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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Jeudi 15 juin 2006
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*** La folle journée
Emotions fortes sur les marchés hier…
*** Fourmis et options
Le bout du tunnel est peut-être en vue pour les matières premières…
*** Un mouton noir sur les marchés (3)
Jim Rogers en termine avec l’investissement en ressources naturelles…
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Bonjour,
*** LA FOLLE JOURNEE
** Quelle journée, mais quelle journée !
La séance d’hier peut se vanter d’une chose au moins : l’actualité turbulente des entreprises a fait passer quasi-inaperçus les chiffres de l’inflation. Entre autres choses, pas moins de huit milliards d’euros ont changé de mains durant la séance, le CAC 40 est passé sous la barre des 4 600 points avant de remonter, et EADS a perdu le quart de sa valeur (nous permettant d’ailleurs d’engranger de substantiels gains au passage, comme le déclarait Philippe Béchade ce matin au 0899 707 009*)…
Au final, le principal indice hexagonal a limité la casse en terminant sur une baisse de 0,05% seulement, à 4 615,44 points. A Londres aussi, les dégâts étaient moindres, avec une baisse de 0,09% pour le Footsie, tandis que le Dax allemand perdait 0,30%.
Du côté américain, où l’on se sentaient moins concerné par les résultats des entreprises européennes, un petit rebond technique a prévalu, permettant aux principaux indices de "revenir au score" et de se remettre un peu de leur dégringolade des jours derniers.
Le Dow Jones a ainsi terminé sur une jolie hausse de 1,03% le portant à 10 816,92 points ; de son côté, le Nasdaq a terminé à 2 086, soit 0,65% de gagnés ; et le S&P 500, lui, a clôturé à 1 230,04 points, sur un gain de 0,52%.
** Puisqu’il faut en parler, parlons-en : les derniers chiffres de l’inflation en provenance des Etats-Unis sont en ligne avec les attentes des économistes. La hausse de 0,4% qui s’est produite sur les prix à la consommation en mai correspond parfaitement aux prédictions de cette mystérieuse entité, "le consensus" — sur un an, on en est à 4,2% de hausse des prix… 2,4% si l’on exclut l’énergie.
Mais même ainsi, on reste au dessus de ce que Ben Bernanke considère comme une inflation saine — et cela ne signe donc pas forcément l’arrêt des hausses de taux. Par ailleurs, la Fed a publié hier son célèbre Livre beige, dans lequel elle annonce ce mois-ci que "l’économie poursuit sur le chemin de la croissance au mois de mai dans la plupart des régions mais que l’on peut commencer à entrevoir certains signes de ralentissement économique", comme on pouvait le lire dans La Tribune ce matin.
** Sur le front du pétrole aussi, l’inflation est notable : à New York, le baril de WTI a terminé en hausse de 61 cents, à 69,19 $. Ce n’est pas dû aux ouragans ni à la géopolitique cette fois-ci, mais à des statistiques relativement peu encourageantes de la part du département américain de l’Energie : hier, il a annoncé une baisse des réserves de pétrole brut, qui ont diminué de 0,9 millions de barils (contre 0,5 million attendus).
Les stocks d’essence, à l’inverse, ont augmenté — 2,1 millions de barils supplémentaires, alors que le marché n’en attendait qu’un million. Les conducteurs américains auraient-ils remisé leurs 4×4 rutilants au garage, pour n’utiliser que des véhicules moins gourmands en énergie ?
** Le dollar, lui aussi, a été affecté par les déclarations de Ben Bernanke ; il a terminé la séance en légère baisse, permettant à l’euro de revenir à 1,2602. Sur le marché obligataire, les taux se sont tendus — le rendement du bon du Trésor US à 10 ans s’est ainsi tendu de 10 points de base, le portant à 5,06%.
Quant à l’or, il est en bien triste état… Notre métal préféré continue de corriger ; l’once n’était plus qu’à 567,25 $ au premier fixing de Londres hier matin.
Françoise Garteiser,
Paris
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Nous n’avons pas de solution miracle à la volatilité et aux incertitudes boursières…
…mais que pensez-vous d’un gain moyen de 25% ce dernier trimestre ?
Mieux encore, auriez-vous apprécié une plus-value de 44% enregistrée en quatre séances… alors même que le Nasdaq perdait 4,5% sur la semaine ?
Si oui… continuez votre lecture pour en savoir plus…
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Eric Fry nous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** FOURMIS ET OPTIONS
** Les marchés financiers sont sadiques et sans coeur… comme la semelle d’un jeune garçon. Voilà pourquoi les investisseurs comme nous se sentent, à l’occasion, comme des fourmis sans défense — courant se mettre à l’abri avant que ladite semelle ne nous écrase. Et parfois, nous n’avons pas cette chance.
- La récente évolution des marchés a écrasé pas mal de fourmis-investisseurs… ou du moins leur optimisme. Par conséquent, il se pourrait que les opportunités d’achat soient proches.
- Regardez par exemple les marchés de matières premières. A mesure que leurs cours chutaient, la bravade des investisseurs s’affaiblissait. Les sourires confiants et les tapes dans le dos de mars et avril ont fini par faire place aux gémissements atterrés de mai et juin. Nous soupçonnons donc que les opportunités d’achat ne tarderont pas à se présenter. Ces derniers jours, notre professionnel des options, Jay Shartsis, a observé un certain nombre de phénomènes indiquant que les tendances haussières ne vont pas tarder à reprendre leurs droits sur les marchés des ressources naturelles.
- Les achats de puts, par exemple, sont très élevés. Sur le CBOE, 1,66 puts s’échangent pour chaque call. "Ce chiffre très élevé pour les puts", déclare Shartsis, "serait ‘normalement’ associé à un krach pur et simple, et non à un marché qui est simplement, disons, plutôt plat. C’est un très haut niveau de crainte qui n’est pas justifié par des prix en baisse radicale. Un rebond se dessine."
- Shartsis souligne également que l’indicateur de sentiment de l’Association américaine des investisseurs individuels montre à nouveau plus de baissiers que de haussiers (45% contre 26%), pour la quatrième semaine d’affilée. En général, de tels chiffres consécutifs se produisent au plus bas d’un marché.
- Dans le secteur des matières premières, le sentiment est lui aussi plutôt morose, ce qui suggère que le pire est en majeure partie passé. Shartsis note quelques signes pleins d’espoir… en particulier parmi les actions des sociétés de services pétroliers et les actions aurifères.
- "Durant le plongeon et le renversement spectaculaires de jeudi dernier", note Shartsis, "j’ai observé qu’un nombre élevé d’actions pétrolières montraient une évolution très paresseuse de leurs contrats puts, alors même que les actions ont clôturé la séance en baisse. Cette divergence positive précède souvent un rebond. Au sein du secteur, cette évolution était particulièrement évidente dans le domaine du forage pétrolier."
- "Pour les métaux précieux", note Shartsis, "Newmont Mining a terminé en baisse de 80 cents seulement [mardi], le prix de l’or étant toujours très bas. Je pense pouvoir appeler cela une divergence haussière, et je note aussi que Newmont a enregistré beaucoup de trading sur les puts dernièrement, ce qui est aussi une condition haussière contrarienne."
** Certes, acheter sur un marché de l’or qui a chuté de 170 $ en un mois — et 45 $ en une journée — demande soit du courage, soit de la bêtise… ou un peu des deux. Acheter un panier diversifié de matières premières, comme celles qui sont représentées dans l’ETF Deutsche Bank Commodity (NYSE:DBC) exige un peu moins de courage ou de stupidité. Et acheter une valeur pétrolière sous-évaluée comme Chevron ou ConocoPhillips en demande encore moins.
- Ceci est dû au fait que les prix des actions des sociétés pétrolières languissent, alors même que le prix du pétrole grimpe. ExxonMobil est l’une des nombreuses sociétés pétrolières ayant stagné depuis plus d’un an, tandis que le prix du pétrole a grimpé de plus de 30%.
- Il est clair que les cours des blue chips pétrolières pourraient continuer à ralentir pendant un temps, mais les fondamentaux offre/demande du marché pétroliers sont clairs et certains… et haussiers. L’offre est limitée. La demande est en augmentation. Les prix ont donc de bonnes chances de grimper… ou au moins de ne pas chuter bien bas.
- Les investisseurs d’humeur haussière peuvent envisager d’acquérir des options call sur un certain nombre de valeurs pétrolières. Nous pensons également que des options call sur des actions aurifères se révéleront profitable. Mais pourquoi s’encombrer de Newmont Mining, quand ConocoPhillips se vend six fois les bénéfices ?
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Mais où donc est Bill Bonner ? Si vous le voyez passer à proximité de chez vous, merci d’en avertir les bureaux de la Chronique Agora, parce que nous sommes sans nouvelles de lui aujourd’hui. Nous espérons cependant le retrouver sain et sauf dès demain avec les dernières rumeurs et absurdités des marchés
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Ils avaient vu juste pour la flambée du pétrole…
Ils ont prédit l’envolée de l’or…
Ils prévoyaient de longue date la chute des marchés…
SUR QUOI AURONT-ILS RAISON AUJOURD’HUI ?
Et surtout… comment profiter de ces conseils — qui ont déjà rapporté plus de 320% de gains cumulés ?
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*** La Chronique Agora présente ***
Les matières premières ne sont pas seulement un bon moyen de diversifier un portefeuille — elles offrent souvent de meilleurs rendements, et elles sont moins risquées, nous annonçait hier Jim Rogers en citant une étude réalisée par l’université de Yale. Aujourd’hui, la fin de son vibrant plaidoyer pour l’investissement en ressources naturelles…
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UN MOUTON NOIR SUR LES MARCHES — 3ème PARTIE
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Par Jim Rogers (*)
L’étude universitaire sur les matières premières est primordiale — et je dirais même "révolutionnaire", parce qu’elle changera radicalement la manière dont les conseillers financiers, les gestionnaires de fonds et les courtiers traitent les matières premières. Ecarter d’emblée les investissements en matières premières, ce sera désormais s’exposer aux critiques et aux reproches — s’appuyant sur une étude universitaire sûre. A la fin des années 70, un autre travail universitaire s’est penché sur le cas de l’instrument financier le plus controversé de l’histoire, les junk bonds — cela a crédibilisé l’investissement dans les junk bonds, et a fait d’elles une classe d’actifs acceptables. Je me souviens d’une autre étude, à la fin des années 60 — époque où les actions étaient suspectes depuis des décennies –, et qui avait re-stimulé l’achat de parts de sociétés. Cela a permis d’insuffler une nouvelle vigueur au marché boursier. Le rapport de Yale fera la même chose pour les matières premières.
Mais gardez bien cela en tête : même dans un marché haussier, peu de matières premières grimpent d’un seul coup ; il y a toujours des corrections en chemin. Et toutes les matières premières ne grimpent pas en même temps. Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un marché haussier que l’on peut lancer une fléchette sur une liste de choses cotées parmi les futures de la planète… et toucher un gagnant. Vous pourriez, par exemple, atteindre le cuivre, qui a peut-être déjà dépassé son sommet. Au cours du dernier marché haussier de long terme, qui a commencé en 1968, le sucre a atteint son plus haut en 1974 — mais l’ascension des matières premières a continué durant le reste de la décennie. Un marché haussier en lui-même, aussi impressionnant soit-il, ne peut conserver toutes les matières premières sans exception dans une spirale haussière.
Toute ressource naturelle est guidée par sa propre dynamique offre/demande. Les matières premières d’un marché haussier n’atteindront pas leur sommet en même temps — tout comme les actions durant leur propre marché haussier. Certaines valeurs grimperont en un an, et d’autres pourront atteindre leur zénith deux ou trois ans plus tard. Il en va de même pour les hausses des matières premières.
Durant la session question-réponses qui suit mes conférences, il y a toujours quelqu’un pour poser la question : "j’investis dans les matières premières, et nous sommes un marché haussier. Comment savoir quand il prend fin ?" Vous reconnaîtrez la fin lorsque vous la verrez, en particulier une fois que vous vous serez familiarisé avec le monde des matières premières et que vous aurez quelques années d’expérience à votre actif. Vous constaterez des hausses de la production et des baisses de la demande. Et même alors, les marchés continuent souvent de grimper pendant un certain temps. Rappelez-vous que la production pétrolière dépassait la demande en 1978, mais le prix du pétrole a augmenté pendant deux ans encore, parce que personne ne s’en était aperçu, ou ne s’en souciait.
Des politiciens, des analystes et des professeurs érudits prédisaient solennellement le pétrole à 100 $ en 1980 déjà. Les marchés haussiers se terminent toujours dans l’hystérie. Lorsqu’un garçon d’ascenseur vous donne un tuyau boursier, on est en pleine folie, et il est temps de sortir du marché. Nous l’avons à nouveau vu durant le krach des dot.com. Durant la première phrase d’un marché haussier, c’est à peine si les gens s’aperçoivent de ce qui se passe. A la fin du même marché haussier, les gens abandonnent leurs études de médecine pour devenir day traders.
Dans ces cas-là, c’est que la folie furieuse a pris le contrôle — et c’est là que je vends à découvert. En général, je perds également de l’argent pendant un temps, dans la mesure où je n’arrive jamais à croire combien les gens seront hystériques à la fin d’un long marché haussier. Rappelez-vous tous les ricanements et les roulements d’yeux sur CNBC en 1999 et 2000. Bien entendu, jamais personne n’admet ne pas avoir vu venir les choses. Si je vous avais dit en 1982-83 qu’un marché haussier des actions s’annonçait, vous m’auriez ri au nez. A l’époque, tout le monde savait que les actions étaient mortes — sauf qu’au cours des sept années qui suivirent, le S&P 500 a quasiment triplé. Si je vous avais conseillé ensuite de mettre tout votre argent dans les actions, vous auriez sifflé jusqu’à ce que je sorte de la pièce : voyons, aucun être rationnel ne croirait que les actions pourraient continuer d’augmenter après avoir déjà triplé en quelques années. Mais entre 1990 et 2000, le S&P 500 a continué à la hausse, quintuplant quasiment au passage — tandis que le Nasdaq était multiplié par dix.
Les matières premières trouveront leur propre forme de délire. Au lieu de PDG en costumes trois-pièces, vous verrez des fermiers prospères et souriants et des puits de pétrole sur les couvertures de Fortune et Business Week. Les présentateurs de CNBC feront leurs directs depuis la corbeille de Chicago, tandis que les mères de famille, au supermarché, parleront de leur dernier exploit sur les cours du soja. Il n’y aura plus que de petites voitures, les maisons seront chauffées 5°C au-dessous de la norme actuelle, et il pourrait y avoir des champs d’éoliennes à perte de vue autour des villes. Lorsque vous constaterez tout cela, il sera temps de sortir votre argent des matières premières. Le marché haussier aura pris fin.
Meilleures salutations,
Jim Rogers,
Pour la Chronique Agora
(*) Durant trois ans et 244 600 kilomètres, Jim Rogers et son épouse Paige Parker ont fait un tour du monde pas comme les autres dans leur Mercedes jaune. Investisseur consommé, Jim Rogers a recueilli des détails précis sur le climat financier du Moyen-Orient, de l’Asie du Sud-Est, de Chine, de Sibérie, d’Europe, d’Afrique et d’Amérique du Sud. Il a condensé ses impressions dans son livre Adventure Capitalist [L'aventurier capitaliste, ndlr].
Enfin, si vous voulez retrouver le dernier livre de Jim Rogers sur les matières premières, d’où est tiré cet essai, il suffit de cliquer ici…
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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