Fin de l’Alerte au Krach

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* Nous allons abaisser notre drapeau d’"Alerte au Krach" pendant un petit temps. Le Dow semble enfin donner des signes de vie. Il faudra quelques jours pour en être certains… mais nous allons hasarder une supposition : le rebond va se poursuivre.

* Les actions aux Etats-Unis ont perdu 11 000 milliards de dollars… et ont été plus que divisées par deux… sans un seul rebond majeur. Nous en attendions un après l’élection d’Obama. Tout ce que nous avons eu, c’est un ricochet de 15%. Puis, après l’annonce du grand programme de relance/sauvetage/escroquerie… nous nous sommes dit que sûrement, les actions se remettraient à ce moment-là. Mais non. Au lieu de cela, les actions ont perdu 20% depuis qu’Obama est au pouvoir.

* Mais un rebond durant un marché baissier est l’un des phénomènes les plus certains qu’un investisseur puisse escompter. Après tant d’années de hausse des cours — le marché haussier a commencé en août 1982 — les investisseurs ont appris à "acheter durant les creux". A présent, ils ne sont plus confrontés à un creux mais à un véritable Grand Canyon ; nombre d’entre eux ne peuvent pas s’empêcher d’agir. Il leur suffit d’un peu d’encouragement.

* Cette semaine, lesdits encouragements provenaient de Citigroup — qui a annoncé avoir gagné de l’argent durant les deux premiers mois de 2009 — et de Ben Bernanke, selon qui le secteur financier devrait être mieux réglementé.

* Le reste des nouvelles est terrible, épouvantable… révoltant.

* Le chômage aux Etats-Unis a dépassé les 8%. Selon une étude de Bloomberg, il devrait passer à 9,4% avant la fin de l’année. Nous pensons qu’il dépassera les 10%. D’ici cet été, une personne sur 10 de la main-d’oeuvre américaine sera au chômage.

* Il y a toujours des gens à la marge… qui luttent pour joindre les deux bouts… d’un salaire à un autre. Le problème, c’est que ces marges s’élargissent. "24 millions passent de la prospérité à la difficulté", titrait USA Today. Il n’est pas difficile de voir pourquoi. Quand on dépend de son salaire, perdre son emploi est désastreux. Et rien qu’en février, 651 000 postes ont été supprimés aux Etats-Unis.

** Le pauvre Bernie Madoff "remonte la rivière". L’expression "remonter la rivière" fait allusion à la prison de Sing Sing, sur la rivière Hudson, à une cinquantaine de kilomètres en amont de New York

* A combien d’années Bernie sera-t-il condamné ? "A vie", disait un article. "Jusqu’à 150 ans", disait un autre — faisant peut-être preuve d’un peu d’optimisme.

* Bernie tente le tout pour le tout. Lorsqu’on posera la question à son avocat, il devrait répondre : "coupable, votre Honneur".

* Pendant ce temps, le pauvre Martin Armstrong pourrit dans une "prison nouvelle". Nous raconterons son histoire quand nous aurons un peu plus de temps. Elle a tous les ingrédients nécessaires pour une bonne conspiration — la CIA… un programme informatique omniscient… de l’argent… du pouvoir… et tout le reste.

* Fut une époque où Martin Armstrong était l’économiste le mieux payé des Etats-Unis, en tant que président de Princeton Economics. C’est du moins ce que disent les journaux. Il a développé une théorie des cycles très élaborée, dont on disait qu’elle pouvait prédire les grands retournements boursiers. A présent, le pauvre Martin est en prison… purgeant cinq années de peine après avoir déjà passé huit années derrière les barreaux pour outrage à magistrat, sur une accusation liée à une présumée "arnaque en pyramide". Le mot "présumée" est important, parce qu’Armstrong n’a jamais été jugé ni condamné sur les accusations d’origine. Mais c’est une autre histoire…

* Même depuis sa cellule, Armstrong se tient au courant de l’économie. Sa théorie sur des cycles de 8,7 ans prédisait qu’un retournement commencerait à l’été 2007 — ce qui a bien été le cas. Mais maintenant… préparez-vous… il annonce que la récession durera entre 23 et 26 ans ! Pourquoi aussi longtemps ? Parce que les autorités ne permettront pas à l’économie de se soigner elle-même, dit-il.

* Nous ne savons pas s’il aura tort ou raison. Mais il est bien dommage de garder des gens comme Armstrong ou Madoff en prison — aux frais du contribuable. Tous deux pourraient apporter une précieuse contribution à la société pour compenser leurs crimes présumés.

* Nous avons déjà suggéré que Madoff soit contacté pour devenir secrétaire au Trésor. Les Etats-Unis gèrent la plus grande arnaque en pyramide de tous les temps, remboursant leurs anciens prêts en contractant de nouveaux. Pourquoi ne pas laisser un vrai pro s’occuper du programme ?

* Et on pourrait tout de même trouver un poste de sous-secrétaire pour Armstrong. On apprenait le week-end dernier que Geithner travaillait nuit et jour… et seul. Il est censé avoir toute une coterie de ronds-de-cuir et de fonctionnaires pour l’aider — mais ils n’ont pas encore été nommés ou approuvés. Geithner reste donc assis à son bureau et parle tout seul. Quel dommage ! Détruire une économie majeure n’est pas une tâche pour un seul homme. Même Alan Greenspan avait une équipe d’apparatchiks pour l’aider.

* Libérez Madoff ! Libérez Armstrong ! Laissez les pros faire leur boulot !

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Bill Bonner

Bill Bonner est le fondateur et président d'Agora Inc., une maison d'édition publiant des lettres d'information confidentielles – probablement l'une des plus brillantes au monde. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450.000 lecteurs... ), il intervient également dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning.

La passion de Bill Bonner pour la finance, les voyages et les grandes idées lui a permis d'engranger des succès incontestables pour son entreprise. Il a débuté en 1979, avec la publication des lettres d'information International Living et Hulbert's Financial Digest. Puis Agora Publishing a connu une croissance très importante, et s'est spécialisée dans la publication de lettres confidentielles sur la finance, la santé, le développement personnel et les voyages. Depuis le début des années 1990, Agora Publishing s'est encore développée. Le siège social est à Baltimore, mais aujourd'hui, Agora compte des bureaux à Paris, Londres, Waterford (Irlande), Melbourne, Johannesburg, Madrid et New-Delhi.

Agora compte aussi des maisons d'éditions se spécialisant dans la littérature classique et académique : Pickering & Chatto à Londres, et Les Belles Lettres à Paris.

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