Guerre commerciale : quand nos dirigeants plongent dans l’infantilisme

Rédigé le 10 mars 2018 par | Liberalisme Imprimer

La concurrence n’est ni facile ni confortable… mais toutes les entreprises y sont soumises. Tenter de la contourner est futile et, en fin de compte, néfaste pour le plus grand nombre.

Le thème de cette semaine : les guerres commerciales.

Plus précisément… l’inanité qu’il y a à déclencher une guerre commerciale dans un monde où le commerce est globalisé et les échanges basés sur de l’argent factice.

En cause, évidemment, la décision de Donald Trump d’imposer des taxes douanières sur les importations d’acier et d’aluminium aux Etats-Unis. Je ne reviendrai pas sur les détails, ils ont été exposés en long, en large et en travers.

Il est plus intéressant de réfléchir au pourquoi de cette décision.

Pourquoi le secteur sidérurgique est-il en perte de vitesse aux Etats-Unis ? Pourquoi l’industrie américaine est-elle en si piètre état qu’il faut la protéger ?

Et surtout, comme le demandait Bill Bonner mercredi…

« Comment se fait-il que les Américains achètent plus à l’étranger qu’ils n’y vendent ? »

La réponse est toute simple – et n’a rien à voir avec de quelconques « mauvais » accords commerciaux. Elle concerne par contre de très près certaines manoeuvres des banques centrales…

Explications de Bill :

« Jusque dans les années 70, les Etats-Unis étaient le premier exportateur mondial. Et puis, en quelques années, ils sont devenus le premier importateur mondial.

Pourquoi ? Parce qu’ils ont changé le système monétaire en 1971. Au lieu de fabriquer à domicile, les Etats-Unis ont commencé à acheter à l’étranger – en payant avec le nouvel argent bon marché.

Au lieu d’être une locomotive industrielle, les Etats-Unis se sont transformés en paradis du crédit gratuit. Et au lieu de privilégier de vrais emplois avec de bons salaires, ancrés dans l’économie réelle, l’économie a été faussée par les diplômés surpuissants de la Fed, les canailles surpayées de Wall Street et les crapules égoïstes des deux partis se vautrant dans le marigot suractif et surendetté de Washington ».

Simone Wapler posait elle aussi une question essentielle sur le sujet, en début de semaine :

« Pourquoi vouloir protéger les producteurs nationaux d’acier et seulement ceux-là au détriment du reste des gens ? »

La concurrence fait partie des marchés ; elle devrait être libre et sans parti-pris. C’est le client, le consommateur, qui en est l’arbitre ultime.

Il serait certes plus facile et plus confortable, pour les entreprises, de se reposer sur les protections gouvernementales… mais ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent, comme l’explique Simone :

« Le seul système juste et équitable est le libre-échange. C’est le seul qui ne ponctionne pas une majorité pour protéger les intérêts d’une minorité. Quant à la préférence nationale, chacun est libre de l’appliquer. Pourquoi l’imposer de force ? La ‘guerre commerciale’ n’est qu’un prétexte de plus pour nos grands planificateurs et ne sert que le capitalisme de copinage ».

Au passage, cela ne s’applique pas qu’à la dernière décision de Trump ; le dumping côté chinois et autres manoeuvres diverses et variées dans tous les coins du globe relèvent de la même idiotie… et engagent une spirale aussi dangereuse qu’infantile du « c’est lui qu’a commencé ».

Simone encore, rappelant une phrase prononcée par le président de la Commission européenne :

« ‘Si les Etats-Unis veulent instaurer des barrières, nous serons aussi stupides qu’eux’, a averti Jean-Claude Juncker parlant de taxer plus, en représailles, jeans, bourbon et Harley Davidson.

Relisez cette phrase : un responsable européen déclare fièrement qu’il veut être aussi bête que son adversaire. On se croirait dans une cour de récréation du primaire… Les bourses mondiales ont accusé le coup. Effectivement, une guerre de la stupidité, cela a de quoi faire peur et certains sont très bien armés ».

Décidément, il y a de quoi désespérer de nos dirigeants…

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Françoise Garteiser
Françoise Garteiser
Directrice de la rédaction pour La Chronique Agora

Françoise Garteiser est Directrice de la rédaction pour La Chronique Agora. Elle se charge de la diffusion de cette lettre d’information contrarienne et politiquement incorrecte. Du choix des textes au respect de la ligne éditoriale – en passant par la traduction des notes provenant de nos partenaires à l’étranger et des interventions ponctuelles au sein de la lettre quotidienne, elle s’assure qu’aucun grain de sable ne vient empêcher le bon fonctionnement des rouages de La Chronique Agora. Vous pouvez également retrouver Françoise Garteiser toutes les semaines dans La Chronique du week-end, billet d’humeur envoyé le samedi.

2 commentaires pour “Guerre commerciale : quand nos dirigeants plongent dans l’infantilisme”

  1. Mme Garteiser:
    Je suis bien d’accord ! En théorie, le libre échange est le meilleur système qui soit. Sauf que « En théorie » est un monde merveilleux, celui des Bisounours. Le monde réel, comme l’économie réelle, est bien différent. Même sur le marché minuscule d’une petite ville, vous trouverez couramment des pratiques peu honnêtes. C’est pourquoi il faut des contrats, des lois et un gendarme.Et un tribunal !
    Bref, celui qui attend que le Libre Echange fonctionne tout seul, en apesanteur, sera récompensé,…. à titre posthume!

  2. Mme Gastirard : je ne me souviens pas avoir lu sur ce site d’articles en opposition à l’état de droit (« contrats, lois, tribunal pour les faire respecter »), le libre échange n’a rien à voir avec l’abolition de l’état de droit, il s’agit simplement d’éliminer les tarifs douaniers afin de permettre la libre concurrence à égalité entre l’ensemble des producteurs.

    L’élimination des tarifs douaniers ne remet pas en cause le maintien de l’état de droit, je dirai même que c’est le renforcer en créant un environnement concurrentiel équitable pour l’ensemble des producteurs, là où le protectionnisme ouvre au contraire la voie au capitalisme de copinage et à la corruption.

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