Le Grand Débat du Samedi Matin

Rédigé le 9 mars 2013 par | Chronique Imprimer

▪ Ce matin, votre correspondante a eu un grand débat avec sa tasse d’Earl Grey. (Oui, le samedi matin est propice à l’introspection et à la réflexion, et je n’aime pas parler toute seule).

« Bill fustige sans arrêt la propension des autorités politiques et économiques à faire quelque chose au lieu de laisse les événements suivre leur cours », a attaqué ma tasse. « Mais n’est-ce pas dans la nature humaine, justement, de faire quelque chose ? »

« Si nos ancêtres n’avaient pas eu cette inclinaison à faire quelque chose, à intervenir, à changer le cours des choses… S’ils s’étaient contentés de rester assis dans le froid à grignoter du mammouth cru… aurait-on inventé le feu, la roue, l’imprimerie, le moteur à explosion et les macarons à la pistache ? »

(Ma tasse de thé aime être bien accompagnée).

« Eh bien », ai-je répondu, « c’est vrai, toutes ces choses ont fait avancer l’humanité. Mais je ne suis pas convaincue — en examinant les preuves que nous avons pour l’instant — que l’utilisation illimitée de la planche à billets et la lutte à tout prix contre les corrections économiques et boursières soient un progrès pour la race humaine ».

« Il me semble — sans y réfléchir plus que ça — que toutes les inventions qui nous ont vraiment fait avancer consistaient à travailler avec la nature, plutôt que contre la nature — regardez la machine à vapeur, par exemple : le principe consiste à domestiquer une force existante », ai-je continué.

« Par conséquent, quitte à effectivement faire quelque chose… En 2008 par exemple, les autorités politiques et économiques n’auraient-elles pas dû accélérer le mouvement ? Pousser les banques à assumer leurs erreurs, quitte à les laisser couler — pour assainir le système et ensuite venir en aide plus efficacement aux victimes, les vraies ? Au lieu de ça, les autorités ont préféré injecter de l’argent à tour de bras dans le système pour soutenir des institutions moribondes — et pour quels résultats aujourd’hui ? »

« Hmmm… » a dit ma tasse, pas convaincue.

« Il suffit de voir ce qu’en dit Simone Wapler dans La Stratégie de Simone Wapler« , ai-je repris. « Je cite : avec l’assouplissement monétaire, une banque centrale lutte contre la récession’. Pour faire pudique, les banques apportent des créances pourries (privées, publiques) à la banque centrale qui les acceptent en feignant de croire que ce sont d’excellentes créances qui seront un jour remboursées et donne en échange de l’argent.

Le grand public a maintenant compris qu’il s’agissait de création monétaire.

Cette création monétaire n’a jamais profité à M. et Mme Michu. Les impôts, le chômage, les retraites bientôt désindexées… M. et Mme Michu ne sont pas à la fête. Cette création monétaire n’a jamais profité aux PME, les seules, rappelons-le, qui soient créatrices d’emplois. En effet, les entreprises du CAC 40 détruisent des emplois. Cette création monétaire masque les pertes du système bancaire et fait monter les indices boursiers.

L’assouplissement monétaire ne marche pas« .

J’aurais aussi bien pu citer les chiffres donnés par Philippe Béchade jeudi — sa comparaison de l’économie américaine en 2007 par rapport à celle de 2013 est assez implacable.

Larguer de l’argent par hélicoptère (ou presque) a été en pure perte. Les autorités n’ont fait que gonfler des bulles parfaitement artificielles, ne profitant qu’aux insiders — l’industrie financière, les grandes banques d’investissement et ainsi de suite. Mais pour le citoyen lambda ? Rien — ou pas grand’chose.

Parfois… il faut laisser la nature suivre son cours — aussi difficile et douloureux que ce soit. Et faire la sourde oreille si votre vaisselle prend soudain la parole.

Meilleures salutations,

Françoise Garteiser
La Chronique Agora

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Directrice de la rédaction pour La Chronique Agora

Françoise Garteiser est Directrice de la rédaction pour La Chronique Agora. Elle se charge de la diffusion de cette lettre d’information contrarienne et politiquement incorrecte. Du choix des textes au respect de la ligne éditoriale – en passant par la traduction des notes provenant de nos partenaires à l’étranger et des interventions ponctuelles au sein de la lettre quotidienne, elle s’assure qu’aucun grain de sable ne vient empêcher le bon fonctionnement des rouages de La Chronique Agora. Vous pouvez également retrouver Françoise Garteiser toutes les semaines dans La Chronique du week-end, billet d’humeur envoyé le samedi.

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