La Chronique Agora http://la-chronique-agora.com Analyse macro économie contrarienne Fri, 22 Sep 2017 11:30:43 +0000 fr-FR hourly 1 La course contre la montre de la Fed http://la-chronique-agora.com/recession-fed/ http://la-chronique-agora.com/recession-fed/#comments Fri, 22 Sep 2017 11:30:43 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42711 récession

La Fed est pressée d'arriver à remonter ses taux pour pouvoir mieux les baisser en cas de récession. Si la récession arrive avant, il faudra en passer par les taux négatifs.

L'heure tourne...

Depuis son premier pas pour sortir du plancher des taux zéro en décembre 2015, la Fed a relevé le taux des fonds fédéraux à un niveau "satisfaisant à ce stade" de 1,25%.

La ligne d'arrivée est à 3,5%.

Pourquoi 3,5% ?

Pour Jim Rickards :

"Historiquement, il faut 300 à 400 points de base de réduction des taux (3% à 4%) pour sortir l'économie américaine de la récession. Aujourd'hui la politique de la Fed peut être comprise comme une course désespérée pour faire arriver le taux des fonds fédéraux à 3,5% avant que ne frappe la prochaine récession. L‘enjeu est toutefois de ne pas provoquer une récession dans la période de hausse."

Habituellement, la Fed remonte à chaque fois les taux de 0,25%. Cela signifie donc qu'il reste neuf hausses de taux supplémentaires avant d'arriver au résultat visé.

Au rythme actuel, la Fed franchira la ligne d'arrivée de 3,5% d'ici fin 2019.

Mais la récession n'arrivera-t-elle pas avant ?

Dans les circonstances normales, la Fed relève les taux d'intérêt pour éteindre les feux de broussailles inflationnistes. Mais l'inflation n'était que de 0,65% en décembre 2015 lorsque la Fed a entamé son cycle de remontée des taux.

Après avoir atteint 2,80% en février dernier, l'indice des prix à la consommation a de nouveau chuté à 1,73% au dernier relevé (juillet).

Après avoir enregistré un pic à 2,26% en janvier, l'indice de référence – l'IPC moins les composantes plus volatiles de nourriture et d'essence – s'est également effondré, à 1,70%.

Seul un effort suprême d'imagination – probablement celle d'un banquier central – pourrait interpréter cela comme de "l'inflation."

Eric Basmajian, analyste financier indépendant qui auparavant travaillait chez Morgan Stanley explique :

"La Fed ne cesse de répéter qu'elle cible une inflation à 2% pour augmenter les taux d'intérêt. Cependant, il est clair que l'inflation est non seulement en dessous des 2% pour l'IPC global et l'IPC de référence mais qu'elle évolue nettement dans la mauvaise direction."

Le marché obligataire n'est pas en accord avec le marché actions

Entre temps, le rendement du baromètre que constitue le bon du Trésor à 10 ans a chuté à 2,13% – son plus bas depuis le 9 novembre.

Le marché obligataire ne voit aucune inflation... et n'en entrevoit aucun signe annonciateur non plus.

Il ne voit pas non plus les bourgeons de la reprise – contrairement au marché boursier, rendu ivre par la Fed.

Jim Rickards encore :

"Le rendement du bon du Trésor à 10 ans est passé de 2,4% à la mi-mai à 2,13% aujourd'hui. Une chute des rendements laisse imaginer un affaiblissement de la croissance ou une possible récession à venir..."

Nous avons donc là un mélange de ralentissement de la croissance et de chute des prix... avec une économie qui risque d'entrer en récession.

Janet Yellen se retrouve donc face à un dilemme.

Resserrer encore plus les taux pourrait facilement provoquer la récession – si le dernier durcissement de la Fed ne l'a pas déjà fait.

Il ne faut pas oublier que 10 des 13 derniers cycles de hausse de taux se sont terminés en récession. L'objectif de 3,5% semble bel et bien utopique.

Mais, en cas de récession, comment la Fed pourra-t-elle appliquer sa classique politique de relance par le crédit et la baisse des taux si elle part de 1,25% ?

L'économie américaine entre dans son 99ème mois consécutif sans récession – la troisième plus longue période de l'histoire.

Comment la fortune peut-elle continuer de sourire ?

La contagion des taux négatifs

Récemment, le militant anti-cash Ken Rogoff a écrit un article pressant les banques centrales de commencer à se préparer dès à présent à la prochaine récession.

Comment ?

En creusant les fondations permettant d'instaurer des taux d'intérêt négatifs :

"... Entreprendre des changements institutionnels qui ouvriront la voie d'une politique effective de taux d'intérêt négatifs est sans doute la méthode la plus propre pour restaurer l'efficacité de la politique monétaire des taux nuls...

Permettre une réelle politique de taux d'intérêt négatifs est également bien plus propre et bien plus élégant que la politique du pis-aller consistant à élever les objectifs d'inflation."

Traduction : les taux d'intérêt négatifs seront la voie royale vers la reprise. Mais leur instauration n'est pas possible tant que les gens ont encore la faculté retirer leur argent des banques.
[NDLR : taux négatifs, disparition du cash... Allez chercher plus-value et rendement dans d'autres horizons, hors des marchés financiers rendus fous par les banques centrales. Découvrez comment rejoindre ces millionnaires avisés ici.]

Il faut donc commencer à retirer le cash de la circulation, du moins les gros billets (dans sa grande mansuétude, Rogoff permet l'usage de petits billets pour faciliter les petits achats).

Déjà 19 pays européens pratiquent les taux d'intérêt négatifs... tout comme le Japon.

Les Etats-Unis seront-ils les prochains sur la liste ?

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Pour faire de « bonnes affaires », il faut supporter un peu de solitude http://la-chronique-agora.com/faire-de-bonnes-affaires-faut-supporter-de-solitude/ http://la-chronique-agora.com/faire-de-bonnes-affaires-faut-supporter-de-solitude/#comments Fri, 22 Sep 2017 11:06:31 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42705 bonnes affaires

Les marchés financiers et immobiliers sont soufflés par le crédit infini et gratuit. C'est hors des sentiers battus que les opportunités de gain sont les plus fortes.

Le bipède a un instinct grégaire. Que celui qui n'a jamais eu peur de la solitude au crépuscule me jette la première pierre.

Pourtant, en matière d'investissement, la solitude a du bon. C'est même le fondement de l'investissement "contrarien".

Il ne s'agit pas d'aller dans le sens contraire de tout le monde, il s'agit plutôt d'aller là où il y a le moins de monde.

4 trades...
... 1,4 MILLION D'EUROS !Suivez la démonstration en cliquant ici -- vous n'en reviendrez pas !

Comme le répète souvent Bill Bonner, la clé d'un bon investissement consiste à acheter à un bon prix. Mais là où est la foule, le prix ne peut pas être bon. Il est simplement "normal", au mieux, et hélas souvent beaucoup trop cher car les biens sont toujours en quantités limitées.

Si vous investissez à l'écart de la foule, vous pouvez espérez faire une bonne affaire... ou une mauvaise. Comment savoir ?

Faut-il être intelligent pour faire "une bonne affaire" ?

Vous avez peut-être des souvenirs de la "loi de Gauss" ou "courbe en cloche", ou encore "loi normale de distribution".

Cette règle statistique régit la plupart des choses qui nous entourent. Si vous prenez une collection d'objets ou une population donnée et que vous en mesurez une caractéristique, vous obtiendrez une moyenne et une "distribution" autour de cette moyenne.

Prenons par exemple le QI, ou quotient intellectuel.

La moyenne est de 100.

68 personnes sur 100 que vous rencontrerez ont un QI compris entre 85 et 115 ;
81 personnes sur 100 que vous rencontrerez ont un QI compris entre 70 et 130 ;
2 personnes sur 100 que vous rencontrerez ont un QI supérieur à 130 et 145 ;
2 personnes sur 100 que vous rencontrerez ont un QI inférieur à 70 (parmi elles, celle qui a toujours la question débile à la fin de la réunion, à 19:00, alors que tout le monde a envie de filer ventre à terre).

Ce qui donne notre fameuse cloche avec des pourcentages à décimales parce que Carl Friedrich Gauss était précis et ne traitait pas que de bipèdes.

courbe de Gauss génies

Rassurez-vous, pour dénicher de bonnes affaires vous n'avez pas besoin d'être un génie.

Réfléchissons à une autre série statistique que le quotient intellectuel : les prix sur les marchés financiers.

Vous pressentez bien que les bonnes affaires y sont exceptionnelles. Après tout, les milliardaires comme le gérant de fonds Warren Buffett sont rarissimes. La loi de Gauss s'applique très bien aux prix des marchés car il s'y presse une foule d'intervenants (dont en moyenne le QI a peu de chance d'être supérieur ou inférieur au vôtre).

La loi de Gauss vous dit que vous avez 2% de chances d'acheter très bas. L'inverse est vrai : vous avez 2% de chance d'acheter beaucoup trop haut.

courbe de gauss bons investissements

Aujourd'hui, nous savons tous – gérants professionnels, investisseurs institutionnels et investisseurs particuliers avisés - que les marchés financiers sont bien trop chers. Le maintien des prix dépend du crédit infini et quasi-gratuit. Les opportunités de bonnes affaires (acheter à prix bas) sont donc infimes.

Carl Friedrich Gauss serait-il pris en défaut ?

Non, simplement la "population statistique" est manipulée. Un peu comme si vous aviez lobotomisé une population de rats de laboratoire : vos mesures de QI sur ces rats en comparaison des autres rats n'auraient plus beaucoup de sens...

Alors où trouver des "bonnes affaires" sans être un génie ?

Eh bien à défaut d'être un génie, il faut essayer de ne pas avoir peur d'aller là où il y a moins de monde. Evidemment, on s'y sent un peu seul, surtout que beaucoup de gens vous crient que c'est dangereux.

Là où il y a moins de monde, c'est "hors marché" -- le milieu du financement participatif, réputé très dangereux. Pourtant c'est là que se trouvent les "bonnes affaires". Tout simplement parce qu'il y a moins de monde pour en souffler les prix.

Des études récentes* ont prouvé que non seulement les gros profits se faisaient avant l'introduction en bourse mais mêmes que les introductions en bourse diminuaient la rentabilité pour les actionnaires ! Ce sont les investisseurs qui entrent au capital d'entreprises avant la foule qui raflent le gros des plus-values.

Si vous n'êtes pas génial, il faut accepter de marcher hors des sentiers battus pour trouver de bonnes affaires.

Cela ne veut pas dire pour autant que vous êtes obligé de marcher dans une immense solitude. Quelques cerveaux en parallèle peuvent être aussi efficaces qu'un génie ; vous pouvez choisir des compagnons de route et prendre un guide.
[NDLR : si vous voulez financer la croissance d'entreprises saines en dehors des marchés financiers et espérer plus que décupler votre mise, rejoignez le club des nouveaux millionnaires ici.]

* Par exemple ici https://www.letemps.ch/economie/2017/04/02/wall-street-nest-bientot-plus-lombre-dellememe

 

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Le Dow à 50 000 points ! Et pourquoi pas ?! http://la-chronique-agora.com/dow-50000-points-fed/ http://la-chronique-agora.com/dow-50000-points-fed/#respond Fri, 22 Sep 2017 10:41:00 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42701 dow jones

La Fed fait semblant de vouloir normaliser sa politique monétaire mais la normale n'est plus supportable. Au premier signe de crise financière, la Fed reviendra en arrière.

Nous avons pris le ferry pour regagner le continent après avoir séjourné sur l'Île d'Yeu. Dans nos bagages, nous avons ramené deux chatons.

Ils allaient être noyés si personne ne les récupérait.

Elizabeth a proposé de les adopter.

L'un deux est sorti de sa caisse alors que nous roulions en direction de la maison. Ce matin, traumatisé, il se cache encore quelque part dans la camionnette.

Mais maintenant, nous voilà de retour chez nous et au travail. Nous relions les données du mieux que nous le pouvons. Aujourd'hui, nous en avons de nouvelles à exploiter.

La responsable de la Fed, Janet Yellen a fourni quelques orientations (guidance), mercredi 20 septembre. Selon Bloomberg :

"'Nous prévoyons toujours que la croissance continue de l'économie justifiera des relèvements progressifs de taux', a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse suivant la réunion du FOMC (Federal Open Market Committee) [le comité qui fixe les taux, à la Fed] au cours de laquelle il avait été annoncé que la Fed se préparait à réduire ses investissements obligataires dès le mois prochain.

Comme prévu, le taux des Federal Funds [le taux auxquels les banques se prêtent de l'argent à court terme... et le taux de référence pour toute l'économie] a été maintenu entre 1% et 1,25%."

A La Chronique, nous pensons que Mme Yellen ne reviendra jamais de son plein gré à des taux d'intérêt normaux.

Lorsque la normale n'est plus tolérable...

Notre économie fonctionne avec de l'argent falsifié, prêté à des taux bidon. Ses investisseurs, entreprises, consommateurs, gouvernement et initiés du Deep State, se sont tous adaptés à cette imposture.

Notre économie ne tolère pas la réalité, désormais. Si jamais nous devions rétablir l'argent réel, épargné par de véritables personnes et prêté moyennant des taux réels, "découverts" par le marché... la fête serait finie.

Mme Yellen est passée en mode relèvement des taux au cours de ces deux dernières années.

Cette année, la Fed a relevé ses taux de 50 points de base (la moitié d'un point de pourcentage).

A ce rythme, nous aurons des taux à 4% en 2023.

Bien entendu, cela ne se produira que si rien ne tourne mal : s'il ne pleut pas... si Dieu le veut... et si l'économie ne s'enrhume pas. Sinon, la Fed changera d'avis.

Mais attendez... le message de Mme Yellen ne s'arrêtait pas là. La Fed va commencer à "normaliser son bilan", aussi.

Vous vous souvenez de toutes ces obligations qu'elle a achetées dans le cadre de son QE ("assouplissement quantitatif") – 3 600 Mds$ – pour enrichir ses compères du monde de l'économie financière ?

Eh bien à présent, elle dit qu'elle va les revendre sur les marchés... ou simplement les laisser arriver à maturité et expirer.

Holà !

Nous savons ce qui s'est produit lorsque la Fed – et d'autres banques centrales – ont acheté ces obligations. Les actions ont triplé (le Dow est passé de 7 000 à 21 000 points).

Que va-t-il se passer lorsque la Fed commencera à se débarrasser de ces obligations sur le marché ?

Nous l'ignorons... mais nous n'avons pas envie d'en détenir un grand nombre au moment où nous le découvrirons.
[NDLR : les marchés obligataires risquent d'être secoués et les marchés actions suivront. Ne restez pas seul : recevez un e-mail par jour de notre spécialiste, suivez ses instructions et enchaînez les gains en profitant de la volatilité. Essayez ce service gratuitement durant deux semaines en cliquant ici.]

Attendez encore... vous ne pensez pas réellement que la Fed va normaliser son bilan – et cesser le QE – n'est-ce pas ?

Personnellement, nous ne le pensons pas.

Sa déclaration nous indique qu'elle a l'intention de commencer progressivement. A tout petits pas... de 10 Mds$ par mois.

Alors voyons... Cela représente 120 Mds$ par an. A ce rythme, combien de temps faudra-t-il pour revenir à "la normale" ?

Plus de 20 ans !

Le Dow à 50 000 points !

Mais comme nous sommes de retour à la maison... à la recherche de bouts de papier et de notes éparpillées sur notre bureau... essayons de remettre de l'ordre dans tout cela.

L'un de nos fidèles lecteurs a suggéré quelque chose qu'il a appelé la Doctrine Bonner : une sorte de cartographie. Une représentation graphique de données statistiques utilisant des couleurs pour donner un aspect visuel plus facile à saisir qu'un tableau de chiffres et illustrant certains liens que nous avons établis entre nos données. Voici ce qu'il écrit :

"Voici comment je résume vos principaux points :

  1. Les Autrichiens [une école d'économistes qui pense que l'on ne peut leurrer une économie avec du crédit bidon et/ou de l'argent papier] ont raison. Pour le nier, il faudrait suspendre la réalité et croire que la dette et le papier représentent de la richesse et qu'ils la multiplient.
  2. La valorisation actuelle des actions se base essentiellement sur des taux bas. Même les détracteurs de la Doctrine Bonner l'admettent, lorsqu'ils affirment : 'eh bien, dans le contexte actuel des taux bas, les actions sont correctement évaluées, voire sous-évaluées'. Ou lorsqu'ils l'expriment plus simplement : 'comparées aux obligations, les actions ne sont pas chères'.
  3. Les principales banques centrales ne peuvent pas énormément relever les taux. Les gouvernements de ce monde, avec son système financier post-1971, ne peuvent le supporter."

Jusqu'ici, tout va bien. Puis notre fidèle lecteur relie des données qui lui sont propres et tire la conclusion suivante :

"Collectivement, le résultat... c'est la 'reflation'. Comme nous le savons l'un et l'autre, toutefois, c'est la 'reflation' qui fera exploser le cadre actuel !"

Oui, la reflation arrive. Et oui, notre économie ne peut tolérer des taux d'intérêt/d'inflation plus élevés.

Mais comment cela va-t-il arriver ? Et quand ?

Nous aimerions bien le savoir.

Nous pensons qu'au premier signe de crise financière, l'Etat arrêtera de faire semblant de revenir à la normale.

Et alors – sans un Paul Volcker à la Fed... sans plafond de la dette imposé au Congrès... et sans un président qui tient les lignes à la Maison Blanche – il n'y aura plus de limites.

Un Dow à 50 000 points ! Et pourquoi pas ?!

Mais entre temps, quelques chocs épouvantables et calamiteux pourraient bien se produire.

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La vérité qui se dissimule sous la marque Trump http://la-chronique-agora.com/ideologie-trump/ http://la-chronique-agora.com/ideologie-trump/#respond Thu, 21 Sep 2017 11:40:25 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42695 Trump, économie, idéologie

Trump roule pour lui-même et assure sa propre promotion. Il n'a que faire d'idéologie et encore moins d'une théorie économique cohérente.

Aujourd'hui, nous escaladons une colline pour aller explorer.

Tout en bas se cache l'une des criques de l'Île d'Yeu :

https://s3.amazonaws.com/bap-assets/editorial/dre/20170920/20170920-dre-01.jpg

La crique cachée, sur l'Île d'Yeu

Mais passons aux choses sérieuses...

A notre gauche, sous des nuages sombres, il y a la situation politique.

Au fil des 16 premières années passées à rédiger nos commentaires, nous n'avons presque jamais pris la peine de nous y intéresser.

Il n'y a pas eu beaucoup de changements sous les gouvernements Clinton, Bush et Obama.

Puis Donald J. Trump a apporté une bouffée d'air pur... ou un vent mauvais... selon la façon de voir les choses.

Nous avons deviné (mais nous n'en étions pas sûr) que cette nouvelle brise serait légèrement différente par rapport aux vents dominants ayant soufflé au cours des 20 précédentes années.

Il aura fallu quelques mois pour que ce soit visible, mais à présent, nous le savons : nous avions raison. Au lieu d'assainir le marigot comme promis, la Team Trump va y ajouter un certain volume de fange.

1 215 pages et 700 Mds$ de plus

Par exemple, les généraux de la junte – Mattis, McMaster et Kelly – ainsi que leurs compères, ont touché le pactole, cette semaine. 700 milliards de dollars sont partis dans le marigot. Selon le New York Times :

"Le Sénat a largement approuvé un vaste texte de loi relatif à la politique de la défense, visant à injecter 700 Mds$ dans l'armée, et grâce auquel les forces militaires des Etats-Unis pourraient bénéficier du budget le plus élevé jamais attribué depuis les quelque 10 ans de guerre en Irak et en Afghanistan. [...]

Cette mesure comptant 1 215 pages défie un certain nombre d'objections de la Maison Blanche, mais le président Donald Trump n'a pas menacé d'y opposer son veto. Le texte l'aide à tenir sa promesse de reconstruction de l'armée américaine qui, selon ses déclarations, s'est appauvrie au cours du mandat de l'ex-président, Barack Obama."

C'est juste : 1 215 pages de gaspillage, élaborées et rédigées par les lobbystes du secteur.

Mattis, le secrétaire à la Défense, voulait économiser la misérable somme de 10 Mds$ en fermant les bases inutiles.

Pas question !

Chaque flaque du marigot sera traitée comme si c'était l'habitat d'une espèce menacée : elle sera préservée, protégée et soutenue.

Le génie de M. Trump est de s'être rendu compte – peut-être instinctivement – que les partis politiques, les idéologies et les mesures concrètes importent peu.

Il est incapable de faire la différence entre le Donbass et l'Hindu Kush... tout comme la plupart des électeurs, d'ailleurs.

La bonne gestion de la marque Trump n'a que faire de l'idéologie

Ce qui compte, c'est la marque Trump... et qu'il ait pu utiliser dans sa course à la Maison Blanche les mêmes techniques que celles dont il s'est servi pour bâtir son empire commercial.

Une marque, ce n'est pas la même chose qu'un produit, comme l'a décrit Naomi Klein, auteur de gauche, dans un livre célèbre : No Logo, La Tyrannie des Marques.

Marlboro, par exemple, a vendu ses cigarettes sans promettre qu'elles auraient meilleur goût, mais en colportant un mythe : que ceux qui fumaient sa marque de cigarettes pourraient ressembler au cow-boy de Marlboro.

Ce n'est pas pour la qualité du produit que les touristes chinois font la queue devant la boutique Louis Vuitton, à Paris, pour s'acheter un sac à 500 $ : ils l'achètent parce que cela leur donne l'impression d'appartenir aux "1% les plus riches".

Souvent, les consommateurs achètent des produits de marque parce qu'ils en ont entendu parler. Mais le véritable branding [NDR : gestion de l'image d'une marque] va plus loin. Il construit une aura mythique, très indépendante du produit.

Le cow-boy des publicités Marlboro, par exemple, n'a rien à voir avec la cigarette. Le produit – qu'on ne peut distinguer de ceux des concurrents, souvent – est quasiment hors sujet.

C'est ainsi que M. Trump s'est positionné comme une marque, et non comme porteur d'une politique ou d'une idéologie.

Sa marque était plutôt rustre. Assurément rentre-dedans. Inévitablement facétieuse. Et cela a séduit un grand nombre d'électeurs qui en avaient assez des bonimenteurs conventionnels.

Depuis, le président a démontré un autre phénomène propre au marketing moderne : la loyauté vis-à-vis de la marque.

De récents sondages ont indiqué que ses fans continuent de le soutenir. Ils aiment cette marque : le produit (les idées et les mesures) importe peu.

Les partisans de M. Trump semblent même inventer des raisons leur permettant d'approuver qu'il ait récemment fait cause commune avec les démocrates. "Cela permet de faire avancer les choses", disent-ils.

Avec cette nouvelle situation politique à l'horizon, à notre gauche, jetons un coup d'oeil à droite, en direction du monde financier.

Là aussi, les nuages noirs s'amoncellent.

Comme nous l'avons vu hier, les indicateurs clés de l'économie américaine ne bougent pas. Le chiffre d'affaires et les bénéfices des entreprises... ainsi que les salaires – une fois corrigés de l'inflation – ont à peine évolué au cours de ces 17 dernières années.

Quelle est la raison ?

Il suffit tourner à nouveau son regard vers la gauche, et la politique, pour voir pourquoi : tant de ressources sont aspirées par le marigot.

Les mythes et le marketing

Une société ne peut s'enrichir qu'en épargnant de l'argent et en l'investissant.

Si les investissements sont concluants, la production augmente. C'est cette production supplémentaire qui nous enrichit.

Mais cela fonctionne uniquement :

  1. si l'épargne est réelle, dans le sens où elle représente des ressources réelles et non des billets falsifiés ou le crédit bidon de la Fed ;
  2. et si les investissements sont de type gagnant-gagnant. C'est-à-dire qu'ils doivent être réalisés par de véritables investisseurs qui "jouent leur peau".

Lorsque l'Etat dit qu'il "investit" sur notre avenir... ou qu'il "investit" sur une société plus juste... ou qu'il "investit" pour stimuler l'économie, ce ne sont que des balivernes.

Il ne joue pas sa peau... n'a pas d'argent réel à investir... et aucune raison de se soucier que l'investissement soit rentable ou non.
[NDLR : mettez votre épargne au service de vrais investissements rentables et enrichissez-vous ! Découvrez ici cet investissement encore confidentiel mais 100% gagnant-gagnant.]

Souvent, comme nous l'avons expliqué hier, l'Etat préfère que ces investissements échouent car cela l'encourage à en réaliser encore plus.

Au bout du compte, ce que fait l'Etat revient à détourner des ressources réelles de l'économie productive pour les diriger vers une économie parasitaire de type gagnant-perdant... où l'on consomme et gaspille de la richesse au lieu d'en produire.

L'attrait de M. Trump, en l'espèce, c'était qu'il semblait assez "couillu" pour "assainir le marigot", et faire revenir les ressources là où elles doivent aller : dans l'économie du quotidien, qui est productive.

Sa marque devait défier le Deep State, les initiés, le Congrès, l'Establishment et les pouvoirs en place.

Mais ce n'était que mythe et marketing. Derrière la promotion de sa marque, M. Trump assure sa propre promotion, et ce n'est pas un révolutionnaire.

Il a de l'instinct – parfois bon, parfois mauvais – concernant la façon dont une économie fonctionne, mais aucune théorie cohérente.

Et sans boussole pour le guider, il ressemble à un paquebot perdu dans un ouragan... que les vents et les vagues poussent... tout droit dans le marigot.

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La Fed arrive trop tard, le dollar coulera http://la-chronique-agora.com/fed-or-dollar/ http://la-chronique-agora.com/fed-or-dollar/#comments Thu, 21 Sep 2017 11:10:18 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42692 dollar

La Fed continue à serrer la vis monétaire. Mais c'est trop tard car la demande en dollar dans le monde diminue.

Hier, nous avons vu que les cours de l'or exprimés en dollars s'approchaient d'une résistance.

La hausse de l'or est due non pas à la Corée du Nord, mais à une baisse du dollar contre les autres devises entamée au début de l'année 2017.

Evolution du dollar contre les grandes devises depuis 5 ans

Cependant, même cette explication à la hausse de l'or est trop superficielle. Comment se fait-il que le dollar faiblisse alors que la Fed est la seule grande banque centrale à relever ses taux - depuis 2015 - et à commencer une réduction de son bilan ?

Comme vous le voyez sur la courbe de l'indice dollar, l'annonce hier par la Fed d'une nouvelle hausse des taux pour la fin de l'année et de la réduction de son bilan a provoqué une réaction, mais rien de très spectaculaire.

L'élite mondiale préférerait que ce livre n'existe pas...
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De son côté, l'or coté en dollar n'a pas du tout sombré. Même s'il est repassé très légèrement en dessous de 1 300 $ l'once, il n'y a pas eu de violent décrochage.

Offre et demande, même pour la monnaie...

La monnaie n'est plus un actif concret ou une marchandise -- mais les lois de l'offre et de la demande s'appliquent quand-même comme pour un service quelconque.

L'offre, ce sont les bons du Trésor, les déficits et la dette américaine.

La demande à l'étranger est faite par ceux qui commercent et ceux qui s'endettent en dollar plutôt que dans leur monnaie.

L'indice dollar dépend donc de la demande de dollars dans le monde. La Chine, la Russie et certains pays émergents essaient de se passer du dollar pour échanger entre eux.

Cela donne par exemple des titres comme ceux-ci :

Poutine

De nombreux contrats commerciaux entre la Chine, la Russie et le Brésil sont désormais signés en devises locales.

La Chine, premier importateur mondial de pétrole, va lancer des contrats à terme sur le pétrole en yuan chinois et convertibles en or. Les exportateurs de pétrole (dont la Russie) auront donc très bientôt le choix de contourner le billet vert.

Tout ceci réduit la demande de dollars.

Du côté de l'offre, souvenons-nous que le plafond de la dette n'existe plus depuis le 7 septembre.

Comme l'indiquait Bill Bonner, "moins de 48 heures après l'approbation par le Congrès de la suspension du plafond de la dette, plus de 300 Mds$" ont été émis. Aujourd'hui, on apprend que c'est 700 Mds$ pour l'armée.

Les relèvements de taux directeurs et 10 Mds$ de moins par mois ne pèsent pas lourd face à une telle abondance.

Dans ces conditions – offre en hausse et demande en baisse – il est normal que le dollar baisse. Le serrage de vis de la Fed peut-il équilibrer cette tendance ?

Tout le monde sait que l'immense pyramide de mauvaises dettes ne tient que parce que les taux sont très faibles.

L'or - actif financier de dernier ressort et qui n'est la dette de personne – attire ceux qui veulent en avoir avant que les lézardes de la pyramide de dettes ne commencent à s'ouvrir béantes sous l'effet des hausses de taux.

La journée du 20 septembre n'infirme pas un point clé : le marché haussier de l'or a repris à l'automne 2016 et il reste intact.

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L’inspecteur des impôts, le maître et ses domestiques http://la-chronique-agora.com/inspecteur-impot-isf/ http://la-chronique-agora.com/inspecteur-impot-isf/#respond Thu, 21 Sep 2017 10:34:08 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42685 impôt

La loi ne fixe pas encore notre mode de vie et cette liberté reste imprescriptible. Il semble que ce principe ait été oublié par un zélé contrôleur savoyard pressé d'appliquer cet impôt.

L'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) prévoit une décote de 30% sur la résidence principale -- que les services fiscaux ont tenté de remettre en cause en tenant un raisonnement à la limite du burlesque. D'où un contentieux fiscal pour le moins pittoresque dans lequel, par bonheur, les juges ont donné tort aux services fiscaux.

L'abattement spécial applicable de plein droit (1) ne donne généralement pas lieu à contentieux dès lors que le caractère de résidence principale est clairement établi. Pour une fois, la formulation simplissime du texte ne laisse subsister aucun doute : "un abattement de 30% est effectué sur la valeur vénale réelle de l'immeuble lorsque celui-ci est occupé à titre de résidence principale par son propriétaire". Point final.

Pourtant... Un vérificateur (visiblement épaulé par sa hiérarchie départementale) s'est lancé dans une véritable croisade afin de remettre en cause cet avantage fiscal à l'encontre du chalet savoyard d'un malheureux contribuable.

L'affaire, jugée d'abord au Tribunal de grande instance de Bonneville (2), se solde par un échec pour le fisc – qui, pas refroidi, fait appel devant la juridiction chambérienne (3) mais sans plus de succès... Heureusement et voici pourquoi.

Une maison trop grande, une famille trop petite selon un contrôleur zélé...

Le contexte est banal : un assujetti à l'ISF possède un chalet sur la commune de Megève déclaré à 2,5 M€ – valeur vénale qui n'a rien d'anormal dans cette commune très recherchée. L'assujetti anciennement domicilié dans la région parisienne est ensuite venu habiter dans les Alpes et a donc pratiqué à bon droit l'abattement codifié à l'article 885 S.

Son chalet est composé de deux sous-unités : l'une dédiée à sa famille et l'autre servant à héberger le personnel de maison – un peu comme les chambres de bonnes des immeubles haussmanniens, l'air pur des Alpes en plus !
[NDLR : comment évaluer aux mieux vos biens immobiliers, fonciers et parts sociales ? Notre Rapport est votre allié indispensable si vous êtes soumis à l'ISF, si vous prévoyez de sortir d'une indivision ou d'effectuer des donations. Il vous donne toutes les clés, y compris les méthodes que le fisc lui-même utilise. Découvrez ce Rapport ici.]

Ces deux sous-unités font clairement partie du même ensemble vu qu'elles sont reliées par un passage souterrain et éloignées seulement de quelques mètres l'une de l'autre. D'ailleurs, fait rare dans les rédactions de jugement d'appel, la Cour s'empresse de préciser "à titre liminaire [...] qu'à l'instar du premier juge, elle observe qu'il n'est pas rare dans son ressort territorial, qu'un bien unique soit conçu en deux parties reliées entre elles par un souterrain...". Une sentence qui augurait mal de ce qu'il allait advenir du raisonnement juridique échevelé développé par l'administration fiscale locale.

Car le vérificateur va carrément se livrer à une réécriture de l'article 885 S du CGI. Selon cet honorable fonctionnaire en effet :

  • l'immeuble est bien trop grand pour les époux : "les époux R. n'ayant aucune personne à leur charge", sic !
  • les deux sous-unités pourraient tout à fait être vendues séparément "après réalisation de travaux nécessaires à leur dissociation" ! On voit mal cependant qui, dans cet environnement majestueux, irait acheter un chalet pour avoir un autre bâtiment appartenant à une tierce personne séparé de seulement quelques mètres du sien... Quant à prescrire de tels travaux, cela revient à manifester une ingérence caractérisée dans la liberté de gestion de son patrimoine !

Des critères différents de ceux des logements sociaux...

Ces arguments plus que scabreux seront écartés d'un revers de main par le juge qui confirmera l'unicité du bien aux motifs que :

  • la Direction départementale des finances publiques (DDFiP) ajoute à la loi qui justement "ne fixe aucun seuil, en termes de superficie ou de nombre de pièces",
  • la composition précise du foyer fiscal est sans incidence. Le vérificateur zélé ne pouvant en aucun cas s'appuyer sur des ratios "m² par occupant" ! Ce type de ratio est en vigueur dans l'attribution de logements sociaux ou d'aides sociales au logement, mais pas en Droit fiscal !
  • de toute façon la domesticité utilisait une partie de pièces afin de loger sur place (avantage en nature) au plus près de ses employeurs et qu'en somme les premiers devaient "nécessairement, eu égard à leurs tâches, se trouver dans la résidence principale de ceux au service desquels ils sont attachés".

La liberté du mode de vie est imprescriptible

Bref, la Cour d'appel met un terme à toute velléité d'adaptation "localisée" du Droit fiscal en ces temps d'appétence budgétaire où les pouvoirs publics sont tentés de faire feu de tout bois pour faire rentrer du cash.

En particulier, elle a rappelé sévèrement au fisc de Haute-Savoie qu'une telle argumentation ne pouvait être recevable "sauf à obliger les intimés [NDLA : les assujettis] à modifier leur mode de vie".

Or très précisément, entre d'un côté les libertés publiques de la Convention européenne des droits de l'Homme (4) qui garantissent la vie privée et familiale ; et de l'autre, l'article 9 du Code civil (5) qui reprend tel un écho le droit au respect de la vie privée, il ne pouvait se trouver aucun juge pour emboiter le pas à l'inspecteur du fisc.

En attendant, ce contentieux sans faire rentrer un centime de plus dans les caisses du Trésor, aura couté à la DDFiP de Haute-Savoie les frais de procédure ainsi qu'une indemnisation complémentaire de 1 000 € à verser au contribuable injustement inquiété.

1- Prévu par l'article 885 S du Code général des impôts

2- 19 mai 2014, n°RG13/851

3- Cour d'appel de Chambéry, 15 décembre 2015, n°14/01512

4- Article 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme

5- Article 9 du Code civil

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Le bitcoin est-il vraiment une « escroquerie » ? http://la-chronique-agora.com/bitcoin-escroquerie-jamie-dimon/ http://la-chronique-agora.com/bitcoin-escroquerie-jamie-dimon/#comments Wed, 20 Sep 2017 11:30:52 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42669 bitcoin

Jamie Dimon, patron de la JP Morgan, a récemment fait une sortie remarquée dans la presse en qualifiant le bitcoin d'escroquerie.

Jamie Dimon, patron de la JP Morgan, a récemment fait une sortie remarquée dans la presse en qualifiant le bitcoin d'escroquerie et en lançant, au passage, un avertissement à ses employés. Il a en effet affirmé qu'il licencierait à la seconde tout salarié qui s'aventurerait à trader des bitcoins. "C'est contre nos règles et c'est stupide. Or ces deux choses sont dangereuses".

Il affirme que "on ne peut pas avoir un business où quelques personnes créent une monnaie à partir de rien et penser que ceux qui l'achètent sont intelligents".

Argument étrange quand on sait que cette description est valable pour la monnaie officielle des Etats-Unis qu'est le dollar. Qu'est-ce que la Réserve fédérale, sinon une institution chargée de créer des dollars d'un coup de baguette magique, c'est-à-dire "à partir de rien" ?

Depuis l'abandon de l'étalon-or, les monnaies officielles ne sont plus ancrées à une marchandise rare comme les métaux précieux. Deux poids, deux mesures ? Comment expliquer cette prise de position ? Notons que monsieur Dimon n'en est pas à sa première sortie, comme l'illustre ce petit graphique qui, pour l'instant, nous conduit à être sceptique quant aux capacités prévisionnelles du patron de la JP Morgan à l'égard des cryptomonnaies.

Citations célèbres de Jamie-tout-faux Dimon

Première hypothèse : le patron de la JP Morgan ne comprend pas ce qui fait la valeur d'un actif (hypothèse inquiétante pour un banquier de sa trempe). Il est vrai que le bitcoin est créé "à partir de rien". Mais cet aspect de la cryptomonnaie ne préjuge pas de sa valeur.

Rareté et utilité forgent la valeur de marché de tout actif

Comme tout actif, le bitcoin tire sa valeur du marché en fonction de sa rareté et de l'utilité qu'en tirent ses adeptes. La rareté est garantie par le code source inscrit dans le protocole bitcoin. Chacun sait que la quantité maximale de bitcoins ne pourra dépasser 21 millions d'unités. La règle est publique. Les investisseurs savent qu'ils ne seront jamais dupés par des dérives inflationnistes.

Quant à l'utilité, elle est évidemment subjective. Mais l'existence d'une communauté bitcoin atteste que de nombreux individus estiment que la détention de cet actif est profitable. Les détenteurs du bitcoin accordent généralement une attention particulière à son aspect décentralisé, le caractère infalsifiable du registre qui sert à valider les transactions (blockchain) et la taille du réseau qui ne cesse de grandir. Aussi longtemps que cet actif sera soutenu par une large communauté, il continuera à jouir d'un certain degré de liquidité et constituera un moyen d'échange tout à fait respectable.

Bien sûr, le bitcoin n'est pas parfait et sa capacité à s'imposer à une très grande échelle est régulièrement débattue. Mais les arguments soulevés par Dimon pour discréditer le bitcoin n'apportent strictement rien d'intelligent au débat.
[NDLR : Mieux qu'un billet de Loto ou de jeu de hasard, si vous avez un billet de 20 €, découvrez comment vous pourriez le transformer en 2,18 M€ en appliquant cette stratégie aux cryptomonnaies. Cliquez ici pour en savoir plus.]

Les rentiers du système monétaire actuel ont peur pour leur privilège

Il existe cependant une deuxième hypothèse plus probable pour expliquer les propos de Jamie Dimon. Le patron de JP Morgan redoute sans doute les cryptomonnaies dans la mesure où elles concurrencent un système monétaire dont il est le rentier. Comme de nombreuses cryptomonnaies, le bitcoin constitue un avertissement pour les gouvernements et les banques centrales. Les banques privées qui profitent des largesses des Etats et des autorités monétaires ont donc intérêt à adopter une posture défensive vis-à-vis de la main qui les nourrit.

JP Morgan, comme de nombreuses banques, profite régulièrement de l'interventionnisme budgétaire et monétaire de l'Etat fédéral américain. Les banques sont généralement attachées au rôle de prêteur en dernier ressort accordé aux autorités car il leur permet de s'affranchir de la discipline de marché. Chacun sait que ce rôle de prêteur en dernier ressort s'appuie en partie sur la confiance accordée au monopole monétaire des Etats. Or c'est précisément ce monopole que les cryptomonnaies remettent en cause. Leur succès est proportionnel à la défiance envers les émetteurs traditionnels.

Il est donc normal que les rentiers du système monétaire montent au créneau pour défendre leurs privilèges. Les déclarations agressives contre la concurrence des cryptomonnaies sont dans ces conditions tout à fait rationnelles. Pour les partisans des cryptomonnaies, le mieux à faire est de les ignorer.

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Dette : l’économie américaine ne se relèvera pas http://la-chronique-agora.com/dette-economie-americaine-faillite/ http://la-chronique-agora.com/dette-economie-americaine-faillite/#comments Wed, 20 Sep 2017 10:55:48 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42666 dette

La dette rend l'économie américaine instable et elle grossit. Faute de réforme fiscale, l'économie ralentit et le moment de la faillite approche.

Nous passons deux jours, avec des amis, sur une charmante petite île de l'Atlantique : l'Île d'Yeu.

Nous avons pris le ferry au port de Fromentine, près de la ville de Nantes, dimanche.

Depuis, nous profitons du bon air marin.

Le vieux château de l'Île d'Yeu

Le vieux château de l'Île d'Yeu

Le château que vous voyez sur cette photographie a été construit au XIVe siècle et attaqué à de nombreuses reprises : par les Espagnols, les Arabes et les pirates anglais. Mais les gens du coin affirment qu'il n'a jamais été pris par la force.

Les ingénieurs qui l'ont construit étaient des génies, ou ils ont eu de la chance, ou bien les deux.

"Au cours de la Deuxième guerre mondiale, il a été occupé par les Allemands", nous a expliqué un ami.

"Les nazis étaient convaincus que les Alliés tenteraient de débarquer près d'ici, sur le continent. Alors ils ont posté des milliers de soldats sur l'île et déployé une artillerie à longue portée.

"C'est probablement la meilleure affectation qu'un soldat allemand ait jamais eue à l'époque. C'est une petite île. Et il ne s'y est rien passé. Il n'y a pas eu de résistance, ici. Il n'y avait pas grand-chose à faire. Le jour J, le débarquement a eu lieu en Normandie, à des centaines de kilomètres d'ici.

"Après avoir passé la guerre ici... à pêcher, boire et bronzer par les chaudes journées, les soldats allemands ont embarqué sur des bateaux et sont repartis en Allemagne.

"Et le château a conservé sa réputation de forteresse imprenable."

Une instabilité inhérente au fardeau de la dette

Pendant ce temps, aux Etats-Unis...

Le chiffre d'affaires des entreprises stagne... avec une progression inférieure à 1% par an au cours de ces 10 dernières années et ce, avant de tenir compte de l'inflation !

Quant aux bénéfices des entreprises, ils piétinent : ils affichent une progression d'environ 2% par an... soit à peu près l'équivalent du taux d'inflation.
[NDLR : Rassurez-vous, il existe encore des valeurs de croissance et même en France ! Découvrez ici comment les sélectionner avec notre spécialiste, qui vous explique un secret bien gardé du palais Brongniart.]

Les revenus des ménages et les taux horaires des salaires – bien que sujets à la manipulation – ne se relèvent pas, eux non plus.

Officiellement, ils sont désormais revenus au même niveau qu'à la fin du siècle dernier.

Mais pour certains segments de la population – les hommes n'ayant pas de formation supérieure – la situation est catastrophique : leurs revenus réels ont diminué au cours de ces 50 dernières années.

Un cadavre demeure immobile longtemps. Mais une économie alimentée par la dette ne peut même pas s'asseoir. Elle est instable de façon inhérente. Elle doit avancer... ou s'effondrer.

Les consommateurs dépensent maintenant l'argent qu'ils espèrent gagner plus tard. L'Etat, lui aussi, promet des prestations qu'il ne peut se permettre de verser que si l'économie – et les recettes fiscales qui en découlent – progresse assez rapidement.

Au cours des 10 prochaines années, le gouvernement des Etats-Unis est bien parti pour dépenser 10 000 Mds$ qu'il n'a pas. Il s'est également engagé à consacrer 80 000 Mds$ supplémentaires en prestations dont on ne connait pas les sources de financement.

Seule la croissance peut le sauver.

Mais comme une bicyclette dont la chaîne a déraillé, vous pouvez bien pédaler autant que vous le pouvez, cela ne sert à rien. La seule chose qui pourrait venir en aide à l'économie, à présent, c'est une réforme fiscale majeure.

Or c'est pratiquement impossible...

Qui contrôle les dépenses fédérales ?

Le président Trump, élu par les républicains, mais qui suit désormais sa propre route, fait équipe avec les démocrates sur des dossiers importants.

Il n'est pas du tout envisageable que les politiciens démocrates du Deep State votent pour couper l'une de leurs principales sources de financement.

"Ce que j'admire, chez M. Trump", avons-nous confié à nos amis, sur l'île, "c'est qu'il a compris – peut-être instinctivement – qu'il n'avait pas besoin d'être lié à un parti, à des mesures ou à des programmes.

"Les détails sont trop complexes et impossibles à connaître. Combattons-nous les chiites ou bien les sunnites ? Qui s'en souvient ? Et qui sait ce que l'on trouve à la page 997 de la loi sur l'Obamacare ?

"Et qu'est-ce que cela change ? Les décisions importantes sont prises par les initiés du Deep State, qui sont profondément enracinés. Le président et les électeurs n'ont pas beaucoup d'effet sur eux.

"La junte militaire – les généraux Mattis, McMaster et Kelly – contrôle la politique étrangère. Et une sordide cabale constituée de démocrates et de républicains, de compères et de zombies, contrôle les dépenses nationales.

Tous piaillent et se pavanent sans vergogne lorsqu'il est question de monuments, de toilettes transgenres, de racisme, d'immigration et d'autres sujets symboliques.

Les fans, assis sur des places bon marché, prennent parti. Ils sont rouges. Ou ils sont bleus. Ils sont pour Trump. Ou ils sont contre lui.

Peu importe. La bicyclette ralentit. Bientôt, elle va se renverser.

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Une journée décisive pour l’or ? http://la-chronique-agora.com/fed-or-valeur-refuge/ http://la-chronique-agora.com/fed-or-valeur-refuge/#respond Wed, 20 Sep 2017 10:27:56 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42672 Fed, or

La réaction de l'or au discours de la Fed devrait nous en apprendre beaucoup sur le statut du dollar en tant que "valeur refuge".

Aujourd'hui, la Fed doit communiquer, c'est-à-dire donner des indications à M. le Marché quant à ses orientations futures. La Fed pourrait retirer un peu de la fausse monnaie qu'elle a injectée depuis la crise financière. Il sera très édifiant de regarder la réaction de l'or.

La Fed a aujourd'hui plus de 4 500 Mds$ à son bilan, soit le quart de l'économie américaine. Elle a racheté des obligations, notamment 2 500 Mds$ de bons du Trésor, donnant en contrepartie aux vendeurs de l'argent frais qu'elle a créé à partir de rien. Cette opération a été gelée en octobre 2014.

La Fed pourrait maintenant commencer à revendre une partie de ses titres, ce qui retirerait de l'argent factice des marchés. Le rythme prévu serait de 10 Mds$ à 50 Mds$ par mois. Ca, c'est le plan soutenu par les "faucons" supposés être pour la rigueur monétaire.

faucons

Personnellement, je pense que les faucons monétaires sont une espèce éradiquée depuis longtemps, que ce soit à la Fed ou ailleurs... D'ailleurs, ils sont inutiles. L'or suffit très bien et n'a nul besoin de traitement de fonctionnaire ou de gouverneur de banque centrale pour faire le boulot.

Mais il y a aussi les colombes, favorable au laxisme monétaire. Janet Yellen est supposée appartenir à ce clan, grassement nourri par les graines du keynésianisme et du créditisme.

colombes

Ceci explique que Janet Yellen ayant annoncé le 14 juin dernier cette opération, rien n'ait été encore fait.

Depuis 10 ans, ces 45 000 Mds$ de fausse monnaie représentent, en gros, 2% de croissance annuelle moyenne de l'économie américaine.

AGD

*** Un coup de téléphone à 27 000 € ***
Notre informateur, ancien consultant à la CIA, nous a fait des révélations fracassantes.

Pour les découvrir – et l’incroyable opportunité qui va avec –, cliquez ici.

Par conséquent, nous pouvons considérer que la croissance américaine de ces 10 dernières années, qui fluctue autour de 2%, est essentiellement imputable à cet argent fantôme.

Evolution du taux de croissance des Etats-Unis depuis 10 ans

Revenons à l'or. Traditionnellement, les sorts de l'or et du dollar sont liés. Une baisse du dollar se traduit par une hausse de l'or et inversement.

Les colombes sont allergiques à l'or, ses cours font l'objet de manipulations avérées de la part des grandes banques, mais la relique barbare continue à exister. Quand les colombes se multiplient, le cours de l'or exprimé en dollars progresse.

Inversement, tout vol de faucons projette une ombre menaçante sur l'or qui brille moins.

Voici où nous en sommes. Ce qui suit est le graphique du cours de l'or exprimé en dollars coté à Londres depuis 2006. Un sommet a été atteint durant l'été 2011, l'or dépassant 1 900 $ l'once. Après une longue descente aux enfers jusqu'en février 2016, son cours a rebondi.

cours de l'or

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir

1 050 $ l'once, le trait orange inférieur, est ce que les amateurs d'analyse graphique appellent un support, un cours plancher pour le moment. L'or a peu de chance de descendre en-dessous.

1 370 $ l'once, le trait orange supérieur, est une résistance. L'or a déjà buté sur ce plafond mais on dirait que, têtu et obstiné, il saute pour tenter de se cogner au plafond... ou le crever.

L'or se moque de la Corée du nord

Beaucoup d'observateurs ont imputé la récente hausse de l'or à l'histoire des missiles coréens. Explication par trop facile avec un peu de recul. Si M. le Marché avait eu peur d'un conflit, les marchés actions n'enchaîneraient pas record sur record et nous aurions vu les indices boursiers chuter en parallèle de la hausse de l'or.

Certes, M. le Marché est ivre de liquidités frelatées et embrasse les réverbères la nuit, mais il n'est pas encore mort. Notre ivrogne a ses réflexes.

Le dollar baisse contre toutes les autres devises. M. le Marché, tout ivre qu'il soit, parie sur un envol de colombes.

Mais il y a encore bien d'autres choses à dire sur l'évolution de l'or, des choses qui ne se voient pas nécessairement sur ce graphique, indépendamment des roucoulements de Janet Yellen.

N'oublions pas que ce cours de l'or exprimé en dollar n'est que le cours d'échange de contrats à terme sur l'or, pas de l'or physique, de la vraie chose.
[NDLR : Savez-vous quel est l'or physique que vous devriez acheter ? Cette pièce possède des caractéristiques bien particulières qui lui permettent d'échapper légalement à toute taxation. Découvrez-la ici.]

Lorsque certains porteurs de ces contrats à terme exigent une livraison, l'or n'est pas livré mais une forte compensation en dollars leur est donnée. Compensation jugée satisfaisante... tant que le dollar est bien accepté.

Le sera-t-il toujours autant ? C'est ce que nous verrons demain...

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Le bitcoin fait cogiter http://la-chronique-agora.com/impots-bitcoin/ http://la-chronique-agora.com/impots-bitcoin/#comments Tue, 19 Sep 2017 11:25:33 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42653 impôts, bitcoin

Les réflexions sur le bitcoin et les cryptomonnaies nous dévoilent les enjeux du contrôle par la Parasitocratie de la monnaie, de l'inflation et des impôts.

Dans mon terroir, les vendanges sont désormais bien avancées. Les cheminées fument, la chasse vient d'ouvrir. Le bitcoin ne s'échange pas couramment entre vignes et bois.

Un cuissot de chevreuil contre six bouteilles de blancs... Des confitures contre du fromage... Des noix contre de l'huile... Un coup de main avec un tracteur pour refaire un chemin contre un coup de main pour une toiture... Du bois de chauffage contre de la maçonnerie... Tout se sait mais peu se dit. Le troc a toujours cours, le cash aussi.

Retour en ville et à la finance.

Le grand mérite du bitcoin ou autres cryptomonnaies est d'avoir mis un coup de pied dans la fourmilière des monnaies fiduciaires, grouillante de parasitocrates. Les gens recommencent à réfléchir.

"Quelle est la vraie valeur du bitcoin ?", s'interroge le chroniqueur James Mackintosh dans The Wall Street Journal d'aujourd'hui.

"Les grandes banques centrales ne peuvent plus ignorer l'expansion du bitcoin", indique la Banque des règlements internationaux qui recommande à ces grandes banques centrales d'émettre leurs propres cryptomonnaies.

Jamie Dimon, le président de JPMorgan Chase & Co parle d'"escroquerie".

Pourquoi donc les cryptomonnaies dérangent-elles autant certains qu'elles suscitent de l'enthousiasme d'autres ?

La Russie la déteste... et l'Arabie Saoudite plus encore

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Après tout ce ne sont que des monnaies fiat, qui n'ont aucune valeur marchande, contrairement à l'or ou à l'argent. Ces monnaies ont besoin de confiance pour avoir une valeur.

Par rapport à une monnaie fiat officielle, les cryptomonnaies sont simplement :

  • Conçues pour être non inflationnistes (disponibles en quantité limitée)
  • Gérées de façon décentralisée et indépendante de tout Etat ou autorité

Mais justement, ces deux caractéristiques - qui sont des qualités pour leurs supporters – sont d'horribles défauts pour la Parasitocratie qui s'enrichit avec les monnaies fiat contrôlées par elle.

Le lien entre monnaie d'Etat et impôts

Car l'inflation est un impôt. Grâce à l'inflation, l'Etat augmente ses recettes et diminue le poids réel de sa dette. Il plume les épargnants et favorise les débiteurs et ses commis. Les fourmis pleurent et les cigales trinquent à la nouvelle récolte.

Il existe un lien indissociable entre monnaie et impôts -- c'est pourquoi Etats et gouvernements veulent contrôler la monnaie depuis la nuit des temps.

La centralisation de la monnaie est indispensable à la collecte de l'impôt.

Un Etat, un gouvernement doit faire face à des dépenses. Il lui faut des soldats, de la police, des juges, des fonctionnaires, des collecteurs d'impôts et nourrir tout ce monde. Il doit donc prélever, taxer l'activité des autres gens.

Evidemment, peu de gens paieraient spontanément des impôts. A vrai dire, s'ils avaient le choix, très peu de gens paieraient des impôts. Les catholiques ont le denier du culte, un impôt dont les fidèles fixent eux-mêmes le montant en leur âme et conscience. C'est, je pense, un rare cas d'impôt volontaire. Pour la majorité des organisations politiques, il faut la force légale - l'argent ou la prison – pour que l'impôt rentre.

Pour faciliter la taxe, les gouvernements imposent la monnaie dans laquelle les impôts sont dus.

Supposons que le bitcoin se généralise mais que vous deviez continuer à payer votre taxe d'habitation et votre impôt sur le revenu en euro.

A un moment, il vous faudrait des euros pour vous acquitter de votre impôt et éviter les soucis. Votre voisin est dans le même cas que vous, ainsi que le voisin de votre voisin.
[NDLR : vous avez déjà probablement reçu votre taxe foncière. Sachez que cet impôt à l'assiette compliquée est truffé d'erreur. Comment la vérifier, faire opposition, obtenir jusqu'à 50% de réduction, abattements et remboursement ? Tout est ici !]

Ceci crée une demande pour les euros qui autrement n'existerait pas.

"Et alors, la belle affaire, pensez-vous peut-être, le Trésor public n'a qu'à accepter les bitcoins ou autres cryptobidules !"

Mais non, malheureux, il ne peut pas.

Car il ne peut pas les créer lui-même, les bitcoins et autres cryptomonnaies.

C'est toute la question de l'inflation avec laquelle on nous gonfle (au sens propre et figuré) depuis des décennies de keynésianisme.

L'inflation n'est pas le signe d'une économie en surchauffe. L'inflation est simplement un impôt. Cet impôt s'obtient grâce à la création monétaire.

L'objectif des banques centrales de 2% d'inflation est simplement un objectif de taxe généralisée.

Les Etats veulent contrôler la monnaie et veulent de la monnaie fiduciaire (qui ne repose sur rien) uniquement pour cela.

Un cuissot de chevreuil contre six bouteilles de blanc, ni vu ni connu, c'est le cauchemar du percepteur !

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Désormais, Trump a la main sur la Fed http://la-chronique-agora.com/trump-dollar-fed/ http://la-chronique-agora.com/trump-dollar-fed/#respond Tue, 19 Sep 2017 10:55:46 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42647 Fed, Trump

La majorité des sièges de la Fed sont vacants depuis septembre. Le consensus pense que Trump va nommer des partisans du dollar faible, mais ce consensus pourrait se tromper.

Actuellement, Donald Trump a la possibilité de nommer davantage de membres du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale qu'aucun autre président depuis Woodrow Wilson.

Le président Wilson a ratifié le Federal Reserve Act lors de la création de la Fed, en 1913, alors que tous les sièges du conseil étaient vacants. A cette époque, la loi précisait que le secrétaire au Trésor et la personne en charge du contrôle de la monnaie - comptroller, aux Etats-Unis - siégeaient automatiquement au Conseil des gouverneurs de la Fed. En dehors de ces deux personnages désignés, le président Wilson a choisi la totalité des cinq autres membres.

Aujourd'hui, Trump a la possibilité de nommer davantage de membres du Conseil des gouverneurs que tout autre président avant lui.

C'est assez surprenant, lorsque l'on y songe.

Pour mémoire, le Conseil des gouverneurs de la Fed est constitué de sept personnes. Cela signifie qu'avec quatre voix, elles peuvent prendre une décision majoritaire. Vous verrez également dans les statuts de la Fed qu'il est question de "présidents de réserves fédérales régionales". Ce sont des fonctions exercées au sein du Système de la Réserve fédérale, mais le véritable pouvoir est exercé par les sept membres du Conseil des gouverneurs.

Or voici ce qui est remarquable.

Depuis début septembre, au Conseil de la Fed, quatre sièges sur sept sont vacants.

En fait, ce laps de temps de 72 heures, début septembre, représente la période de trois jours la plus capitale de toute l'histoire de la Réserve fédérale.

Trump va avoir la main sur la Fed. Ce qui veut dire que le président obtiendra tout ce qu'il veut en matière de politique monétaire.

Autrement dit, Donald Trump pourra façonner la majorité à la Fed.

La partie délicate consiste à imaginer de quelle façon il a l'intention de le faire...

Au cours de la campagne présidentielle, Trump a traité la Chine, ainsi que d'autres pays, de manipulateur monétaire. C'était le signe qu'il pensait que le dollar était trop élevé et qu'il souhaitait qu'il baisse. Mais la crise du nucléaire avec la Corée du Nord est entrée sur le devant de la scène à ce moment-là.

Trump a retiré ses menaces à l'encontre de la Chine en raison de sa très forte influence économique sur la Corée du Nord ; il souhaitait qu'elle se serve de ce levier pour convaincre la Corée du Nord de faire marche arrière sur son programme nucléaire.

Mais la Chine n'a pas fait ce que Trump espérait, et une guerre commerciale sino-américaine est désormais probable. Voilà qui pousse probablement bon nombre de personnes à penser que Trump va nommer des personnalités de type "colombe", ou dove, c'est-à-dire en faveur d'une politique monétaire accommodante.
[NDLR : savez-vous que vous pouvez profiter d'anticipations de mouvements sur les devises sans avoir à investir sur le Forex ? Comment anticiper et quels outils financiers utiliser ? Toutes les réponses sont ici.]

Mais ne soyez pas étonné si Trump opte pour un conseil prônant une monnaie forte. En fait, c'est ce à quoi je m'attends. Parmi les conseillers de Trump se trouvent des défenseurs de la monnaie forte tels que Judy Shelton, David Malpass, Steve Moore et Larry Kudlow. Je pense que Trump suivra leurs conseils.

Voilà qui nous amène à Janet Yellen...

Le mandat de Janet Yellen en tant que présidente de la Réserve fédérale s'achève fin janvier 2018, donc dans moins de cinq mois, désormais. Quel que soit le remplaçant que choisira le président Trump, il devra être confirmé par le Sénat.

Comme ce processus est long, cela veut dire que le président devra désigner le successeur de Janet Yellen vers les mois de novembre ou décembre prochains.

En attendant, et comme s'il n'y en avait pas déjà assez, énormément d'incertitudes vont planer sur les marchés en ce qui concerne l'orientation de la Fed.

Mais une chose est sûre.

Le prochain responsable de la Fed aura du pain sur la planche.

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L’Amérique court à la faillite… et tout le monde s’en fiche http://la-chronique-agora.com/amerique-faillite-cashless/ http://la-chronique-agora.com/amerique-faillite-cashless/#comments Tue, 19 Sep 2017 10:22:06 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42650 faillite

L'ingérence de l'Etat dans l'économie provoque les crises. Les autorités en profitent alors pour renforcer encore leur pouvoir, serrer la vis... jusqu'à la faillite.

La semaine dernière, l'intrigue ne s'est pas vraiment corsée mais plutôt figée.

Pas moyen de la modifier à présent : les caméras tournent... les costumes sont mis... et tout le monde connait son texte.

Le président Trump est allé plus loin dans sa démarche de devenir le président le plus indépendant de l'histoire des Etats-Unis à l'égard des deux principaux partis.

Après s'être allié aux démocrates autour du plafond de la dette, il est reparti dans le marigot pour résoudre la question des "Dreamers" (ces 800 000 enfants arrivés clandestinement aux Etats-Unis, et qui ont eu le droit de rester temporairement dans le pays).

Ensuite, au cours du week-end, il a été annoncé que le gouvernement voulait réétudier la situation concernant l'Accord de Paris sur le changement climatique.

La Maison Blanche le dément, mais il est désormais limpide que M. Trump a l'intention d'être nettement moins perturbateur qu'il ne l'avait promis.

Et maintenant que les vannes ont été ouvertes, la dette publique américaine s'est envolée à plus de 20 000 Mds$.

Bien entendu, nous ne nous inquiétons plus de la dette. C'est un truc du XXe siècle. Or, là, nous sommes au XXIe siècle, et la dette n'a pas d'importance.

Ce qui semble en avoir, ce sont les questions plus symboliques. Comme le dossier des "Dreamers", par exemple.

C'est une chose que le président trahisse les conservateurs sur les questions financières... mais qu'il accorde l'asile à des centaines de milliers d'enfant immigrés... et là, les "conservateurs" sont scandalisés.

Voilà encore une preuve – s'il en fallait – que cette comédie va se transformer en farce... et finir en tragédie.

Nous courons à la faillite... et tout le monde s'en fiche.

Naturellement, ici, à la Chronique... nous nous en fichons. Les gens n'ont que ce qu'ils méritent.

Notre travail se limite à tenter de comprendre ce qu'ils méritent, en fait... de l'anticiper... et de faire en sorte de ne pas y avoir droit, nous aussi !

Voici pourquoi les autorités aiment les crises

Vendredi, nous étions à Paris, où nous avons rencontré Jim Rickards (cet entretien exclusif sera très bientôt diffusé dans La Chronique, en intégralité. Plus d'informations à venir...).

Cet ex-conseil du hedge fund Long-Term Capital Management, consultant pour la CIA, auteur de best-sellers financiers et vétéran de Wall Street, nous a dit que nous étions trop naïf.

Une crise majeure va se produire, nous a-t-il confié. Et elle sera pire que celle de 2007.

Elle va arriver d'elle-même : c'est une conséquence naturelle et inévitable de l'ingérence de l'Etat. Selon Jim, les autorités l'espèrent vivement, en fait... elles la planifient... et contribuent à la provoquer.
[NDLR : découvrez le plan secret des élites internationales pour geler votre épargne lorsque la prochaine crise éclatera. C'est le thème du dernier livre de Jim Rickards que vous pouvez commander ici.]

Sur ce dernier point, cela ne fait aucun doute.

Leur programme maladroit et obstiné ne peut qu'aboutir à une crise.

Pour être précis, le problème qui a provoqué la crise de 2007 – un excès d'endettement – n'a pas été résolu : il a été aggravé.

La Fed, confrontée à une crise de la dette qu'elle avait créée, a fait la seule chose en son pouvoir : abaisser les taux d'intérêt pour encourager encore plus l'emprunt.

A présent, on est plus endetté que jamais. Et les mêmes personnes qui ont provoqué la crise sont toujours aux commandes des banques, des autorités de régulation, des entreprises et de toutes les autres institutions qui ont rendu cette crise possible.

Pourquoi n'a-t-on pas corrigé tous les problèmes ? Nous attribuons cela à l'intérêt personnel, purement et simplement : les initiés vivent de la dette. Bien entendu, il leur en faudra toujours plus.

Mais c'est plus qu'une question de hasard, d'imbécilité et d'ignominie.

Il y a de la cupidité aussi !

Les gens au pouvoir nous conduisent à une autre crise majeure car ils en ont besoin.

Pourquoi donc ?

"Ce n'est pas un hasard si le Congrès US a fait passer le Patriot Act aussi vite après les attentats du 11 septembre", m'a dit Jim. "Il n'attendait que ça".

L'interdiction des espèces

Une crise représente une opportunité. Au cours de la prochaine crise – qui pourrait avoir lieu dans quelques jours, semaines ou mois – l'Etat nous serrera un peu plus la vis.

"Il interdira les espèces", a dit Jim.

Jim connaît les initiés. Il sait ce qu'ils savent. Et il sait ce qu'ils ne savent pas.

Ce qu'ils ne savent pas – et ne veulent pas savoir – c'est comment gérer correctement une économie.

Mais ils savent qu'ils n'ont pas besoin de le savoir. Car plus ils se débrouillent mal et plus ils provoquent de crises, plus cela multiplie les opportunités de s'emparer de plus de pouvoir et d'argent.

C'est ce qu'ils ont fait en 2008, par exemple.

Depuis, les profits des entreprises – qui reflètent les bénéfices réels des grandes entreprises américaines – n'ont progressé que de 2%. Corrigés de l'inflation, ils sont plus ou moins restés au même niveau.

Par contre, les actions ont progressé 10 fois plus. L'indice Dow Jones, par exemple, a augmenté de 200% au cours de la même période.

Comment est-ce possible ?

Eh bien, la Fed a injecté 3 600 Mds$ dans les marchés financiers, via son programme de QE (assouplissement quantitatif).

Elle ne l'a pas injecté sur le marché de la consommation, dans l'économie du quotidien, ni dans les poches des citoyens ordinaires. Non, cet argent est allé dans les grandes banques et dans les poches d'autres gens riches.

Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan Chase, par exemple, a empoché un bonus de 25 M$ l'an dernier grâce à cette arnaque. Et il traite le bitcoin "d'imposture" !

En tant que membre du club des "1% les plus riches", nous aimerions marquer une petite pause et dire un mot de remerciement à la Fed. Depuis 2008, la richesse de ces 1% d'Américains les plus riches a flambé.

Si l'on se fie au S&P 500, elle a progressé de plus de 230%.

C'est excellent pour nous. Merci.

C'est bien beau que l'Etat se serve des crises pour voler davantage de richesse au lumpenproletariat... et équiper les polices locales de tanks et d'hélicoptères d'assaut pour qu'il marche droit... Mais les élites finissent par aller trop loin... tous les empires s'éteignent... et, au dernier acte, tous les idiots finissent par récolter ce qu'ils ont semé.

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13 000 Mds$ de dette cachée dans les notes de bas de page http://la-chronique-agora.com/bri-dette-inflation/ http://la-chronique-agora.com/bri-dette-inflation/#comments Mon, 18 Sep 2017 11:00:01 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42627 dette

La Banque des règlements internationaux découvre 13 000 Mds$ de dette hors bilan et avoue buter sur l'énigme de l'inflation.

13 000 Mds$, ce n'est pas une paille. Presque six fois la taille de l'économie de la France, plus que celle de la Zone euro. Comment se fait-il que cela soit passé inaperçu, vous demandez-vous peut-être ?

Vous le savez, nous vivons dans un monde étrange où la monnaie est du crédit qui peut être accordé à l'infini et dont les intérêts sont actuellement très faibles. La masse des crédits existants échappe à tout contrôle et dépasse largement nos capacités de remboursement.

Mais comment peut-on être assez bête pour prêter trop d'argent ? Si quelqu'un prête 1 Md€ à mon voisin, tout le monde sait dans le département qu'il ne pourra jamais rembourser.

L'élite mondiale préférerait que ce livre n'existe pas...

En marche vers la Faillite

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Aujourd'hui, c'est différent pour deux raisons.

En premier lieu, le prêteur prête de l'argent qui n'existe pas. C'est le privilège des banques d'aujourd'hui qui avec 1 € de fonds propres font surgir 10 à 30 € de crédit.

En deuxième lieu, prêteur et emprunteur n'ont bien souvent plus aucun lien de relation humaine, ils ne se connaissent pas, ne se sont jamais vus et ne se verront jamais.

En l'occurrence, il s'agit de dettes d'institutions non financières, en dehors des Etats-Unis et qui échappent à toute comptabilité officielle, du "hors bilan".

Quand quelqu'un achète à terme un actif à l'étranger, pour se prémunir du risque de change, il peut :

  • prendre un contrat à terme sur la devise,
  • prendre un swap (un échange de devises pour une durée déterminée),
  • effectuer une "mise en pension" de titres. Dans ce cas, il vend quelque chose, encaisse le prix correspondant, mais s'engage à racheter à sa contrepartie ce qu'il a vendu à un prix convenu. On appelle cela "mise en pension", repository, ou repo.

Les deux premiers cas apparaissent au bilan mais pas le troisième. La BRI vient de faire les comptes concernant ces repo et est arrivée à ce montant de 13 000 Mds$. Ceci augmente considérablement le poids de la dette dans le monde, qui est probablement de l'ordre de 225 000 Mds$.

Reuteurs indique :

"La vulnérabilité des bilans à des taux d'intérêt plus élevés est une question décisive pour l'économie mondiale. [...]

Le pourcentage croissant d'entreprises incapables de couvrir le paiement des intérêts avec leurs résultats – les entreprises zombies – ne présage rien de bon".

[NDLR : comment mettre votre propre épargne à l'abri de ces dangers, retrouver rendement et plus-values et financer de la vraie croissance d'entreprises saines ? Découvrez ici comment rejoindre les nouveaux millionnaires qui placent leur argent en dehors des marchés financiers.]

Avec tout ce crédit surabondant, comment se fait-il qu'il n'y ait pas eu d'inflation, ce qui aurait poussé les taux à la hausse et régulé la grande chaudière de l'économie mondiale, se demande également la BRI ? "C'est inquiétant, personne ne connaît la réponse", indique-t-elle.

On peut cependant hasarder une hypothèse.

Il y a en réalité une gigantesque inflation de tous les actifs financiers (actions, obligations, immobilier). Cette inflation ne se traduit pas par une hausse des prix de la vie courante car les salaires n'augmentent pas.

"L'effet richesse" des néo-keynésiens est aussi bidon que la théorie keynésienne de l'enrichissement par la consommation.

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La trahison d’Emmanuel Macron http://la-chronique-agora.com/plombier-polonais-macron/ http://la-chronique-agora.com/plombier-polonais-macron/#comments Mon, 18 Sep 2017 10:35:35 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42623 Macron, plombier polonais

Emmanuel Macron agite encore l'épouvantail du plombier polonais et trahit l'esprit fondateur de l'Union européenne qui prône le libre-échange et la concurrence.

Emmanuel Macron nous agite encore l'épouvantail du plombier polonais. Pourtant... "le triomphe de la société ouverte sur les replis protectionnistes". Telle était l'interprétation faite de la victoire d'Emmanuel Macron contre Marine le Pen par la presse internationale, visiblement peu accoutumée aux subtilités de la vie politique française.

Il aura fallu quelques mois – durant lesquels Emmanuel Macron a multiplié les propositions pour affaiblir le libre-échange en Europe – pour mettre à mal ce récit.

Quand on sait qu'en France l'hostilité vis-à-vis du commerce international transcende les prétendus clivages politiques, les sorties d'Emmanuel Macron n'ont rien de surprenant. Après avoir proposé de contrôler plus strictement les investissements étrangers quelques mois plus tôt, le chef de l'Etat français a récemment fait part de ses nouvelles revendications protectionnistes lors de sa tournée en Europe centrale et orientale entre le 23 et 25 août. En cause : le détachement des travailleurs qui permet aux entreprises d'exporter leurs salariés dans un autre Etat membre de l'Union européenne pour une durée limitée.

De gagnant-gagnant à perdant-perdant

Ces salariés détachés sont soumis à la réglementation du lieu de leur prestation mais ils acquittent leurs cotisations de Sécurité sociale dans leur pays d'origine. Les travailleurs d'Europe centrale et orientale bénéficient donc d'un avantage comparatif pour des prestations de services.

La France et l'Allemagne militent pour que les routiers étrangers - qui échappaient jusque-là au salaire minimum local - entrent dans le giron de la directive sur le détachement. D'où la colère des Européens de l'est, bien conscients que leur compétitivité serait mise à mal dans ces conditions.

Pour la classe politique et syndicale d'Europe occidentale, ces différences justifient que l'on empêche leurs administrés de bénéficier de services moins chers tout en empêchant les Européens de l'est d'accroître leur revenu. Le ressentiment contre les travailleurs détachés est tel qu'Emmanuel Macron n'a pas hésité à qualifier cette directive de "trahison" de l'esprit européen.

Une trahison à l'esprit fondateur de l'Union européenne

Cette affirmation est vraie mais pas pour les raisons invoquées par les adversaires de la libre-circulation. La directive sur le détachement des travailleurs trahit l'esprit de l'Union européenne puisqu'elle limite la durée de détachement et entrave le droit de choisir la règle juridique applicable en cas de conflit.

C'est pourquoi Marianne Thyssen, Commissaire européenne chargée de l'emploi, avertissait dans une interview accordée au Parisien le 19 mars 2017 que la suppression de cette directive aurait des effets opposés à ceux attendus par les pourfendeurs de la libre-prestation de service.

Pour le comprendre, il faut remonter à l'origine de cette histoire.

Dans les années 1990, la consolidation du marché intérieur européen conduit la Commission européenne à se pencher sur le travail transfrontalier. Se pose alors la question de la législation applicable pour ces travailleurs : un ouvrier du bâtiment détaché provenant du Portugal opérant temporairement en France doit-il se soumettre au droit français ou portugais ? Il s'agit ici d'un cas classique de conflit de législation en droit international privé.

Avant l'adoption de la directive, chaque Etat pouvait déterminer ses propres règles en matière de conflit de législation. Cette situation favorisait une certaine concurrence des systèmes juridiques et par conséquent offrait aux travailleurs des possibilités d'optimisation.

Pour les technocrates européens, la pluralité des systèmes juridiques et fiscaux est une source de "concurrence déloyale". En rendant obligatoire l'application partielle de la réglementation du lieu où s'effectue la prestation du travailleur détaché, la directive européenne de 1996 affaiblit la concurrence des législations et réduit les possibilités d'optimisation.

Les adversaires de la libre-prestation de services veulent désormais aller plus loin. Ils souhaitent, au nom de "l'esprit européen", limiter le détachement dans la durée tout en augmentant le coût de l'embauche de la main-d'oeuvre provenant d'Europe centrale et orientale.

Avec de tels europhiles, pas besoin du Front national pour saboter l'Union européenne et l'effet bénéfique de la concurrence.

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