Hausse, baisse des métaux vils

Rédigé le 1 janvier 1970 par | Epargne Imprimer

** Qu’est-ce qu’un métal vil ?
– Les métaux vils sont appelés ainsi parce qu’ils s’oxydent, rouillent et réagissent facilement. Ceux qui nous intéressent principalement sont le cuivre, le nickel, le plomb, le zinc, l’aluminium et le fer. Leur valeur inhérente repose dans leurs utilisations industrielles, et non en tant que monnaie, comme les métaux précieux — même si l’argent est un hybride intéressant, étant à la fois un métal industriel et servant de petite monnaie pour les devises. Si on les compare aux métaux précieux, les métaux vils se trouvent en abondance dans la nature, et sont donc bien moins chers.

– La question de l’exploration n’est pas tant d’en trouver que d’en découvrir en quantité suffisante pour qu’il soit profitable d’en extraire pendant un laps de temps substantiel. En fin de compte, leur sort est lié à l’état de l’économie mondiale — les fondamentaux de l’offre et de la demande.

** L’offre, la demande et les prix
– A l’heure où j’écris ces lignes, les prix du cuivre se sont quelque peu remis de la correction de l’été, en partie à cause d’une grève potentielle de la part de la main d’oeuvre de la mine d’Escondida, au Chili. C’est caractéristique de tous les métaux vils : de nombreux facteurs, souvent politiques et sociaux, mais aussi naturels (inondations, etc.), affectent l’offre de métaux vils. En plus, il est généralement impossible d’accélérer l’offre à court terme ; le processus de prospection, d’exploration et de développement d’une mine prend de nombreuses années, parfois des décennies. La plupart des mines sont immenses — des financements énormes sont nécessaires, ainsi que de nombreux permis environnementaux et de vastes infrastructures. Ces facteurs rendent très difficile l’équilibre offre/demande à court terme (c’est-à-dire jusqu’à quelques années), créant fréquemment des cycles d’augmentation de prix lorsque l’offre diminue, suivis de corrections lorsque de nouvelles quantités arrivent sur le marché.

– Du côté de la demande, l’Asie, et la Chine plus particulièrement, sont restées en mode accéléré, poussant les prix à la hausse pour accorder la demande à l’offre. Tôt ou tard, l’Inde se joindra à la partie. Résultat, les prix grimpent, ce qui a constitué une bonne nouvelle pour des entreprises comme Falconbridge et Teck Cominco : toutes deux viennent d’annoncer des profits ayant quasiment triplé.

– Ces dernières années, les prix des métaux vils ont augmenté plus rapidement que ceux des métaux précieux, générant beaucoup d’intérêt et d’excitation même parmi les investisseurs individuels. Pour un contrarien, c’est le signe quasi-certain d’un sommet au moins intermédiaire… mais cela ne signifie pas qu’ils ne pourraient pas grimper avant de corriger. En fait, nous ne serions pas surpris s’ils augmentaient encore, étant donné que la demande reste insensible au prix, que l’offre est fixe et que les fonds de couverture sont désormais impliqués dans le marché des métaux. Mais tout pic de ce genre ne durerait guère ; pour l’instant, nous considérons encore que les prix des métaux vils sont allés aussi loin que possible. En plus, nous sommes baissier sur l’économie américaine, et nous ne sommes pas même certain que la Chine puisse absorber tout les surplus que nous voyons venir, surtout lorsqu’on sait qu’une bonne partie de l’économie chinoise part en exportations vers les Etats-Unis. En même temps, la hausse continue des prix a poussé tous ceux qui possédaient des actifs pouvant être rapidement mis en production à aller dans cette direction — si bien qu’il pourrait y avoir un surplus de court terme lorsque ce stock d’actifs en quasi-production arrive sur le marché.

– A plus long terme, nous pensons que toutes les matières premières — et même l’or — chuteront jusqu’à zéro. A moins qu’on en revienne à l’Age de Fer, c’est l’inévitable résultat des avancées de la technologie. Mais cela ne se produira pas avant des décennies. A moins long terme (sur la prochaine décennie environ), nous sommes haussier sur les matières premières, parce que nous pensons être dans un super-cycle correspondant au marché baissier entamé en 1980. A moyen terme (trois à cinq ans), nous sommes également haussier : les obstacles mineurs auront été éliminés, et les nouvelles découvertes mettront plus longtemps à arriver sur le marché. A court terme (entre zéro et 12, voire 18 mois), nous voyons de bonnes probabilités que les maux économiques génèrent une correction majeure. Ce sera alors un moment idéal pour se repositionner agressivement sur les métaux vils.

Doug Casey
Doug Casey
Auteur des bestsellers Strategic Investing, Crisis Investing et Crisis Investing for the Rest of the 90's

Doug Casey, auteur des bestsellers Strategic Investing, Crisis Investing et Crisis Investing for the Rest of the 90’s a vécu dans sept pays différents, et en a visité plus de cent autres. Il a participé à de nombreuses émissions radiophoniques et télévisées, et demeure un spéculateur actif sur les marchés de l’immobilier, des actions, des obligations et des matières premières.

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