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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Mardi 28 mars 2006
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*** Immo-bulle, monopoly et roulette russe
La boîte de Pandore s’ouvrira-t-elle sur le marché immobilier ?
*** Encore des bonnes nouvelles
Où Bill Bonner découvre qu’il n’aura pas à changer sa philosophie de la vie…
*** La pire transaction de la décennie (1)
Comment les gens peuvent-ils se permettre de vivre à Londres ?
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Bonjour,
*** IMMO-BULLE, MONOPOLY ET ROULETTE RUSSE
** Dopé par la déferlante des annonces de fusions-acquisitions, le CAC 40 a passé un peu plus de trois jours au-dessus de notre objectif des 5 200 points. Il n’a été nullement impressionné par l’alignement d’une quinzième semaine de hausse sur une série de 20, ni par un gain de 10,5% depuis le début de l’année ; les valeurs moyennes font presque deux fois mieux avec +17,5% depuis le début de l’année, et très exactement +50% par rapport au 26 mars 2005.
Et faut-il rappeler que sans France Télécom (ou Orange et Equant de triste mémoire), Alcatel, Thomson ou Vivendi, le SBF 120 aurait déjà renoué avec ses records du 4 septembre 2000 ?
Le projet de rapprochement d’Alcatel avec Lucent Technologie a peut-être occasionné une flambée de 8% sur le cours du champion français la semaine passée… mais il enterre pratiquement tout espoir pour les actionnaires de voir le titre renouer avec des niveaux comparables aux records de janvier 1994, c’est-à-dire 26 ou 27 euros (le double de la valeur actuelle du titre).
Alcatel risque en effet de voir sa notation dégradée si l’opération aboutit. Nous émettons cependant de sérieux doutes à ce sujet, vu l’étroitesse des liens historiques entre Lucent et le Pentagone et connaissant la susceptibilité des membres du Congrès américains concernant tout ce qui touche à l’industrie de la défense et aux technologies associées.
Il ne faut pas oublier que Patricia Russo, CEO de Lucent, est devenue depuis la mi-mai 2004 la conseillère particulière de George W. Bush pour les questions de sécurité nationale liées aux télécoms. Le président l’a en effet désignée comme vice-présidente de la National Security Telecommunications Advisory Committee (NSTAC).
Même si l’emballage de l’opération est qualifié — pour la forme — de "fusion entre égaux", la santé financière vacillante de Lucent (qui a frôlé la faillite en 2002, ce qui avait fait capoter une première tentative de fusion avec Alcatel) ne laisse guère planer d’illusion sur le fait que le partenaire tricolore sera plus "égal" que sa moitié américaine.
L’astuce pourrait consister à désigner Pat Russo comme successeur de Serge Tchuruk. Ce seraient alors les investisseurs institutionnels — et en particulier les établissements créanciers — qui détiendraient le vrai pouvoir. En cas de rapprochement ultérieur avec Thalès, Lucent ne constituerait plus qu’un sous-ensemble au sein d’un futur géant de la défense hexagonal : une hypothèse inadmissible pour le législateur américain.
** La journée de lundi avait débuté par la propagation d’une nouvelle rumeur (découlant de ce qui précède) de prise de contrôle de Thomson par un puissant fonds d’investissement — qui se chargerait ultérieurement de rapprocher le groupe électronique français d’un partenaire de stature mondiale… autre qu’Alcatel naturellement.
Mais l’envol de 10% de Thomson en début de matinée — une OPA à 18 euros a été évoquée — n’a pas suffi à soutenir un CAC 40 plombé par des prises de profit affectant la quasi-totalité des titres qui avaient servi de locomotive la semaine passée (Sanofi Aventis, Vivendi Universal, Thalès, Vinci et Alcatel).
Le contexte social franco-français pour le moins tendu à la veille d’une grande journée d’action anti-CPE (comprendre d’inaction pour l’économie française avec des transports à moitié paralysés) n’est pour rien dans le repli du CAC 40. Ceci à la différence des grandes manifestations anti-réforme des services publics et anti-Juppé de novembre 1995, lesquelles avaient provoqué une forte tension des taux et un recul sensible de la bourse de Paris par rapport à la moyenne européenne.
Le phénomène de consolidation était général sur le Vieux Continent en ce lundi, avec une belle homogénéité des scores (autour de -1,1%) de Londres à Milan et de Francfort à Madrid. Les opérateurs retenaient leur souffle à quelques heures du communiqué final de la Fed, à l’issue de la première réunion présidée — en situation de réelle autonomie — par Ben Bernanke.
** Le nouveau patron de la Fed devra convaincre ce mardi soir que la Banque centrale ne relèvera pas les taux plus que nécessaire… mais tiendra compte de conditions économiques dont personne n’est capable à ce jour de déterminer la vigueur ou la vulnérabilité, compte tenu de l’hypothèque de l’éclatement de "l’immo-bulle" aux Etats-Unis, où les ventes de logements neufs ont plongé de -10,5% en février.
Mais alors que les premières lézardes se forment au sein du consensus haussier dans le secteur du real estate, les rois du mécano financier mettent d’ores et déjà en place de nouveaux outils de couverture contre la baisse de l’immobilier. Standard & Poor’s va commercialiser les premières options adossées à des indices de référence régionaux.
Il s’agit d’une véritable boîte de Pandore : ces produits dérivés vont en fait permettre de spéculer directement à la baisse sur le prix de l’immobilier (ou d’arbitrer entre divers "profils fonciers"). Certains détenteurs du sous-jacent — des créances immobilières, en réalité — pourraient avoir intérêt, une fois couverts, à orchestrer une panique sur la valeur des catégories d’actifs les plus surévalués. Cela leur permettrait de maximiser leurs gains sur les options, avant de racheter du "physique" dès lors que le rendement locatif dépasserait celui des bons du Trésor — ce qui suppose entre 30% et 50% de baisse de la pierre dans certaines zones côtières.
Si ce marché des options sur sous-jacent immobilier voit le jour au cours des prochaines semaines, l’étude du ratio call/put devrait rapidement nous donner une idée du type de volatilité (à la baisse, nous en faisons le pari) attendu en Floride ou en Californie si les emprunteurs — puis les établissements hypothécaires qui les financent — et les promoteurs se retrouvent pris à la gorge. Nous allons avoir l’occasion d’en reparler dès lundi prochain lors de notre conférence au Palais Brongniart (une synthèse des questions/réponses sera d’ailleurs ajoutée au rapport qui sera disponible après la réunion du lundi 3 avril).
Comment les adeptes des stratégies long/short equities — parfaitement rodés aux arbitrages entre classes d’actifs et au calcul en temps réel du couple rendement/risque — pourront-ils résister à la tentation de faire varier les prix de l’immobilier à un rythme qui n’a jamais été observé au cours de l’Histoire… c’est-à-dire à la vitesse des marchés à terme, qu’aucun propriétaire particulier un peu naïf et un peu trop endetté n’est capable d’appréhender, même dans ses pires cauchemars ?
Nous nous demandions au cours des dernières semaines si le délai de prise de conscience du dégonflement de "l’immo-bulle" serait comparable à ce qui a été observé par le passé à New York — où il a fallu entre six et neuf mois — à la fin des années 70… ou dans le Middle West au milieu des années 80 : faillite retentissante des caisses d’épargne régionales.
Nous sommes maintenant convaincu que les conditions seront bientôt en place pour que se matérialise une descente aux enfers d’une rapidité stupéfiante et d’une brutalité sans précédent. A moins que la Fed, dans un sursaut de lucidité, ne réalise qu’un marché à terme de l’immobilier pourrait la priver de toute emprise réelle sur l’évolution des taux aux Etats-Unis… et donc de pouvoir de régulation de l’activité économique — si elle a jamais pu prétendre en disposer.
Mais au bout du compte, et d’un strict point de vue technique, ce ne serait plus de sa faute si une combinaison de Monopoly et de roulette russe provoquait un cataclysme financier.
Philippe Béchade,
Paris
PS : N’oubliez pas de retrouver dès 15h45 cet après-midi l’analyse de la séance en cours au 0899 707 009* : Philippe Béchade y examine les dernières tendances… et vous révèle ses recommandations du jour.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Tous les investissements ne sont pas bons à prendre…
mais certains sont encore plus néfastes que d’autres !
Pour découvrir les tendances à éviter absolument dans les mois qui viennent, continuez votre lecture…
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** ENCORE DES BONNES NOUVELLES
** A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous attendons encore de voir le nouveau chef de la Fed dans toute sa splendeur lors de la première réunion du FOMC.
* Inutile d’épier les coulisses pour trouver l’escroquerie, cependant ; elle est visible en plein jour. Le but avoué du FOMC est de subvertir le libre échange. Fixer les prix est illégal dans d’autres secteurs, mais les huiles de la banque centrale sont autorisées à comploter pour fixer le prix le plus important d’une économie, celui de la monnaie. Ils chantent tous les louanges d’un marché libre et ouvert. Ils lisent tous Adam Smith en hochant la tête d’un air approbateur. Aucun n’envisagerait ne serait-ce qu’une seule seconde de recourir à la planification centrale sur le modèle soviétique. Mais aucun d’entre eux ne renoncerait à sa la carte de membre prouvant qu’ils appartiennent à club centralisé d’apparatchiks déterminant les taux de prêt à court terme des Etats-Unis.
* Qu’est-ce qui leur fait croire qu’ils peuvent connaître le taux exact auquel nous devrions emprunter ou prêter ? Qu’est-ce qui leur fait croire que leur point de vue est meilleur que celui du marché lui-même ? Pourquoi les prêteurs et les emprunteurs de long terme ne peuvent-ils pas s’entendre au taux qu’ils souhaitent, plutôt qu’à celui décidé par la Fed ?
* Inutile de poser la question, cher lecteur. Personne n’a de réponse — sinon que ces sages du crédit facile s’assureront que l’économie a tout l’argent qu’elle veut, plutôt que l’argent qu’elle a dans les faits. Il y a des périodes où les prêteurs s’inquiètent, prennent peur et resserrent les cordons de leur bourse. Ils pensent voir arriver les ennuis, et hésitent à abandonner un "tiens" pour deux "tu l’auras". Ils veulent voir, de leurs yeux, trois "tu l’auras". Voire quatre. Alors, peut-être, consentiront-ils à se séparer de leur argent. C’est dans ces moments-là que la Fed arrive au secours de l’économie, distribuant les "tu l’auras" à tour de bras.
* Mais nous nous éloignons du sujet ; nous reviendrons sur les déclarations de Ben Bernanke plus tard dans la semaine. De toute façon, nous sommes encore en mode "bonnes nouvelles", et les oeuvres de la Fed ne nous en réservent aucune.
** Nos bonnes nouvelles, aujourd’hui, proviennent de la semaine dernière. Nous avons été ravi de découvrir — dans les chiffres de l’économiste Walter J. Williams — que le monde file vraiment un mauvais coton, comme nous le pensions. Si les autorités faisaient leurs calculs correctement — ou si elles revenaient simplement à leurs anciennes méthodes — le chômage américain atteindrait le double des niveaux actuellement annoncés, l’inflation serait plus élevée et le PIB national diminuerait. Nous nous sentons mieux. Non pas que nous voulions que les Etats-Unis entrent en récession, pas du tout. Mais nous sommes heureux de constater que ce qui devrait se produire finit par se produire. Sinon, nous aurions dû réexaminer toute notre philosophie de la vie. Peut-être aurions-nous dû devenir day trader… ou bien nous aurions enfilé une robe safran pour rejoindre les Hare Krischna. Nous aurions même pu commencer à lire Thomas Friedman avec admiration.
* Mais tout cela nous est épargné ! Nous n’aurions pas aimé perdre le peu de dignité qui nous reste. Nous remercions donc les dieux pour ces petits signaux, ces petites garanties que les choses fonctionnent encore comme elles le devraient. Oui, nous en avons vu un autre signe ce week-end. Nous nous tenions devant la Galerie des Offices, à Florence, en étudiant une sculpture à l’entrée. Le guide vert nous expliquait qu’elle représentait "le triomphe inévitable et éternel de la vertu sur le mal… rappelant aux Florentins que les bonnes actions étaient toujours récompensées, tandis que le péché et l’erreur étaient toujours punis", ou quelque chose comme ça. Eh bien alors ! C’est comme ça que les choses sont censées fonctionner, non ? Nous avons regardé la statue à nouveau. Il s’agissait d’un bronze représentant une magnifique jeune femme, seins nus, l’épée à la main, sur le point de couper la tête d’un pauvre homme. Elle le maintenait au sol, son genou sur son dos et sa main gauche dans les cheveux du malheureux. Il ne lui restait plus longtemps à vivre, de toute évidence.
* Et si les gens dépensent plus qu’ils ne peuvent se le permettre, s’ils empruntent plus qu’ils ne peuvent confortablement rembourser, si nous nous soucions trop des biens de ce monde, convoitant la maison de notre voisin par exemple, ou jalousant sa télévision grand écran, il ne nous restera plus longtemps à vivre non plus.
** Et maintenant arrivent d’autres mauvaises nouvelles. D’abord, le premier coup : les ventes de nouvelles maisons ont chuté de 10,5% le mois dernier. Puis un genou sur le dos : les prix du carburant ont grimpé de 15 cents ces deux dernières semaines, selon l’Associated Press. Et maintenant, un coup d’épée, terrible et sûr : les dossiers de faillites personnelles ont augmenté de 30% l’an dernier aux USA. Plus de deux millions de personnes se sont retrouvées fauchées comme les blés.
* Nous ne pouvons nous empêcher d’apprécier le chef de l’état italien, Silvio Berlusconi. Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il dirait aux pauvres, il n’a pas menti ou bredouillé :
* "Je leur dirait de gagner plus d’argent", a-t-il déclaré.
* Mais que dire à la classe moyenne américaine, qui devient plus pauvre chaque jour ? Gagner plus d’argent ? Comment ? Sur le marché de l’emploi mondialisé, ils gagnent déjà trop. Peut-être devraient-ils acquérir de nouvelles compétences ? Mais que voyons-nous ? "Une nouvelle formation pour les travailleurs licenciés… mais dans quel but ?", demande le New York Times.
* Nous nous posons la même question.
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*** La Chronique Agora présente ***
Londres est l’une des villes les plus chères au monde — si chère, en fait, que le Britannique moyen ne peut pas se permettre d’y vivre. Bill Bonner se demande pourquoi Londres a gardé la tête hors de l’eau tandis que le reste de l’Empire britannique coulait…
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LA PIRE TRANSACTION DE LA DECENNIE — 1ère PARTIE
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Par Bill Bonner (*)
"Comment est-ce qu’ils font ?" nous a demandé un visiteur américain la semaine dernière. Comment paient-ils leurs factures ? Comment peuvent-ils se permettre de vivre à Londres ?
Les Américains peuvent cesser de s’inquiéter. L’empire est peut-être en déclin, mais il lui reste encore pas mal de pente à parcourir. Rome a décliné durant 300 ans au moins avant que les Barbares ne prennent le dessus. La Grande-Bretagne est en déclin — si l’on considère son rang dans le monde — depuis au moins un siècle. Même à présent, la dernière capitale impériale de la planète reste un endroit agréable à vivre — si vous avez de l’argent, bien entendu.
Londres est l’une des villes les plus chères au monde. Elle est si chère qu’un Londonien ordinaire doit déménager dans la lointaine banlieue et prendre tous les jours le train pour rejoindre le coeur de la ville. Un trajet d’une heure est considéré comme normal. De nombreuses personnes passent deux heures dans les transports pour se rendre à leur travail ; on a entendu parler de gens qui ne se contentent pas de lire des romans durant leurs voyages, mais bien d’en écrire.
Mercredi dernier, nous sommes allé dîner dans un gentleman’s club. Les membres sont des hommes âgés et distingués ; bon nombre d’entre eux ont des titres, un rang, des honneurs — et tous ont les cheveux gris. Votre correspondant peut y entrer non à cause de ses nombreuses qualités mais parce qu’il est membre d’un club américain ayant un accord de réciprocité. Nous avons toujours l’impression qu’on pourrait nous jeter à la porte d’un moment à un autre, nous nous faisons donc discret.
Un dîner pour quatre accompagné d’une seule bouteille de vin nous est revenu à 270 euros. Et cela semble assez raisonnable, comparé aux prix qui se pratiquent ailleurs. Londres est une belle ville chargée d’histoire, qui compte de bons taxis, de nombreux restaurants de qualité, une architecture intéressante, une industrie des services financiers dynamique, et un marché de l’immobilier en ébullition. C’est un excellent endroit où vivre. Dommage que la plupart des Anglais ne puissent pas se le permettre.
Comment la ville est-elle devenue si chère, nous sommes-nous demandé ? Comment se fait-il qu’elle n’ait pas coulé avec le reste de l’empire britannique ? Et que pouvons-nous apprendre de l’expérience britannique ? Le résultat de la question précédente est… pas grand’chose. Mais un petit coup d’oeil aux détails nous permet de renforcer des opinions que nous avons déjà.
Au 19ème siècle, l’empire britannique était nourri au charbon et financé par le commerce. Des industriels prospères de Manchester et Bristol importaient des matières premières brutes et exportaient des produits finis au reste du monde. Les profits étaient utilisés pour construire de nouveaux équipements et usines. Ils participaient également à la rémunération des administrateurs coloniaux britanniques tout autour du globe.
L’industrie de la Grande-Bretagne était solide. Il en allait de même pour sa monnaie. Durant cent bonnes années, la monnaie de la couronne a été la devise de réserve du monde, comme le dollar l’est aujourd’hui. De la défaite de Bonaparte à Waterloo en 1815 aux tranchées de la Marne en 1914, la livre sterling a dirigé le monde. Mais qui dirigeait la livre ? Le Seigneur était dans les Cieux ; la Reine était sur son trône. La Banque d’Angleterre échangeait une once d’or contre environ 3,85 livres — sans rancune.
Au début du 20ème siècle, la Grande guerre eut lieu. Elle mit à mal les finances de la Grande-Bretagne à tel point que cette dernière dut se tourner vers son ancienne colonie du Nouveau-Monde, les Etats-Unis, pour obtenir un soutien financier. S’ensuivit une longue série de revers, défaites, incidents de parcours, améliorations du monde, dévaluations, inflations et brassages d’air — tant pour l’empire britannique que pour sa monnaie. A mesure que l’empire s’affaissait, sa devise en faisait de même. Les industriels américains et allemands avaient déjà dépassé la production britannique en 1910. En 1917, durant la Première guerre mondiale, les Etats-Unis payaient l’orchestre et choisissaient la musique. Une fois arrivées les années 50, les Etats-Unis étaient sans aucun doute l’hégémonie du monde libre.
Le grand empire commercial anglo-saxon n’est pas mort pour autant. Il était, depuis toujours, constitué d’une collection de personnes parlant anglais. Ses soldats étaient réunis de tous les coins de l’empire. Dans la boue des Flandres, les troupes allemandes ont eu la surprise de retrouver les cadavres de jeunes hommes en jupe, puisque les Anglais ont toujours fait bon usage des vassaux conquis et des colonies lointaines : les Ecossais, les Irlandais, les Gallois, les Canadiens, les Australiens, les Néo-Zélandais, les Indiens.
A quoi est-ce que cela les a menés ? C’est ce que nous verrons demain…
Meilleures salutations,
Bill Bonner
Pour la Chronique Agora
(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (290 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur du livre "L’inéluctable faillite de l’économie américaine", disponible en librairie ou en cliquant ici.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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