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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Mardi 25 juillet 2006
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*** Grand prix à rebondissements…
… gare à la température du bitume !
*** Riches et moins riches : une comparaison
Bill Bonner se penche sur les revenus des Américains
*** Or : les perspectives pour le second semestre 2006 (2)
Dans un scénario boursier plus pessimiste, la hausse du métal jaune pourrait largement dépasser ces prévisions.
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Bonjour,
*** GRAND PRIX A REBONDISSEMENTS…
** Les marchés nous ont refait le même coup que mercredi dernier : ils ont somnolé durant sept heures avant de s’envoler — de +0,6% vers +2,15% — dans l’Euroland. Ils ont ainsi enregistré un triplement, voire un quasi-quadruplement des gains au cours de la dernière heure et demi de cotations.
Le scénario ressemble beaucoup à celui du 19 juillet, qui nous avait laissé perplexe… Sauf que cette fois-ci, les acheteurs ne disposaient même pas d’un prétexte tel que le discours de Ben Bernanke pour déclencher une vague d’euphorie d’une ampleur inespérée, ni même d’une statistique économique pouvant apaiser les inquiétudes inflationnistes. Aucun chiffre ne fut publié aux Etats-Unis ce lundi, ni le moindre un baromètre émanant d’un institut de recherche privé ou universitaire.
A Wall Street, au lieu d’un rebond technique de 0,7% ou 0,8%, c’est en fait une progression de 1,4% sur le Dow Jones et 1,7% sur le Nasdaq qui se matérialisait à la mi-séance. La raison invoquée, c’est l’espoir d’un prochain cessez-le-feu au Liban… alors que jusqu’à présent — et depuis le début de l’offensive israélienne — la diplomatie américaine appuie totalement le déroulement des opérations tel qu’il a été planifié par Tsahal, et s’est même opposée aux récentes propositions de paix européennes.
La tournée de Condoleezza Rice au Proche-Orient aurait donc valeur de promesse de résolution du conflit — au même titre que le récent diagnostic de la Fed constituerait la promesse d’une stabilisation des taux à 5,25%.
Nous en sommes maintenant à nous demander si les envolées impromptues des indices boursiers, aussi brutales que soudaines, irréversibles (aucun pullback technique n’est autorisé dès que la hausse s’enclenche), et sans lien crédible avec l’actualité du moment ou l’émergence de nouvelles certitudes, ne constituent des effets collatéraux du conflit proche-oriental.
L’extension des opérations militaires au sud-Liban susciterait de prime abord une large approbation tacite des investisseurs occidentaux. Cela déboucherait sur de véritables bouffées d’optimisme successives, alors que les civils payent un lourd tribut — disproportionné par rapport au nombre de militants du Hezbollah mis hors de combat.
** Comme l’explique si bien Bill Bonner, les marchés sont les meilleurs juges en toutes choses… jusqu’à ce qu’il soit prouvé qu’ils se trompent. Il leur suffira alors simplement de changer d’avis, lequel fera à son tour force de loi.
Ni leurs erreurs ni leur aveuglement ne peuvent jamais leur valoir aucune sanction ; ils se sont fort bien remis du krach des dot.com de 2000/2002, sans même que leur crédibilité soit remise en cause.
Autrefois, l’actualité macro-économique ou géopolitique déterminait le niveau des cours, lequel constituait le reflet des opinions individuelles. Aujourd’hui, c’est le niveau des cours qui induit l’opinion collective des opérateurs : il nous faut donc apprendre à gérer des mouvements boursiers qui n’obéissent qu’à leur propre logique, laquelle semble taillée sur mesure pour les day traders.
Il n’est pas question de remettre en cause un mouvement de cours improbable, voir absurde : il s’avère beaucoup plus juteux de mettre en place les outils qui permettent d’en tirer au plus vite parti.
** L’analyse technique nous enseigne que la poursuite du rally haussier de la fin de séance de lundi a de fortes chances de se prolonger à Paris jusque vers 4 933 points. Le débordement des 4 865 points, puis des 4 895 points, a fait table rase des obstacles qui semblaient encore insurmontables lors de l’ouverture des marchés américains.
Le Nasdaq se reprend in extremis alors que plusieurs incursions sous le support des 2 030 points (plancher de la mi-octobre 2005) l’avaient placé dans une situation critique le 18 et 21 juillet dernier. C’est du quitte ou double… et si la pression vendeuse n’a pas redoublé après deux incursions sous les 2 015 points, des forces opposées vont prendre le contre-pied de la tendance initiale, avec d’autant plus de vigueur que le péril baissier semblait important.
Que les périls réels ou prétendument évanouis refassent surface au cours des prochaines 48 heures, cela ne changera pas la façon de travailler des traders. Ils se comportent comme des pilotes automobiles professionnels ; ce sont des virtuoses du volant et du freinage "talon/pointe". Si les organisateurs rajoutent ou suppriment des chicanes sur le circuit, il ne leur appartient pas d’en contester la légitimité — ils sont seulement payés pour réaliser le meilleur chrono à chaque tour.
Que la modification du tracé dénature complètement l’esprit de la course, cela ne pourrait au pire que lasser les spectateurs. De quoi se plaindraient-ils, cependant, puisque justement, le grand prix est plein de rebondissements, de tête-à-queue, de changements de règle à la sortie des stands (largeur des pneumatiques, pression du turbo, répartition des appuis aérodynamiques, composition du carburant) ?
Mais aussi et surtout, ce qui importe désormais, ce n’est pas de connaître le nom du vainqueur au moment ou s’abaissera le drapeau à damier. La grande révolution du 21ème siècle, c’est que les parieurs engrangent leurs gains à chaque tour (la séance de bourse), et peuvent modifier leur mise à chaque fois que le leader provisoire (la hausse ou la baisse) passe devant les stands.
Mieux vaut parier sur lui 60 fois une somme limitée, avec 80% de chances de le revoir en tête au tour suivant… plutôt que de mettre le paquet en une seule fois — avec le jackpot en cas de succès — en risquant une crevaison, un accrochage ou une panne sèche dans les ultimes hectomètres du circuit.
Les opérateurs fuient ce genre de suspens, cependant, et nous nous contentons de surveiller à la jumelle l’état des pneumatiques. Les organisateurs du grand prix ont à peu près tout prévu, sauf que la température du bitume dépasse de loin les normales saisonnières… tout comme ce qui fut le cas des dot.com en 2002, puis de l’immobilier jusqu’en 2005.
Philippe Béchade,
Paris
PS : Le rebond va-t-il se poursuivre ? Comment en faire profiter votre portefeuille ? Comme toujours, Philippe Béchade veille… et vous propose sa stratégie du jour au 0899 707 009. N’attendez pas pour en prendre connaissance !
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Premières transaction… premiers résultats !
Après une performance moyenne de 25% au deuxième trimestre 2006…
ce service continue sur sa lancée avec déjà des gains de 11,56%, 8,82%, 11,56%…
Son secret ? Un marché de 21 000 milliards d’euros… dans lequel vous pouvez désormais puiser vos profits !
Toutes les explications sont ici…
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Paris
*** RICHES ET MOINS RICHES : UNE COMPARAISON
** Nous pensons que ce qui est en train d’arriver est ce à quoi nous nous attendions… et ce qui devait arriver : les consommateurs américains se trouvent à court d’argent aussi rapidement que les foules se ruent vers les plages en ce moment.
* Comment le savons-nous ? Eh bien, nous n’en sommes pas sûr, mais nous pouvons faire quelques suppositions à partir des preuves que nous avons sous les yeux. Le Dow semble avoir atteint son sommet. Idem pour les transports. Les prix de l’immobilier. Et l’économie elle-même. Les vendeurs de détail et les constructeurs immobiliers sont clairement sur le déclin.
* Bien entendu, les riches continuent de s’enrichir. Mais cela n’est qu’une piètre consolation pour les vendeurs informatiques, les concessionnaires automobile ou les commerçants distribuant les myriades d’autres choses faisant tourner une économie de consommation. Donc lorsque vous lisez que le revenu moyen des Américains est en hausse, ou que le consommateur moyen a plus d’argent à sa disposition, rappelez-vous que toutes ces moyennes comprennent Bill Gates et Warren Buffett. A mesure que les riches deviennent plus riches, la quantité moyenne d’argent que les gens possèdent grimpe. Mais d’une manière générale, le citoyen américain moyen n’est pas riche, et il ne devient pas plus riche. Il perd en fait du revenu — et maintenant que les prix des maisons déclinent, il pourrait bien perdre aussi de la "richesse". Il paie bien plus cher son carburant et son chauffage qu’il y a quelques années de cela. Et ses versements immobiliers sont à la hausse également.
* En général, les gens riches n’achètent pas leurs maisons avec des prêts à taux variables. Ils ne s’inquiètent pas du niveau de leurs versements mensuels. Ils ne raisonnent pas ainsi. Ce qui les intéresse, c’est le coût net. Ils achèteront donc probablement cash, ou utiliseront des financements plus simples et moins chers.
* Une personne riche consacrera peut-être plus à des vacances haut-de-gamme, une très bonne bouteille de vin ou à une maison de luxe à New York ou Malibu. Mais il achète à peu près la même quantité d’ordinateurs, de lessive et de carburant que quiconque. Et lorsqu’il a plus d’argent en poche, il ne le dépense pas à Wal-Mart pour acheter des boîtes de céréales format familial.
* Non, cher lecteur, l’économie de consommation ne repose pas sur les dépenses des riches, mais sur les dépenses de la moyenne — celles du consommateur ordinaire. C’est le citoyen lambda qui a contracté un prêt à taux variable pour maintenir son niveau de vie. Parce que contrairement aux riches, les consommateurs des classes moyennes et au-dessous sont très sensibles aux changements marginaux de leurs revenus. Ils vivent sans beaucoup d’épargne, et même une petite baisse de leurs revenus doit être compensée — soit par la dette, soit par une réduction de la consommation.
** Bien entendu, les Américains épargnaient autrefois "pour les mauvais jours". Mais une fois Alan Greenspan aux commandes de la météo, plus personne n’en vit le besoin. Les taux d’épargne chutèrent jusqu’à zéro. Les lumpen-ménages ont dépensé tout ce qu’ils gagnaient… et plus encore. Leur niveau de vie a augmenté, alors que leurs revenus stagnaient, voire chutaient.
* Comment était-ce possible ? Très simple. Les femmes sont allées travailler, et les ménages ont emprunté. En ce qui concerne le premier point, nous aimerions simplement souligner qu’un conjoint qui ne travaille pas représente une sorte d’épargne.
* En effet, ce dernier fournit une sorte de réserve pour la famille. Si celui qui fait bouillir la marmite se casse une jambe, l’autre peut prendre un emploi à temps partiel pendant que le premier se remet. Idem dans le cas où la famille doive faire face à une dépense imprévue : le conjoint ne travaillant pas pourrait chercher un emploi pour compenser la perte.
* Mais à présent, les deux époux travaillent. Et les dépenses ont été augmentées jusqu’à correspondre au revenu conjoint du couple. Que se passera-t-il si l’un d’entre eux perd son emploi ? Eh bien, c’est pour ça qu’on a inventé les cartes de crédit… ou le refinancement hypothécaire !
* Au moins, tant que le boom de l’immobilier durait, le consommateur pouvait se sentir riche même sans gagner plus d’argent. Il avait quelque chose contre quoi emprunter. Et il pouvait se dire qu’il ne faisait que "prendre de la valeur" qui lui appartenait vraiment.
* Mais à présent, le marché immobilier américain a pris fin — ou c’est en tout cas ce qu’il semble –, et les dettes menacent, pas uniquement pour les consommateurs, mais bien pour les Etats-Unis tout entiers.
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Consterné par les manœuvres en tous genres qui faussent les marchés ?
Exaspéré par l’absence totale de transparence dans la gestion de vos actifs ?
Effaré par le manque d’indépendance de certains conseillers financiers ?
Eh bien… voici votre antidote personnel à l’industrie financière !
Un antidote qui aurait pu vous rapporter des gains cumulés de 165% en 2005…
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*** La Chronique Agora présente ***
Après les taux d’intérêt hier, Simone Wapler examine aujourd’hui la position de l’or par rapport aux autres métaux, aux marchés d’actions et aux devises… tout en prodiguant quelques conseils pour investir dans le métal jaune.
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OR : LES PERSPECTIVES POUR LE SECOND SEMESTRE 2006– 2ème PARTIE
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Par Simone Wapler (*)
Or et indice des métaux
La comparaison de l’évolution de l’or et de l’indice des métaux industriels permet de mesurer si l’or se comporte plutôt comme une matière première pour la joaillerie et la technologie ou plutôt comme une valeur refuge.
Depuis cinq ans, l’or a pris du retard par rapport aux métaux de base (aluminium, cuivre, plomb, nickel, zinc et étain). Le métal jaune ne s’est apprécié que d’un coefficient 2, contre un coefficient 2,8 pour les métaux industriels. Les économies émergentes qui s’équipent (bâtiments, logements, réseaux d’infrastructure) ont tiré la demande. Le retard de l’or s’est même accentué jusqu’en mai.
Mais si le marché haussier de l’or a été jusque là moins vigoureux que celui des métaux industriels, la tendance semble prête à s’inverser.
Or et marchés d’actions
Les marchés actions ont effacé leurs gains de l’année en fin de semestre. L’économie américaine ralentit et ralentira encore au second semestre en raison de la baisse de l’immobilier et de la fin des liquidités faciles. La tendance globale des indices actions est donc au mieux stagnante, et probablement baissière pour les six à douze mois à venir.
Même si la Fed met fin à sa campagne de hausse des taux à court terme, l’or deviendra un refuge face à des bourses anémiques et à des matières premières qui ne baisseront pas dans l’immédiat. Dans ce scénario, l’or devrait terminer l’année autour de 650 $ l’once et se retrouver autour de 850 $ l’once d’ici 2007.
Dans un scénario boursier plus pessimiste, la hausse du métal jaune pourrait largement dépasser ces prévisions. Certains observateurs prévoient une stagflation : ralentissement économique au sein des pays riches accompagné d’une hausse de l’inflation à cause de la demande intérieure des pays nouvellement riches. Qui aura le plus de poids ? Hélas, les statistiques ne répondent pas à cette question.
Impossible de savoir si les demandes de l’Inde, de la Chine, de la Russie, et du Brésil compenseront la perte d’appétit de l’Europe et des USA. Mais si ce scénario pessimiste se dessine, l’or pourrait se retrouver propulsé vers les 1 000 dollars ou plus. Car les pays moteurs de la demande mondiale refuseront la loi du dollar. Ils voudront de l’or pour couvrir leur risque dollar ; comme la production d’or n’est pas à ce jour adaptée à une forte demande du secteur financier, un déficit se créera. Et comme la prospection est une affaire de longue haleine, ce déficit durera.
Or, dollar et euro
Beaucoup de Français tiennent le langage suivant : "oui, l’or monte… mais en dollars". Sous- entendu, "en euros, ce n’est pas une bonne affaire". Vous avez d’ailleurs été nombreux à m’écrire pour me questionner à ce sujet. Début 2000, l’once d’or était à 300 $. L’euro venait de naître et sa parité de nouveau-né était de 1. Aujourd’hui l’once d’or est à 600 $ et la parité euro-dollar de 1,28. Cela fait quand même 72% de plus-value.
Admettons que le dollar touche la parité de 1,5. Si l’or, acheté aujourd’hui (à 600 $ et à parité euro-dollar de 1,28) atteint 800 $, cela fait quand même une plus-value supérieure à 15%. Une moins bonne affaire peut-être, mais une affaire quand même. Au delà de la parité 1,50, on entrera dans une véritable crise monétaire. Traditionnellement, le dollar s’est toujours inscrit entre 4,50 FF et 10 FF, soit une parité de 1,46 à 0,656 /euro.
Or physique ou actions aurifères ?
Je vous dirai : or physique ET actions aurifères, car ce n’est pas la même chose. L’or physique est un actif tangible, l’extincteur, le parachute, la bouée de sauvetage de l’investisseur pessimiste qui pense que tout perdre est un jour possible.
Une action aurifère est un actif papier susceptible de monter plus que le cours du métal. Mais les actions ne constituent en aucun cas un refuge dans des marchés boursiers fortement baissiers. Même si le secteur minier aurifère s’est bien comporté lors du krach de 2001, il n’en a pas toujours été ainsi. En outre, c’est un secteur extrêmement volatil.
On achète des actions aurifères par passion, de l’or physique par raison.
… et les actions aurifères européennes ?
On aimerait qu’il en existe. Il n’est pas impossible que la Scandinavie se réveille si l’or atteint doucement les 800 $ l’once. Pour le moment, ce sont les Canadiens qui vont à la mine dans cette région.
Meilleures salutations,
Simone Wapler
Pour la Chronique Agora
(*) Analyste, journaliste et ingénieur de formation, Simone Wapler a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux les Echos, Chart’s… Spécialisée dans les valeurs technologiques et industrielles, et se penche sur l’or — mais aussi sur les marchés étrangers — tous les mois dans Vos Finances – La Lettre du Patrimoine.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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