégradation de l’indice composite du Conference Board au mois de mai, en baisse plus prononcée que prévu : -0,6% après +0,4% en mars, et c’est le troisième repli recensé en six mois !
Les Etats Unis n’ont pas l’apanage des signaux de ralentissement puisque selon Eurostat, les entrées de commandes dans l’industrie de la zone euro ont reculé de 0,2 % en avril, après un trou d’air de -1,6 % (estimation révisée en nette baisse) enregistré au mois de mars.
En France, l’Insee a annoncé que la production manufacturière ne progresserait que de 1%. Les chiffres du premier trimestre 2006 sont venus confirmer cette tendance, au-delà d’une progression du PIB de 0,5 % qui résulte essentiellement du rôle toujours moteur de la consommation des ménages, elle-même soutenue artificiellement par le recours au crédit.
Thierry Breton, qui valide le scénario très crédible d’une hausse de 2% du PIB hexagonal, n’hésite pas à oser le pari d’un possible score de 2,5% en 2006. Psychologiquement, c’est le meilleur message à délivrer aux marchés… mais il est plus raisonnable de parier sur leur repli dans un contexte préélectoral et politico-financier nauséabond (EADS, Suez-GDF, CDC-Natixis) — tandis que les OPA annoncées à grand renfort de tapage médiatique sont si alambiquées et en trompe l’œil que plus personne ne s’y retrouve.
** C’est à tel point que les autorités boursières ont pris une décision historique et sans précédent en suspendant la cotation d’Arcelor jusqu’à lundi au minimum.
Lorsque les règles du jeu boursier deviennent aussi troubles… lorsque la rémunération des dirigeants d’entreprises devient un objet de scandale (leurs émoluments et primes diverses aboutissent à un ratio de 260 fois le salaire moyen des salariés, contre 26 fois 40 ans auparavant, soit une multiplication par 10 pour un service rendu aux actionnaires, somme toute, équivalent)… lorsque les approvisionnements en matières premières deviennent un enjeu géostratégique majeur de nature à occasionner des conflits armés… lorsque les liquidités sont épongées par les banques centrales qui affectent de manquer d’encre et d’huile pour faire tourner la planche à billets… il faut vraiment avoir la foi du charbonnier pour continuer de croire aveuglément en la hausse des indices boursiers.
Pascal écrivait : "Agenouillez-vous cent fois, à force vous croirez". Pour notre part, nous croyons qu’à force de nous relever cent fois, nous finirons épuisés et perclus de courbatures, sans forcément trouver de la divinité à pratiquer ce genre d’exercice.
Nous préférons nous asseoir confortablement sur un matelas de supports aurifères (trackers, mines, certificats…) et attendre que les prêcheurs de la "Nouvelle-nouvelle économie" — celle qui est censée permettre aux marchés de monter en période de stagflation — épuisent leur salive et la patience de leurs fidèles. Nous avons tout notre temps, comme l’or — qui reste, vous le savez bien, un support d’épargne inaltérable.
A nos yeux d’éternels sceptiques, cela suffit à lui conférer un avantage substantiel par rapport à tout ce qui se négocie sous forme de papier — comme le dollar, les actions et les reconnaissances de dettes.
* (1,35 euros l’appel + 0,34 euros/minute)
Philippe Béchade,
Paris
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Laissez tomber la boule de cristal, le tarot de Marseille et les feuilles de thé
TROIS INDICATEURS SUFFISENT POUR PREVOIR LES MARCHES !
Pour découvrir lesquels… et comment les mettre au service de votre portefeuille… continuez votre lecture !
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Les dernières nouvelles de Wall Street…
*** UNE STAR DES MARCHES
** L’éthanol est une star sur les marchés, et tous les courtiers le savent. Voilà pourquoi ils ont vanté à un public en adoration les mérites de nombreuses sociétés du secteur — notamment celles qui viennent d’être introduites en bourse.
- Les perspectives de long terme de l’éthanol sont réelles, bien entendu. Ce biocarburant a toutes les chances de s’emparer d’une part croissante du marché des carburants liquides. Mais même ainsi, il est peut-être devenu un peu trop populaire parmi les investisseurs… pour le moment. Est-ce la raison pour laquelle tant de maisons de courtage s’empressent de vendre des entreprises fabriquant de l’éthanol à leurs clients — essayant de prendre l’argent facile tant qu’il est disponible ?
- L’éthanol sera l’une des nombreuses sources alternatives de carburant permettant de mettre fin à la dépendance au pétrole, avec d’autres carburants comme le biodiesel, le gaz naturel liquéfié et le charbon liquide. Pour l’instant, cependant, on dirait que le secteur de l’éthanol est entré dans une ébullition un peu trop spéculative.
** Les récentes introductions en bourse produiront certainement des gagnantes. D’autres, par contre, chuteront sévèrement. La qualité est essentielle. Au sommet de la pyramide, on trouve Archer Daniels Midland — avec une part de 30% du marché américain de l’éthanol. L’entreprise a une capitalisation boursière de près de 26 milliards de dollars, et se vend environ 20 fois les bénéfices estimés.
- Le deuxième plus grand producteur d’éthanol aux Etats-Unis, VeraSun Energy, a fait ses débuts à Wall Street la semaine dernière. L’introduction a rapporté assez d’argent pour permettre à VeraSun d’afficher une capitalisation boursière de plus de 1,9 milliards de dollars. L’action se vend environ 31 fois les bénéfices estimés pour 2006.
- Maintenant que son compte en banque est plein, l’entreprise se prépare à une sérieuse croissance. Les recettes de l’introduction boursière de VeraSun serviront à doubler sa production d’éthanol d’ici 2008, à 2 546 millions de litres. Etant donné les plans de croissance vertigineux de VeraSun, nous ne serions pas surpris de voir d’autres offres d’actions dans le futur — une opération qui pèse parfois sur le cours de la valeur.
- Les deux entreprises suivantes dans le secteur sont Hawkeye Holdings et Aventine Renewable Energy Holdings — ce dernier étant en relation étroite avec VeraSun, ce qui pourrait causer des problèmes à VeraSun dans quelque temps.
- "Aventine Renewable Energy achète quasiment tout l’éthanol produit par VeraSun", rapporte Robert Walberg. "Réalisant le conflit d’intérêt potentiel que cela crée, en particulier maintenant qu’Aventine commence à augmenter sa propre production d’éthanol, VeraSun a informé Aventine que l’accord de distribution prendra fin en mars 2007".
- On dirait bien que VeraSun devra chercher un nouveau distributeur prochainement. Et si l’entreprise ne peut trouver le moyen d’adresser son produit au consommateur, il pourrait y avoir un retard dans la croissance prévue par l’entreprise.
- Les perspectives de long terme de l’éthanol sont peut-être vigoureuses… mais bon nombre des nouvelles introductions soumettront les investisseurs à des risques considérables à court terme. Agissez avec prudence.
[NDLR : Agir avec prudence, c'est exactement ce qu'on fait nos experts en sélectionnant une valeur bien précise dans le secteur de l'éthanol... une valeur qui a échappé à l'attention des investisseurs jusqu'à présent... mais qui pourrait faire le bonheur de votre portefeuille, comme vous le verrez bientôt...]
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COMMENT INVESTIR AUJOURD’HUI ?
Eh bien… nous n’avons pas de recette miracle, mais… … que pensez-vous d’un système qui dépasse les 24% de croissance annuelle moyenne depuis 2003… en accumulant des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%… et bien d’autres encore !
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
***CURRY AU MENU
** "Lorsque vous quittez l’hôtel, les sons et les images sont si envahissants qu’on a du mal à le supporter. Et lorsqu’on rentre, on est épuisé, on ne veut plus sortir. Nous avons vu des gens qui n’ont jamais quitté le calme et le confort des salons ou du bar de leur hôtel".
* Nous ne sommes jamais allé en Inde. Nous ne sommes pas non plus monté dans une automobile Tata. Peut-être est-ce mieux ainsi. Des amis, récemment revenus du sous-continent, rapportent que c’est un endroit frustre et désordonné.
* Mais c’est justement dans les endroits frustres et désordonnés que les entreprises prospèrent et que des fortunes sont faites. L’Inde est en plein boom. Tous les rapports le disent. L’économie grimpe de plus de 6% par an depuis 15 ans. Et elle semble prendre de la vitesse. La croissance du PIB, ces trois dernières années, a atteint plus de 8% par an en moyenne.
* Comment est-ce que cela s’est produit ? Nous n’avancerons pas d’opinion ici. Nous notons simplement que de nombreux observateurs attribuent ce nouveau boom aux réformes qui ont éliminé les pires contraintes du licence raj — comme on appelait le douloureux système de permis et de réglementations gouvernementales de l’Inde.
** Nous admettons ne pas en savoir long sur l’histoire de l’Inde. Et le peu que nous savons nous provient sous forme d’histoire quasi-orale, de la part du petit-fils du Mahatma Gandhi — un de nos lecteurs américains — qui coule sa retraite au Massachusetts et échange parfois quelques lettres avec nous.
* Nous avons compris de tout cela que, comme de nombreuses colonies britanniques devenues indépendantes, l’Inde a dû commencer sa nouvelle vie avec une énorme bureaucratie administrative… développée ensuite avec enthousiasme par les Indiens eux-mêmes.
* Une bonne partie du système ne tarda pas à perdre toute utilité, et commença à étouffer le pays nouveau-né. Malheureusement, les nouveaux dirigeants indiens étaient également attirés par les idées économiques avancées de l’époque — toutes sans exception.
* Fabianisme, marxisme, socialisme, nationalisme, keynésianisme. Plutôt que de choisir simplement l’une ou l’autre, ils ont pris un peu de tout, mélangeant escroqueries et assiettes au beurre, ajoutant à cela une larme d’arômes ethniques, une généreuse louche de chauvinisme linguistique… et couronnant le tout d’une pincée de népotisme régional. Ils ont ensuite laissé ce curry épicé mariner sous le climat chaud — faut-il s’étonner qu’il en soit sorti un ragoût bien peu engageant ?
* Mais l’Inde est un pays vaste, très diversifié, comptant beaucoup de gens intelligents.
Dans les années 80, bon nombre d’entre eux s’étaient lassés du désordre, et avaient décidé de sortir balais et brosses à récurer. Les réglementations les plus contraignantes furent en grande partie éliminées, dans un effort de nettoyage mené par Manmohan Singh. A l’époque, il était ministre des finances. Aujourd’hui, il est premier ministre.
* Depuis, le pays est en plein boom. L’économie engendre des essaims de nouveaux millionnaires, et la classe moyenne s’étend à un rythme haletant. D’énormes immeubles de bureaux se construisent tous les jours dans les grandes villes, et les routes sont encombrées par un nombre croissant de nouvelles voitures. Les Indiens les plus riches dépensent sans compter ; les salaires augmentent.
* Cela ne signifie pas pour autant que l’Inde soit un pays dont la route est toute tracée — en grande partie parce que les routes de l’Inde sont l’un de ses principaux problèmes. Selon le magazine The Economist, un camion met huit jours pour couvrir la distance Calcutta-Bombay — un voyage qui comprend 32 heures d’attentes aux points de contrôle et péages.
Mais le problème est si évident et irritant que l’Inde ne pourra que construire de nouvelles autoroutes. Les Indiens ne pourront qu’acheter de nouvelles voitures. Et les fabricants de voitures indiennes bon marché ne pourront qu’obtenir une bonne part de cette nouvelle activité.
* Dans notre bureau londonien, nous avons récemment accueilli deux hommes d’affaires indiens qui avaient réuni environ trois millions de dollars pour se lancer dans la construction automobile. Dans le monde occidental, leurs efforts auraient été risibles. Mais dans le monde débridé de l’Inde moderne, les deux hommes font déjà plus d’argent que General Motors !
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*** La Chronique Agora présente ***
Alain Baillon continue d’explorer les méandres de la nouvelle réglementation sur l’ISF — soyez attentif, votre patrimoine pourrait vous en remercier…
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ISF 2006 : LES NOUVEAUTES – 2ème PARTIE
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Par Alain Baillon (*)
ISF et Assurance-vie : faux espoir !
Contrairement à ce qui a parfois pu être écrit — notamment par une revue financière grand public — l’acceptation d’un contrat d’assurance-vie par son bénéficiaire, ou le nantissement d’un tel contrat, ne l’exonère pas d’ISF. Et ce quand bien même, en pratique, son rachat par le souscripteur est alors devenu quasi-impossible… Tous ces contrats d’assurance-vie doivent donc être déclarés à l’ISF pour leur valeur de rachat, indiquée par l’assureur. Seules exceptions : la valeur de capitalisation des retraites complémentaires constituées dans un cadre professionnel (Madelin, article 83) ou dans celui du PERP.
Le "bouclier fiscal"
La Loi de Finances 2006 instaure un droit à restitution des impositions directes pour la fraction qui excède 60% des revenus du contribuable. C’est le "bouclier fiscal" qui, en fait, plafonnera les prélèvements à 71% si l’on tient compte des CSG-CRDSCS (prélèvements… sociaux !).
Ces dispositions s’appliquent aux impositions payées à compter du 1er janvier 2006 par tout contribuable fiscalement domicilié en France. Les impôts concernés sont limitativement ceux régulièrement déclarés : l’impôt sur le revenu + l’ISF + les Taxes Foncière et d’Habitation liées à la résidence principale du contribuable.
En cas de redressement, les compléments versés ne seraient pas pris en compte. Et en cas de restitution ou de dégrèvement, ces montants viendraient en déduction du total pour la même année.
Les revenus à prendre en compte sont ceux réalisés l’année qui précède le paiement des impositions :
- les revenus soumis à l’Impôt sur le Revenu, nets de certains déficits et charges déductibles,
- les produits soumis à prélèvement libératoire (ex : produits d’obligations, de créances…)
- certains revenus de produits financiers exonérés (CEL, PEL, CODEVI, Livret A, PEP), ainsi que les produits des contrats d’assurance-vie ou de capitalisation mono-supports (Fonds Euros)
- … mais non les produits générés par des contrats d’assurance-vie investis en unités de compte, ni les plus-values sur valeurs mobilières en deçà du seuil de cession (15 000 euros), plus-values immobilières exonérées, prestations familiales, allocations logement et APL ou RMI.
Ce droit à restitution ne remet pas en cause le mécanisme de calcul de l’ISF (après plafonnement et plafonnement du plafonnement éventuels), qui devra être acquitté. Par contre, le contribuable pourra (ce n’est pas une obligation !) demander la restitution du trop versé jusqu’au 31 décembre de l’année suivant le paiement : jusqu’au 31/12/2007 pour les impôts payés en 2006, comparés aux revenus 2005. Un décret (à paraître) en précisera les modalités.
A ce stade, deux commentaires :
- à l’évidence la qualité du dossier sera essentielle, et il ne faudrait pas courir le risque d’attirer l’attention sur une déclaration ISF notoirement sous-estimée…
- il pourrait être prudent d’attendre le second semestre 2007, les élections passées, pour décider de la conduite à tenir en cas d’alternance…
A l’évidence, certaines stratégies de placements et de génération de flux financiers seront mieux adaptées que d’autres pour tirer parti du bouclier fiscal. Mais il ne faudrait pas oublier les mécanismes plus classiques d’écrêtement d’assiette ISF : contrats de capitalisation et contrats d’assurance-vie à prime de fidélité, par exemple.
Mais nous en reparlerons prochainement, c’est promis…
Alain Baillon
Pour la Chronique Agora
(*) Spécialiste de l’assurance-vie et de la gestion de patrimoine, Alain Baillon dirige depuis quelques années en toute indépendance son propre cabinet de Conseil en gestion sociale et patrimoniale et courtage en assurance. Il participe régulièrement à des conférences sur l’assurance-vie et sur l’élaboration d’une stratégie patrimoniale saine, équilibrée et efficace. Il a également contribué à la Lettre de l’Oxford Club, au Grand Guide du Métier de Consultant, et à Vos Finances – La Lettre du Patrimoine. Le texte ci-dessus est d’ailleurs extrait du guide Protégez votre Patrimoine, complément à Vos Finances.
[NDLR : Aux Publications Agora, nous avons été convaincus par le professionnalisme et le sérieux d'Alain Baillon. Nous avons donc négocié pour vous la possibilité de bénéficier de ses conseils dans des conditions tout à fait exceptionnelles : des frais d'entrée près de deux fois moins chers que les conditions standard, des réductions sur les diverses prestations, des formules de suivi personnalisées... N'attendez plus pour mettre votre patrimoine entre les mains d'un professionnel vraiment indépendant : contactez la-redaction@publications-agora.frpour plus de renseignements.]
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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