La Chronique Agora http://la-chronique-agora.com Analyse macro économie contrarienne Sat, 18 Nov 2017 19:00:56 +0000 fr-FR hourly 1 Les politiciens ont-ils renoncé ? (2 sur 2) http://la-chronique-agora.com/politiciens-reformettes/ http://la-chronique-agora.com/politiciens-reformettes/#respond Sat, 18 Nov 2017 19:00:56 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43679 Macron et ses réformettes

Les réformes" sont aussi creuses que les idées. De "l'art du possible", selon la formule de Bismarck ou Gambetta, la politique semble devenue l'art de gérer l'échec de l'existant.

Emmanuel Macron veut faire passer des réformettes pour des révolutions.

Du côté de LREM, les consignes en matière de communication sont on ne peut plus claires : il ne faut pas parler de "réforme" mais de "transformation".

Bruno Le Maire, qui a pris la suite de Michel Sapin, travaille d'ailleurs sa communication dans un style qui tranche avec le style tout en rondeur de son prédécesseur.

Bruno Le Maire

Mais quid du fond ? Récemment, un ami qui est parti exercer son métier de l'autre côté de l'Atlantique me demandait mon avis sur la réforme du code du Travail. Je lui ai répondu de lire ce billet de l'entrepreneur Pierre Chappaz intitulé "Que serait un programme Thatcher pour la France ?". N'importe laquelle des propositions qui y figurent aurait un effet sans commune mesure avec ce que l'on peut attendre de la réformette en cours.

Après six mois d'exercice à la tête de l'exécutif, Emmanuel Macron me donne l'impression de rester dans le même carcan que ses prédécesseurs, en s'enfermant dans ce qu'il perçoit comme le cadre des possibles, que certains commentateurs voudraient faire passer pour du "pragmatisme".

Le blogger Franck Boizard commente :

"En effet, ce qu'appellent 'pragmatisme' les gens qui approuvent la politique d'E. Macron est en réalité un choix politique par défaut, celui de continuer dans le cadre actuel, avec tous ses 'isme' bien connus (européisme, atlantisme, capitalisme de connivence, technicisme, économisme...). Cette technique de présenter comme naturel et inévitable ce qui est en réalité un choix politique lourd a été inauguré par Margaret Thatcher, que j'admire pourtant, avec son 'There is no alternative'. Encore avait-elle l'honnêteté, malgré ce slogan, de proposer à ses électeurs un vrai choix, ce qu'Emmanuel Macron, avec son 'Pensez printemps', s'est soigneusement abstenu de faire."

Pas étonnant qu'on retrouve la brochette Aghion/Cette/Cohen parmi les 40 économistes qui ont manifesté leur soutien à Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle...

Voilà pour l'économie.

Pour ce qui est des considérations régaliennes comme la sécurité, je doute qu'il y ait grand-chose à attendre d'un homme pour qui les choses sont à ce point courues d'avance...

Macron

... qu'il n'a même pas pris la peine d'y réfléchir dans le cadre de son "programme" présidentiel :

Macron

D'ailleurs, sur ce sujet, les politiciens ne sont pas les seuls à avoir renoncé. C'est également le cas de bien des journalistes. C'est ce qu'a révélé l'échange qui s'est déroulé au lendemain de l'attaque de Barcelone entre Alain Marsaud, ancien chef du service central de lutte antiterroriste au parquet de Paris et ancien député LR, et le journaliste chroniqueur de France Inter, Anthony Bellanger, en compagnie de deux journalistes de BFMTV.

Alors qu'Alain Marsaud reprochait à la sphère journalistique et politique d'être très réticente à l'idée de caractériser l'ennemi, le N°1 de la FIJ lui a rétorqué que "leur travail [des journalistes de BFMTV] est de prendre des précautions avec la vérité".

A droite, faute de convictions, on poursuit une longue tradition en concentrant l'effort sur le marketing.

C'est ce que confirme la communication autour de Libres !, le nouveau courant lancé au sein des Républicains par Valérie Pécresse :

Libres !

Même au plus haut niveau de l'UE, on laisse parfois échapper quelques doutes.

Jean-Claude Juncker est le président de la Commission européenne. Il a annoncé en février dans Le Parisien qu'il ne briguera pas de second mandat à la tête de l'exécutif européen car il a "de grands doutes" sur la compatibilité des intérêts des pays membres. Quelques semaines plus tard, il s'exprimait ainsi dans le cadre des débats au sujet de la direction que l'Union devrait prendre après que les Britanniques ont pris la décision ô combien politique du Brexit : "on crie sur tous les toits de l'Europe qu'il faut débattre, qu'il faut que nous trouvions le chemin vers nos concitoyens, nos électeurs [...] et lorsqu'on le fait, on le critique. Mais merde !* Que voulez-vous que nous fassions ? ".

Rendre possible ce qui semble nécessaire ?

Le comportement de nos dirigeants donne l'impression qu'ils en sont réduits à négocier le poids des chaînes ou à soigner leur image pour mieux se faire réélire.

Tant que les réformes consisteront à poursuivre comme avant en apportant des modifications marginales sans remettre en cause le cadre, toute "transformation" n'aura de place que sur les fils Twitter de nos dirigeants politiques, et pas dans la réalité.

L'avenir dira si les Britanniques ont eu raison de quitter l'UE, mais je ne peux m'empêcher de me réjouir de voir qu'il reste des pays où l'on ose encore réfléchir out of the box !

* http://www.zerohedge.com/news/2017-03-03/juncker-has-meltdown-while-debating-future-eu-shit-what-do-you-want-us-do?page=6

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Le constructivisme prépare Paris aux Jeux Olympiques http://la-chronique-agora.com/constructivisme-paris-jeux-olympiques/ http://la-chronique-agora.com/constructivisme-paris-jeux-olympiques/#respond Sat, 18 Nov 2017 18:30:59 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43672 constructivisme

Imaginez la société comme un gigantesque jeu de Lego et où toute nouvelle pièce du jeu serait financée par de la dette publique ou bien par "l'argent des autres".

Notre société se résume pour le pouvoir à un véritable jeu de Lego géant.

Une route embouteillée vous ennuie ? Pas de problème, il suffit de la transformer en rue piétonne, les bonshommes qui se baladent à pied ou à vélo se caseront facilement.

Vous souhaitez retirer des éléments que vous jugez vétustes ou démodés ? Pas de problèmes non plus.

Accueillir des jeux olympiques dans votre ville ? Aucun souci, il suffit de rajouter des éléments, d'en déplacer d'autres et de mener de grands travaux merveilleux...

les Echos

Les petits bonshommes de votre jeu sont aussi passifs que ces éléments. Vous les équipez et déplacez à volonté.

Une société de Lego :

"Quand je fais des présentations d'introduction à l'économie, mes étudiants découvrent sur l'écran du projecteur une boîte de Lego City.

J'adorais les Lego lorsque j'étais gamin : cette sensation de créer quelque chose, de le manipuler, d'en faire ce que je veux, le démonter, le remonter, le détruire, le reconstruire, de voir pousser une mini-ville avec quelques blocs de plastique.

Quelle puissance de construction ! Quelle sensation de pouvoir !

Si j'utilise cette image dans un PowerPoint c'est exactement pour illustrer cette notion de 'constructivisme' de nos grands politiciens et technocrates à Paris et à Bruxelles.

Pour eux la société est une sorte de Lego et leurs politiques publiques permettent de 'construire' et 'déconstruire'. Non qu'il faille nier totalement l'importance de certaines politiques publiques, en matière d'infrastructures par exemple, mais il y a des domaines, trop de domaines, où le 'constructivisme' de nos ingénieurs sociaux fait des ravages.

Il fait des ravages parce que ces technocrates n'ont en réalité pas la connaissance nécessaire pour que leurs plans fonctionnent. Non qu'ils ne soient pas assez intelligents : cette connaissance est tout simplement impossible à acquérir du fait des changements incessants des millions de décideurs que nous sommes ; parce que nous ne sommes justement pas des briques de Lego !

Rappelons que c'est l'explication majeure de la chute de l'empire soviétique : ses planificateurs croyaient jouer aux Lego. Comme ceux -- moins ambitieux il est vrai -- d'aujourd'hui, leur 'pilotage' était donc systématiquement dans l'erreur et a généré le chaos.

Ce constructivisme fait des ravages aussi parce que, contrairement au gamin qui monte et démonte sa ville en Lego, si les 'constructions' des technocrates ont des conséquences sur la vie des gens, sur les impôts, etc., elles ont surtout desconséquences dont les technocrates nesont pas tenus pour responsables : ils peuvent gaspiller des centaines de millions d'euros de nos impôts à construire et déconstruire leurs petits plans, ils ne paieront pas pour leurs erreurs.

Ici encore, c'est l'argent des autres."

Dans L'Argent des autres, le docteur en économie Emmanuel Martin vous démontrera comment l'irresponsabilité illimitée guide nos sociétés actuelles.

Le nerf de cette irresponsabilité c'est "l'argent des autres".

Emmanuel Martin s'attaquera non seulement au capitalisme de connivence, à la démocratie qu'il juge dysfonctionnelle, mais aussi à la tragédie de l'euro et, sous le prisme de l'irresponsabilité, il livre une analyse décalée de la crise du crédit subprime.

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Anne Hidalgo et les géants de la Silicon Valley ont un point commun http://la-chronique-agora.com/anne-hidalgo-silicon-valley/ http://la-chronique-agora.com/anne-hidalgo-silicon-valley/#comments Sat, 18 Nov 2017 18:00:11 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43675 Hidalgo et le dirigisme

Le dirigisme et le constructivisme échouent toujours car il manque à leurs projets une mesure essentielle, qui manque aussi à certaines entreprises privées.

Le chauffeur Uber a eu du mal à se retenir... "p****...! Mais tu fous quoi...!? Vas-y, avance, toi !"

En général, les chauffeurs n'expriment pas leur mécontentement vis-à-vis de la circulation... mais aujourd'hui, la cacophonie et le désordre sur les rues de Paris – entre l'Ecole Militaire et L'Opéra, à 9 heures du matin – avaient poussé à bout le conducteur.

Un mur de voitures longeait le quai, et quatre files de véhicules essayaient de s'engouffrer dans une ruelle en direction de la rue St Honoré.

"Vous utilisez le vélo? Non ?...

"Les vélos font n'importe quoi – comme les scooters d'ailleurs.

"Mais la Maire veut mettre des voies de vélo partout.

"En plus, ils fichent le bord** aux Champs Elysées pendant un mois avec les stands du marché.

"Ils devraient laisser faire les choses. S'ils veulent réduire la circulation, ils n'ont qu'à faire payer les voitures pour entrer dans la ville de Paris. Ils verront – le nombre de voitures chutera !

"A la place, ils nous font ch***, mais en même temps, ils laissent circuler les gens qui n'ont rien à faire là.

"Et la Maire, elle, elle a une cavalcade de motos pour lui libérer la route quand elle circule. Elle a jamais pris le vélo de sa vie, à part pour faire semblant de soutenir les écolos."

A coups de klaxons, de frein et d'accélérateur, de jeux de slalom, la voiture a enfin atteint sa destination sur la rue du 4 Septembre.

Hidalgo, voyage au coeur d'un profond malentendu

Le monde, en général, progresse par l'erreur et l'essai... les tentatives, les échecs, les faillites, et, de temps à autre, des réussites et des innovations permettant de créer de la richesse...

Certains voient dans la cacophonie et le chaos des marchés, de l'entrepreneuriat et des affaires, un problème à régler.

Les gens auraient plus de biens et de richesse, croient-ils, avec plus d'ordre et de contrôle, plus de règles et de prévisibilité.

Du coup, quelqu'un comme Anne Hidalgo entre en scène, proposant d'ordonner et de mener les choses vers un but, un objectif en particulier.

Les gens croient que de l'ordre et de la structure sont désirables. Ils y voient une manière de progresser, d'innover, d'arriver à des buts. A l'inverse, selon eux le désordre et la cacophonie de la nature, du monde en-dehors du contrôle des lois et des règle, représenteraient une menace pour le progrès.

Les dirigeants auraient le défi d'établir des objectifs à poursuivre... et de déterminer le parcours pour y arriver.

L'absence de pollution, par exemple, plaît aux habitants. La fumée des pots d'échappements, non.

Du coup, des maires comme Hidalgo doivent trouver comment réduire la fumée des pots d'échappements en ville, répondant ainsi à un voeu des citoyens.

Ils entreprennent des travaux afin de réduire la circulation des voitures, de favoriser la circulation à vélo, ou encore d'inciter à l'utilisation de moteurs électriques et non de moteurs à combustions.

La "faille" au sein de la logique des dirigistes

Hidalgo veut faire plus de pistes cyclables. Xavier Niel et Macron veulent "incuber" des start-ups à Paris. Bill Gates veut régler des problèmes en Afrique. Obama veut "réduire le coût des services de santé."

Tout peut poser problème : les voitures, l'absence de voitures, les vélos, les scooters, les piétons, les "inégalités", la pauvreté, les pratiques des vendeurs d'animaux de compagnie, ou encore le prix du beurre.

Pour proposer une solution, le dirigiste doit d'abord désigner un problème.

Dans le monde des affaires, du commerce et de l'échange, désigner un problème ne suffit pas. Un problème peut avoir beaucoup de solutions et chacune entraîne des conséquences et des répercussions.

Ni le dirigiste ni le commercial ne connaît d'avance la voie à choisir... mais l'entrepreneur va faire un essai, et – souvent – échouer, puis changer d'approche, et ainsi de suite.

Des douzaines d'autres vont, en parallèle, faire de même. Une masse d'essais se mènent simultanément afin de trouver la meilleure approche.

Le dirigiste, en revanche, choisit toujours d'avance une approche, une solution. Rien ne le ralentit ou ne le restreint lorsqu'il commet une erreur, néglige des détails ou ignore des faits. Il ne peut sous-estimer la concurrence puisqu'il n'en a pas...

Sans possibilité d'échec, il ne peut pas réussir. La régulation naturelle de la concurrence n'a pas de prise sur lui.

Hidalgo et les autres peuvent n'en faire qu'à leur tête, mais ils ne peuvent pas réussir

L'économie fonctionne en progressant par à-coups. Les autorités – n'étant pas dans le cycle de l'essai et de l'erreur, de la réussite et de l'échec – ne peuvent pas non plus emprunter le trajet vers le progrès, vers l'amélioration.

Tels des amateurs créant un restaurant ou une boîte de nuit pour le plaisir, les autorités sous-estiment les risques, leur capacité à l'erreur, les obstacles à surmonter ; elles simplifient les situations et les défis à affronter de façon outrancière.

Sans obligation de profits pour financer et justifier des opérations, l'amateurisme règne.

Les individus et le secteur privé agissent ainsi parfois.

Les géants de la tech, par exemple, ont obtenu des masses de capitaux sortant de La Défense ou de Wall Street pour la recherche. Ils le dépensent sans compter sur des projets fantaisistes sans avoir besoin de dégager des bénéfices.

Ainsi, Xavier Niel, le milliardaire derrière le groupe Free, ouvre un "campus de start-ups" à l'est de Paris. Google continue dans ses essais de voitures autonomes, même après des années d'échecs. Apple commence à tourner des films.

L'excès d'argent permet aux gens d'entretenir leurs fantasmes ou leurs vanités.

Comme nos dirigeants, les géants de la tech et de Wall Street échappent aux lois du marché grâce à l'ascension sans précédent des marchés-action et aux injections d'argent sans limite venant de la Fed et de la BCE...

Regardez l'évolution des actions de l'indice S&P 500 :

Regardez l'évolution des actions de l'indice S&P 500 :

Pour l'instant, la marche continue sans fléchir... Mais, à terme, le poids des erreurs et des faux-pas prend le dessus... et la courbe change de direction.

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Méfiez-vous du « droit à l’erreur » http://la-chronique-agora.com/droit-a-lerreur/ http://la-chronique-agora.com/droit-a-lerreur/#comments Fri, 17 Nov 2017 12:00:20 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43669 droit à l'erreur

Le projet de loi sur le "droit à l'erreur" est inepte. C'est la source de l'erreur – la complication inutile et stérile – qu'il faut supprimer.

Les marchés actions rebondissaient hier. Sauf en Chine, mais la Chine est loin et on ne parle plus de la Corée du Nord.

Du coup, mon oeil détaché des matières financières fut attiré par la première page des Echos :

"Droit à l'erreur : le projet de Macron pour changer l'Etat".

Il s'agit d'un projet de loi. Encore un. Le "droit à l'erreur", c'est le nôtre, en tant qu'administré face à l'Etat.

Taxe foncière : trop d'erreurs !

Ne payez plus les yeux fermés – grâce à quelques techniques simples et légales, vérifiez votre feuille d'imposition... pour économiser des centaines d'euros année après année.

Tout est ici.

Nous aurions donc bientôt le "droit" de nous tromper. Et notre droit va être inscrit dans le marbre d'une loi intitulée "Projet de loi pour un Etat au service d'une société de confiance".

Nous allons passer d'une société de méfiance à une société de confiance. Une larme d'émotion me vient à l'oeil à cette perspective.

Evidemment, face à un foisonnement de textes, réglementations, directives, nous autres pauvres bipèdes administrés sommes un peu embrouillés.

Voici un tableau de la situation fait par Cédric Parren :

"A ce jour, la législation française aligne plus de 11 millions de mots*, en augmentation de 7% par an. Le Journal officiel s'étale sur plus de 23 000 pages annuelles. Les Français vivent sous l'empire de près de 11 000 lois – dont certaines dépassent les 200 pages – et de 130 000 décrets.

Le code du travail comptait 14 pages en 1911, contre 2 500 en 2013. Le code général des impôts a crû de 147% au cours de la dernière décennie, et le code de l'urbanisme de 210%.

Cette hypertrophie législative et réglementaire se double d'une baisse de qualité permanente : les lois actuelles sont si mal pensées et exprimées qu'elles doivent être rapidement corrigées par d'autres lois, elles aussi rectifiées à la hâte pour les mêmes raisons.

Les incohérences, les contradictions et les ambiguïtés présentes dans les textes adoptés expliquent en partie leur variation constante : plus de 10% des articles des codes changent ainsi chaque année, au détriment de toute sécurité juridique.

Alors qu'il s'agissait à l'origine d'une procédure exceptionnelle, des lois successives n'ont eu de cesse d'élargir la portée de l'ordonnance, dans un souci de 'simplification du droit'. Ce mécanisme est si pratique que, depuis 2002, le nombre annuel d'ordonnances dépasse celui des lois – l'exécutif est par conséquent le législateur effectif en France. Autant dire que l'idéal de la séparation des pouvoirs s'en trouve pour le moins malmené.

En outre, vraisemblablement saisi par la crainte de ne pas être assez performant, l'exécutif s'est adjoint une troupe d'acolytes : les 'autorités administratives indépendantes'.

Frisant la cinquantaine, elles cumulent les fonctions législative, exécutive et judiciaire, puisqu'elles peuvent à la fois créer des réglementations, veiller à leur application et condamner les récalcitrants.

Révélatrices des fantasmes du gouvernement, ces autorités disposent d'un pouvoir discrétionnaire exorbitant, n'hésitant pas à interdire d'exercer une profession à vie, à infliger des amendes qui se chiffrent en centaines de milliers d'euros ou à défendre à une chaîne de télévision d'émettre."

[NDLR : pour commander le livre de Cédric Parren, Le Silence de la loi, c'est ici. Ce pamphlet donne des arguments pour défendre notre précieux pré-carré de liberté. Vous y découvrirez des histoires insolites et optimistes, comme cette ville hollandaise de Drachten qui a supprimé presque toute signalisation à son carrefour le plus important et a constaté qu'il y avait moitié moins d'accidents avec un temps de traversée divisé par deux. Recevez votre exemplaire par la Poste en cliquant ici.]

Etait-il donc absolument urgent de rajouter à tout ça une loi de 48 articles pour nous donner le droit de nous tromper ?

"Ca va dans le bon sens", disent les cireurs de pompes de la Parasitocratie.

Eh bien non...

D'abord, on ne voit pas pourquoi il faudrait payer des députés et des sénateurs pour voter des lois pour réformer le comportement de bureaucrates qu'ils sont censés contrôler.

Ensuite, il vaut mieux supprimer la source de l'erreur que de donner le droit à l'erreur. Ca me paraît plus logique.

Simplifier et sabrer dans tout le fatras existant pour le réduire à quelque chose de simple, compréhensible, lisible afin que "nul ne puisse ignorer la loi". C'est cela qui instaure la confiance.

C'est ce qui avait été fait il y a deux siècles avec le simplissime "Code Civil" qui avait dégraissé le corpus législatif incompréhensible hérité de la monarchie.

Enfin, il faudrait que nos bureaucrates et nos législateurs apprennent à s'exprimer simplement au lieu de jargonner. Pardon, j'invoque mon "droit à l'erreur" face à la Police de la Pensée et je rectifie : "nos bureaucrates (hommes, femmes, trans, bi et autres sexes indéterminés que vous choisirez ou pas) et nos législateurs-trices-teuses".

Les lois sont truffées d'éléments incompréhensibles. La loi de finance 2018 n'échappe pas à la règle.

Extrait de la page 132 (sur 212) :

"L'assiette sociale des exploitants agricoles se déduisant de l'assiette fiscale, cette réforme a également eu une incidence sur le montant des prélèvements sociaux. Aussi, un fonds d'accompagnement exceptionnel et transitoire a été institué sur une durée de cinq ans (de 2017 à 2021) afin de compenser financièrement les agriculteurs concernés par une augmentation des cotisations sociales dues au titre des années 2017 à 2021. Le fonds est abondé à hauteur de 8 M€ pour les années 2017 à 2019, de 6 M€ pour l'année 2020 et de 3 M€ pour l'année 2021.

Les mesures du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 en faveur des indépendants pourraient avoir pour conséquence d'ôter au dispositif son intérêt financier pour ses bénéficiaires. L'évolution des circonstances ayant présidé à l'institution de ce dispositif en justifie l'extinction, sans préjudice des engagements dus au titre des cotisations sociales 2017 payés par les exploitants. Cette mesure de rationalisation et d'efficience se traduira par une économie de 25 M€ au titre de la période 2018-2021."

Pauvres exploitants agricoles... On comprend qu'ils se suicident.

Même la flat tax réussit le prodige de rendre certaines déclarations encore plus compliquées qu'avant.

"L'homme devrait mettre autant d'ardeur à simplifier sa vie qu'il en met à la compliquer", écrivait Bergson à qui on ne tentait pas d'imposer l'écriture inclusive.

(*) Par comparaison, la traduction de la Bible par Louis Segond compte un peu plus de 450 000 mots, soit 24 fois moins.

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Pourquoi l’avènement des cryptomonnaies est inévitable http://la-chronique-agora.com/avenement-cryptomonnaies/ http://la-chronique-agora.com/avenement-cryptomonnaies/#comments Fri, 17 Nov 2017 11:30:04 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43653 cryptomonnaies

Les cryptomonnaies sont une évolution naturelle de la monnaie : le retour à la décentralisation et l'indépendance vis à vis des banques centrales.

"Le bitcoin est quasiment aux ordinateurs ce que la mécanique quantique est à la
physique".
Naval Ravikant

J'ai une bonne nouvelle : les cryptomonnaies sont super compliquées et la plupart des gens qui en parlent n'y comprennent rien. Des livres entiers ont été écrits à leur propos, mais ils sont illisibles et ennuyeux. Si l'on a envie de comprendre les cryptomonnaies, inutile de les acheter.

En revanche, j'ai rédigé mon livre Initiation aux cryptomonnaies (à paraître très prochainement en français) pour vous permettre de comprendre facilement comment fonctionnent les cryptomonnaies et quels avantages elles peuvent offrir par rapport aux monnaies conventionnelles.

Les monnaies conventionnelles vont mourir

L'erreur humaine, la fragilité et la faiblesse causeront la perte de la monnaie traditionnelle, et cela a déjà commencé.

Imaginez-le de la façon suivante :

Jacques veut envoyer de l'argent à Jean. A partir de là, beaucoup de choses doivent se produire :

Jacques en informe sa banque locale, laquelle informe la banque centrale locale, laquelle informe la Réserve fédérale nationale (qui, discrètement, informe le Fisc).

La banque centrale locale informe alors la banque centrale du pays de Jean, laquelle informe ensuite l'antenne locale de la banque de Jean.

Et, enfin, Jean va à un distributeur de billets et retire l'argent.

Décomposons ce qui vient de se passer :

  1. Six étapes ont été réalisées discrètement. A chaque étape, une erreur humaine peut intervenir. Chaque étape a également entraîné des coûts. Ces coûts de transaction sont inhérents à un système bancaire centralisé.
  2. Jacques et Jean ont perdu tout droit à la confidentialité sur la valeur qu'ils passent leur vie à créer (le fisc, les renseignements nationaux, le FBI ou la CIA, ou la DEA (lutte contre le trafic de drogue) ou la DIA – renseignements de la Défense). Peut-être que cela a peu d'importance pour eux. Mais, parfois, cela en a.
  3. Non seulement il y a un risque d'erreur humaine mais ce sont des humains qui contrôlent la valeur que Jacques et Jean se transfèrent. Des coûts de transaction cachés se nichent à chaque étape du système. Et ce système bancaire centralisé comporte également plusieurs zones d'opacité qui lui sont inhérentes. Par exemple, combien d'argent frais la banque centrale émet-elle aujourd'hui ? C'est simple, nous n'en savons rien. Elle ne nous indique pas toutes les manières dont elle crée de l'argent frais sans permission. Or la valeur est déterminée par l'offre et la demande.

Qu'arrive-t-il à la valeur de votre argent durement gagné si des gens que vous ne connaissez pas, et en qui vous n'avez aucune foi, déterminent intégralement la masse monétaire (donc la valeur de la monnaie) sans que vous le sachiez et sans votre permission ?

Les cinq principes de la cryptomonnaie

Je ne suis pas adepte de la théorie du complot monétaire. Les problèmes liés aux devises, aux monnaies, à la valeur de l'argent ont toujours existé et provoqué la chute d'empires mais, jusqu'à présent, les Etats-Unis ont été plus forts que ceux qui se sont effondrés et sont tombés dans l'oubli. Espérons que cela reste vrai... Mais l'Histoire nous dit que non.

Tout ce que nous tenons pour sûr, c'est la trajectoire qui est empruntée par l'évolution de la "monnaie". Or cette trajectoire aboutit aux cryptomonnaies.

Outre le bitcoin, il existe des milliers de copies de blockchain partout dans le monde. Toute personne en possédant une copie peut pleinement valider des transactions sur toute la chaîne.

Historiquement, c'était la banque centrale qui validait les transactions. A présent, la blockchain permet à tous les membres du réseau de posséder une copie et de valider de façon autonome l'ensemble de toutes les transactions.

Vous voyez bien que cela élimine non seulement la nécessité d'une banque centrale, mais également de tout autre intermédiaire humain.

Observons les cinq principes philosophiques majeurs d'une cryptomonnaie :

  1. La sécurité : si Jacques envoie de l'argent à Jean. Jean le reçoit.
  2. La décentralisation : c'est une monnaie qui n'a pas de frontières géographiques.
  3. L'anonymat : personne n'est obligé d'être informé de la transaction.
  4. La falsification : c'est pareil que le point A en réalité, mais cela peut légèrement différer dans certaines situations. Si Jacques envoie de l'argent à Jean et que Jean envoie de l'argent à Robert, Robert peut être sûr que l'argent n'est pas falsifié par quelqu'un en cours de route. L'argent n'est pas "dupliqué".
  5. Une masse d'unités de compte contrôlée : toutes les parties devraient toujours savoir quelle est la masse d'unités de compte, sous quelles conditions elle cesserait d'augmenter et, probablement dans tous les cas, si elle est plafonnée. Par exemple, la quantité maximum de bitcoins pouvant être minée est de 21 millions.

Voilà. Maintenant vous avez une vision d'ensemble et des fondements des cryptomonnaies. Elles s'inscrivent simplement dans l'évolution naturelle de la monnaie. Il y a énormément de raisons de se réjouir de leur avènement.

Mais aussi géniales soient-elles, elles ne règleront pas tous nos problèmes. Elles vont nous en créer de nouveaux. Par conséquent, cela nous rendra plus intelligents.

Donc ne faites pas l'idiot... et formez-vous.

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Les robots intelligents arrivent ? Détendez-vous… http://la-chronique-agora.com/les-robots-intelligents-arrivent-detendez-vous/ http://la-chronique-agora.com/les-robots-intelligents-arrivent-detendez-vous/#comments Fri, 17 Nov 2017 11:00:18 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43660 robots intelligence artificielle

Nos cerveaux seront-ils trop petits face à l'intelligence artificielle ? L'homme a toujours réussi à créer son propre travail. Cette fois encore, le futur ne sera pas différent.

Regardez ces valeurs "techs" ! Selon Bloomberg :

"Cette année, entre les cinq 'FAANG' (Facebook, Apple, Amazon, Netflix, Google) et les entreprises rivales chinoises dites 'BAT' (Baidu, Alibaba, Tecent), les gains enregistrés par les principales valeurs technologiques du monde se sont élevés à près de 1,7 Md$ en valeur de marché.

C'est plus élevé que l'intégralité de l'économie canadienne et supérieur à la valeur des 30 plus grandes entreprises allemandes réunies. Les huit géants de la technologie : Facebook Inc., Amazon Inc., Apple Inc., Netflix Inc., et Google Alphabet, ainsi que leurs homologues asiatiques Baidu Inc., Alibaba Group Holding Ltd., et Tencent Holdings Ltd. ont amassé autant d'argent en 2017 que Pacific Investment Management Co. (l'un des plus grands gestionnaires de fonds au monde) en près de 46 ans."

L'avenir suscite principalement deux réactions : l'exaltation chez certains... et l'inquiétude chez d'autres.

Le premier groupe imagine toutes les merveilles que la nouvelle technologie – en particulier l'intelligence artificielle – apportera. Le second s'inquiète de tous les emplois dont les machines nous privent. Le premier identifie les avantages ; le second est terrifié par le gouffre.

La production de pétrole a commencé à se redresser l'année dernière. Pourtant le nombre de travailleurs sur les plateformes pétrolières n'a pas augmenté. Pourquoi ? Les nouvelles technologies ont automatisé une grande partie du travail. Maintenant, seulement cinq trépans effectuent un travail équivalent à 20 trépans d'il y a quelques années.

Le personnel des plateformes pétrolières était bien payé. C'est pourquoi leurs propriétaires sont si désireux de le remplacer. Les machines ne vous poursuivent pas en justice lorsqu'elles se cassent une jambe, elles ne fument pas pendant les heures de travail. Elles ne passent pas le samedi et le dimanche en famille.

Mais comme les machines remplacent les emplois bien rémunérés, les travailleurs autrefois bien payés ne peuvent que se retrouver au bas de l'échelle des salaires. Cela explique également pourquoi la seule véritable croissance d'emploi est survenue dans le secteur des services – là où barmen et voituriers occupent des emplois peu qualifiés et faiblement rémunérés.

Des robots nous ouvriront la porte du paradis

Les gens sont forcés d'accepter des emplois qui ne peuvent être occupés par des robots. On s'attend à ce que le nombre de robots utilisés comme main-d'oeuvre quadruple d'ici à 2025. D'après une estimation largement diffusée, la moitié des emplois existants disparaîtront d'ici à 2030.

Ensuite, des robots plus intelligents que nous, nous assisteront dans tous les domaines de nos vies. Ils nous diront comment nous brosser les dents et pour qui voter. Ils corrigeront notre grammaire, diagnostiqueront les pannes de nos voitures... ils nous conseillerons des remèdes pour nos démangeaisons de peau. Ils sortiront nos poubelles, prépareront un ragoût avec de la mousse d'arbre... et nous ouvriront les portes du paradis.

Récemment, au Conseil des Relations Internationales, on a posé la question suivante à Daniel Kahneman : quelles sont les perspectives d'avenir ? Ces ordinateurs super intelligents nous garderont ils comme animaux de compagnie ?

"Bon, vous savez, certains économistes disent que nous sommes déjà passés par là. Les changements technologiques ne causent pas vraiment de chômage. Les pessimistes – et j'en suis un – ont tendance à croire que cette fois, c'est différent. Je pense que beaucoup de gens pensent que c'est différent en raison de la rapidité et du type de changements sociaux qui vont se produire, quand on créera ce que Yuval Harari* appelle des gens superflus, qui n'auront vraiment plus rien à faire.

Cela pourrait arriver au cours des prochaines décennies et cela va changer le monde dans une proportion inimaginable. Cela ne tiendra pas à une seule chose. Il suffit d'un ensemble d'avancées localisées. Comme celles qui sont en train de se produire : les voitures autonomes n'en sont qu'un exemple."

A La Chronique Agora, nous ne sommes ni inquiets ni curieux. Premièrement, tous les hommes sont superflus et l'ont toujours été. Nous nous fabriquons notre propre travail. Il ne nous est pas donné par l'économie ou par le gouvernement.

Deuxièmement, nous soupçonnons que la promesse de l'intelligence artificielle est en grande partie absurde. Les machines peuvent apprendre à faire des tâches simples – comme conduire un camion. Oui, et vous ferez probablement en sorte que l'une d'elle passe l'aspirateur chez vous.

La belle affaire...

Plus de robots mais plus de demande pour le "fait main"

Oui, des machines seront capables d'écrire des articles stupides pour des journalistes paresseux... et de faire des calculs intelligents pour des ingénieurs. Et alors ? Au 19e siècle, les machines ont remplacé les hommes pour effectuer des tâches routinières. Les gens se sont inquiétés et lamentés lorsque l'automobile a supprimé la nécessité de ramasser le crottin de cheval. Mais plus les robots ont été capables de faire quelque chose, plus les gens ont réclamé des choses "fabriquées à la main". A présent, plus les machines seront capables, plus les humains voudront ce dont elles sont incapables.

Dans un monde peuplé de voitures autonomes, nous serons follement tenaillés par le désir de prendre nous-mêmes le contrôle du volant. Lorsque nous aurons tous des robots-valets garantissant que notre cravate est bien coordonnée à notre costume, nous trouverons toujours le moyen d'associer des couleurs si infâmes et choquantes que les machines grilleront leurs fusibles et refuseront de travailler pour nous.

Le monde d'aujourd'hui ne manque pas de puissance de calcul, qu'elle soit naturelle ou artificielle. Il y a des tonnes de gens intelligents. Davantage de doctorats, plus de brevets, plus de groupe de réflexion... Plus de cellules grises que jamais s'appliquent à déceler les défis cruciaux de notre époque.

Davantage d'ordinateurs également, dont la vitesse de traitement nous aurait stupéfiés il y a 10 ans encore. Le programme Apollo Space utilisait un ordinateur d'une puissance de traitement équivalente à celle d'une Nintendo NES des années 1985. Aujourd'hui, un iPhone a la même puissance de traitement qu'un Superordinateur Cray. La puissance de calcul totale mise désormais à la disposition de l'humanité est d'environ un quadrillion (un million de milliards) de fois supérieure qu'à l'époque où Neil Armstrong marchait sur la lune.

Et alors ? Sommes-nous plus heureux ? Sommes-nous plus riches ? Le monde est-il meilleur ?

Nos téléphones nous donnent l'heure à la dixième de seconde près mais les gens sont toujours en retard. Nos ordinateurs corrigent nos fautes d'orthographe et notre conjugaison, mais la moitié des choses que nous lisons sont toujours insensées ou insignifiantes. Le nouveau tracteur de la marque New Holland que nous avons acheté pour le ranch il y a tout juste un an est tombé en panne sans raison apparente, alors que notre vieux Ford de 1972 est toujours en très bon état de marche.

Le service à bord des avions s'est-il amélioré ? La musique est-elle meilleure que celle des Beach Boys en 1965 ou du Nocturne n°8 de Chopin en 1842 ? Les flics sont-ils plus calmes ? Les juges sont-ils plus sages... les filles plus jolies... les présidents plus sensés que du temps où Eisenhower était à la Maison Blanche ?

Le problème de nos jours... et cela a toujours été le cas... ce n'est pas que nos cerveaux sont trop petits... en fait, avec toutes cette puissance de calcul supplémentaire... il se pourrait que nous ayons un trop-plein d'intelligence.

Nos coeurs ne peuvent suivre.

Nous persistons dans notre conseil. Détendez-vous. Laissez les robots prendre le dessus. Soyez aimable et digne. Laissez-les passer l'aspirateur et balancez-les en bas de l'escalier d'un bon coup de pied lorsqu'ils ne s'y attendront pas.

* auteur de Sapiens - Une brève histoire de l'humanité et de Homo Deus – Une brève histoire de l'avenir

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Les lignes bougent sur le front inflation-déflation http://la-chronique-agora.com/inflation-deflation-chine/ http://la-chronique-agora.com/inflation-deflation-chine/#respond Thu, 16 Nov 2017 12:00:54 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43649 Inflation Chine

Plusieurs signes montrent que l'inflation repart aux Etats-Unis. A court terme, une petite vague de déflation venue de Chine la contre mais la crise monétaire serait pour 2018.

Janet Yellen avait raison.

Non, cher lecteur, je ne suis pas passée dans le camp de la Parasitocratie, rassurez-vous. Je paie toujours des impôts et je n'ai pas accès au crédit infini et quasi-gratuit. Mais concernant l'inflation, la hausse des prix des biens et services courants, Janet avait raison.

cliquez ici !

Lorsqu'en juillet 2017, elle a commencé à s'accrocher à ses hausses de taux, en dépit d'un petit recul de l'inflation, elle avait dit qu'il s'agissait de facteurs "temporaires" (1).

"Des facteurs temporaires semblent à l'oeuvre. Il est prématuré de dire que nous ne sommes pas en voie vers une inflation à 2% dans les deux prochaines années. Comme nous l'indiquons, c'est quelque chose que nous regardons de très près, compte tenu des risques sur les perspectives d'inflation."

Voici l'indice d'inflation UIG publié hier par la Fed. Il s'agit de l'inflation dite "sous-jacente". Je ne vais pas détailler la composition de cet indice qui comprend des prix mais aussi des "variables financières" (2).

indice d'inflation UIG

Nous en sommes donc à 3%.

Un épargnant qui ne ferait rien perd 3% par an. S'il avait 100 000 $, cinq ans plus tard, il lui reste 85 873 $ en pouvoir d'achat

Dans le même temps, les bons du Trésor américain à 10 ans servent un rendement de 2,35%. Ils ne compensent pas l'inflation. Autrement dit, les taux d'intérêt réels sont négatifs.

Si notre épargnant place ses 100 000 $ en bons du Trésor (l'équivalent d'un livret A), au bout de cinq ans, il lui reste 96 792 $.

C'est mieux, mais il perd encore de l'argent.

Janet Yellen a parlé des "risques" : effectivement les taux négatifs dissuadent les étrangers d'acheter des bons du Trésor. Quel est l'intérêt de stocker des dollars qui perdent du pouvoir d'achat ?

La Fed sait que ne pas lutter contre l'inflation et laisser des taux d'intérêt réel négatifs provoquerait une crise monétaire ou un krach obligataire.

Un court répit venu de Chine

Mais à court terme, la Chine pourrait exporter un peu de déflation et arranger les affaires de la Fed.

La Chine a gonflé de son côté une monstrueuse bulle de crédit. Le shadow banking des camarades-capitalistes-chinois pèse 18 500 Mds$ (3).

Zhou Xiaochuan, le président de la Banque du Peuple (la Banque centrale chinoise), âgé de 69 ans, s'apprête à partir à la retraite. Il s'est lâché dans un long plaidoyer publié sur le site de la Banque du Peuple pour remettre de l'ordre dans ce baril de poudre.

Il faut savoir que le shadow banking chinois utilise des métaux industriels comme collatéral des prêts.

Le marché n'a pas été sourd aux propos du camarade Zhou. Suite à la publication de son papier, les métaux industriels se sont pris une claque, a tout de suite remarqué mon collègue Graham Summers.

Indice Bloomberg des métaux industriels

Ceci s'est propagé au reste des matières premières et l'indice CRB a reculé à son tour. Mais ce recul sera de courte durée et insuffisant pour enrayer la grosse vague qui s'annonce.

Sur le long terme, l'évolution des matières premières est plus claire et le recul en provenance de Chine se discerne à peine.

Evolution de l'indice Deutsche Bank Commodities

Pour résumer :

Une vague d'inflation se profile aux Etats-Unis.

Les taux d'intérêt réels sont déjà négatifs.

Cette vague rencontre une petite déflation en provenance de Chine mais ses effets seront "temporaires". L'indice DBC devrait revenir à 223 à la mi-2018.

Tout est donc en place pour une crise monétaire grave l'année prochaine.

Il est évident que dans cette crise à venir, l'or et les minières aurifères auront un rôle à jouer. Pour le moment, l'or réagit à la mini vague de déflation chinoise. Mais dès que les taux d'intérêt réel négatifs seront installés et perçus, il va s'enflammer.

Au cours de son histoire, l'or a connu des ascensions fulgurantes dans des conditions identiques à celles que nous connaissons aujourd'hui...

... une création de monnaie sans précédent... des taux d'intérêts au ras du plancher... et des politiciens dépensant sans retenue...

Ces mêmes conditions sont aujourd'hui à nouveau réunies. Cette fois, ce ne sera pas différent.

C'est maintenant qu'il faut placer vos pions pour multiplier la hausse à venir. Cliquez ici pour savoir comment vous pourriez générez des gains explosifs dans les mois à venir.

 

1- Temporary factors appear to be at work. It's premature to reach the judgment that we're not on the path to 2 percent inflation over the next couple of years. As we indicate in our statement, it's something we're watching very closely, considering risks around the inflation outlook

2- https://www.newyorkfed.org/research/policy/underlying-inflation-gauge

3- https://www.bloomberg.com/news/articles/2017-11-06/china-s-shadow-banking-halts-as-regulation-bites-moody-s-says

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L’idiotie de l’intelligence artificielle http://la-chronique-agora.com/idiotie-intelligence-artificielle/ http://la-chronique-agora.com/idiotie-intelligence-artificielle/#respond Thu, 16 Nov 2017 11:30:39 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43644 intelligence artificielle

L'intelligence artificielle nous évitera toute erreur et des robots nous assureront un revenu universel. Vous y croyez ?

De retour à Baltimore, nous avons été déçu de voir le piédestal... nu... abandonné, sa statue disparue... sa finalité, défunte.

statue

La statue en bronze du juge de la Cour suprême, Roger B. Taney – qui s'est longuement penché sur les enjeux du milieu du XIXème siècle – a orné le parc pendant plus d'une centaine d'années. Maintenant, la statue n'est plus.

Désormais nous sommes vraiment devenus bien meilleurs. Avec tant de règles, de législations et de protocoles, nous n'avons plus le choix. Etre bon, intelligent ou sage n'est plus nécessaire. Il suffit d'obéir !

Par exemple, vous avez des milliers de choix concernant les médicaments et beaucoup d'entre eux vous tueront. Mais vous ne voulez pas terminer au cimetière après avoir pris un médicament "illégal". Mieux vaut vous reposer sur la prescription d'un médecin et votre épouse éplorée pourra poursuivre quelqu'un en justice.

Ne pas mettre la main aux fesses d'une personne ayant bénéficié de conseils juridiques valables, sans son consentement préalable dûment enregistré. Si votre femme vous dit qu'elle est d'accord, dites-lui de le mettre par écrit.

Sauf, bien sûr, si vous êtes célèbre ou puissant ; dans ce cas le président des Etats-Unis vous dira que vous pouvez faire ce que vous voulez.

Pas d'évasion fiscale... à moins que cela ne soit spécifiquement autorisé dans l'une des 71 689 pages du code fiscales américain. Ou peut-être dans les 459 pages de la proposition de réforme du Sénat.

C'est ça le progrès ! Tout est bien soigneusement préparé pour nous. "Enlevez vos chaussures... sortez votre ordinateurs portables de vos sacs..." Aucune décision nécessaire.

Avec le progrès, il y aura de moins en moins d'erreurs...

Si seulement Roger Taney avait eu un accès à internet. Il aurait certainement été du bon côté, soutenant la demande de liberté de Dred Scott [NDR : Dred Scott est un esclave noir américain qui intenta une action en justice pour obtenir la liberté pour lui, sa femme et ses deux filles. Devant la Cour suprême, les juges – dont Roger Taney – s'y opposèrent à la majorité, donnant naissance au célèbre arrêt Dred Scott v. John F. A. Standford, 1857].

Désormais, puisque nous sommes abondamment connectés, il n'y aura plus d'erreurs de cet acabit. Ni d'échecs moraux. Ni d'accidents. Nos voitures seront autonomes et sans chauffeur.

Des robots nous apporteront nos vêtements le matin. Il n'y aura plus de fautes de goûts, de couleurs qui jurent entre elles. Oui, cher lecteur, voici que cela commence à devenir intéressant.

Cet été, Morgan Stanley a prédit que "l'ordinateur quantique" conduirait bientôt à une "accélération exponentielle" de la capacité qu'auront les ordinateurs à penser. Bientôt, les ordinateurs seront plus intelligents que nous. Ils pourront décider quel pantalon nous porterons.

Pour notre part, nous ne sommes ni surpris, ni impressionnés. Avec le temps, les ordinateurs n'ont fait que devenir plus intelligents, là où les humains eux, sont devenus plus bêtes. Ils étaient faits pour se rencontrer un jour où l'autre.

Comptez-vous sur des robots pour nous distribuer un revenu universel ?

Selon les experts, ces ordinateurs plus intelligents feront tout le travail qui était jusqu'à présent réservé aux bipèdes. Cette pensée a terrorisé les planificateurs centraux mais a ravi ceux qui végètent. Les premiers cherchent fiévreusement comment garder le contrôle sur les machines... et les utiliser pour construire les sociétés qu'ils ont toujours voulues. Les seconds prévoient une retraite à plein temps.
[NDLR : pour compléter votre retraite, pensez plutôt au plan que les vétérans de la Bourse utilisent avec succès depuis plus de 30 ans, le "plan Brongniart". Notre spécialiste vous explique ici comment 200 € par mois investis dès aujourd'hui vous permettront d'avoir une retraite de ministre.]

Là où les avis se rejoignent c'est sur l'élaboration d'un revenu de base garanti. D'après un article de Zerohedge :

"Aussi longtemps que nous nous forçons à travailler pour gagner de l'argent pour vivre, l'automatisation va travailler contre nous, plutôt que pour nous. Afin de parvenir à la liberté économique pour tous, dissocier les revenus du travail est un impératif civilisationnel. Sans un revenu de base inconditionnel, l'avenir est bien sombre. Avec un revenu de base inconditionnel, en particulier un revenu qui augmente à mesure que la productivité augmente comme une part légitime d'une économie de plus en plus automatisée, l'avenir devient finalement un endroit pour l'humanité."

Nous nous demandons bien où est passé l'humanité durant toutes ces années !

Voilà justement pourquoi il sera si facile à l'intelligence artificielle de dépasser celle du genre humain. Les gens ne sont pas très intelligents... surtout quand ils commencent à parler d'intelligence.

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Une flat tax appliquée à l’assurance-vie bien tordue http://la-chronique-agora.com/flat-tax-assurance-vie-isf-isi/ http://la-chronique-agora.com/flat-tax-assurance-vie-isf-isi/#respond Thu, 16 Nov 2017 11:00:31 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43640 flat taxe Macron france

La flat tax sur l'assurance-vie nécessitera votre plus grande vigilance si vous avez plusieurs contrats déjà ouverts. A l'avenir vous aurez intérêt à multiplier les contrats.

Nous avons récemment vu que la flat tax présente un certain nombre d'avantages sur d'autres types d'impôts. Encore faut-il qu'elle soit véritablement flat...

Premier problème pour une mesure qui se veut simple : le prélèvement forfaitaire "unique" (PFU), fixé à 30% (12,8% d'impôt sur le revenu + 17,2% de prélèvements sociaux), instaure une double dichotomie fiscale entre d'une part le "avant"et le "après"la réforme, c'est-à-dire en fonction de la période à laquelle ont eu lieu les versements et, d'autre part, selon le montant de ces derniers.

Les grandes lignes du projet initial présenté par le gouvernement peuvent être résumées comme suit : "rien ne change pour les revenus produits par les versements antérieurs à la réforme, quel que soit leur montant. Après cette date, la fiscalité de l'assurance-vie sera préservée jusqu'à 150 000 euros d'encours* nets, tous contrats confondus, pour une personne seule et 300 000 euros pour un couple",déclarait Bruno Le Maire. (* il s'agit en fait du montant des versements et non des "encours", comme l'a initialement déclaré le ministre.)

Deuxième problème : la version originelle du PFU présentée dans le Projet de loi de finances pour 2018 était tellement ubuesque que son application revenait à favoriser les "gros épargnants"au détriment des "petits"en matière de retraits intervenant avant huit ans.

Le Parlement à la rescousse pour écarter le risque de censure du Conseil constitutionnel

Ce genre de règle revient à faire payer les contribuables de manière inversement proportionnelle à leur capacité à contribuer, ce qui aurait pu se révéler tout bonnement... anticonstitutionnel ! Face à ce risque, le député LREM Laurent Saint-Martin a déposé un amendement le 11 octobre, lequel a été voté en Commission des finances le 12 octobre et à l'Assemblée nationale sept jours plus tard.

Désormais, le seuil de 150 000 € est écarté sur les contrats détenus depuis moins de huit ans et tous les assurés bénéficient du PFU sur cette période, la distinction ne s'opérant qu'au-delà de huit ans.

Le résumé le plus clair et le plus succinct que j'ai lu à ce sujet a été formulé par le CGPI Guillaume Fonteneau sur Le Blog Patrimoine :

"Pour les contrats de moins de huit ans :

Tous les versements effectués à partir du 27 septembre 2017 bénéficieront de l'application du PFU à 30%. Cela signifie que l'instauration du PFU supprime l'importance de l'antériorité fiscale. Les taux de 35% + 17,20% de CSG/CRDS avant quatre ans, 15% + 17,2% de CSG/CRDS entre quatre ans et huit ans sont supprimés pour tous les versements réalisés après le 27 septembre 2017. Dorénavant, c'est le taux unique de 30% qui s'applique avant huit ans et cela quel que soit l'encours détenu en assurance vie.

Pour les contrats de plus de huit ans :

L'adhérent qui a versé plus de 150 000 € se verra appliquer le PFU à 30% (en réalité 12,8% d'impôt sur le revenu après un abattement de 4 600 € ou 9 200 € + 17,20% de prélèvement sociaux). Pour les autres, c'est-à-dire pour les adhérents qui ont versé moins de 150 000 € en assurance-vie, c'est le taux de 7,5% après abattement de 4 600 € ou 9 200 € + 17,20% de prélèvements sociaux qui s'applique."

Le Revenu a résumé la situation dans le tableau ci-dessous :

tableau

Le PFU à 30% ne porte que sur les versements réalisés après le 27 septembre 2017 et le seuil de 150 000 € doit être apprécié par assuré pour l'ensemble des contrats d'assurance-vie et de capitalisation détenus, déduction faite de la part de primes contenue dans les rachats précédents.

Une grande tradition française de complications stériles

Difficile d'imaginer une réforme susceptible de rendre plus complexe la détermination de l'impôt dû par la compagnie d'assurance à laquelle l'épargnant demandera un retrait. Et bonne chance aux particuliers pour vérifier le montant de l'impôt par la suite ! La formule de calcul n'était déjà pas simple mais, avec cette réforme, on atteint de nouveaux sommets. Tout cela alors que Bercy compte seulement 6% d'assurés ayant dépassé le seuil de 150 000 € de versements.

L'autre grande mesure fiscale du gouvernement, le remplacement de l'ISF par l'ISI (impôt sur la fortune immobilière), a quant à elle pour conséquence de faire perdurer un impôt qui est tout sauf neutre sur le plan fiscal et qui ne rapportera même pas 1 Md€ par an... Mais qu'est-ce que nos dirigeants ne feraient pas pour "préserver cette tradition très française qui consiste à mettre en branle des marteaux piqueurs pour chasser des moustiques" ?, s'interroge Eric Verhaeghe sur www.entreprise.net.

Finalement, c'est bien le 27 septembre (jour de la publication du Projet de loi de finance pour 2018) qui a été retenu comme date d'entrée en vigueur de la réforme. Merci au gouvernement d'avoir mis les épargnants devant le fait accompli.

Pour qui la flat tax est-elle une bonne nouvelle ?

Sur les contrats détenus depuis moins de huit ans, la mesure, qui doit encore être approuvée par le Sénat pour être définitivement entérinée, avantagerait tous les assurés qui bénéficieraient grâce à elle d'une forte baisse du taux d'imposition sur leurs rachats à compter du 1er janvier 2018.

La fiscalité après huit ans augmente pour les assurés ayant versé plus de 150 000 € de primes en assurance-vie ou sur un contrat de capitalisation qui ne bénéficient plus du taux de 7,5% (après un abattement de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple) + 17,2% de prélèvements sociaux. Elle reste identique pour les autres épargnants.

Une réforme aux enjeux industriels considérables

On lit ici ou là que cette réforme, remettant en cause le principe d'une fiscalité réduite en fonction de l'antériorité fiscale du contrat, entraînerait "la suppression de toute relation entre le temps et la fiscalité". C'en est bien l'esprit, mais cela n'est pas exact : les assurés ayant versé pour moins de 150 000 € de primes peuvent en effet complètement défiscaliser leurs retraits en attendant huit ans pour ce faire.

Mais pour les épargnants de moins de 70 ans étant assujettis au PFU à 30% (c'est-à-dire ceux qui détiennent des contrats de moins de huit ans et/ou plus de 150 000 € en assurance-vie depuis plus de huit ans), la réforme incite sur le plan fiscal à ouvrir de nouveaux contrats. Cela est d'autant plus vrai pour les assurés détenant des fonds euros moins "rémunérateurs".

Comme l'explique Guillaume Fonteneau, il s'agit d'une "réforme profonde qui modifie l'usage du contrat d'assurance-vie comme produit d'épargne exclusivement long terme. La flat tax et son application avant et après huit ans, transforme l'assurance-vie en produit d'épargne court terme et long terme, et plus simplement long terme."

Par conséquent, "les compagnies d'assurance-vie qui collectaient des sommes importantes sur les vieux contrats d'assurance-vie sous l'unique argumentation de l'antériorité fiscale, perdent un avantage commercial majeur. A contrario, puisqu'il n'est plus fiscalement pénalisant d'ouvrir un nouveau contrat, nous pourrions assister dans les prochains mois à un basculement de la collecte au profit de nouveaux contrats, plus performants et moins onéreux. Au final, l'adoption du prélèvement forfaitaire unique rebat les cartes de l'assurance-vie et pourrait relancer la concurrence entre les compagnies."

Certes, la majorité gouvernementale est en position de force au Sénat, mais tant que la navette parlementaire ne sera pas arrivée à son terme, nous ne serons pas à l'abri de nouvelles modifications des règles du jeu en matière de fiscalité des rachats sur les contrats d'assurance-vie.

Nous aurons peut-être l'occasion de refaire le tour de cette usine à gaz...
[NDLR : attention : vous souvenez-vous du contenu de la clause de cession de votre assurance-vie ? Un faux pas dans sa rédaction peut vous coûter très cher. Un fiscaliste vous révèle ici comment vous protéger et protéger vos proches dès maintenant.]

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Altice dévisse, victime du créditisme http://la-chronique-agora.com/altice-devisse-creditisme/ http://la-chronique-agora.com/altice-devisse-creditisme/#comments Wed, 15 Nov 2017 12:00:28 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43635 altice

Altice s'appuie sur la dette pour conquérir un marché des télécoms très contrôlé par l'Etat -- les résultats ne sont pas au rendez-vous.

Il y a moins d'appétit pour la dette sur les marchés financiers depuis quelque temps.

Les obligations risquées américaines, dites high yield ou junk bonds, chutent depuis presqu'un mois maintenant.

Evolutions comparées de l'indice Dow Jones et des obligations risquées

Certains commencent à s'inquiéter des marchés soutenus par la dette, comme celui de l'automobile aux Etats-Unis.

Bloomberg :

"Les défauts sur les crédits auto subprime approchent un niveau de crise chez les prêteurs indépendants des banques."

bloomberg

Il s'agit de crédits accordés par des concessionnaires ou des organismes spécialisés qui portent sur 200 Mds$.

Inquiétudes aussi en Chine qui a embrassé le "créditisme". Selon ce système (qui n'a rien à voir avec le capitalisme), une banque prête de l'argent qui n'existe pas et se rembourse sur les futurs profits. La croissance de la Chine repose sur la croissance du crédit et non pas sur la rentabilité de son économie.

PROJET X - Inédit en France

Vous aviez l'intention d'acheter des bitcoins ?

STOP !

Ne faites rien avant d'avoir vu cette stratégie inédite en France, élaborée par notre tout nouveau spécialiste des cryptomonnaies : cliquez vite ici pour tout savoir.

A l'inverse, dans un système vraiment capitaliste, une banque prête de l'argent adossé à de l'épargne existante qui s'est constituée grâce à la profitabilité d'anciens projets.

Faute de bénéfices, les investisseurs commencent à hésiter et les marchés actions sont en recul presque partout dans le monde.

Des obligations aux actions : les entreprises endettées ont moins la cote

Altice, une société emblématique du créditisme, dévisse en bourse. Altice opère dans le secteur des télécoms miné par le capitalisme de copinage et d'Etat, un capitalisme qui multiplie les réglementations, les taxations, les subventions, les sourcilleuses autorités de contrôle, les licences accordées par l'Etat, etc.

Altice s'est appuyée sur la dette pour prendre des parts du marché des télécommunications mais les résultats de SFR déçoivent. Du coup, les analystes commencent à regarder avec effroi les 50 Mds€ de dette. Certes les échéances de remboursement du principal commencent seulement en 2022 et les intérêts de la dette ne coûtent en 2017 que 1 Md€, un taux d'ami...

Mais la peur commence à se réveiller.

Certains actionnaires vendent.

Altice

Depuis le début du mois de novembre, l'action a perdu plus de 40% de sa valeur.

Quand les profits ne sont pas au rendez-vous, le créditisme a une botte secrète : le refinancement des prêts à des taux encore plus faibles. Mais lorsque même à des taux les plus bas que l'histoire de la finance ait jamais connu, les profits ne sont toujours pas là, il faut bien acter des pertes.

Aucune importance, me direz-vous, puisque l'argent n'existait pas !

Faux. Vous paierez, nous paierons, sous forme d'impôts à venir pour secourir les banques qui ont prêté à Altice, de taux zéro ou négatif de votre épargne, car la Banque centrale européenne se livrera à de nouvelles "opérations monétaires" pour éviter la débâcle de cette monstrueuse bulle de crédit. Altice, le Crédit Lyonnais en son temps, Areva, Edf... C'est toujours la même histoire, emballée un peu différemment.

Marre du créditisme, du capitalisme de copinage, des Altice, EDF, Areva, etc., des rendements minables de votre épargne ? Pourquoi, ne mettriez-vous pas votre argent au service de la vraie croissance, en l'investissant dans des entreprises saines, qui ont des clients, des marges, oeuvrent sur des marchés honnêtement concurrentiels et ont besoin de grandir ? Tout est expliqué ici.

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Venezuela : le grand comique du capitalisme moderne http://la-chronique-agora.com/venezuela-faillite-capitalisme-moderne/ http://la-chronique-agora.com/venezuela-faillite-capitalisme-moderne/#comments Wed, 15 Nov 2017 11:30:37 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43627 Venezuela Maduro faillite

La faillite du Venezuela révèle la corruption des "enchufados", proches du gouvernement socialiste et de Maduro.

Lundi, Caracas a déroulé le tapis rouge, littéralement.

Au cours de l'un des spectacles les plus drôles que le capitalisme moderne ait offert, les détenteurs d'obligations avaient été invités à une réunion spéciale dans la capitale vénézuélienne.

Quelques-uns y sont allés. Ils voulaient savoir à quelle sauce ils allaient être mangés.

Le pays court rapidement à la faillite. La production de pétrole enregistre un plus-bas sur 28 ans... les liquidités disparaissent... le chaos se propage. A quel moment le Venezuela allait-il faire défaut sur ses obligations ?

La réunion a duré 30 minutes. Aucune question ne pouvait être posée. Ensuite, moins de 24 heures plus tard, les investisseurs ont eu la réponse : aujourd'hui !

L'heure de Gloire de Washington est encore à venir

Nous sommes de retour à Baltimore. Il n'y a rien de plus beau.

Dieu merci.

Chaque lieu a son propre caractère, son propre style et son propre cycle de vie. Baltimore a connu son apogée au XIXe siècle : c'était alors la ville la plus riche d'Amérique.

Depuis, elle n'a cessé de dégringoler.

A une heure de route, au sud de la ville, se trouve Washington (DC), dont la culture, l'économie et l'heure de gloire sont différentes.

La richesse de Baltimore était tributaire du commerce et de la production. La ville a perdu des parts de marché lorsque le commerce s'est déplacé vers New York et que la production a décampé vers ce qui est aujourd'hui l'ancien coeur industriel du pays : l'Ohio, l'Indiana et l'Illinois.

Washington a toujours été une ville parasite. Elle était petite et relativement modeste, lorsque le gouvernement était restreint. Mais à mesure que l'Etat s'enhardit, Washington s'enrichit.

Les entreprises ont déplacé leurs sièges sociaux dans les états voisins du Maryland ou de la Virginie, où elles pouvaient se rapprocher des lobbyistes.

Le secteur "de la défense" a pratiquement annexé la Virginie du Nord, où il est en mesure de soudoyer les législateurs et de verser des pots-de-vin aux généraux. Les cabinets d'avocat se perchent dans les tours du centre-ville, comme des buses sur un arbre mort.

Si l'apogée de Baltimore est révolue depuis longtemps, celle de Washington est encore devant elle.

Une forte tête vite mâtée par les élites

Peu importe le type de système politique, comme l'a remarqué au début des années 1900 l'économiste et sociologue italien Vilfredo Pareto, les initiés trouvent toujours le moyen de le détourner.

A Washington, les initiés du Deep State contrôlent désormais la Maison Blanche, les deux Chambres du Congrès, le Pentagone et la bureaucratie.

Le président Trump a fait venir une nouvelle équipe il y a un an. Certains pensaient qu'il allait chasser l'ancien Establishment de Washington.

Tel Jésus chassant les usuriers du temple, ils pensaient qu'il allait retourner la situation au détriment des initiés... et restituer sa grandeur à l'Amérique.

Cela ne s'est pas produit.

Au contraire, M. Trump a rallié le Deep State avec une telle rapidité qu'on aurait dit que les dés avaient été pipés dès le départ.

Et à présent, les initiés bénéficient de la combinaison idéale : une Maison Blanche qui affirme être leur ennemi tout en leur permettant de faire tout ce qu'ils veulent. Par exemple :

  • Trump, Pelosi et Schumer ont pulvérisé le plafond de la dette.
  • Le président a placé à la tête de la Fed un nouveau responsable qui est un rat du Marigot, à l'image de l'ex-présidente de la Fed.
  • Le budget du Pentagone n'a pas été diminué... les guerres stupides que l'Amérique livre au Moyen-Orient n'ont pas été réduites. Les relations privilégiées avec Israël et l'Arabie Saoudite n'ont pas changé.
  • Aucune coupure budgétaire n'a été opérée non plus au sein de l'Etat-providence. L'Obamacare est éternel. La faillite est assurée.

Bref, la routine... mais avec un "leaderismo" forte tête, qui bluffe et malmène l'opposition conservatrice.

Une corruption endémique mais subtile

L'ex-président du Venezuela, Hugo Chavez, est parvenu à peu près au même résultat.

Mais au lieu de faire semblant d'être conservateur, comme Trump, il a fait semblant de "remettre le pouvoir au peuple". Et au lieu de transformer le pays en paradis socialiste, les "Chavistas" ont fait ce que les initiés font toujours : ils ont pillé le pays.

Comme l'a dit Maggie Thatcher dans les années 1970, "le problème, avec le socialisme, c'est qu'un jour, l'argent des autres finit par manquer".

Or le Venezuela commence à manquer de cet argent des autres : et c'est rapide. Avec une économie mal gérée... et la fin qui est proche, les initiés se servent tant qu'il en est encore temps.

En Amérique et en Europe, la corruption est répandue, systémique et subtile.

Les grands acteurs financiers savaient (est-ce que Draghi le leur avait dit ?) que les dés étaient pipés.

Ils ont pu acheter des obligations spéculatives sans risque. Les banques centrales ont fait en sorte qu'elles ne baissent pas (la baisse des cours des obligations signifiait la hausse des taux d'intérêt, chose que les banques centrales voulaient à tout prix éviter).

Au contraire, les cours des obligations ont grimpé. Les rendements ont baissé. Et les traders affûtés ont empoché des gains allant jusqu'à 1 000%.

Au Venezuela, les obligations souveraines ont plongé – et les rendements, ainsi que les coûts d'emprunt, ont flambé - lorsqu'il est devenu flagrant que le pays allait faire faillite.

L'économie a chuté de 30%. Le taux annuel d'inflation est de 2 300%, selon le Fonds monétaire international. Les magasins manquent de denrées alimentaires. Les pharmacies n'ont plus de médicaments. Les hôpitaux ne peuvent plus mettre des draps propres dans les lits.

Des pistonnés spéculent sans risque

Mais d'une manière ou d'une autre... le gouvernement "socialiste" continue de payer les intérêts de ses obligations souveraines.

Les gens souffrent peut-être... mais les capitalistes continuent de gagner de l'argent.

Pourquoi un gouvernement socialiste favoriserait-il les riches prêteurs au détriment des pauvres ?

La question se pose-t-elle vraiment ? Selon le Miami Herald :

"... C'est un secret de polichinelle, chez les traders américains : la plupart des acheteurs d'obligations vénézuéliennes sont des ‘enchufados' [NDR : pistonnés], ces membres de l'élite de l'entourage de Maduro, ainsi que leurs compères en affaires.

Chaque fois que les obligations vénézuéliennes ont plongé dans un contexte où l'on croyait, au niveau international, que Maduro allait faire défaut sur la dette du pays plutôt que d'annuler toutes les importations de denrées alimentaires, les responsables vénézuéliens et leurs compères du monde des affaires ont acheté des obligations de PDVSA [compagnie pétrolière gérée par l'état du Venezuela] à prix cassé, tout en bénéficiant d'informations privilégiées selon lesquelles Maduro n'allait finalement pas annoncer un défaut."

Les dés étaient pipés. Ils le sont toujours.

Les gains sont toujours bons à prendre tant que c'est possible.

Le 14 novembre, l'agence de notation de crédit, Standard & Poor, a déclaré que le Venezuela était en défaut de paiement sur 200 M$.

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Les nouvelles règles imposées à votre assurance-vie http://la-chronique-agora.com/flat-tax-assurance-vie/ http://la-chronique-agora.com/flat-tax-assurance-vie/#comments Wed, 15 Nov 2017 11:00:06 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43622 assurance-vie

Les taux bas laminent les rendements de l'assurance-vie. Les assureurs sont de plus en plus réticents à proposer des produits à capital garanti, mais la gestion "pilotée" se démocratise.

Nous avons vu récemment que les régulateurs comme les dirigeants politiques ont une vive tendance à dissiper certaines informations en les couvrant d'un rideau de fumée pour embellir la réalité... quand ils n'y vont pas carrément à grand coups de baratin pour présenter comme neutres certaines décisions dont pâtira directement votre porte-monnaie ! Les bonnes nouvelles sont quant à elles présentées comme d'immenses victoires, dans la grande tradition de la communication politique.

Aujourd'hui, j'aimerais revenir sur les stratégies poursuivies par deux acteurs qui ont une influence considérable sur le rendement de votre épargne : les assureurs, au travers de la politique qu'ils mènent en matière de contrats, et le gouvernement, qui impulse les règles du jeu en matière de fiscalité.

Comment les assureurs pallient-ils la baisse des rendements sur les fonds euros ?

Face au risque que représentent les fonds euros, les assureurs ont modifié leurs offres dans plusieurs directions. La stratégie la plus répandue, et que nous avons déjà illustrée dans La Chronique, consiste à ne plus garantir intégralement le capital du fonds euros qui se voit souvent couvert à 98% seulement.

Le fonds euros "le plus risqué du marché" n'est pas à capital garanti

Cette pratique s'est renforcée au mois de septembre en prenant toutefois un visage un peu différent. Cbanque rapporte que le Groupe Apicil va "généraliser la distribution de son fonds Euroflex" qui fait l'objet d'une particularité novatrice lui permettant de revendiquer le titre de fonds euros "le plus risqué du marché". Il n'est en effet garanti qu'à 96% du capital atteint dans l'année (record battu), en contrepartie d'un objectif clair : afficher un taux de rémunération intéressant en allant chercher un surplus de rendement (entre 0,5 et 0,7%) là où il est, c'est-à-dire en dehors des titres de dette publique des Etats occidentaux. Le fonds pourra intégrer jusqu'à 24% de "produits risqués".

La gestion pilotée désormais accessible à tous

Une autre tendance forte est la généralisation de la gestion pilotée, c'est-à-dire le fait de confier la gestion de votre contrat à quelqu'un dont c'est le métier. D'abord réservée aux plus gros contrats, cette prestation tend à se démocratiser depuis la fin des années 2000, après son introduction en ligne par Altaprofits et Lazard Frères Gestion en 2006. Ainsi, la banque en ligne ING Direct a-t-elle annoncé en septembre que le seuil qu'elle impose en matière de gestion sous mandat descendait à 300 € (contre 20 000 € à l'origine). Idem pour Generali, Altaprofits Vie et Boursorama Vie qui avaient précédé l'acteur néerlandais.

contrat

Source : cBanque*

Détourner les assurés des fonds euros

L'accélération de cette démocratisation est l'une des réponses des assureurs en vue d'offrir à leurs clients une alternative aux fonds euros. La gestion pilotée est une stratégie que je recommande, dans la mesure bien sûr où l'on a pris soin de valider soigneusement la politique de gestion du gérant. Un critère qui me semble indispensable à cet égard est la capacité du gérant à sortir intégralement du marché pour se positionner en cash en cas de retournement à la baisse. Or, tous les gérants ne sont pas en mesure de pouvoir assurer et assumer une telle politique.

Enfin, les incitations des assureurs à l'attention des épargnants pour qu'ils "fourgoussent" leur contrat en euro pour les transformer en unités de compte ont de plus en plus de succès depuis 2013. cBanque** rapporte que "131 000 contrats ont été transformés de monosupport en multisupports en 2016, soit 46 000 de plus qu'en 2012 !" Rappelons que ce dispositif adopté en 2005 impose d'investir au minimum 20% du contrat en unités de compte.
[NDLR : tous les trimestres, notre spécialiste risque Mory Doré vous donne des conseils en matière d'allocation d'actifs au sein de votre assurance-vie. Cliquez ici pour vous abonner et profiter dès la fin de l'année de son allocation pour le premier trimestre 2018.]

Et la fiscalité ?

Le candidat Emmanuel Macron a été élu sur des promesses de simplification et de baisse de la fiscalité. Au final, l'électeur-contribuable se retrouve avec de nouvelles usines à gaz et surtout avec une nouvelle hausse des dépenses nettes de l'Etat (386,3 Mds€, soit +1,5 Md€ par rapport à 2017) qu'il faudra bien financer (mais "c'est moins pire que si on n'avait rien fait", nous explique-t-on en haut lieu).

Une "flat tax" assez tordue

Une flat tax est un impôt à taux unique qui frappe tous les membres d'un groupe (citoyens ou entreprises) au même taux. Un exemple parfait en est la CSG.

L'un des avantages de ce type d'impôt est de rendre la situation des contribuables particulièrement lisible, au contraire par exemple de l'impôt progressif sur le revenu avec ses cinq tranches et ses wagons de niches fiscales. Face à une situation plus claire et simple, les agents économiques, particuliers ou entreprises, domestiques ou étrangers, sont en mesure de prendre des décisions de consommation et d'investissement plus rationnelles.

C'est ce type de mesure que d'aucuns attendaient d'un candidat qui avait "renoncé au socialisme" et que les médias présentaient volontiers comme "libéral". Or, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30% n'a rien d'une mesure universelle puisqu'il comporte pléthore d'exceptions, lesquelles, au final, ne rendent aucunement les choses plus simples. Ce serait même plutôt le contraire comme nous le verrons très prochainement.

*http://www.cbanque.com/actu/64311/assurance-vie-la-gestion-pilotee-desormais-accessible-a-tous

**http://www.cbanque.com/actu/64575/assurance-vie-plus-de-130-000-transferts-fourgous-en-2016

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Le crédit se porte bien, mais la dette moins bien http://la-chronique-agora.com/credit-etf-dette-flash-krach/ http://la-chronique-agora.com/credit-etf-dette-flash-krach/#respond Tue, 14 Nov 2017 12:15:31 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43613 ETF

Un nouveau "flash krach" a été évité de justesse le 10 novembre sur le marché de la dette risquée. La montée des rendements obligataires rend les marchés nerveux.

Le Venezuela est enfin en faillite officielle. Mélenchon a perdu son modèle économique.

Le rendement des obligations chinoises à 10 ans atteint 4% et on attend que les autorités interviennent pour stopper la chute (lorsque le rendement d'une obligation monte, c'est que le titre est vendu).

Le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans dépasse 2,4%, alors que Trump ajoute 80 Mds$ de dette toute les semaines.

L'or a démarré une reprise "en douce," faisant plus de 10% de gains sur l'année... rivalisant avec le CAC 40 !

La plupart des gens n'ont pas pris conscience du retour de l'or... et vont "louper" la fenêtre d'entrée...

Un groupe de lecteurs pourra participer aux gains grâce à nos analystes... mais n'attendez pas !

Cliquez ici pour accéder à la stratégie à mettre en place pour profiter de la hausse de l'or...

2 Mds$ sont sortis des ETF à haut rendement la semaine dernière, poussant le marché de la dette risquée au bord du chaos.

ETF

Quel est le lien entre ces évènements ? Le crédit et donc la dette, cher lecteur. Le crédit a été jeté sur les marchés par milliers de milliards. Mais le problème est que le crédit est aussi de la dette.

Autrefois, il se disait que le marché obligataire était le marché intelligent. C'est là qu'interviennent des investisseurs qui ont vraiment de l'épargne à gérer et des comptes à rendre à ceux qui le leur ont confié : assureurs, fonds de pension. Ces gens, contrairement aux spéculateurs, n'ont pas droit à "l'effet de levier", à investir à crédit. Leurs engagements doivent être entièrement couverts.

Mais c'était autrefois, avant que les banques centrales n'interviennent, ne trichent sur les taux, ne rachètent tout et n'importe quoi. Le marché obligataire est-il toujours le marché intelligent alors que des pays arrivent à placer de la dette à 100 ans et qu'une partie des obligations se négocient avec un taux d'intérêt négatif ?

Autrefois, le marché obligataire réagissait avant le marché actions et c'est son retournement qui provoquait la chute des actions. Sera-ce le cas cette fois encore ?

L'innovation financière de ces dernières années sont les ETF, ces fonds négociés en continu qui suivent une tendance ou un indice. L'idée en soi était excellente (comme souvent) : permettre en une seule ligne d'acheter toutes les actions composant un indice donné. Mais les ETF ont été victime de leur succès.

Les ETF ont environ 4 000 Mds$ d'actifs sous gestion (dont 3 000 Mds$ aux Etats-Unis) et les fonds spéculatifs de gestion quantitative ont 933 Mds$ sous gestion. Ces deux instruments utilisent quasiment les mêmes techniques de tracking des indices et gèrent, si l'on peut dire, près de 5 000 Mds$.

Dans un récent article de Barron's, Ben Levisohn estime que 10 ans après la crise financière le système est plus instable et en détaille les raisons :

"Les investisseurs en sont venus à se reposer de plus en plus sur des ordinateurs pour faire tourner des programmes basée sur des règles quantitatives, appelés algorithmes, pour sélectionner des actions, diminuer les risques, placer les ordres, parier sur la volatilité et bien d'autres chose ; ces programmes ressemblent à ceux auxquels on a imputé le lundi noir du 19 octobre 1987.

La prolifération de l'investissement piloté par ordinateur a créé une illusion selon laquelle le risque peut se mesurer et se maîtriser. Mais plusieurs anomalies ces dernières années, donnant lieu à de soudains, graves et en apparences inexplicables mouvements de prix, suggèrent que la prochaine chute pourrait être exacerbée par le fait que ces machines soient hors de contrôle.

L'essor du pilotage informatique basé sur des règles de trading reflète ce qui apparaît dans tous les aspects de notre société. La puissance croissante des ordinateurs leur permet de faire ce que l'homme faisait déjà mais mieux et plus vite. C'est ainsi que Google a remplacé les encyclopédies dans le domaine de la recherche d'information, tandis que les applications de banque mobiles remplacent lentement les agences bancaires et qu'un jour nos voitures seront capables de nous conduire au travail. C'est aussi la raison pour laquelle Wall Street s'aide d'ordinateurs pour tout, de la structure des portefeuilles et du trading de titres aux décisions d'investissement de long terme."

Barron's, Black Monday 2.0 : The Next Machine Driven Meltdown

Les ETF ne sélectionnent pas leurs achats sur une quelconque méthode d'évaluation par la valeur, sur les bénéfices ou même le chiffre d'affaires. Ils suivent et amplifient la tendance d'un marché.

Il est logique de supposer que lorsque la marée se renversera, ces instruments amplifieront les ventes.

Les ETF suivant les indices des obligations risquées -- ou junk bonds -- ont attiré une horde d'investisseurs affamés de rendement (exactement comme l'immobilier américain subprime titrisé les avait en son temps attiré).

Selon Bloomberg, le 10 novembre, le marché des junk bonds a frisé la catastrophe.

L'instabilité des marchés augmente et comment sera combattue la prochaine crise (puisqu'il est hors de question de laisser un salutaire nettoyage se produire) ?

Par les taux négatifs et cette fois vers -5%, répond Business Insider.

Par les taux négatifs et cette fois vers -5%, répond Business Insider.

Des taux négatifs sur votre épargne, vos dépôts en banque, votre assurance-vie... car il faut bien réduire la dette et c'est vous qui paierez !

L'envers du crédit, c'est la dette. Certaines banques centrales stockent la dette de leurs présumés riches clients. Quel est l'intérêt pour elles de stocker des papiers qui perdent de la valeur ?

Les Echos :

"Avec la mondialisation, à partir des années 1980, ces banques centrales se sont retrouvées avec des balances de changes très importantes [...] Puis elles ont réalisé que ces Etats dont elles achetaient la dette étaient très endettés. Certaines ont alors commencé à se dire que l'or n'était la dette de personne."

Aujourd'hui la détention d'or par les banques centrales est au plus haut depuis fin 1999.

Et vous, en avez-vous ? Votre assurance contre un nouveau krach, des taux négatifs et autres répressions financières, c'est l'or.

Connaissez-vous cette pièce d'or à la fiscalité très douce et très facilement négociable partout dans le monde ? Découvrez-là ici.

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Chine : Xi Jinping ira au krach boursier pour sauver l’immobilier chinois http://la-chronique-agora.com/chine-krach-boursier-immobilier-chinois/ http://la-chronique-agora.com/chine-krach-boursier-immobilier-chinois/#respond Tue, 14 Nov 2017 11:35:59 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=43603 Xi Jinping Chine

Après le Congrès du Parti Communiste chinois, il est maintenant clair que le président Xi va œuvrer à consolider son pouvoir ; la dissidence sera mise à l'écart – encore plus qu'à présent. Les décisions d'un seul homme vont déterminer l'avenir de l'économie chinoise à un degré que nous n'avions pas connu depuis le président Mao.

Xi veut que le gouvernement ait davantage d'influence sur les entreprises – y compris celles représentées dans l'ETF ASHR que nous avons en portefeuille. Il a réellement la mentalité d'un planificateur central et il pense que les décisions du secteur privé sur les entreprises sont trop incertaines et instables.

Un contrôle gouvernemental centralisé sapera encore plus la création de valeur pour les actionnaires. C'est une des raisons pour lesquelles nous recommandons de posséder et de conserver les puts sur ASHR.

Mais la principale raison est liée à l'avenir de la devise chinoise.

Une quantité impressionnante de la valeur créée par les entrepreneurs et les travailleurs chinois a été gaspillée dans des projets d'infrastructure inutiles ou redondants et dans des villes fantômes. Ces projets ne génèrent pas de rendement positif pour les banques et les entreprises chinoises. Ils comblent donc les lacunes de croissance et creusent la dette totale en yuans. Comme les banques chinoises créent de nouveaux prêts à un rythme rapide, elles créent simultanément davantage de masse monétaire.

Voici ci-dessous une version mise à jour d'un graphique que nous vous avons déjà montré. La ligne rouge de ce graphique montre combien d'argent chinois a été créé dans le processus de prêt bancaire depuis l'adhésion du pays à l'Organisation Mondiale du Commerce en décembre 2001 (et qui correspond à la masse monétaire M2). La masse monétaire M2 des Etats-Unis est en bleu pour comparaison. Ces deux lignes sont libellées en dollars américains :

inflation en Chine

Le taux de croissance de la masse monétaire M2 chinoise, qui a quintuplé au cours de la dernière décennie, est choquant. Mais cette hausse explique pourquoi les investisseurs et les épargnants chinois déploient autant d'efforts pour sortir leur argent de Chine à un taux de change yuan/dollar fixé artificiellement par la banque centrale. Les contrôles des capitaux mis en place au début 2017 ont ralenti la fuite... en réglementant même les plateformes des crypto-devises, mais ce n'était qu'un pansement sur une jambe de bois. Il y a une pression grandissante pour convertir en devises étrangères un afflux massif de yuans.

Si seulement 10% de la masse monétaire M2 existante pouvait sortir du pays (par tout moyen disponible), cela éliminerait complètement les réserves de devises étrangères de la Chine.

Il est choquant de constater que la masse monétaire M2 de la Chine est près de 80% plus importante que celle des Etats-Unis. La Chine mène une bataille perdue d'avance en défendant la valeur de sa monnaie (via le peg, la parité fixe par rapport au dollar) alors que l'offre de yuans a tellement augmenté par rapport à l'offre de dollars.

Tant que la politique du système bancaire consistera à ignorer les pertes, à les comptabiliser comme un coût historique et à reconduire à l'infini les prêts non rentables, la capacité réelle de financement du système bancaire sera gelée. Cela va conduire à une dégradation régulière de la prise de risque et du dynamisme économique en Chine.

La vision de Xi à long terme est de transformer la Chine en une "nation socialiste avancée" d'ici à 2050. Il se rendra peut-être compte que le degré de contrôle nécessaire pour amener l'économie chinoise là où il le souhaite n'est pas possible avec un statu quo. Depuis environ cinq ans, le statu quo a consisté à reconduire sans cesse les prêts douteux en octroyant de nouveaux prêts. Et aussi à soutenir le taux de croissance des prêts et de M2 afin d'atteindre les objectifs de croissance du PIB.

L'immobilier est l'une des nombreuses activités économiques chinoises qui sont nées du statu quo. Cela ajoute certes au PIB, mais détruit de la valeur... :

Depuis des années, les spéculateurs chinois ont investi dans l'immobilier (maisons et appartements) comme dans des schémas de Ponzi. L'immobilier n'est pas destiné à être habité mais à être vendus à un prix plus élevé au spéculateur suivant, qui s'endette auprès du système bancaire bien huilé.

Xi a récemment déclaré que les maisons étaient faites pour que des gens "vivent dedans", pas pour de la spéculation. S'il veut tempérer la spéculation immobilière sans provoquer d'accident, il se sentira obligé d'offrir une sorte de filet de sécurité pour les spéculateurs en fin de chaîne. Un tel filet – qui devrait forcément être énorme – exigera de la banque centrale chinoise qu'elle abandonne ses efforts pour défendre un arrimage au dollar américain et qu'elle imprime suffisamment de nouveaux yuans pour apporter de la liquidité au système bancaire exsangue.

Cette action de dévaluation monétaire donnerait enfin à la Chine la flexibilité financière dont elle a besoin pour restructurer son système financier dans lequel de plus en plus de dettes sont nécessaires pour empêcher l'effondrement des bulles d'actifs.

Une dévaluation du yuan serait alors un choc pour les actifs à risque à l'échelle mondiale – en particulier les actions des marchés émergents, les producteurs de matières premières et les actions des marchés développés qui dépendent des exportations vers les marchés émergents. Cette dévaluation profiterait encore une fois à des refuges comme l'or et les Bons du Trésor américain.
[NDLR : cet article est extrait de la lettre de Jim Rickards Alerte Guerre des Devises. Pour profiter de l'intégralité de ses conseils, cliquez ici.]

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