Goldman sous le microscope

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Lundi 19 juin 2006
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*** Une note baissière
Prises de bénéfices, vous avez dit prises de bénéfices ?

*** Toutes choses étant égales par ailleurs
Politiques monétaires, keynésianisme et guerre contre l’inflation…

*** Goldman sous le microscope
Qu’est-ce qui fait de Goldman Sachs la société la plus profitable de l’histoire de l’industrie financière ?

*** Crime et bâtiment (2)
Notre Banquier Central s’est mis dans la peau d’un scénariste…

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… COMMENT REAGIR AUX NOUVELLES CONDITIONS BOURSIERES ?

Une forme d’investissement vous permettra de réagir rapidement et profitablement– en vous positionnant sur les meilleures tendances où qu’elles se trouvent !

Pour tout savoir…

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Bonjour,

*** UNE NOTE BAISSIERE

** Les marchés ont terminé la semaine dernière sur une note baissière ; les investisseurs ont préféré tirer parti des hausses qui se sont produites à la mi-semaine (et qui duraient encore en début de séance vendredi) pour "retirer leurs billes" tant qu’il y avait encore des bénéfices à faire !

Le CAC 40 a ainsi terminé la séance sur une baisse de 0,63% — qui le met à 4 694,89 points, soit une perte de 1,54% sur la semaine. Les volumes ont été spectaculaires, avec près de 11 milliards d’euros échangés sur la journée. Même schéma dans le reste de l’Europe vendredi : à Londres, le Footsie a abandonné 0,39%, tandis qu’à Francfort, le Dax chutait de 0,85%.

Les Etats-Unis n’ont pas vraiment réagi différemment : le Dow Jones est resté au même niveau, à 11 014,55 points, tandis que le Nasdaq abandonnait 0,66%, pour rejoindre les 2 129,05 points vendredi soir. Le S&P 500, quant à lui, a baissé de 0,37%, à 1 251,54.

** Pourtant, les statistiques étaient plutôt encourageantes du côté américain : d’après le département du Commerce, le déficit courant US diminue — 208,7 milliards de dollars pour le premier trimestre 2006. Rappelons qu’il était de 223,1 milliards au dernier trimestre 2005, et que les économistes prévoyaient un chiffre de 221 milliards.

L’Université du Michigan avait elle aussi de bonnes nouvelles à annoncer, avec une hausse de la confiance des consommateurs — 82,4 points pour juin, contre 79,1 en mai (et 79,2 attendus par les investisseurs). Alors pourquoi cette inhabituelle prudence de la part des lumpeninvestisseurs ?

Eh bien… il se pourrait que les véritables craintes commencent tout doucement à transparaître derrière le rideau de fumée des inquiétudes sur l’inflation et la hausse ou non des taux directeurs de la Fed. "Les comportements récents des marchés suggèrent que les investisseurs ne sont pas inquiets de l’inflation, mais plutôt d’une croissance faible", déclarait ce matin dans La Tribune l’analyste Ian Harwood, chez Dresdner Kleinwort Wasserstein.

"Après avoir discuté avec ses clients", continue le journal, "l’analyste constate en effet que la question de la réalité de l’inflation aux Etats-Unis est omniprésente, tout comme celle d’un atterrissage brutal de l’économie américaine après plusieurs années de croissance. Même si le terme n’est pas encore très courant dans la bouche des intervenants de marché, Ian Harwood s’interroge sur l’hypothèse d’une récession. Car c’est bien cette peur qui a conduit les marchés à une nouvelle semaine de baisse, la troisième consécutive".

Hm… se pourrait-il que les investisseurs commencent à ouvrir les yeux sur le véritable état de l’économie mondiale ?

** En tout cas, ce n’est pas le cas de tous, notamment sur le marché de l’immobilier. La Tribune (encore elle), nous annonce que 400 000 contribuables ont payé l’impôt de solidarité sur la fortune en 2005 — soit 17,6% de plus qu’en 2004. Cette augmentation "qui s’explique par la hausse des prix de l’immobilier. Les sommes collectées ont suivi cette augmentation pour atteindre un peu plus de trois milliards d’euros, soit 16,25% de plus qu’en 2004".

Qui a dit qu’il n’y avait pas de bulle sur le marché immobilier français ?

** Un petit point sur les autres marchés pour terminer, en commençant par l’obligataire : le rendement des bons du Trésor US à 10 ans s’est tendu de trois points de base, à 5,12%. Sur le marché des changes, le dollar a reculé, terminant vendredi à 1,2644 pour un euro.

L’or noir et l’or jaune divergent ; le premier grimpe, avec un baril de WTI à 69,88 $ à New York. Le second baisse… et l’once s’est retrouvée à 574 $ au second fixing de Londres, perdant ainsi 7,5 $.

Françoise Garteiser,
Paris

PS : La semaine dernière a été agitée… celle qui commence le sera-t-elle autant ? En tout cas, quoi que nous réserve la séance, Philippe Béchade est là au 0899 707 009* pour vous aider à tirer les bonnes conclusions… et à faire les bonnes transactions !
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Les dernières nouvelles de Wall Street

*** TOUTES CHOSES ETANT EGALES PAR AILLEURS

** Les banques centrales de la planète resserrent leur politique monétaire ; les actions des marchés émergents et les matières premières en ont subi les premières conséquences, avec des déclins rapides et brutaux. L’argent facile se rue vers la sortie, tandis que le miracle de l’effet de levier bon marché disparaît peu à peu.

- Ce cycle de resserrement est nécessaire, selon les banquiers centraux, pour maintenir l’illusion selon laquelle, dans les systèmes de devises fiduciaires, l’inflation peut-être contrôlée à partir du sommet. Cela présuppose d’être omniscient, et le président de la Fed, Ben Bernanke, est présenté comme privilégiant la mise en place d’une politique de soi-disant "ciblage de l’inflation".

- Sous cette politique, les opérations de marché sont conduites de manière à produire éternellement un joli taux d’inflation "central" bien net de 1% à 2%. C’est censé être bon pour le marché obligataire et les entreprises prenant des décisions d’investissement ; en théorie, c’est parfaitement vrai, sauf si l’on tient compte du fait que l’équilibre n’existe pas dans le monde réel, mais uniquement sur le papier.

** La phrase Ceteris paribus ou "Toutes choses étant égales par ailleurs", est la fondation sur laquelle repose une bonne partie de la théorie économique keynésienne. Elle tente d’isoler tous les variables inhérentes à l’activité économique, afin de déterminer les effets d’un mouvement dans une variable sur le mouvement d’une autre. Une politique peut ensuite être mise en place afin de "réparer" un problème — comme une récession ou un indice des prix à la consommation galopant. Les difficultés surviennent lorsque les inévitables conséquences de cette politique se répercutent dans le reste de l’économie d’une manière imprévisible.

- Un bon exemple nous vient en tête : la campagne de baisse des taux appliquée en urgence en 2001 pour combattre ce qui n’était en fait qu’une réduction nécessaire des dépenses euphoriques des entreprises dans les nouvelles technologies. La menace de la "déflation" a été citée comme la raison des baisses de taux, et l’une des conséquences a clairement été le déclenchement d’une insoutenable bulle de l’immobilier. Utiliser des indicateurs de l’IPC rétrospectifs pour mettre en place une politique ciblant l’inflation un an en avance n’est pas logique. En fait, cela a toutes les chances d’exacerber les déséquilibres qui étaient en voie de se corriger tout seuls au fil du temps.

- L’immobilier a de toute évidence pris un tournant ces derniers temps, et l’offre de maisons à vendre a atteint le point où les baisses de prix s’étendront plus largement aux marchés locaux, qui étaient restés réguliers jusqu’à présent. Une proportion dangereusement élevée d’activité économique et de revenus personnels dépend à présent du maintien d’une tendance constante à la hausse dans les prix de l’immobilier.

- La politique monétaire diffusée par les gouverneurs de la Fed durant des conférences et dans les médias la semaine dernière était plus "guerrière". Ils cherchent à gagner en crédibilité en tant que "soldats" contre l’inflation, en réponse à une hausse de divers chiffres de l’IPC, et s’ils agissent en accord avec ce qu’ils annoncent, le marché immobilier américain pourrait très bien dérailler au cours de l’année qui vient, annonçant une période de faillites bancaires suivant une crise de l’épargne et du prêt.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** GOLDMAN SOUS LE MICROSCOPE

** En ce début de semaine, nous réitérons notre formule d’investissement à votre intention, cher lecteur… mais elle prend un nouveau tour : achetez de l’or ! Vendez Goldman !

* Les actions de Goldman se sont à nouveau effondrées mardi dernier, alors même que l’entreprise venait d’annoncer des profits record. Leurs revenus nets ont doublé, pour atteindre 2,31 milliards de dollars au second trimestre. Si l’on se base sur les résultats du premier semestre, cela fait de Goldman a société la plus profitable de l’histoire de l’industrie financière.

* Et pourtant, le titre a chuté.

* Nous gardons un oeil sur Goldman ces derniers jours, parce que nous pensons que cela va nous dire quelque chose : quelque chose sur l’économie, et sur les temps actuels. Chacun a son quart d’heure de gloire. Goldman en a eu de nombreuses journées. Nous nous demandons dans quel genre de monde nous vivons, où Goldman est au sommet ?

* C’est un monde qui récompense les brasseurs d’argent. Les anciennes économies occidentales récompensaient les gens qui foraient des puits de pétrole, construisaient des ponts ou fabriquaient des matelas. Les économies actuelles accordent leur bénédiction, leurs honneurs et leurs profits à des gens qui travaillent dans l’argent lui-même. Goldman distribue les billets de banque comme un croupier à Las Vegas. La firme bat les cartes de manière si rapide et si sûre que la Maison-Blanche a invité son croupier principal à Washington, espérant qu’il amènerait un peu de magie financière avec lui.

** La semaine dernière, nous avons essayé de comprendre ce qui se cache sous la mystique Goldman.

* Travaillant comme toujours pour mieux servir nos lecteurs, nous étions en voyage en Allemagne, où nous avons rencontré un vieil ami, qui est aussi investisseur professionnel et utilisateur acharné de produits de fonds de couverture. Nous lui avons parlé de l’énigme qui nous occupait.

* "Voici notre question", avons-nous commencé. "Comment est-il possible qu’une entreprise comme Goldman — qui compte des milliers de traders — puisse obtenir 75% de ses revenus grâce au trading ? On pourrait penser que leurs aubaines soient compensées par leurs transactions malchanceuses. Tous ne peuvent pas avoir de la chance. Et ils ne peuvent pas tous être des génies. Comme le dit Buffett, il ne peut pas y avoir tant de génies dans la nature".

* "Ou, pour formuler les choses autrement, voilà une société gagnant des milliards, en grande partie grâce au trading. Qui est de l’autre côté de ces transactions ? Qui perd ? D’où vient l’argent ? Comment est-il possible qu’un si grand nombre de traders obtienne un résultat aussi éloigné de l’équilibre… cela semble défier les lois de la gravité".

* "Oui, c’est une curiosité", a déclaré notre ami. "Ce que vous avez écrit sur les fonds de couverture est bien vrai. L’individu moyen ne fera pas mieux dans les fonds de couverture que dans les fonds d’investissement. En fait, il fera même moins bien, à cause de la structure des frais. Comme vous l’avez remarqué, s’il a de la chance, le gestionnaire se tiendra juste à côté de lui, la main tendue, lorsque les bénéfices arriveront. S’il n’a pas de chance, et si le fonds perd son pari, il sera tout seul. Le gestionnaire ne partagera pas les pertes".

* "’L'homme moyen ne veut pas qu’on lui dise s’il s’agit d’un marché haussier ou baissier’ a écrit autrefois le légendaire Jesse Livermore. ‘Ce qu’il désir, c’est qu’on lui dise spécifiquement quelle action acheter ou vendre en particulier. Il veut obtenir quelque chose contre rien. Il ne souhaite pas travailler. Il ne souhaite même pas avoir à penser’."

* "Vous avez également raison", a continué notre ami, "il n’y a pas 8 000 génies gérant des fonds de couverture. Le rendement moyen ne sera pas très bon. Mais vous avez tort de recommander aux investisseurs de se tenir à l’écart. J’ai moi-même investi dans plusieurs fonds de couverture. Dans tous les cas, le gestionnaire a exploré un coin bien confortable du marché. En général, c’est un petit élément ignoré de la plupart des gens. Par exemple, l’un des fonds dans lequel je me suis positionné est géré par un homme qui met un point d’honneur à attraper les ‘bénéfices surprise’ avant Value Line [Société de recherche sur l'investissement, ndlr.]".

* "Value Line a calculé qu’on pouvait faire des profits en achetant des sociétés dont les bénéfices sont meilleurs qu’annoncés. Une fois les bénéfices publiés, il faut quelque temps aux marchés pour ajuster leur point de vie sur l’entreprise. Mais il faut aussi un certain temps avant que Value Line n’apprenne la nouvelle et ne mette ses taux à jour. Ce gestionnaire utilise la même idée simple ; il agit juste plus vite. Et il fait régulièrement mieux que le marché".

* "Il y a des anomalies partout. Les bons gestionnaires de fonds de couverture les trouvent et les exploitent. Les bons investisseurs trouvent les fonds de couverture qui le font, et négocient leurs frais à un niveau raisonnable. Mais l’investisseur moyen n’a pas idée de tout cela. Il choisit un fonds de couverture comme on achète une bouteille de vin — parce que quelqu’un lui a dit qu’il était bon. Et il paie des frais si élevés qu’il est presque impossible pour lui de gagner de l’argent".

* "Et pour Goldman ?" avons-nous demandé.

* "On dit que Goldman est le plus grand fonds de couverture au monde — alors qu’en fait, c’est la plus grande collection de fonds de couverture au monde. La société en possède des centaines. Elle a une excellente réputation… et a plus de mains dans des poches institutionnelles profondes que quiconque. Elle a donc tant d’argent à gérer qu’elle gagne une fortune, même quand ses résultats ne sont pas spectaculaires. Et en un sens, elle est aussi la banque. Elle ne fait pas que jouer au casino ; elle est le casino. Goldman traite dans d’argent pour tant de gens que la société gagne de l’argent quoi que fassent les marchés".

* La question pour les investisseurs est la suivante : le casino est-il en train de s’agrandir, ou bien est-ce que ses affaires vont en diminuant ? Les investisseurs ont répondu la semaine dernière : ils ont vendu Goldman. Pour une fois, nous pensons qu’ils ont eu raison.

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*** La Chronique Agora présente ***

Notre Banquier Central se lance dans un nouveau genre cinématographique : la saga boursière. Aujourd’hui, la suite de son synopsis, dont le début a été esquissé vendredi…

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Le Journal d’un Banquier Central
CRIME ET BATIMENT — 2ème PARTIE
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(*) Par le Banquier Central

Aux USA, en Europe, en Asie, la normalisation des taux se poursuit avec une vigueur dont les marchés, semble-t-il, ont pris bonne note. Bernanke à la Fed, comme Jean-Claude à la BCE, continuent d’évoquer de nouvelles hausses ; la BoJ envoie des signaux plus clairs de jour en jour. A ces annonces s’ajoutent des données macroéconomiques certes mitigées, mais qui ont contribué, par leur tiédeur, à établir le consensus : c’est la fin du crédit facile.

Les marchés obligataires s’en ressentent. Les titres d’emprunt à dix ans de l’état nippon viennent ainsi d’accuser une baisse spectaculaire suite aux déclarations du gouverneur de la BoJ, M. Toshihiko Fukui. Le JGB enfonce franchement la zone support des 135,00, qu’il n’avait quasiment pas touchée (sauf en de brèves occasions) depuis 2000. Egisthe l’Analyste est résolument baissier, en tendance, sur l’obligataire nippon.

Même scénario outre-Atlantique, où le T-Note à dix ans franchit la barre des 110,00 à la faveur d’une accélération baissière déclenchée cette année. Il reste un certain potentiel de baisse, mais des supports approchent, idéalement à la fin du premier semestre. Enfin, côté européen, le Bund allemand a bouclé une figure de retournement baissière, une tête-épaules, qu’Egisthe avait mise en évidence dès le mois de mars.

Le rebond a eu lieu en plein sur le potentiel graphique de la figure ; bien que l’existence d’une droite de support puisse soutenir cette reprise, le décompte en Elliott et les indicateurs mathématiques laissent penser que la baisse n’est peut-être pas tout à fait achevée. La baisse sur ces trois marchés implique une hausse symétrique des taux d’intérêt qui rémunèrent les obligations : moins il y a de demande pour un titre, plus l’émetteur doit en augmenter le rendement pour trouver preneur, ce qui revient à emprunter plus cher. Cette mécanique s’étend peu à peu à l’ensemble du crédit, freinant la consommation et l’investissement des entreprises. De quoi porter de rudes coups aux secteurs les plus dépendants du crédit — à commencer par le BTP, où notre entreprise française s’est illustrée.

Champ et contre-champ
… Voilà le décor planté. Mais la terre ne signifierait rien sans les hommes : l’heure est venue de présenter nos deux protagonistes.

En premier lieu, le PDG : appelons-le Antoine. Un homme en pleine force de l’âge (67 ans, une paille pour un patron français), avec son lot de blessures et de triomphes. Je pense à Ventura dans Le Clan des Siciliens. Sans grand diplôme, il s’est formé sur le tas au dur métier de la distribution d’eau, avant d’être propulsé aux plus hautes fonctions par Jean-Marie Messier — ce qui vous campe tout de suite une nature. Roublard et réaliste, il n’a plus d’illusion depuis longtemps : il connaît les hommes, leurs robinets et leurs mallettes.

D’une entreprise, il a fait un colosse, multipliant par 21 le RN en dix ans — et la capitalisation boursière, par 20. (Note : en faire un passionné d’automobile, bricolant les mains dans le cambouis). Au faîte de sa puissance, méprisant le sérail des patrons "grandes écoles" qui le lui rend bien, il se cherche un héritier. Il prend alors sous son aile un petit jeune, qu’il formera lui-même.

Le petit jeune, le voici : appelons-le Xavier. Un chien fou, à peine sorti de l’adolescence (51 ans, une paille pour un patron français). Je pense à Delon dans Mélodie en sous-sol — un titre qui aurait bien convenu à notre histoire. Enfance dorée, parcours sans faute : Polytechnique, Versailles… Esprit brillant, mais déconnecté du réel. Ame pure, mais irrémédiablement idéaliste, arc-boutée sur ses principes ; pas de cambouis sur les mains. (Note : pour illustrer cela, il ne sait pas bricoler).

Dès les premières minutes, deux styles s’affrontent : le Vieux, madré, autocrate, convaincu de sa valeur, méfiant devant la capacité des marchés à tolérer les échelles de temps longues des projets industriels ; son adjoint, tenant pour la démocratie d’entreprise, soucieux de la valeur à l’actionnaire, conscient des nouveaux enjeux de pouvoir qui régissent les conseils d’administration modernes.

… Je la sens bien, cette histoire, cher Journal ; je la sens bien ! En première anecdote, j’imagine un dossier difficile, que le jeune veut résoudre selon les règles du manuel. Le patron suggère une approche plus créative. L’adjoint refuse avec indignation. Le patron le laisse faire à sa guise, le dossier capote : magnanimité du Vieux. (Note : à un moment, la voiture de l’adjoint tombe en panne : c’est le PDG qui répare !)

Suite de nos aventures dès demain…

Meilleures salutations,

Le Banquier Central
Pour la Chronique Agora

(*) Derrière le Journal d’un Banquier Central, on trouve toute une équipe d’experts de la finance, de l’économie, de l’analyse technique et de la bourse — qui mettent à votre service leur expérience boursière aussi affûtée que leur sens de l’humour pour vous proposer des recommandations claires, fiables… et surtout profitables !

Pour découvrir toutes les analyses et recommandations du Journal d’un Banquier Central, continuez votre lecture…

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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