La Chronique Agora Analyse macro économie contrarienne 2018-09-19T11:22:07Z http://la-chronique-agora.com/feed/atom/ Bill Bonner <![CDATA[Comment la politique peut ruiner certains]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47692 2018-09-19T11:22:07Z 2018-09-19T11:22:07Z navire de guerre anglais

La politique est une activité gagnant-perdant : elle consiste à prendre de l’argent sans contrepartie équitable. Seul l’intermédiaire s’enrichit mais il y a des exceptions…

Nous faisons un petit tour de l'Irlande, histoire de découvrir le pays. L'une de nos premières étapes a été Lissadell House, dans le comté de Sligo... où nous avons appris qu'une grande famille pouvait causer sa propre ruine.

Les Anglais achevèrent leur reconquête de l'Irlande au début du XVIIème siècle, et divisèrent ensuite le pays en vastes plantations.

En 1622, Paul Gore, un commandeur anglais, s'est vu attribuer une vaste étendue de terres au nord de l'île, dans le comté de Donegal, d'où vient la famille de votre correspondant.

En 1900, Sir Henry William Gore-Booth était l'un des hommes les plus riches d'Irlande, avec 32 000 acres de terrain.

Mais la roue tourne... et la fortune aussi. Au début du XXème siècle, les Anglo-Irlandais perdaient leur emprise sur l'Irlande... tandis que la famille de Sir Henry perdait le contact avec la réalité.

Le dangereux carrefour entre la politique et l’argent

Ces derniers temps, nous examinons le croisement entre la politique et l'argent. Il est dangereux... et les accidents y sont fréquents.

Le plus souvent, prêter attention à la politique est une erreur. La politique est une activité gagnant-perdant, tandis que l'argent est principalement gagnant-gagnant.

Dans le monde moderne, c'est le travail qui rapporte, non la guerre. On gagne de l'argent en offrant quelque chose aux autres. Votre temps, votre attention, votre épargne, vos inventions ou vos innovations -- généralement, plus vous donnez, plus vous recevez.

[NDLR : Connaissez-vous cette stratégie qui vous permet de percevoir des loyers sans immobilier et sans locataire ? Non, ce n’est pas une escroquerie et elle ne consiste pas à acquérir des parts de SCPI. C’est une stratégie vraiment originale et très rentable que nous vous invitons à découvrir ici.]

Se mêler de politique, généralement, finit en distractions et tromperies : plus vous forcez les autres à donner avec un canon braqué sur la tempe, moins vous avez à donner en retour.

La politique ne crée pas de richesse. Elle ne fait que la "redistribuer" -- de ceux qui la gagnent vers ceux qui s'accaparent le butin ainsi volé.

Au bas de l'échelle, les programmes sociaux redistribuent des quantités minimales. Les zombies obtiennent assez pour vivre... mais guère plus.

Au sommet, quelques compères s'enrichissent grâce aux escroqueries fédérales -- mais ils ne sont pas nombreux. C'est un jeu difficile, parce que vous faites concurrence à d'autres compères... souvent encore plus impitoyables que vous.

Parfois, cependant, il faut s'intéresser à la politique. Parce que, comme le disait l'activiste des droits civiques Stokely Carmichael, elle pourrait s'intéresser à vous.

Le crime peut payer

Dans la Russie de 1917, par exemple, inutile d'essayer de trouver la meilleure action boursière ou la meilleure obligation... ou de faire une bonne affaire avec cet appartement sur Nevsky Prospekt.

Des tendances macroéconomiques naissaient... des mouvements politiques hideux... qui faisaient des accords gagnant-gagnant une perte de temps. Les gains que vous étiez sur le point de faire ne tarderaient pas à être confisqués.

De même, il ne servait pas à grand chose de spéculer sur l'immobilier en front de mer à Pompéi en 79 av. J.C.... et il était parfaitement inutile de tenter de trouver le bon endroit pour votre stand de nouilles à Hiroshima en août 1945.

S'il y a effectivement un "crime oublié" derrière toute grande fortune, comme l'affirmait Balzac, celui des Anglo-Irlandais était évident : leur fortune venait de la guerre -- l'accord gagnant-perdant par excellence --, achetée avec le sang de l'Irlande catholique.

Dans la cathédrale de Cashel (également sur notre route) en 1647, par exemple, les forces protestantes exterminèrent 1 000 soldats et civils. En tout, jusqu'à la moitié de la population irlandaise aurait été tuée durant les campagnes de Cromwell -- plus de 600 000 morts à cause des massacres, de la maladie et de la faim.

En d'autres termes, les Anglo-Irlandais ont bel et bien volé leurs propriétés. Trois siècles plus tard, ils n'avaient pas de quoi se plaindre. Ils profitaient de leurs manoirs et de leurs grandes propriétés... mais aussi de leur statut, de leur prestige et de leur richesse... depuis le règne d'Elizabeth I.

Le crime avait payé... mais il était désormais temps de s'intéresser à la politique.

Pâques sanglantes et retour de la politique

Le soulèvement de Pâques, en 1916 -- au cours duquel Constance Markievicz, l'une des filles de Lissadell House, joua un rôle important -- marqua le début de la fin.

Cinq ans plus tard, l'Irlande avait pris son indépendance et la situation s'était inversée. La politique avait créé les grands domaines -- à présent, la politique les démantelait grâce à un mélange d'impôts, de ventes forcées et de saisies.

Il était à peu près impossible d'entretenir ces grandes demeures sur le peu de terres qui leur restait. Beaucoup furent abandonnées et tombèrent en ruines.

Certaines furent vendues et transformées en logements, hôtels ou terrains de golfs. D'autres furent reprises par les autorités locales ou nationales.

Et tout comme la politique avait condamné le manoir de Lissadell, elle condamna la famille qui y avait vécu pendant tant d'année.

Henry Gore-Booth laissa derrière lui une bande hétéroclite -- dont sa fille, Constance, qui épousa un Polonais et rejoignit plus tard les rebelles irlandais lors du soulèvement de Pâques.

Ainsi, radicalement engagée dans la politique, la famille entière sembla quitter le tableau de bord des yeux. Quelques années plus tard, elle avait foncé droit dans le mur.

Les Anglo-Irlandais -- qui avait tant gagné par la conquête -- avaient le sentiment qu'ils devaient se battre du côté anglais, quelle que soit la bataille. La cathédrale St Patrick à Dublin, par exemple, regorge de monuments aux soldats qui sont morts en Inde, en Afrique du Sud et en Amérique.

Se battre pour les Anglais n'avait aucun sens pour les Irlandais... mais pour les Anglo-Irlandais, c'était une question de fierté et d'habitude. Durant la Deuxième guerre mondiale, l'Irlande resta neutre -- mais les Gore-Booth et le reste de l'aristocratie terrienne Anglo-Irlandaise envoyèrent quand même leurs jeunes gens au front.

Lissadell y perdit deux de ses fils. Un autre revint brisé. A cette époque, la famille était remplie d'activistes, de poètes, d'excentriques, de bonnes âmes et d'artistes. Mais il n'y avait personne qui puisse entretenir la maison... et les liens familiaux.

En 2004, la famille mit la maison en vente ; elle termina entre les mains d'un charmant couple de Dublin, qui l'a ouverte au public, passe son temps à réparer des fenêtres et planter des légumes.

Lissadell House-Irlande

 

A présent, les petites gens d'Irlande -- qui autrefois coupaient du bois et portaient des plateaux dans la grande maison -- s'y promènent, à six euros le ticket, et ouvrent de grands yeux devant les anciennes conditions de vie de la classe dirigeante.

 

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Simone Wapler <![CDATA[L’inflation, honteuse bouée de sauvetage de nos finances publiques]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47683 2018-09-19T11:00:25Z 2018-09-19T11:00:25Z consommation inflation France

L’inflation sauve le budget du gouvernement Philippe mais va à terme plomber notre pouvoir d’achat.

Les marchés sont d’excellente humeur, ils digèrent très bien la guerre commerciale sino-américaine et ne se soucient plus de l’Italie. Le rendement de l’emprunt d’Etat à 10 ans de ce pays est repassé sous le seuil psychologique des 3%.

J’en profite pour vous détailler comment le budget et les finances publiques profitent du retour de l’inflation.

Voici d’abord comment évolue officiellement l’inflation des prix depuis cinq ans :

Graphique Inflation France

La barre des 1% a allègrement été franchie.

Une infraction décontractée, assumée et complètement pas solidaire…

Le gouvernement a pris la décision de ne revaloriser les retraites de la CNAV que de 0,3% en 2019 et 2020. Ceci est en infraction avec le Code de la Sécurité sociale de notre bel Etat-providence, qui avait gravé dans le marbre de l’article L161-25 que les retraites devaient être réévaluées en fonction de la hausse des prix à la consommation.

En dehors des retraites, il est prévu que d’autres prestations ne suivent pas. Le gouvernement désindexe aussi les traitements des fonctionnaires. L’assèchement de tous ces petits ruisseaux évite quelques milliards d’euros de décaissements.

D’euthanasie en euthanasie

Tout ceci est finalement une bonne chose. Je vous choque ? Voyez cela comme l’euthanasie de l’Etat-providence ! Les prestations promises vont se retrouver laminées ; peut-être que cela dissuadera un électorat assoiffé de « promesses sociales » de voter pour avoir toujours plus d’argent qui tombe du ciel.

Ce qui ne va pas en revanche, c’est l’euthanasie des épargnants. D’abord ceux qui parquent des liquidités dans l’épargne réglementée. Le livret A ne rapportera que 0,75% jusqu’en 2020. Ensuite, ceux qui - en ayant fait le sacrifice de différer leur consommation à une époque où l’épargne n’était pas insultée – ont pu se constituer un  patrimoine financier et immobilier. Les assiettes de nos innombrables impôts ne sont jamais relevées en fonction de l’inflation.

Ce qui ne va pas non plus, c’est cette incapacité de ce gouvernement à faire ce que tout le monde attend : des économies, des vraies. Que l’Etat fasse moins de tout et plus de rien et se recentre sur ses fonctions essentielles.

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Des tours de passe-passe qui ne tromperont qu’un  temps

Le retour de l’inflation permet donc à ce gouvernement de présenter un budget presque honorable en grattant sur les prestations et en gonflant la TVA et les autres recettes fiscales.

Mais déjà, en juin, la dernière enquête de l’INSEE sur la confiance des ménages publiait ceci :

"Les ménages sont plus pessimistes quant au niveau de vie futur en France : le solde correspondant perd 5 points, après −4 points en mai. Il se situe désormais nettement au-dessous de sa moyenne de longue période.

Les ménages sont plus nombreux que le mois précédent à estimer que les prix ont augmenté au cours des 12 derniers mois : le solde correspondant gagne 4 points, après +9 points en mai. Il se situe néanmoins toujours au-dessous de sa moyenne de long terme.

 Les ménages sont quasiment aussi nombreux qu’en mai à estimer que les prix vont augmenter au cours des 12 prochains mois (−1 point). Le solde correspondant demeure nettement au-dessus de sa moyenne de longue période".

Sans surprise, l’indicateur avait plongé.

Graph-indicateur-confiance-ménages-INSEE

La prochaine publication de l’INSEE est prévue pour le 26 septembre. Nous verrons bien comment ont été reçues les feuilles d’impôt automnales.

En attendant, BFM Business notait ceci :

consommation France BFM

En réalité, il y a un phénomène économique que les Parasitocrates ont du mal à cerner et qu’il conviendrait de leur expliquer.

Pour payer des impôts, les contribuables tapent dans l’argent qu’ils ont gagné. Contrairement à un banquier central, ils ne peuvent pas s’octroyer des « liquidités » et faire surgir de l’argent du néant. Donc, si les impôts augmentent, il leur reste moins d’argent pour dépenser dans autre chose…

Pour le moment, les taux d’intérêt sur la dette française restent contenus grâce aux malversations de la Banque centrale européenne et aux artifices budgétaires que nous venons de décrire. Si jamais ils remontent, le fardeau des 2 255 Mds€ de dettes publiques deviendra insupportable.

C’est pour cela qu’il faut vous préparer au jour « J » du jubilé.

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Bill Wirtz <![CDATA[L’activisme écologique et anti-science dévoilé]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47680 2018-09-19T10:43:36Z 2018-09-19T10:42:04Z Activiste de greenpeace en combinaison de protection radiation - Kiev, Ukraine

Loin de défendre l’écologie, Greenpeace s’oppose à des avancées dans le domaine de la biotechnologie relatives à la santé humaine et à la nutrition

Le portail de recherche autrichien Addendum a publié récemment une vidéo (1) sur les faits, les chiffres et les positions concernant les aliments génétiquement modifiés, connus sous le nom d'"OGM".

Pour rédiger ce rapport qui tentait d'expliquer la technologie, les implications économiques et le discours public, Addendum s'est entretenu avec des militants actuels et anciens de Greenpeace, les amenant à révéler la terrible réalité de l'activisme anti-scientifique de cette ONG écologiste.

Quiconque était sous l'illusion que des organisations comme Greenpeace sont de véritables partisans de l'écologie, avec pour seul but l'amélioration de la santé humaine et de la biodiversité, souffrira d'un choc en écoutant les échanges contenus dans la vidéo entre Addendum et Sebastian Theissing-Matei, porte-parole de Greenpeace en Autriche.

Addendum : Dans les magasins bio, je peux acheter des produits fabriqués par irradiation. Est-il judicieux d'autoriser une telle chose tout en diabolisant les autres [les aliments OGM] ?

Theissing-Matei : C'est en effet une incohérence qui est née de notre histoire – il faut être honnête à ce sujet.

Addendum : Greenpeace ne devrait-il pas également lutter contre certains types de pommes vendues dans les magasins bio et produits par irradiation ?

Theissing-Matei : Comme nous l'avons dit, ce sont des produits qui existent depuis longtemps. Il y a des lacunes dans la loi, sans doute. Nous nous concentrons toujours sur les choses qui sont actuellement dans le débat politique.

Addendum : Les arguments de Greenpeace ne devraient-ils pas être fondés sur la réalité, à savoir le danger ou l'absence de danger et l'utilité possible [du progrès technologique], et pas seulement sur la base de polémiques dans les médias ?

Theissing-Matei : Nous sommes une organisation politique. Bien sûr, nous essayons d'agir dans le meilleur intérêt de l'environnement, mais actuellement, le débat politique consiste à déterminer si de nouvelles méthodes de modification génétique devraient ou non être placées sous la législation actuelle sur la modification génétique.

Greenpeace a plus ou moins constamment refusé d'accepter des subventions des gouvernements (y compris de l'Union européenne), ce qui ne met en danger aucun de leurs financements par ce fait. En effet, l'ONG pèse plus d'un milliard de dollars et bénéficie (particulièrement en Europe) du soutien financier des partis politiques écologistes, eux-mêmes entièrement financés par les gouvernements.

Concernant le débat politique dont parle le porte-parole autrichien de Greenpeace, il est intéressant d'entendre une telle chose de la part de cette organisation. En 1996 déjà, Greenpeace manifestait (2) contre l'arrivée d'un navire de transport dans le port de Hambourg, en Allemagne, contenant prétendument la première livraison de soja génétiquement modifié en Allemagne.

Le ministre allemand de la recherche de l'époque avait alors ensuite exigé que les producteurs indiquent pour tous leurs aliments s'ils avaient été génétiquement modifiés. Le débat politique est donc bien orienté par Greenpeace, qui pourtant prétend ici de ne faire que suivre l'opinion.

C'était une chose de s'opposer aux aliments génétiquement modifiés en 1996 mais nous sommes dans une toute autre situation 20 ans plus tard. La récente analyse publiée par la revue scientifique Nature concernant le maïs génétiquement modifié et portant sur les caractères agronomiques, environnementaux et toxicologiques montre clairement que les insectes qui ne se nourrissent pas de maïs ne sont pas touchés et que le maïs génétiquement modifié présente des concentrations considérablement plus faibles de mycotoxines cancérigènes.

[NDLR : Vous souhaitez investir dans le domaine des biotech ou plus largement des nouvelles technologies pour engranger des plus-values dans des secteurs de croissance ? Alors ne ratez pas la "grande collision" qui s'annonce, un événement rare mais porteur de profits considérables. Découvrez-le ici.]

Toutefois pour Greenpeace, ce n'est pas la preuve scientifique qui compte mais la peur sur laquelle l'ONG peut faire prospérer son juteux modèle d'affaires. Ceci est confirmé dans le même rapport par l'ancien militant de Greenpeace, Ludger Wess, qui est aujourd'hui un rédacteur scientifique et l'un des premiers journalistes en Europe à couvrir les industries émergentes de biotechnologie :

"[A l'époque] Greenpeace était en fait ouvert à l'idée des aliments génétiquement modifiés. Ils ont dit : 's'il est vrai que les plantes deviennent résistantes aux insectes, c'est bien parce que nous utiliserons moins d'insecticides. Alors on défendra ça.'"

Après son retour d'une conférence scientifique sur le maïs génétiquement modifié en 1989, Wess est revenu chez Greenpeace :

"Je suis rentré, armé de toute une valise de documents, et après avoir beaucoup discuté avec des scientifiques, ils ont tous pu désamorcer mes soucis sur les OGM. Je n'étais plus convaincu que ce serait un danger pour la santé humaine. Je leur ai dit [à Greenpeace] : nous ne pouvons pas continuer à prétendre que les aliments génétiquement modifiés sont mauvais pour la santé humaine, ce n'est tout simplement pas vrai. On m'a dit que Greenpeace continuerait à défendre cette position car c'est seulement lorsque les gens craignaient pour leur santé ou celle de leurs enfants qu'ils ouvrent leur portefeuille pour effectuer des dons. Tout le reste, n'a pas d'intérêts pour nos campagnes."

Greenpeace a toujours été intéressé par la publicité plutôt que par un débat constructif et des discussions éclairées. Que ce soit en bloquant violemment les stations-service au Luxembourg, en perturbant de manière agressive le travail d'une plate-forme pétrolière ou en peignant un énorme rond-point en jaune à Berlin, avec des peintures polluantes et un coût de milliers d'euros de nettoyage.

Greenpeace est un groupe d'activistes anti-scientifiques qui utilise l'environnement comme une excuse pour propager des préjugés contre ce qui fait avancer la santé humaine et la nutrition.

Les donateurs actuels de cette organisation devraient se demander s'ils veulent continuer à soutenir cette ONG politique, qui ne respecte pas la vérité.

1-https://www.addendum.org/gentechnik/revolution-in-der-landwirtschaft/

2-https://www.tagesschau.de/multimedia/video/video-228701.html

3-https://www.nature.com/articles/s41598-018-21284-2

4-http://www.greenpeace.org/luxembourg/fr/nos-blogs/30ans-Greenpeace-Luxembourg-GALLERY/2002–-STOP-ESSO/

5-https://www.theguardian.com/environment/2013/sep/20/greenpeace-ship-stormed-russian-coastguard

6-https://www.tagesspiegel.de/berlin/greenpeace-protest-in-tiergarten-wir-haben-noch-keine-rechnung-erhalten/22752364.html

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Simone Wapler <![CDATA[Guerre commerciale et guerre des nerfs]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47665 2018-09-18T14:22:59Z 2018-09-18T11:00:43Z guerre commerciale USA Chine

Trump tire d'autres boulets sur le front de la guerre commerciale. Les marchés financiers risquent quelques dommages collatéraux.

De nouveaux produits "made in China" devraient être taxés, des produits de consommation surtout, dont les substituts sont difficiles à trouver.

Les rednecks qui ont voté pour le renouveau de la grandeur de l'Amérique vont devoir mettre la main à la poche. Un taux de 10% devrait d'abord s'appliquer sur 200 milliards de dollars de marchandises dont plus de 78 milliards de dollars sont des produits de consommation. Le taux sera ensuite remonté à 25% au 1er janvier 2019.

Jusque-là, la "guerre commerciale" ne s'est pas traduite par un bond significatif des prix à la consommation ; mieux encore, les Américains ne s'en inquiètent pas dans le futur.

graphe anticipation inflation guerre commerciale

 

On les comprend car finalement les prix à l'importation sont restés sages :

Evolution annuelle des prix à l'importation aux USA

 

Dans les faits, la hausse du dollar, sous l'effet des hausses de taux directeur de Jerome Powell aux leviers de la Fed, a compensé l'augmentation des droits de douanes.

Tout cela est bel et bon, me direz-vous mais ce sont les affaires des Américains, pas les nôtres. En quoi cela change-t-il notre façon d'investir ?

La déroute de Shanghai

Il me semble qu'il faut prêter attention aux marchés d'actions chinois. Depuis le début de l'année, l'indice composite de Shanghai est en forte baisse : -25,5%.

Avez-vous un "Programme L-227" dans votre portefeuille ?

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Et comme le souligne Wolfstreet, à long terme, la Chine a l'air de se "japoniser"... La Bourse chinoise ne s'est jamais remise de 2008.

indice Shanghai graphe guerre commerciale

 

C'est plutôt une mauvaise nouvelle pour les partisans du credo de la croissance mondiale synchronisée et autoentretenue...

Mais selon le Financial Times du jour, "rien ne se passera avant les élections de mi-mandat". Les camarades-capitalistes-chinois espèrent que Trump en sortira affaibli et que la grogne va monter du côté de ses supporters.

Peut-être... mais où qu'on regarde, le rapport risque/rendement des marchés actions se dégrade. Hier je vous parlais de la corruption chez Amazon. Sur cette nouvelle, la valeur a reculé de plus de 3% en séance. Pourtant, même après cette correction, elle se négocie encore à 173 fois ses bénéfices !

[NDLR : Vous souhaitez rester investi pour malgré tout faire fructifier votre épargne dans un environnement de taux zéro... sans pour autant passer vos journées dans l'angoisse ? Essayez notre service de trading par SMS. Cela vous prendra deux 2.30 mn par jour et après, ne vous souciez plus de vos positions. Notre spécialiste traite la gestion du risque et vous dira quand prendre vos bénéfices. Cliquez ici pour découvrir ce service.]

A long terme, ni les barrières douanières ni les impôts ne "redonnent sa grandeur" à un pays. Nous, les contribuables français, payons tous les jours pour le savoir... A long terme, création monétaire et droits de douane ne font que ressusciter que l'impôt-inflation.

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Nicolas Perrin <![CDATA[De bonnes nouvelles pour nous épargnants chez les banques ? (1/2)]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47652 2018-09-18T10:24:03Z 2018-09-18T10:30:32Z épargnants banques

Une interface officielle pour déclarer les fraudes à la carte bancaire dont vous seriez victime, une autre pour contrôler la garantie des dépôts de votre banque, et un peu plus de fonds propres...

Vous savez comment les banques profitent de leurs clients les plus captifs. Heureusement, la numérisation progressive de la société et les dernières évolutions de la réglementation bancaire laissent entrevoir quelques bonnes nouvelles pour l'épargnant.

Je ne vais pas vous parler ici de révolution, mais de deux nouveautés qui pourraient modestement rendre certaines opérations plus faciles... dans l'hypothèse malheureuse où vous auriez besoin de les réaliser !

Jusqu'au 6 juin 2018, un épargnant qui était victime d'une fraude à la carte bancaire (250 M€ de préjudice par an selon le gouvernement), c'est-à-dire d'une dépense effectuée à son insu et dont il n'est pas le bénéficiaire, devait se déplacer en brigade de gendarmerie ou dans un commissariat pour porter plainte.

Depuis le mois de juin, il est désormais possible de le faire sur la plateforme Perceval (Plateforme électronique de recueil de coordonnées bancaires et de leurs conditions d'emploi rapportées par les victimes d'achats frauduleux en ligne), accessible depuis le site internet du service public.

Perceval service public banques

En cas de détournement de votre carte bancaire, vous pourrez utiliser cette plateforme pour signaler l'escroquerie dans la mesure où vous remplissez ces quatre conditions : avoir un compte sur le site du service public ; toujours être en possession de votre carte bancaire (Perceval ne concerne pas le vol physique des moyens de paiement) ; ne pas être à l'origine des achats en ligne ; déjà avoir fait opposition auprès de votre banque.

Vous remplirez ensuite un questionnaire afin de circonstancier le ou les paiements frauduleux dont vous avez été victime.

Et ensuite ? Comme l'explique le colonel Nicolas Duvinage, Perceval "permet de récupérer un récépissé tout à fait officiel qui va (lui) permettre de se faire rembourser plus facilement et plus rapidement par sa banque". La balle est donc ensuite dans votre camp pour effectuer la demande de remboursement auprès de votre banque.

On n'en est donc pas encore à une gestion intégrée de la procédure entre l'Etat et les banques, mais c'est tout de même une simplification de nos démarches. Certes, un maigre progrès financé avec vos impôts, mais qui est toujours plus appréciable que la gabegie à laquelle on a souvent droit.

Moteur de recherche du FGDR : (ne) peut (que) mieux faire

J'ai eu à de nombreuses reprises l'occasion de vous parler du Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR). Je n'ai en revanche pas eu l'opportunité de vous dire que son site internet dispose d'un moteur de recherche des établissements de crédit et de toute entreprise d'investissement qui reçoit un agrément de l'ACPR en France, et qui devient alors adhérente au Fonds.

Bien pratique pour savoir si les néobanques auxquelles vous vous intéressez font l'objet de cette garantie théorique, n'est-ce pas ? Eh bien... pas vraiment.

En effet, certaines néobanques opèrent sous une marque qui appartient à un grand groupe. Par exemple, pour savoir si votre compte C-zam est couvert par l'Etat, c'est Carrefour qu'il faudra taper dans la zone de recherche.

FDGR banques

Plus important, d'autres néobanques auxquelles vous avez accès en tant qu'épargnant sont couvertes par un fonds de garantie étranger. C'est par exemple le cas de l'allemande N26, qui n'est pas répertoriée dans le moteur de recherche du FGDR, mais qui est couverte par son homologue allemand.

[NDLR : En cas de retour de "crise de la dette", votre banque est-elle sûre ? Toutes les réponses sont ici.]

L'idéal serait que ce genre d'outil soit capable de répondre qu'une néobanque "n'est couverte par aucun fonds de garantie", ou alors qu'elle est "couverte par un fonds de garantie de tel pays étranger", plutôt que de laisser planer le doute.

A défaut, pour savoir ce qu'il en est réellement, il vous faudra chercher vous-même l'information sur le site internet de la banque concernée, voire interroger son service client lorsque l'information n'est pas clairement mise en évidence en ligne.

Réglementation bancaire : le HCSF tire un peu la bride

Les fonds des épargnants français vont être un (tout petit) peu mieux protégés. Début juin, le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), qui réunit le ministre des Finances et les principaux superviseurs financiers français, a augmenté le niveau de fonds propres que doivent afficher les établissements français.

Le HCSFD impose aux banques une surcharge en fonds propres

Une augmentation de 0,25% au niveau des seules six banques françaises d'importance systémique, voilà qui ne va guère ralentir le créditisme. Mais les banques françaises, qui présentent "toutes un niveau de fonds propres au-dessus des exigences réglementaires", ont naturellement déploré cette décision.

Seulement voilà, "les autorités financières s'inquiètent du fait que la dette privée française représentait 130,2% du PIB à fin 2017, soit le niveau le plus élevé des grands pays de la Zone euro" (58,4% pour les ménages et 71,8% pour les sociétés non-financières), comme le relève L'Agefi. Et le régulateur veut naturellement éviter qu'un retournement de conjoncture ne fasse tomber quelques dominos zombies et ne déclenche une réaction en chaîne dans le secteur bancaire...

Frais bancaires : vers un plafonnement légal ?

Si vous êtes parti en vacances hors Zone euro et que vous avez utilisé une carte bancaire mise à votre disposition par une banque traditionnelle, vous avez sans doute subi des frais prohibitifs. Selon une étude de Panorabanques publiée au mois de juin, un retrait est facturé en moyenne 2,5% du montant + 3,1 € de frais fixes. Un paiement revient en moyenne à 2,6% + 0,4 € de frais fixes.

Cela n'est que la partie émergée de l'iceberg puisqu'il faut y ajouter les frais cachés que les banques traditionnelles se sont fait une spécialité de vous prélever.

Depuis le début de l'année, un certain nombre d'annonces ont été faites, laissant entendre que les excès de ce genre pourraient bientôt se voir plafonnés.

Au niveau européen tout d'abord, la Commission a annoncé en mars qu'elle souhaite mettre un terme aux frais de change excessifs pratiqués sur les virements au sein du marché unique, entre la Zone euro et les pays hors Zone euro.

banques UE veut en finir avec frais de change exorbitants

On en est encore au stade de la proposition législative, mais il n'est pas exclu que Bruxelles réserve le même sort aux commissions de change au sein de l'UE qu'aux frais d'itinérance facturés par les opérateurs mobiles en dehors des frontières nationales. (L'UE a mis un terme aux frais de roaming à compter de juin 2017). En attendant, c'est vers les initiatives du secteur privé qu'il faudra vous tourner pour pallier ces désagréments financiers.

Au niveau national, le gouverneur de la Banque de France planche depuis le mois de juin sur une solution permettant de limiter les tonnes de chair que les banques prélèvent sur le dos des clients en difficulté (150 € de commissions d'intervention + 230 € de frais d'incident par an moyenne).

Comme à l'heure actuelle, certains frais sont plafonnés par catégorie, François Villeroy de Galhau défend l'idée d'un "plafonnement global" qui prendrait en compte l'ensemble des frais.

banques frais bancaires excessifs

Dans le cadre de son Plan pauvreté, le gouvernement souhaite que le plafonnement des frais bancaires soit fixé à 200 € pour les ménages les plus fragiles financièrement (3,6 millions de personnes).

 

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Bill Bonner <![CDATA[La « mission suicide » de l’économie américaine]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47662 2018-09-18T09:56:57Z 2018-09-18T09:56:57Z billet dollar argent USA

De grands professionnels ont quitté les marchés et se sont mis sur le banc de touche. Les finances publiques américaines sont en proie à l'anarchie.

C'est une séparation inhabituellement nette : l'argent intelligent et l'argent idiot semblent se quitter.

Ces derniers jours, les nouvelles semblaient particulièrement joyeuses. Les actions américaines ont grimpé suite à une vague de données positives du côté de l'emploi et des sondages d'opinion.

Le Dow se trouve désormais à 500 points d'un nouveau sommet historique -- ce qui signalerait une reprise du marché haussier qui a commencé en mars 2009... ou en août 1982, selon la manière de calculer ses origines.

Rappelez-vous que peu d'investisseurs -- à moins d'avoir de la chance ou d'être très bien conseillés -- gagnent de l'argent en jouant sur les petits mouvements de marché... ou en choisissant des actions qui se révèlent être le nouvel Apple ou le nouvel Amazon.

[NDLR : De tels investisseurs sont rares... mais ils existent -- et vous pouvez en faire partie grâce aux conseils de notre spécialiste : cliquez ici pour en savoir plus et engranger des gains sur l'avancée technologique la plus incroyable de ces 58 dernières années.]

Au lieu de cela, ils se positionnent au bon moment... et conservent leur position... laissant la "tendance primaire" les amener là où ils veulent aller. La tendance primaire a porté les actions du Dow de moins de 1 000 points en 1982 à 26 000 points aujourd'hui.

Aujourd'hui, de nombreux investisseurs s'attendent à ce que cette tendance se poursuive. Ils pensent que l'économie est vigoureuse et qu'elle ira en s'améliorant. Après tout, c'est ce que dit le président des Etats-Unis -- et il est bien placé pour le savoir, non ?

L'indice Smart Money Flow de Bloomberg nous dit que les pros sortent du marché depuis six mois.

Cette semaine, Roubini, Tepper, Dalio et Gundlach -- tout un groupe de gourous -- ont annoncé qu'ils passaient baissiers ; la fin du boom du crédit arrive, disent-ils. C'est peut-être pour bientôt.

Évidemment, impossible de réellement déterminer qui est l'argent intelligent et qui est l'argent idiot tant que l'avenir ne s'est pas révélé.

Mais nous avons tendance à penser que l'argent intelligent sera celui qui reste sur le banc de touche. Nous pensons aussi que la frontière -- entre idiot et intelligent -- passera par la politique, où les passions ont pris le mors aux dents.

La politique est devenue un "trou noir" qui aspire l'argent

"Je n'ai jamais vu les gens s'énerver autant sur la politique", nous dit un vieil ami, venu nous rendre visite en Irlande. "Dans certains endroits, si vous osez dire quelque chose de positif sur Trump, ils vous haïssent immédiatement. Dans d'autres, si vous osez le critiquer, ils vous haïssent tout autant".

De nombreux investisseurs sont certains que les choses vont en s'améliorant et que cela ne va pas s'arrêter -- "au-delà du plein emploi"... 4% de croissance du PIB... la Chine va céder -- tout cela sous l'oeil vigilant du commandant-en-chef.

D'autres sont certains que ce n'est rien de plus que de la téléréalité : arrangé, manipulé, et, en fin de compte, factice.

A la Chronique, nous ne nous intéressons pas à la politique... sinon pour la mépriser. Notre sujet, c'est l'argent.

Mais aujourd'hui, la politique exerce une attraction rare et pernicieuse sur le monde de l'argent, comme une étoile noire aspirant une planète et causant sa mort.

Le gouvernement américain est le plus gros intervenant sur les marchés financiers. C'est aussi lui qui dépense le plus.

Ses politiques budgétaires stimulent ou étouffent l'économie. Sa banque -- la Fed -- bidouille la masse monétaire et le coût du crédit. Et soudain, sous la direction de la star de la téléréalité Donald J. Trump, le gouvernement fait des choses remarquables.

Il augmente les déficits budgétaires alors que les économistes traditionnels affirment qu'il devrait les réduire. Il lance une guerre commerciale alors que seul un charlatan -- le conseiller au commerce Peter Navarro -- pense que cela en vaut la peine.

Il vide ses coffres et ses greniers à grain alors que les vétérans conseillent d'épargner pour les temps difficiles.

"C'est déjà assez malheureux que les déficits augmentent à ce stade avancé du cycle, mais en plus, nous augmentons les taxes et les taux d'intérêt", déclare Jeffrey Gundlach, fondateur de la société d'investissement DoubleLine Capital.

C'est "une mission suicide", ajoute-t-il. "Cela augmentera la pression sur le déficit et créera un cycle d'auto-renforcement de la hausse de la dette et des taux".

Nous sommes aussi dans les premières phases d'une guerre commerciale. M. Trump est d'avis que le commerce mondial est un concours gagnant-perdant. Il pense que l'on gagne grâce à des négociations brutales, en faisant perdre son opposant.

Il y a quelques jours, le président américain a envoyé un tweet : "nos marchés grimpent, les leurs s'effondrent", a-t-il fanfaronné.

Mais le commerce n'est pas un accord gagnant-perdant. C'est un accord gagnant-gagnant. Ce sont ces accords gagnant-gagnant qui sont au cœur du capitalisme, du progrès et de la civilisation. Transformer le commerce en accord gagnant-perdant garantit que les deux parties perdront du terrain.

Anarchie financière

Les barrières commerciales font augmenter les prix. L'augmentation des prix signifie que l'inflation et les taux d'intérêt grimperont aussi. Des taux en hausse, cela veut dire que les autorités devront payer plus pour financer des déficits toujours plus profonds -- exactement ce dont le président US nous a gratifiés.

Le mois dernier, les autorités américaines ont emprunté 214 milliards de dollars. Elles ont dépensé 433 milliards de dollars, dont 32 milliards de dollars d'intérêt sur la dette nationale.

En d'autres termes, la moitié de ce qu'elles ont dépensé était emprunté. A mesure que les taux d'intérêt augmentent pour atteindre l'objectif de la Fed, ces 32 milliards de dollars se transformeront en 50 milliards de dollars. Annualisés, cela représente 600 milliards de dollars par an -- soit approximativement deux mois de recettes fiscales.

Et lorsque la prochaine récession se produira... attention la tête.

Les déficits se creuseront, de 1 000 milliards de dollars à 2 000 Mds $. La dette gouvernementale grimpera en flèche, à 30 000 milliards de dollars. Et les intérêts -- 4% -- absorberont les recettes fiscales de janvier jusqu'à avril.

C'est comme si une sorte d'anarchie financière s'était répandue dans le pays. Personne ne sait exactement quoi en comprendre... ou quoi en attendre.

Mais à mesure que l'incertitude augmente, les convictions des gens se cristallisent.

Un côté pense que nous sommes en route vers le paradis, et achète des actions. L'autre côté voit clairement "Enfer" écrit sur le billet, et vend.

Nous verrons bien où nous échouerons...

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Simone Wapler <![CDATA[D’où pourrait venir le choc qui déclenchera la GAF ?]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47640 2018-09-17T13:57:44Z 2018-09-17T10:45:52Z dollar - drowning - crisis

Nul ne connaît le petit bruit qui fera revenir les marchés à la réalité et dissipera les rêves. Mais la prochaine crise sera plus que financière, elle sera monétaire.

Depuis la CFM (la crise financière mondiale) de 2008, beaucoup de chemin a été parcouru (1).

Comme le rappellent opportunément les éditoriaux et commentaires anniversaires, des milliers de milliards sous forme de crédit gratuit ont été déversés pour éviter le pire et stabiliser l’économie, selon la version officielle. En réalité, pour protéger les fauteurs de trouble et empêcher l’assainissement selon notre version.

Pour les amateurs de précision, la capitalisation  des entreprises cotées a gagné 54 000 Mds$ (par comparaison l’économie mondiale produit tous les ans
70 000 Mds$). Selon toutes les règles d’évaluation traditionnelles, actions comme obligations sont surévaluées. D’où pourrait donc venir le coup qui viendrait réconcilier les valeurs avec la réalité au lieu de les laisser flotter dans le rêve ?

 

Transformer 1 000 € en plus de 10 000 € ?

C'est arrivé 17 fois au cours des 17 derniers mois... et vous pouvez faire pareil dès aujourd'hui : cliquez ici pour tout savoir !

 

Souvent, comme dans un bienheureux sommeil, il suffit d’un tout petit bruit pour vous réveiller. Et plus vous dormez depuis longtemps, plus vous devenez sensible…

Voici le genre de petit bruit parasite qui pourrait faire s’écrouler les valeurs tech :

"Soupçon de corruption chez Amazon - Amazon est en train d’enquêter après que la firme s’est fait signaler l’existence d’intermédiaires qui proposent aux marchands indépendants de faire enlever des avis négatifs et de réactiver des comptes bannis."

Peut-être que ce petit bruit rappellera à la réalité les dormeurs qui se demanderont si finalement la valorisation d’Amazon est justifiée.

Ou alors, la diminution des revenus en provenance des annonceurs encaissés par ces mêmes valeurs techs. Sachant que de flatteurs taux de clics sont dus à des robots, les annonceurs se montrent moins empressés…

L’écroulement des valeurs techs entraînerait celui des indices actions, gonflés de ces mêmes valeurs techs, puis le reste du marché. Le plus grave sera que la crédibilité des banquiers centraux en sera ruinée. Nous devrions donc assister à une fuite devant la monnaie.

Evidemment, ce petit bruit pourrait être aussi une faillite loin du cœur du système, dans un pays dit émergent.

En général, les grands chocs viennent d’une petite secousse à la périphérie – un frémissement d’abord jugé insignifiant – qui ensuite se propage au cœur du système, sonne le retour à la réalité et réveille les dormeurs.

Une chose me paraît probable, la prochaine crise ébranlera jusqu’à la monnaie car les banquiers centraux ont déjà « tout donné ». A défaut de connaître l’heure de l’arrivée de cette nouvelle crise, je revendique sa future appellation : la GAF comme Grande Apocalypse Financière.

Lorsque le système de Law a fait faillite en France, le signal du retour à la réalité avait été donné par deux grands personnages.

Rappelons que John Law fut à l’origine au début du XVIIème siècle de deux innovations majeures :

  • La monnaie papier d’Etat qui circule sans problème de confiance. Cette monnaie est certes échangeable contre de l’or et de l’argent mais c’est la première fois que du papier s’impose à grande échelle.
  • Une élégante opération de QE  (quantitative easing) ou OMT (outright monetary operations) : les emprunts d’Etat sont retirés de la circulation et repris par la Banque Royale en échange d’actions de la société de la compagnie d’Occident.

Ces innovations étaient motivées par le besoin de masquer l’insolvabilité de l’Etat français.

En mars 1720, le prince de Conti se rend à la Banque Royale avec ses billets et demande à les échanger en or. Il part avec trois chariots d’or. Il fut suivi par le duc de Bourbon.

D’autres pensèrent alors que le moment était venu de matérialiser leur nouvelle fortune. Hélas, il n’y avait d’or que  pour 20% des billets en circulation. Pour tenter de prévenir le désastre et dissuader les demandes de remboursement en or, un édit royal dévalua les billets face à l’or. La détention de métaux précieux au delà de 500 livres fut interdite, la dénonciation des contrevenants encouragée. Mais rien n’y fit.

Les gens continuaient à se présenter au guichet voulant partir avec de l’or.

Finalement la banque ferma.

Les billets de Law étaient devenus sans valeur.

Les actions de la Compagnie de l’Occident achetées avec ces mêmes billets étaient elles-mêmes devenues sans valeur.

La débâcle de Law a financièrement touché 10% de la population française, et fit 17 morts rue de Quincampoix lors des émeutes.

Mais depuis Law, nous avons bien progressé…

La bulle du mirage du crédit infini et gratuit touchera 100% de la population, comme au Venezuela. Sauf, peut-être, les privilégiés qui ont mis en place le « système ». Qui seront les Conti et Bourbon de notre époque ? Qui déclenchera la fuite ?

[NDLR : En attendant, comment engranger des revenus malgré les taux zéros ?  Voici une stratégie ingénieuse et profitable avec un rendement-risque stupéfiant. Lorsque notre collaborateur me l’a expliquée, j’ai été envieuse de ne pas y avoir pensé moi-même avant. Découvrez ici comment engranger des loyers sans même vraiment détenir de l’immobilier (et non, il ne s’agit pas de SCPI)… Jugez par vous-même.]

  • dans les média anglo-saxons, l’acronyme GFC - comme global financial crisis - devient la norme pour parler de 2008.

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Bill Bonner <![CDATA[Le plus grand crime financier du XXIème siècle]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47636 2018-09-17T10:12:40Z 2018-09-17T10:20:29Z Ben Bernanke - FED - ex-president

Ben Bernanke a-t-il vraiment compris le fonctionnement de l'économie et des marchés, est-il un valet naïf du Deep State ou une canaille ?

Aujourd'hui, nous examinons une question de personnalité.

L'ancien président de la Fed Ben Bernanke est-il sot... ou impitoyable ?

Le dixième automne de ce monde imbibé de dette est sur nous.

Une fois encore, les arbres ont revêtu leurs parures automnales... et une fois encore, les marchés financiers sont prêts à perdre leurs feuilles...

Mais d'abord...

Sur la colline de Tara

La semaine dernière, nous sommes allés de Dublin à Donegal, nous arrêtant en chemin pour gravir la colline de Tara, où les anciens peuples irlandais enterraient leurs morts, honoraient leurs rois et accomplissaient toutes les choses étranges et merveilleuses que les gens faisaient à leur époque.

Bill Bonner - colline de Tara - Irlande

Votre correspondant (à gauche) sur la colline de Tara

 

Colline de Tara - Irlande - monuments

 

Note de Bill : monuments sur la colline de Tara. L'un d'entre eux est présumé être un symbole phallique.
"Un symbole phallique de quoi ?" a demandé un visiteur

L'Irlande est habitée depuis la même période que les Amériques ou à peu près. Des ossements trouvés dans une grotte montrent que les premiers chasseurs y mangeaient de l'ours et du chevreuil dès 10 400 av. J.-C. Avant cela, l'île était couverte de glace et donc inhabitable.

Nous ne savons pas qui étaient les premiers résidents. Les Celtes sont arrivés relativement récemment, vers 1 000 av. J.-C. Ensuite sont venues les invasions des Vikings, des Normands et des Anglais, dans cet ordre.

Le long de notre chemin se trouvait la rivière Boyne -- le site de la bataille à la suite de laquelle les protestants anglais prirent le contrôle de l'île.

Cette bataille aurait pu ne jamais se produire. Les forces huguenotes anglaises, hollandaises, danoises et françaises sous les ordres de Guillaume d'Orange auraient aussi bien pu simplement traverser la rivière et aller massacrer quelques-uns des fermiers catholiques locaux.

L'hypocrite confession de Ben Bernanke

Ces jours-ci marquent aussi le dixième anniversaire de l'effondrement de Lehman Brothers. Les journaux sont pleins de souvenirs et de mensonges.

Ben Bernanke, par exemple, est toujours traité en héros. Nous nous demandons si c'est une erreur... ou une escroquerie. Dans un entretien il y a quelques jours, il admettait avoir commis des erreurs. De Bloomberg :

"L'ancien président de la Réserve fédérale Ben Bernanke a admis que les dirigeants avaient fait deux erreurs critiques dans leur lutte contre la crise financière il y a une décennie : ils n'avaient pas prévu une telle intensité, puis ont sous-estimé l'ampleur des dégâts économiques qu'elle causerait.

 'Personne n'avait vu à quel point la crise elle-même serait vaste et destructrice', a-t-il déclaré dans une courte vidéo faisant l'analyse d'un article de 90 pages sur le sujet, publié jeudi".

 Personne ?

Nous -- ainsi que des dizaines d'autres -- pensions qu'une crise était inévitable. Le ratio Dow/or dépassait les 20. La dette atteignait 325% du PIB. Les maisons se vendaient à des prix insensés... on accordait des prêts immobiliers à des sans-emplois et à des animaux de compagnie.

Nous avions averti qu'un danger planait sur Wall Street. En fait, utilisant un terme technique rarement employé par les autres Cassandre de la finance, nous avons prédit que les conséquences seraient "sacrément rudes".

Mais Bernanke a annoncé au monde que le problème de la dette hypothécaire (trop de dette dans le secteur immobilier) était "contenu". Quelques semaines plus tard, Lehman s'effondrait et la valeur des actions étaient divisées par deux ou à peu près.

Plus tard, plus de huit millions de personnes perdirent leur emploi et cinq millions perdirent leur maison.

Bernanke a aussi dit qu'il n'avait pas correctement expliqué pourquoi lui, le président de la Fed de New York Timothy Geithner et le secrétaire au Trésor US Hank Paulson utilisaient des milliards de dollars d'argent public pour renflouer AIG, Goldman Sachs et d'autres riches intervenants de l'industrie financière.

Evidemment, il ne pouvait rien expliquer. Cela reviendrait à admettre que toute l'affaire était une escroquerie.

Les grosses sommes sont allées aux gros intervenants. Et quand ces mêmes gros intervenants sont devenus trop gourmands et ont commis trop de grosses erreurs, ils ont été renfloués avec l'argent des petits porteurs.

Qui voudrait expliquer cela ?

Préserver la richesse mal acquise

Mais les vraies "erreurs" de Bernanke étaient bien plus sérieuses que l'ignorance économique et de tartuferie de relations publiques.

La plus évidente était l'Erreur n°3 : réduire les taux pendant une panique.

Il aurait dû laisser la correction faire son travail. Ainsi, l'économie aurait éliminé les mauvaises dettes, les mauvaises entreprises et les mauvais investisseurs (comme AIG et Goldman) engendrés par les sottises financières des 20 années précédentes.

Aujourd'hui, très probablement, nous serions en bien meilleure position -- avec moins de dette, des prix des actions plus bas et une économie plus stable.

Mais il ne pouvait pas faire ça. Parce que les grosses erreurs ont été commises par les personnes qui contrôlaient encore Washington et Wall Street... et par lui-même.

En aucun cas ils n'allaient rester les bras croisés pendant que leur richesse mal acquise disparaissait.

Au lieu de ça, Bernanke a commis le plus grand crime financier du XXIème siècle (à ce jour) lorsqu'il a fait sombrer le Congrès et tout le pays dans l'hystérie en affirmant que "si nous ne faisons pas ça demain [vendredi], nous n'aurons peut-être plus d'économie lundi".

Par "ça", Bernanke voulait dire : dépenser 700 milliards de dollars en gabegies diverses et variées, et secourir l'industrie financière avec des milliards de dollars que les autorités n'avaient pas.

Bernanke est soit un idiot soit une canaille... un larbin naïf du Deep State ou un scélérat.

Savait-il ce qu'il se passait vraiment et a-t-il intentionnellement conspiré pour dépouiller le public afin de protéger les compères, les autorités et l'élite ?

Probablement pas ; nous lui accordons le bénéfice du doute. Plus probablement, il n'a jamais compris le fonctionnement des économies et des marchés.

Pourquoi le devrait-il ? Il n'était jamais qu'un universitaire issu d'une mauvaise école... un acteur mineur dans le mauvais genre -- une star de seconde zone du catch professionnel.

Quoiqu'il en soit, au lieu de permettre à la correction d'assainir le marigot fétide de ses mauvais investissements idiots, de sa spéculation imbécile et de ses grotesqueries financières, il y a injecté plus de liquidités – 3 600 milliards de dollars en provenance de la Fed.

Partout dans le monde, d'autres banques centrales se sont jointes à lui, pour tenter de garder le rythme.

Ensemble, ils ont fait couler quelque 12 000 milliards de dollars sur les marchés financiers -- ce qui a permis à la dette mondiale d'atteindre le chiffre record de 250 000 milliards de dollars --, et ont tout mis en place pour un nouveau désastre gigantesque, qui ne devrait plus tarder.

Nous observons. Nous attendons. Nous voyons M. Bernanke sous le feu des projecteurs. Et nous nous demandons...

Comment et quand la prochaine crise arrivera-t-elle ? Nous n'en savons rien.

[NDLR : Notre spécialiste a sa petite idée... et connaît aussi les moyens de vous protéger (et de faire des gains !) lorsque la catastrophe se produira. Cliquez ici pour en savoir plus.]

Ce sera sans doute le principal thème financier des 10 prochaines années.

 

 

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Nick Hubble <![CDATA[Le cimetière des unions monétaires européennes]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47633 2018-09-17T10:12:15Z 2018-09-17T10:12:15Z euro - Union européenne - crise

Si l’Europe ne tire pas les leçons de son histoire, elle est condamnée à répéter la même erreur : essayer d’établir une union monétaire européenne.

Nous avons pu observer l’échec de l’Eurozone avant même que l’euro soit mis en circulation. Le SME (serpent monétaire européen) et le MCE (mécanisme de taux de change européen) ont tous les deux échoués.

Heureusement pour le Royaume-Uni, il a tiré les leçons de ces deux premiers échecs et n’a donc pas souhaité intégrer l’Eurozone.

Puis la crise des dettes souveraines s’est emparée de l’Europe. Face à cette crise, la BCE a mis en œuvre des politiques non conventionnelles. Si un système doit violer ses propres règles pour espérer survivre, c’est que les fondations même de ce système sont défaillantes.

L’échec des tentatives d’unions monétaires en Europe n’est en rien un fait unique. En réalité, toutes les tentatives d’unions monétaires à travers le monde se sont toujours terminées de la même façon.

Jens Nordvig, banquier d’affaire, chercheur et écrivain, a analysé l’histoire des tentatives d’unions monétaires dans son rapport intitulé « Repenser l’union monétaire européenne ».

Voici la liste complète des 67 tentatives d’unions monétaires qui ont échoué rien qu'au cours du XXème siècle. En dessous, vous trouverez un graphique indiquant les dates et le poids économique de ces unions monétaires.

tableau - unions monétaires

graph - unions monétaires

L’euro est inclus sur ce graphique uniquement à titre indicatif, bien sûr il ne s’est pas encore effondré… du moins pas à l’heure où nous écrivons ces lignes.

L’étude de Jens Nordvig ne remonte que jusqu’en 1910. Elle ne mentionne pas une union monétaire beaucoup plus ancienne, l’Union latine. Cette union fut fondée en 1865 par la France, la Belgique, l’Italie et la Suisse. A cette époque, ces quatre pays représentaient une part considérable de l’économie mondiale.

Il est frappant de constater à quel point l’ensemble de ces unions monétaires ont été confrontées à des problèmes similaires. Elles ont toujours eu les mêmes dysfonctionnements, et les mêmes abus se reproduisent peu de temps avant leur effondrement.

Voici ce qu’une équipe de chercheurs a écrit dans la Review of Development Finance au sujet de l’Union latine :

« Les résultats de nos recherches font apparaître clairement que l’Italie connaît une instabilité économique et politique beaucoup plus forte que les autres pays, malgré son adhésion à l’Union latine depuis sa création ».

L’Union latine sapée par l’Italie et la Grèce

L’Union latine fut également confrontée à un problème de dépréciation de sa monnaie commune en raison de la réduction progressive de la quantité d’or et d’argent contenue dans les pièces. Chaque pièce était normalement interchangeable, mais leur composition a été progressivement altérée par les Etats des pays membres de l’union. Ainsi, les pièces contenant la plus forte concentration de métaux précieux étaient retirées de la circulation pour être fondues, seules les pièces de moins bonne qualité continuèrent de circuler.

Dans le cas l’Union latine, c’est l’Italie qui a quitté la première l’union, comme l’expliquent les auteurs :

« Seulement quelques mois après la ratification du traité, l’Italie a suspendu la convertibilité des billets de banque en pièces métalliques et a mis en circulation de grandes quantités de petites coupures. Les pièces d’argent italiennes ont alors afflué vers la France, la Belgique et d’autres pays voisins. »

Vous ne devinerez jamais quel pays fut le prochain sur la liste :

« L’admission de la Grèce dans l’Union latine posait un problème similaire. Afin d’éviter un afflux massif de pièces de monnaie grecques dans l’union, la Grèce a accepté que toutes les pièces soient frappées à la Monnaie de Paris  et soient ensuite expédiées directement en Grèce. Néanmoins, des pièces d’argent grecques ont été découvertes en circulation à Paris seulement quelques semaines après la mise en application de l’accord. »

L’Union Soviétique a fait face aux mêmes difficultés. Les pays satellites d’Europe de l’est étaient soumis aux règles monétaires russes imposées dans le cadre de la « zone rouble ». Mais ces nations ont pu profiter de leur appartenance à cette union monétaire pour « exporter » leur inflation.

Dans une union monétaire, si l’un des pays membres décide de créer une quantité disproportionnée de monnaie, ce pays bénéficiera d’un surplus de pouvoir d’achat alors que l’inflation générée par cette création monétaire sera partagée à l’échelle de l’ensemble de l’union.

Avec une telle incitation, comme le montre la théorie des jeux, une crise inflationniste est inévitable, chaque pays cherchant à pousser plus loin les limites de la création monétaire.

Aujourd’hui, la BCE monétise des montants disproportionnés de dettes souveraines grecques et italiennes.

Nous pouvons tirer d’autres enseignements intéressants de la désintégration de l’union monétaire soviétique. La zone rouble avait sa propre version du système européen Target2, il s’agissait du système TR (Transfer Roubles). En fait, les deux systèmes présentent de telles similitudes que la description du fonctionnement du système TR réalisée par le think tank Bruegel pourrait être confondue avec celle de Target2 :

« D’après le programme d’intégration économique approuvée en 1971 par le CMEA (Council for Mutual Economic Assistance), le TR avait également pour objectif de permettre le règlement des échanges multilatéraux entre les pays membres, en permettant à un pays A en situation d’excédent commercial avec un pays B d’utiliser sa créance sur le pays B pour importer auprès d’un pays C.

 En d’autres termes, le TR était utilisé en tant qu’unité comptable pour déterminer la balance nette entre les différents pays membres dans le cadre des transactions réalisées

par le biais de la Banque internationale de coopération économique située à Moscou, une institution fondée par le CMEA.
Un déficit commercial enregistré une année était comptabilisé comme un crédit et devait être remboursé au cours des années suivantes. »

Comme l’expliquent les auteurs, le TR n’était pas une véritable devise, dans le sens où il n’était pas possible de la dépenser ou d’échanger ces unités contre une devise.

Mais il y a un problème : le commerce implique l’échange de biens et services ayant une valeur réelle. Si vous n’obtenez en échange de biens et services qu’une promesse dans un livre comptable, vous vous faites avoir. C’est tout le problème du surplus de l’Allemagne dans Target 2.

Ce mécanisme pose un autre problème majeur, aussi bien à l’époque de la zone rouble qu’aujourd’hui dans la Zone euro : il empêche tout rééquilibrage de la balance commerciale des différents pays. En fait, il entretient ces déséquilibres.

La seule façon pour qu’un pays excédentaire obtienne en échange des biens et services réels, c’est qu’il devienne à son tour déficitaire vis-à-vis des autres pays jusqu’à ce que le système revienne à l’équilibre.

Pour simplifier, les Allemands obtiennent des tickets représentant une reconnaissance de dette en échange de leurs exportations vers des pays tels que la Grèce et l’Italie. Ces tickets donnent à l’Allemagne le droit d’acheter des produits provenant de ces pays, mais seulement lorsqu’ils dégageront un excédent commercial vis-à-vis de l’Allemagne, ce qui est impossible précisément en raison de ce système de ticket…

C’est une situation désastreuse, un accord perdant-perdant.

[NDLR : Il faudra bien un jour remettre à zéro le compteur de dettes interne à l’Eurozone mais cela ne sera pas anodin pour votre épargne. Découvrez ici comment éviter que votre argent disparaisse dans cet opération.]

L’échec de la planification centralisée

Que l’on parle de la zone rouble, de l’Union latine ou de l’Eurozone, nous en revenons finalement au même sujet, au problème central.

Chaque fois qu’un système reposant sur la planification centralisée est mis en place, c’est un échec. Il produit des résultats catastrophiques jusqu’à ce que les gens décident de l’abandonner et d’en essayer un nouveau.

C’est vrai dans tous les domaines économiques, cela va du contrôle des taux d’intérêt  au contrôle des loyers en passant par tous les prix. Alors pourquoi les gens ne réalisent pas qu’il en va de même dans le domaine monétaire ?

Le vestige le plus puissant de la planification centralisée dans nos économies modernes est la banque centrale. Elle possède un pouvoir immense sur nos transactions en contrôlant un facteur économique clef, le coût d’opportunité de la consommation par rapport à l’épargne – les taux d’intérêt.

Sur quelles variables économiques les banques centrales ont-elles le plus d’influence ? L’inflation, le logement, la croissance économique et la dette publique. Les banques centrales ont conçu et mis en place tout un ensemble d’outils afin de pouvoir manipuler ces indicateurs économiques.

Pour quel résultat ? La réponse n’est-elle pas évidente ?

Dans nos économies modernes et mondialisées, les secteurs économiques qui sont le plus soumis à la planification centralisée sont précisément ceux qui sont en crise depuis 2006.

Pourtant, les critiques du capitalisme rejettent la responsabilité sur l’économie de marché libre !

Cela me rappelle les Soviétiques qui accusaient le marché noir d’avoir causé l’effondrement du socialisme. En réalité, le marché noir était le seul secteur économique qui donnait de bons résultats…

 

 

 

 

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Nicolas Perrin <![CDATA[Le drôle de cahier de vacances de nos politiciens (3/4)]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47624 2018-09-17T07:57:59Z 2018-09-15T16:00:52Z Bruno le Maire dette SNCF

La semaine passée, nous avons vu que notre classe politique a de lourdes carences en français, en histoire et en géographie. Certains n’arrivent même pas à respecter un énoncé. Poursuivons notre tour d’horizon en débutant par ceux qui ont des difficultés avec les maths.

Mi-mai, l’ONG OXFAM a publié un rapport tout en nuances (1) sur les dividendes du CAC 40, lequel a beaucoup fait parler de lui. Sobrement intitulé « CAC 40 - des profits sans partage », les auteurs s’y indignent du fait que « les entreprises du CAC 40 ont […] redistribué 67,4% de leurs bénéfices en dividendes aux actionnaires contre 5,3% à leurs salariés », comme le rapporte La Tribune.

Sauf que voilà, les auteurs du rapport ne semblent même pas avoir le niveau de seconde en économie (pardon « science économique et sociale » comme l’appelle pompeusement le Mammouth). En effet, exiger un partage des profits largement plus en faveur des salariés, c’est oublier que ces derniers ont déjà été rémunérés pour leur travail sous forme de salaire, avant même que l’entreprise n’ait enregistré une perte ou un profit.

Les actionnaires sont quant à eux rémunérés si et seulement si l’entreprise dégage un profit. Il est donc logique qu’ils accaparent une part plus importante de ce dernier, la participation versée aux salariées étant une sur-rémunération qui vient compléter leur salaire.

BFM - actionnaires - dividendes

Bref : zéro pointé (2). J’imagine que vous ne serez qu’à moitié étonné si je vous dis qu’OXFAM est l’ONG qui a choisi Cécile Duflot pour diriger son antenne française…

Autant il est difficile d’être étonné que l’ancienne secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts ait de sérieuses carences en économie, autant la sortie d’Amélie de Montchalin au sujet du prélèvement à la source a de quoi laisser pantois. Celle dont Contexte expliquait en octobre 2017 qu’elle « s’est déjà imposée comme 'la' spécialiste en matière économique au sein de la majorité » a tout de même trouvé moyen de faire la déclaration suivante :

Tweet - Amélie de Montchalin

 

Je ne sais même pas par où commencer tellement rien ne se tient dans ce propos. Laissons tomber la première partie qui n’a aucun sens. Pour le reste, s’il s’agit de dire qu’avec le prélèvement à la source, l’Etat ponctionne le contribuable avant même qu’il ne puisse épargner, ça se tient. Cependant, de là à présenter le fait que le contribuable fasse une avance de trésorerie à l’Etat comme un progrès, il faut être sacrément culottée.

Par ailleurs, Amélie de Montchalin semble avoir oublié quelques subtilités techniques. Heureusement, Vincent Bénard était là pour les lui rappeler.

Tweet Amélie de Montchalin Impots à la source

 

Si vous êtes un admirateur de la whip du groupe LREM au sein de la commission des Finances, de l'Économie générale et du Contrôle budgétaire, rassurez-vous, tant que Bruno Le Maire ou La France Insoumise n’apparaissent pas dans ce genre de classement, cela veut dire qu’il y a de bonnes chances que quelqu’un ait fait pire…

Arithmétique : niveau cancre

Voici le genre d’ « arithmétique collectiviste » avec laquelle LFI appâtait le chaland courant juin :

La France Insoumise Aides sociales

J’ai failli classer cette illustration dans la rubrique « on nous prend pour des buses », mais j’ai préféré me dire qu’elle devait avoir été pondue par un militant honnête mais pas parmi les plus brillants du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

Bref, une fois que l’on corrige les erreurs de raisonnement et de calcul, on arrive évidemment à la conclusion que  les prestations sociales ont augmenté beaucoup plus vite que le PIB depuis 1981, soit l’exact inverse de ce qui était avancé :

La France insoumise Aides sociales chiffres

Si vous êtes dépités, accrochez votre ceinture, Bruno Le Maire n’a pas encore participé au concours.

Arithmétique : niveau magicien

Cet été, peut-être avez-vous été témoin de la recrudescence des tables de bonneteau dans les rues de Paris. Sachez que lorsque l’arnaque a lieu sur la voie publique, il s’agit d’un jeu illégal qui peut vous faire perdre d'importantes sommes d'argent.

En revanche, lorsque le trucage sort directement de la bouche de Bruno Le Maire et est relayé par l’AFP, c’est parole de ministre.

Ainsi Bruno Le Maire a-t-il déclaré au mois de mai que la récupération par l’Etat de 35 Mds€ de la dette de la SNCF « ne pèsera pas sur le déficit public ». Voici comment le ministre de l’Economie et des Finances explique son tour de passe-passe :

« Elle aura évidemment un impact sur la dette publique, puisque ça accroit la dette publique française [...] mais elle n'aura pas d'impact sur le déficit ».

Bruno le Maire dette SNCF

Suggestion à Bruno Le Maire :

- si la reprise des dettes des uns et des autres n’aggrave pas le déficit,

- et que c’est même de l’argent public dont il s’est assuré qu’il est dépensé de manière « efficace » (son rôle de ministre tel que défini par lui-même),

- alors pourquoi l’Etat ne reprendrait-il pas la dette de l’ensemble des entreprises et des ménages français ?

A l’en croire, cela n’a aucun effet sur le déficit et, mieux encore, cela relancerait sans doute la croissance économique !

Hum, hum… à vous aussi, ça semble vous semble compliqué ? C’est peut-être dû au fait qu’à force de pratique, Bruno Le Maire est devenu maître en manipulation des codes macroniens, tout en « ralentissement de la hausse continue de nos dépenses » et autres propos fumigènes.

En fait, si le ministre s’était exprimé dans un français honnête, il se serait contenté de dire qu’il pensait que compte tenu des montants en jeu, le retour à l'équilibre des finances publiques aurait toujours lieu en 2022.

Je précise « pensait » car tout le monde n’est pas d’accord avec lui, en particulier Joël Giraud, rapporteur général du budget. Ce dernier estimait en effet que « la reprise de la dette de la SNCF allait provoquer une hausse du déficit par rapport aux prévisions actuelles du gouvernement, et retarderait le retour à l'équilibre des finances publiques » [soit 0,1% de déficit en 2022, contre 0,3% d’excédant prévu par le gouvernement], comme le rapporte La Tribune.

 

 

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Nicolas Perrin <![CDATA[Comment éviter les pièges de la répression financière ?]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47570 2018-09-14T12:34:57Z 2018-09-14T10:55:10Z cadenas sur billets - liberté financière

Les taux réels négatifs font que la rémunération de l’épargne réglementée et de l’assurance-vie est de plus en plus misérable. Mais comment trouver mieux avec les fonds actions ?

Comment éviter les pièges de cette répression financière tous azimuts ?

Dans l’Eurozone, au Royaume-Uni, au Japon, en Chine, et aux Etats-Unis (à un moindre degré), la répression financière est confortablement installée.

Comme les politiques français ne sont pas prêts de voter des budgets en excédent en réduisant leurs dépenses, la répression financière risque de durer un moment. Cela n’est d’ailleurs pas un privilège hexagonal ; comme l’écrit Natixis, :

« Nous pensons donc que les grands pays de l’OCDE et la Chine vont maintenir une répression financière forte  […] (taxation permanente des épargnants avec les taux d’intérêt anormalement bas […], en Chine contrôles des capitaux, règlementations des intermédiaires financiers) afin de rendre supportables les taux d’endettement, de faciliter le financement des dettes publiques, de maintenir l’épargne dans le pays, d’éviter la correction des prix des actifs. »

Un aspect que n’évoque pas Natixis est que le maintien de taux négatifs, outre le fait qu’il ruine l’épargnant, consume également les systèmes de retraite, comme vous l’expliquait Simone Wapler dans le dernier numéro de sa Stratégie.

En Allemagne, les taux réels étaient au mois de juin à -1,88%.

 

Taux réels en Allemagne (taux du 10 ans – inflation)

graph taux réels inflation Allemagne

Les politiques monétaires non-conventionnelles aboutissent à l’effet inverse de ce qui était escompté

En résumé, les gouvernements poursuivent sur la voie de la gabegie généralisée, les épargnants réagissent en économisant autant qu’ils le peuvent, en particulier sur des produits « sans risque » car ils craignent les bulles sur les actifs dits « risqués », une hausse de la fiscalité et ont peur pour leur retraite. De leur côté, les banques centrales se dressent contre cette attitude responsable et disciplinée en menant une politique de quantitative easing et de taux d’intérêt réels négatifs.

Cela ne fonctionne pas, ce qui n’empêche pas le duo gouvernement/banques centrales de persister dans la même voie.

« Vous vous souvenez quand la politique de taux réels négatifs devait conduire les Européens à moins épargner ? »

tweet graph NIRP épargne

En voulant renforcer leur indépendance financière, les épargnants sont remerciés par les gouvernements en étant traités comme des criminels.

Bienvenue dans la « post-modernité » financière.

Faut-il en conséquence augmenter votre niveau de « risques », comme vous invitent à le faire certains économistes et le gouvernement ?

Je serais ravi de pouvoir vous dire que la situation est aussi simple. Il me semble que cela n’est cependant pas le cas.

J’ai déjà eu l’occasion de vous donner mon opinion sur le sujet, et notamment de vous indiquer que le montant de la dette sur marge sur les marchés actions était proche de son sommet historique. Au 1er juillet, il l’avait encore dépassé pour inscrire un nouveau plus haut.

 

Niveau de levier du marché actions américain (nouveau record en termes nominaux et relatifs)

graph - marché actions - USA tweet

Compte tenu de ce niveau de levier, est-il raisonnable d’escompter que les actions seront forcément gagnantes à long terme, comme d’aucuns vous le promettent ?

Je partage l’avis de Bruno Bertez :

« En bourse, le crédit permet d’anticiper les valorisations qui n’auraient dû intervenir que plus tard. On bénéfice aujourd’hui des cours qui n’auraient dû être atteints que dans 10 à 12 ans. C’est ce qui explique que nous vous répétons sans cesse que la rentabilité d’un investissement sur le marché financier - ce que Macron voudrait que vous fassiez – […] à horizon de 12 ans ne rapportera rien. Pire, il subira une forte chute de valeur entre temps. »

Si vous souhaitez avoir un aperçu des dégâts engendrés en termes d’espérance de gains à long terme sur les marchés actions, je vous renvoie aux projections réalisées par Yannick Colleu dans la lettre Crise, Or et Opportunités.

Quelques pièges éviter si vous allez seul sur les marchés actions… ou avec votre assureur, ce qui revient souvent à la même chose !

A tout « saigneur », tout honneur : débutons avec les éventuels frais d’entrée. Ces derniers, selon une étude de Meilleurplacement.com publiée au mois de juin, se montent en moyenne à 3,33% sur les 100 contrats d’assurance-vie les plus populaires !

Le Monde - Assurance-vie

Evoquons également les fonds « faussement actifs, c’est-à-dire les OPCVM qui annoncent mener une gestion discrétionnaire et qui se contentent de répliquer fidèlement l’évolution des indices qu’ils prétendent battre », comme l’explique Le Monde. L’Autorité de supervision européenne des marchés financiers (ESMA) en recensait 165 en 2016.

Prochainement, nous verrons sur la base de quels critères sélectionner un professionnel de la gestion de portefeuille.

[NDLR : Abonnez-vous à La Stratégie de Simone Wapler et, une fois par trimestre, recevez une préconisation d’allocations d’actif au sein de votre assurance-vie avec une sélection des meilleurs fonds.]

 

 

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Simone Wapler <![CDATA[Un krach mortel]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47600 2018-09-14T12:40:14Z 2018-09-14T10:45:03Z titres - journaux - krach financier

Dix ans après la crise, un krach est comme la mort : un événement certain dont personne ne connaît l’heure d’arrivée. Apprenez à investir sur le qui-vive.

Les marchés financiers vont très bien. Selon les commentateurs, les perspectives de paix commerciale entre la Chine et les Etats-Unis les rendent de bonne humeur et l’économie américaine ne s’est jamais aussi bien portée.

On peut lire d’autres commentaires sur le thème « 10 ans après la crise » … avec toujours autant de flagornerie vis à vis de la Parasitocratie financière : les banques centrales ont bien agi, le système financier est bien plus sûr qu’avant, blablabla....

Morceau choisi de monfinancier.com

"Le système financier est aujourd'hui plus solide.
Les contraintes réglementaires, surtout en Europe, ont renforcé la solidité des banques.
Tout cela au prix d'une politique de taux zéro et d'injections massives de liquidités par des banques centrales.
Des injections qui continuent malgré une forte reprise de l'économie mondiale et en particulier de l'économie Américaine.
Les banques centrales doivent un jour revenir à une activité plus normale, c'est peut-être là qu'est le danger aujourd'hui ?"

Les quelques commentaires sceptiques se font rares. Il est vrai que les annonceurs ne se bousculent pas pour sponsoriser ce genre d’éditoriaux. Signalons sur le blog de Jean-Marc Sylvestre :

"Les milieux financiers ne sont pas optimistes. Les clubs de traders londoniens avertissent leurs bons clients que le cycle de consolidation financière s’épuise et que le système est redevenu très fragile. Ils datent même la prochaine explosion à mars ou avril 2019. 

 Le passage au Brexit qui sera effectif fin mars peut certes allumer la mèche, mais ce qui est en cause, c’est surtout l’accumulation de matières inflammables un peu partout dans le monde.

 Cette matière inflammable, c’est de la dette, de la dette publique et privée dont le montant est tel qu‘elles ne sont plus garanties". 

Quelque soit son montant, le paiement d’une dette n’est jamais garanti. C’est bien pour cela que les taux d’intérêts existent : c’est la prime de risque.

Ce secret n'a JAMAIS fuité hors de Wall Street...
... Jusqu'à aujourd'hui
Il a rapporté des fortunes aux insiders de la finance et aujourd'hui, vous pouvez en profiter à votre tour.Cliquez ici pour tout savoir.

Les banques européennes ne sont pas plus solides qu’avant. Les artifices pseudo-mathématiques le font croire : c’est bien différent.

Les ratios de levier, lorsqu’on les démaquille, sont restés les mêmes, et les monstres « trop gros pour faire faillite » survivent. Or dans un capitalisme honnête ce qui est « trop gros pour faire faillite » est « trop gros pour exister ».

Su le blog de Jean-Pierre Chevallier :

"Les banksters cherchent toujours à tricher sur les deux éléments du calcul de ce multiple d’endettement, à savoir sur le montant des capitaux propres et sur le total des dettes.

 Ainsi par exemple, les banksters français se sont fait les spécialistes des titres dits hybrides, c’est-à-dire de certains emprunts qu’ils ont fait passer comme étant des capitaux propres du fait qu’ils étaient quasiment permanents.
Par la suite, les autorités européennes ont mis un peu d’ordre en obligeant les banksters à publier hors bilan le montant de leurs capitaux propres tangibles. Les péquenots du Crédit qui bricole viennent d’ailleurs d’être (légèrement) sanctionnés pour avoir encore un peu triché sur ce point.

 Les banksters ont quand même réussi à pouvoir publier des ratios qui sont calculés non pas sur le total des dettes, mais sur les actifs dits pondérés des risques, ce qui ôte toute signification au leverage ainsi calculé.

 […]

 Pour rappel, les capitaux propres réels à prendre en considération sont les apports a priori initiaux (avec éventuellement des augmentations de capital) et surtout les bénéfices accumulés qui doivent logiquement constituer l’essentiel de ces capitaux propres tangibles (tangible equity)".

Comment discerner le vrai du faux ?

Bill Bonner se réfère au ratio rêve sur réalité, le prix de l’indice Dow Jones rapporté à celui de l’or. Il dépasse son niveau d’avant-crise. Selon ce ratio, vous ne risquez pas grand-chose à avoir un peu d’or pour couvrir une chute du prix de vos actifs financiers.

L’investisseur mythique Warren Buffett aime bien utiliser le ratio capitalisation sur PIB pour savoir où il en est. Selon cette mesure, nous avons largement dépassé le niveau de 2007 et de 2000. Le prix des actions des entreprises cotées est surévalué par rapport à l’économie dite réelle.

 

Evolution de l’indice Wilshire 5000 rapporté au PIB américain

graph indice wilshire 5000 PIB USA

Un krach est comme la mort : inévitable mais personne ne connaît l’heure…

Souvenez-vous :  Alan Greenspan - du temps où il était président de la Fed - a parlé d’ « exubérance irrationnelle » en décembre 1997 mais la bulle internet n’a éclaté qu’en 2000.

Ne rien faire, c’est perdre de l’argent et condamner votre épargne à perdre son pouvoir d’achat en raison des politiques monétaires des banques centrales.

Voilà pourquoi, en dehors d’avoir un peu d’argent parqué dans les monnaies « hors système » que sont l’or, l’argent et les cryptomonnaies, il faut être sur le qui-vive si vous restez investis sur les marchés financiers.

[NDLR : Recevez un SMS par jour, suivez ses instructions et engrangez les gains de court-terme même sur ces marchés financiers survoltés. Tout est expliqué ici.]

 

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Bill Bonner <![CDATA[On se croirait en 2007…]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47598 2018-09-14T12:41:12Z 2018-09-14T10:30:29Z

L’économie américaine ne s’est jamais aussi bien portée qu'aujourd’hui, on se croirait revenu en 2007 et même le ratio Dow Jones / or est au même niveau qu’avant la crise.

Nous avons regardé les nouvelles ce matin...

... Pour y voir un jeune homme parfaitement ravi en train d'expliquer pourquoi l'économie US est en pleine forme.

Le nombre de nouvelles offres d'emploi, a-t-il dit, est supérieur au nombre de nouveaux candidats. Cela faisait 10 ans que ce n'était plus arrivé.

Le nombre de personnes qui quittent leur emploi grimpe aussi.

"Cela montre que les gens sont plus confiants dans leurs chances de trouver un nouvel emploi", a-t-il expliqué. Là encore, ce n'était plus arrivé depuis 2007.

La Fédération américaine des entreprises américaines a publié les résultats de son dernier sondage sur l'optimisme des petites entreprises. Il mesure la confiance annoncée dans l'économie parmi les propriétaires de PME. Là encore, nous en sommes à des niveaux inédits depuis 2006-2007.

Le taux d'investissement des entreprises (dépenses Capex) est lui aussi de retour à ses niveaux de 2007.

Emploi en hausse... PIB en hausse... actions en hausse... croissance en hausse... On n'a jamais rien vu de tel, s'enthousiasmait le jeune homme, depuis 2007.

Eh bien !

Du coup, nous nous sommes posé la question... que s'est-il passé après 2007 ?

L'aube avant le sombre

L'heure la plus claire précède toujours le sombre. Ou quelque chose comme ça...

Le soleil brille... juste avant qu'un ouragan ne dévaste la baie. Aujourd'hui, comme toujours, nous jetons un œil à la météo.

"Evidemment, on n'est jamais sûr de ces choses", nous a dit un ami irlandais avec qui nous avons levé un verre de Guinness hier soir. "Mais je pense qu'il est temps d'acheter de l'or. Nous les Irlandais, traditionnellement, nous n'aimons pas l'or. Nous l'associons à la Banque d'Angleterre, qui a maintenu l'étalon-or pendant que nous crevions de faim. Evidemment, l'étalon-or n'a rien à voir avec la famine, mais je pense que beaucoup de gens font le lien malgré tout".

"Nous préférons la terre", a-t-il continué. "Mais l'or est un meilleur moyen de se protéger contre l'inflation. Et je pense que l'inflation est sur le point d'accélérer".

Selon le Bureau des statistiques de l'emploi, les prix aux Etats-Unis grimpent au taux de 2,9%.

Ce chiffre est supérieur au taux directeur actuel de la Fed -- 2%. Il est exactement équivalent au taux de hausse des salaires -- à 2,9% lui aussi.

Ce que nous voyons dans l'ensemble, c'est que les prix gardent le rythme des salaires et sont supérieurs au taux directeur de la Fed -- le taux auquel les banques se prêtent entre elles.

Trois choses pourraient faire grimper l'inflation plus encore.

Premièrement, les baisse d'impôts mettent plus d'argent entre plus de mains. A mesure que ces mains s'en débarrassent, nous pouvons nous attendre à une pression à la hausse sur les prix.

Deuxièmement, les autorités dépensent toujours plus d'argent qu'elles n'ont pas. Le déficit budgétaire pour août se montait à lui seul à plus de 200 Mds$. C'est de l'argent qui n'a jamais été pris aux contribuables (consommateurs), et qui représente donc une pression supplémentaire à l'achat.

Troisièmement, la guerre commerciale de Donald va inévitablement faire grimper les prix. 200 Mds$ d'exportations chinoises à bas prix sont déjà visées. 267 Mds$ supplémentaires seront attaqués si la Chine met des représailles en place. Cela augmentera le prix de quasiment toutes les importations du producteur le plus gros et le plus efficace au monde.

Il n'est pas difficile d'imaginer que l'inflation va continuer à grimper... peut-être jusqu'à 4% environ... tirant les taux d'intérêt derrière elle... et nous ramenant à ce qui s'est passé après 2007.

Le ratio qui soupèse les rêves face à la réalité

En 2007, la Fed -- qui commettait l'Erreur n°2 -- a fait grimper son taux directeur à plus de 5%, ce qui a suffi à déclencher l'ouragan.

En quelques mois seulement, tous les gros titres triomphants étaient de l'histoire ancienne. Le Dow a été divisé par deux... l'économie américaine est entrée dans sa pire récession depuis les années 30... et la Fed est passée à l'Erreur n°3 (paniquer et baisser les taux).

Ce qui à son tour nous ramène à l'or.

Les actualités de 2007 nous disent une autre chose : le ratio Dow/or était de 20 environ -- en d'autres termes, il fallait 20 onces d'or pour acheter le Dow.

C'était à peu près le même qu'en 1929 -- mais aussi qu'à la fin des années 60 lors d'un sommet majeur. En 1980, le ratio a atteint son plancher record, à 1.

Il a frôlé les 40 à la fin des années 90 -- un sommet historique. En 2007, il était revenu à 20.

Chaque fois que le ratio est passé au-dessus des 20, il s'est passé la même chose qu'en 2007 : un marché baissier en Bourse... et une récession/stagflation dans l'économie réelle. Par ailleurs, à mesure que les prix des actions baissaient, l'or grimpait.

Le ratio Dow/or a fini par chuter sous les 7 en 2011.

 

Evolution du ratio Dow Jones / or depuis 1920

graph Dow Jones - OrSource : longtermtrends.net

Ce que le ratio Dow Jones / or mesure, en fait, c'est la relation entre les rêves et la réalité... ou entre l'avenir et le présent... entre l'espoir et l'expérience brute.

Actuellement -- tout comme en 1929, 1968, 1999 et 2007 -- le ratio dépasse les 20, signalant que les actions sont trop chères.

"Le bitcoin a tant fait parler de lui ces dernières années que personne n'a fait attention à l'or", a continué notre ami irlandais. "Il a été oublié et le prix a chuté pendant que d'autres actifs grimpaient en flèche.

"Mais l'or est la seule monnaie réelle, prouvée. Lorsque la prochaine crise arrivera, je soupçonne que les gens se tourneront vers l'or -- comme ils l'ont toujours fait en temps de crise. Le cours actuel pourrait être une excellente opportunité d'achat. L'avenir nous le dira".

[NDLR : Or ou cryptomonnaies ? Que choisir -- et comment vous positionner ensuite ? Tout est expliqué ici.]

A la Chronique, nous n'avons pas la prétention de pouvoir prédire l'avenir. Mais c'est la saison des ouragans sur la côte est des Etats-Unis. Nous avons appris que Baltimore nettoyait ses égouts et affûtait ses tronçonneuses.

L'ouragan Florence est en chemin... mais il s'agira peut-être finalement d'une autre sorte de tempête.

 

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Nick Hubble <![CDATA[Octobre 2018 : les Allemands contre le clown maléfique 2/2]]> http://la-chronique-agora.com/?p=47567 2018-09-13T10:52:55Z 2018-09-13T10:52:55Z billets d'euros - drapeau allemand

Les Allemands ont déjà subi leur cure d’austérité, dans l’indifférence générale du reste de l’Europe. Les Italiens prétendent y échapper en réclamant plus de subventions. Le clash est inévitable.

Nous avons vu précédemment que les Allemands avaient sacrifié leurs banques mais sauvé celles de la Grèce et que le patrimoine des ménages était moins élevé en Allemagne que dans les autres pays européens.

La raison pour laquelle les ménages allemands ne sont pas aussi riches est très compréhensible. Les taux d’accession à la propriété sont beaucoup plus faibles en Allemagne et la bulle immobilière des années 2000 n’a jamais atteint le pays.

Aujourd’hui, ces données sont en train de changer vu qu’une bulle immobilière se forme en Allemagne en raison des taux trop bas de la Banque centrale européenne. Mais en voyant où cela a mené l’Irlande et l’Espagne après l’explosion de leur bulle, les Allemands ne s’en réjouissent pas trop. Et du fait d’un faible taux d’accession à la propriété, seuls certains en bénéficient.

Les Allemands considèrent donc la politique monétaire extraordinaire de la BCE comme un risque, pas un bénéfice. Ils considèrent le boom de la spéculation immobilière comme intrinsèquement voué à l’échec. A nouveau, leur prudence est mise en exergue en comparaison de celle de l’Europe du sud.

Pendant ce temps, les bilans Target2 augmentent fortement. En effet, l’Allemagne est obligée de prêter d’importantes sommes d’argent à l’Europe du sud, sans espoir de jamais le revoir. Ses exportations n’enrichissent pas l’Allemagne, elles financent l’Europe du sud par une dette qui ne sera jamais remboursée.


Un commerce inéquitable

Les exportations de l’Allemagne subventionnent à hauteur de 900 Mds€ les pays de l’Eurozone

graph-eurozone-allemagne-subventions

Enfin, il faut tenir compte d’un dernier fait important pour bien comprendre la réaction allemande qui ne manquera pas d’avoir lieu lors de la prochaine crise de l’euro.

Les Allemands considèrent qu’ils ont eux-mêmes subi il y a quelques années la politique d’austérité dont l’Europe du sud fait tant de foin. L’Allemagne était « l’homme malade de l’Europe » mais personne ne s’en était ému.

Je vivais en Allemagne lors des débats sur les réformes Hartz IV. Ces dernières ont mis en place les réformes d’austérité que l’Allemagne a exigé de la Grèce. Le genre de réformes nécessaires pour qu’une union monétaire fonctionne, parce que l’option d’une dévaluation de la monnaie n’est plus possible.

Si vous enlevez la soupape de pression d’une monnaie flottante, vous devez réformer votre économie en crise. Cela signifie réduire les salaires et les bénéfices, attendre la fin de la récession jusqu’à redevenir compétitif, et devenir plus productif.

Cela signifie également créer beaucoup d’impôts pour assainir les finances publiques. A l’époque, une chanson avait eu beaucoup de succès en Allemagne, chantée par un imitateur du chancelier Gerhard Schroeder. Les paroles listaient les impôts très lourds qu’il avait créés, contrairement à ses engagements de campagne au premier jour de son gouvernement.

Sur l’air de Aserejé, le titre phare du groupe pop espagnol Las Ketchup, les paroles chantées par la voix de Schroeder font écho aux plaintes grecques de 2012 :

"Mais tout ce que je veux, c’est ce que vous avez de mieux : votre argent !

Taxe sur les chiens, taxe sur le tabac,
Taxe sur les véhicules à moteur et écotaxe.
Pensiez-vous réellement que je m’arrêterais là ?

Taxes sur les ventes et les boissons
pour que la bière devienne réellement chère,
mais ça ne me suffit pas encore !"

Et le refrain :

"Je hausse vos impôts.
Elu c’est élu,
Vous ne pouvez pas me renvoyer à présent.
C’est ça qui est cool avec la démocratie".

Les Allemands considèrent qu’ils sont passés début 2000 par ce par quoi les Grecs et les Italiens doivent passer. A la place de la Troïka, ils avaient Gerhard Schroeder qui leur a imposé l’austérité, de nouveaux impôts, une réforme de la sécurité sociale et une réforme du travail.

Il existe bien sûr cependant des différences essentielles. A l’époque, l’inflation était élevée dans le sud de l’Europe. Les Allemands n’ont donc pas eu à baisser les prix pour devenir compétitifs, ils n’ont eu qu’à attendre que le reste de l’Europe augmente trop les prix.

L’Allemagne également n’avait pas la même dette ni les mêmes folles dépenses avant de devenir « l’homme malade de l’Europe. » La correction a donc été bien moindre - mais malgré tout lente et douloureuse.

Le sentiment des Allemands envers l’Europe du sud repose sur de nombreux exemples, sur la logique et une attitude morale. Il ne s’agit pas d’un phénomène culturel sans fondement.

Les Allemands agiront en conséquence.

Cette fois-ci, il ne s’agit pas de la Grèce

Quelques heures après l’écroulement du pont de Gênes, les journaux de chaque pays ont eu des réactions stéréotypées.

Les médias australiens ont jeté le blâme sur les pratiques mafieuses consistant à mélanger du sable au ciment.

Les Allemands ont comparé leurs règlements et normes de sécurité pour l’inspection des ponts à ceux de l’Italie.

Les Américains ont indiqué que leurs agences de notation pourraient abaisser la note de l’Italie.

Les médias britanniques ont observé que les « ponts français » sont « eux aussi exposés au risque d’effondrement. »

Et les Italiens ont accusé l’austérité et les contraintes budgétaires de l’UE.

A cela, l’UE a vivement réagi en déclarant avoir dépensé beaucoup d’argent pour les infrastructures. Mais le clown maléfique Salvini a répondu que l’argent venait de l’Italie et était renvoyé sous conditions. Pas une bonne affaire.

Tout cela était bien cocasse face à une tragédie extraordinaire.

Ce drame fait oublier la nature du désaccord. C’est là l’une des rares occasions où les deux partis en conflit ont chacun parfaitement raison. La chose à faire est donc évidente mais désagréable.

L’Italie peut reprendre en main le contrôle de ses infrastructures, dépenser sans la surveillance de l’UE et dévaluer sa monnaie pour gagner en compétitivité. Elle peut dévaluer même après s’être engagée à des taux de change fixes et comme elle l’a fait plusieurs fois auparavant lors des autres unions monétaires européennes qui ont échoué.

L’Allemagne peut être débarrassée de ses renflouements implicites de l’Europe du sud, de ce commerce inéquitable, de cette politique monétaire délirante et de ce clown maléfique. Elle peut échapper aux jeux des reproches de l’Europe du sud.

La solution, certes désagréable, est de mettre fin à l’euro.

La seule question est : qui bougera le premier ? Et comment faire ?

En étudiant les échecs des nombreuses unions monétaires de l’Europe, qui remontent à 1865, j’ai découvert des informations précieuses montrant comment l’euro mourra lui aussi.

Le seul problème est que personne ne peut sortir de l’euro sans provoquer un séisme, une crise financière qui atteindra des proportions inimaginables.

Selon moi, la confrontation est prévue pour octobre, lorsque le budget italien sera négocié avec l’UE. Les Italiens voient l’effondrement du pont de Gênes comme leur carte maîtresse. Cela justifiera des dépenses effrénées en infrastructures qui détourneront les règles de l’UE.

Le Premier ministre Salvini a déclaré :

« L’Etat italien doit investir tout l’argent nécessaire pour assurer la sécurité de nos routes, de nos chemins de fer, de nos écoles et de nos hôpitaux, sans tenir compte des limites et des folles règles européennes que l’on nous impose. »

Ambrose Evans-Pritchard, le chroniqueur britannique de The Telegraph, s’inquiète de ce que Salvini profitera de l’occasion pour dissoudre le gouvernement de coalition si d’autres parties poussent au compromis avec l’UE. Il a énormément progressé dans les sondages de popularité depuis les élections avec une rhétorique anti-UE.

Les Allemands tenteront de rester fermes, pour toutes les raisons évoquées plus haut.

Les Allemands et les Italiens vont droit au conflit et aucun des deux ne reculera. La question est : qu’arrivera-t-il alors ?

[NDLR : La France est concernée de près, elle aussi -- sa "dette noire" atteint des proportions sans précédent, et la moindre alerte pourrait faire basculer le pays dans la crise. Toutes les explications -- et une stratégie de protection complète -- en cliquant ici.]

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