La situation peut-elle mal tourner pour le Deep State ? | La Chronique Agora


La situation peut-elle mal tourner pour le Deep State ?

Rédigé le 16 juillet 2018 par | Bill Bonner, Deep State, Guerre Commerciale Imprimer

Même si Trump passe pour un trublion, tout semble pour le moment sous contrôle du Deep State. Mais parfois, l’imprévu se produit…

Aujourd’hui, nous allons observer quelques données.

Vous devrez relier les points vous-même.

Premièrement, nous sommes allé à une garden party, jeudi dernier. Elle avait lieu dans un petit village, à environ 20 minutes de chez nous : deux couples célébraient leurs 50 ans de mariage.

Dans cette région du Poitou, les villes ont été bâties en haut des collines, autour d’un château. Souvent, ces châteaux ont été démolis, par la suite, de sorte que les villageois ne pouvaient plus se protéger.

Mais ce château est toujours là, scrutant la campagne, à l’image d’une vieille sentinelle solitaire qui n’aurait jamais su que la guerre était finie.

Près du château se trouvaient les vestiges d’une louveterie : un chenil pour chiens de chasse au loup.

Selon les chercheurs, les loups ont tué plus de 7 000 personnes, en France, depuis les années 1300. Et selon la légende locale, le dernier loup de France aurait été tué près d’ici, au début du XXe siècle.

Naturellement, pendant la garden party, les conversations ont tourné autour du Roi des Loups [sic] en personne : Donald J. Trump. En tant qu’Américain, nous sommes censés avoir une connaissance approfondie du sujet… Ou du moins une opinion.

Premier point : des remises en cause de l’ordre établi

« Je ne sais que penser de lui », a déclaré le médecin du coin. « Mais je pense que, dans l’ensemble, jusqu’à présent, il est bon. Peut-être qu’il ne le fait pas exprès. Mais il remet en question des choses qui auraient dû être l’être il y a des années.

« Par exemple : Comment se fait-il que des troupes américaines soient encore en Europe ? Pourquoi l’Allemagne ne pourrait-elle pas acheter du gaz à la Russie ? Et pourquoi les Européens devraient-ils dépenser de l’argent pour se défendre contre la Russie, qui n’est qu’une modeste économie et ne pose réellement aucun risque d’invasion ? L’Amérique pourrait bien être une plus grande menace. Homo homini lupus. »

« Hein ? »

« L’homme est un loup pour l’homme ».

« Ah oui… Bien sûr… »

Deuxièmement, la guerre commerciale « facile à gagner » devient de plus en plus compliquée.

Deuxième point si la « Guerre commerciale » tournait vraiment mal ?

Récemment, Jim Cramer, célèbre présentateur de l’émission télévisée Mad Money, a déclaré que les actions flambaient parce que la Chine « a fait comme si de rien n’était ». Peut-être.

Mais en Chine, il est très important de « sauver la face ». Et les Chinois (d’après notre expérience, car nous possédons un bureau à Pékin) sont encore plus chauvins que les Américains.

Dans le contexte d’une guerre commerciale de type « Nous contre Eux », nous miserions plutôt sur les Chinois. [NDLR : Dans cette guerre commerciale, il y a un aspect rarement abordé : celui de la propriété intellectuelle. Découvrez ici comment s’opère un transfert de richesse de ce côté et comment vous pourriez en tirer profit avec les conseils de notre expert.]

Les véritables barrières commerciales entre les deux pays n’ont cessé de diminuer pendant des années… et cela continuerait probablement si on les laissait tranquilles. Donc, il se peut que la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ne soit qu’un stupide coup d’éclat politique.

Mais de temps en temps, les coups d’éclat tournent mal.

Les économies chinoise et américaine sont mutuellement dépendantes… et toutes deux dépendent de l’argent falsifié prêté à des taux bidon. Aujourd’hui, les transactions commerciales et financières entre la Chine et l’Amérique représentent environ un tiers du PIB mondial.

Au cours de ces 30 dernières années, les investissements ont été multiplié par 50, en Chine. Personne, nulle part et en aucune façon, n’aurait pu investir tout cet argent de manière raisonnable. La Chine, elle, en a trop fait : et à présent, ses capacités de production sont excédentaires dans toute une gamme de secteurs… et elle possède des villes fantômes dans tout le pays.

Faire comme si de rien n’était ? Probablement pas. S’effondrer ? Peut-être.

Un choc majeur intervenant dans les échanges commerciaux américano-chinois pourrait faire chuter l’économie chinoise en premier… puis entraîner avec elle les Etats-Unis et le monde entier dans une dépression.

Troisième point : la Cour Suprême et pourquoi Kavanaugh ?

Voici le troisième troisième point : le candidat à la Cour Suprême choisi par Trump.

Brett Kavanaugh a tout l’air d’un choix raisonnable. Ce n’est pas un extrémiste. Il est catholique, mais sans être bigot. Il est « conservateur », mais pas trop regardant sur ce qui doit être « conservé ». Globalement, il a toute l’apparence d’un être humain respectable et raisonnable.

Alors pourquoi Donald J. Trump l’a-t-il recommandé pour siéger à la Cour Suprême ?

Selon nous, Trump n’a aucun respect pour la Constitution, personnellement… et ne se soucie pas non plus de l’Arrêt Roe v. Wade [NDR : arrêt rendu par la Cour Suprême, en 1973, concernant l’avortement].

Ce qui l’intéresse, c’est le pouvoir qui va avec la fonction qu’il exerce désormais : il ne veut pas que qui que soit, à la Cour Suprême, lui fasse obstacle.

Etoffons un peu plus notre hypothèse : Le Deep State dirige le pays. Mais au sein du Deep State, certaines factions se font concurrence, avec différentes idées concernant la façon de se partager le butin.

M. Trump privilégie une faction et met l’autre dans l’embarras. Mais ses principaux accomplissements – des budgets plus importants, des déficits plus importants et plus de guerres – trouvent toujours un écho favorable dans le Deep State.

Le Big Data devient un outil important, permettant au Deep State de diriger, de modifier et de manipuler le public.

Si nous avons raison, il fait équipe avec Google, Facebook et Amazon pour réunir des données… et les utiliser pour identifier et marginaliser les fauteurs de trouble.

Pourquoi Kavanaugh ?

Le Huffington Post a la réponse :

« En 2015, Kavanaugh a rédigé une ‘opinion concordante’, vis-à-vis de la Cour d’Appel des Etats-Unis pour le Circuit Fédéral, affirmant que l’obtention sans mandat des registres d’appels téléphoniques était constitutionnelle. Ce programme controversé avait été révélé en 2013, avec l’aide d’Edward Snowden, un ex-employé du renseignement qui a fait ‘fuiter’ dans la presse des documents classés confidentiels concernant les surveillances menées par le gouvernement. Selon ces révélations, la NSA aurait collecté pendant des années des métadonnées téléphoniques – permettant au gouvernement de voir qui était contacté, mais pas les conversations – auprès des plus grands opérateurs américains de téléphonie.

A l’époque, Kavanaugh a écrit qu’il pensait que les ‘besoins cruciaux en matière de sécurité nationale l’emportaient sur l’impact exercé sur la vie privée’ et il s’est joint à d’autres juges de la Cour pour refuser de réentendre une affaire contestant ce programme au nom du Quatrième Amendement. »

Brett Kavanaugh est un homme du Deep State… un produit du Marigot, dévoué à ce dernier.

Dernier point : lorsque les choses tournent mal

Voici notre dernière donnée : que se passe-t-il au Nicaragua ?

Nos fidèles lecteurs savent que nous possédons une propriété sur la côte du Nicaragua. Donc, en général, nous gardons un oeil sur ce qui se passe dans ce pays.

Nous avons appris que 100 personnes avaient été tuées, essentiellement dans les rues de la capitale du pays, Managua. Les manifestants veulent se débarrasser de Daniel Ortega et de sa femme, respectivement président et vice-présidente.

Ses partisans – y compris, apparemment, des unités paramilitaires du Deep State – attaquent les manifestants. Et certains criminels et assassins se servent peut-être des troubles sociaux pour couvrir les cambriolages et meurtres qu’ils commettent.

Il est difficile d’estimer jusqu’où cela pourrait aller. Mais les choses tournent mal.

Souvent, les mouvements de réforme débutent avec des objectifs raisonnables. Ensuite, ils tombent sous l’emprise des réformateurs les plus impitoyables et extrémistes.

Tout comme la guerre commerciale de Donald Trump, les manifestations du Nicaragua pourraient se transformer en quelque chose de plus grave.

Mais qui sait ?

Pour l’instant, nos sources de Rancho Santana – cette station balnéaire sur la côte Pacifique, à la création de laquelle nous avons participé il y a 20 ans – nous disent que le soleil brille, que les vagues sont idéales pour le surf, et que les gens sont paisibles.

C’est calme, peu de touristes sont venus d’Amérique du Nord. Avec un peu de chance, les problèmes se règleront, à Managua… La vie reprendra son cours normal et agréable.

Mais qui sait ?

Homo homini lupus.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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