La raison fondamentale du futur krach des valeurs technologiques

Rédigé le 11 juillet 2017 par | A la une, Banques Centrales, Desinformation, Krach boursier imminent, Krach boursier imminent 2018 Imprimer

La Fed admet que les valorisations des actions sont excessives. Le secteur des valeurs technologiques est en bulle et un scandale de publicité mensongère se profile…

Le 27 juin, trois responsables de la Fed (la présidente Janet Yellen, le vice-président Stanley Fischer et le président de la Fed de San Francisco, John Williams) ont mentionné les niveaux élevés des actions/que le marché actions était mûr pour une correction.

D’abord, c’est le vice-président de la Fed, Stanley Fischer, qui a souligné de façon explicite que les actions étaient extrêmement surévaluées, selon leurs valorisations actuelles.

« Sur les marchés actions, les ratios cours/bénéfice se situent désormais aux quintiles supérieurs de leurs distributions historiques, alors que les spreads sur les obligations d’entreprise sont proches de leurs plus-bas postérieurs à l’après-crise. » Stanley Fischer, vice-président de la Fed Source : site internet de la Réserve fédérale

Fischer admet littéralement que le marché est surévalué si l’on se réfère aux bénéfices (les fondamentaux).

Ensuite est venue la déclaration du président de la Fed de San Francisco, John Williams (le conseiller privilégié de Janet Yellen) :

« ‘Le marché actions a tout l’air de rouler sur ses dernières réserves‘, a déclaré John Williams, le président de la Réserve fédérale de San Francisco […]. ‘Cela représente clairement un risque pour l’économie américaine, [il pourrait y avoir] une correction : c’est quelque chose à quoi il faut se préparer afin de réagir si cela se produit vraiment' ». John Williams, président de la Fed de San Francisco Source : Reuters

Mais avant que quiconque se mette à paniquer, Janet Yellen s’est manifestée afin de nous assurer que la Fed était prête à empêcher toute crise financière de se produire lorsque surviendra cette chute.

« Janet Yellen, la présidente de la Fed, a déclaré mardi que les banques ‘étaient bien plus fortes‘ et qu’il était peu probable qu’une nouvelle crise financière se produise de sitôt.

Elle a également fait une prédiction audacieuse : une nouvelle crise financière semblable à celle qui a éclaté en 2008 ne se produirait probablement pas ‘de notre vivant’. » Janet Yellen, présidente de la Fed Source : CNBC

Ces trois discours ont tous été tenus le même jour.

Il s’agit d’une campagne claire et coordonnée de la Banque centrale américaine. C’est la première fois en huit ans que la Fed se montre ouvertement et publiquement baissière (bearish) sur les actions.

Je ne m’attends pas à ce que tout le marché chute. La chute interviendra en premier lieu sur les valeurs technologiques : le secteur le plus surévalué, et celui que l’on a utilisé via différentes manipulations pour porter le marché à bout de bras.

J’anticipe un krach des valeurs technologiques touchant les sociétés dont on s’est servi pour propulser le marché à la hausse. Il s’agit d’Apple (AAPL), Amazon (AMZN), Alphabet (GOOGL), Microsoft (MSFT) et Facebook (FB). Tesla (TSLA) et Nvidia (NVDA), quant à elles, méritent la mention honorable.

S’agissant des raisons fondamentales expliquant le sell-off brutal subi par les « tech », elles ne manquent pas. D’abord, les grands noms du secteur s’échangent tous à des prix étourdissants, à l’exception d’Apple (AAPL).

Evolution du cours de l'action Tesla depuis ses débuts

Apple (AAPL) est la seule société qui se négocie selon un ratio raisonnable de 17. Toutefois, même cette société se situe au-dessus de la moyenne sur cinq ans de ses ratios cours/bénéfice, cours/actif net (P/B), cours/chiffre d’affaires (P/S) et cours/cash flow (P/CF)… alors que son chiffre d’affaires comme ses bénéfices sont en baisse.

Au-delà des questions de valorisation, un véritable scandale se prépare dans le secteur des technologies, bien que les médias passent outre.

Le scandale de la publicité mensongère en ligne

Des sociétés telles que Facebook et ses semblables génèrent une part considérable de leur chiffre d’affaires avec la publicité en ligne. Selon ce business model, les clients payent Facebook en échange d’un espace publicitaire en ligne, dont le tarif se base sur le trafic Internet.

Toutefois, il apparaît désormais que des robots, et non des humains, génèrent un énorme pourcentage du trafic Internet. Autrement dit, les coûts de publicité (ce que Facebook et les autres facturent à leurs clients en échange de l’espace publicitaire) sont fondés sur une tromperie.

En septembre dernier, on a appris que Facebook surestimait d’au moins 60% à 80% la durée de visionnage des vidéos publicitaires.

« Selon des sources informées, les grands annonceurs et spécialistes du marketing sont mécontents de Facebook Inc., car ils ont appris que, depuis deux ans, ce géant de l’Internet surestimait énormément le temps de visionnage moyen des publicités-vidéo sur sa plateforme.

Il y a plusieurs semaines, Facebook a publié un message dans son ‘centre d’assistance publicitaire’ expliquant que son indicateur de temps moyen passé par un utilisateur à regarder des vidéos était gonflé artificiellement car il ne prenait en compte que les visionnages de plus de trois secondes. La société a déclaré qu’elle allait mettre en place un nouvel indicateur afin de régler ce problème…

Les agences achetant de l’espace publicitaire, telles que Publicis Media, ont été informées par Facebook que les méthodes de comptage initiales avaient probablement surestimé de l’ordre de 60 à 80% le temps de visionnage des vidéos, selon un courrier que Publicis Media a adressé fin août à ses clients, et que The Wall Street Journal a analysé. » Source : ici

Quelques mois plus tard, Facebook a révélé qu’elle surévaluait plus que le visionnage des vidéos.

« La société de réseaux sociaux a mené une vaste étude après avoir découvert trois mois auparavant qu’elle avait surévalué le temps de visionnage des vidéos sur son site. Cette erreur de calcul n’a pas été révélée de façon générale, ce qui a suscité des critiques à l’égard du réseau social. A présent, Facebook déclare avoir découvert d’autres exemples de calcul erroné concernant l’audience de son site, notamment la durée que consacrent les gens à la lecture d’articles instantanés, et le nombre de personnes consultant les pages-entreprises de Facebook. » Source : Bloomberg

Depuis, la situation s’est aggravée, les personnes en charge d’énormes budgets publicitaires en ligne ayant remarqué que l’escroquerie est encore pire qu’ils ne le pensaient. Voici ce qu’a déclaré la semaine dernière le responsable marketing du géant des produits de consommation, Unilever :

« Avec 8,4 Mds$ de budget publicitaire annuel, le secteur de la publicité est attentif lorsqu’Unilever est mécontent. Lors du festival de la créativité ‘Cannes Lions’, le responsable marketing et communication d’Unilever, Keith Weed, a souligné les trois inquiétudes qui ‘l’empêchent de dormir la nuit’ :

‘Si vos annonces ne sont pas vues, vous êtes mort’, a déclaré Weed face à son auditoire à Cannes mercredi.

Il veut que les publicitaires ‘envisagent de façon globale le secteur du numérique’. Selon Weeds, cet écosystème est perverti. Environ 60% du trafic Internet est généré par des ‘bots‘ [NDR : logiciels automatisés de conversation]. ‘Nous voulons acheter des vues, et non des bots’, a déclaré Weeds. ‘Si quelque chose est trop beau pour être vrai, alors [effectivement]’est probablement le cas' ». Source : MediaPost

Le problème n’existe pas que chez Facebook.

Yahoo!, Google et d’autres géants de l’Internet sont également impliqués dans des problèmes concernant la publicité. Considérant que ces géants du secteur génèrent une part importante de leurs recettes à partir de la publicité en ligne, si ce scandale prend de l’ampleur, il pourrait sérieusement perturber le cours des actions. [NDLR : Tous les mois, dans Crise Or & Opportunités, Graham Summers passe au crible les marchés financiers pour en déduire des opportunités en or, au sens propre comme figuré. Pour découvrir les recommandations de Graham, cliquez ici.]

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Graham Summers
Graham Summers
Directeur de la stratégie marchés de Phoenix Capital Research

Graham Summers est directeur de la stratégie marchés de Phoenix Capital Research.

Graham dévoile habituellement ses conseils aux stratégistes des plus grandes institutions financières du monde comme Morgan Stanley, Merrill Lynch, UBS ou encore Royal Bank of Scotland.
Du magazine Rolling Stone, au New York Post, en passant par la revue Thomson Reuters, ses analyses sont relayées dans toute la presse ses dernières années…

Graham Summers a rejoint l’équipe de Crise, Or et Opportunités en octobre 2015 et c’est pour vous une véritable chance. Ses analyses avisées et son expérience de longue date des marchés apporteront une véritable valeur ajoutée ; vous en serez le premier bénéficiaire, au fil des semaines et des mois à venir.

Spécialiste macro, il partagera avec vous les opportunités qu’il détectera, toutes classes d’actifs confondues.

3 commentaires pour “La raison fondamentale du futur krach des valeurs technologiques”

  1. J’ai de la peine à suivre toute cette manoeuvre … et je suis content de ne plus avoir à gérer mes affaires … vu mon âge (1924) !.. Il ne me reste qu’à faire confiance à ma Banque cantonale du Jura … petite banque du canton.

  2. Bonjour, et merci de l’intérêt que vous portez à nos publications. Concernant votre demande de désabonnement, elle a bien été prise en compte. Je me suis permise de retirer votre adresse du commentaire afin de ne pas la publier publiquement. Bien cordialement, l’équipe des Publications Agora.

  3. Mais Google et Facebook forment un duopole. Quand bien même leurs stats sont erronées, leurs revenus resteraient constants: il leur suffirait d’augmenter le prix par clic. « Tu payes ou tu meurs ».
    De plus leur valo, au moins pour Goo et Aapl, est essentiellement portée par l’espoir d’une distribution exceptionnelle de dividendes par rapatriement du cash logé hors US. Les autres bénéficient d’une complaisance de secteur techniquement assurée par les ETF.
    Le seul moyen qu’ils baissent est un resserrement monétaire, qui n’aura jamais lieu volontairement.
    Là où je vous rejoins est que l’upside (potentiel de hausse) commence à être court à ces niveaux de PER.

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