La Chronique Agora Analyse macro économie contrarienne 2018-11-16T11:54:27Z http://la-chronique-agora.com/feed/atom/ Simone Wapler <![CDATA[Les ambitions de Paris sur le marché de l’or]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48729 2018-11-16T11:54:27Z 2018-11-16T11:54:27Z or - taureau - ours - marché - Bourse

L’or n’est plus un marché pour les particuliers, mais reste un gros marché pour les professionnels. C’est ce marché que Paris souhaite reprendre à Londres.

Si les particuliers ont été déshabitués de l’or aux Etats-Unis et en Europe depuis 80 ans, ce n’est pas le cas du secteur officiel. Les banquiers centraux ont toujours de l’or dans leurs coffres et lorsque les emprunteurs manquent de garantie, les prêteurs ne dédaignent pas l’or. La London Bullion Market Association (LBMA pour les intimes) brasse 25 Mds$ quotidiennement de transactions autour de l’or. C’est un marché de gré à gré, opaque.

Comment les citoyens ordinaires ont été coupés de l’or

En 1933, un décret de Roosevelt a coupé le peuple américain de l’or. L’Ordre exécutif 6102, de Franklin Roosevelt, interdit aux citoyens de détenir de l’or, excepté en toutes petites quantités.

De nombreux contrats commerciaux prévoyaient des « clause or » qui protégeaient les prêteurs de l’inflation monétaire en indiquant qu’un remboursement en or pouvait toujours être substitué à un remboursement en monnaie.

Plus d’or, plus de « clause or »  et l’inflation pouvait donc faire son œuvre : dépouiller les prêteurs au profit des emprunteurs. Les juges de la Cour suprême ont laissé faire.

A l’issue de la Seconde guerre mondiale, le dollar devient la seule monnaie convertible en or, mais seulement pour les banquiers centraux des pays étrangers. Impensable que M. et Mme Michu se présentent au guichet de la Federal Reserve pour demander l’échange d’une liasse de dollars contre de l’or. Ils n’ont qu’à subir l’impôt inflation.

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Enfin, en 1971, Nixon ferme définitivement le guichet de l’or, qui menaçait d’être pris d’assaut par tous les banquiers centraux des pays étrangers stockant des dollars dont le pouvoir d’achat fondait comme neige au soleil du fait des chocs pétroliers.

Les dettes souveraines se sont imposées comme réserves de change et présentaient l’avantage de rapporter un intérêt. Pas l’or…

Du coup, un négoce d’entreposage, de location, de swap d’or s’est développé à Londres. Certaines réserves officielles sont « louées » pour une durée déterminée selon les besoins de différents acteurs : grossistes, négociants, emprunteurs devant présenter une garantie, etc.

La « banque centrale du marché de l’or » à Paris ?

Déjà en mai dernier, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau avait annoncé que son établissement voulait devenir la banque centrale de l’or, le teneur de compte des transactions de ce marché, car le Brexit offrait une opportunité historique.

Notre pays possède un des plus gros stocks d’or officiel (2 435 tonnes). La Banque de France a récemment équipé ses coffres pour pouvoir y effectuer des mouvements importants avec chariots élévateurs. Elle a aussi mis son stock en conformité avec les exigences du marché international (pureté, marquage des lingots et barres).

Le 12 novembre, le numéro 2 de la Banque de France Sylvie Goulard annonçait qu’un partenariat était conclu avec JPMorgan pour offrir les mêmes services que Londres : stockage, swap, lease, négoce, contrats à terme…

La LBMA est dans le collimateur de certains spécialistes du marché de l’or qui accusent régulièrement les opérations menées par le secteur officiel d’avoir pour but de contenir la hausse de l’or.

Le fixing, procédure qui attribue un prix quotidien à l’once d’or en fonction des mouvements enregistrés par les participants (grosses banques privées) au LBMA a été modifié en 2015 suite à une enquête de l’autorité britannique des marchés financiers.

HSBC, Bank of Nova Scotia, Barclays, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Société Générale, Standard Bank et UBS font épisodiquement l’objet d’enquêtes sur leurs pratiques autour de l’or.

Et l’or du peuple dans tout ça ?

Les ambitions affichées par la finance parisienne oublient une chose. Si la France l’a finalement emporté pour héberger l’European Banking Authority - l’instance de régulation bancaire - Francfort est le siège de la Banque centrale européenne. Barclays, Lloyds Banking Group, Citigroup, Morgan Stanley, Credit Suisse, UBS, Nomura and Standard Chartered Bank ont déjà déménagé leurs équipes à Francfort.

D’ailleurs, pour nous, citoyens ordinaires, il vaudrait mieux que notre or national ne soit pas engagé dans de fumeuses opérations internationales de swap. Car avec le délabrement de nos finances publiques, l’or sera peut-être le seul « actif » concret et liquide qui restera à notre pays surendetté.

Finalement, s’il existe encore un marché international de l’or c’est bien parce que les belles promesses de payer – même à l’échelle des gouvernements ou des très grosses entités internationales – ne suffisent pas toujours. L’or reste un actif financier.

Lorsqu’il faudra admettre que les dettes ne pourront pas être payées car elles excèdent les capacités financières des contribuables, que restera-t-il ? L’or. C’est à ce moment que son prix s’enflammera.

graphe - prix - once d'or - hausse
 Quant à nous, citoyens ordinaires, notre épargne sera dissoute dans ce processus de faillite collective. Regardez ce qui se passe en ce moment en Italie : le gouvernement veut forcer les citoyens à acheter la dette italienne si les marchés n’en veulent plus. Des épargnants sont donc contraints d’acquérir de la dette qui ne sera jamais remboursée.

Comme le dit très justement Damien Theillier :

« Depuis que l’or et l’argent ne sont plus des monnaies et que leur détention par quiconque est devenue prohibitive, la monnaie est devenue la propriété de ses dirigeants.

 Vous ne pouvez pas vraiment posséder un bien comme la monnaie si quelqu'un d'autre peut en diluer la valeur par l'inflation c’est-à-dire par la création monétaire »

Il existe cependant une solution pour vous protéger de la spoliation qui s’annonce.

Vous pouvez quand même détenir de l’or en épargne de précaution. Car malgré toutes les réglementations et taxations dissuasives, il existe une forme d’or accessible au particulier, facilement négociable et bénéficiant d’une fiscalité douce. Il s’agit de certaines pièces ayant « cours légal », et qui sont encore considérées par les autorités comme une monnaie, une devise.

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Damien Theillier <![CDATA[Bitcoin a-t-il un avenir ?]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48713 2018-11-16T11:12:22Z 2018-11-16T11:12:22Z cryptomonnaie - Bitcoin - monnaie digitale

Cela fait maintenant plus de dix ans que Bitcoin est né. Sa première caractéristique, au-delà des enjeux technologiques, est d’être une monnaie décentralisée.

Le 31 octobre 2008, Stoshi Nakamoto, l’inventeur de Bitcoin, publiait son white paper, prélude aux premiers échanges de cette monnaie en janvier 2009. Dans cette charte il avançait que l’enjeu de Bitcoin était la souveraineté monétaire des individus.

Depuis que l’or et l’argent ne sont plus des monnaies et que leur détention par quiconque est devenue prohibitive, la monnaie est devenue la propriété de ses dirigeants.

Vous ne pouvez pas vraiment posséder un bien comme la monnaie si quelqu'un d'autre peut en diluer la valeur par l'inflation c’est-à-dire par la création monétaire artificielle, expliquait-il.

Bitcoin a donc été inventé par Nakamoto pour redonner la possibilité aux gens de posséder leur propre argent. Pour la première fois depuis la création des monnaies fiduciaires à cours forcé, il est possible aux individus de reprendre le contrôle sur leurs fonds, c’est-à-dire d’en être propriétaire à 100%.

En effet, si vous avez un bitcoin avec une clé privée, personne ne peut vous exproprier. Vous êtes entièrement libre de vos choix économiques, de ce que vous achetez et vendez, avec qui, quand et comment. Le bitcoin est donc une garantie contre la spoliation légale et contre la surveillance financière.

Mais actuellement, Bitcoin est encore relativement mineur dans le monde de la finance et sa capitalisation boursière ne constitue pas une menace importante pour les élites en place. Avec le temps, Bitcoin pourrait toutefois commencer à contester les monopoles monétaires des gouvernements et des banques centrales.

Mais où en sommes-nous dans l’adoption de Bitcoin en tant que réserve de valeur dans le monde ?

graphe - portefeuilles Bitcoin - cryptomonnaies

Il y a presque 30 millions de portefeuilles à l'heure actuelle et cette tendance à la création de portefeuilles ne cesse de s’accélérer. Pourtant, cela ne représente aujourd’hui que 0,7% de la population mondiale qui dispose d’un accès à Internet.

Si l'on considère l'ensemble de la population mondiale, on voit que seulement 0,4% environ des habitants de la planète ont actuellement un wallet (portefeuille électronique). Ce nombre est probablement beaucoup plus faible si l'on tient compte du fait que certains utilisateurs possèdent de nombreux portefeuilles de cryptomonnaies.

La population mondiale actuelle est d'environ 7,6 milliards d'habitants et environ 55% de la population mondiale bénéficie actuellement d'un accès à Internet. Cela porte à environ 4,2 milliards le nombre de personnes qui utilisent actuellement l'Internet. Notons que la population mondiale est en perpétuelle croissance, de même que le pourcentage d'internautes.

Combien vaudra le bitcoin si trois milliards de personnes commencent à utiliser les cryptomonnaies ?

Combien valait Facebook alors qu'il ne comptait que 30 millions d'utilisateurs ? Quelques centaines de millions, peut-être un milliard de dollars. Combien vaut Facebook maintenant ? 500 milliards de dollars.

Combien valait Internet en 1995 alors qu'il ne comptait que 16 millions d'utilisateurs, soit environ 0,4% de la population mondiale en ligne et que la technologie était encore primitive ? Peu de choses comparées à aujourd’hui où nous avons de multiples entreprises cumulant des centaines de milliards de dollars.

C'est la même chose avec les actifs numériques : le bitcoin valait très peu au départ. Il valait environ 6 cents lorsqu'il a commencé à se négocier en 2010. Maintenant qu'il y a environ 30 millions de wallets et des millions de personnes qui utilisent, échangent et stockent de la valeur dans le bitcoin, il vaut environ 6 200 $. Combien vaudra-t-il lorsque 300 millions de personnes l'utiliseront, puis trois milliards ?

La « loi de Metcalfe »

Robert Metcalfe est le fondateur de la société 3Com et à l'origine du protocole Ethernet. La « loi de Metcalfe », qui date de 1980, affirme que la valeur d’un réseau de télécommunication (télécopieurs, téléphones, etc.) est proportionnelle au carré du nombre d’utilisateurs connectés au système.

Selon Wikipedia, "la loi de Metcalfe explique les effets de réseau liés aux technologies de l'information, applicable à des réseaux comme Internet, les systèmes de réseautage social et le World Wide Web". Cette loi dit simplement que plus il y a d'utilisateurs dans un réseau, plus ce réseau aura de la valeur.

[NDLR : Si vous voulez mettre à profit cette loi avec le Bitcoin, suivez les conseils de notre spécialiste qui vous explique comment faire prospérer votre wallet. Tout est ici.]

Le graphique ci-dessous montre, en comparaison avec Facebook, comment la valeur de Bitcoin pourrait augmenter de manière exponentielle :

graphe - loi de Metalfe - évolution - Bitcoin

En conclusion, « l'effet de réseau » est une dynamique extrêmement puissante qui pourrait conduire à augmenter nettement la part de marché des cryptomonnaies dans le système financier et à des prix beaucoup plus élevés pour Bitcoin.

Bien entendu, ces tendances doivent être pondérées. On peut imaginer que les gouvernements chercheront par tous les moyens à restreindre une telle concurrence, voire à l’interdire. Comme cela s’est produit en son temps avec l’or ou l’argent.

L’un des défis actuels des développeurs de Bitcoin, c’est l’anonymat, pour empêcher toute forme de censure ou de surveillance électronique.

Par ailleurs Bitcoin a été pensé par son créateur pour survivre à un krach boursier de grande ampleur, et non seulement survivre mais aussi prospérer comme monnaie décentralisée, c’est-à-dire libre.

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Bill Bonner <![CDATA[Comment le gouvernement va-t-il s’en sortir ?]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48721 2018-11-16T10:31:33Z 2018-11-16T10:31:33Z drapeau américain - sablier - temps

Alors que l'économie est supposée être en pleine forme, la dette américaine s'envole et les taux d'intérêt aussi. Bientôt, ils seront le premier poste de dépense.

Nous avons passé les deux derniers jours à travailler à notre grange. Les pignons s'étaient effondrés -- il y a probablement un demi-siècle de cela, voire plus -- et devaient être remplacés. Nous avions hâte de terminer le travail afin que les échafaudages puissent être démontés en notre absence.

Les jours sont courts. Et le travail -- monter des pierres et du ciment jusqu'au niveau du toit -- est dur.

Mais nous avons fini hier soir, avons lavé nos truelles et nos seaux, et nous nous sommes préparé à retourner aux États-Unis pour Thanksgiving et Noël.

"J'imagine que ce genre de travail vous permet de rester sain d'esprit", a suggéré un voisin qui nous regardait depuis le sol.

"Sain d'esprit ? Je ne sais pas. Mais c'est réel. Tout est d'aplomb... ou pas. On ne peut pas mentir : il suffit d'un niveau à bulle, on voit tout de suite ce qui est droit ou non".

"Dans quoi est-ce que vous travaillez ?" a demandé notre voisin.

"Eh bien... j'essaie de comprendre ce qui se passe dans l'économie et les marchés financiers. Le problème, c'est que tout ou presque n'est qu'absurdités, fraude et sottises".

Plus tard, autour d'un bol de soupe amical, nous avons expliqué :

"Pour empirer les choses, l'économie vire souvent à la politique. Parce que les politiques budgétaires et monétaires gouvernementales ont un gros effet sur les marchés et l'économie.

"Ensuite, même si l'on essaie simplement de comprendre ce qui se passe économiquement parlant, les gens prennent parti politiquement. C'est particulièrement aigu en ce moment, parce que les gens ont des sentiments très forts envers M. Trump. Certains l'adorent, peu importe à quel point il les trahit. D'autres le détestent, et peu importe le bien qu'il peut faire.

"Et ils ont des avis si tranchés qu'on peut à peine en parler".

Nous étions sur le point de continuer sur notre lancée -- mais nos invités regrettaient probablement d'avoir abordé la question. Nous avons donc changé de sujet.

Nous y revenons ici pour vous, cher lecteur.

Des chiffres qui montrent que rien n'est d'aplomb

Le marché continue de lutter. Tôt ou tard, un krach se produira -- et le Dow Jones perdra 1 000 points par jour -- ou plus. A ce moment-là, les gens commenceront à poser des questions.

[NDLR : Et si, ce jour-là, vous transformiez les pertes... en gains ? C'est parfaitement possible : notre spécialiste a aidé ses lecteurs à engranger des plus-values de 26,5%, 17,6%, 22% (et d'autres encore) alors même que les marchés dévissaient en octobre dernier. Il suffit de suivre les bonnes instructions au bon moment ! Tout est expliqué ici.]

Nous sommes prêt. Nous avons nos propres questions.

Mais d'abord, examinons quelques nouvelles qui en disent vraiment très long.

De l'agence Reuters :

"Le gouvernement fédéral américain enregistrait un déficit de 100 milliards de dollars en octobre, le premier mois du nouvel exercice fiscal, selon des données publiées mardi par le département du Trésor.

 Ce déficit était en ligne avec les attentes des analystes.

 Le Trésor a déclaré que les dépenses fédérales ont augmenté de 18% par rapport au même mois l'an dernier, à 353 milliards de dollars en octobre, tandis que les recettes ont grimpé de 7% à 253 milliards de dollars".

 Voici des questions : comment cela se fait-il... alors que l'économie est en plein boom... que les autorités augmentent leurs dépenses deux fois plus rapidement que leurs revenus ? Pourquoi doivent-elles emprunter ? Et si elles n'arrivent pas à équilibrer le budget quand tout va bien, en sont-elles capables, tout simplement ?

Et voici le Wall Street Journal :

"Les Etats-Unis en passe de dépenser plus pour la dette que pour la défense.

 Lors de la décennie passée, la dette américaine détenue par le public est passée à 15 900 milliards de dollars, par rapport à 5 100 milliards de dollars précédemment ; cependant, financer toute cette dette n'était pas un problème. L'inflation basse et la demande mondiale forte pour des bons du Trésor sûrs ont permis de maintenir la charge de la dette au plancher pour le gouvernement".

 Vous avez bien lu : la dette fédérale a triplé en 10 ans. Mais les frais liés aux intérêts étaient bas. La Réserve fédérale achetait des bons du Trésor dans le cadre de son programme de quantitative easing. Cela permettait de maintenir le taux d'intérêts au plancher. Et comme la Fed achetait des obligations, le gouvernement n'avait pas besoin de les vendre sur les marchés.

A présent, la Fed a changé de cap. Au lieu d'acheter des obligations, elle s'en débarrasse. Et au lieu d'aider à maintenir les taux au plancher, elle aide à les faire grimper.

Et devinez quoi ? Si cela continue ainsi, nous dit le Wall Street Journal, les Etats-Unis paieront plus pour financer leurs emprunts que pour protéger le pays :

"... On s'attend à ce que le gouvernement franchisse les seuils suivants : en 2020, il dépensera plus en intérêts qu'il ne dépense pour Medicaid ; en 2023, plus que ce qu'il dépense pour la défense nationale ; et en 2025, plus que ce qu'il dépense pour tous les programmes discrétionnaires hors défense combinés"...

Tout cela fait naître encore plus de questions. Dans quoi les autorités dépensent-elles tant d'argent ? Comment est-ce qu'il peut être une bonne idée d'emprunter à tel point que les paiements des intérêts représentent le principal élément de votre budget ?

Et que se passe-t-il quand l'économie tourne mal ? Que se passe-t-il quand les actions chutent ? Que se passe-t-il quand le chômage grimpe et qu'une récession se déclare ?

Que se passe-t-il quand les gens réalisent que tout cela n'est qu'une arnaque ? Les chiffres du chômage... la réduction d'impôts... la croissance du PIB... l'inflation... le budget de la défense... les allocations... MAGA... républicains... démocrates...

Rien de tout cela n'est d'aplomb.

A présent, le temps est compté tant pour l'économie américaine que pour le gouvernement américain. Que se passera-t-il quand ce temps sera épuisé ?

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Patrick Coquart <![CDATA[Du bon usage du crowdfunding pour investir dans l’immobilier]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48708 2018-11-15T13:36:21Z 2018-11-15T13:36:21Z immobilier - investissement

Le financement participatif immobilier peut vous permettre de retrouver liquidité et rendement pour votre épargne.

Investir dans l’immobilier ressemble de plus en plus à un parcours du combattant. Nous avons, en effet, listé à de nombreuses reprises les embûches que les pouvoirs publics s’ingénient à mettre sur la route de celui qui souhaite avoir cette classe d’actifs dans son patrimoine.

Et les choses ne sont pas près de s’améliorer ! Le gouvernement et sa majorité sont en train d’en rajouter une couche avec la loi ELAN et la loi de Finances 2019 avec, par exemple, le retour de l’encadrement des loyers et l’attaque en règle contre les locations meublées.

Une des solutions possibles pour le particulier investisseur réside dans le crowdfunding. Appelé parfois financement participatif en français de France, ou sociofinancement en français du Québec, le crowdfunding consiste à faire financer un projet en faisant appel à un très grand nombre de personnes, et donc en s’affranchissant des acteurs traditionnels du financement.

Cela n’a rien de bien neuf en soi, puisqu’au XVIIIème siècle, la Statue de la Liberté a été financée de la même manière, c’est-à-dire par souscription. La nouveauté réside plutôt dans le développement d'Internet et des réseaux sociaux qui ont permis l’émergence de plateformes permettant une relation plus aisée entre l’offre et la demande.

Diversifier vos investissements

Pourquoi s’intéresser au crowdfunding immobilier ?

Celui-ci présente six avantages non négligeables :

  1. L’immobilier sans les inconvénients : la plupart des projets de crowdfunding immobilier financent la construction d’immeubles (même s’il existe des plateformes d’investissement locatif). Il s’agit, en fait, de promotion immobilière. Les problèmes avec les locataires indélicats sont donc totalement absents. Les meilleures plateformes font normalement tout un travail de sélection censé garantir à l’investisseur que son argent est placé dans des projets viables.
  1. La durée de l’immobilisation : conséquence directe du point précédent, le capital investi est immobilisé peu de temps, celui de la durée des travaux, généralement entre 12 et 36 mois. La durée moyenne s’établit aujourd’hui à 18 mois.
  1. Le rendement : aujourd’hui, les performances du crowdfunding immobilier sont comprises entre 7% et 12%. En 2017, le rendement moyen a été de 9,9%. Des performances honorables !
  1. Le montant de l’investissement : il est possible d’investir modestement. Certaines plateformes fixent le ticket d’entrée à 250 €, d’autres à 1 000 € ou à 2 000 €. Parallèlement, les plateformes déterminent souvent un montant plafond d’investissement. En 2017, l’enveloppe individuelle moyenne a été de 2 700 €.
  1. La diversification : le crowdfunding immobilier permet de répartir géographiquement ses investissements. Ainsi, plutôt que d’acheter un appartement à Toulouse, il est possible ici de répartir son investissement dans plusieurs villes pour limiter les risques liés au marché immobilier local. L’investisseur peut aussi répartir son portefeuille entre plusieurs pays, du Canada à l’Australie en passant par l’Afrique, la Chine ou la Colombie. La diversification est également possible dans les types de biens financés : hôtel, logements sociaux, résidentiel, commerces, bureaux, zones d’activités et de logistique.
  1. La fiscalité : les investissements se faisant via la souscription de titres financiers (obligations ou actions), le particulier investisseur échappe à la fiscalité aberrante sise sur l’immobilier. C’est donc celle relative aux placements mobiliers qui s’applique, soit la flat taxde 30%.

Plus de 100 M€ investis en 2017

Comme bien des nouveautés, le crowdfunding immobilier nous vient des États-Unis, avec la création des premiers intermédiaires en 2011. Ceux-ci peuvent avoir des spécificités bien marquées. Par exemple, Cadre, cofondée par le gendre de Trump, Jared Kushner, a un positionnement haut de gamme et ne s‘adresse qu’à des particuliers très fortunés pour construire de l’immobilier de luxe. Autre exemple, celui de RealtyShares, une plateforme permettant aux particuliers de financer la construction de leur propre maison.

La France n’est pas restée à l’écart du crowdfunding immobilier. Elle en est même le premier marché de la Zone euro. Les derniers chiffres disponibles font état de plus de 100 M€ collectés en 2017, contre 55 M€ en 2016. Dans le même temps, le nombre de projets financés a également suivi une pente ascendante, passant de 134 en 2016 à 220 en 2017.

Les intermédiaires peuvent avoir plusieurs statuts : intermédiaire en financement participatif (IFP), conseiller en investissement participatif (CIP), ou encore prestataire de services d’investissement (PSI). Ces différents statuts sont donnés par l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et sont répertoriés par le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance (ORIAS).

Comment choisir la bonne plateforme ?

Si vérifier que la plateforme est agréée est nécessaire, cela ne vous suffit pas pour choisir le bon intermédiaire.

L’investisseur avisé doit s’attacher à plusieurs éléments tels l’historique de l’intermédiaire, le nombre de programmes financés et leur réussite, la réalisation des performances annoncées, la qualité de l’équipe, en particulier son expérience dans le domaine immobilier,  la qualité des informations accessibles à l’investisseur, les méthodes de sélection des projets immobiliers, les garanties financières proposées en cas d’échec du projet.

Il est également recommandé de se déplacer sur le lieu de construction pour se rendre compte par soi-même de l’intérêt de l’investissement à l’endroit prévu.

Et avant de mettre quelques euros dans un projet, assurez-vous qu’il est sur les bons rails, à savoir que le permis de construire est purgé de tout recours, que la garantie financière d’achèvement a été accordée, ou encore qu’au moins 40% des lots ont été prévendus.

Les principales plateformes françaises de crowdfunding immobilier sont aujourd’hui Anaxago, Clubfunding, Fundimmo, Homunity, Immovesting, Koregraf, Lendix, Lymo, Weeximmo, Wiseed Immo…

Il y en a bien d’autres. Outre les critères ci-dessus, les forums d’échanges sur internet, les classements, les comparateurs et les réseaux sociaux vous aideront à vous faire une idée des meilleurs prestataires.

Les risques existent

Certes, tout cela n’est pas sans risques. Comme pour tout investissement ! Le principal est la faillite du promoteur. Ce n’est pas un cas d’école puisqu’en 2017 le promoteur Terlat a été mis en redressement judiciaire alors qu’il avait six projets de construction en financement participatif auprès de Wiseed et Anaxago pour 2,8 M€. Plusieurs centaines d’investisseurs sont concernés, et certains y ont perdu leur mise.

Comme dans tout projet immobilier, on peut être confronté à des problèmes de solvabilité, à la défection des sous-traitants et aux retards dans la construction, à des problèmes administratifs ou techniques, à des dégâts (incendie, inondation…), aux difficultés de commercialisation, etc. Bien analyser le projet et l’intermédiaire, comme il l’a été précisé ci-dessus, est donc primordial pour minimiser vos risques.

Malgré ces risques, le crowdfunding immobilier mérite de figurer dans un patrimoine diversifié.

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Simone Wapler <![CDATA[Le jour de la caisse vide]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48703 2018-11-15T11:58:33Z 2018-11-15T11:58:33Z dessin humoristique L'Opinion - argent - Macron - Edouard Philippe

L’Italie inquiète les marchés, mais la crise budgétaire couve également en France. Nous sommes en marche vers la ruine, conduits par une classe politique aveugle et lâche.

En ce triste jour du 15 novembre, l’Etat n’a plus un sou en caisse.

C’est cela le déficit.

Malgré tous les impôts que nous payons, il faut que l’Etat emprunte pour financer ses dépenses courantes, dont les intérêts sur sa dette. Et il faut que l’Etat emprunte pour rembourser ses emprunts qui arrivent à échéance.

Voici l’illustration du journal L’Opinion qui reprend l’étude de l’Institut Molinari « Le jour où les États de l’Union européenne ont dépensé toutes leurs recettes annuelles ».

dessin humoristique L'Opinion - argent - Macron - Edouard Philippe

Je le radote presque tous les jours : nous courons à la crise budgétaire.

La seule chose qui sauve notre pays, ce sont les taux d’intérêt trafiqués à la baisse par Mario Draghi.

Toute cette dépense publique et cette mainmise de l’Etat sur l’économie crée-t-elle de la richesse ?

Absolument pas. Depuis 20 ans ou même depuis 10 ans, la France arrive en queue de peloton des pays de l’Union européenne en terme de création de richesse par habitant.

graphe - croissance PIB - Europe - France

Derrière nous se trouvent le Royaume-Uni, l’Italie et la Grèce…

Avez-vous un "Programme L-227" dans votre portefeuille ?

 


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Tiens l’Italie, parlons-en. Il est probable que la crise budgétaire s’y produise avant la nôtre, même si en Italie ce n’est que le 22 novembre que les caisses seront vides. Mais les taux d’intérêt demandés à l’Italie montent -- ce qui n’est pas encore le cas pour la France.

Pour faire face à la situation, Matteo Salvini a eu une brillante idée. Puisque les investisseurs étrangers ne veulent plus de la dette italienne, les Italiens l'achèteront, investiront leur épargne pour soutenir l'effort national et lutter contre les "spéculateurs". En résumé, l’idée éculée d’un emprunt d’Etat à souscription obligatoire. Rappelons que l'Italie doit lever l'année prochaine 260 Mds€ dont Mds€ de refinancement de sa dette existante.

C’est tout à fait le genre d’idée qu’auront nos énarques du Trésor lorsqu’ils seront acculés.

Mais ce n’est pas tout…

Toutes les banques qui détiennent de la dette italienne sont confrontées à une érosion de leurs fonds propres. L’exposition des banques françaises est de 12% du PIB, plus de 250 Mds€ (50 kerviels, l’unité de compte qui a semé la panique en 2008, si vous vous souvenez bien). Pour les banques françaises, c’est six fois la Grèce

« Le risque de contagion est énorme. L’Italie est si grosse qu’elle représente une menace systémique pour l’ensemble de la Zone euro », analyse Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG (*).

Face à cela, la vraie question n’est pas de savoir qui on taxe, s’il faut un emprunt national, etc. La vraie question – soigneusement éludée, ce qui arrange bien le personnel politique – est celle du rôle de l’Etat.

Doit-il régenter l’économie ? Visiblement, ce n’est pas la voie de la prospérité.

Qu’attendez-vous de l’Etat : qu’il règle tous vos problèmes ou bien qu’il assure la stricte égalité de chacun devant la loi ? Vous me direz, encore faut-il que la loi soit consacrée à protéger la liberté et la propriété des individus même les plus modestes. Les lois d’aujourd’hui se consacrent plutôt à organiser les prébendes des uns au détriment des autres.

En attendant que le jour de la faillite oblige la classe politique à répondre à ces questions, évitez de confier votre épargne à l’Etat et acharnez-vous à vous créer des sources de revenus qui n’en dépendent pas et qui ne dépendent pas des impôts des autres.

(*) https://www.reddit.com/r/ukpolitics/comments/9wifld/france_calls_for_eu_empire_and_warns_of_euro/

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Bill Bonner <![CDATA[Le succès de l’argent factice américain est un accident]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48700 2018-11-15T10:15:57Z 2018-11-15T10:15:57Z mer de dollars - argent factice

Comment le dollar flottant a-t-il réussi à survivre si longtemps ? Grâce à l'arrivée de la Chine dans le commerce mondial. Mais un retournement de situation s'annonce.

"Tout ça n'est qu'une gigantesque fraude " : c'était peut-être un peu beaucoup à avaler pour des auditeurs non préparés.

Votre correspondant, qui tentait d'expliquer pourquoi le dollar est "factice", avait peut-être eu les yeux plus gros que le ventre... du moins dans le contexte d'un débat en Irlande sur les cryptomonnaies.

La discussion était animée. Les autres intervenants étaient Dominic Frisby, rédacteur du magazine MoneyWeek à Londres, et Jim Rickards, un collègue américain.

Tant Dominic que Jim en savent bien plus long que nous sur les cryptos -- mais ils en tirent des conclusions inverses.

Jim est certain que les cryptos ne sont guère plus qu'une escroquerie et une bulle. Dominic, de son côté, est un investisseur de la première heure, convaincu que les cryptos remplaceront les devises fiduciaires émises par les gouvernements.

Les deux ont probablement raison.

Les cryptos sont une expérience hardie -- des mutations dans le patrimoine génétique monétaire. Quasiment toutes finiront par échouer... comme c'est le cas pour de nombreuses innovations.

Mais une forme ou une autre de devise numérique, peut-être construite sur la technologie de la blockchain, finira sans doute par réussir. Elle sera très probablement financée et contrôlée par les autorités.

Nous avons confessé dès le début de la conférence que nous ne savions pas grand chose des cryptomonnaies. Sur les monnaies elles-mêmes, en revanche, nos connaissances sont au-dessus de la moyenne.

Un dollar flottant mais très bien piloté

Lors de nos explications, nous sommes remonté jusqu'au 15 août 1971 ; nous avons expliqué comment l'économiste Milton Friedman avait encouragé le président Nixon à se débarrasser du dollar adossé à l'or pour en préférer un qui "flotterait" sur une mer d'offre et de demande, guidé d'une main experte par les navigateurs expérimentés de la Réserve fédérale.

Cela nous a mené à décrire non seulement la devise factice des Etats-Unis, mais aussi toute l'armada d'argent factice et d'informations frauduleuses (surtout le prix du crédit), et comment ils sont utilisés par quelques-uns pour escroquer les masses.

Le public semblait perplexe. De quoi donc est-ce que je parlais, voulaient-ils savoir.

Un système nuisible mais durable

Un membre de l'audience a demandé : "si l'argent factice est si nuisible, pourquoi le système dure-t-il depuis si longtemps... plus de 45 ans ? Il ne s'est pas produit de catastrophe".

Nous avons toussoté afin de gagner du temps tandis que nous nous creusions le ciboulot pour trouver une bonne réponse.

En bref : le changement de 1971 n'était pas conçu pour être permanent. Mais une fois que les élites eurent constaté que ce nouveau système les rendait riches, elles ne voulurent pas l'abandonner.

"Eh bien... rappelez-vous que les 10 premières années furent désastreuses -- comme l'avaient prévu les vétérans des marchés. La nouvelle monnaie adossée au crédit fit exactement ce qu'elle aurait dû : elle plongea. L'inflation atteignit les 9%. Suite à quoi les attentes d'inflation s'enracinèrent si profondément dans l'économie que Paul Volcker dut mettre les taux directeurs de la Fed à 20% pour les surmonter.

"Et parce que Volcker a défié les politiciens... et une bonne partie du public... en maintenant son programme monétaire 'dur', il a pu sauver le système... pendant un temps. C'est-à-dire qu'il a montré que les autorités feraient en sorte que la nouvelle monnaie se comporterait comme l'ancienne, plus ou moins.

"Au lieu de l'équilibre à l'ancienne, où l'or empêchait automatiquement les autorités d'émettre trop de monnaie, la Fed elle-même limiterait la masse monétaire.

"Bref, le message était simple : vous pouvez faire confiance à la nouvelle monnaie."

Ce n'était pas vrai, toutefois. Elle ressemblait à l'ancienne monnaie. Elle se comportait comme l'ancienne monnaie. Elle prétendait être aussi "bonne" que l'ancienne monnaie.

Sauf qu'elle ne l'était pas... du tout.

Un retournement historique entamé en 2016

Cette nouvelle devise factice a prospéré en majeure partie grâce à un accident historique. Volcker est arrivé au moment où les marchés actions et obligations, la dette et le cycle économique étaient tous au plus bas.

En serrant la vis de l'inflation, il a permis à l'économie de commencer une expansion extrêmement naturelle et saine qui a entraîné la devise (avec l'aide de la Fed) pendant les 36 années qui suivirent. Ce n'est qu'il y a deux ans -- en 2016 -- que le cycle des taux d'intérêt s'est enfin retourné.

Autre facteur important de cet accident : l'arrivée des Chinois dans l'économie mondiale. Les augmentations d'argent factice mènent généralement à des augmentations des prix à la consommation (ce qui s'est produit dans les années 1970).

Mais à partir de 1979, des centaines de millions de travailleurs chinois ont commencé à trimer dans des usines sans chauffage pour 10$ par jour afin que les Américains puissent profiter de prix bas pendant les quatre décennies qui suivirent.

Ces tendances bien commodes touchent à leur fin. A présent, l'économie américaine est confrontée à un accident historique d'une autre sorte... avec des conséquences bien différentes.

La dette totale aux Etats-Unis n'était que de 1,5 fois le PIB en 1971.

A présent, elle est à 3,6 fois le PIB.

Le gouvernement fédéral n'était endetté que de 390 milliards de dollars en 1971.

Aujourd'hui, il en est à 21 000 milliards de dollars.

Au lieu d'être au plus bas d'un cycle, les Etats-Unis frôlent le sommet, avec des prix extrêmement élevés pour les actions et les obligations... et le chômage le plus bas de ces quatre décennies.

Toutes les tendances positives de ces 30 dernières années vont devenir négatives. Attendez-vous à une chute des prix des actions et des obligations... une hausse du chômage... une envolée des prix à la consommation... et des taux d'intérêts en hausse.

L'argent factice survit rarement à un cycle boursier complet. Nous doutons que le dollar factice y parvienne.

L'argent factice finance une société malhonnête

Mais nous n'avions pas fini. Nous voulions en arriver à une conclusion plus profonde :

"L'injustice fondamentale au cœur de l'économie US, c'est que cet argent factice n'a pas été distribué de manière égale", avons-nous dit. "Il a été utilisé pour acheter des obligations. Il est donc allé sur les marchés financiers, où les riches, les privilégiés, les initiés... et les gens comme Donald J. Trump... possèdent les actifs.

"La Fed a augmenté la base monétaire US de près de 400% rien que ces 10 dernières années. C'est cet argent -- magnifié par le crédit et les marchés -- qui a rendu les riches bien plus riches. C'est pour cette raison que l'élite n'abandonnera pas le système d'argent factice -- en tout cas pas sans se battre. Et c'est pour cela que Donald Trump met déjà la pression sur la Fed pour qu'elle arrête d'essayer de 'normaliser' les taux d'intérêt.

"Ce n'est pas simplement une crise monétaire qui s'annonce ; c'est une crise sociale et politique. L'argent factice a créé une société malhonnête, où certains s'enrichissaient grassement aux dépens des autres. Les gens n'en comprennent pas la cause. Mais ils la ressentent. Et c'est un danger bien plus grand que de simples pertes financières".

[NDLR : Les Etats-Unis ne sont pas les seuls concernés. La "cocotte-minute" financière, monétaire et politique actuelle frôle l'explosion -- et la solution des élites pour la désamorcer causera la ruine de millions d'épargnants : cliquez ici si vous ne voulez pas en faire partie.]

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Simone Wapler <![CDATA[Comment on sombre dans la folie]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48689 2018-11-14T11:43:25Z 2018-11-14T11:42:07Z La France s’enfonce dans toujours plus d’étatisme et se paralyse avec ses éternels systèmes de taxation-subvention décidés par des irresponsables. La folie, disait Albert Einstein, consiste à « toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent ». Nos gouvernements semblent avoir basculé dans la […]

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Nicolas Perrin <![CDATA[Dettes publiques en Zone euro : à quand la restructuration ? (2/2)]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48672 2018-11-14T11:31:40Z 2018-11-14T11:29:28Z euro - eurozone - crise

La Zone euro comporte de sérieux candidats à un défaut sur la dette publique. La normalisation de la politique monétaire par la BCE fait figure de doux rêve.

Pour certains commentateurs, il serait déjà trop tard : la BCE ne pourra pas revenir en arrière. Voyons quelles en sont les conséquences. 

La Zone euro, condamnée à « gérer la crise » ?

Cet été, l’équipe de recherche de Natixis n’en finissait plus de se lamenter devant les piètres avancées en matière de gouvernance de la Zone euro. Voici ce qu’elle titrait le 13 juillet (1) :

Natixis - zone euro - crise

Le problème est assez simple :

« L’absence de fédéralisme dans la Zone euro, l’absence de mobilité des capitaux entre les pays de la Zone euro provoquent et vont continuer à provoquer des crises à répétition dans la Zone euro […]

La Zone euro a su organiser la défense contre ces crises inévitables : quantitative easing et Plan Juncker pour soutenir la croissance, ESM pour prêter aux pays ou systèmes bancaires en difficulté, Target 2 pour continuer à transférer la liquidité d’un pays à l’autre.

 Mais la Zone euro ne sait pas mettre en place les réformes institutionnelles qui éviteraient ces crises : budget de la Zone euro, Eurobonds. »

 Au final, tant que la gouvernance n’aura pas été réformée dans le sens de la fédéralisation, « la répétition des crises est inévitable dans la Zone euro », estime l’équipe de recherche de Patrick Artus. Et il ne fait aucun doute qu’elle a raison.

Au mois d’août, Charles Gave déclarait d’ailleurs à ce sujet :

« Comme c’est en Europe qu’on a le plus manipulé et les taux de change et les taux d’intérêt – à cause de cette imbécilité de l’euro – il est tout à fait évident que la prochaine grande crise commencera en Europe. »

La situation est tellement dramatique que Natixis va jusqu’à préconiser (2) « l’obligation pour les banques d’investir dans un panier des dettes publiques de la Zone euro, et plus, comme aujourd’hui, essentiellement dans la dette publique de leur pays. Ceci permettrait de décorréler le risque souverain et le risque bancaire. »

Mutualiser la pourriture, ou quand l’union des faiblesses est censée faire la force. Je n’en rajoute pas, vous savez comment les utopies socialistes se terminent.

Par conséquent, malgré les velléités qu’elle a officiellement exprimées, on n’est sans doute pas près de voir la BCE se débarrasser des tombereaux de dettes publiques qu’elle a accumulés au fil des années. Si vous vous demandez pourquoi les taux longs sont si bas, la réponse figure ci-dessous.

graphe - BCE - dette publique - zone euro
Voici un zoom sur l’Italie :

graphique - rachat dette publique - italie
Comme vous pouvez le constater, à part à la BCE, cela fait plusieurs années que la dette italienne n’est plus en vogue sur les marchés…

Bruno Bertez conclut : « soit on trouve un stratagème accepté par les Allemands pour mutualiser, soit la correction sera sévère. »

Dans deux Flash Economie des 3 (3) et 6 juillet (4), Natixis en arrive à confier qu’ « avoir un processus de résolution des crises de la dette incluant une possibilité de restructuration de la dette est donc nécessaire. »

Natixis - restrucuration - dette publique - Europe

Comme le relève la banque, les élites dirigeantes de la Zone euro ne pourront pas avoir le beurre et l’argent du beurre :

« Il faut, en théorie, qu’il y ait restructuration de la dette s’il y a crise de solvabilité ; mais la réaction des marchés financiers à cette annonce peut être très déstabilisante. »

Natixis ne parle pas encore de jubilé, mais allez savoir, cela pourrait bien finir par arriver.

Quel avenir pour l’euro ?

D’ici les élections européennes de mai 2019, les choses ont le temps de bouger, tant sur le plan politique qu’économique et financier. Comme le relève Simone Wapler, ce n’est sans doute pas la France qui écrira le futur de la Zone euro :

« Que peut-il se passer après les élections européennes ?

 - L’Italie met de l’eau dans son vin et se 'grecquise'…

- L’Italie sort de l’union monétaire

- L’Allemagne sort de l’union monétaire

Dans les trois cas, l’euro va plonger. Peu importe l’issue politique, en fait. Qui à l’étranger voudra stocker de cette devise ? Soit les taux d’intérêt proposés sont minables car c’est la condition pour que l’euro survive ; soit les taux reflètent les risques de pays comme l’Italie, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, la France et l’euro s’autodétruit. »

Je pense que c’est dans un premier temps l’hypothèse 1 (la BCE reprendra son programme d’achats d’actifs à la première difficulté) qui l’emportera, jusqu’au jour où un problème suffisamment épineux surgira (politique ou économique – gare à la prochaine récession), lequel remettra en cause la confiance que les marchés attribuent à la BCE.

Ce jour-là, l’hypothèse 2 se réalisera, et l’euro – en tout cas tel que nous le connaissons – disparaitra.

Un scénario alternatif dont rêve l’exécutif français est celui de l’Europe fédérale, mais nous avons vu qu’il n’est pas tout à fait au goût du jour. Les peuples ont tendance à « mal voter » ces derniers temps.

D’où l’importance de diversifier votre épargne dans des devises alternatives, notamment dans l’or, et dans les cryptomonnaies lorsqu’elles se seront rapprochées de la « vallée de la mort », comme l’a confirmé Incrementum dans la IVe édition de son Crypto Research Report publié le 3 octobre dernier.

[NDLR : Découvrez avec notre spécialiste comment investir profitablement dans cette nouvelle classe d’actifs.]

 

(1) https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/ps5M1UERHONibdALjcKshQ

(2) https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/FOATkaurnY1BUr4gVPvH3A

(3) https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/KTx8oWk1OpglEu7xbM8rCg

(4) https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/FOATkaurnY1BUr4gVPvH3A

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Bill Bonner <![CDATA[Les accords gagnant-perdant portent les germes de la guerre]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48676 2018-11-14T09:45:30Z 2018-11-14T10:00:02Z guerre mondiale - commémoration - coquelicots

La guerre commerciale dégénère facilement en vraie guerre tout comme l'ascension d'une super puissance.

Les cloches se sont mises à sonner à précisément 11h, le 11ème jour du 11ème mois de l'année. Et les coquelicots ont commencé à tomber.

La cathédrale St Canice, à Kilkenny, a marqué la fin de la Grande Guerre en lançant des coquelicots de papier rouge, marqués du nom des soldats locaux, depuis le clocher vers la nef.

Pendant deux heures, les coquelicots sont ainsi tombés, un pour chaque jeune Irlandais mort à la guerre ; 35 000 en tout.

Ils furent tués par balles... gazés... ou réduits en lambeaux par les obus. Frères, maris, fils -- et pères aussi. Environ 25 000 enfants irlandais ne revirent plus jamais leur père.

Nous étions à Kilkenny pour parler économie, ce qui nous a mené à la politique... et à la guerre.

commération - fin guerre mondiale - Irlande - St Canice

La cérémonie de commémoration de la Première Guerre mondiale à Londres.
Chaque coquelicot symbolise un soldat tué (DR)

De la guerre commerciale à la guerre ouverte

L'économiste David McWilliams nous avait invité à participer au "Kilkenomics Festival". Nous avons écrit tant de choses au sujet de la guerre commerciale de Trump que David a dû se dire que nous y connaissions quelque chose. Il nous a donc demandé d'intervenir durant un débat.

"Nous parlons là de deux choses différentes", avons-nous clarifié pour notre public. "Il y a une guerre commerciale, majoritairement factice. Et il y a la menace d'une vraie guerre, qu'une guerre commerciale peut effectivement causer".

Nous avons expliqué notre point de vue. C'est M. Trump qui a le plus à perdre, dans une guerre commerciale contre la Chine. Sa réputation de créateur d'une économie forte... sa réputation de deal-maker costaud... les fortunes de ses principaux contributeurs, ainsi que sa propre fortune personnelle -- toutes dépendent d'un accord avec les Chinois.

Il pourrait mettre la Chine à genoux, avons-nous expliqué, en bloquant les importations chinoises vers les Etats-Unis. Il ne profiterait de ce triomphe que pendant 10 secondes environ, cependant -- le temps qu'il faudrait pour se rendre compte que le marché américain s'effondre.

Le président est peut-être un fanfaron qui ne connaît rien à pas mal de domaines, mais il sait parfaitement où sont ses intérêts. Il voudra revenir de sa réunion avec M. Xi, lors du sommet du G20 en Argentine à la fin du mois, avec une annonce de victoire, pas avec une double nécrologie -- une pour "son" économie et l'autre pour sa carrière. 

Le piège de Thucydide ou quand les challengers vont en guerre

Mais attendez... ce n'est pas aussi simple que ça.

"Trump est avant tout un homme de spectacle", avons-nous dit à la foule. "Mais parfois, le spectacle vire en situations inattendues et fâcheuses.

"Le président ne fait peut-être que gesticuler à l'adresse de ses admirateurs, mais la Chine voit son avenir et son gagne-pain menacés. Il se pourrait qu'elle n'ait pas reçu l'info : ce n'est que de la poudre aux yeux. Elle ne voudra peut-être pas coller au scénario ou jouer son rôle pour les fans de Trump. Les choses pourraient très mal tourner".

Les autres participants avaient de l'avance sur nous. Ils étaient d'avis que les choses ont déjà mal tourné.

"Cette guerre commerciale a déjà dépassé le commerce, et de loin", a dit Neil Howe, qui a développé une théorie sur le cycle générationnel dans la politique américaine. "On parle désormais de vol de la propriété intellectuelle et de transferts de technologie. C'est passé à la géopolitique et à l'ascension de la Chine en tant que grande puissance. Les Etats-Unis se sentent menacés. Ils sentent qu'ils perdent leur place dans le monde".

Howe a cité le "piège de Thucydide", de Graham Allison. Le principe est simple : à mesure que les grandes puissances sont remises en questions par les puissances émergentes, cela mène à la guerre.

Selon l'historien grec Thucydide, c'est le désir des Spartes d'empêcher Athènes de prendre trop ses aises qui a causé la guerre du Péloponnèse.

Et nombre de personnes pensent que c'est l'ascension de l'Allemagne comme super-puissance au début du XXème siècle qui a poussé la France et l'Angleterre à se jeter dans la Première Guerre mondiale... et à punir l'Allemagne si durement après la guerre.

Hier marquait le 100ème anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Depuis 100 ans, les historiens tentent de trouver une explication plausible à la mort de 37 millions de personnes. Thucydide n'était probablement pas tombé très loin.

Impulsions contraires et danger des accords gagnant-perdant

L'Allemagne ne s'est jamais rendue. Elle a seulement signé un armistice.

Mais ensuite, avec ses ports bloqués, sa population affamée et ses ressources épuisées, elle a été forcée d'accepter la "culpabilité de la guerre" -- quand bien même l'Allemagne n'était sans doute pas plus coupable que les autres participants au conflit.

L'Allemagne croulait également sous le fardeau des "réparations" qui handicapaient son économie. En 1921, lorsqu'elle fut incapable d'assurer ce paiement -- en or, bien entendu --, les troupes françaises et belges vinrent occuper la vallée de la Ruhr.

Comme nous l'explorons de longue date, il y a deux impulsions principales dans les transactions humaines : gagnant-gagnant et gagnant-perdant. Soit on passe des accords volontaires, dans l'espoir que les deux parties sortent gagnantes. Soit on force un autre à perdre pour qu'on puisse "gagner".

La majeure partie de la vie privée est basée sur le principe gagnant-gagnant (même s'il y a toujours des gens qui essaient de prendre de l'avance en faisant perdre les autres).

La vie publique, en revanche, est dominée par le gouvernement, qui est une entreprise gagnant-perdant, "eux contre nous".

C'est dans la guerre que la notion de gagnant-perdant trouve son expression la plus dramatique. On ne peut pas gagner une guerre sans que d'autres perdent. Dans le cas de la Première Guerre mondiale, ce sont les 37 millions de cadavres mentionnés ci-dessus qui ont été les grands perdants.

Les accords gagnant-gagnant mènent souvent les participants à vouloir gagner à nouveau... c'est-à-dire passer plus d'accords (affaires, consommation, sexe... et ainsi de suite).

Les accords gagnant-perdant, en revanche, font que les participants cherchent la vengeance. Les 37 millions de perdants de la Première Guerre mondiale n'ont donc finalement été qu'un acompte sur la facture totale du XXème siècle.

Adolf Hitler était sur le coup. En 1921, il avait pris la tête du Parti national-socialiste des travailleurs allemands -- le parti nazi -- et il colportait déjà ses idioties eux-contre-nous, gagnant-perdant. "On nous a poignardés dans le dos", affirma-t-il. En 1945, 60 millions de personnes supplémentaires étaient venues s'ajouter à la liste des perdants.

A Kilkenny, le service religieux s'est achevé sur le Last Post joué à la trompette -- le morceau que l'on jouait à la fin de la tuerie.

Le dernier coquelicot flotta ensuite jusqu'au sol... comme le dernier soldat tombant dans la boue des tranchées.

Le silence se fit dans l'église.

Puis, après une ou deux minutes de pause, un bébé se mit à pleurer.

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Nicolas Perrin <![CDATA[Dettes publiques en Zone euro : à quand la restructuration ? (1/2)]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48647 2018-11-13T13:18:20Z 2018-11-13T13:18:20Z dette -restructuration - zone euro

Contrairement à ce qu’avance Mario Draghi, il faut douter du caractère « irréversible » de l’euro. Quid des dettes souveraines : êtes-vous persuadé qu’elles seront remboursées ?

Après la crise des dettes privées, place à la crise des dettes publiques ?

Fin août, Natixis dressait le constat suivant (1) :

« Depuis la crise de 2008, dans les pays de l’OCDE, le taux d’endettement du secteur privé a diminué […] : une crise des dettes privées est devenue aujourd’hui nettement moins probable qu’en 2008. Mais le taux d’endettement public des pays de l’OCDE a augmenté ».

La question qui s’ensuit en toute logique est donc : « faut-il s’inquiéter du risque de crise des dettes publiques ? »

Voilà une interrogation a priori audacieuse puisqu’à l’exception de la Grèce, toutes les crises survenues dans l’OCDE depuis les années 1980 sont dues à un excès d’endettement du secteur privé.

Natixis rappelle trois évidences :

« Pour qu’un pays ait une crise de sa dette publique, il faut :

 - qu’elle soit élevée ;

- que son taux d’imposition soit élevé ; [au sens où il lui serait impossible de l’augmenter]

- que la Banque Centrale de ce pays ne soit pas prête à monétiser la dette publique. »

Devinez qui pourraient être les heureux élus ?

« Ceci est peut-être le cas en France et en Italie, si la BCE refuse d’intervenir si l’un de ces pays est en difficulté avec sa dette publique, ce qui est loin d’être certain : la BCE laisserait-elle un grand pays de la Zone euro être en difficulté ? »

Dans une note publiée mi-septembre (2), l’équipe de recherche de Patrick Artus a affiné son diagnostic en se concentrant sur les pays périphériques de la Zone euro (la France ne fait donc pas partie de cette étude).

Il s’agissait de prendre en compte le rapport entre la croissance potentielle des différentes économies et leur taux d’intérêt à long terme (afin de déterminer si elle leur est supérieure ou inférieure, ce qui impacte la capacité du pays à rembourser sa dette publique).

Je vous livre les résultats : les pays les plus fragiles à cet égard sont « l’Italie et la Grèce ; les moins fragiles l’Espagne et encore plus le Portugal. »

Un poids lourd occidental comme l’Italie pourrait-il vraiment faire défaut sur sa dette souveraine ?

Que voilà une question importante, sur laquelle la même banque s’est penchée début juin (3).

Natixis - Etat - dette - défaut

Pour qu’un Etat puisse faire défaut, Natixis ajoute le critère suivant à la liste des trois critères évoqués plus haut :

- « Si la dette est surtout détenue par les non-résidents (un Etat ne fait pas défaut normalement sur la dette détenue par les résidents) ou si le défaut ne concerne que la partie de la dette détenue par les non-résidents. » [Pour connaître les pays qui ont beaucoup de créditeurs à l’extérieur, voir ici).

Vous aurez noté la précaution oratoire avec l’usage de l’adverbe « normalement ».

A votre avis, qui sont les heureux élus ? Voici la conclusion de Natixis :

« Des candidats possibles sont alors les pays de la Zone euro (la BCE monétiserait-elle la dette d’un seul pays en difficulté ?) ayant une pression fiscale et un taux d’endettement public élevés : France, Italie, Belgique. »

 Au final, la France et l’Italie sont à ce jour les deux pays qui ont reçu le plus de nominations dans le cadre de notre concours de laideur…

Où en sont les dettes souveraines des membres de l’UE en 2018 ?

Voici le montant des dettes publiques officielles à l’issue du premier trimestre 2018, d’abord en pourcentage du PIB (4), puis en milliards d’euros (5).

graphe - dette souveraine - Union européenne

Vous pouvez majorer ces chiffres de quelques pourcents puisque comme le rappelle Bruno Bertez, "les dettes réelles quand les accidents se produisent deviennent subitement, comme par miracle bien plus importantes, allez savoir pourquoi !"

Le graphique suivant montre les gouvernements qui ont plutôt tendance à empiler de la dette et ceux qui s'évertuent de la rembourser.

graphique - ratio - dette publique - UE
Dans de telles conditions, on comprend sans mal qu'Angela Merkel ait du mal à faire confiance à Emmanuel Macron lorsqu'il s'agit de prendre des engagements pour réformer la Zone euro...

L'impossible normalisation de la politique monétaire de la BCE

Vous risquez de penser que je me répète, mais lorsque Natixis parle de "très mauvaise nouvelle", j'estime que cela vaut le coup de vous le signaler.

De quoi s'agit-il ? Le 10 juillet (6), la banque prenait acte du retour de primes de risque souverain sur les taux d'intérêt des dettes des pays périphériques de la Zone euro depuis le début de 2018.

Natixis - dette - zone euro

Ce phénomène a plusieurs effets :

« - il menace l’Italie (et aussi l’Espagne) de la perte de solvabilité budgétaire et du recul de son investissement ;

- il montre qu’il y a toujours contagion entre les pays périphériques, ce qui révèle la fragilité persistante de la Zone euro ;

- il rend difficile le retour de la Grèce sur les marchés financiers »

La conséquence ultime de ces désagréments étant le suivant :

« - il pousse la BCE à ne pas normaliser sa politique monétaire, d’où le risque qu’elle ne puisse jamais la normaliser. » (7)

natixis - BCE - zone euro

Finalement, il semble bien que la  Zone euro soit condamnée à « gérer la crise »…

[NDLR : … Et vous aussi, pour le bien de votre argent et de votre épargne ! Découvrez les mesures à prendre dès maintenant en cliquant ici.]

(1) https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/o2BX_OXNwnm04kq5hmD_Ww
(2) https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/E86wzCUPGkLpKUIBkxkLxw
(3) https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/E86wzCUPGkLpKUIBkxkLxw
(4) https://www.statista.com/statistics/269684/national-debt-in-eu-countries-in-relation-to-gross-domestic-product-gdp/
(5) https://www.statista.com/statistics/274179/national-debt-in-eu-countries/
(6) https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/LRunx0g3Hb2hT38F1UOlPA
(7) https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/TKS052aR8dZw3uBndihX5g

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Simone Wapler <![CDATA[General Electric sera-t-il le premier zombie à disparaître ?]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48656 2018-11-14T08:14:21Z 2018-11-13T12:59:12Z General Electric

Apple a secoué les marchés actions hier mais le cas de General Electric - qui porte 280 Mds$ de dettes - est finalement plus inquiétant encore.

Les marchés financiers ont basculé dans le rouge hier. L’action Apple a dévissé de 5,04%, entraînant le Nasdaq et le S&P 500.

Après cette baisse, Apple se paye encore 16 fois ses bénéfices et sert 1,43% de dividendes, ce qui paraîtrait presqu’alléchant comparé aux folies auxquelles nous sommes de nos jours habitués.

Le Nasdaq affiche -2,78%, le S&P 500 - 1,97% et le Dow Jones - 2,32%.

Pierre Leconte du Forum monétaire de Genève commente :

« Les indices boursiers US n'ayant pas été en mesure de franchir leurs résistances à la hausse, ils sont repartis à la baisse entraînant avec eux toutes les Bourses d'actions mondiales »

Tous les ordinateurs, les quant, les robots de trading, etc. regardent ces « résistances à la hausse » et devraient prendre la même décision en s’appuyant sur des logiciels similaires…

*** Informations importantes sur votre retraite ***

Cette astuce – entièrement légale – peu connue pourrait vous rapporter des milliers d'euros, régulièrement, mois après mois.

Cliquez ici pour en savoir plus sur cette rente "spéciale retraite".

Toutefois, comme vous le savez, les choses vraiment importantes ne se passent pas sur les marchés actions mais sur les marchés obligataires.

Là, un vieux monstre industriel et financier (improbable descendance de l’alliance de la carpe et du lapin) fait peur : le conglomérat General Electric (GE).

Voici l’allure de l’évolution du cours de GE.

graphique general electric

La descente aux enfers débutée en 2017 se poursuit à un rythme qui s’est récemment accéléré.

Le problème avec GE c’est que derrière l’action, il y a les dettes…

Figurez-vous qu’après avoir consacré 152 Mds$ depuis 2013 à racheter ses propres actions à crédit, l’entreprise est surendettée.

Sur ce graphique vous voyez le spread – l’écart – de taux entre les obligations émises par GE et celles émises par de grandes entreprises. L’écart grandit violemment, ce qui signifie que les obligations GE sont vendues.

graphique General Electric spread

Même les obligations perpétuelles (une sorte de rente à vie) s’effondrent.

graphique - General Electric - obligations

En gros, GE pourrait être parti pour faire faillite et 280 Mds$ de dettes risquent de partir en fumée…

Peut-être que la disparition de ce vieux monstre industriel et financier fait partie du plan de Donald Trump pour rendre sa grandeur à l’Amérique.

Plus sérieusement, c’est le moment pour vous de rester très liquide. Dans ma Stratégie du quatrième trimestre, Boucle d’Or contre l’Agonie des Zombies, j'indiquais que la hausse des taux longs aux Etats-Unis n’était pas provoquée par l’insolente santé de l’économie américaine mais plutôt par la montée des inquiétudes.

"Une hausse généralisée de taux signifie beaucoup d’emprunteurs  en concurrence.

 Ce peut être en raison d’une expansion économique, beaucoup d’entrepreneurs souhaitant trouver des fonds  pour se développer. Scénario Boucle d’or.

 Mais cela peut aussi signifier que la conjoncture devient plus  difficile et que les prêteurs craignent plus qu’auparavant la faillite ou le défaut des emprunteurs. La hausse des taux risque par conséquent d’être tragique pour les zombies".

Les zombies sont – je vous le rappelle -- des entreprises surendettées qui arrivent à faire illusion uniquement parce que les taux sont bas.

La  Banque des règlements internationaux (BRI ou encore BIS  comme Bank for International Settlements), s’est récemment émue de la prolifération de ces zombies.

Que faire ? Conservez des liquidités que vous assurerez avec un peu d’or physique hors circuit bancaire. N’achetez pas les creux de ce marché haussier finissant. Mettez-les plutôt à profit pour vous dégager et conservez vos liquidités pour investir lorsque l’agonie des zombies sera terminée.

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Bill Bonner <![CDATA[Le véritable héritage de Trump]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48651 2018-11-13T10:47:22Z 2018-11-13T10:47:22Z Trump - perplexe - president américain

Les principes conservateurs -- un gouvernement, des déficits, des guerres et une bureaucratie limités --sont jetés aux orties par les conservateurs eux-mêmes.

Un titre de l'agence Associated Press a attiré notre attention il y a quelques jours :

"Les conservateurs réclament du changement après que le parti républicain a perdu la Chambre".

Quoi ? Nous ne savions pas qu'il restait des conservateurs...

Parmi les nombreuses choses sur lesquelles nous nous sommes trompé, il y avait notre hypothèse, il y a deux ans environ, que M. Trump finirait par lancer un nouveau parti -- comme Juan Perón ou Emmanuel Macron.

Nous pensions que les conservateurs du parti républicain résisteraient à sa marque de fabrique politique très particulière, et qu'il devrait se séparer et commencer un nouveau mouvement.

Au lieu de cela, il a refait le parti républicain à sa propre image. Le parti -- qui défendait autrefois un programme conservateur, avec un gouvernement limité et des budgets équilibrés -- est désormais prêt à suivre tout ce que propose M. Trump.

Il n'y a jamais rien eu de conservateur chez Donald J. Trump, toutefois. Il est plus grand que nature, et prêt à aller là où aucun président n'est encore allé.

On peut trouver des parallèles dans l'Histoire, principalement dans des pays étrangers -- particulièrement en Amérique Latine.

Mais M. Trump est sui generis... au moins à la Maison Blanche.

A une autre époque, Le Donald n'aurait pas été pris plus au sérieux, en tant que candidat, qu'un homme de spectacle comme P.T. Barnum ou une idole du grand écran comme Rudolph Valentino.

Et si, par un coup du hasard, l'un ou l'autre avait été élu, il n'aurait été qu'un amusement -- une aubaine pour les journalistes et les médias, mais sans autre grande importance.

Un passage important de l'erreur à la catastrophe

  1. Trump, cependant, n'a pas été élu par accident ou par chance. Et il n'est pas arrivé à un moment où tout allait bien.

Nous pensons plutôt qu'il a un rôle majeur à jouer dans l'évolution historique de l'économie américaine, qui passe de l'erreur à la catastrophe.

Trump a été élu parce que l'Américain moyen se fait arnaquer depuis 40 ans. Durant cette période, le principal -- le seul, souvent -- actif que la personne moyenne avait à offrir -- son temps -- a vu sa valeur décliner.

Comme nous l'avons déjà démontré, il lui faut désormais travailler deux à trois fois plus longtemps pour acheter la maison ou la voiture moyenne.

Quant à payer sa part de la dette nationale... ou sa part de la dette totale -- vous pouvez oublier ça ; il n'y arrivera jamais. Il n'aura pas assez de temps.

Et tandis que le travailleur moyen s'est appauvri, d'autres -- les élites, les 1%, les actionnaires, les initiés, ceux qui ont une bonne éducation et un beau carnet d'adresses -- se sont enrichis. En termes ajustés à l'inflation, le Dow a grimpé de 760% depuis 1978. Les salaires réels, eux, stagnent.

La mesure par le temps ne triche pas

Si l'on utilise le temps comme mesure ultime de la richesse, aujourd'hui, les 10% les plus aisés sont si riches qu'ils peuvent contrôler jusqu'à quatre fois plus du temps du travailleur que dans les années 1970.

Les électeurs ne voyaient pas forcément les choses en ces termes... mais ils avaient le sentiment que quelque chose n'allait pas. Ils ont donc voté pour que M. Trump fasse quelque chose. "Rendez sa grandeur à l'Amérique", ont-ils supplié.

Hélas, le président n'a pas compris le défi et a manqué sa chance d'y changer quoi que ce soit. On ne peut y parvenir qu'en revenant aux principes conservateurs qui ont fait toute sa grandeur à l'origine -- un gouvernement limité, des déficits limités, des guerres limitées et une bureaucratie limitée.

Au lieu de cela, le président a approfondi le déficit et détourné l'attention des masses avec des querelles publiques, des murs aux frontières et des guerres commerciales.

A présent, maintenant que les démocrates ont le contrôle de la Chambre des Représentants... et que M. Trump a le contrôle des républicains... l'opportunité a disparu. Il n'y aura pas de vraie réforme, d'aucune sorte.
C'est bien entendu exactement ce qu'espéraient les initiés.

Une perte de 20 000 milliards de dollars

Le problème, c'est que le changement arrive quand même. C'est le changement que M. Trump ne peut pas arrêter... et que bien peu seront contents de voir arriver.

C'est le changement qui se produit lorsque 35 000 milliards de dollars de dette excessive et impossible à rembourser rencontrent le mur de la hausse des taux.

Cela se produira sous la forme d'une gigantesque vague de ventes sur les marchés. Ce que nous avons vu jusqu'à présent, ce ne sont que de légers signes avant-coureurs -- comme les grondements du Vésuve -- d'une future collision bien plus grande.

Le Dr. John Hussman, analyste à Wall Street :

"... la Fed a créé une bulle de plus qui a encouragé un endettement largement accru dans tous les secteurs de l'économie, et expose les investisseurs boursiers US à une perte probable qui dépassera les 20 000 milliards de dollars de capitalisation boursière dans les années qui viennent.

 Une perte de 20 000 milliards de dollars ? Ridicule. [...]

 Malheureusement, c'est bien ainsi que les valorisations fonctionnent sur l'ensemble du cycle. C'est ainsi qu'il était possible de projeter avec exactitude une perte de -83% sur les actions technos en mars 2000, et une perte d'environ -50% pour le S&P 500 après son sommet de 2007. Lorsqu'on frôle les 40 000 milliards de dollars de capitalisation boursière aux Etats-Unis, le ratio le plus élevé par rapport au PIB US de toute l'Histoire, une perte de la moitié de cette capitalisation lorsque le cycle atteindra sa fin est une estimation conservatrice. Ce n'est en tout cas pas le scénario du pire.

 Rappelez-vous également, suite aux effondrements de 2000-2002 et de 2007-2009, que l'assouplissement de la Fed ne fait rien pour provoquer la spéculation dans des périodes où les investisseurs sont averses au risque, parce que dans un tel environnement, les liquidités sûres sont un actif désirable, au lieu d'être considérées comme inférieures".

Oui, le changement se produit qu'on le veuille ou non.

Et le changement est naturel... et sain (une "correction" efface les erreurs).

Mais l'histoire ne finit pas là. Cette perte boursière de 20 000 milliards de dollars sortira des poches des riches... du Deep State... et d'un certain D.J.T.

C'est à ce moment-là, prédisons-nous, que M. Trump laissera sa vraie marque sur l'Histoire. Le président ne se contentera pas de demander poliment de l'aide à la Fed. Avec l'aide des démocrates et des nouveaux républicains, il fera exploser les obstacles qui se trouvent sur son chemin.

Ensuite... eh bien... nous verrons ce qui se passera.

Mais nous pensons que vous n'allez pas aimer.

[NDLR : Un petit aperçu ? C'est par ici... (il y a aussi les moyens de vous protéger)]

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Bill Bonner <![CDATA[Pourquoi le gouvernement ne peut rendre sa grandeur à personne]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48642 2018-11-12T12:57:41Z 2018-11-12T12:57:41Z George Washington - père de la démocratie moderne - Etats-Unis

La démocratie est en panne -- mais a-t-elle jamais été autre chose qu'une vaste tentative de vol, pour faire passer richesse et pouvoir depuis les masses vers les initiés ?

Les marchés se remettent. Ils ont pardonné le mois d'octobre... et l'ont oublié : tout va bien puisque que les démocrates et les républicains vont désormais travailler ensemble...

... pour escroquer le peuple américain. CNBC :

"'J'espère que nous pourrons tous travailler ensemble l'an prochain afin de continuer à tenir nos promesses au peuple américain, notamment concernant la croissance économique, les infrastructures, le commerce, la baisse du coût des médicaments', a déclaré Trump lors d'une conférence de presse. 'Les démocrates viendront nous voir avec un plan pour les infrastructures, un plan pour la santé, un plan pour des trucs dont ils s'occupent, et nous négocierons'."

 Oui, cher lecteur, nous vivons dans un triste monde. Certains sont toujours prêts à utiliser la force ou la fraude pour obtenir ce qu'ils veulent. Des centaines d'entre eux ont été élus mardi dernier.

Un dangereux fantasme

La démocratie est un dangereux fantasme. Les pères fondateurs des Etats-Unis ne lui faisaient guère confiance. Ils connaissaient l'histoire de Rome. Ils savaient qu'on ne peut pas faire confiance à la foule.

Ils créèrent donc une "république" -- avec une classe d'initiés patriciens pour faire tampon entre le peuple et le gouvernement.

Cela sembla fonctionner... pendant un temps.

Ensuite, une fois que le 17ème amendement eut mis en place l'élection directe des sénateurs en 1913, les patriciens -- qui voyaient le service public comme un devoir plutôt qu'une opportunité -- disparurent peu à peu. Le dernier que nous ayons personnellement connu était le sénateur Harry Byrd, de Virginie -- un gentleman jusqu'au bout des ongles.

Le problème, avec un groupe intermédiaire d'initiés -- comme le Congrès US --, c'est qu'il est facilement la proie de la corruption. Au lieu de veiller aux intérêts du peuple, les politiciens veillent aux leurs... et à ceux de leurs compères.

A présent, quasiment tous les membres du Congrès sont des arnaqueurs. La démocratie américaine (et la démocratie en général) -- bien qu'elle soit incroyablement amusante, si on ne la prend pas au sérieux -- n'est guère plus qu'un fantasme et une illusion.

Elle part du principe qu'il existe une race de gens super-intelligents et super-vertueux, capables de gérer nos affaires publiques.

Elle affirme que ces merveilles peuvent être découverts lors des élections par l'électeur moyen, qui sélectionne les meilleurs d'entre elles.

Elle prétend que la majorité des électeurs obtient les candidats qu'ils veulent vraiment... et que ces politiciens donnent aux électeurs ce qu'ils ont demandé.

Enfin, elle imagine qu'un groupe de gens s'en tire mieux quand c'est son parti qui gagne.

Il n'y a aucune preuve que ces choses soient vraies.

Nous allons passer sur les trois premières... pour creuser la dernière.

Une attrayante nuisance

Les affaires d'une nation moderne comptant 330 millions d'habitants ne peuvent pas être décemment comprises -- en détail et intelligemment -- par un groupe de gens qui passent la majeure partie de leur temps à lever des fonds pour leur campagne de réélection.

Plus une société est complexe, moins elle a besoin que des politiciens l'améliorent.

Quant à un électeur moyen, il n'a aucun moyen de savoir quel candidat est le mieux placé pour relever les futurs défis. D'abord parce qu'il ne sait pas quels sont les défis en question.

Ensuite parce qu'il ne connaît pas non plus vraiment les candidats. Il ne peut se fier qu'à leurs slogans de campagne et leur personnalité médiatique.

La majorité n'obtient pas vraiment ce qu'elle veut. Un gouvernement est toujours utilisé par la minorité pour séparer la masse des citoyens de leur argent, leur pouvoir et leur statut.

La minorité obtient des contrats, des emplois, des crédits, des récompenses, des subventions et des allocations, tandis que la majorité finance tout cela. L'électeur moyen ne s'intéresse pas à 95% de ce que font les autorités... et rejetterait immédiatement ces actes s'il devait les payer directement.

Il pense que c'est quelqu'un d'autre qui paie... et que c'est, d'une manière ou d'une autre, pour son bien.

Enfin, on harcèle l'électeur -- jusqu'à lui faire honte -- pour qu'il aille voter, comme si sa vie en dépendait. Son parti a besoin de lui, lui dit-on en permanence. S'il ne vote pas, les portes de l'enfer s'ouvriront et les démons viendront ravir sa femme, voler son argent et changer l'hymne national.

Mais la politique n'est qu'une nuisance attrayante : les initiés obtiennent l'argent et le pouvoir... et le reste des citoyens peut s'en aller chanter des slogans lors de rassemblements politiques.

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Nicolas Perrin <![CDATA[L’euro est-il vraiment « irréversible » ?]]> http://la-chronique-agora.com/?p=48623 2018-11-12T11:16:54Z 2018-11-12T11:16:54Z monnaie forte - euro -devise

Quel est l'avenir de la monnaie dans laquelle est sans doute libellée la plus grande partie de votre patrimoine ?

Attention. Vous avez le droit de penser ce que vous voulez au sujet de l'euro... à condition que ce soit du bien !

Mi-juin, Mario Draghi a chanté une jolie berceuse à destination des investisseurs et des épargnants soucieux face au grabuge entre Rome et Bruxelles :

 "L'euro est la monnaie de 340 millions de personnes et bénéficie à présent d'un soutien à hauteur de 74% parmi les citoyens de la Zone euro. [...] Vous pouvez en tirer vos propres conclusions, mais l'une de ces conclusions est que [l'euro] est irréversible parce qu'il est fort, parce que les gens en veulent et parce que personne n'a rien à gagner à discuter de son existence".

Mario Draghi - La Tribune - euro

A en croire le président de la BCE, la pérennité de la monnaie unique serait assurée par sa force (l'euro serait très demandé) et parce qu'aucun pays membre de la Zone euro n'aurait intérêt à en sortir.

Est-ce vraiment le cas ?

En l'absence de mutualisation des risques financiers, l'euro restera une monnaie de réserve internationale de second rang.

Les pays du nord de la Zone euro refusent toute mutualisation des risques économiques et financiers (bancaire et souverain). Cette situation, si elle perdure, aura deux conséquences.

Tout d'abord, la stabilité de la zone restera précaire. Le risque individuel de chaque pays serait élevé au regard d'une crise économique, d'une crise bancaire ou encore de soubresauts sur l'une ou l'autre des 19 dettes publiques. Du fait de l'imbrication des systèmes financiers nationaux, c'est la Zone euro dans son ensemble qui s'en trouverait fragilisée.

Ensuite, comme le relève Natixis dans un Flash Economie en date du 3 mai(1), l'absence d'un marché unifié de la dette publique "condamne l'euro à rester une monnaie de réserve de second rang derrière le dollar".

 En effet, c'est notamment parce que "les Etats-Unis présentent un marché unifié de leur dette publique" que celle-ci est considérée "sans risque" par les marchés. Cela explique que depuis sa création en 1999, l'euro n'a pas gagné de terrain au niveau des réserves de change des banques centrales, alors même que les 11 pays créateurs ont été rejoints par huit nouveaux membres entre 2001 et 2015.

réserves de change - banques centrales - UE

Il y a déjà deux "euros"

Et encore, si l'on analyse les choses un peu plus en détails, on s'aperçoit qu'il y a deux types d'euros.

En effet, l'évolution de la détention des obligations souveraines des différents Etats-membres de la zone par les investisseurs non-européens fait apparaître deux groupes d'Etats : d'une part les pays du coeur de la zone et, d'autre part, ceux de la périphérie, comme permet de le constater cet autre graphique de Natixis :

graphe - taux d'intérêts - Europe
La France, la Belgique et la Finlande n'ont pour le moment aucun mal à financer leur déficit extérieur, alors que l'Espagne, l'Italie et le Portugal doivent payer un taux d'intérêt bien plus élevé pour financer le leur.

En somme, comme l'écrit l'équipe de recherche de Patrick Artus, "depuis la crise de la Zone euro (2010-2013), l'euro n'est plus une monnaie de réserve internationale que pour les pays du coeur de la Zone euro".

Pour les pays de la périphérie, "la détention de leurs dettes publiques devient de plus en plus domestique : l'euro n'est plus [...] une monnaie de réserve."

Le tableau ci-dessous montre que les investisseurs non-résidents font grosso modo deux fois plus confiance à l'Etat finlandais qu'à l'Italie pour ce qui est du remboursement de leur dette dans une devise qui ne sera pas une monnaie de singe (72,8% des titres de dette souveraine négociable finlandaise sont détenus par des non-résidents, contre 35,6% seulement pour la dette italienne).

tableau - investisseurs - dette extérieure - Europe

Lorsque Mario Draghi déclare au sujet de l'euro que "les gens en veulent", il n'a donc qu'à moitié raison. Et encore, les chiffres que je vous ai présentés datent du 31/12/2017. En 2018, le bilan est pour le moment largement négatif, avec des investisseurs hors Zone euro qui ont plutôt tendance à fuir la dette publique européenne...

graphe - dette publique - zone euro - investisseurs

Qu'en est-il est du caractère "irréversible" de la monnaie unique ?

Le coût de la sortie de l'euro pour les pays du sud

Comme Mario Draghi, Natixis est convaincue qu'aucun membre de la Zone euro ne demandera à la quitter.

Natixis - sortie - zone euro

Pour l'équipe de recherche de Patrick Artus :

"Le niveau très élevé des dettes extérieures en euros rend en effet la sortie de l'euro et la dépréciation du taux de change extrêmement coûteuses et dangereuses".

 Cet argument vaut pour les pays qui se retrouveraient avec une devise nationale dépréciée par rapport à l'euro.

Je ne reviens pas sur le coût de la sortie de l'euro pour les pays du nord, que nous avons déjà abordé avec TARGET2. [Faire le lien avec les articles des 7 et 8 novembre] Pour ce qui est des pays fortement endettés, notamment l'Italie, tout le monde n'est pas d'accord avec Natixis et Mario Draghi.

Au mois de juin, JPMorgan estimait en effet qu'une sortie de la Zone euro pourrait se révéler la meilleure solution pour Rome.

JPMorgan - Italie - sortie - zone euro

Zero Hedge résume l'argument :

"Et si un pays en train de quitter la Zone euro – très probablement sur le point de faire défaut sur ses engagements vis-à-vis de l‘extérieur et déjà prêt à revenir à une devise nationale – reniait sa dette TARGET2 ? Après tout, non seulement les créances et les dettes intra-Eurosystème TARGET2 ne sont pas garanties, mais tout pays quittant la Zone aurait peu à perdre en coupant les ponts avec l'Europe, alors qu'il renoncerait à utiliser la 'monnaie commune'. Dans un tel scénario, une sortie de l'euro par un pays débiteur représenterait davantage un coût pour les pays créanciers tels que l'Allemagne plutôt que pour le pays sortant lui-même."

Par ailleurs, comme le relève JPMorgan, "l'Italie enregistre un excédent de ses comptes courants depuis la crise de l'euro en 2012. Cet excédent facilite la sortie de l'euro (...)".

graphique - balance - PIB - pays - zone euro

Vous aurez remarqué que la France est au contraire en déficit de ses comptes courants, c'est-à-dire que si le pays devait quitter l'euro, "le déficit devrait être comblé ou disparaître immédiatement", comme le relève Bruno Bertez.

Notez que début juin, Charles Gave voyait bien lui aussi l'Italie récupérer "sa souveraineté monétaire".

Et les deux euros s'écartent de plus en plus

 La hausse de l'écart de taux entre le nord et le sud de la Zone euro, spectre du "risque de dénomination" de l'euro, ne cesse de grandir.

Nous avons vu plus haut que l'écart entre les taux à 10 ans entre le nord et la périphérie de la Zone euro tend à s'accentuer.

Cette prime de risque croissante peut refléter deux craintes distinctes : le risque de défaut sur la dette publique d'un pays donné, et/ou le risque de sortie de l'euro et de dépréciation du change du pays en question. La deuxième possibilité est appelée le "risque de dénomination" ("denomination risk").

Le 12 juillet, Natixis y voyait "plutôt de primes de risque de défaut sur les dettes".

En octobre, d'autres commentateurs étaient d'un avis différent. Certains CDS permettent de se protéger d'une conversion de la dette souveraine en monnaie nationale. Voici une vue en date du 9 octobre qui fait apparaître l'évolution de ces CDS sur l'Italie, le Portugal et l'Espagne.

graphique - CDS - Italie - Portugal - Espagne

Force est de constater que dans le cas de l'Italie, ce risque a significativement augmenté ces derniers temps.

Voilà de quoi prendre les déclarations de Mario Draghi au sujet de l'euro avec des pincettes.

En réalité, la vocation des dettes publiques des pays de la Zone euro à être remboursées n'est pas plus "irréversible" que ne l'est la monnaie unique.

[NDLR : Dans ce contexte, les cryptomonnaies sont susceptibles d'attirer des capitaux cherchant à s'évader. Découvrez ici comment en profiter.]

 

(1) https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/2zR7anI7yGtNjFvaQEyyhQ==

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