Fièvre de l’or, dépression et obésité

Rédigé le 25 février 2016 par | Article, Or & Matières Premières, Simone Wapler Imprimer

▪ « Alors, alors, vous ne nous parlez plus d’or »…

Telle est la réflexion qui nous est récemment venue aux oreilles.

Oui c’est vrai, nous vous parlions un peu moins d’or jusqu’à présent qu’entre 1997 et 2012.

Pourquoi ? La raison est très simple : l’or est un thermomètre. Il permet de prendre la température de la confiance dans la monnaie et le système financier. Aux moments où nous prédisions une crise financière majeure, presque personne ne voyait rien venir. Donc, nous tendions ce thermomètre vétuste qui permettait de prendre la température du malade, nous vous le mettions sous le nez et nous vous disions : « vous voyez, ça monte, c’est bizarre, une maladie incube ».

Si vous êtes Français, ce message vous concerne

L’incroyable confession d’une spécialiste financière reconnue, auteur de 4 « best-sellers » économiques.

ATTENTION : ce qu’elle a à vous dire pourrait absolument tout changer pour votre épargne et votre mode de vie dès cette année.

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Depuis la crise du crédit subprime et la crise de l’euro sont passées par là. Chacun sait maintenant que le monde financier est malade. Franchement, qu’est-ce qui est le plus intéressant de parler de la maladie ou du thermomètre ? De s’intéresser aux causes et aux remèdes possibles ou aux effets ?

▪ Le patient obèse

Depuis 2013, la maladie progresse mais la fièvre est sous contrôle des Banques centrales. De quelle maladie parlons-nous ? Du chancre du crédit.

C’est une maladie bizarre, un peu comme l’obésité. Plaisir instantané mais effets secondaires indésirables, au début pas très visibles et jugés anodins (quelques bourrelets) puis de plus en plus handicapants (essoufflement, problèmes cardiaques). Plus le patient s’essouffle, moins il s’agite, plus il se livre à sa boulimie pour combattre la dépression. C’est la maladie de l’économie réelle, surendettement et surconsommation.

C’est la maladie de l’économie réelle, surendettement et surconsommation

Mais parlons d’or et de fièvre…

Depuis le début de cette année, le prix de l’or monte. A vrai dire, un des rares actifs financiers qui soit dans le vert en 2016, c’est l’or. Fin août 2015, nous avions prédit l’imminence d’un grand marché baissier, un bear market. Nous avions même offert un rapport spécial à nos abonnés pour leur dire qu’il fallait apprivoiser les ours et commencer à apprendre à danser avec eux.

Sachez profiter d'un marché baissier

Jusqu’à présent, les événements ne nous contredisent pas. Mais voilà que l’or monte et vous voulez entendre parler d’or qui monte et pas des marchés qui baissent, des crétineries des banquiers centraux, des taux négatifs, de la répression financière, de la guerre contre le cash, etc.

Voyons l’or, donc, puisque le thermomètre vous passionne :

GoldPour agrandir le graphique, cliquez dessus

▪ Pourquoi l’or monte-t-il d’habitude ? Lorsque les taux d’intérêt réels sont négatifs, les cours de l’or montent. Nous vivons en régime de monnaie fiduciaire. La monnaie EST dette. Le plus gros stock de monnaie est le dollar.

Pour pouvoir stocker de la valeur dans une monnaie fiduciaire, le taux d’intérêt sur la dette souveraine du pays doit être supérieur à l’inflation de ce pays. De la même façon, pour que votre épargne ne perde pas en pouvoir d’achat, il faut que le taux de votre livret, de votre assurance-vie, soit supérieur à celui de l’inflation. A chaque fois que les taux d’intérêt réels en dollar sont négatifs, le thermomètre (l’or) enregistre une poussée de fièvre.

Ce fut le cas entre 1970 et 1980. Pour faire descendre la fièvre, Volcker, le banquier central de l’époque a dû monter ses taux à 20% pour contrer une inflation qui dépassait 15%. Ce fut le cas entre 2000 et 2008.

A chaque fois que les taux d’intérêt réels en dollar sont négatifs, le thermomètre (l’or) enregistre une poussée de fièvre

▪ Taux négatifs ou inflation : même punition pour l’épargne Aujourd’hui, il n’y a pas d’inflation violente (en tant que hausse des prix). Il y a seulement des taux négatifs en Europe et au Japon. Donc l’épargne est punie et la monnaie ne sert plus de réservoir de valeur, même aux Etats-Unis (pas encore sous le régime des taux d’intérêt négatif, mais Janet Yellen y songe). Les taux d’intérêt réels sont bien devenus négatifs. Le pouvoir d’achat s’érode donc l’or s’ébroue.

Les amateurs de « trucs qui montent » commencent à s’intéresser au thermomètre… même s’ils ne connaissent rien de la maladie. Ça peut-il monter beaucoup ? Jusqu’où ? En combien de temps ? Vite, je veux monter dans le grand train de l’or même si je ne sais absolument pas pourquoi !

Oui, ça peut monter beaucoup. Jusqu’à 4 000 $ ou même 8 000 $, voire 10 000 $. Le plus important est comment se fera cette poussée, lente ou brutale ? Car les banquiers centraux feront tout pour que vous ne puissiez pas profiter de cette hausse.

Voyez-vous, si tout le monde montait tranquillement dans le grand train de l’or qui avancerait doucement, les banquiers centraux ne pourraient pas cette fois augmenter les taux pour arrêter le train, en faire descendre les gens et calmer la fièvre de l’or. Car tous les pays sont surendettés et ne supporteraient plus la moindre petite hausse de taux d’intérêt.

▪ Le grand jubilé et le grand soir de l’or L’hypothèse la plus probable, s’il y avait un signe de hausse durable, sera donc la restructuration concertée des dettes, le grand jubilé, le big reset.

Vous vous endormirez un soir ; le matin, vous lirez dans vos journaux que les bilans des Banques centrales ont été rééquilibrés, que vous serez soumis un impôt spécial, prélevé directement sur votre compte bancaire et que le cours de l’or a été multiplié par quatre ou dix. Ce dernier coefficient dépendra du bilan de la Fed américaine et de la quantité d’or dont elle dispose réellement.

Comptablement, le stock d’or de la Fed (officiellement de 9 000 tonnes) est valorisé à 42 $ l’once (en valeur historique et non en valeur de marché contrairement à la BCE et à beaucoup d’autres Banques centrales).

Supposons qu’une nuit, les Etats-Unis et les partenaires discutant de la restructuration mondiale (FMI, Chine, Japon, Europe, Brésil, Russie, Inde…) décident que l’or vaut 8 000 $ l’once. Immédiatement la colonne « actif » de la Fed passe à 2 200 milliards de dollars ; de quoi équilibrer (un peu) la colonne « passif », non ? Le passif de la Fed, pour mémoire, est d’environ 4 500 milliards de dollars. Mais on peut discuter : à 16 000 $ l’once d’or — pouf ! — le passif est épongé…

Cette nuit-là, le train de l’or sera passé tel un TGV devant vous. Voilà ce que c’est de vouloir s’intéresser aux effets mais pas aux causes. Nous ne sommes plus en 1980, en 2001, en 2008 ou en 2011. Réveillez-vous : nous sommes en 2016 et il faudra en passer par une restructuration des dettes. Prendrez-vous le risque de louper le train ?

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

Un commentaire pour “Fièvre de l’or, dépression et obésité”

  1. L’or métallique ne sera plus les « actifs » pour les bilans des banques centrales.

    L’idee qui murit depuis trente ans est de considerer la surface des terres possédées par les Etats ( mers comprises), qui seront probablement cotées en fonction de leur « naturel et de leur diversité ». C’est pourquoi tous les états se battent aujourd’hui pour récuperer des « bouts de territoires parfois sans valeur économique apparente (pour aujourd’hui) et que les eaux territoriales sont agrandies ».

    C’est l’or « vrai » de demain. Pour vous en convaincre regarder les classements  » Patrimoine de l’humanité », la COB 21, les Investissements chinois en Afrique….., la flambée du prix des Iles.

    En effet, l’économie c’est la rareté. Le rare sera la terre et la non pollution. C’est le futur luxe et c’est pourquoi les « Dirigeants du Monde » créent des « parcs naturels nationaux » et des territoires protégés comme l’antartique.

    Vous ne vivrez pas d’or…Vous vivrez de la Nature. Dites le leur pour orienter leur épargne.

    D’ici là la trouvaille des Dirigeants ce sont les taux négatifs : comment faire en sorte de corriger les dettes sans augmenter ( apparemment ) les impots. En effet cela règle le remboursement des emprunts antérieurs facilement car il suffit de réemprunter à taux plus bas pour couvrir : disparition de la charge de la dette (la bulle toxique disparait). Comme la monnaie n’est que du papier, tout devient facile surtout si on a dématérialisé. Qui paie alors ? le peuple dans son ensemble. Et le tour est joué.

    Bonne lecture et réflexion

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