La Chronique Agora http://la-chronique-agora.com Analyse macro économie contrarienne Thu, 27 Jul 2017 12:45:08 +0000 fr-FR hourly 1 11ème rapport In Gold We Trust : la « Bulle de tout » http://la-chronique-agora.com/rapport-in-gold-we-trust/ http://la-chronique-agora.com/rapport-in-gold-we-trust/#respond Thu, 27 Jul 2017 12:45:08 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42011 actifs financiers

Les actifs financiers (actions et obligations) n'ont jamais été aussi chers face aux actifs réels (or et matières premières) depuis 1925. Les "cygnes noirs" ou autres menaces planent.

Chaque année depuis 2014, je profite de la lecture du rapport annuel "In GOLD we TRUST" pour faire un point écrit sur l'or dans ces colonnes.

Ronald-Peter Stöferle rédige ce document très lu et très commenté depuis 2007, désormais en collaboration avec son collègue Mark J. Valek de chez Incrementum Liechtenstein AG.

Pour le plus grand plaisir du lecteur, le nombre de pages de ce rapport semble corrélé au bilan agrégé des grandes banques centrales, puisque l'on est passé de 144 pages en 2016 à rien de moins que 169 pages dans cette dernière mouture.

Outre le bilan de l'année écoulée sur le front du métal jaune, les auteurs y abordent plusieurs sujets connexes parmi lesquels la dé-dollarisation des échanges commerciaux, la dynamique désastreuse de la monnaie-dette, la guerre contre le cash et l'essor des cryptomonnaies.

Comme chaque année, Stöferle et Valek reviennent avec un regard critique sur leurs prévisions de l'année précédente et confirment ou réajustent leurs objectifs au vu des évènements, tout cela agrémenté de citations éclectiques allant cette année d'Homer Simpson au philosophe danois Søren Kierkegaard, en passant par Clint Eastwood.

Nous avions quitté les auteurs le 28 juin 2016 avec une once à 1 309 $ (et à 1 185 € *) et un objectif de prix pour juin 2018 à 2 300 $. A 1 264 $ l'once au 1er juin 2017 (date de publication du rapport), les auteurs écrivent pour la première fois que cet objectif "pourrait se révéler excessivement optimiste". (* je m'exprimerai seulement en $ dans cet article, puisqu'il s'agit de la devise la plus utilisée dans le rapport qui nous intéresse.)

Les causes du déclin de l'or à l'automne 2016 ? Donald Trump !

Qu'est-ce qui a amené le prix de l'or à entrer à l'automne dernier dans le cadre de ce que les auteurs estiment être une "correction aux confins d'un nouveau marché haussier", alors qu'il avait fait un très beau départ sur le premier semestre 2016 ?

L'or du 1/1/2016 au 16/6/2017 en $

source : WGC

Pour Stöferle et Valek, il ne fait aucun doute que le plus grand responsable porte le nom de Donald Trump. Avec son élection, "les actions ont reçu une nouvelle poussée et la hausse de l'or s'est (temporairement) arrêtée".

Dans un contexte de taux d'intérêts faibles et d'ascension inébranlable des marchés actions, les promesses de diminution de la fiscalité faites par le nouveau président et les espoirs d'amélioration de la situation économique ont eu deux effets. Elles ont poussé les investisseurs à l'achat d'actions et, combinées aux attentes du cycle de hausse des taux annoncé par la Fed (le deuxième grand responsable de la baisse de l'or), elles ont contribué à soutenir la valeur du dollar.

Cette peur de rater le train ("fear of missing out" ou FOMO) sur les marchés américains a conduit les investisseurs à délaisser le métal jaune pour concentrer leurs positions en bourse.

Cela à tel point qu'aujourd'hui, le ratio actif réels/actifs financiers est à son plus bas depuis... 1925 !

Les actifs tangibles à un plus bas historique face aux actifs financiers

L'analyste Jesse Felder parle à ce titre de l'"Everything Bubble" (la "Bulle de tout"), qui succède à la bulle des dot.com et à la bulle du marché immobilier américain.

Vous vous en doutez certainement, pour nos deux auteurs, ce phénomène n'est pas durable. Il est cependant très simple à expliquer : nous vivons à l'époque du "surréalisme monétaire avancé". Le seul premier trimestre 2017 a vu les plus grandes banques centrales créer l'équivalent de pratiquement 1 000 Mds$, cette "supernova de liquidités" étant à l'origine d'un "calme fragile et temporaire sur les marchés financiers".

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Espérons pour les investisseurs qu'ils sauront sortir de leur "frivolité" le moment venu car, pour Stöferle et Valek, des oiseaux de mauvais augure planent à l'horizon. Des cygnes. Pas toujours noirs, mais tout de même de dangereux ornithorynques, vous allez voir.

Du côté de chez les Swan

Stöferle et Valek distinguent entre trois types de cygnes :

  • Les cygnes noirs : il s'agit des risques auxquels il est presque impossible de se préparer tant ils sont difficiles à imaginer et dont la matérialisation, hautement improbable, a des conséquences extrêmes ;
  • Les cygnes gris : il s'agit des risques dont la matérialisation est également hautement improbable et qui donnerait lieu à des conséquences extrêmes, mais qu'il est possible d'imaginer car des évènements similaires se sont déjà produits dans le passé. Il est par conséquent possible de s'y préparer ;
  • Les cygnes blancs : "il s'agit d'évènements auxquels on peut s'attendre, peu importe qu'ils soient probables ou non".

Le cygne blanc d'une récession américaine

Personne aujourd'hui ne semble anticiper un retournement de l'activité économique américaine.

En mai 2017, la Fed estimait le risque de récession à 0,68%. Un sondage de Bloomberg montrait que sur 89 économistes interrogés, pas un seul ne prévoit une contraction du PIB américain en 2017, en 2018 ou en 2019 (ils prévoient en moyenne 2,3% de croissance annuelle sur cette période).

A un niveau au plus bas depuis 27 ans, le VIX atteste que les intervenants ont foi en la robustesse de l'économie américaine et qu'ils n'anticipent pas de retournement des marchés. Autant dire que "si le climat économique et financier devenait hostile, la surprise serait vaste".

Pourtant, Stöferle et Valek y voient plutôt un cygne blanc qu'un cygne noir. Ils relèvent en effet nombre de raisons d'envisager un tel retournement.

Commençons avec la politique de normalisation monétaire annoncée par Ben Bernanke à la mi-2013 et confirmée et détaillée il y a quelques jours par Janet Yellen. Les auteurs montrent qu'il est très peu probable que la Fed soit en mesure de relever les taux sans que cela ne génère de turbulences. D'une part, "chaque crise financière a été précédée d'une hausse des taux" et, d'autre part, "16 des 19 hausses des taux des 100 dernières années se sont soldées par des récessions".

Hausses des taux et récessions consécutives aux Etats-Unis

Or, historiquement relèvent les auteurs, "un ralentissement du crédit et de la croissance de l'offre de monnaie ont toujours été des indicateurs fiables d'un affaiblissement imminent de l'activité économique et d'une menace de récession grandissante".

D'ailleurs, l'analyse de la durée des cycles économiques aux Etats-Unis permet de dresser un constat assez inquiétant.

Durées des expansions et récessions américaines

Les 49 périodes d'expansion économique ont duré 36 mois en moyenne. Si l'on s'intéresse uniquement à ce qui s'est passé après la Seconde Guerre mondiale, les 12 phases d'expansion ont quant à elles duré 61 mois en moyenne.

Or, en juin 2017, la phase d'expansion économique actuelle en est à son 96ème mois, "ce qui en fait la troisième la plus longue de l'histoire". Encore 24 mois, et le record historique américain serait battu, ce que les auteurs jugent "improbable" au vu des fondamentaux économiques et monétaires.

Leur avis ? La Fed ne parviendra pas à mener à bien son programme de normalisation monétaire et tout cela se terminera par de rapides baisses des taux et un nouveau round de quantitative easing, qui devra être "significativement plus large que le QE3" du fait de la loi de "l'utilité marginale décroissante des thérapies monétaires".
[NDLR : les actifs tangibles reprendraient alors le dessus sur les actifs financiers, l'or, le pétrole mais aussi... Découvrez comment viser des plus-values considérables en vous plaçant dès maintenant sur cet actif tangible actuellement si convoité que certains l'appellent le nouvel "or blanc". Cliquez ici pour tout savoir.]

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Notre Indice de la Ruine s’anime… http://la-chronique-agora.com/indice-de-ruine-fed/ http://la-chronique-agora.com/indice-de-ruine-fed/#respond Thu, 27 Jul 2017 12:09:40 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42019 Indice de la ruine

Les marchés actions grimpent toujours et rien ne semble pouvoir les freiner. Pourtant, les hausses des chiffres d'affaires et des bénéfices sont modestes dans l'absolu.

Est-ce que quelque chose pourra stopper ce marché haussier ?

Au moins, nous connaissons la réponse à cette question : oui.

Quand ?

Les fidèles lecteurs de la Chronique sont bien placés pour savoir qu'il ne faut pas se fier à nos conseils en matière de market timing. Alors au lieu de se fier à notre instinct, le département recherche de Bonner & Partners a mis au point un Indice de la Ruine pour nous guider.

Or que dit-il en ce moment ?

Pour l'actualisation de l'indice, nous nous tournons vers notre excellent analyste, Joe Withrow.

Mais d'abord, un petit peu de contexte...

L'Indice de la Ruine est composé de 11 indicateurs :

  1. Croissance des prêts bancaires
  2. Baisse des notes de crédit
  3. Prix des junk bonds (obligations pourries)
  4. Valorisations boursières
  5. Soldes débiteurs des comptes sur marge
  6. Sentiment des investisseurs (indicateur contrarien, l'optimisme généralisé étant plutôt mauvais signe)
  7. Sentiment des industriels
  8. Fret ferroviaire
  9. Emplois non agricoles
  10. Ratio dette/revenus disponibles des ménages
  11. Permis de construire trimestriels

Joe et son équipe actualisent ces indicateurs tous les trimestres. Et tous les trimestres, ils attribuent des points en fonction de ce que révèlent ces indicateurs.

Lorsque l'indice atteint six ou sept points, il est temps de se montrer prudent. Lorsqu'il atteint huit ou neuf points, il est temps d'agiter les lambeaux du drapeau d'Alerte au Krach.

Tout ce qui dépasse neuf signifie que les actions – et l'économie – ont de graves problèmes.

Alors, quelles sont les dernières nouvelles ? D'après Joe :

"La plupart des données relatives au deuxième trimestre sont disponibles. Mais nous attendons toujours les chiffres du trafic ferroviaire et des permis de construire. L'Indice ISM manufacturier révèle à nouveau des données relativement fortes. Je ne m'attends pas à ce qu'elles baissent pour le moment.

L'Indice de la Ruine est à six points désormais, ce qui correspond à notre 'premier niveau d'alerte'.

Voici les indications relatives au deuxième trimestre : la Fed a annoncé une croissance du crédit de 0,8%. C'est en baisse par rapport au chiffre de 1,5% publié par la Fed au premier trimestre.

Nous avons également constaté une légère hausse des dégradations des notes attribuées aux obligations ce mois-ci. La tension sur les marchés du crédit est presque palpable. Mais les cours des junk bonds résistent encore fortement.

Les valorisations boursières demeurent élevées par rapport aux niveaux historiques. Mais notre indicateur de sentiment haussier, en ce qui concerne les investisseurs, est relativement bas. L'euphorie qui précède un krach majeur est absente.

Les ratios dette/revenus des ménages se situent encore à des niveaux modérés, eux aussi. D'un autre côté, les crédits-autos et les prêts étudiants crèvent le plafond.

Alors, dans l'ensemble, il y a à boire et à manger dans les données recueillies pour le deuxième trimestre."

Des pertes sans espoir de rétablissement

Nous ne sommes pas plus doué que les autres – voire moins, peut-être – pour vous dire à quel moment le prochain krach interviendra. Ni même de quelle manière. Mais il va se produire... nous n'en doutons pas.

Et lorsque cela va arriver, les pertes – à en juger par des évènements similaires survenus dans le passé – seront probablement supérieures à 50%.

Pire encore, ces pertes pourraient être permanentes, tout comme cela s'est produit au Japon.

La Banque centrale japonaise a usé de tous les tours de passe-passe connus pour faire remonter son marché actions : le ZIRP (politique des taux à zéro), le NIRP (politique des taux négatifs), le QE (assouplissement quantitatif), et l'endettement le plus colossal du monde.

Mais les cours du marché actions sont toujours inférieurs à leurs niveaux de 1989... soit il y a 28 ans de cela.

En tant qu'investisseur, votre objectif est de tenter d'obtenir des rendements corrects sur votre argent, sans le perdre lors d'un effondrement. Les actions américaines sont assorties d'un grand risque. Il vaut mieux les éviter.

Cette semaine, des sociétés dont la capitalisation boursière dépasse les 3 000 Mds$ vont annoncer leurs résultats. Sauf quelques surprises, elles afficheront toutes une modeste hausse de leurs bénéfices.

Mais attendez, il y a quelque chose de louche, là. Depuis 2009, les bénéfices par action, en ce qui concerne les entreprises américaines, ont augmenté de 265%, soit une hausse spectaculaire. En revanche, les chiffres d'affaires, eux, n'ont augmenté que de 32%.

Comment est-ce possible ? Encore un miracle ?

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Colombe et « en même temps » faucon ? http://la-chronique-agora.com/colombe-et-en-meme-temps-faucon/ http://la-chronique-agora.com/colombe-et-en-meme-temps-faucon/#comments Thu, 27 Jul 2017 10:56:16 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42016 Fed

La Fed arrête le processus de hausse des taux directeurs tout en indiquant vouloir réduire son bilan.

Vous connaissez le tic verbal du président Macron : "en même temps". Signe rassurant de modération pour ses admirateurs, signe de flou et d'enfumage pour ses critiques.

Hé bien, hier, la Federal Reserve nous a tenu le discours du "en même temps".

La Banque centrale américaine laissera ses taux directeurs inchangés jusqu'à nouvel ordre mais "en même temps" elle parle beaucoup de la réduction de son bilan qui serait imminente.

Le fait de stopper à ce niveau de taux directeur témoigne d'une politique monétaire laxiste. Le crédit reste quasi-gratuit.

Envisager une réduction de bilan est un durcissement monétaire. La Fed va remettre des titres obligataires sur le marché. Donc des liquidités vont revenir se figer dans des obligations qui avaient été retirées du marché. Il y aura moins d'argent (crédit) disponible pour autre chose.

cliquez ici !

Politique laxiste mais "en même temps" plus rigoriste... Colombe et "en même temps" faucon.

Evidemment, cela n'a pas beaucoup de sens. Mais de toute façon, nous n'en sommes encore qu'au stade des mots pour la réduction du bilan, pas des actes.

L'examen des minutes de la Fed du mois de juin est toutefois très édifiant selon mon collègue Graham Summers.

"La Fed revient totalement sur sa politique faucon et semble en avoir presque terminé avec ses hausses de taux.

La signification de ceci ne doit pas être sous-estimée. C'est une chose que Yellen roucoule comme une colombe devant le Congrès (ce qui pourrait ne simplement être qu'une posture politique) ; c'est une autre chose, complètement différente, que le conseil des gouverneurs tout entier opte pour une attitude de colombe.

Les marchés n'anticipent maintenant plus aucune hausse de taux en 2017 et le dollar chute tandis que les métaux précieux progressent."

Oui, mais... et la réduction du bilan ?

La star de la gestion obligataire, Bill Gross, de Janus Capital, a une idée sur ce sujet qu'il expose sur CNBC :

"Ils s'apprêtent à réduire le bilan parce qu'ils veulent une courbe des taux positive. [...] C'est important, je pense dans une économie endettée de ne pas avoir une courbe des taux qui a tendance à s'aplatir et la Fed en est consciente. [...] Cela aura un effet plus symbolique que réel sur les marchés".

La "courbe des taux" indique la relation qui existe entre les taux d'intérêt à court terme et les taux d'intérêt à long terme. La réduction du bilan devrait pousser à la hausse les taux longs puisqu'il y aura moins d'argent disponible pour se placer dans des emprunts à long terme.

Les mises en vente devraient commencer en septembre, après la rencontre de Jackson Hole, traditionnelle réunion de la Parasitocratie financière.

En quoi cela nous affecte-t-il, nous, investisseur en Zone euro ?

A court terme :

  • Le dollar baisse donc l'euro monte (par rapport au dollar). C'est le moment de partir en vacances aux Etats-Unis !
  • L'or et l'argent ont réagi à la hausse (puisque le dollar baissait) s'adjugeant plus de 1%
  • Mécaniquement, c'est plutôt bon pour les actions américaines car les gros gérants hors US raisonnent en "poches monétaires". Puisque le dollar a baissé, leurs portefeuilles de titres cotés en dollar reconverti dans leur monnaie ont baissé. Comme ils s'engagent vis-à-vis de leur client à un certain équilibre monétaire, ils vont racheter des actions en dollar pour maintenir leurs proportions.

A moyen terme :

  • L'inflation - l'acide susceptible de ronger les dettes - tarde à venir.
  • Une crise budgétaire couve aux Etats-Unis car il va falloir discuter à nouveau du relèvement du plafond de la dette. Le doute commence à s'instiller sur la maîtrise de la situation par les banquiers centraux.

Tout le système monétaire et financier ne tient que par la dette et toute la dette ne tient que parce que les taux sont bas...

Les banquiers centraux prétendent avoir sauvé l'économie avec leurs politiques monétaires exceptionnelles, mais "en même temps" ils semblent incapables de les retirer.

Rien ne vous interdit d'avoir confiance dans les théories monétaristes de nos grands argentiers, mais "en même temps" je vous conseille d'avoir un peu d'or qui me semble très bon marché.
[NDLR : tous les ors ne sont pas égaux. Ne vous trompez pas pour vos achats d'or physique. Choisissez cette pièce qui a un statut bien particulier qui lui vaut une fiscalité très douce. Tout est expliqué ici.]

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Miracle de Saint Fisc et multiplication de Saint Keynes : les deux clés du Paradis http://la-chronique-agora.com/fisc-multiplicateur-keynesien/ http://la-chronique-agora.com/fisc-multiplicateur-keynesien/#comments Wed, 26 Jul 2017 11:00:10 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=42001 multiplicateur keynésien

La Grèce est la preuve que dette publique et multiplicateur keynésien ne mènent pas au paradis économique mais à la faillite. Pourtant, l'expérience se prolonge.

Hier, la Grèce a réussi à emprunter 3 Mds€ sur cinq ans au taux de 4,625%. C'est une réussite selon les médias.

C'est exact. Qu'un pays notoirement corrompu, qui trafique sa comptabilité publique, qui est incapable d'équilibrer son budget et dont la dette n'a pas été honorée à trois reprises en six ans puisse trouver des prêteurs est vraiment une réussite.

Pourquoi la Grèce emprunte-t-elle ?

Pour racheter de la vieille dette, nous indique Les Echos :

"Athènes souhaitait racheter les obligations émises en 20014, en échange de nouveaux titres de dette. Objectif : rallonger la maturité de sa dette en offrant des titres arrivant à échéance en 2019 contre des titres à échéance 2022. Et à un taux moindre. Il y a trois ans la Grèce avait emprunté à un rendement de 4,95% contre 4,625% mardi."

C'est la classique cavalerie : on emprunte pour rembourser un emprunt. Quand les taux baissent, tout va bien... et comme les banques centrale oeuvrent pour que les taux baissent, tout va bien.

Cliquez ici !

Mais pourquoi, initialement, un Etat s'endette-t-il au lieu de solliciter ses contribuables ?

Ah là là, malheureux ignare et mécréant... Vous ne connaissez pas le miracle de Saint Fisc et la multiplication selon Saint Keynes ?

Le miracle de Saint Fisc transforme de l'argent privé, laid et sale, acquis en exploitant des pauvres et des faibles, en bon argent public. L'argent privé est purifié lorsqu'il est pris par les hommes de l'Etat et devient argent public distribué par les hommes d'Etat.

L'argent public est forcément bon car il est dépensé dans "l'intérêt commun".

"Cette manipulation des esprits portée à la hauteur d'un mythe est sans doute l'opération de subversion la plus réussie des 20 derniers siècles par les hommes de l'Etat.

L'argent privé corrompt, l'argent public soulage. C'est pourtant rigoureusement le même, mais qui s'est transformé en se bonifiant par le miracle de Saint Fisc."

Théorie de la révolte fiscale - Enjeux et interprétation - Ou pourquoi la révolte fiscale n'aura pas lieu, Serge Schweitzer et Loïc Floury

Ce mythe, cher lecteur, est déjà, en soi, magistral. Le mythe fondateur du code d'Hammurabi - qui faisait du roi un dieu et instituait une classe d'esclaves - est, en comparaison, pipi de sphinx.

Mais ce mythe moderne fut encore raffiné par Saint Keynes. L'argent public crée plus de richesse que l'argent privé. C'est ce qu'on appelle le "multiplicateur keynésien".

Si l'Etat investit 1 €, son retour sur investissement sera supérieur à celui des personnes privées.

Ainsi l'Etat n'est pas obligé de ponctionner violemment des contribuables. Il peut simplement emprunter puisque son retour sur investissement sera toujours positif. Tandis qu'un misérable entrepreneur isolé, poursuivant ses coupables intérêts égoïstes peut se tromper. Il peut faire faillite, son retour sur investissement peut être négatif.

Les keynésiens définissent le coefficient multiplicateur comme le rapport entre une variation des dépenses publiques et la variation consécutive du revenu global. C'est ce qui justifie les "politiques de relance" financées par l'emprunt.

Le multiplicateur keynésien repose aussi sur la croyance étrange selon laquelle "la consommation enrichit". Si les gens ne consomment pas assez, il suffit de leur distribuer de l'argent (créé à partir de rien, pris à d'autres, emprunté, peu importe...) ce qui combattra dépression économique et chômage.

Hélas, hélas, les faits sont têtus même si les bricolages statistiques peuvent faire illusion un certain temps.

Ce graphique vous montre combien de dollars de dette publique il faut dépenser pour obtenir 1 $ d'accroissement du PIB de l'économie américaine.

graphe

En 2016, 3 $ de dette publique produisent seulement 1 $ de croissance...

Après 65 ans d'expérimentation on pourrait conclure que le concept de multiplicateur keynésien est de la foutaise, une escroquerie, erroné.

Mais de telles conclusions contrarient de nombreux intérêts. Ceux de la Parasitocratie. Chez nous en France, politique du logement, politique énergétique, TGV, politique industrielle... Comment voulez-vous financer tout cela si vous doutez des miracles de Saint Fisc et du multiplicateur de Keynes ?
[NDLR : En parallèle de ces élucubrations économiques et financières, des entrepreneurs cherchent à financer des projets viables. Des entreprises avec des produits, des clients et des bénéfices cherchent de l'épargne pour grandir. Découvrez comment financer ces projets de l'économie réelle, engranger des plus-values et percevoir des intérêts bien supérieurs à ceux que vous propose la Grèce. Tout est expliqué ici.]

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Trump n’est pas un outsider http://la-chronique-agora.com/trump-pas-outsider-salaires/ http://la-chronique-agora.com/trump-pas-outsider-salaires/#respond Wed, 26 Jul 2017 10:30:26 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=41995 Trump

Taux d'intérêt négatifs, stagnation des salaires, flambée des actions, élection de Donald J. Trump : ces faits ont la même origine...

Hier, à Lausanne, nous avons eu l'une des conversations les plus remarquables de notre existence en matière de finance.

"Vous voulez dire que cela coûte autant de déposer de l'argent à la banque que de l'emprunter ?"

Nous avons posé cette question à l'un de nos collègues qui a récemment acheté une maison ici.

Il a emprunté de l'argent pour acheter sa maison, moyennant un taux d'intérêt inférieur à 1%.

Dans le même temps, le titulaire d'un compte courant dans la même banque paye pratiquement le même montant en intérêts négatifs pour avoir le privilège de prêter de l'argent à la banque (en le déposant sur son compte).

"Comment est-ce possible ?" nous sommes-nous immédiatement demandé.

L'ère des miracles

Imaginez deux personnes...

L'une d'elles possède un million de francs suisses (à peu près l'équivalent d'un million de dollars). L'autre n'a rien. L'une dépose son million dans une banque locale. Elle paye 10 000 francs suisses par an d'intérêts négatifs.

Qu'est-ce qu'elle récupère, pour la peine ? Un relevé de compte mensuel !

L'autre personne emprunte ce même million de dollars. Elle paye 10 000 francs suisses par an en intérêts.

Et qu'est-ce qu'elle récupère ? Une maison !

Rappelez-vous, nous vivons à l'ère des miracles. Les choses qui n'auraient aucun sens à une autre époque, n'en ont pas plus actuellement. Mais nous apprenons à vivre avec... et, progressivement, nous arrivons à les considérer comme normales.

Les investisseurs, par exemple, ont fini par croire qu'il est absolument normal que les banques centrales contrôlent non seulement le coût du crédit, mais qu'elles s'assurent également, en tout temps et tous lieux, que les actions ne baissent pas.

Cela les amène à tirer des conclusions encore plus farfelues : les actions ont peut-être déjà atteint la stratosphère. Oui, et alors ? Elles sont parties pour atteindre la lune !

Selon toutes sortes de mesures – notamment leurs ratio de Shiller (cours/bénéfice sur 10 ans), ratio cours/bénéfices (P/E), ratio capitalisation/fonds propres, et les dividendes qu'elles rapportent – les actions américaines sont les plus chères du monde.
[NDLR : ne restez pas seul sur les marchés financiers. Recevez un e-mail par jour de notre trader, suivez ses conseils et enchaînez les gains. Trop beau pour être vrai ? Essayez gratuitement durant 14 jours notre service en cliquant ici.]

De l'argent détourné et du baratin

Au plus bas du dernier marché baissier (oui, cela existe !), le travailleur moyen pouvait acheter les actions du S&P 500 après avoir travaillé 20 heures, uniquement.

Aujourd'hui, il faudrait qu'il sue sang et eau près de trois semaines, soit 110 heures, pour acheter les mêmes actions des 500 sociétés américaines de l'indice.

Globalement, les travailleurs n'ont pas vu augmenter leur richesse au cours de ces 35 dernières années. Mais la richesse des propriétaires d'entreprises américaines a été multipliée par cinq et demi, comparée au taux horaire de référence du travail.

Là aussi, ce doit être un petit miracle.

Les gens qui travaillent pour gagner leur vie ne se sont pas enrichis. Les gens qui n'ont rien fait d'autre que s'asseoir sur un tas d'actions sont devenus encore plus riches.

Ce miracle se cache derrière un autre miracle encore : l'élection d'un homme n'ayant aucune expérience en politique, aucune position idéologique, pas de base rattachée à un parti politique et aucune des compétences normalement requises pour assumer les plus hautes fonctions du monde : celles de président des Etats-Unis.

Comment cela a-t-il pu se produire ?

Les gens des Etats démocrates – qui gagnent leur vie au sein de l'économie du quotidien, à la sueur de leur front – se sentaient oubliés et exclus.

Ils ne savaient pas sur qui rejeter la faute. Mais lorsque les "mêmes que d'habitude" se sont présentés aux primaires, ils se sont révoltés contre eux et ont soutenu cet impertinent imprésario originaire du Queens. Malgré tous ses défauts, Donald J. Trump donnait l'impression qu'il pourrait secouer le cocotier.

Mais attendez. S'agit-il de véritables miracles ? Ou bien de tours de passe-passe, de détournements et de baratin ?

Des démineurs-imposteurs

Les taux d'intérêt négatifs, les salaires qui stagnent, les actions qui flambent et l'élection de Donald J. Trump, proviennent tous du même lieu sordide.

Si vous levez le rideau, vous découvrez une scène où des docteurs en économie vêtus de costumes fripés actionnent des manettes et tournent des boutons. Un nuage de fumée jaillit. Une foudre artificielle fuse. Et tout autour sont disposés des miroirs qui magnifient et déforment tout.

De quel genre de miracle s'agit-il ?

L'argent représente la richesse. Mais on a créé des milliers de milliards d'argent frais... sans aucune richesse auquel l'adosser.

Il surchauffe les riches à Wall Street mais laisse le peuple grelotter. Il enrichit encore plus les riches mais laisse le peuple démuni au bout de 35 ans de labeur. Il envoie un poseur de bombe à la Maison Blanche... puis l'entoure d'un mur d'initiés en béton.

La nomination d'un certain Randal Quarles au poste de régulateur de Wall Street à la Fed reflète parfaitement cette équipe de démineurs-imposteurs.

M. Quarles n'est vraiment pas du genre à secouer le cocotier. Au contraire, il s'agit d'un vétéran du monde de la finance et du gouvernement fédéral : un agent furtif du Deep State tout au long de sa carrière, qui a oeuvré dans différents services du gouvernement de George W. Bush.

Mais ce n'est pas tout. Il est marié à une parente de Marriner Eccles en personne, dont le bâtiment de la Fed porte le nom.

Alors si M. Quarles est chargé de désamorcer les bombes de M. Trump, ce serait bien un miracle qu'elles fassent des dégâts à Wall Street.

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Découvrez les charmes du hêtre http://la-chronique-agora.com/decouvrez-charmes-hetre/ http://la-chronique-agora.com/decouvrez-charmes-hetre/#respond Wed, 26 Jul 2017 10:05:15 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=41990 hêtre, investissement forestier, Unesco

A La Chronique Agora, nous vous parlons souvent d'actifs tangibles. L'investissement forestier en fait aussi partie et allie l'utile à l'agréable.

En été, la forêt attire de nombreux randonneurs. Si vous en faites partie, au gré de vos balades vous rencontrerez certainement le hêtre. Connaissez-vous vraiment ses origines ?

Arbre majestueux à l'écorce lisse, le hêtre commun arbore une couleur grise presque métallique. Son tronc rappelle des pattes ou la trompe d'un éléphant.

L'arbre aurait colonisé l'Europe au début de la période postglaciaire. Si l'on ne trouve presque plus de forêts vierges de toute activité humaine en France, la région des Carpates en Europe centrale en abrite de magnifiques.

"Depuis la fin du dernier âge glaciaire, les forêts de hêtres d'Europe se sont rapidement répandues à partir de quelques refuges isolés dans les Alpes, les Carpates, la Méditerranée et les Pyrénées en quelques milliers d'années, un processus qui se poursuit encore aujourd'hui. L'expansion réussie du hêtre s'explique par sa flexibilité et sa tolérance à différentes conditions climatiques, géographiques et physiques."
Unesco.org

Ces forêts de hêtres se sont vues reconnaître une extension de leur protection par l'Unesco.

Les forêts primaires de hêtres des Carpates inscrite au patrimoine de l'Unesco

Les forêts primaires de hêtres des Carpates et les forêts anciennes de hêtres d'Allemagne sont classées au Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco depuis 2007.

Elles ont reçu une nouvelle extension cette année, à l'issue de la 41e session du comité du patrimoine mondial qui se tenait à Cracovie du 2 au 12 juillet 2017. 24 000 hectares de ce type de forêt en Roumanie ont ainsi été intégrés. L'objectif est de renforcer la protection de ces lieux d'exception menacés notamment par des filières de bois illégales.

Hêtres

Source : http://whc.unesco.org/fr/documents/147520 - © Roland Mayr/NATIONALP

Les hêtraies des Carpates protégées sont répertoriées dans 13 pays européens : en Albanie, en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Bulgarie, en Croatie, en Espagne, en Italie, en Pologne, en Roumanie, en Slovaquie, en Slovénie et en Ukraine.

Ces forêts encore vierges constituent un vestige d'un autre âge et sont relativement épargnées de l'activité humaine.

Dans notre pays, le hêtre est présent sous une forme moins sauvage et ravit non seulement les promeneurs mais aussi les exploitants sylvicoles.

Le hêtre en France, un arbre aux multiples débouchés

Le hêtre couvre près de 10% de la forêt française.

On le trouve presque partout, dans les plaines du nord, de l'est, en Normandie, au sud de la Loire et même en montagne jusqu'à 1 700 mètres d'altitude.

Son système racinaire s'étend en forme de galette, lui permettant de s'adapter facilement à la plupart des sols sans s'y enfoncer très profondément. Il craint toutefois les sols trop humides ou trop secs.

L'arbre est apprécié des sylviculteurs car les qualités intrinsèques à son essence leur offrent de multiples débouchés à la revente.

Le prix du hêtre, à 45 € du mètre cube en 2016, se situe légèrement en dessous de la moyenne des prix du bois toutes essences confondues (58 €/m3), mais reste tout de même attractif. C'est principalement le chêne qui pousse la moyenne à la hausse avec un prix avoisinant les 150 € du m3 cette même année.

hêtre historique

Il est utilisé pour faire de la pâte à papier, mais c'est loin d'être son seul usage.

En effet, ce bois à l'essence dense, résistante et homogène fait aussi le bonheur des ébénistes que des menuisiers. Il est utile à la confection de tables, de chaises et fauteuils, d'armoires, d'escaliers, de parquets et même de jouets.

En revanche il est peu utilisé en extérieur, contrairement au chêne qui lui est tout à fait adapté à la construction de charpentes.

Enfin, c'est un excellent bois de chauffage grâce à son important rendement calorifique.

"Le charme d'Adam, c'est d'être à poil"

En cette période estivale sachez distinguer le hêtre du charme autre avec lequel il est possible de le confondre au stade d'arbuste dans les taillis. Les feuilles de charmes sont denticulées tandis que celles de hêtres ont les bords lisses et couverts de petits poils. Voici un moyen mnémotechnique bien connu des forestiers pour vous en rappeler : "le charme d'Adam, c'est d'être à poil" (le charme à dent, c'est d'hêtre à poil).

hêtre charme

Source : Florissant.fr

Le temps des vacances pourrait aussi bien être l'occasion de vous intéresser à la forêt en tant qu'investissement.
[NDLR : attiré par cet actif tangible, valeur refuge par excellence du bon père de famille ? Notre Rapport Spécial sur l'investissement forestier vous indique comment vous lancer, quoi et où acheter selon votre profil et comment gérer de façon avisée votre investissement. Cliquez ici pour en savoir plus.]

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Marchés financiers, poisson rouge et mule du pape http://la-chronique-agora.com/marches-financiers-poisson-rouge/ http://la-chronique-agora.com/marches-financiers-poisson-rouge/#comments Tue, 25 Jul 2017 10:30:09 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=41983 Marchés financiers

La Grèce emprunte à nouveau sur les marchés financiers. La mémoire n'est pas le point fort de ces derniers qui savent que, quoiqu'il arrive, la BCE les sauvera.

La "mule du pape" n'oublie pas et se venge sept ans après. La mémoire du poisson rouge serait quant à elle de trois secondes.

Quel rapport avec les marchés financiers ?

Très simple : la Grèce qui vient à nouveau emprunter de l'argent. Son premier emprunt depuis 2014.

Vous ne le savez pas, mais...

... Vous avez tout ce qu'il faut pour entrer dans le Club des Nouveaux Millionnaires

Des investissements ultra-passionnants qui vous placent dans la cour de Bill Gates ou Warren Buffett... Des profits à quatre chiffres (voire plus -- et ce n'est pas un chiffre donné à la légère)... Et tout ça en France, facilement et sans prendre de risques inutiles.

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C'est un retour à la "normalité", selon les commentateurs.

La Parasitocratie se réjouit.

La Parasitocratie se réjouit.

La "normalité" est qu'un Etat doit emprunter. Se contenter de vivre sur ses recettes fiscales après plusieurs restructurations de dettes est anormal. Il est "normal" que la Grèce emprunte.

La mule du pape braennit (oui : la mule émet un son entre le hennissement et le braiement) à plein poumon.

  • Mais enfin, la Grèce est toujours endettée à titre public à hauteur de 179% de son PIB et à titre privé à hauteur de 137% !
  • Sa balance commerciale est dans le rouge !
  • Malgré toutes ses restructurations de dettes, prêts etc. son déficit persiste et sa croissance est quasi nulle (0,4%) !
  • Le 19 juillet, FMI lui-même était négatif sur cette émission de dette, estimant que le fardeau obligataire est déjà trop élevé !
  • Les privatisations traînent...
  • L'économie grecque pèse moins de 200 Mds€ et les différents sauvetages ont déjà coûté 365 Mds€ !
  • Les banques grecques possèdent 115 Mds€ de "prêts non performants", selon ce document du Parlement européen !

Mais personne n'écoute la vilaine mule du pape confite dans sa rancoeur.

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Les poissons rouges vont gober cette dette.

Lutz Roehmeyer de la Landesbank Berlin Investment trouve le timing parfait :

"C'est après avoir obtenu l'argent du sauvetage, après avoir obtenu un feu vert pour la réduction de la dette l'année prochaine, après que le FMI a indiqué que finalement il se joindrait au dernier sauvetage, après que l'agence S&P a revu sa note et avant que la Banque centrale européenne ne mette fin à ses rachats et ne commence à augmenter ses taux".

Et le Crédit Agricole va en prendre aussi ! Après tout, le Crédit Agricole, c'est le "bon sens près de chez vous".

Tout va bien.

Savez-vous combien les banques allemandes ont de prêts non performants ? 68 Mds€. Et la France ? 148 Mds€. Que pèsent donc quelques titres grecs – qui sont des obligations d'Etat – au milieu de cet océan de crédits privés qui ne seront jamais honorées ?

Evidemment, si vous êtes plutôt mule que poisson rouge, vous devez vous douter que l'avenir de l'euro tel que nous le connaissons n'est plus du tout garanti.
[NDLR : Les élections allemandes approchent. Il est encore temps de prendre ces six mesures simples pour protéger votre épargne dans la crise monétaire et financière qui s'annonce. Cliquez ici pour savoir comment.]

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Pouvez-vous vous fier au bitcoin ? (2/2) http://la-chronique-agora.com/pouvez-fier-bitcoin-2/ http://la-chronique-agora.com/pouvez-fier-bitcoin-2/#comments Tue, 25 Jul 2017 10:02:00 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=41972 bitcoin

Deux économistes de l'école autrichienne, spécialistes de l'or, se penchent sur le bitcoin et autres cybermonnaies et indiquent en quoi ces "monnaies" sont utiles.

"L'or, c'est le bitcoin sans l'électricité."
Charlie Morris, directeur des investissements du groupe britannique Newscape Capital.

Cette formulation n'est-elle pas trop simpliste pour être juste ? Quelles caractéristiques permettent de mettre le bitcoin sur le même plan que l'or ?

Un concept cher à Ronald Stoferle est celui du ratio stock/flux, notion que je décris dans mon livre. Leratio stock/flux élevé distingue le métal jaune de l'ensemble des autres matières premières.

En 2012, alors qu'il était d'environ 61 pour l'or (c'est-à-dire que le stock mondial d'or correspondait à environ 61 années de production), il n'était approximativement que de 0,06 pour le cuivre qui est produit et consommé à flux tendu (c'est-à-dire que le stock mondial de cuivre équivalait à environ 3,5 semaines de production). L'argent affiche quant à lui un ratio stock/flux qui avoisine les 1,7.

Compte tenu de l'importance de son stock en comparaison de ses flux, l'or est beaucoup moins sensible aux évolutions de l'offre et de la demande que ne le sont les autres matières premières.

Aujourd'hui, le ratio stock/flux de l'or est de 64 alors que celui du bitcoin est de 25. Par conséquent, "non seulement le bitcoin est rare mais le stock existant est relativement constant dans le temps, ce qui suscite la confiance en cette monnaie", écrivent Stoferle et Valek.

Le ratio stock/flux du bitcoin est néanmoins intrinsèquement voué à augmenter dans le temps du fait des halving. Tous les quatre ans, le nombre de bitcoins minés est divisé par deux. Ainsi, en 2020, le stock mondial de bitcoin correspondra non plus à 25 mais à 56 années de production, puis à environ 119 années de production en 2024.

L'inverse du ratio stock/flux est le taux d'inflation. Aujourd'hui, du fait du minage, l'inflation annuelle sur le bitcoin est de 1/25, soit 4%. Ce taux ne sera plus que de 0,84% en 2024. Je ne saurais dire quel sera le taux d'inflation annuelle de l'euro ou du dollar à cette date, mais je suis assez persuadé qu'il ne décidera pas derrière la virgule...

Ainsi, l'or et le bitcoin ont pour point commun un "taux d'inflation régulier et faible". Ils doivent cette caractéristique au fait que "les décisions concernant la production et le contrôle de l'offre de monnaie ne sont pas laissées aux mains d'humains faillibles. Le bitcoin transfère la responsabilité des humains aux ordinateurs, alors que l'or dépend de la nature." C'est ce qui fait dire à l'entrepreneur et investisseur américain Chris Dixon qu'"il y a eu trois ères monétaires : celle basée sur les matières premières, celle basée sur le politique et, aujourd'hui, celle qui repose sur les mathématiques".

Les différences entre le bitcoin et l'or

L'or et le bitcoin sont cependant bien différents – en termes de capitalisation boursière, tout d'abord. Même si la valeur du bitcoin a énormément augmenté depuis sa création, sa capitalisation ne représente encore que 0,5% de la capitalisation de l'or ; la capitalisation du bitcoin représente elle-même un peu moins de 50% de celle du marché des cryptodevises.

différences

Les avantages du bitcoin sur l'or sont assez évidents :

  • Rapidité d'exécution des transactions et nombre croissant de possibilités d'utilisation (là où je doute qu'on soit près de voir un Youtuber relever un défi sur le mode "j'ai vécu 30 jours en réglant toutes mes dépenses en or") ;
  • Faibles coûts de transferts (alors que transfert d'or physique engendre des coûts considérables) ;
  • Faibles coûts de stockage.

J'évoquerai trois des quatre inconvénients du bitcoin sur l'or relevés dans le rapport :

  • Risque que le bitcoin se fasse dépasser en valeur par d'autres cryptodevises (on a encore très peu de recul, mais la dernière correction a été pour le bitcoin l'occasion de reprendre du terrain sur ses concurrents) ;

domnance

  • Risque d'un changement de régulation étatique (même si certains Etats commencent à considérer qu'il serait préférable de réguler le bitcoin pour mieux le contrôler, plutôt que l'interdire) ;
  • Dépendance à internet, à l'électricité et au matériel informatique physique (cf. la citation de Charlie Morris).

Pour vous : 10 fois moins de bitcoin que d'or

Quel pourcentage de bitcoin est-il raisonnable d'intégrer à un portefeuille ? Voici le conseil de Stoferle et Valek : "un nombre croissant d'articles de recherche académiques indiquent qu'un portefeuille devrait être diversifié jusqu'à 2% à 4% en bitcoins, quand l'or peut faire l'objet d'une allocation se montant jusqu'à 20%".

Soit, mais comment investir sur ce secteur quand on est on est encore novice ? – vous demandez-vous peut-être. La meilleure solution pour gérer son patrimoine est toujours de se former.
[NDLR : Pourquoi et comment ces cybermonnaies pourraient-elles devenir des "valeurs refuges", en quoi peuvent-elles vous être utiles, comment les acheter et les vendre ? Toutes les réponses sont ici.]

Sachez aussi que Stoferle et Valek annoncent que leur fonds Incrementum va lui-même investir dans les cryptomonnaies.

 

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Le baratin de la Team Trump à propos du commerce http://la-chronique-agora.com/baratin-team-trump-commerce/ http://la-chronique-agora.com/baratin-team-trump-commerce/#comments Tue, 25 Jul 2017 09:32:36 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=41975 commerce

Les taxes douanières sont conçues pour détruire les avantages comparatifs. Elles imposent des accords gagnant-perdant et freinent la croissance.

La Team Trump a accueilli son tout dernier membre le week-end dernier.

Désormais, la communication sera contrôlée par Anthony Scaramucci, alias "The Mooch", un ancien de Goldman Sachs.

Les membres du Deep State issus de Goldman Sachs, et qui dominent le gouvernement, sont donc au nombre de cinq désormais : Gary Cohn, Steven Mnuchin, Dina Powell, Steve Bannon, et maintenant, ce nouveau spécimen, Scaramucci.

Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman, n'est pas employé par le gouvernement, mais il est tout à fait conscient du "bien que peut faire ce gouvernement",

Selon le Financial Times, Blankfein s'en sort très bien depuis que Trump a remporté la Maison Blanche. Sa richesse a augmenté de plus de 150 M$.

Les gens les plus riches du monde

Si Blankfein venait à Lausanne, probablement qu'il y resterait.

A l'hôtel-palace le Beau-Rivage, sur les rives du Lac Léman, nous voyons certaines personnes comptant parmi les plus riches du monde.

Vue du Lac Léman depuis l'hôtel où séjourne Bill, en Suisse.

Vue du Lac Léman depuis l'hôtel où séjourne Bill, en Suisse.

Un cheik arabe est arrivé hier, alors que nous attendions un taxi. Elizabeth a décrit la scène :

"La première personne qui est sortie était une domestique, tenant une béquille, puis une énorme cheville est sortie de la voiture. Deux femmes drapées de noir sont alors apparues et ce qui devait être l'épouse s'est extirpée du van. Lentement, elle est entrée dans l'hôtel, digne, replète, de petite taille, et drapée dans des voiles noirs transparents, telle la reine Victoria en deuil.

"Du van suivant est sorti le cheik, portant une veste de base-ball en soie verte (la couleur de son écurie ?) au-dessus de sa djellaba blanche, suivi d'une femme corpulente et de deux splendides jeunes femmes, chacune tenant un enfant par la main : l'une un garçon et l'autre une fille. La plus jeune affichait l'expression de bonheur et d'enthousiasme de ceux qui vont s'adonner au shopping. La plus âgée devait espérer un après-midi tranquille, à regarder ses séries préférées et à tricoter. Derrière, les domestiques philippins fermaient la marche, transportant des bagages Louis Vuitton."

Ce groupe – sans les domestiques – est assis en face de nous, au petit-déjeuner.

Quelqu'un devrait réaliser une étude sociologique des clients du Beau-Rivage. Ils viennent du monde entier, et tous ont une histoire... qui se termine bien. Du moins pour eux. Ces gens représentent 1% des 1% les plus riches.

"Pourquoi sommes-nous ici ?", avons-nous demandé à Elizabeth, qui s'est occupée des réservations. Elle a répondu qu'elle avait bénéficié d'une "offre spéciale". Lorsque je lui ai demandé combien cela avait coûté, elle m'a répondu, toujours prévenante : "je ne crois pas que je devrais te le dire. Cela ne fera que te déprimer, et tu n'en profiteras pas".

L'une des bonnes choses, lorsqu'on est riche, c'est que cela permet d'observer les gens riches. Qui sont-ils ? Comment ont-ils gagné leur argent ? vous demandez-vous.

Il n'existe que deux possibilités...

Les accords gagnant-perdant via lesquels, dans le langage de Wall Street, "vous plumez quelqu'un". Ou les accords gagnant-gagnant : des échanges volontaires d'où tout le monde sort gagnant.

Une famille japonaise était assise à une table avec trois jeunes enfants. A une autre table, apparemment, c'était un groupe de banquiers : minces, bien habillés, bien élevés. Dans un coin, au fond, se tenaient les oligarques.

Les Russes sont repérables à un kilomètre. Les hommes – grands, costauds, rudes – ressemblent à des gens qui pourraient bien vous déchirer. Les femmes ont toujours une expression caractéristique, comme si elles avaient été maltraitées toutes leur vie et qu'elles en avaient assez.

Notre arrivée, samedi, était de mauvais augure.

Contrairement au groupe venu des champs de pétrole, en ce qui nous concerne, le voiturier a dû penser que nous nous étions trompés d'endroit.

Notre voiture a passé tout l'an dernier au garage. Elle a 15 ans et, apparemment, le garagiste ne parvient pas à trouver les bons composants électroniques pour la réparer.

Nous avons donc traversé la France dans un van à chevaux. Lorsque nous sommes arrivés au Beau-Rivage, le voiturier ne savait pas quoi penser.

"Oui, nous avons réservé", avons-nous insisté. "Nous réservons toujours, lorsque nous venons dans ce genre d'endroit. Mais nous allons quand même séjourner ici. Ah ! Ah ! Non, nous ne sommes pas venus réparer la plomberie."

L'avantage comparatif

Mais poursuivons la semaine là où nous en sommes restés hier, c'est-à-dire aux thématiques de la richesse, du futur et du directeur du Conseil au commerce de la Maison-Blanche, Peter Navarro.

Bon nombre de diplômés de Harvard, évidemment, ne connaissent rien aux vins français. Bon nombre d'entre eux ne parviendraient pas à décliner un verbe en latin, même si leur vie en dépendait.

D'autres encore n'ont aucune idée de ce dont Heisenberg était si incertain et des raisons pour lesquelles Wittgenstein a décidé que le silence était parfois nécessaire.

Mais il est rare de voir le titulaire d'un doctorat en économie obtenu à Harvard, révéler qu'il s'y connait si peu... en économie.

Vous vous posez des questions sur son patron, également.

La théorie de l'avantage comparatif a vu le jour au XIXe siècle. Adam Smith, David Ricardo et d'autres ont remarqué que la culture des dattes et des fruits secs était plus productive en Algérie que dans la région de l'East Anglia, tandis que les usines britanniques pouvaient produire des tissus plus vite et moins cher que pratiquement tout le reste du monde.

Le monde serait plus riche si chaque producteur réalisait ce qu'il faisait le mieux... et l'échangeait contre ce que d'autres faisaient le mieux. Gagnant-gagnant.

Autrement dit, s'il nous faut 100 heures pour faire quelque chose que quelqu'un d'autre ferait en 50, alors on gagne presque toujours à passer ces 100 heures à faire quelque chose d'autre.

Peu importe qu'il s'agisse de commerce international ou local, le principe est le même : les gens s'enrichissent à mesure que les accords gagnant-gagnant se développent. Et tout confondu, les gens ne se sont jamais enrichis aussi vite qu'au cours de ces 50 dernières années.

Voici ce qui dit Matt Ridley, auteur scientifique :

"Au cours de ce demi-siècle, nous sommes passés de 75% de la population mondiale vivant dans une extrême pauvreté à 9% seulement. Nous avons augmenté la productivité humaine de 3 000% environ.

Personne ne semble le savoir. Le regretté Hans Rosling a effectué un sondage où il demandait si la proportion des gens vivant dans une extrême pauvreté avait doublé, ou bien s'était réduite de moitié, ou bien était restée la même au cours de ces 20 dernières années. Seules 5% des personnes sondées pensaient qu'elle avait été réduite de moitié, ce qui est la bonne réponse."

Pourquoi ce progrès si spectaculaire ?

L'avantage comparatif. Et le concept gagnant-gagnant. En coopérant avec les autres partout dans le monde, les gens sont capables de réaliser des choses qu'une personne seule ne saurait même pas faire.

Le cuivre du Chili, l'étain d'Indonésie, l'acier de la Corée du Sud, les composants électroniques du Japon, le caoutchouc du Vietnam, les plastiques chinois : réunissez tout cela et vous obtenez un lave-vaisselle !

Des idées extrêmes

A notre connaissance, les principes de l'avantage comparatif, ainsi que la notion de "gagnant-gagnant", n'ont jamais été sérieusement remis en question.

Mais Navarro ne semble pas y croire. Voici ce qu'il écrit :

"En réduisant le déficit commercial grâce à des négociations rudes et intelligentes, on peut augmenter les exportations nettes et doper le taux de croissance économique."

Et comment cela fonctionne-t-il, déjà ? Comment fait-on, exactement ? Et que se passe-t-il ?

Voici ce qui est paru sur Politico, qui actualise la carrière de M. Navarro à Washington :

"Peter Navarro, l'un des principaux conseillers au commerce, à la Maison Blanche, est largement considéré dans toute l'Aile Ouest [de la Maison Blanche] et au Capitole, comme un personnage susceptible et possédant des idées politiques extrêmes.

Mais il est néanmoins apparu comme une force d'influence, à la Maison Blanche, qui séduit les pulsions protectionnistes du président Donald Trump. [...] Récemment, Navarro a remporté plusieurs succès en matière de politique. Fin avril, le gouvernement a annoncé qu'il prévoyait d'instaurer des droits de douane sur les bois de résineux importés du Canada. Les Etats-Unis et le Canada se battent depuis des années au sujet de ces bois de résineux, et la décision de Trump d'infliger ces taxes  au Canada a exaspéré les dirigeants du pays. Navarro a refusé de parler du rôle qu'il aurait joué dans ce dossier."

Pete, pourriez-vous examiner les arguments pour l'avantage comparatif une fois encore... ?

Vous imposez vos accords gagnant-perdant : les tarifs douaniers sur le bois de construction, les prix des logements qui augmentent. Les ménages se font avoir car ils payent plus cher pour avoir un toit au-dessus de leur tête. Et puis il leur reste moins d'argent à dépenser sur d'autres choses.

Quelques compères intervenant dans le secteur du bois de construction empochent quelques billets. Quelques bûcherons sur le sol des Etats-Unis vont peut-être – ou peut-être pas – obtenir une augmentation de salaire.
[NDLR : Vous souhaitez investir dans un actif tangible au rendement robuste ? Avez-vous pensé au foncier forestier et au bois ? Découvrez comment diversifier votre patrimoine, investir efficacement et gérer votre investissement dans notre Rapport Spécial "Enracinez votre patrimoine".]

Globalement, le bois de construction va coûter plus cher... et réduire ainsi le rendement par dollar [investi]... et réduire ainsi la croissance économique réelle.

La loi de l'avantage comparatif nous dit que nous nous en sortirons moins bien, et non que nous nous en sortirons mieux.

Et qu'est-ce que ce discours concernant l'intelligence et la dureté ? Qu'est-ce qui vous fait croire que vous êtes plus dur ou plus intelligent que les Canadiens ?

"Qu'est-ce que cela peut me faire, que vous soyez dur et intelligent ?" demande l'importateur. "Il ne s'agit pas de vous. Il s'agit de bois de construction".

M. Navarro rêve de contrôler le commerce de l'Amérique.

Au lieu d'étudier soigneusement les accords gagnant-gagnant qui enrichissent le monde, il veut imposer ses propres accords gagnant-perdant bidon... et être un frein.

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Pouvez-vous vous fier au bitcoin ? http://la-chronique-agora.com/pouvez-fier-bitcoin/ http://la-chronique-agora.com/pouvez-fier-bitcoin/#comments Mon, 24 Jul 2017 13:20:46 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=41958 bitcoin

Deux économistes de l'école autrichienne, spécialistes de l'or, se penchent sur le bitcoin et autres cybermonnaies et indiquent en quoi ces "monnaies" sont utiles.

Le point de vue de Ronald-Peter Stöferle et Mark J. Valek (Incrementum Liechtenstein AG) à propos de l'année écoulée sur l'or est désormais célèbre. Le rapport annuel "In GOLD we TRUST" ne se limite néanmoins pas à l'or. Il est également l'occasion pour les auteurs d'aborder de nombreux sujets connexes dont cette année un qui m'intéresse particulièrement et sur lequel je souhaite revenir aujourd'hui : l'essor des cybermonnaies.

Ce sujet est particulièrement d'actualité (même s'il est vrai que le marché des cryptos n'est pas vraiment réputé pour son calme !) puisque la sévère correction qui a fait suite au plus haut atteint par le bitcoin le 12 juillet dernier est venue rappeler aux intervenants trop hardis que dans un marché haussier, nous sommes tous des génies !

Le bitcoin, enseigné dans les universités

C'est la question à laquelle Stöferle et Valek ont consacré les pages 113 à 120 de leur dernier opus. Il est à noter que cela n'est pas la première fois que les deux Autrichiens s'intéressent aux cryptomonnaies puisqu'ils avaient déjà abordé le sujet sous l'angle de leur caractère "antifragile", en comparaison avec l'or.

Le 1er juin 2017, à la publication du dernier rapport, le bitcoin cotait 2 400 €. En dépit de la forte croissance du prix, les auteurs estiment qu'"une exposition au bitcoin reste une bonne décision en 2017", et ce pour cinq raisons.

Tout d'abord, comme l'or, le bitcoin fait l'objet de "caractéristiques fondamentales et statistiques uniques" et constitue à ce titre une "classe d'actif" en tant que telle. "La corrélation entre l'or et le bitcoin ayant été faible et légèrement négative", ces deux classes d'actifs présentent des propriétés différentes et ont chacune leur place dans une stratégie de diversification de portefeuille.

Par ailleurs, il n'est pas exclu que malgré la forte croissance du cours, le public se retreigne encore vis-à-vis de l'achat de bitcoin. Pourquoi donc ? En vertu du paradoxe d'Ellsberg, selon lequel les investisseurs préfèrent "les rendements faisant l'objet de probabilités de distribution connues plutôt que ceux faisant l'objet d'une probabilité de distribution inconnue".

Bitcoin n'étant coté que depuis quelques années, "il n'y a tout simplement pas assez de données pour réaliser des analyses statistiques". On peut donc émettre l'hypothèse que les cours sont biaisés à la baisse du fait de "l'aversion à l'ambigüité" des investisseurs.

Ensuite, la popularité et l'utilisation de bitcoin ont fortement augmenté au cours des dernières années. Les auteurs ne font pas ici référence aux 125 000 commerçants qui acceptent les règlements en bitcoins, mais aux poids lourds que sont le New York Stock Exchange, sur lequel est entrée en 2014 la plateforme d'échanges américaine Coinbase, ou encore aux cours spécialement dédiés au bitcoin dispensés à Stanford, Princeton et dans une dizaine d'autres universités américaines depuis 2016.

Les taux d'intérêt négatifs constituent une autre raison pour détenir du bitcoin. La cyberdevise constitue "une alternative aux devises fiat inflationnistes dont la détention implique des frais". L'offre de bitcoin est fixée à 21 millions et la cyberdevise peut-être "stockée gratuitement".

Je rejoins le constat des auteurs, à la nuance près que le stockage gratuit, en particulier sur une plateforme d'échange sujette au risque de piratage, n'est pas la meilleure solution. Un portemonnaie physique comme le Ledger Nano S coûte dans les 70 €. Si la question des solutions de sécurisation des cryptomonnaies vous intéresse, je vous recommande cette vidéo dans laquelle le youtuber et chef d'entreprise Hasheur présente plusieurs solutions.

Bitcoin et société sans cash libre

Enfin, dans un contexte où la société sans cash se rapproche doucement mais sûrement, le recours à un portemonnaie offline pour cryptodevises permet notamment de pallier le problème des frais de transactions, ainsi que le risque de voir ses avoirs gelés.

Si vous pensez que vous seriez condamné d'avance à mourir de faim au bout de trois jours sans CB ni espèces, je vous recommande cette vidéo du youtuber Autodisciple, qui a vécu 30 jours en n'utilisant que des bitcoins (d'accord, sauf à la quête de la sortie de l'église, pour être tout à fait juste !). Cette expérience valide la proposition de Bill Gates selon laquelle "c'est l'activité de banque qui est nécessaire, pas les banques elles-mêmes".

Au final, les auteurs estiment que le bitcoin et les autres cyberdevises "pourraient devenir une partie intégrante de la gestion de fortune dans la perspective de la diversification de portefeuille".

Mais le bitcoin ne présente-t-il pas trop d'inconvénients en comparaison à l'or ? Et, s'il peut être pertinent de détenir du bitcoin en portefeuille dans une optique de diversification, quel serait le pourcentage à ne pas dépasser ? C'est ce que nous verrons dès demain !
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Une mise en garde venue du futur http://la-chronique-agora.com/mise-en-garde-futur/ http://la-chronique-agora.com/mise-en-garde-futur/#respond Mon, 24 Jul 2017 12:50:09 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=41955

Nous réagissons aujourd'hui en fonction d'un futur que nous croyons connaître tout en refusant d'accepter que les mêmes actions produisent les mêmes effets.

Un jeune homme est arrivé au volant d'une voiture, hier. Tête rasée. Boucle d'oreille. Belle voiture. L'air triste.

"Monsieur Bonner ?"

Après les présentations d'usage, il est entré dans le vif du sujet.

"Damien [notre jardinier] m'a dit que vous cherchiez des poules. J'en ai une dizaine dont je vous voudrais me débarrasser."

"Pourquoi voulez-vous vous en débarrasser ?"

"Ma petite-amie me trompait. Vous savez ce que c'est. Alors je l'ai mise dehors. Vous savez ce que c'est. A présent, je me débarrasse de ses poules".

"Vous savez ce que c'est. Je ne veux plus m'occuper de ses animaux".

Nous avons accepté d'acheter ses poules, ce qui porte notre effectif à 16... et nous permettra de récupérer quelques oeufs tous les jours.

Plus tard, nous avons dit à Elizabeth : "il n'arrêtait pas de dire ‘vous savez ce que c'est'. Il parlait de sa petite-amie qui l'avait quitté. Mais non, je ne sais pas ce que c'est. Et je ne veux pas le savoir..."

"Bien sûr que non, chéri..."

Des notices de mise en garde pour tout

Les petites-amies, les Je-Sais-Tout, et les candidats à des fonctions officielles devraient tous s'accompagner de notices de mise en garde. Comme pour les médicaments, les gens devraient savoir à quoi ils s'exposent.

Imaginez toute les souffrances qui auraient pu être évitées si Hitler avait rédigé la notice suivante :

"Je vais faire la guerre avec le reste de l'Europe. Ainsi, il se peut que nous consacrions la moitié de notre PIB, au moins, à la production d'armes et au soutien de l'armée ; les consommateurs auront peut-être du mal à trouver les produits de première nécessité.

"Et cela pourrait impliquer l'Allemagne dans une guerre sur deux fronts que nous ne gagnerons peut-être pas. Il se peut que des millions de personnes meurent, que nos villes soient détruites, et que notre pays soit occupé par des armées étrangères au cours des 40 prochaines années."

"Bon, d'accord", auraient peut-être dit les électeurs... "Bien sûr, pourquoi pas ?"

Un Joseph Staline, futé et honnête, aurait pu prévenir, lui aussi :

"Nous allons organiser toute l'économie comme une armée. Les initiés, tels des généraux, contrôleront tout et auront accès à la meilleure nourriture, aux meilleurs logements, aux meilleurs postes, et ainsi de suite.

"Les gens ordinaires auront droit à des cellules... euh... je veux dire des maisons. Il n'y aura pas de chômage. Tout le monde aura du travail... beaucoup de travail.

"Les mécontents et les gens qui n'aiment pas ce système seront envoyés dans des camps spéciaux en Sibérie, pour y être détenus ou exterminés, c'est selon.

"Ensuite, nous nous appauvrirons peut-être davantage chaque année, au cours des 50 prochaines années... jusqu'à ce que nos enfants et petits-enfants soient enfin revenus à la raison."

Là encore, les citoyens auraient eu une chance de lire soigneusement ce programme et de décider s'ils voulaient ou non avaler la pilule :

"Bien sûr... Ca a l'air pas mal..."

Un appel à la surprise

Bien entendu, personne ne peut prévoir l'avenir. Et qui sait ce qui va se passer ?

Mais il existe des propositions de base susceptibles de fournir une orientation. Si vous faites ce que d'autres ont fait avant vous, par exemple, vous obtiendrez probablement des résultats semblables.

Imaginez cette notice de mise en garde, émanant de feu le président du Venezuela, Hugo Chavez :

"Je vais mettre en place des programmes qui ont bien fonctionné en Russie et à Cuba. Vous savez, la nationalisation des principaux secteurs industriels. Le contrôle des prix. Les restrictions commerciales. Dépenser de l'argent que nous n'avons pas.

"Ensuite, lorsque les prix du pétrole chuteront et que l'on devra régler les factures, peut-être n'y aura-t-il plus de produits alimentaires dans les rayons. Il est possible que l'inflation flambe de plus de 1 000% et que la criminalité s'envole. Le gouvernement exercera peut-être une répression. Bref, ce genre de choses."

Le simple fait d'être en vie est un appel à la surprise. Mais les petites-amies dont on partage la vie, de même que les politiques publiques, comportent des risques prévisibles... et des résultats qui le sont presque tout autant.

Le massacre n'est jamais une bonne idée. Pas plus que déclencher une guerre ou restreindre le commerce.

Des ornithologues plutôt que des gardiens de zoo

Le futur est notre thématique. Imprévisible. Plein de bévues. Néanmoins, nous savons deux choses à son égard.

Premièrement, "demain" affecte profondément "aujourd'hui". Deuxièmement, ce lendemain ne sera peut-être pas si différent, après tout.

Comme nous l'avons expliqué hier, le futur projette son ombre en arrière, sur le présent. Nous anticipons ce qui va se produire. Et nous nous y adaptons. "Aujourd'hui" change selon ce que nous anticipons pour "demain".

Voilà pourquoi les anciens économistes rejetaient l'activisme. Ils étaient à l'image de ces ornithologues amateurs, et non de gardiens de zoo.

C'est une chose, de garder l'oeil ouvert et de surveiller ce que font les gens. C'en est une autre de leur dire ce qu'ils doivent faire.

Une fois que vous commencez à vouloir contrôler le futur, vous faites partie de ce que vous tentez de comprendre.

Aujourd'hui, campé sur l'ombre qu'il projette lui-même et aussi peu éclairé que le fond d'un puits, voici Peter Navarro, adepte de l'activisme économique.

Auparavant, il a acquis une petite notoriété dans la région de San Diego, où après avoir échoué quatre fois à se faire élire à des fonctions officielles, on le considérait comme un irrémédiable tocard. Il est connu dans la communauté des économistes également, mais surtout en tant qu'hurluberlu.

Soudain, ce diplômé de Harvard est devenu célèbre sur le plan national. Il a été nommé directeur de quelque chose qui n'existait pas jusqu'à ce que "Le Donald" le créé : le Conseil au commerce de la Maison-Blanche (White House National Trade Council).

La National Association for Business Economics a sagement écouté l'un de ses discours. Et, en mars, le Wall Street Journal a publié un article signé de sa main.

Le WSJ nous a rendu service. Navarro y étale ses idées de base au grand jour...

Le voilà, encourageant le président à s'entêter dans ce qui n'a jamais fonctionné : bloquer les accords gagnant-gagnant en pratiquant des restrictions commerciales... augmenter les prix à la consommation (les consommateurs auront ainsi moins d'argent à dépenser)... contredire le principe de l'avantage comparatif... et appauvrir les Américains.

Voici ce qu'il écrit :

"En réduisant le déficit commercial grâce à des négociations rudes et intelligentes, on peut augmenter les exportations nettes et doper le taux de croissance économique."

On se demande bien où est la notice de mise en garde...

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Abus de confiance monétaire http://la-chronique-agora.com/abus-de-confiance-monetaire/ http://la-chronique-agora.com/abus-de-confiance-monetaire/#respond Mon, 24 Jul 2017 12:15:34 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=41963 crise

Une nouvelle crise du crédit couve et l'endettement mondial est bien supérieur au niveau de 2008. Cette crise dégénèrera en crise monétaire.

Pour le moment, il semble que le temps soit suspendu. Mais la remontée des taux de la Fed produit déjà de petits craquements comme nous l'avons vu, notamment du côté du crédit automobile subprime américain.

Quel est le plus gros risque pesant sur les marchés financiers à l'heure actuelle ? La plupart des professionnels lucides vous répondront "le marché obligataire".

Si les anges gardiens du marché obligataire, les bond vigilantes, comme disent les Anglo-Saxons, se réveillaient, vendaient leurs portefeuilles et que les banques centrales perdaient le contrôle de la situation, nous aurions droit au plus gros krach de tous les temps.

Cliquez ici !

Cela fait 10 ans que les taux sont "anormalement" bas et la dette américaine pèse quelques 20 000 Mds€. La dette totale des pays développés atteint des niveaux tels que son remboursement sera impossible.

Les économistes keynésiens estiment que ce n'est pas un problème. Il suffit de "rouler" cette dette, d'emprunter pour rembourser le principal, comme on le fait depuis plus de 40 ans. Opération facile, puisque depuis 40 ans la direction des taux d'intérêt – manipulés par des banquiers centraux écoutant ces mêmes conseillers keynésiens – est à la baisse.

Si vous avez 100 d'emprunt à 10% d'intérêt et qu'arrivé à échéance, pour rembourser les 100, vous empruntez à nouveau 100 à 5% d'intérêt, vous n'avez pas de problème de fins de mois. Lorsque les taux sont à zéro, votre dette peut même devenir infinie ! Tant que vous trouvez quelqu'un pour vous faire crédit à 0%, tout va bien...

Le problème est que si les taux restent indéfiniment à zéro, toute la pyramide des fonds de pension et retraite par capitalisation finira par s'écrouler, sapant les assises des Etats-providence et de la sociale-démocratie.

Restent comme autres portes de sortie le défaut ou l'inflation.

Le défaut – renoncer à honorer certaines dettes – conduirait aussi à la banqueroute les systèmes de retraite et le système bancaire.

L'inflation est la méthode préférée de défaut des gouvernements. Hélas, malgré les efforts désespérés des banquiers centraux pour la faire naître, celle-ci ne se décide pas à faire surface.

Pourquoi l'abus de confiance se paiera très cher

Les Etats nous ont imposé des monnaies dites fiduciaires qui ne sont rien d'autre que du crédit. Les élites dirigeantes ont prétendu savoir contrôler la masse de crédit. Nous les avons crues et beaucoup les croient encore. En réalité, pour préserver leurs intérêts, elles ont créé du crédit en quantité qui dépasse nos capacités humaines de remboursement.

Les autorités politiques et monétaires ont abusé de notre confiance.

Bientôt, cette évidence transparaîtra, soit en raison de défauts vis-à-vis des engagements de retraite, soit en raison de défauts dans les crédits subprime.

La Parasitocratie a rejeté un système de monnaie-marchandise, prétendument trop rigide, pour le remplacer par un système de monnaie-crédit qui l'avantage.

Petit à petit, en confisquant ou en taxant les monnaies-marchandises classiques qu'étaient l'or et l'argent, la Parasitocratie a contraint les gens à avoir confiance en des "monnaies" sans valeur intrinsèque, faciles à créer à volonté. Ces monnaies n'ont pas d'autres garanties que la capacité de travail ou d'épargne des gens. Ces capacités sont désormais largement dépassées.

Que se passera-t-il lorsque les gens découvriront l'ampleur de l'escroquerie et qu'ils sont les véritables garants du crédit émis en trop grandes quantités ? Que se passera-t-il lorsqu'ils réaliseront que tout ceci a été rendu possible à cause de la monnaie-crédit ?

L'argent – sous forme de monnaie-marchandise – a souvent mauvaise presse dans les pays à tradition catholique.

"Quand tout est convertible, quand la confiance dépend de pièces anonymes et d'or, elle corrode les traditions locales, les relations intimes et les valeurs humaines, pour les remplacer par les lois froides de l'offre et de la demande.

Les communautés humaines et les familles ont toujours été fondées sur la croyance en des choses 'sans prix' telles que l'honneur, la loyauté, la morale, l'amour. Ces choses échappent au marché et elles ne sauraient s'acheter ni se vendre. Même si le marché offre un bon prix, il est des choses qui ne se font pas. Les parents ne doivent pas vendre leurs enfants en esclavage ; un bon chrétien ne doit pas commettre un péché mortel ; un chevalier loyal ne trahit pas son seigneur ; et les terres tribales ancestrales ne seront jamais vendues à des étrangers.

La monnaie a toujours essayé de franchir ces barrières comme l'eau suinte à travers les fissures d'un barrage.

[...]

Si elle instaure la confiance universelle entre étrangers, cette confiance est investie non pas dans les hommes, les communautés ou les valeurs sacrées, mais dans la monnaie elle-même et les valeurs impersonnelles qui la soutiennent.

[...]

Les gens comptent sur la monnaie pour faciliter la coopération avec des inconnus, mais ils ont peur qu'elle ne corrompe les valeurs humaines et les relations intimes".

Sapiens, Une brève histoire de l'humanité, Yuval Noah Harari

Lorsque les gens découvriront l'escroquerie dont ils ont été les victimes, ce ne sera pas seulement le système financier et monétaire actuel qui volera en éclat, ce seront aussi les institutions politiques qui l'ont imposé, soutenu et les forcent à cautionner leurs mauvaises dettes.

Déjà, en Europe, les Catalans demandent à se détacher de l'Espagne dont ils estiment qu'ils sont les vaches à lait. Ils ne veulent plus servir de caution au reste de l'Espagne.

Connaissez-vous les six mesures que nous vous préconisons pour protéger votre argent de cette prochaine crise ? Découvrez-les ici.

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La Parasitocratie aura-t-elle notre peau ? http://la-chronique-agora.com/parasitocratie-dette/ http://la-chronique-agora.com/parasitocratie-dette/#comments Sat, 22 Jul 2017 17:30:04 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=41949 parasitocratie

Cette semaine nous avons parlé essentiellement crédit, dette et monnaie. La Parasitocratie sait très bien qu'une nouvelle crise de la dette couve. Elle pense avoir la solution… malheureusement !

La France et les Etats-Unis sont deux pays endettés et entravés par la bureaucratie, commençait Bill Bonner dès lundi.

Mon collègue américain Charles Hugh Smith constatait de son côté que l'échelle sociale avait de moins en moins de barreaux et que les technocrates perchés en haut de l'échelle vivaient dans un monde à part.

Visiblement, notre promotion du libéralisme se heurte à une incompréhension car cet article attirait ce commentaire :

"Nous pouvons nous attendre au pire avec le libéralisme à tout va et la mondialisation débridée que nos grands dirigeants et profiteurs du système sont en train de mettre en place sur notre planète."

Le système dans lequel nous vivons n'a rien à voir avec le libéralisme. Il s'agit d'un système frauduleux qui s'appuie sur un crime et profite à quelques uns.

Le crime est assez simple à comprendre.

Les Etats nous ont imposés des monnaies dites fiduciaires qui ne sont rien d'autre que du crédit.

Nous nous y sommes habitués et nous avons confiance dans ces monnaies.

Ensuite, les élites dirigeantes ont prétendu savoir contrôler la masse de crédit. Nous les avons crues et beaucoup les croient encore.

Mais cette masse de crédit grandit désormais de façon incontrôlable. Nous refusons de regarder la réalité en face.

Elle dépasse nos capacités humaines de remboursement. C'est tout l'enjeu de la "croissance molle".

Les fruits de notre travail devraient nous être intégralement confisqués si nous devions rembourser cette dette. Pour en supporter les intérêts, il faudrait que les taux soient presqu'à zéro. La notion même d'épargne n'a alors plus aucun sens.

Quelqu'un qui n'est plus propriétaire des fruits de son travail et qui ne peut conserver ce qu'il a légitimement acquis est un esclave.

Le système monétaire que nous subissons nous conduit à l'esclavage – qui est contraire aux Droits de l'Homme. C'est en cela que les promoteurs de ce système commettent un crime contre l'humanité.

Comme vous le voyez, nous sommes à des années lumières du libéralisme ou du capitalisme.

capitalisme

La Parasitocratie - qui ne paie pas ou très peu d'impôts, qui crée elle-même ou a accès au crédit illimité et gratuit - a tout intérêt à faire durer ce système. Elle va s'y employer.

Confrontée à une nouvelle crise de la dette, la Parasitocratie se prépare à mette en place un "jubilé" avec une tentative d'apurement des comptes et un impôt mondial.

Notre épargne et notre argent risquent d'être englouti dans ce jubilé qui n'en sera pas un car il ne nous libérera pas de la dette, il augmentera la pression fiscale.

Mon collègue Jim Rickards, familier des instances internationales, publiera en septembre un livre sur ce sujet. Ici, en primeur, ce qu'il écrit sur ce futur impôt mondial.

Rappelez-vous que la démocratie est un système sain lorsqu'il s'agit d'un gouvernement de proximité.

Vous avez foi en la démocratie, et après tout pourquoi pas ? Bien contrôlée, c'est un bon système.

Raisonnons alors par analogie. Vous êtes peut-être copropriétaire. Votre logement vous appartient mais vous partagez des parties communes avec d'autres copropriétaires. L'assemblée des copropriétaires a élu un conseil syndical et a confié la gestion de ces parties communes à un syndic auquel vous payez vos charges.

Vous faites confiance au conseil syndical et au syndic... enfin jusqu'à un certain point. Si vous avez des doutes sur le coût de certains travaux, sur ses appels d'offres, sur la comptabilité, sur ses honoraires... vous vérifiez. Vous ne le laissez pas rentrer dans les parties privatives et vous ne lui donnez pas les clés de votre appartement. Vous ne pensez pas que ce syndic veut nécessairement votre bien. Les syndics sont souvent très empressés pour vous proposer des travaux pas toujours utiles ou valorisants pour la copropriété. Vous pouvez très bien vous retrouver confronté à un conseil syndical incompétent et un syndic véreux.

C'est exactement la même chose pour un gouvernement. Un gouvernement, comme un syndic, ça se surveille ! Ca se surveille même plus qu'un syndic car ce dernier ne remanie pas sans cesse le règlement de copropriété, ne vous impose pas ses propres vigiles, son tribunal d'arbitrage et une monnaie valable uniquement dans votre copropriété.

Lorsque vous ne contrôlez plus rien, vous n'êtes plus en démocratie.

Où irez-vous trouver votre député mondial du gouvernement mondial pour lui dire que vous ne voulez pas payer cet impôt mondial injuste qui finance une bêtise mondiale ?

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Le piège de la fiscalité mondiale se referme http://la-chronique-agora.com/piege-impot-mondiale/ http://la-chronique-agora.com/piege-impot-mondiale/#comments Sat, 22 Jul 2017 17:00:05 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=41938 impôt

Le G7 et l'OCDE façonnent l'impôt mondial afin qu'aucun revenu ne puisse échapper à la taxation et maintenir la crédibilité des dettes souveraines des pays riches et surendettés.

Extrait de Road to Ruin, à paraitre en septembre en français.

Considérant tous les mécanismes d'évasion fiscale à disposition des entreprises – le transfert de biens, l'établissement de prix de transfert, la compensation, les conventions fiscales, le crédit-bail, la conversion, les reports et les dérivés – il n'est pas étonnant que la collecte des taxes soit une passoire, pour chaque pays. La trésorerie des entreprises passe dans ce tamis avant d'arriver à la ligne du résultat. Les pays se retrouvent les mains vides.

Les élites de la politique aux Etats-Unis, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Japon connaissent bien ces techniques. Elles ont fréquenté les mêmes écoles de droit et ont suivi les mêmes séminaires financiers que les conseillers des entreprises. Le va-et-vient professionnel qui s'opère entre les élites du gouvernement et des entreprises fait que les experts changent constamment de bord, passant tour à tour de la perception des taxes à l'évasion fiscale, et inversement.

Cela fait partie des petits jeux de l'élite.

Si c'est un jeu, il n'amuse plus vraiment le G20. Le poids des dettes souveraines et l'incapacité à générer de la croissance ont conduit le G20 à s'investir d'une mission : mettre fin à l'évasion fiscale.

Le plan de l'élite consiste donc à mettre au point une fiscalité mondiale via des actions coordonnées et le partage des informations. Une fois que les autorités fiscales d'un pays ont une visibilité sur toutes les facettes d'une transaction (au lieu de se contenter de la facette locale), cette transaction est bien plus facile à attaquer.

Cette mission de recouvrement de l'impôt a été déléguée au G7 (Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni, France, Allemagne, Canada et Italie) par le G20. Le G7 héberge les entreprises les plus riches et aux taux d'imposition les plus élevés. C'est le G7 qui a le plus à perdre, en matière d'évasion fiscale, et qui est donc le plus motivé, s'agissant d'y mettre un terme.

Le G7 s'appuie sur l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) qui assure le secrétariat technique. Les élites du G20/G7 externalisent souvent leurs missions vers le FMI, mais ont parfois recours à d'autres organisations multilatérales pour assurer des tâches spécifiques. Les Nations Unies sont le lieu privilégié pour toutes les questions liées au changement climatique. On s'appuie sur l'OCDE pour le plan de fiscalité mondiale car elle représente les économies les plus avancées et les plus motivées en matière de recouvrement fiscal.

Ce plan de fiscalité mondiale n'est pas nommé ainsi. Il serait trop cousu de fil blanc. On attribue des intitulés techniques à ces plans afin d'en occulter les intentions. On nomme la monnaie mondiale "droits de tirage spéciaux" car cela a un côté anodin bien pratique. Le plan de fiscalité mondiale est intitulé BEPS, l'acronyme de Base Erosion and Profit Shifting [Ndr : Plan d'action concernant l'érosion de la base et le transfert de bénéfices]. Lorsque l'on fait référence au "BEPS de l'OCDE", dites-vous simplement qu'il s'agit du "plan de fiscalité mondiale de l'élite" et vous serez sur la bonne voie.

Les élites ne font aucun effort pour cacher leurs intentions. Elles communiquent autour, mais dans un jargon inintelligible, sur des sites obscurs peu consultés et encore moins compris. Voici ce que les leaders du G7, notamment Barack Obama et Angela Merkel, ont déclaré à propos de ce plan de fiscalité mondiale, le 27 mai 2016 :

"Il est crucial que la mise en oeuvre du Plan d'action du G20/de l'OCDE, concernant l'érosion de la base d'imposition et le transfert de bénéfices (BEPS), se déroule de façon régulière, cohérente et concertée... pour arriver à un terrain d'égalité mondial pour tous ceux qui sont engagés dans des activités économiques. Nous maintenons notre engagement visant à prendre la tête de ce processus, pour donner l'exemple. Afin d'assurer une mise en oeuvre étendue des mesures du BEPS, nous encourageons tous les pays et juridictions concernés et intéressés à s'engager à mettre en oeuvre les mesures du BEPS et à rejoindre ce nouveau cadre global...

Nous réaffirmons l'appel lancé par le G20 à tous les pays concernés, y compris toutes les places financières et juridictions en vue de mettre en oeuvre [...] des mesures défensives pouvant être envisagées à l'encontre de juridictions qui ne coopèreraient pas...

Nous attendons les premières propositions [...] concernant des façons d'améliorer la mise en oeuvre de normes internationales, notamment la disponibilité d'informations liées à la propriété effective et aux échanges internationaux".

Malgré ce jargon assez dense, la signification est claire. Le G20 insiste pour que les transactions soient entièrement divulguées sur le plan mondial. Il utilisera ces informations afin d'appliquer le recouvrement des impôts selon ses propres conditions.

Les juridictions qui refuseraient de coopérer encourent des "mesures défensives". C'est une façon polie d'exprimer qu'elles seront exclues des canaux bancaires internationaux, et que leurs économies seront détruites à moins qu'elles ne jouent le jeu. Cette invitation à coopérer ou bien se faire écraser, est une mécanique de type Cosa Nostra parée de nouveaux atours.

L'évasion fiscale à laquelle se livrent les entreprises est un luxe que les économies développées ne peuvent plus s'offrir. Les sociétés multinationales détiennent plus de 7 000 Mds$ de trésorerie, produit d'une évasion fiscale sophistiquée dont l'essentiel est amassé dans des paradis fiscaux. Cette trésorerie est une cible trop tentante pour que les élites gouvernementales la laissent filer, même si leurs copains de l'univers des entreprises en bénéficient. Un simple droit de péage de 25% sur ces 7 000 Mds$ rapporterait 1 750 Mds$ de nouveaux revenus au G7. Cet argent serait ensuite consacré à diminuer le poids de la dette souveraine.

La solution que le G7 a dans ses tuyaux, c'est la fiscalité mondiale. Cela commence avec une base de données centralisée contenant des informations fiscales partagées par les pays développés. L'évasion fiscale s'apparenterait alors à jouer au poker en montrant vos cartes. Vous pourriez jouer mais vous ne gagneriez jamais.

En fusionnant à l'échelle mondiale un partage d'information, les mises en application, et la taxation des montants bruts, les économies développées sont en mesure d'extraire un maximum de richesses des secteurs productifs vers les élites non productives. Cela continue jusqu'à ce que le système social s'effondre, sort commun à toutes les civilisations lorsqu'elles ont atteint une phase ultime de parasitisme de haut niveau.

La taxation mondiale est là, à peine voilée. Bientôt, le voile se lèvera et l'extraction de la richesse commencera. Il n'y aura aucun endroit où se refugier et aucun moyen de stopper la machine.

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