Hommage à l’Amour entre deux vies

Rédigé le 15 février 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Hier on était le 14 février, jour de la St. Valentin. Nous avons décidé de rendre hommage à l’amour.

Il est aussi mystérieux que les banques centrales. Aussi sublime et incompréhensible que des taux d’intérêt négatifs. Aussi déroutant que les plans budgétaires de Trump.

A première vue, l’amour semble bien lointain des sujets de prédilection de la Chronique. Mais en y regardant de plus près, nous le trouvons tout à fait dans nos cordes.

Nous avons de nouveau fait la route jusqu’en Virginie, au sud de Charlottesville. Notre mère semble partir… puis se stabiliser… puis repartir… et se stabiliser encore.

A présent, elle lutte. Elle n’a que la peau et les os… ne peut plus quitter son lit, ni même s’asseoir… Elle utilise tout ce qui lui reste de forces pour respirer. Même avec des tuyaux d’oxygène dans le nez, elle n’a pas assez de cet air essentiel.

Privé de cet air si précieux… elle voit des gens qui ne sont pas là et les appelle.

« Maman, Oncle Edouard est mort il y a 40 ans. Il n’est pas là », rectifions-nous.

« Oh si… il est là… »

Et peut-être a-t-elle raison. Les esprits s’approchent… lui font signe… l’invitent à les rejoindre. Les anges planent au-dessus de la maison comme des drones, se préparant à l’emporter dans les cieux.

La mort… l’amour… l’avenir… l’économie : tous sont inconnaissables, fondamentalement. Vous ne savez jamais ce que vous aurez. Mais vous avez toujours ce que vous méritez.

Il n’y a aucune façon de savoir ce qui nous attend : ni l’heure, ni l’endroit. Vous ne pouvez le provoquer, ni prédire quand cela se produira. Comme Trump, c’est juste quelque chose qui arrive.

« Les actions et le dollar fléchissent alors que les investisseurs attendent Yellen », clame un gros titre de Bloomberg.

Mais qu’attendent-ils ? Mme Yellen ne sait pas plus que nous ce qu’il va se passer. Peut-être même encore moins. Qu’espèrent-ils obtenir d’elle ?

Nous n’en savons rien.

La lumière du monde, Donald J. Trump, ignore le Deep State

Pendant ce temps, la lumière du monde, personnifiée par Donald J. Trump, vacille.

Comme vous le savez, s’il veut réellement améliorer l’existence de ses partisans, il doit fait plus que s’en prendre à Nordstrom ou menacer les étrangers. Il doit assainir le marigot…

Hélas, alors qu’il aurait dû actionner le pompage à grande échelle, il a gaspillé l’élan populaire dont il bénéficiait, ainsi qu’un temps précieux, en bagarres idiotes et objectifs largement symboliques.

Des remaniements de cabinet… des ordres exécutifs foireux… des électrons libres lâchés dans la Maison Blanche… des embarras avec des juges… des accrochages avec les médias… des conflits d’intérêt…

Bref, le moins que l’on puisse dire de Donald Trump et de son nouveau gouvernement, c’est qu’ils ne se concentrent pas sur l’essentiel.

A moins de mettre au pas les initiés, aucun changement ne se produira réellement. Afin d’y parvenir, ils doivent s’en prendre aux éléments les plus profondément ancrés du Deep State, ici aux Etats-Unis.

La Team Trump doit tenter de freiner les gendarmes et les financiers, ou alors ce ne n’est qu’une bande d’escrocs de plus.

Mais jusqu’à présent, il n’a même pas été question de réformer le système de l’argent falsifié. Et au lieu de serrer la vis à l’armée, Trump semble vouloir lui donner plus de mou.

C’est uniquement au cours des tout premiers mois qu’un nouveau gouvernement peut effectuer d’importants changements. Après, il est trop tard.

Le Deep State érige rapidement ses remparts et ses rambardes. Les positions sont fortifiées. Même les politiciens les plus brillants et aguerris ne peuvent enfoncer ses lignes une fois qu’il est bien retranché et bien approvisionné (avec notre argent).

Que se passera-t-il ?

Personne ne le sait. Voilà pourquoi la mort et l’amour sont tout aussi appropriés à cette chronique que l’économie et la finance.

Et s’il est impossible de savoir quelque chose, votre chroniqueur n’est pas mieux placé que les autres pour le savoir. Comme un batelier ivre… il va là où les courants l’emportent.

Entre deux vies

La nuit dernière, nous nous sommes assis près de son lit et lui avons tenu la main.

A la télévision, nous avons regardé une autre génération. Notre fille, actrice, avait un rôle dans la série Scorpion. Elle jouait une joueuse d’échec russe qui échappe à un piège en sautant par une fenêtre, au deuxième étage, et en atterrissant dans une poubelle remplie de pâte à pain.

Nous avons ri ; elle ne sait pas jouer aux échecs. Mais elle a bon accent russe.

Et nous sommes resté assis là. Entre une génération et la suivante, comme un petit pain rassis entre deux croissants.

Le fruit de l’une. Le géniteur de la suivante.

L’une qui brille à la télévision nationale, jeune et belle. L’autre, les yeux fermés… luttant pour respirer.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Hommage à l’Amour entre deux vies”

  1. Avec toutes mes pensées,
    Fabrice L.

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