Le véritable ennemi du Deep State

Rédigé le 28 juin 2018 par | Deep State, Guerre Commerciale, Liberalisme Imprimer

Après les guerres contre la terreur, contre la drogue et contre la pauvreté, voici la guerre commerciale. Mais le Deep State n’a qu’un ennemi : le citoyen.

« Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner ». – Donald J. Trump

Les guerres coûtent très cher… et nuisent à l’être humain. Comme le soulignait Eisenhower – qui menait les troupes lors du dernier programme gouvernemental réussi du XXème siècle, la Deuxième guerre mondiale :

« Chaque arme fabriquée, chaque guerre déclarée, chaque roquette mise à feu, signifie en fin de compte un vol envers ceux qui ont faim et qui ne sont pas nourris, ceux qui ont froid et qui ne sont pas vêtus ».

Plus que les frais financiers, il y a les coûts en matière de dignité, de honte et de bon sens. Toutes les guerres, depuis l’époque d’Eisenhower, ont puisé dans les maigres stocks d’intégrité et d’intelligence de la nation ; désormais, il n’en reste plus grand’chose.

Chacune d’entre elles exigeaient des gens qu’ils croient à des folies toujours plus absurdes et extravagantes ; à présent, ils sont prêts à croire n’importe quoi.

Des sinistres points de parcours

Nous faisons une petite pause pour révéler notre stratégie. Nous nous préparons à relier des points assez sinistres.

Plus précisément, nous souhaitons explorer de quelle manière l’industrie technologique s’associe au Deep State pour provoquer une guerre cauchemardesque – contre le peuple lui-même.

En Chine, un système de « crédit social » est déjà utilisé pour refuser l’accès au voyage aérien et même aux sites de rencontres en ligne à des gens qui ont de mauvaises notes en matière de « vertu civique ».

En Occident, les réseaux sociaux « notent » tant les clients que les entreprises. Si vous n’êtes pas au niveau, vous pouvez vous retrouver dans l’incapacité de louer un appartement, d’obtenir un prêt ou de réserver un taxi.

Facebook, Google et les grandes technos surveillent déjà internet, le purgeant de ce qu’elles identifient comme des informations « fausses »… ou peut-être simplement dérangeantes.

Amazon – dont le propriétaire possède également le Washington Post – est devenu une sorte d' »étoile de la mort » pour le petit commerce : la société contrôle désormais l’étroit canal entre les choses que les gens veulent… et où ils les trouvent et comment ils les paient.

Les GPS savent déjà à quelle vitesse nous sommes censés conduire : combien de temps avant que notre propre vitesse soit elle aussi électroniquement limitée ?

Huit centres d’espionnage pour vérifier que vous ne faites rien de « mauvais »

A présent, des « yeux dans le ciel » – fonctionnant à partir de huit « centres d’espionnage » secrets dans des villes américaines, qui voient tout, savent tout, contrôlent tout – sont en train d’être mis en place.

Dites les « mauvaises » paroles… lisez les « mauvais » ouvrages… allez sur les « mauvais » sites… et vous pourriez vous retrouver « effacé », sans accès à l’argent, aux transports ou aux communications :

« Désolé, monsieur, la transaction a été refusée. Je ne peux pas vous dire pourquoi ».

Est-ce que nous avons perdu la boule ? Sommes-nous devenu complètement paranoïaque ? Ou bien est-ce qu’ils veulent notre perte ?

Tout le monde sait que les autorités ont joué un rôle important dans le financement et le développement de l’internet. Al Gore a même affirmé qu’il l’avait « inventé ».

On sait moins que les agences clandestines du Deep State ont financé les premières phases de développement des grandes sociétés tech actuelles… et que tout ce petit monde entretient désormais des relations mutuellement profitables, contrôlant le flux d’idées, d’informations et d’opinions vers le public… et préparant la prochaine étape : contrôler directement l’argent des gens… et son comportement.

Mais voyons une chose à la fois.

« Eux » contre « nous » plutôt que « lui » et « moi »

Les accords gagnant-perdant sont les seuls qui fonctionnent réellement dans un monde gagnant-perdant. Dans le secteur privé, seuls les accords gagnant-gagnant marchent.

Que ce soit chez soi ou au travail, on cherche à s’entendre l’un avec l’autre, face à face… on donne… et on reçoit… à parts égales ou à peu près. On dit « merci » et « s’il vous plaît » en espérant rester en bons termes avec son client, son patron ou son conjoint.

Mais le secteur public est toujours servi par des confrontations… surtout quand elles sont factices. Et il faut deux choses pour une guerre : « eux », et « nous ».

Le commerce a lieu entre des individus, non entre des gouvernements. Un client individuel achète une casserole à un autre individu, ou à un ensemble volontaire d’individus (comme une entreprise). Ce sont généralement des accords gagnant-gagnant, où une personne veut quelque chose qu’une autre personne propose. Il n’y a pas de « nous », ni de « eux » – sauf si les politiques s’en mêlent.

Les barrières commerciales chutaient depuis 30 ans. L’industrie américaine enregistrait un profond déficit, mais les services étaient excédentaires… et lorsqu’on y ajoutait toute la production des entreprises étrangères appartenant aux Etats-Unis, les Américains ne s’en sortaient pas si mal.

De toute façon, lorsqu’on examine les nombreux facteurs – partout dans le monde – qui constituent le commerce mondial, il est impossible de dire qui gagne quoi où.

Le cuivre est extrait au Chili. Le pétrole est extrait en Oklahoma. Le bois – pour le manche – vient du Canada. Le soja et le blé (pour nourrir les travailleurs) sont cultivés dans les Grandes Plaines. Et tout cela se retrouve à Shanghai pour construire une casserole, qui sera ensuite envoyée à Wal-Mart pour y être vendue. Où a-t-elle été fabriquée ?

Mais l’histoire du « eux contre nous » doit être suffisamment simple pour que les masses la comprennent. Les benêts l’ont donc simplifiée autant que nécessaire : les étrangers – « eux » – « nous » volaient.

C’est ainsi qu’a commencé la guerre, comme toutes les guerres ou presque : sur un faux prétexte.

La quatrième guerre factice

Il y a seulement quelques mois, les Etats-Unis n’étaient engagés que dans trois grandes guerres factices :

Et voilà qu’arrive aussi une guerre commerciale. Oui, c’est de nouveau « eux » contre « nous » !

Le secteur public déclenche une guerre et emplit le marigot de lobbyistes, de comploteurs, de parasites, de négociateurs, de contracteurs et de lèche-bottes. Les réglementations se multiplient. Le pouvoir de l’Etat s’accroît. Les accords gagnant-gagnant diminuent. Les accords gagnant-perdant augmentent.

Et le secteur privé paie.

« Regardez-les… regardez ce qu’ils font », dit le politicien. « Ils subventionnent leurs industries. Ils paient leurs travailleurs des cacahouètes. Ils volent nos plans et notre propriété intellectuelle. Ils taxent nos exportations. Ce n’est pas juste pour nous ! »

Un homme entend que son voisin bat sa femme. Les cris l’irritent. Il se met donc à battre sa propre femme.

« Maintenant, c’est équitable », dit-il. « Bien sûr, je ne fais ça que pour qu’il arrête ».

A présent, la guerre commerciale s’échauffe.

La Chine contre-attaque

« Eux » prennent leur revanche. Les Chinois proposent des contre-mesures… et laissent entendre qu’ils pourraient se débarrasser des obligations américaines ! Les Européens disent aux Américains : vous taxez nos voitures… nous taxerons vos motos.

Harley Davidson a annoncé qu’ils pourraient déménager la production à l’étranger.

Le président lance de sombres menaces :

« S’ils déménagent, ce sera le début de la fin – ils ont abandonné, ils se sont rendus ! L’Aura se sera dissipée et ils seront taxés comme jamais« .

La Chine dit qu’elle ne se laissera pas rudoyer par une star de la télé-réalité américaine. Le Canada non plus.

Les Européens disent qu’ils mettront des barrières pour empêcher l’entrée d’acier bon marché. Le Canada aussi.

Des nations entières… et des entreprises isolées… prennent les armes. Les gros titres enflent. La fièvre guerrière se transforme en épidémie.

Et tandis que la fumée des canons emplit l’air… c’est à peine si nous le remarquons : le marigot du Deep State se remplit gentiment.

Ce qu’il se passe en réalité, c’est l’inverse de ce qu’espéraient beaucoup de gens lorsqu’ils ont élu le Grand Perturbateur. Ils pensaient qu’il drainerait le marigot. Au lieu de cela, la nouvelle guerre ouvre tout un nouveau champ de perspectives.

Vous voulez vendre vos sandales en Europe ? Envoyez un lobbyiste pour mettre le gouvernement de votre côté ! Vous voulez fabriquer des cafetières à Seattle ? Versez une contribution aux républicains pour les persuader de bloquer les importations chinoises ! Vous pensez pouvoir fabriquer vos motos là où c’est le moins cher et le plus efficace ? Réfléchissez-y à deux fois… les autorités et les rats du marigot pourraient vous poursuivre !

Les eaux grasses et marécageuses montent. Et le Deep State devient plus puissant, alors qu’il vise désormais son véritable ennemi : les citoyens.

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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