=============================
LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Vendredi 26 mai 2006
=============================
*** Clin d’oeil du destin
Remontée des marchés et fin de l’affaire Enron…
*** Hausse de l’or, mode d’emploi
Bill Bonner se demande quoi faire à présent…
*** Mariage entre égaux
Mais la réalité ressemble parfois davantage à une scène de ménage que de mariage…
—————————– (publ.)
Dans les moments d’incertitude boursière…
IL EST PLUS SUR DE REVENIR AUX SOURCES !
Voici par exemple un principe d’investissement quasi-enfantin… mais qui vous aurait permis de doubler votre mise en six mois…
Pour savoir comment, continuez votre lecture…
—————————
Bonjour,
*** CLIN D’OEIL DU DESTIN
** Cette année, le pont de l’Ascension méritera peut être son appellation, au sens premier du terme, pour les investisseurs qui ont su garder leur sang froid — et le sourire — au milieu des montagnes russes. Les indices de la zone euro ont perdu puis repris 3% ou 4% à plusieurs reprises depuis le 18 mai, dans une ambiance délétère où certains opérateurs ont préféré sauter des wagons en marche plutôt que d’être pris d’un malaise avant la fin du circuit.
Pour ceux qui se sont accrochés aux arceaux de sécurité, la récompense tarde encore à se matérialiser… mais elle n’en sera peut-être que plus gratifiante. En attendant, nous éprouvons comme beaucoup d’investisseurs une légère impression de tournis, mais nous commençons à distinguer au loin quelques lueurs annonciatrices d’une sortie imminente du tunnel.
La rechute de 1,35% de Tokyo hier matin (ou de 1% à Hong Kong) augurait d’un passage à vide au cours des premiers échanges. Ce fut bien le cas, mais la secousse fut plus modeste que lundi puis mercredi matin. La reprise en main du marché fut prompte et ferme, et jamais la remontée des indices au cours des heures qui suivirent ne donna l’impression d’être vulnérable à une contre-attaque des pressions vendeuses.
Les rachats à bon compte se sont effectivement imposés tout au long de l’après-midi. Le CAC 40, ainsi que l’ensembles des indices de la zone euro, ont bénéficié d’un joli coup d’accélérateur à la hausse en toute fin de séance : Paris, Londres ou Francfort clôturèrent au plus haut du jour, sur des gains qui s’étageaient entre 1,65% et 2,1%.
Ces rachats se combinaient d’ailleurs avec des achats d’anticipation : Wall Street affichait certes une tendance positive d’entrée de jeu, mais les écarts s’avéraient nettement plus modestes que sur le Vieux Continent (de +0,6% pour le S&P à +0,8% pour le Nasdaq).
La reprise s’est définitivement imposée dès la publication à 14h30 d’un chiffre de la croissance américaine révisé à 5,3% au premier trimestre 2006, contre 5,6% à 5,7% anticipés. Les reventes de logements anciens ressortaient en léger repli (-2%), mais apparaissent conformes aux anticipations : pas d’effondrement en vue. Le rythme de progression des bénéfices des entreprises au premier trimestre 2006 s’établit à +8,8% en glissement annuel, légèrement au-dessus du consensus — estimations comprises entre +7,5% et +8%.
** La question des profits a été largement occultée, ces deux dernières semaines, par la crainte d’un durcissement de ton des banques centrales. Les opérateurs se réjouissent donc tout particulièrement de la modération de la composante inflation — hors énergie — du chiffre révisé du PIB, ou core rate, qui progresse moins que prévu à 2,00% et non plus 2,4% comme c’était encore le cas fin 2005.
Le ralentissement du "déflateur" (+3,3%) relance les espoirs d’une prochaine pause dans le cycle de resserrement monétaire de la Réserve fédérale. De son côté, la Banque du Japon a fait savoir qu’elle n’avait pas l’intention de bouger dans l’immédiat.
Ces perspectives plus souriantes sur le front des taux ont soutenu les valeurs financières, qui ont véritablement servi de locomotives au marché parisien. AXA et BNP Paribas clôturent en hausse de 2%, Société Générale ou Crédit Agricole en progression de 1,7%.
Aucun repli à signaler au sein du CAC 40 ; le scénario est l’exact symétrique de celui observé mercredi, où 100% des valeurs vedettes avaient clôturé dans le rouge.
C’est bien la preuve que la sélectivité n’a pas encore repris les commandes, et que les gérants n’initient que des positions très court terme. Et encore, il ne s’agit que de ceux qui osent tenter de rattraper par le manche "le couteau qui tombe de la table" — un exercice jugé trop périlleux lorsque tout les objets posés sur la nappe (obligations, matières premières, dollar, pétrole…) dégringolent en même temps.
Nous soutenons depuis plusieurs mois la thèse selon laquelle ce sont paradoxalement les métaux industriels ou précieux et l’or noir qui alimentent la hausse des indices boursiers. Leur flambée provoque un afflux de pétrodollars ou de "métaux-dollars" dans le circuit financier planétaire ; les principales bénéficiaires ont été les places boursières de pays émergents, où les groupes miniers et pétroliers sont fortement représentés (Ukraine, Arabie Saoudite, Emirats, Inde, Brésil).
Ce n’est pas un hasard si toutes ces places ont retrouvé un semblant de fermeté alors que le baril de pétrole remontait au-dessus des 71 $ à New York et l’once d’or au-delà de 650 $…
** Les matières premières, l’énergie, voilà qui nous rappelle les riches heures d’Enron du début du 21ème siècle. A l’époque, il fallait déployer des trésors d’ingéniosité pour soutenir artificiellement les cours du gaz, et détourner les pétroliers de leur destination pour susciter une timide remontée du baril au-dessus des 12 $.
Il fallait faire stopper les centrales électriques en Californie pour générer une pénurie artificielle, et créer des structures offshore fantômes pour dissimuler les pertes d’exploitation des réseaux de gazoducs et des raffineries de pétrole bâties prématurément en Ukraine ou en Inde alors que la planète était inondée de brut à prix cassé.
La Chine s’attaquait, à grand renfort de propagande, à la construction du barrage des Trois Gorges, qui devait lui permettre d’économiser des milliards de tonnes d’équivalent pétrole (ou charbon). Les propriétaires d’automobiles y étaient soit des chauffeurs de taxi, soit des cadres de bon niveau au sein du parti communiste, soit des industriels des régions côtières enrichis en investissant à partir de sociétés écran implantées dans les paradis fiscaux de l’ex-empire britannique.
Ah, si seulement Enron avait tenu deux ans de plus, jusqu’à l’invasion de l’Irak par exemple… Hélas, le Titanic de dettes texan a sombré avant d’arriver à bon port : c’est bien dommage, les dirigeants du groupe qui mentaient aux actionnaires puis soudoyaient (ou terrorisaient) les analystes sourcilleux depuis 1996 auraient volontiers continué de distiller de plaisants mensonges deux ans de plus, avec la complicité d’Arthur Andersen et de tout ce que Wall Street compte comme banques d’affaires spécialistes des montages financiers exotiques !
Cette triste aventure Enron parvenait cette semaine à son épilogue, avec le résultat des délibérations du jury réuni à Houston depuis vendredi dernier. Les deux principaux dirigeants, Kenneth Lay et Jeffrey Skilling, sont bel et bien jugés responsables de la faillite du groupe. Ils ont été reconnus coupables notamment de complot, escroquerie, délit d’initiés et déclarations mensongères aux auditeurs.
L’ex-PDG, Kenneth Lay, 64 ans, encourt 45 ans de prison. Jeff Skilling, lui, a été déclaré coupable de 19 des 28 chefs d’accusation qui pesaient contre lui : il encourt 275 ans de prison (les 250 dernières années risquent d’être longues !)
Mais en guise de clin d’oeil du destin, le juge Sim Lake, qui a présidé ce procès long de 108 jours — et dont les pièces réunies contre les prévenus mesuraient plus de 108 mètres mises bout à bout) a annoncé que le verdict définitif serait prononcé le… 11 septembre prochain.
Philippe Béchade,
Paris
PS : Et aujourd’hui, que faire de votre portefeuille ? Philippe Béchade vous révèle ses derniers conseils et recommandations du jour dès 15h45 au 0899 707 009*.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
—————————– (publ.)
Des plus-values de 350%… 273,28%… 234,19%… 281,12%… 401,22%… 521,52%… 771,17%…
et 36,34% de gains par an en moyenne depuis 14 ans !
Découvrez un outil indispensable à vos investissements…
—————————
Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** HAUSSE DE L’OR, MODE D’EMPLOI
** L’or a été atteint de plein fouet cette semaine — perdant même 36 $ en une journée mercredi, sa chute la plus prononcée depuis de nombreuses années. Le métal a perdu près de 100 $ par rapport à son plus haut. Nombreux sont ceux qui pensent déjà que le marché haussier est terminé. La poussée finale de fièvre spéculative, pensent-ils, l’a mené à 730 $ l’once. A présent, il ne peut que descendre. A mesure que le prix continuera de baisser — ce qu’il pourrait bien faire — de plus en plus de retardataires sur le marché de l’or seront découragés. Ils laisseront tomber. Même les lecteurs de la Chronique Agora commenceront à se poser des questions. Peut-être que le dollar est bien réel, et durera éternellement. Peut-être que le système économique mondial est vraiment remarquablement robuste et flexible. Peut-être que l’or est vraiment une relique du passé.
* Ainsi, notre foi est mise à l’épreuve. Pas notre foi en l’or. Nous savons ce que nous pensons de l’or — ce n’est rien d’autre qu’un métal inerte. Il ne dit rien. Il ne fait ni tours de magie ni miracles. Il ne nous déçoit jamais. Pas plus qu’il ne fait quoi que ce soit qui nous amuse ou nous ravit. Il se tient simplement là comme un policier au coin d’une rue. Il n’est pas particulièrement utile la plupart du temps… mais est d’une importance vitale à l’occasion. Non, ce n’est pas dans le métal que nous avons confiance, mais dans l’homme en général, et dans les banquiers centraux et les politiciens en particulier. Nous sommes fermement convaincu que lorsque la tentation se présentera à eux, ils feront ce que de tels hommes ont toujours fait — ils y céderont.
* Lorsque George W. Bush est entré à la Maison-Blanche, on pouvait acheter une once d’or pour 266 $ seulement. A l’époque, nous pensions que le Texan était un conservateur. C’est en tout cas ce qu’il disait. Nous ne savions pas qu’il allait devenir le plus grand dépensier de tous les temps.
* Mais même s’il s’était révélé être un président sensé, l’or aurait entamé un marché haussier malgré tout. Ces choses suivent des cycles, en fin de compte. Un creux de vingt ans ne peut que se retourner, au bout d’un moment. Au plus bas de ce creux, l’or était une très bonne affaire à 266 $. Mais à présent, avec un boom en cours, est-ce toujours une bonne affaire à 637 $ ? C’est ce que nous allons découvrir. Selon nous, oui et non. Peut-être que non, comparé au prix auquel on pourrait l’acheter dans deux mois, si la correction se poursuivait. Et peut-être que oui, si le marché haussier se poursuit, comme nous pensons que cela sera le cas.
* Si la correction suit le schéma de celle qui s’est produite lors du marché haussier des années 70, le prix pourrait même redescendre à 500 $. Cela effacerait environ la moitié de la hausse de l’or entre le jour où les néo-conservateurs ont pris la tête du gouvernement américain et le sommet atteint par l’or il y a deux semaines de cela, à 720 $.
* Une once d’or à 500 $ représenterait tout de même de solides profits pour ceux qui ont acheté il y a six ans de cela — leur investissement s’en serait trouvé doublé. Nous aurions tendance à penser que cela marquerait également la frontière entre les deux étapes d’un marché haussier. Et enfin, cela donnerait à ceux qui ont vraiment confiance l’opportunité d’acheter à un prix vraiment bas.
* Vous vous rappelez combien cela a été facile, de moins de 300 $ à 500 $ l’once ? Accumuler de l’or était simple. Nous fixions des cibles, faisant grimper la barre de 25 $ à chaque fois, et achetant chaque fois que le cours redescendait sous la cible. C’était comme de monter des escaliers. Puis, lorsque l’or a franchi les 500 $, il nous a rapidement devancé. Nous attendions que le prix revienne à notre cible, pour pouvoir en acheter plus. Au lieu de cela, il a grimpé plus encore. Nous avons manqué 100 $ de gain, puis 100 $ de plus. Nous nous sentions idiot. Nous avions prévu la chose, mais nous l’avons manquée malgré tout.
* Puis l’or grimpa au-delà des 700 $ — et on aurait dit que rien ne pouvait l’arrêter. Nous nous inquiétions de le voir aller jusqu’au bout… jusqu’à 1 000 $, voire 2 000 $, sans nous donner une autre possibilité d’acheter à prix réduit. Que faire, nous sommes-nous demandé dans ces lignes ? Fermer les yeux et acheter… en comptant sur le marché haussier à long terme pour effacer toute erreur de timing… ou rester sur le banc de touche et risquer ainsi de manquer le meilleur ? Nous n’avions pas de réponse.
* "Achetons", avons-nous finalement décidé, en croisant les doigts. Mieux vaut faire partie du voyage, avons-nous raisonné, même si nous n’obtenons pas le meilleur prix. Mais nous ne pouvions tout de même pas nous décider à acheter.
* Et le prix grimpait…
** Puis le monde financier frissonna. Le frisson en question trouve son origine au Japon, selon nous. Après 16 années de déflation et de crise, l’économie japonaise commence enfin à se tirer d’affaire. Et la banque centrale du Japon commence maintenant à resserrer les valves monétaires. La masse monétaire nipponne est en baisse. Depuis de nombreuses années, les spéculateurs — de grands fonds de couverture, en majeure partie — ont pu emprunter de l’argent au Japon à des taux défiant toute concurrence. Cet afflux d’argent facile a inondé les marchés du monde entier — de l’Inde à Jakarta en passant par le dollar… et, plus récemment, l’or lui-même. Et lorsque, soudain, le cash se fit moins facile à obtenir, les investisseurs paniquèrent. Pour la première fois depuis des années, des nuages apparurent dans le paradis des spéculateurs. Les marchés émergents ont chuté ces derniers jours. Le Dow a vacillé lui aussi. Les matières premières — or compris — ont pris une raclée.
* Les tempêtes ne sont jamais les bienvenues. Mais on ne les regrette jamais tant que lorsqu’on n’y est pas préparé.
* Tôt ou tard, maintenant ou dans l’avenir, le mauvais temps est inévitable. La dette engendre le remboursement. Le boom engendre la récession. Les marchés haussiers engendrent les marchés baissiers. La stabilité engendre l’instabilité. A tout moment, la Chine pourrait imploser, le marché immobilier s’effondrer, les pays pourraient lâcher le dollar. Nous pensons que toutes ces choses se produiront. Si seulement nous pouvions vous dire quand !
* Mais tout ce que nous pouvons vous dire, c’est comment vous protéger. Pour cela, nous nous tournons vers une autorité qui n’est autre qu’Alan Greenspan, lequel a déclaré en 1999 : "L’or représente toujours la forme de paiement suprême dans le monde. In extremis, la monnaie fiduciaire n’est acceptée de personne. L’or est toujours accepté".
* Lorsque le vent se fait violent — c’est-à-dire in extremis — tout se met à battre, à palpiter et à s’envoler. Les gens cherchent quelque chose de solide à quoi s’accrocher.
* Jusqu’à présent, l’or n’a pas plus grimpé que les métaux de base. Depuis 2001, il a augmenté de 249%. Le plomb a grimpé de 240%. Cela nous dit que les gens n’ont même pas regardé leur baromètre, pour l’instant. Pendant ce temps, l’administration Bush déclare qu’elle n’a pas l’intention de continuer la "politique de dollar fort" sous laquelle le billet vert a perdu environ la moitié de son pouvoir d’achat. Et dans le monde entier, les gens ont accumulé d’énormes piles de dollars, de yens, d’euros et de livres sterling… ainsi que des obligations vertigineusement élevées par rapport à ces monnaies — dont un commerce de produits dérivés approchant des 300 milliers de milliards de dollars par an. Contre tout cela, le stock d’or actuel est dérisoire, une minuscule île sur un vaste océan de monnaie papier. Lorsque le vent commencera vraiment à hurler, nous pensons que beaucoup de gens voudront y acquérir un lopin de terre.
—————————
*** La Chronique Agora présente ***
En ces temps d’OPA et de fusions-acquisitions en tous genres, Raphaël Garaud s’intéresse de plus près aux termes du contrat… et confirme que l’égalité n’est pas souvent de mise.
============
MARIAGE ENTRE EGAUX
============
Par Raphaël Garaud (*)
Une union qui se voudrait égalitaire
Vous l’aurez remarqué sans doute comme moi, il est une expression qui revient souvent sur le devant de la scène économique ces derniers temps. Je veux parler du fameux "mariage entre égaux", nouvelle trouvaille linguistique qui est de nature, si l’on n’y prend garde, à faire prendre les vessies pour des lanternes.
Je crois utile de vous en parler plus en détail. Cette notion d’égalité est censée garantir le maintien de la paix sociale dans les entreprises contractantes et d’éviter également d’aborder des questions supposées embarrassantes telles que, par exemple, "à qui profite réellement l’opération ?", "de quelle façon sera réparti le capital ?".
A priori, dans un "mariage entre égaux", il n’y a pas de problème. C’est une union qui se veut en principe libre de toute contrainte, où les partenaires s’arrangent en respectant le principe d’égalité. En apparence… car si la formule est séduisante, elle peut entraîner des polémiques dès lors qu’une partie tente de s’arroger trop de droits. Les sociétés prédatrices, c’est-à-dire qui veulent s’approprier une proie, n’hésitent pas à l’utiliser couramment à leur profit.
Les dernières affaires en cours, et dont vous avez forcément entendu parler, nous montrent bien que l’égalité parfaite n’existe pas. A regarder Mittal et Arcelor, on penserait davantage à une scène de ménage que de mariage. C’est loin d’être le consensus pour le moment.
Le rapprochement entre GDF et Suez semble être plus heureux, sous réserve toutefois de connaître les termes exacts du contrat ; mais se pose en plus le problème très épineux de la participation de l’Etat, qui nécessiterait une modification de la loi. Or on le sait, toucher à la loi (comme à belle-maman !) risquerait de déclencher la grogne sociale. Quoi qu’il en soit, les petits actionnaires risquent de faire les frais de ces mariages, et il convient qu’ils soient très vigilants.
La face cachée des choses
Quand on parle d’égalité, cela suppose d’abord un partage équitable, tant au niveau du capital que des instances dirigeantes. La paix du futur ménage en dépend. Dans la réalité économique, c’est pourtant rarement le cas.
Le but principal est de pratiquer une opération capitalistique et — sans trop rentrer dans les détails — d’éviter si possible de payer une prime aux actionnaires minoritaires pour conclure la meilleure affaire possible. Selon les intérêts en jeu, il peut arriver qu’une des parties accepte certaines conditions sous réserve de compensations.
Dans l’affaire Mittal/Arcelor, l’Indien va devoir reprendre sa proposition et l’aménager pour que, remise dans la corbeille de noces, elle fasse le meilleur effet possible auprès de la direction d’Arcelor et des minoritaires.
En relevant le prix offert par exemple et en donnant aussi plus de cash. En économie, la notion de sentiment n’existe pas. Alors utiliser le terme "mariage" n’est pas très heureux finalement, car il sous-entend un accord le plus parfait possible entre ceux qui le contractent.
Tout ceci fait davantage penser à une fable de La Fontaine, où le plus rusé tente de profiter de la naïveté de l’autre. Mais la morale est parfois sauve…
Meilleures salutations,
Raphaël Garaud
Pour la Chronique Agora
(*) Raphaël Garaud est rédacteur en chef de Vos Finances — La Lettre du Patrimoine. Ce service d’information financière offre à ses membres des moyens exclusifs et fiables de protéger et d’accroître leur patrimoine. Actions, fiscalité, immobilier, investissements alternatifs… Vos Finances — La Lettre du Patrimoine ne laisse rien au hasard lorsqu’il s’agit de faire fructifier votre capital ! Pour en savoir plus…
==========================================
(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
——————————————————–
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
==========================================
La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite distribuée par les services financiers des Publications Agora. Si vous désirez appliquer les conseils et évoqués dans cet e-mail, n’hésitez pas à vous abonner à l’une de nos lettres.
Pour plus d’informations :
http://www.publications-agora.fr



Laissez un commentaire