Gagnant-gagnant… ou gagnant-perdant

Rédigé le 23 février 2017 par | Bill Bonner, Libéralisme Imprimer

L’économie et la politique sont deux choses opposées.

L’une décrit le monde civilisé des échanges volontaires… les accords gagnant-gagnant. L’autre – la politique – représente la façon dont fonctionnait le monde avant la civilisation, c’est-à-dire avec des accords gagnant-perdant selon lesquels quelqu’un imposait à un autre de faire quelque chose. La politique dénuée de violence, ou d’un risque de violence, cela n’existe pas.

Avant l’invention de la monnaie moderne et transportable, des droits de propriété et du capitalisme, la violence était la meilleure façon de réussir (et souvent la seule).

Si vous désiriez quelque chose – des terres, des esclaves, des femmes – vous deviez les prendre à quelqu’un d’autre. Et ensuite, vous pouviez forcer cette personne à payer un [lourd] tribut ! Il s’agissait d’échanges à somme nulle, forcément. Très peu de richesse était créée.

Dans le monde moderne, les échanges volontaires – et non la politique – mènent au progrès et à la richesse. La raison est simple : chaque échange doit être gagnant-gagnant, ce qui signifie que les participants doivent en tirer profit. Sinon, ils s’abstiendraient.

La politique change la distribution de la richesse mais ne la crée pas

La politique est totalement différente. D’un côté de chaque échange se trouve quelqu’un qui soit ne sait pas qu’il y participe, soit ne veut pas y participer. Cela mène à la distribution de la richesse, et non à sa création. Et comme cela décourage la production et dénature le signal des prix, cela peut également provoquer une baisse de la croissance du PIB, des bulles et de la confusion.

La politique est uniquement capable de prendre quelque chose à quelqu’un, ou à un groupe de personnes, pour le donner à d’autres.

C’est soit l’un soit l’autre. L’économie ou la politique. La force ou la persuasion. Soit vous augmentez la richesse, soit vous la ponctionnez. Chaque transaction volontaire augmente la richesse. Chaque vol involontaire la diminue.

A présent, nous constatons également qu’un « marché libre » n’est pas quelque chose de discret ou de spécifique. C’est simplement ce qui se produit sans qu’il y ait recours à la force.

Donc, la seule façon d’augmenter la richesse, c’est simplement d’augmenter la facilité avec laquelle les transactions volontaires sont réalisées. Les marchés, bien sûr, ne cessent jamais de fonctionner. Mais lorsque la force y fait intrusion, ils intègrent dans les prix le coût de la politique, ce qui diminue les gains nets. Les marchés reflètent du mieux qu’ils le peuvent tout ce que l’on sait… y compris ce que l’on sait des effets de la politique sur l’économie.
[NDLR : Les effets de la politique sur l’économie deviennent de plus en plus pesants. Quelles valeurs avez-vous en portefeuille dans votre PEA à l’approche de la présidentielles ? Sauront-elles résister à un choc électoral ? Comment avoir en toutes circonstances le PEA parfait ? Notre spécialiste vous l’explique ici.]

Quand la politique s’invite dans l’économie et joue les pique-assiette

Si j’aborde ce sentier battu, c’est parce qu’avec l’élection présidentielle américaine de 2016 – déjà tristement célèbre — la politique est devenue bien plus importante pour l’économie américaine qu’elle ne l’a jamais été auparavant, probablement.

Et de même que la politique prend de l’importance, il devient plus important de comprendre ce qu’il se passe réellement.

A la Chronique, nous espérons critiquer de façon régulière et cohérente l’usage de la force sur les marchés. Nous ne savons pas si les actions vont grimper ou baisser. Nous ne savons pas combien de personnes achèteront la voiture Tesla. Nous ne savons pas à quel moment la « bulle rouge » de l’économie chinoise éclatera.

Mais nous savons – grâce à la théorie et à l’observation – que tenter de contrôler ou gérer les économies ne fonctionne pas. Et nous sommes pratiquement la seule personne au monde qui puisse l’exprimer librement.

Les grandes entreprises, les gouvernements, les think-tanks, Wall Street, tous dépendent beaucoup trop du dollar falsifié post-1971 et des manipulations orchestrées par les banques centrales. Ils ne peuvent dire la vérité. Ils sont payés pour ne pas la voir, et pour se taire si jamais ils l’aperçoivent du coin de l’oeil.

Evidemment, tout cela ne s’arrête pas à l’argent…

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Gagnant-gagnant… ou gagnant-perdant”

  1. M. Bonner: Si je vous comprends bien, on peut voir le personnel politique comme une sorte de médiateur chargé de faire coopérer les autres. Le problème, c’est lorsque ces personnes contrôlent aussi la Police, la Justice, l’armée, les médias, la monnaie … ils deviennent les Parrains d’une mafia et tendent à substituer le chantage à la libre négociation.
    Ne serait-ce pas la situation actuelle ?

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