Fichue Saint-Valentin

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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 22 février 2007
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*** Des vacances bien tranquilles…
On n’avait pas vu une telle confiance sur les marchés depuis mars 2000…

*** Sont-ils aussi bêtes que ça ?
Bill Bonner prend la défense de l’administration Bush…

*** Fichue Saint-Valentin (1)
D’une erreur humaine mais pas féminine…

—————————– (publ.)

Ne faites pas de trading…
FAITES DES PROFITS !

Une forme d’investissement bien spécifique permet d’accumuler rapidement et simplement les plus-values.

Elle a déjà permis d’engranger 155% de gains cumulés en à peine deux mois… n’attendez plus pour en profiter !

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Bonjour,

*** DES VACANCES BIEN TRANQUILLES…

** La "grande stagnation" du CAC 40 a débuté il y a très exactement quatre semaines, le jeudi 1er février. L’indice s’apprête à aligner sa 20ème séance au sein du même corridor pratiquement horizontal, tout entier inscrit entre 5 650 et 5 725 points ; vous l’avez compris, nous éliminons sans autre forme de procès la poussée haussière incongrue — et à caractère totalement artificiel — de lundi matin.

Un bref quart d’heure de fièvre acheteuse qui résulta d’un déclenchement délibéré de quelques stops au-dessus de 5 730 points — ce qui n’a trompé personne et s’est soldé par un magistral coup d’épée dans l’eau, puisque l’indice renouait avec le pivot des 5 700 dès le lendemain.

La hausse de Wall Street mardi soir reposait sur des bases relativement fragiles (une méga-fusion puis de nouvelles rumeurs d’OPA ou de LBO), mais en l’absence de facteurs objectivement négatifs, les opérateurs ont pris un malin plaisir à faire inscrire au Dow Jones un cinquième record historique d’affilée, histoire d’entretenir la flamme de la dynamique ascendante.

Les indices américains s’inscrivent eux aussi au sein d’un étroit corridor depuis un mois. Cependant, il présente le considérable avantage d’être légèrement ascendant, ce qui génère un renforcement progressif de la confiance, et encourage maintenant les investisseurs à opérer des arbitrages en faveur des technologiques, jugées en retard depuis le 1er janvier 2006.

Le Nasdaq semble en effet déterminé à prendre sa revanche sur le Dow cette année ; le voici qui déborde avec une certaine assurance la résistance des 2 500 points. Un nouveau zénith annuel a été inscrit à 2 515 points hier à mi-séance, malgré une ouverture hésitante et quelques bonnes raisons d’anticiper une correction en direction des 2 450 points.

Mais il convient de relativiser la performance de l’indice électronique : il culminait déjà vers 2 455 points le 22 novembre dernier. Il lui aura donc fallu la bagatelle de trois mois et cinq tentatives successives en direction des 2 500 points pour parvenir à gagner au total 2%.

Et nous pouvons même ajouter qu’en rejoignant le fameux objectif des 2 536 points évoqué dans notre chronique de mardi (le Nasdaq comblerait enfin le gap resté béant depuis le 15 février 2001), l’indice demeurerait toujours prisonnier du corridor inauguré le 10 novembre 2006.

** Le CAC 40 a donc progressé deux fois plus vite (+4,1%) au cours de cet intervalle, puisqu’il s’adjuge 230 points (entre 5 500 et 5 725 points). Comme les investisseurs passent leur temps à tout comparer, il apparaît clairement que les valeurs françaises bénéficient d’une large avance sur le Nasdaq, aussi bien en glissement annuel qu’en performance séquentielle sur le dernier trimestre écoulé.

Les valeurs françaises nous ont proposé ce 21 février un remake de la séance de mardi : même type de consolidation (entre 5 740 à l’ouverture et 5 678 points, soit la même zone de soutien), même volume d’activité (un peu plus de cinq milliards d’euros), même plage horaire, et pratiquement même type de rebond technique à partir de 16h30… mais qui ne s’est pas poursuivi au cours de la dernière demi-heure.

A la différence du scénario qui s’était déroulé la veille, Wall Street n’est pas venu au secours des places européennes, le Dow Jones persistant à reculer de 0,5% dans le sillage de Hewlett-Packard et le S&P 500 s’effritant de 0,3%.

Le CAC 40 n’a pas réussi cette fois-ci à prolonger son redressement au-delà des 5 710 points. Cependant, comme l’enjeu consistait à préserver la base du biseau ascendant en vigueur depuis le 1er décembre dernier, une clôture matérialisée à 5 694,5 points sauvegarde l’essentiel — le support oblique gravitant entre 5 695 et 5 700 points.

C’est un doux euphémisme que d’affirmer que les marchés ne sont pas palpitants depuis trois mois… et carrément soporifiques depuis quatre semaines. C’est à peine si les opérateurs ont pu trouver matière à frissonner mercredi.

** La tendance s’était nettement dégradée en début d’après-midi, suite à la publication à 14h30 d’une hausse des prix à la consommation aux Etats-Unis (en "taux central " hors énergie et alimentation) supérieure au consensus, soit +0,3% au lieu de +0,2% anticipé (et +2,7% en rythme annuel) : l’inflation prend de l’embonpoint malgré la cure d’amaigrissement de la facture énergétique.

Sans véritablement restaurer le risque d’un tour de vis sur les taux dans un avenir prévisible aux Etats-Unis, cela repousse à la fin de l’année 2007 la perspective d’un assouplissement monétaire par la Fed.

En France, l’INSEE confirmait symétriquement un net ralentissement de l’inflation, à +1,2% au mois de janvier (contre +1,5% en décembre). Malgré tout, le dollar n’a en réalité que peu profité d’un différentiel de prix très sensible de part et d’autre de l’Atlantique : il n’a rebondi marginalement que de 0,15% vers 1,3125/euro, mais il s’envolait de 0,8% face au yen, à 121,05.

La devise nippone a décroché sous les 159 face à l’euro — nouveau plancher historique — sitôt confirmé le relèvement du loyer de l’argent par la Banque du Japon ce matin, de 0,25% à 0,5%… comme prévu. Vous l’aurez compris, ce n’est pas la menace d’une inversion imminente des positions de carry trade (au détriment du yen) qui va troubler le sommeil des investisseurs — ni susciter des bouffées d’anxiété chez les gérants, qui profitent le plus tranquillement du monde des congés scolaires de février se déroulant simultanément à travers toute l’Europe.

Une sérénité découlant d’un excès de confiance comme n’en avons plus le souvenir depuis mars 2000 !

Philippe Béchade,
Paris

PS : Philippe Béchade vous livre ses impressions que la séance en cours… mais aussi un suivi de nos positions et l’indispensable recommandation du jour au 0899 707 009* — en direct des marchés dès 15h45 cet après-midi.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, au Nicaragua

*** SONT-ILS AUSSI BETES QUE CA ?

** Oh là là…

* Nous sommes sous les tropiques depuis quelques jours. Au début, internet ne fonctionnait pas. Puis il y a eu une panne de courant. C’est le paradis, ici — mais le beurre fond et le lait a tourné.

* Ce matin, l’électricité n’est toujours pas réparée. Et la batterie de notre ordinateur est bientôt épuisée — nous ne savons pas si cette Chronique sera longue.

* Allons donc droit au but :

* On trouve beaucoup plus d’argent dans le monde qu’il y en avait autrefois. Et les gens agissent bien plus librement avec… comme s’ils s’attendaient à ce que ça continue. Une génération… ou même quelques années… auparavant, ils n’auraient pas imaginé dépenser tant d’argent pour acheter tant de choses. Ils auraient voulu plus de marge d’erreur… un peu d’épargne, au cas où les choses se compliqueraient.

* A présent, plus personne ne s’inquiète d’épargne ; tout le monde a un crédit. N’ayant plus besoin d’entasser leur argent, les gens peuvent le dépenser plus facilement. De plus, les taux d’intérêt sont bas. L’emprunt est bon marché et sans douleur. Et dans la mesure où les prix de tous les actifs tendent à ne rien faire sinon grimper, les gens en déduisent que quasiment tous les investissements vaudront plus à l’avenir qu’aujourd’hui. Epargner ? Il faudrait être fou…

* Ce changement d’attitude à lui seul explique une partie de l’argent qu’on voit affluer. Il circule simplement plus librement. Mais d’où provient le reste ? C’est presque comme si les gens étaient vraiment plus riches… comme s’ils avaient vraiment plus d’argent. Et c’est bien le cas. Ils ont plus d’argent parce que les autorités monétaires et l’industrie financière leur en donnent plus. Aux Etats-Unis, la masse monétaire augmente trois fois plus rapidement que la quantité de biens et de services. Mais à présent, grâce à la mondialisation des marchés, l’offre de biens et de services peut facilement être augmentée. Parlez-en aux Chinois… et ils produiront à peu près n’importe quoi en quantités si monstrueuses que le prix baissera. L’offre de terrains… d’œuvres d’art… de pétrole… d’or… et même de parts de véritables entreprises, par contre, est plus limitée. Naturellement, ce sont-là les choses qui semblent réagir à tout cet "argent" supplémentaire.

* L’idée, c’est que nous n’assistons pas vraiment à un cas de prospérité galopante… mais à un cas d’inflation galopante des actifs. Qu’est-ce qui vient ensuite ? En général, une déflation du prix des actifs. Quand et comment, voilà qui reste à voir… et qui continuer de nous intéresser, à la Chronique Agora. Du moins quand nous ne sommes pas en vacances.

** Les médias spéculent sur ce que l’administration Bush va faire maintenant. La tonalité générale des commentaires tient en peu de mots : sont-ils aussi bêtes que ça ? L’idée que les Etats-Unis sont dirigés par des idiots est si répandue que nous ne pouvons nous empêcher de prendre leur défense. Ce sont peut-être des crétins, mais pas des idiots.

* Il y a deux grandes parties au programme de l’administration : les dépenses déficitaires et la guerre. Même prises isolément, les unes comme l’autre seraient ruineuses. Ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’aucune ne semble s’apercevoir de l’existence de l’autre. Normalement, en temps de guerre, on consacre tout le budget à la victoire. Les citoyens voient la nécessité de faire des sacrifices. Ils se serrent la ceinture et se résignent à vivre de peu jusqu’à ce que les batailles prennent fin et que les soldats rentrent chez eux.

* Mais la guerre actuelle défie toutes les règles. Les dépenses pour les autres éléments continuent de grimper, alors même que la guerre elle-même est incroyablement coûteuse.

* Du beurre ou des fusils, avait-on prévenu Lyndon Johnson. On peut avoir soit l’un, soit l’autre — mais essayez d’avoir les deux, vous vous retrouverez dans le pétrin. Evidemment, Johnson a essayé d’avoir les deux. Sa Great Society est aussi celle qui essayait de botter quelques arrière-trains au Vietnam. Il s’est avéré que ce sont les Etats-Unis qui se sont fait botter le train… et l’économie US est entrée dans la pire période inflationniste de son histoire, suivie par la pire récession depuis la Grande dépression.

* Ces faits étaient aussi connus de l’équipe Bush que de la nôtre. Mieux encore, même, puisque Donald Rumsfeld et Dick Cheney sont dans les coulisses de la politique américaine depuis l’administration Nixon… et depuis les années 70, rares sont les gaffes commises à Washington sans leur aide.

* La guerre en Irak était une erreur si évidente ! Les Français ont dit que ça ne marcherait pas. Margaret Thatcher a déclaré qu’elle s’en lavait les mains. Même nous, nous avons vu arriver la calamité. Pour autant que nous puissions en juger, seuls trois groupes s’en sortent gagnants : Oussama ben Laden, qui a désormais le Grand Satan embourbé au Moyen-Orient, où il perd ses ressources tout en radicalisant la jeunesse musulmane ; les Israéliens, qui ont les Etats-Unis là où ils le veulent — si quelqu’un veut détruire Israël à présent, il faudra d’abord passer sur le cadavre des USA ; et l’industrie de l’armement US, qui gagne une fortune grâce au butin guerrier.

* Tout de même, l’administration Bush n’est pas si bête. Elle sait que dans la vie, il y a plus que la paix et la prospérité. Il y a aussi la gloire… et la bouffonnerie. Qui se rappellerait César s’il avait simplement fait son travail en Gaule… avant de revenir cultiver des navets dans un quelconque village cisalpin ? Qui ferait un film sur Alexandre, si le jeune homme était resté dans son petit empire du Péloponnèse ? Il aurait pu vivre vieux, faisant sauter ses petits-enfants sur ses genoux. Il aurait pu laisser ses aides de camp rester chez eux… ses fermiers faire fructifier leurs terres avec l’aide de leurs fils… et ses soldats mourir de vieillesse. Son peuple aurait chanté ses louanges pendant, quoi ? Une génération ou deux ? Au lieu de cela, en osant… en faisant preuve de témérité… il s’est taillé une place dans l’Histoire. Des villes ont été baptisées en son honneur… des mères ont donné son nom à leurs enfants… des poètes l’ont même utilisé pour décrire leurs vers. Et en plus, c’est le personnage principal d’un film hollywoodien !

* Non, cher lecteur… l’administration Bush n’est pas "juste" stupide. Elle est stupide d’une manière plus complexe. Va-t-elle désormais tourner sa stupidité vers l’Iran ? Nous n’en savons rien. Ce serait vraiment une chose très sotte. Mais vu sous cet angle, c’est une quasi-certitude.

—————————– (publ.)

Assez d’attendre les profits ?

Des gains de +50%… +69,77%… +67,86… +88,10% depuis début mai 2006… et des plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%… engrangées durant la première partie du 1er semestre 2006 !

Parfois, c’est encore le court terme le plus performant. Découvrez pourquoi…

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*** La Chronique Agora présente ***

On a beau être Banquier Central, on n’en est pas moins homme… et parfois, ce n’est pas facile-facile — notamment les jours où statistiques économiques et Saint-Valentin se télescopent…

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Le Journal d’un Banquier Central
FICHUE SAINT-VALENTIN — 1ère PARTIE
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Par le Banquier Central (*)

… Fichue Saint-Valentin ! Depuis hier soir, ma femme ne m’adresse plus la parole. Je n’avais pourtant pas oublié la date symbolique (facile : elle tombe la veille du rapport de la BCE pour février). Et j’avais bien fait les choses : je m’étais libéré pour toute la soirée ; j’avais coupé mon téléphone, acheté un bouquet de lys, et réservé une table dans son restaurant japonais favori.

… Qu’est-ce qui a bien pu mal tourner ? Je me le demande encore.

Tout peut s’oublier qui s’enfuit déjà
On peut être banquier central et ménager malgré tout son couple. Chaque année, je sacrifie au touchant rituel de la Saint-Valentin : rien de tel pour déclarer sa reconnaissance à l’être qui vous consacre les meilleures années de sa vie. Je regrette que l’on n’ait pas, sur le même principe, institué une Fête du Chargé de Compte : mais c’est comme ça.

Je fais mienne, cher Journal, la devise du poète Térence : Homo sum, et humani nihil a me alienum puto. Je l’ai même placardée sur la porte de mon bureau. Quoi qu’en disent mes facétieux collègues, elle ne signifie pas : "A force de manger du houmous, j’ai fini à l’asile de Puteaux", mais bien : "Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger".

Non, rien de rien — surtout pas les femmes. Oh ! Je ne prétends pas lire en elles comme dans un livre ! Il n’en reste pas moins qu’elles m’intéressent prodigieusement. Plus j’en apprends à leur sujet, plus je mesure mon ignorance. J’ai un ami, spécialiste du Grand Requin Blanc en Afrique du Sud, qui ne dit pas autre chose : et ce n’est pas une moitié de cuisse, laissée l’année dernière au large de Seal Island, qui diminuera son enthousiasme pour ces squales magnifiques. Eh bien, fort de deux pensions alimentaires, je me sens tout à fait dans son cas. A l’instar d’autres mystères de la nature, comme les typhons ou les radiations nucléaires, les femmes m’inspirent une curiosité pleine de respect.

Surtout la mienne.

Je ne désespère pas de parvenir à la comprendre. Ce n’est pas toujours facile : nihil alienum puto, d’accord, mais à condition de ne pas lésiner sur le puto. Car ils sont profonds, les abîmes qui nous séparent ! A mes yeux, les femmes sont une source inépuisable d’étonnements divers. Leur technique pour retirer un pull-over m’a toujours dépassé. Ce qu’elles arrivent à tirer d’un simple tube de pâte dentifrice m’inspire à la fois de l’admiration pour leur génie pratique et une certaine forme d’horreur sacrée. Quant à leur curieux rapport à l’ordre, il ne laisse pas de me confondre : rien ne traîne jamais dans leur living ; tout atterrit dans leur sac à main. Je me suis fait cette réflexion que les femmes tiennent leur living comme les hommes leur boîte à outils — et qu’elles rangent leur sac à main comme les hommes, leur living.

On a vu souvent rejaillir le feu de l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux
Mais cette diversité participe de la richesse de l’existence. Hier, donc, en début de soirée, tiré à quatre épingles et mes lys sous le bras, j’en étais à ranger mon bureau juste avant de me rendre au restaurant. Egisthe, mon analyste technique, avait depuis longtemps quitté ses graphiques pour aller dîner aux chandelles avec Ulrika, l’hôtesse de l’air suédoise qu’il fréquente en ce moment. (Le mois dernier, c’était un top-model indonésien. Pauvre Egisthe ! Les tumultes de sa vie sentimentale m’inspirent une sincère compassion : trouvera-t-il jamais ce bonheur auquel il a droit, comme tout un chacun ? D’un autre côté, il n’a pas l’air non plus de se plaindre.)

… Bref, j’allais partir quand l’idée m’est venue de jeter un dernier coup d’oeil aux statistiques. Ce fut là, je crois, mon erreur. Aux USA, les partisans d’une récession n’ont eu guère de grain à moudre face à une salve groupée de bonnes nouvelles. Par exemple, l’indice ISM des services a continué de croître en janvier, à 59 points contre 57 attendu et 56,7 le mois précédent, tandis que l’étude de ses composantes ne laissait déceler aucun signal inflationniste. De même, la productivité s’est rattrapée au quatrième trimestre, avec un gain de +3,0% contre +1,7% attendu, compensant en partie la médiocre performance de l’économie américaine pour l’année 2006.

En Europe, les derniers chiffres de la croissance confirment un scénario prévisible. L’ensemble de la zone euro a vu son PIB croître de +2,7% en 20065. Avec une performance au quatrième trimestre légèrement supérieure aux attentes, la France boucle l’année dernière à +2%, tout juste dans la fourchette donnée par le gouvernement. Mais l’Allemagne confirme son redressement, à +2,7% de croissance annuelle ; et l’Espagne continue à caracoler, forte de ses +3,8%. Pas de quoi pavoiser pour l’Hexagone, où un marché du travail atone menace la consommation des ménages (pour l’instant solide), contrastant avec les performances exceptionnelles des grandes sociétés cotées. En Europe, la part des salaires dans le PIB est désormais tombée à son plus bas niveau depuis plus de dix ans ; et il se trouve des voix de plus en plus nombreuses, y compris parmi le patronat, pour s’en inquiéter.

Dans ce contexte, on peut être sûr que la question de la répartition des fruits de la croissance s’invitera dans la campagne présidentielle : il n’y a plus qu’à espérer qu’elle ne nourrisse pas les démagogies. La bonne tenue relative des économies transatlantiques explique cette sorte de stupeur qui semble étreindre les marchés.

"La situation est difficile à déchiffrer, me confirmait Egisthe l’Analyste juste avant de sortir, le bras autour de la taille d’Ulrika (55 centimètres). La plupart de nos cours de référence avoisinent en ce moment des seuils critiques. Au plan des indices, par exemple, on est proche de dépassements qui valideraient une accélération haussière… Pourtant la dernière impulsion ne vient pas. En même temps, on n’enregistre pas de retour marqué contre ces points-clés, si bien que le statu quo se prolonge… Ulrika älskling, din kjol är underbar".

Werther le Trader fait le même constat. Il me téléphonait tantôt de l’aéroport, juste avant de s’envoler pour Bora-Bora avec sa Valentine, danseuse étoile à l’Opéra de Sydney : "On vient d’enregistrer trois jours de baisse aux US sans le moindre signe de correction", observait-il. "Il y a deux sentiments contradictoires chez les opérateurs : d’un côté, les nouvelles macroéconomiques sont meilleures qu’attendu, et beaucoup parient encore que la Fed va détendre ses taux directeurs. De l’autre, on commence à se dire que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ; et qu’après sept mois et demi de rally haussier, l’heure est venue de prendre ses bénéfices… Mais ça ne suffit pas à faire basculer le consensus".

Epineux problème : c’est à force de réfléchir là-dessus que j’ai bêtement laissé passer l’heure du rendez-vous. Quand je suis arrivé au restaurant, ma femme en était à son troisième bol de soupe miso et redemandait des crudités.

Nous verrons demain comment je me suis sorti de ce mauvais pas…

Meilleures salutations,

Le Banquier Central
Pour la Chronique Agora

(*) Derrière le Journal d’un Banquier Central, on trouve toute une équipe d’experts de la finance, de l’économie, de l’analyse technique et de la bourse — qui mettent à votre service leur expérience boursière aussi affûtée que leur sens de l’humour pour vous proposer des recommandations claires, fiables… et surtout profitables !

Pour découvrir le Journal d’un Banquier Central, continuez votre lecture…

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